• A Béziers est-ce le meurtre des Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui a été commémoré aujourd’hui ?

    A Béziers est-ce le meurtre des Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui a été commémoré aujourd’hui ou l’adulation et la prosternation  du « provocateur sans frontières » qui se recueillait, comme chaque année devant la tombe des généraux factieux de l’OAS au cimetière vieux ? 

    A Béziers est-ce le meurtre des Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui a été commémoré aujourd’hui ?

    Ménard y développa la thèse du seul meurtre des Européens. Cette thèse est une construction idéologique de l'OAS qui vise à légitimer a posteriori son célèbre positionnement : « la valise ou le cercueil ».

    Une violence réelle

    Il y a bien eu un massacre le 5 juillet 1962 à Oran, 3 mois après les accords de paix d'Evian, 2 jours après la reconnaissance officielle de l'indépendance de l’Algérie, quelques heures avant sa proclamation. Ce massacre est le fait de différentes factions armées algériennes à l'encontre de civils européens et musulmans (plusieurs centaines de personnes).  

    Une violence réciproque

    A la fin de l'année 1960, le FLN commence à se fondre dans la population musulmane d’Oran (220000 personnes). Durant l'été 1961, l’OAS fait de même dans la population européenne (213000 personnes). Dans une ville où le terrorisme était contenu, cette double infiltration provoque un déferlement de violence : aux attentats du FLN répliquent ceux de l'OAS et vice-versa. Ces attentats dressent les populations les unes contre les autres. Chacun voit dans l'autre le possible complice des terroristes adverses. Confrontées à un sanglant chaos, les autorités sont conduites à séparer les deux communautés, ce qui va avoir des conséquences dramatiques. Oran est alors un champ de bataille ou s'affrontent, FLN, OAS, barbouzes et forces armées françaises. Les habitants d’Oran, victimes et otages, vont payer au prix fort leur dépendance aux stratégies de terreur, de contre-terreur et de répression.

    Une violence sélective

    Dans ce contexte pourquoi ne retenir, comme le font Ménard et les nostalgériques pro-OAS, le seul massacre des Européens ?

    Tous ces nostalgériques sont dans une construction idéologique qui se sert des réels massacres d'Oran d'hier pour légitimer une ligne politique de ségrégation actuelle entre Européens et populations arabes. Cette ségrégation fonde un impossible « vivre ensemble » au nom de différences instituées comme indépassables. Cette logique de ségrégation est la même qui animait l'OAS en Algérie.

    S'il est vrai que des factions armées algériennes ont tout fait pour provoquer à Oran une fuite des Européens (rejoignant en cela l'OAS), il ne faut pas oublier que la ségrégation qui régnait en Algérie est une des conséquences de la colonisation (jamais critiquée par l'OAS et les « nostalgériques »). Nous ne sommes donc pas dans le questionnement de la poule et de l'œuf ! C'est bien la forme qu'a pris la colonisation en Algérie qui est la poule. L'œuf de la violence et des massacres n'a été que la résultante des terreurs et contre-terreurs de l'OAS et du FLN.

    Quelle reconnaissance, de quelle violence?

    En particulier pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, la France a une terrible responsabilité qu’elle n’a toujours pas reconnue, ni donc condamnée :
    - Ce sont des crimes d’état : du 8 Mai 1945 à Sétif / Guelma / Khératta les massacres qui ont fait plus de 40.000 victimes, du 17 octobre 1961 au Pont Saint-Michel à Paris où plusieurs centaines d’Algériens ont été massacrés, noyés dans la Seine, assassinés par la police, du 8 février 1962 au Métro Charonne à Paris où 9 militants pacifiques ont été assassinés par le Police
    - Ce sont des crimes de Guerre : avec l’utilisation des gaz VX et Sarin, avec l’utilisation du napalm (600 à 800 villages ont été rasés : des Oradour-sur-Glane algériens !!!)
    - Ce sont les autres crimes : le colonialisme, l’institutionnalisation de la torture, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois, "crevettes Bigeard"…), les essais nucléaires du Sahara, les camps d’internements (pudiquement appelés camps de regroupements qui ont fait des centaines de milliers de morts)…
    Il est important que l'Etat français reconnaisse aussi les massacres d'Européens et de Musulmans à Oran le 5 juillet 1962. Laisser le seul souvenir de ce massacre aux « nostalgériques », c'est maintenir la mémoire sélective de l'OAS et légitimer sa propension à édifier actuellement de nouvelles barrières entre communautés au nom d'une lecture tronquée du passé. Ici aujourd'hui à Béziers... et demain dans toute la France.

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    Si vous souhaitez lire l’allocution du « provocateur sans frontières » cliquez sur le lien ci-dessous : 

    http://www.ville-beziers.fr/5-juillet-1962-a-oran-memoire-plus-grand-massacre-de-guerre-dalgerie/

    « Xavier Driencourt, nouvel ambassadeur de France en AlgérieARTICLE DE L'INDEPENDANT DE PERPIGNAN : Algérie : le président Bouteflika presse la France de reconnaître les crimes de la colonisation »
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