• À Sedan, un rond-point nommé 19 mars 1962

     

    À Sedan, un rond-point nommé

     19 mars 1962

    À Sedan, un rond-point nommé  19 mars 1962

     

    La date du cessez-le-feu en Algérie a été retenue pour donner un nom au rond-point situé en bas du Champ de Mars, à Sedan. Un choix qui ne satisfait pas tous les anciens combattants.

    L’essentiel :

    La date de fin de la Guerre d’Algérie est sujette à controverse chez les anciens combattants.

    Le 19 mars 1962, date du cessez-le-feu, est retenu par la FNACA. C’est le 5 décembre 1964 pour l’UNC ou la FNCPG-CATM, car de nombreuses victimes sont encore à déplorer après 1962. Le 1er  avril, la municipalité de Sedan a décidé de donner la date du 19 mars 1962 pour nom à un rond-point.

    L’inauguration aura lieu samedi prochain, le 27 avril, à 11 heures. Il s’appellera exactement « Rond-point du 19 mars 1962 – Cessez-le-feu en Algérie ».

    Lors du dernier conseil municipal, le lundi 1er  avril, les élus ont donné un nom à un giratoire qui en était jusque-là dépourvu. Il s’agit du rond-point habituellement désigné comme « du Champ de Mars », car il est situé en contrebas de cette grande étendue d’herbe propice aux jeux et aux pique-niques, au croisement des boulevards Georges-Delaw, du Trente Floréal, du Grand Jardin ou encore de la rue Aristide-Briand, sur les hauteurs du château.

    “À midi, le 19 mars, on a entendu les clairons résonner. On était bien contents que ça se termine” C’est la section locale de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) qui est à l’origine de l’idée. « Cela fait dix ans qu’ils me demandent de nommer un endroit de la ville de cette date de 1962 », précisait Didier Herbillon, lors du conseil municipal. Le maire le reconnaissait : tous les anciens combattants ne sont pas d’accord sur cette date. « D’autres disent que c’est un non-sens car il y a encore des victimes après », ajoutait-il. D’où le choix de ce nom en deux parties, avec la mention « Cessez-le-feu en Algérie », pour spécifier ce que signifie la date. « On ne dit pas qu’il ne se passe plus rien après », insistait le maire.

    À Sedan, un rond-point nommé  19 mars 1962

    Le rond-point en question est situé en bas de cette grande étendue d’herbe en pente qu’est le Champ de Mars. - C.M.-

    Cette dénomination convient très bien à la FNACA. « On ne souhaitait pas forcément qu’il n’y ait que la date, car tout le monde ne sait pas identifier ce qu’est que le 19 mars, expose Richard Mieszkalski, le président de la section de Sedan de la FNACA. Ce n’est pas comme le 8 mai ou le 11 novembre. » Il se réjouit que la demande de sa fédération ait été acceptée : « On honore bien tous les anciens conflits, avec des rues du 11-Novembre-1918 ou du 8-Mai-1945. Il n’y avait pas de raisons que les combattants d’Afrique du Nord soient oubliés. » Et pour lui, la date ne peut être sujette à aucune controverse. « Moi, j’y étais : à midi, le 19 mars 1962, on a entendu les clairons résonner. On était bien contents que ça se termine. Pourquoi faudrait-il une autre date que le 19 mars ? Les combats se sont arrêtés. »

    D’autres fédérations ne sont pas du même avis et placent la fin de la guerre d’Algérie au 5 décembre 1964, comme l’Union nationale des combattants (UNC). Le président de la section de Sedan, Michel Stirnemann, ne fait pourtant pas de ce rond-point une controverse. « C’est au niveau national que les dates anniversaires sont en divergence, souligne-t-il. Cette dénomination ne me gêne pas du tout. » Son secrétaire, aussi membre du bureau de la section locale des médaillés militaires, n’est pas tout-à-fait du même avis. « Avec les médaillés militaires, on n’est pas d’accord, car il y a quelques années on avait demandé à la mairie d’appeler ce rond-point celui des médaillés militaires, même si personne ne s’en souvient, affirme Daniel Laporte. Désigner le 19 mars 1962 comme le cessez-le-feu, c’est la vérité mais il y a eu pas mal de morts français en Algérie après le 19 mars. Pour les gens de l’UNC, la fin réelle, c’est le 5 décembre 1964. »

    “En Algérie, on était tous pareils…”

    « Préciser qu’il s’agit du cessez-le-feu ne suffit pas, tranche aussi Bernard Caillet, le président départemental de la Fédération des combattants prisonniers de guerre d’Algérie, Tunisie, Maroc (FNCPG-CATM)De 62 à 64, il y a plus de 1 500 personnes qui ont été tuées. Il faut donner le nom du 5 décembre 1964. » Il ne donne donc pas « d’avis favorable » à cette nouvelle dénomination, même s’il regrette ces bisbilles entre fédérations : « Quand on était en Algérie, on était tous pareils… Il n’y avait pas de FNACA ou d’ACPG. » Tout récemment élu, le président sedanais de l’ACPG-CATM, Jean-Paul Sindic, fait la synthèse : « Je suis pour tout ce qui pourra commémorer l’histoire, il faut que la mémoire continue à perdurer. » Reste qu’à l’inauguration du rond-point fraîchement nommé, samedi prochain à 11 heures, tous les anciens combattants ne seront pas présents.

    SOURCE : https://abonne.lardennais.fr/id59031/article/2019-04-19/sedan-un-rond-point-nomme-19-mars-1962

    À Sedan, un rond-point nommé  19 mars 1962

     Et maintenant mes remarques personnelles

    D’abord je constate que le président local de l’UNC ne désapprouve pas l’intitulé : « 19-Mars-1962 Cessez-le-feu de la guerre d’Algérie » ce qui est assez rare pour le souligner…

    Le 19 mars 1962 c’est d’abord la Victoire de la paix… approuvée par plus de 90 % des Français. 

    Il y a eu des morts après le 19 mars 1962, c’est vrai… Mais les « anti commémorations du 19 mars 1962 » oublient volontairement de dire qui a commencé à rejeter le Cessez-le-feu ? Qui a commencé à faire la guerre à l’armée de la France dès le 22 mars 1962 ? Qui a pratiqué la politique de la terre brûlée et massacrant d’innombrables victimes algériennes et françaises, en Algérie comme en France ?… Oui il y a eu les vengeances du FLN, mais il y a eu aussi et surtout les crimes des terroristes de l’OAS.     

    La France a voulu en finir avec le colonialisme… (terme occulté par toutes les associations d’anciens combattants) surtout qu’elle était condamnée, sur le plan diplomatique, par toutes les Nations du Monde…   

    D'ailleurs, en Algérie, le 19 mars, il ne se passe rien, il ne se passe vraiment rien. En Algérie, il n'y a aucunes rues, places, ronds-points, stèles, etc qui portent le nom de 19 Mars 1962... Il n'y a aucunes cérémonies... Pour les Algériens seules deux dates comptent : le 1er novembre 1954 et le 5 juillet 1962.  

    Le 19 mars 1962 marque donc la liquidation de l’Empire colonial français. 

    Le 19 mars 1962 est la date où la France a commencé à mettre en cohérence les valeurs anti coloniales et de respect des droits de l’Homme qui sont le fondement même de notre République. 

    Malheureusement la décolonisation des esprits et des pratiques n’est pas encore terminée, aujourd’hui, 57 ans après la fin de la guerre d’Algérie…

    Guerre si longtemps non reconnue comme telle, dont la Nation et ses dirigeants successifs ne sont pas très fiers.

    Et puisque nous sommes dans une période dramatique où une cathédrale a brûlé « accidentellement) terme officiel à Paris je tiens à vous rappeler qu’en Algérie après le 19 mars 1962 l’organisation terroriste et criminelle l’OAS avec sa politique de la terre brûlée a incendié la Bibliothèque Universitaire d’Alger il y a 57 ans, le 7 juin 1962, à 12 h 27 mn.

    À Sedan, un rond-point nommé  19 mars 1962

    Incendie de la Bibliothèque Universitaire d’Alger
    le 7 juin 1962 

    « … Ceux qui l’ont brûlée, voulurent fermer l’accès de la culture française aux élites algériennes, par là-même, sans doute, avouaient-ils la considérer à eux seuls réservée … » (Robert Buron) 

    Aucune époque, aucun peuple, n’est à l’abri du désastre moral que constitue la destruction de livres, de bibliothèques, comme de tout ce qui permet à l’homme de réfléchir sur sa condition. 

    Au début de l’année 2013 la destruction d’une des bibliothèques de Tombouctou, comme il y a cinquante-sept ans l’incendie de la bibliothèque universitaire d’Alger relèvent d’une même barbarie. 

    Le soir du 6 juin 1962, les Algérois qui venaient de vivre une sixième journée sans attentat entendirent, au cours d’une émission pirate, l’O.A.S. annoncer la fin de la trêve : « L’O.A.S. reprend sa liberté d’action dès ce soir. Nous demandons à nos commandos de reprendre les opérations en visant surtout les objectifs économiques. » 

    Cette fois les criminels de l'OAS étaient parvenus à leur ultime crime... Ils l’avaient leur terre brûlée ! On cassait, on détruisait. En une seconde des dizaines d’années d’efforts étaient anéanties. "Tout plutôt que de “leur” laisser notre belle ville, nos installations. Puisqu’on ne pouvait pas gagner, puisqu’on avait trop tardé à s’entendre, on partirait".
    « Mais avant...
    « Le 7 juin un panache de fumée couronna Alger. La bibliothèque de l’Université venait de sauter. Six cent mille livres brûlaient. Et l’on criait de joie. Et les laboratoires des Facultés furent plastiqués à leur tour, et deux amphithéâtres. On n’allait quand même pas leur laisser “notre” culture et “notre” science ! » (Yves Courriére) 
     

    Le sinistre faisait encore rage quatre heures plus tard dans les locaux de l’Université, complètement isolés par les pompiers et par la troupe : la bibliothèque, le laboratoire des Sciences, plusieurs amphithéâtres de Médecine ont subi entre autres, des dégâts considérables. Tout le passé et un avenir de culture sombraient dans la fournaise. Les 600.000 volumes de la bibliothèque ont été détruits par le feu » La chaleur dégagée par le foyer était telle qu’on ne pouvait approcher à moins de cent mètres…(Le Figaro, 8 juin 1962) 

     

    SOUFFLES… 

    Mémoricide ou Autodafé à Alger ! 

    Par : Amine ZAOUI 

    Aujourd’hui, le 7 juin 2012, je réveille  Mahmoud Bouayad et Jean Sénac de leur sommeil, de leur quiétude éternelle. Cinquante ans, jour pour jour, depuis l’incendie de la Bibliothèque universitaire d’Alger ! Ce jour du 7 juin 1962, à 12 heures 27 minutes, la prestigieuse  Bibliothèque universitaire d’Alger a été incendiée. Une opération de “purification culturelle” est déclenchée. L’OAS (Organisation de l’armée secrète) ne cherchait pas à jeter le pays dans un bain de sang, mais à mettre le feu dans les espaces du "livre", symbole de la lumière! De la politique de la terre brûlée à une autre semblable, jumelle, celle des livres brûlés. Il n’y a pas d’application de la politique de la terre brûlée sans l’application, d’abord et avant tout, de celle pratiquée à l’encontre des bibliothèques brûlées. 

    Cet acte criminel livresque et intellectuel est défini comme un "autodafé"! Il existe une guerre féroce appelée “la guerre contre les bibliothèques”. Des guerres préméditées et programmées à l’avance mais souvent oubliées ou minimisées ! 

    Qui parmi nous n’a pas lu quelques détails sur la destruction de la bibliothèque de Baghdad, Cité de Beyt el-Hikma, où les manuscrits furent noyés dans l'Euphrate et le Tigre, et l’eau des deux fleuves s’est métamorphosée, selon des historiens, en fluide  noire à cause de l’encre des millions d’ouvrages ? Qui parmi nous n’a pas lu quelques histoires sur les atrocités de l’incendie et de la dévastation de la bibliothèque d’Alexandrie ? L’histoire retient les actes abjects des Allemands avec la bibliothèque belge de Louvain en 1914, Milosevic avec les bibliothèques de la Bosnie… l’histoire c’est aussi un grand incendie de livres !
    On lit dans La guerre d’Algérie (tome 4, Les feux du désespoir, 1971, page 637), de Yves Courrière : “Trois puissantes déflagrations secouaient vers midi quarante le centre d’Alger. Des bombes au phosphore venaient d’exploser dans l’enceinte des Facultés, provoquant un incendie monstre ; d’épais nuages de fumée noire s’élevaient au-dessus des bâtiments en flammes, obscurcissant  le ciel, barrant l’horizon”.
    L’incendie de la Bibliothèque universitaire d’Alger n’était pas un acte isolé, mais plutôt  un fait en harmonie et en concordance avec la logique du colonialisme culturel. Depuis 1830, “les porteurs de civilisation !!” n’ont pas cessé de détruire la culture locale : “Fermeture des medersas, interdiction de la langue arabe, pillage des manuscrits.” Si le colonialisme, en tant que “bêtise humaine”, “monstre historique”, a commencé son invasion par les enfumades commises par Pélissier contre les Ouled Riah, cent trente-deux ans après, cette logique n’a pas changé. Ainsi, le colonialisme a fini “son séjour pernicieux et maléfique” en Algérie par d’autres enfumades, celles contre les livres. Ce jour du 7 juin 1962, à 12 heures 27 minutes, les nouveaux généraux, les petits-fils de Pélissier, ont brûlé la Bibliothèque universitaire d’Alger.
     


     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 20 Avril à 11:35

    Quand j'entends le mot "culture" je sors mon... briquet ! Ainsi pourrait-on parodier une phrase célèbre !

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