• A l’occasion du 74e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance nous vous présentons " Les Jours heureux " un documentaire signé Gilles Perret

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    © Gilles Perret Le film de Gilles Perret a été sélectionné à "Visions sociales"

    au Festival de Cannes

     

    A l’occasion du 74e anniversaire
    de la création
      du Conseil National de la Résistance

    nous vous présentons " Les Jours heureux " 

      un documentaire signé Gilles Perret

    Pour notre part et dans le même élan nous souhaitons rendre un hommage à Jean Moulin qui est le principal unificateur des groupes de résistants disparates et politiquement divergents qui a abouti à la création du CNR.

    Honorons donc la mémoire de Jean MOULIN, héros de l’opposition à l’occupant nazi et figure emblématique de la Résistance française.  

     

    Son premier acte de bravoure remonte à juin 1940. Alors préfet de Chartres (Eure-et-Loir), les nazis lui soumettent une déclaration selon laquelle un groupe de tirailleurs sénégalais appartenant à l’armée française aurait commis des crimes graves. Conscient de l’innocence des accusés, Jean Moulin refuse de signer le document.  

    Cette première insubordination lui vaudra d’être roué de coup puis emprisonné. Ce premier internement dessine un homme affirmé dans ses choix et prêt à tout pour se conformer à son éthique personnel. Se refusant à toute collaboration, il va au bout de cette logique de l’honneur et tente de se suicider en se tranchant la gorge à l’aide d’un bout de verre. Cet acte terrible, entre la folie et le courage, définit le caractère bien trempé et fier de cet homme d’exception.  

     

    Libéré, il est révoqué par le gouvernement de Vichy en novembre 1940. Ne pouvant rester apathique, il rejoint le général De Gaulle à Londres en 1941. Les deux hommes s’apprécient mutuellement et cette estime réciproque pousse le Général à lui confier une mission de la plus haute importance : unifier la Résistance dans la zone Sud, encore administré par le gouvernement Vichyssois.  

     

    Ce départ porte en lui tous les prémisses de ce qu’est et de ce que deviendra Jean Moulin au sein de la Résistance et du peuple français dans son ensemble.  

     

    Il devint dès 1925 le plus jeune sous-préfet de France et est nommé dès 1937 préfet d’Aveyron. Il est le plus jeune français à occuper ce type de fonctions.  

     

    Son parcours prédisposait cet homme à entrer en Résistance et à conserver cette droiture morale et éthique qu’il conservera jusqu’à sa mort. Mais ne brûlons pas les étapes et revenons à son rôle auprès du général De Gaulle.  

     

    Une fois adoubé par le général afin d’unifier la Résistance, il revint en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 pour y mener sa mission.  

     

    Citons Malraux, ministre de la Culture sous De Gaulle, pendant son discours pour le transfert des cendres de Jean moulin au panthéon : « Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre [sans doute semblable à celui-ci], pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit ».  

     

    Mais unifier les groupes de résistants disparates et politiquement divergents n’a pas été simple. Dans un premier temps, il contacte tous les chefs des différents mouvements de résistance. Ensuite, il s’efforce, après avoir créé l’Armée secrète (AS), de mettre en place différents services : parachutage, information, presse, transmissions, comité général d’études, noyautage des administrations publiques… Doté d’une énergie inépuisable, il parvient à réunir les trois grands mouvements de résistance français, à savoir Combat, d’Henri Frenay, Franc-Tireur, de Jean-Pierre Levy et Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Il les rassemble au sein des Mouvements Unis de résistance (MUR).  

     

    On imagine la difficulté d’unifier ces mouvements dirigés par des hommes venant d’horizons différents et ne souhaitant pas spécialement perdre leurs prérogatives dans une fusion. Quel lien Emmanuel d’Astier de la Vigerie, issu de l’extrême droite et Jean-Pierre Levy,  originaire du milieu judéo-alsacien de tendance "républicaine", si ce n’est la haine de l’occupant  et une certaine image de la France ?  

     

    Une fois cette tâche accomplie il repart à Londres au début de l’année 1943 où il rend son rapport au Général De Gaulle qui le charge de mettre en place le Conseil National de la Résistance (CNR). Il s’agit cette fois de réunir toutes les organisations (mouvements, partis politiques et syndicats) sous une même entité politique. Il en sera le président. La première réunion du CNR se déroule le 27 mai 1943, à Paris.  

     

    Mais ce succès n’arrête pas pour autant les luttes d’influences au sein de la Résistance et les conflits d’intérêts. A la suite de l’arrestation du Chef de l’armée secrète, le général Delestraint, Jean Moulin organise en urgence une réunion des responsables militaires à Caluire, afin de s’organiser en l’absence du malheureux. La suite est connue, le 21 juin 1943, la Gestapo envahit le lieu de rassemblement et arrête tous les participants. La trahison, ou la dénonciation, semble évidente. Jean Moulin est emprisonné à Lyon et torturé pendant plusieurs jours. Malgré les souffrances abominables qu’il endure, jamais il ne donnera une quelconque information sur le mouvement qu’il a mis en place.  

     

    Sa sœur aura ses mots magnifiques sur ce frère si héroïque : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous ».  

     

    Mais aucun anathème ne saurait être jeté à ceux qui, devant la torture, ont craqué. Car supporter l’inhumain est l’exception, et parler sous la contrainte ne sauve pas des fantômes qui peuvent vous poursuivre. C’est ce que souhaitait nous dire Jean Malraux avec cette phrase : « Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé […] ». 

     

    " Chef de mission d'un courage  et  d'un  esprit  de  sacrifice  exemplaires,  a,  en personne, établi la liaison entre les Forces Françaises Combattantes et les Mouvements de Résistance en France, en déployant, pour y arriver, une ardeur exceptionnelle ». ainsi s'est exprimé le Général de Gaulle en attribuant à Jean Moulin le 17 octobre 1942 la Croix de la Libération, et rendait ainsi un vibrant hommage au sens de l'Etat et au patriotisme intransigeant de celui qui, moins d'un an plus tard, allait entrer dans la légende.   

       

    Jean MOULIN meurt lors de son transfert en Allemagne, le 8 juillet 1943.

     

     

     

    A l’occasion du 73e anniversaire de la création  du Conseil National de la Résistance le 27 mai 2016  nous vous présentons " Les Jours heureux "    un documentaire signé Gilles Perret


       

    " Je ne savais pas que c'était si simple de faire son devoir quand on est

     

    en danger "

     

                                                                                                                                                               Jean Moulin

      

    Appel du Conseil National de la Résistance

    Encore plus d'actualité en 2017

    « Le Chant des Partisans »

    en hommage aux victimes du terrorisme

     

     

    "Les jours heureux"c'est avant tout le titre du programme rédigé par le Conseil National de la Résistance. C'était entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, 16 hommes, appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance, voulaient changer durablement le visage de la France, et rédigeaient, dans la clandestinité, ce texte qui sera au cœur du système social français d'après guerre puisqu’il donnera naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises. 

    Une utopie folle 

    "Les jours heureux", c'est aussi le titre du nouveau documentaire signé par Gilles Perret."Ce film", explique le réalisateur haut-savoyard, "vise à retracer le parcours de ces lois, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Il vise aussi à raconter comment une utopie folle dans cette période sombre devint réalité à la Libération. Ce film raconte également comment ce programme est démantelé et collent les valeurs universelles portées par ce programme pourraient irriguer le monde demain"  

    Imaginez aujourd’hui une réunion rassemblant tous les leaders des partis politiques de droite comme de gauche, les responsables syndicaux et ceux des associations citoyennes qui décideraient de signer ensemble un même programme politique d’une ambition sociale, humaniste et politique folle !
    Un programme qui verrait l’aube se lever pour l’ensemble de l’humanité. C’est ce qui s’est passé entre mai 1943 et mars 1944 sur le territoire français encore occupé. Seize hommes sous l’égide de Jean Moulin vont changer durablement le visage de la France. Ce programme est celui du Conseil National de la Résistance. Il était intitulé magnifiquement : les jours heureux.
     

    Quand l'utopie des Résistants devint réalité...
    Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ».
    Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu'il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d'entreprises, etc. mais qu’en sera-t-il dans l’avenir ?
     

     

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