• 75 ans après Hiroshima : comment l'histoire d'un crime de guerre a été réécrite

     

    75 ans après Hiroshima : comment l'histoire

    d'un crime de guerre a été réécrite

    75 ans après Hiroshima : comment l'histoire d'un crime de guerre a été réécrite

    75 ans après la première attaque nucléaire, à Hiroshima, le 6 août 1945, on continue à présenter ce crime de guerre comme le tournant de la seconde guerre mondiale, occultant ainsi la responsabilité des Etats-Unis. Jusqu'à quand va-t-on ainsi réécrire l'histoire ?

    Pour cause de coronavirus, le Japon a commémoré avec retenue la première attaque nucléaire de l’histoire qui a frappé Hiroshima il y a 75 ans, le 6 août 1945. La traditionnelle cérémonie des lanternes flottantes, déposées la nuit en souvenir des victimes, a été annulée. Dans un discours, le Premier ministre Shinzo Abe a déclaré : « Je m’engage à faire de mon mieux pour l’avènement d’un monde sans armes nucléaires et d’une paix durable ». On aurait apprécié que de tels propos fussent tenus par Donald Trump, mais ce dernier sait à peine où se situe Hiroshima et ne s’intéresse qu’à son terrain de golf.

    Shérif de service

    En l’espèce, les présidents américains se suivent et se ressemblent. Aucun d’entre eux n’a jamais eu la moindre parole critique sur ce qui restera comme l’un des plus grands crimes de guerre de l’histoire. En 2016, Barack Obama avait été le premier président en exercice à se rendre sur place pour rendre hommage aux victimes et appeler à une planète sans armes nucléaires. C’était à la fois beaucoup (pour le symbole) et peu (quant aux responsabilités américaines oubliées).

    Aujourd’hui, on continue à présenter cet épisode tragique (140.000 morts à Hiroshima, 74.000 à Nagasaki) comme le tournant de la seconde guerre mondiale, bref comme un mal nécessaire ayant permis la victoire contre le Reich et son allié asiatique. Or rien n’est plus faux. Quand les Etats-Unis balancent « Little boy » - joli nom attribué à la bombe envoyée sur Hiroshima – les carottes sont déjà cuites. On est déjà dans l’amorce de la guerre froide. Washington entend surtout montrer à son allié soviétique circonstanciel quel est le réel rapport des forces en présence, quitte à plonger tout un pays dans l’horreur absolue.

    Quand le président Harry S. Truman s’adresse au peuple américain, après avoir rayé Hiroshima et Nagasaki de la carte, tel un shérif de service, il fait assaut de bons sentiments. Il déclare : « Nous avons utilisé la bombe contre ceux qui nous ont attaqués sans sommation à Pearl Harbour, contre ceux qui ont affamé et torturé les prisonniers de guerre américains, contre ceux qui ont refusé systématiquement d’obéir aux lois internationales de la guerre. Nous avons utilisé la bombe pour réduire le temps de l’agonie de la guerre. » Comme dirait Georges Clooney dans la pub d’un célèbre marchand de café «What Else ? » (Quoi d’autre ?)

    Truman précisera un peu plus tard avoir pris la décision de lancer la bombe A sans état d’âme, sans même avoir eu une nuit de sommeil agitée. Certes, nul ne songerait à nier l’horreur des crimes commis par l’armée japonaise, mais de là à signer un acte barbare marquant de la pire des manières l’entrée de la planète dans l’ère atomique, il y a un pas qui n’aurait jamais dû être franchi.

    Faux Ami

    Dès le printemps 1945, le sort de la deuxième guerre mondiale est plié. On sait que l’Allemagne nazie va capituler, ce qui entrainera forcément son allié japonais à en faire autant. L’enjeu n’est donc pas militaire. En réalité, les Etats-Unis sont entrés en guerre par crainte de voir s’installer une double hégémonie (l’Allemagne en Europe, le Japon militariste en Asie, où il est déjà présent en Chine). Il en sera de même vis-à-vis de l’Union Soviétique, l’aspect idéologique (essentiel) en prime.

    Lorsqu’ils se réunissent à Postdam, en juillet 1945, les dirigeants de la « Grande Alliance » n’ont plus d’illusion sur l’avenir de leur coalition surréaliste. Le vice–président Truman, qui a remplacé Roosevelt, mort en avril, donne alors son nom à une doctrine basée sur le « containment » (autrement dit « l’endiguement ») de l’Union Soviétique. Aux yeux des théoriciens de cette conception, notamment le politologue George F. Kennan et le secrétaire d’Etat Dean Acheson, il faut absolument empêcher l’URSS d’étendre son influence en Europe.

    L’utilisation de la bombe atomique à Hiroshima puis à Nagasaki vise donc, si l’on ose dire, autant l’URSS que le Japon. Truman utilise l’arme fatale comme on tape du poing sur la table pour se faire entendre de toute la maisonnée. En l’occurrence, il vise l’URSS, considérée comme un faux ami et un véritable ennemi. La création de l’Otan, demandée par les alliés européens des Etats-Unis, afin de les encourager à ne pas se retirer sur leur Aventin, sera le complément stratégique de l’avertissement nucléaire lancé à la face de l’URSS, avec les Japonais comme « victimes collatérales », pour reprendre une expression qui ne connaîtra son heure de gloire que bien plus tard.

    Cet avertissement a marqué à jamais la population japonaise, traumatisée (on le serait à moins) par un crime de guerre inégalé jusqu’ici, et qui continue à être présenté de manière fallacieuse. On imagine ce qui se serait passé si l’Union Soviétique, qui ne possèdera la bombe nucléaire qu’en 1949, avait pris une telle responsabilité.

    Dès lors qu’il s’agit de la patrie du « monde libre », pour reprendre le vocabulaire de la guerre froide remis au goût du jour par Mike Pompeo, ex patron de la CIA recyclé au poste de secrétaire d’Etat, nul ne s’offusque. Il est malvenu d’égratigner l’Empire, même quand il réécrit l’histoire pour masquer ses turpitudes sanguinaires.

    SOURCE : https://www.marianne.net/debattons/editos/75-ans-apres-hiroshima-comment-l-histoire-d-un-crime-de-guerre-ete-reecrite

    Malgré le coronavirus, le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires n'a pas oublié Hiroshima et Nagasaki

    75 ans après Hiroshima : comment l'histoire d'un crime de guerre a été réécrite

    Dans le cadre de la commémoration des 75 ans des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki, le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires poursuit ses actions de sensibilisation. Une manifestation s’est déroulée ce vendredi devant le centre du CEA Valduc en Côte d'Or.

    Communiqué du collectif :

    Ce 7 août, à l'initiative du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires*, une centaine de personnes ont manifesté le matin devant le centre du CEA Valduc (Commissariat à l'énergie nucléaire et aux énergies alternatives), leur opposition aux armes nucléaires et invité les salariés à débattre des pistes de reconversion. Prises de paroles, concert des Bure-Haleurs, minute de silence...

    N'ayant pu rencontrer les salariés, le collectif a décidé d'aller leur porter directement une information le soir à la sortie du travail en arrêtant les voitures et un car de travailleurs sur la route pour leur distribuer des tracts.

    Ces manifestations s'inscrivent dans le cadre des quatre jours d'actions et de jeûnes du 6 au 9 août de commémoration des 75 ans des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki :

    - pour demander à nos élus et au Président Emmanuel Macron de signer le Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN) adopté par l'ONU le 7 juillet 2017. Ce traité prévoit l'interdiction d'employer, de fabriquer, de stocker et de menacer d'utiliser des armes nucléaires. Il entrera en vigueur lorsque 50 pays l'auront ratifié, nous en sommes à 40.

    - en solidarité avec toutes les victimes des armes et des essais nucléaires car ces armes représentent « le dernier degré de sauvagerie » (Albert Camus, dans le journal Combat du 8 août 1945). Elles créent une insécurité majeure sur notre planète.

    Pour obtenir ce processus de désarmement international, des actions et jeûnes sont organisés dans plusieurs villes de France (Tours, Brest, Saintes, Mont Saint-Michel et Épinal) mais aussi en Allemagne, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et au Togo.

    SOURCE : https://www.info-chalon.com/articles/bourgogne/2020/08/09/45226/malgre-le-coronavirus-le-collectif-bourgogne-franche-comte-pour-l-abolition-des-armes-nucleaires-n-a-pas-oublie-hiroshima-et-nagasaki/ 

    Sans oublier Capestang qui est une commune située

    dans le département de l'Hérault, en région Occitanie 

    Malgré le covid-19 et malgré la chaleur

    Oui malgré ces difficultés nous avons fait ce dimanche 9 août notre traditionnelle Marche de Paix comme nous le faisons chaque année depuis 2000. C’était donc la 21ème édition. Nous avons pu être accueillis vers 10 h par Mme Gisbert et M. Vivancos qui nous ont proposé un meilleur endroit que celui que nous avions prévu pour le pique-nique.

    Par ailleurs nous nous en sommes tenus au programme qui était le nôtre.  Il y aura pas loin d’une quarantaine de personnes à participer à tout ou partie de notre initiative du jour. Il y a quelques têtes nouvelles la plupart ne nous sont toutefois pas inconnues, même avec leurs masques de protection contre le coronavirus.

    Une présentation de la commune de Capestang permet à ceux qui les ignoraient de prendre connaissance des événements qu’a vécus le village lors du Coup d’Etat de 1851. Puis en route pour un circuit qui va nous amener au pont de Saïsse. Le matin des entrées maritimes avaient fait que le ciel était voilé mais ça ne durera pas.

    Nous voilà au bord du Canal du Midi où des explications sont données sur cette réalisation classée au patrimoine mondial de l’humanité. On va rentrer dans les rues qui sont à l’ombre. Celle-ci est la bienvenue.

    On passe sur la place des Martyrs. C’est qu’un deuxième événement historique marque Capestang. Il s’agit du drame de Fontjun qui a fait cinq morts sur le terrain le 6 juin 1944 et dix-huit le lendemain, fusillés à Béziers au Champ de Mars. En représailles de cette affaire de Fontjun, l’armée allemande exercera des représailles et une rafle qui a lieu le 9 juin verra la déportation de 179 habitants de la commune ayant entre 18 et 40 ans.

    La stèle commémorative de cette rafle n’est pas accessible en raison du marché. Nous allons rallier la mairie où auront lieu les prises de parole. Un crochet avant d’y arriver va nous permettre de voir la maison de Jean Pech, victime de la répression qui s’est abattue sur les Républicains de Capestang qui s’étaient opposés au Coup d’Etat de Napoléon III.

    Nous voilà sur le petit perron de l’entrée de l’hôtel de ville. Raymond Cubells rappelle ce qui nous motive la condamnation des armes nucléaires qui ont anéanti Hiroshima et Nagasaki et dont la prolifération et la modernisation aujourd’hui ont quelque chose d’inquiétant. Les dépenses pour les œuvres de mort font cruellement défaut pour les œuvres de vie et présentement dans la lutte contre le coronavirus. Il demande que soit ratifié le TIAN adopté par l’ONU, notre revendication majeure au cours de notre manifestation du jour anniversaire du bombardement de Nagasaki. Il ajoute que les municipalités qui ont la responsabilité de la sécurité ont leur place dans les villes de paix et remercie celle de Capestang pour l’accueil fait à l’édition 2020 de la Marche  de la Paix.

    Mme Sylvie Gisbert se félicité du choix de sa commune pour cette initiative et espère que celle-ci aura l’impact escompté.

    Lui succède Robert Renau au nom de l’ADEP, une association d’amitié franco-vietnamienne laquelle a décidé de participer à notre Marche de la Paix. Il donne des précisions sur la lutte engagée par l’ADEP contre l’agent orange dont on commémore chaque année le 10 août la première utilisation. Il indique les formes que prend ce combat qui fait encore des victimes soit par ce qui reste encore du produit épandu soit par les suites génétiques dont souffrent des Vietnamiens.

    Nous prenons congé des élus qui nous ont accueillis et nous rejoignons le terrain de camping qui nous a été indiqué pour notre pique-nique. Celui-ci sera précédé de l’habituel apéritif en pareilles circonstances. Ah, il y a moins de monde qu’à l’accoutumée pour notre repas tiré du sac. C’est qu’il a fallu faire face à une situation un peu exceptionnelle.

    Ceci étant nous avons eu de la satisfaction avec cette édition 2020 de notre Marche de la Paix. Elle ressemblait assez à certaines précédentes même si chacune d’elles a ses caractéristiques propres.

    75 ans après Hiroshima : comment l'histoire d'un crime de guerre a été réécrite

    Crédits photos Marianne Perrot

     

    Jacques Cros

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6573938-Malgre-le-covid-19-et-malgre-la-chaleur#c25992697

     

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