• 19 MARS : POURQUOI MONSIEUR PUJOL MAIRE DE PERPIGNAN A TORT

     

     19 MARS : POURQUOI

     MONSIEUR PUJOL

     MAIRE DE PERPIGNAN A TORT

    Au fond, ce que fait Monsieur PUJOL, c’est entretenir les mauvais souvenirs, les vieilles haines au sein d’une famille…

    Pour beaucoup de jeunes Perpignanais, la date du 19 mars n’évoque rien de particulier. D’ailleurs, elle n’évoque rien, non plus, pour d’autres, plus âgés. Pour le piéton qui y prend garde, c’est le seul jour de l’année où le drapeau français est en berne sur la façade de la mairie (enroulé d’un bandeau noir pour marquer le deuil national).

    Qu’est-ce-que le 19 mars a donc de si particulier pour que les Perpignanais mettent en berne le drapeau national au fronton de leur « maison commune » ?

    Aux yeux de toute la France, à Perpignan comme à Béziers et ailleurs – si l’on en croit leurs maires respectifs – les citoyens de ces villes considèrent que le 19 mars est une date d’infamie : celle que les députés français, en 2012, ont choisi pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie (suite aux accords d’Evian, le 18 mars 1962).

    Depuis toujours, victimes de l’idéologie… Bruno DELMAS

    Cette guerre – horrible – venait sceller le sort de la présence française en Algérie et donner à ce pays les clés de l’indépendance. Des hommes, des femmes, des enfants des deux nationalités, de toutes les cultures et de toutes les conditions y ont péri. Des familles entières ont dû fuir « leur » pays sans regarder en arrière et sont devenues ce que l’on appelle depuis 60 ans des rapatriés. Les harkis furent des victimes expiatoires à plus d’un titre : sur le sol de leur propre pays natal et puis, en France, où leur accueil a été des plus indignes. On comprend, dès lors, que les cicatrices aient eu beaucoup de mal à se refermer. Quand elles ne sont pas régulièrement ré-ouvertes par les élus de tous bords …

    Parce que, au fond, harkis et rapatriés sont depuis toujours les victimes de l’idéologie. Et leurs opposants, aussi. Tous ces êtres humains ont en commun de souffrir d’idéologies contraires (les « colons » d’un côté, les indépendantistes de l’autre et, plus fumeux, les intérêts économiques liés au pétrole et au gaz dont regorge l’Algérie). Cette guerre et les souffrances qu’elle a engendrées (comme toutes les guerres que nous voyons aujourd’hui) ne sont pas d’abord des conflits humains mais des conflits d’intérêts et d’idéologies … qui se nourrissent du sang des hommes, des femmes et des enfants quelque soit leur identité, leur race, leur religion, leur condition…

    La guerre d’Algérie, comme toutes les guerres, est la négation de ce que l’homme a de meilleur en lui : l’intelligence et l’aspiration à vivre en paix.

    Violer l’unité républicaine est indécent… Bruno DELMAS

    Je m’oppose à la mise en berne du drapeau français par le maire de Perpignan pour deux raisons principalement :

    En tant que républicain, je sais au fond de moi, que la République est la meilleure digue au chaos qui nous menace tous. Elle a la difficile tâche de garantir l’ordre et la concorde… et donc, la liberté de chacun. Mettre les hommes en paix, c’est garantir de vivre en paix et de construire un avenir plus serein pour tous… Raviver ces querelles, opposer les tenants du 19 mars à la représentation nationale est un acte profondément anti-républicain. Diviser est le contraire de tout principe républicain. Le faire, en tant qu’élu, est une indignité absolue… quelles que soient les raisons.

    A l’heure où la République est menacée par les intégristes de tout poil qui ne respectent aucune valeur de liberté individuelle, il ne faut négliger aucun symbole. Aucune atteinte à nos symboles les plus chers. Au premier rang desquels, le drapeau français.

    Un drapeau français en berne, c’est l’expression d’un deuil national, d’un hommage de tous les français (ou tous les habitants d’une ville) à l’occasion d’évènements particulièrement douloureux (attentats du 13 novembre, attentat contre Charlie Hebdo, attentats de Nice pour les occasions les plus récentes). Mettre un drapeau en berne est un acte (heureusement) rare que les Français ne font pas à la légère. Et en général, en des occasions qui fédèrent le plus grand nombre. C’est un acte de concorde nationale, de compassion générale et unanime. En aucun cas, un acte de division, de déchirement des consciences.

    Ce ne doit pas être non plus l’expression d’une souffrance individuelle (Monsieur PUJOL nous rappelle toujours l’assassinat de son oncle en Algérie). Un drapeau français en berne, c’est encore moins la clameur d’une partie aussi représentative soit-elle de la nation. La République est une et indivisible. Et quand elle s’exprime à travers ses symboles, elle le fait à chaque fois pour exprimer son unité et non pas ses divisions.

    Quand on commémore c’est que le mal est déjà fait… Bruno DELMAS

    D’ailleurs, Monsieur PUJOL, sachez que les rapatriés, les harkis, en ont assez d’être instrumentalisés, de voir leur passé tamisé à la passoire des intérêts politiques et électoraux… Ce qui se fait à Perpignan n’est pas bien. Et vous le savez.

    La deuxième raison, c’est qu’à Perpignan comme à Béziers et ailleurs, ce que font les maires est une offense aux décisions de la représentation nationale. On peut ne pas être d’accord mais en aucun cas, on a le droit de prendre en otage l’opinion de toute une ville.

    Les citoyens de Perpignan et de Béziers et ailleurs n’ont pas donné mandat à leurs maires pour violer une date de commémoration retenue par la représentation nationale. En mettant le drapeau en berne, les Perpignanais devraient accepter d’enfreindre la loi, de jeter aux orties une décision démocratiquement débattue et votée par le Parlement français ? En clair, à Perpignan, cette loi (et peut-être d’autres…) peut être non appliquée, foulée aux pieds … même si la représentation nationale, au nom du peuple français, en a décidé autrement ? Tout simplement parce que le maire ne sait pas distinguer sa souffrance personnelle (et celle de ses proches) de l’absolue nécessité d’instaurer la concorde républicaine ?

    Une date de commémoration n’est jamais une bonne date, ne serait-ce que parce qu’elle rappelle des moments douloureux où des vies humaines ont disparu tragiquement.

    La date du 19 mars peut, à juste titre, blesser des familles entières de harkis et de rapatriés et je les comprends. Toute date de commémoration entraîne ses pros et ses antis… Mais dès lors que l’on commémore, quelque soit la date, c’est que le plus grand mal est déjà fait.

    Comme avec les Allemands contre lesquels nos grands-parents se sont battus, le 8 mais 1945 signe l’armistice. Et nous commémorons cette date ensemble même si nous savons que d’autres atrocités eurent lieu après elle. On ne passe jamais d’une situation de guerre à une situation de paix en une signature d’armistice …

    Au fond, ce que fait Monsieur PUJOL, c’est entretenir les mauvais souvenirs, les vieilles haines au sein d’une famille, revenir sur les vieilles histoires, nourrir les ressentiments… Le résultat ? Personne n’est heureux dans ce genre de famille. Personne n’avance et ne voit l’avenir avec confiance. Chacun se regarde de travers… Nous sommes tous nostalgiques de nos passés respectifs mais nous devons garder à l’esprit que nous occupons aujourd’hui le présent de nos enfants. Donnons-leur confiance en l’avenir. Montrons-leur que nous savons prendre le dessus sur nos souffrances. Assurons-les de s’appuyer sur des êtres forts, capables de vivre en paix et de léguer un autre héritage que le ressentiment et la réaction.

    Et surtout, dans une époque où la République est menacée de toute part, n’acceptons rien – absolument rien – de nos élus qui foulent au pied des principes aussi déterminants que l’unité et la concorde républicaine.

    SOURCE : http://www.l-olivier.org/19-mars-pourquoi-monsieur-pujol-a-tort/ 

     

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