• 1958 ceux qui ont dit non

     

    1958 ceux qui ont dit non

    1958 ceux qui ont dit non

    Le 1er Président de la Ve République et le dernier Président de la IVe 

    Je viens de visualiser le documentaire de Philippe Saada sur LCP la Chaîne Parlementaire sur les enjeux du référendum du 28 septembre 1958 qui a ouvert la voie à la fondation de la Ve République. Un film qui devrait être  projeté dans toutes les classes de lycées où l'on étudie l'Histoire de la France contemporaine. En effet, alors que Macron tente de se refaire une santé sondagière en endossant les habits du général de Gaulle assurément trop grands pour lui, au moment où il prépare une modification de la Constitution (enfin s'il en a le temps, car la crise du virus COVID l'a retardé) dont il a commémoré en grande pompe le soixantième anniversaire de la fondation, il est nécessaire que les jeunes générations qui vont peut-être voter aux prochaines élections départementales et régionales et, bien entendu, à la Présidentielles de 2022, apprennent d'où nous venons pour savoir où nous voulons aller.

    Au lieu, comme la plupart des journalistes, de se répandre en lamentations sur les "méfaits" de la IVe République (24 gouvernements en 12 ans), le réalisateur, aidé par des commentateurs politiques de haut niveau comme Louis Joxe (plusieurs fois ministre de François Mitterrand qui, lui-même, avait été 11 fois ministre sous la IVe), montre que la France de 1958 était reconstruite, avait engagé le processus de décolonisation et préparé le terrain aux Trente Glorieuses. Les gaullistes qui avaient savonné la planche des 24 gouvernements (avec le PCF) piaffaient d'impatience de retourner au pouvoir alors même que leur chef écrivait tranquillement ses Mémoires à Colombey. La Guerre d'Algérie qui durait depuis 4 ans (et qui durera encore 4 ans) affaiblissait les gouvernements et renforçait le pouvoir des généraux jusqu'au-boutistes à Alger. L'affrontement était inéluctable.

    Entre le pouvoir légal affaibli à Paris du Gouvernement de Pierre Pfimlin et le pouvoir insurrectionnel du Comité de Salut Public des généraux d'Alger, l'appel à De Gaulle paraissait comme le moindre mal aux yeux de certains républicains (gauche, centre gauche, centre droit) terrorisés à l'idée de voir les paras "sauter sur Paris" alors même qu'ils s'étaient emparés des deux préfectures de la Corse. Le Coup d'état du 13 mai 58 suivi de la grande manifestation républicaine du 28 mai déboucha sur l'investiture de De Gaulle comme Président du Conseil (le dernier de la IVe République !) par 329 voix contre 224. Dans sa proclamation De Gaulle réclamait les pleins pouvoirs pour 6 mois et l'adoption d'une nouvelle Constitution qui serait adoptée par référendum.

    Il est plus dur de conduire le char de l'État qu'un autobus 

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    C'est le texte de cette Constitution qui fut soumis au vote des Français le 28 septembre 1958. Ce ne fut pas mon premier vote car à l’époque on votait à 21 ans je n’en n’avais que 17… juste entre le coup d'état militaire à Alger et la manifestation républicaine à Paris. La perspective d'aller me faire trouer la peau en Algérie, la fréquentation de militants syndicalistes pacifistes, la lecture des articles de Jean-Paul Sartre et Pierre Mendès-France, m'aurait forcément décidé à voter NON, lors de ce référendum comme 20,75% des Français. Et, depuis 60 ans, régulièrement, l'application de cette Constitution née sous la contrainte militaire me conforte dans mon jugement politique d'alors. Il s'agit d'un texte habile, faussement démocratique, faussement parlementaire, construit pour un seul homme – le général de Gaulle qui jouissait encore d'un grand prestige 14 ans après la Libération – dont l'application, malgré les réformes nombreuses qui lui ont été apportées, conduit inévitablement au pouvoir personnel. Macron, dont le prestige se limite à l'invention de lignes d'autobus et de ponction sur les retraites, aura du mal à nous faire croire qu'il est le légitime héritier  du Général et qu'il a la légitimité pour faire une nouvelle réforme de la Constitution.

    On connaît la suite de l'Histoire. De Gaulle gouverna sans partage pendant 10 ans. Après s'être fait élire au suffrage universel en 1965, il buta sur la pierre d'une jeunesse dont il ne comprenait pas les aspirations et sur les pavés de Mai 68, une décennie seulement après avoir repris le Pouvoir suite à un coup d'état militaire. Les gaullistes d'aujourd'hui (ils s'appellent Les Républicains après que leurs aînés aient contribué à abattre la IVe République!) ont à la fois un Premier Ministre à Matignon et un ennemi juré à l'Élysée. Que sortira-t-il de ce grand écart ? Personne ne peut le dire aujourd'hui mais, assurément, rien de bon. À moins que le peuple français, dans un de ces moments héroïques où il sait se rassembler, se transcender, s'élancer à l'assaut des difficultés (comme les soldats de l'An II de Victor Hugo : Qui eussent sans nul doute escaladé les nues/Si ces audacieux/En retournant les yeux dans leur course olympique/Avaient vu derrière eux la grande République/Montrant du doigt les cieux…) ne trouve les moyens de se gouverner démocratiquement pour le bien du plus grand nombre et non autocratiquement pour le bien d'une minorité de  richards et de prétentieux. 

    Avec la Cinquième République nous pouvons constater ceci au jour d’aujourd’hui :

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    Régression sociale généralisée et fascisation des esprits

    La France, dans le cadre d'un capitalisme en crise, tend lentement vers un régime que personne ne sait encore comment qualifier. Mais peu importe les adjectifs et les qualificatifs. Tous les ingrédients d'une décomposition sociale, politique et morale sont bien présents : chômage, précarisation et ubérisation du travail, guerre contre toutes les avancées sociales, gestion criminelle de la pandémie, corruption d'une grande partie de la classe politique, menace publique de putsch, persécution des musulmans etc. etc.  

    Les associations caritatives et les banques alimentaires qui fleurissent un peu partout comme la misère d'ailleurs qui leur permet d’exister et de se développer sont un autre signe de cette régression sociale généralisée. Cette situation non seulement perdure, mais se dégrade encore de jour en jour. Et toute révolte d'envergure est impitoyablement réprimée. La répression sauvage et les châtiments corporels d'un autre âge infligés aux Gilets jaunes (mains arrachées, yeux crevés, visages défigurés, crânes fracassés etc.) en est un exemple éloquent et affreux à la fois. Car la richesse doit rester, vaille que vaille, concentrée entre les mains d'une seule et même classe sociale.

    La France, pays riche, compte aujourd'hui des millions de smicards, de travailleurs pauvres, d'esclaves modernes travaillant pour des plateformes comme Uber ou Deliveroo, de « sans-papiers » surexploités où « le temps de travail atteint son maximum et le taux de salaire son minimum », de chômeurs dont on ne cesse de diminuer les indemnités, bref des millions d'hommes et de femmes broyés par la machine capitaliste.

    Pendant ce temps là et malgré la crise, « les dividendes distribués aux actionnaires des entreprises françaises du CAC40 ont littéralement explosé ». Les esclaves du capital par contre, eux, ne reçoivent que le strict minimum nécessaire à la reproduction de ces mêmes dividendes. Un système qui produit sans trêve richesse pour les uns et misère pour les autres ! Cette misère n'a d'égal que la richesse accumulée par une minorité de très riches et qui aime de surcroît étaler ostensiblement son goût pour le luxe, l'apparat, le cérémonial... Car pour qu'une classe puisse vivre dans le luxe, il faut qu'une autre classe vive dans le dénuement et l'asservissement.

    Les puissants, insatiables, se nourrissent toujours à l'instar des vampires, du sang du peuple des travailleurs.

    De son côté, l’État organise à travers ses organismes, notamment ceux de la sécurité sociale, une véritable chasse aux fraudeurs des... prestations sociales ! Il a même créé à cet effet le Répertoire National Commun de la Protection Sociale (RNCPS). Le contrôle porte sur les minima sociaux, le RSA (Revenu de solidarité active), le logement et beaucoup moins sur les cotisations patronales. Plus on est pauvre, plus on est contrôlé et plus on est sanctionné ! « Jamais les bénéficiaires d’aides sociales, et parmi eux les plus précaires, n’avaient été aussi rigoureusement surveillés, ni leurs illégalismes ou leurs erreurs si sévèrement sanctionnés ».

    La traque se concentre donc sur les plus précaires, les plus pauvres, sur « les sans dents » comme disait François Hollande ou sur « les gens qui ne sont rien » selon Emmanuel Macron !

    Si l'Etat s'acharne sur les pauvres, il reste en revanche très discret quant à l'évasion fiscale dont les montants sont sans commune mesure avec la fraude sociale. A intervalles réguliers, la presse nous apprend comment les grandes familles bourgeoises françaises comme les Mulliez, les Guerrand-Hermès ou encore Bernard Arnault, fraudent le fisc en planquant leurs milliards un peu partout à travers le monde.

    L'État bienveillant avec les uns (fraude des riches), impitoyable avec les autres (fraude des pauvres) ! Rien de plus normal. l'Etat n'est en réalité « qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière ».

    La corruption des représentants de cette classe d'exploiteurs contraste lamentablement avec les valeurs proclamées par cette république bourgeoise et les pratiques réelles de ses dirigeants. Le nombre d'hommes politiques impliqués, à un degré ou à un autre, dans les affaires de corruption est impressionnant. Il est tout simplement impossible d'établir une quelconque liste exhaustive des scandales politico-financiers qui secouent régulièrement tous les échelons de l'Etat. A titre d'exemple seulement, on peut citer le cas de l'ancien président de la république Nicolas Sarkozy qui concentre à lui seul une demi-douzaine d'affaires entre ses mains : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, l'affaire Bettencourt, l'affaire libyenne, l'affaire des sondages et l'affaire des écoutes téléphoniques pour laquelle il vient d'être condamné.

    Pour masquer cette cruelle réalité et éviter toute résistance et toute révolte d'envergure, la classe dirigeante invente des ennemis et montre du doigt le travailleur immigré, le musulman, le noir etc. comme responsables de tous les maux et de tous les malheurs de la France. La fabrication des boucs émissaires lui permet ainsi de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en occultant sa propre responsabilité dans cette situation désastreuse.

    La bourgeoisie française instrumentalise également, dans une société vieillissante, la peur, en propageant, en encourageant et en banalisant un discours politique de plus en plus haineux, xénophobe et islamophobe. Les journalistes, les philosophes, les écrivains, les hommes et les femmes politiques nourris et engraissés par les grands patrons se précipitent et se succèdent sur les plateaux de télévision et les stations de radio pour déverser leur haine de classe sur une partie de la population.

    Mais lorsque le conflit s'aiguise et prend de l'ampleur, la classe dominante n'a d'autres choix que d'utiliser la violence sous toutes ses formes pour perpétuer sa domination. L'exemple des Gilets jaunes en est la meilleure preuve. Leur Mouvement restera probablement dans les annales comme celui qui a été le plus réprimé dans l'histoire récente de la France

    Les esclaves modernes peuvent toujours améliorer leurs conditions de vie et de lutte par des combats ponctuels. Mais ils ne peuvent briser leurs chaînes et se libérer de l'exploitation, de l'oppression et de la misère matérielle et morale tant qu'ils n'ont pas réussi à abolir la source de leur malheur, le capitalisme et la classe qui le porte, la bourgeoisie.

    SOURCE : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/regression-sociale-generalisee-et-232968 

    Alors faut-il passer à une Sixième République qui essayera de corriger les erreurs de la Quatrième et de la Cinquième ? Comme je vous l'ai dit plus haut il y a peu j’ai visionné un documentaire qui explique comment et pourquoi la Ve République a remplacé la IVe République. Voici donc ce documentaire :

     

    « Le Parlement européen, qui s'estime floué par le système mis en place par le RN, a réclamé le remboursement des sommes indûment utilisées. Agression israélienne contre la population de Gaza : la France doit d’urgence rectifier sa position »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 17 Mai à 17:06

    En 1958 j'ai eu 18 ans. J'ai passé mon deuxième bac cette année-là.

    Je n'avais pas le droit de vote mais je m'étais octroyé celui de participer à l'inscription d'un monumental NON A DE GAULLE sur le rempart du village de Cessenon où je résidais alors.

    En septembre 1969 alors que je venais de prendre mon premier poste d'instituteur à Bédarieux j'avais mis mes espoirs dans le mot d'autodétermination prononcé par De Gaulle. Las, le 26 février 1960, jour de mes 20 ans, je recevais dans ma classe l'avis de mon affectation pour le 1/66ème RA basé à  Oran.

    Et la guerre a continué comme si de rien n'était ! Elle a duré sous De Gaulle plus de temps que sous les autres gouvernements qui l'avaient précédé.

    En avril 1961 j'ai contribué dans mon secteur et à la mesure de mes possibilités à l'échec de la tentative de putsch. J'avais pour le circonstance exprimé ma loyauté au instances dirigeantes de mon pays alors conduites par De Gaulle.

    Et en avril 1962 je votais pour la première fois et mon vote était favorable au processus de paix dans lequel nous étions engagés avec les Accords d'Evian.

    Par la suite j'ai repris mon combat contre De Gaulle et ce qu'il représentait pour moi, un ennemi de classe au service de la bourgeoisie.

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