• 18 octobre 1961, la presse choisit son camp pour relater ce qui s'est passé la veille 17 octobre 1961

     

    « J’avais raison de ne pas croire « aux miracles »

    18 octobre 1961, la presse choisit son camp pour relater ce qui s'est passé la veille 17 octobre 1961

    Fabrice Riceputi nous communique :

    Emmanuel Macron ‏Compte certifié @EmmanuelMacron
    Le 17 octobre 1961 fut le jour d’une répression violente de manifestants algériens. La République doit regarder en face ce passé récent et encore brûlant. C’est la condition d’un avenir apaisé avec l’Algérie et avec nos compatriotes d’origine algérienne.

    #17octobre1961 Trois lignes creuses de plus avec ce tweet élyséen. Avec celles d'Hollande en 2012, ça fait six. En 57 ans. Que la République dise "massacre au faciès de manifestants pacifiques commis par la police". Ce serait la condition pour que la République soit crédible.

    Fabrice Riceputi 

     

    Aujourd’hui très rares seront les médias qui rappelleront ce qui s’est passé le 17 octobre 1961, sauf si un nouveau « miracle » se produisait : la reconnaissance par le chef de l’état au nom de la France de ce crime d’Etat ? MAIS JE SUIS Très pessimiste car je n’ai jamais cru aux "miracles"… alors si c’est le cas nous continuerons, jusqu’au dernier jour de nos jours, de réclamer cette reconnaissance officielle…

    Michel Dandelot

     

    18 octobre 1961, la presse choisit son camp pour relater ce qui s'est passé la veille 17 octobre 1961

    18 octobre 1961, la presse choisit son camp

     

    Mercredi, 17 Octobre, 2018

    Olivier Morin 

     

    Au lendemain de la manifestation pacifiste des Algériens, réprimée dans le sang, seuls l’Humanité et Libération dénoncent cette nuit de massacre.

    «Ray Charles pourra chanter ce soir. Après le passage du service de désinfection, le Palais des sports a retrouvé son aspect habituel. » C’est une des annonces que fait placidement France-Soir, dans son édition parue trois jours après l’assassinat de près de 300 Algériens, le 17 octobre 1961 à Paris. Avec le parc des expositions et le stade Coubertin, le Palais des sports avait été transformé en lieu de détention où la police avait parqué des Algériens dans des conditions inhumaines.

    Les policiers se livrent à une véritable chasse à l’homme

    Ce soir du 17 octobre, répondant à l’appel du FLN, 30 000 « Français musulmans d’Algérie » manifestent sous la pluie dans les rues de Paris. Celles-ci leur sont interdites depuis l’infamant couvre-feu décrété par les autorités françaises douze jours plus tôt, avec l’aval du premier ministre, Michel Debré. Le caractère pacifique du rassemblement est garanti par les organisateurs, qui vont jusqu’à fouiller les manifestants. Sur ordre de l’ancien fonctionnaire de Vichy Maurice Papon, devenu depuis préfet de police de Paris, les policiers vont pourtant se livrer à une véritable chasse à l’homme. Papon exige aussi qu’aucun journaliste ne soit présent sur les lieux, contraignant ces derniers à ne disposer que des sources officielles, notamment les informations délivrées par la préfecture. Au total, près de 14 000 manifestants seront arrêtés. Près de 300 d’entre eux seront jetés à la Seine ou exécutés. Le lendemain, dans la presse, la majeure partie des titres vont appuyer ou relayer la version officielle tandis que d’autres journaux, plus rares, dont l’Humanité, refusent de fermer les yeux.

    Ainsi le Figaro se fend d’un article retraçant le fil de la journée heure par heure et dans lequel on peut lire dès les premières lignes qu’« il y a eu des heurts, mais (que), grâce à la vigilance et à la prompte action de la police, le pire – qui était à craindre – a pu être évité ». Il ne manque pas d’y adjoindre le communiqué officiel de la police après avoir titré en une : « Violentes manifestations de musulmans algériens hier soir à Paris ».

    « Sur le trottoir, sept corps étaient allongés »

    Dans les kiosques, le quotidien à grand tirage Paris-Jour barre sa une d’un titre alarmiste : « 20 000 Algériens maîtres de la rue à Paris durant trois heures ! », tandis que l’éditorialiste accable les Algériens qui « ont pu défiler en plein cœur de la capitale sans avoir demandé l’autorisation et en narguant ouvertement les pouvoirs publics et la population ». Pour l’historien Alain Ruscio, la majeure partie de la presse de l’époque se faisait nécessairement l’écho de la méfiance « et même du racisme vis-à-vis de la communauté algérienne », entretenu dans la population. « Mais des journaux comme Libération et l’Humanité dénoncent tout de suite les exactions de la police. Le journal France nouvelle, édité par le PCF, parle même de pogrom », souligne l’historien.

    L’Humanité, souvent troué de grands carrés blancs depuis le début de la guerre d’Algérie, décrit la situation au début de la manifestation dans son édition du 18 octobre : « Il y avait des femmes qui scandaient des youyous, il y avait des enfants que les travailleurs algériens avaient amenés avec eux. Mais en plusieurs endroits les policiers et les CRS ont chargé et tiré. » Le journal, qui précise ne pas pouvoir tout dire à cause de la censure gaulliste, titre en une : « Plus de 20 000 Algériens ont manifesté dans Paris. Combien de morts ? » En page 7, le journal communiste décrit ce qui se passe peu de temps après, à deux pas de son siège, situé à l’époque rue du Faubourg-Poissonnière, dans le 9e arrondissement, lorsque le cortège d’Algériens se retrouve face à un car d’agents de police. « Il y eut un moment d’hésitation, puis le chauffeur du véhicule descendit sur la chaussée et tira un coup de feu en l’air : ce fut le signal. Aussitôt, les agents descendirent du car et vidèrent les chargeurs sur les manifestants qui tentaient de trouver refuge dans le restaurant et l’immeuble contigu. » Et l’Humanité de poursuivre la description macabre : « Sur le trottoir, devant le restaurant, sept corps étaient allongés », remettant en cause les chiffres fournis par l’AFP. Le Parisien libéré annonce lui aussi sept morts tout en décrivant un Paris envahi par « les meneurs et les tueurs ». Des qualificatifs utilisés à l’époque par la droite populiste qui ne manque pas de pointer la seule responsabilité du FLN. Même dans le Monde, pourtant plus mesuré dans sa description de la sanglante nuit, Jacques Fauvet pointera du doigt le FLN « puisque, ici et là, c’est le terrorisme musulman qui est à l’origine de ces drames ». Et dans le quotidien l’Aurore, pro-Algérie française, les journalistes n’hésitent pas à dénoncer « la lâcheté habituelle » des meneurs qui « mettaient les femmes et les enfants en avant comme à Bizerte ».

    Des dizaines de cadavres d’Algériens repêchés

     dans la Seine

    Le lendemain de la manifestation, Libération, journal issu de la Résistance et dirigé par Emmanuel d’Astier de la Vigerie, tentera d’envoyer un reporter pour pénétrer dans le parc des expositions, où il entendra des cris de douleur et d’effroi. C’est aussi à partir de ce jour que des dizaines de cadavres d’Algériens seront repêchés dans la Seine. Le travestissement de la vérité n’est alors plus possible et un consensus gagne alors la presse, même réactionnaire. Dans le même temps, celle-ci chassera petit à petit le drame de ses colonnes, comme pour faire disparaître les Algériens une seconde fois.

     

    Olivier Morin

     

    SOURCE : https://www.humanite.fr/18-octobre-1961-la-presse-choisit-son-camp-662298 

     

    18 octobre 1961, la presse choisit son camp pour relater ce qui s'est passé la veille 17 octobre 1961

    17 octobre 1961, guerre d’Algérie : allons au bout

    de la reconnaissance

    Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, plaide pour que la date du 17 octobre 1961 soit désormais centrale dans les manuels et dans les discours des officiels.

    Le 17 octobre 1961 était réprimée dans le sang une manifestation pacifique, sous les ordres du préfet de police Maurice Papon. Des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants « nord-africains » – comme on disait alors – ont été blessés et même assassinés. « La Seine était rouge », titre l’auteure Leïla Sebbar, qui revient dans son livre sur ces événements tragiques.

    Ces événements ont donné lieu à des dizaines et des dizaines de victimes, dont la mort a été occultée pendant des années par des pouvoirs politiques successifs refusant de reconnaître les crimes commis au nom de la République et souillant celui-ci par là-même. Des dizaines et des dizaines de victimes, dont faisait partie Fatima Bedar, cette jeune femme dont le corps sans vie fut retrouvé dans le canal de Saint-Denis suite à la répression. C’est le visage de Fatima Bedar qui orne la fresque inaugurée le 17 octobre 2018 le long du canal, ce visage qui symbolise et ranime tous les visages des victimes inconnues dont les contours risqueraient de se perdre dans le brouillard du passé et de l’oubli.

    Car la date du 17 octobre 1961 doit désormais être dans toutes les mémoires, dans les manuels, dans les discours des officiels. C’est en effet dans une démarche collective de reconnaissance des faits historiques et de la responsabilité de la République que nous devons toutes et tous nous engager. Non pas au nom d’une quelconque repentance, mais de la vérité historique.

    Le département de la Seine-Saint-Denis, profondément marqué par la guerre d’Algérie et par ces événements qui ont à jamais meurtri son territoire, y prend toute sa part. La Seine-Saint-Denis est le premier département à avoir engagé un cycle de commémorations durables de la répression du 17 octobre 1961, avec des actions éducatives, pédagogiques et artistiques.

    Journée nationale de commémoration

    À la suite de ce que nous faisons au niveau départemental, mais aussi de ce qui est fait depuis des années par les communes, associations, établissements scolaires et institutions culturelles sur les territoires, l’État doit emboîter le pas. Le premier pas, historique, a été fait par François Hollande qui a reconnu en 2012 les « souffrances de la colonisation », avec notamment les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, ainsi que l’usage de la torture.

    Le second pas a été fait par Emmanuel Macron concernant la reconnaissance de la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin, militant de la décolonisation assassiné par l’armée française.

    Allons au bout de la démarche ! Faisons du 17 octobre, comme je le demande depuis des années, une journée nationale de commémoration en hommage aux victimes de la répression de cette manifestation pacifique. Parlons-en dans nos programmes scolaires, bien trop lapidaires concernant cet épisode qui fait partie de l’histoire française et que nous devons accepter comme tel.

    Une anecdote apprise dans l’indispensable documentaire Histoires d’une nation frappe tout particulièrement. Celle d'un certain Smaïl, venu d’Algérie pour construire la France et qui vécut dans un bidonville de la banlieue parisienne. Cet homme qui participa ensuite à la construction du Stade de France. Un Stade de France où le 12 juillet 1998, son fils, un certain Zinedine Zidane, remporta la Coupe du Monde en faisant la fierté de tous les Français.

    Si l’immigration est une richesse, elle est surtout indissociable de l’histoire française. En prendre pleinement la mesure passe aussi par la reconnaissance des événements, glorieux ou plus sombres, qui s’inscrivent dans notre mémoire collective. En France, c’est le cas du 17 octobre 1961, et nous en appelons à l’État pour le reconnaître – enfin – officiellement.

    Stéphane Troussel

    publié le 16 octobre 2018 

    SOURCE : https://www.politis.fr/articles/2018/10/17-octobre-1961-guerre-dalgerie-allons-au-bout-de-la-reconnaissance-39462/ 

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 17 Octobre à 21:16
    Les Algériens assassinés un certain 17 Octobre 1961 refusaient le dictât de Debré et du sinistre Papon Ce dernier n'est qu'un criminel acharné contre la race humaine puisqu'il n'hésita pas à envoyer à la mort des centaines de Juifs avant se s'en prendre , lâchement, à des Algériens sans défense. N'oublions pas de rappeler que cet individu fut Préfet de la ville des Ponts : Constantine où il fut complice avec un chanteur aux larmes de crocodiles, dans l'assassinat d'un chanteur de renom : Paul Leyris. Et c'est cet assassinat qui provoqua la panique puis l'exode de la communauté Israélite dont les racines dans la ville remontent à plus de 3000 ans. Rappelons les paroles de Roger Hanin qui écrivit un jour : Je suis Juif et je dois une gratitude éternelle à l'Algérie d'avoir gardé sur sa terre et dans sa chair des centaines de milliers de Juifs pendant des siècles et des siècles jusqu'à l'arrivée des Français qui ont trouvé une communauté Israélite intacte, heureuse et différente. C'est cela l'Algérie . C'est cela l'Islam ; le respect , la tolérance et l'amour.(sic) Le_Canari_de_retour Blida le 17*10*2018
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