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    Massacres du 8 mai 1945 et Guerre d’Algérie :

    "la réconciliation ne peut qu'être l'oeuvre

    d'une volonté politique"

    Massacres du 8 mai 1945 et Guerre d’Algérie : "la réconciliation ne peut qu'être l'oeuvre d'une volonté politique"

    Ce samedi 8 mai, l’Algérie célèbre sa première "Journée nationale de la Mémoire", afin d’honorer les victimes de la répression par la France des manifestations indépendantistes du 8 mai 1945. Pour réconcilier les mémoires, le travail des historiens est indispensable, mais il ne suffit pas. Entretien avec Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb et auteur du rapport "Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d'Algérie".

    La célébration de la "Journée nationale de la mémoire" a été décidée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune il y a un an.  Elle a pour but la "reconnaissance des énormes sacrifices consentis par le peuple algérien lors des massacres du 8 mai 1945 et du déclenchement de la Guerre de libération nationale le 1er novembre 1954".
    Il a qualifié de "crimes contre l'humanité" les tueries perpétrées par les forces de l'ordre françaises dans le Constantinois (Sétif, Guelma et Kherrata) et les exactions de la période coloniale (1830-1962).
    Il y a 76 ans, à Sétif, le défilé célébrant la victoire des Alliés sur le nazisme se transforme en manifestation pour "l'Algérie libre et indépendante" et tourne au massacre. La répression du mouvement fera des milliers de morts. 
    Aujourd’hui encore, cet événement est ancré dans les mémoires, en Algérie. Des mémoires que l’historien français Benjamin Stora a proposé de réconcilier, dans son rapport remis au président Emmanuel Macron, le 20 janvier 2021, dont les conclusions sont disponible dans son ouvrage "France-Algerie, les passions douloureuses" (Albin Michel). 

    TV5MONDE : L’Algérie va célébrer sa première journée nationale de la mémoire ce samedi. Que pensez-vous de cette initiative ?  

    Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb : Je ne peux parler que du travail historique, que je connais et je sais que l’Histoire algérienne est une, mais aussi multiple. Il y a l’histoire du PPA (Parti du peuple algérien), l’histoire des oulémas, l’histoire des communistes qui ont joué un rôle, celle des berbères, et bien d’autres. Il y a toute une série d’histoires qu'il faut raconter, qu'il faut célébrer, qui convergent vers une sorte de mémoire unifiée et commune.
    C’est une bataille que les Algériens doivent mener, afin de permettre à ces mémoires, à ces histoires différentes, de devenir un seul récit, à caractère républicain. Mais il faut prendre garde à ce qu’elle soit écrite par les historiens, par la société civile, les journalistes et qu’elle finisse, enfin par la prise en compte d’actes concrets, par les autorités. L'État algérien, doit, lui, permettre aux historiens, d'avoir accès aux archives.
    Il faut également que cette mémoire ne soit pas réductible à la simple période coloniale, bien qu’elle soit très longue. L’Algérie est un pays indépendant depuis trois générations. La mémoire commune doit aussi tenir compte de tout ce qui s’est passé après l’indépendance de l’Algérie, de 1962 à nos jours.
     

    TV5MONDE : Vous plaidez pour une reconnaissance affirmée des crimes commis durant la colonisation, puis durant la guerre, longtemps oubliés ou minimisés en France. Est-ce que le massacre de Sétif entre dans ce cadre ? 

    Benjamin Stora : Oui, tout ce qui permet de faire avancer les choses et de regarder l’Histoire en face est à prendre. Il ne faut par ailleurs pas oublier que les massacres de Sétif ont été reconnus, le 27 février 2005, par l'ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière (Celui-ci avait évoqué «  Une tragédie inexcusable », lors d'une allocution prononcée à l'intérieur de l'université Ferhat Abbas). Mais peut-être faut-il aller encore plus loin.

    TV5MONDE : Depuis la remise de votre rapport, le 20 janvier dernier, à Emmanuel Macron, quelles ont été les actions concrètes entreprises ?
     Benjamin Stora : Le premier acte symbolique fort est qu'il a reconnu, le mardi 2 mars, qu’Ali Boumendjel a bel et bien été torturé et assassiné par l’armée française pendant la guerre d’Algérie en 1957 (à l'époque, le meurtre avait été maquillé en suicide).
    La prochaine étape est celle de l’accès aux archives et donc de la possibilité, pour les chercheurs et historiens, d’avoir accès aux contenus secret défense de manière beaucoup plus large. Il faudrait que l’on puisse avoir accès aux documents, au-delà même de 1954 et que l'on puisse aller jusqu’à l'après indépendance de l’Algérie. Il faudrait également que l’on puisse avoir une plus grande fluidité dans l’accès aux archives, que les choses ne se fassent pas pièce par pièce ou avec des documents isolés, mais à partir de thématiques. Cela doit être discuté au début du mois de juillet. Ce que je sais également, c’est que devrait être mise en place une commission, comme je le recommande dans mon rapport, au début du mois de juin. Cette commission aura, elle aussi, pour but de faire des propositions et de faire avancer les différents dossiers qui existent, notamment, dans le rapport que j’ai remis au président de la République.

        Les propositions principales du rapport de Benjamin Stora

     

    - La poursuite de commémorations aux différentes dates symboliques du conflit ;
    - La reconnaissance, par la France, de l'assassinat de l'avocat et militant politique Ali Boumendjel, pendant la bataille d'Alger en 1957 ;
    - Avancer sur la question des archives, avec comme objectifs, le transfert de certaines archives de la France vers l'Algérie, et d'autre part permettre l'accès aux chercheurs des deux pays aux archives françaises et algériennes. Plus grande fluidité dans l'accès aux documents secrets;
    - La publication d'un "guide des disparus" algériens et européens pendant le conflit, une question "cruciale pour les familles", selon Benjamin Stora ;
    - Travaux sur les essais nucléaires français dans le Sahara et leurs conséquences ;
    - Faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre France et Algérie
    - Encourager la préservation des cimetières européens en Algérie, ainsi que des cimetières juifs et des tombes des soldats algériens musulmans morts pour la France pendant la guerre d'Algérie ;
    - Accorder une plus grande place à l'histoire de la France en Algérie dans les programmes scolaires et faciliter les travaux universitaires sur les sujets mémoriels entre les deux pays (facilitation de visas, d'accès aux archives, logements...) ;
    - Réactiver le projet de Musée de l'histoire de la France et de l'Algérie, prévu à Montpellier (Sud) et abandonné en 2014 ; 
    - Entrée au Panthéon de l'avocate Gisèle Halimi, figure de l'opposition à la guerre d'Algérie.

     

    TV5MONDE : Dans votre rapport, vous affirmez que l’État français a organisé l’oubli de cette guerre : comment l'a-t-il fait et comment y remédier ?

    Benjamin Stora : L’oubli de la guerre d’Algérie a duré une trentaine d’années, par toute une série d’amnisties, de lois, qui interdisaient les procès possibles. Cette fabrication, par l'État, de ces lois d'amnistie n'a pas favorisé la transmission de l'histoire de la colonisation. François Mitterrand a notamment amnistié les généraux putschistes qui s'étaient dressé contre de Gaulle en 1961. 
    Nous sommes néanmoins sortis de l’oubli depuis trente ans. Il y a un certain nombre de manifestations, de revendications, notamment de jeunes issus de l’immigration algérienne, des enfants de harkis, et d'autres, qui ont manifesté pour la reconnaissance de la guerre d’Algérie et des massacres qui ont été perpétrés. 
    Il y a toute une série de batailles qui ont été et sont menées, et ces batailles continuent, avec l’apparition des enjeux autour des mémoires et de la guerre d’Algérie dans les manuels scolaires. En France, plusieurs déclarations ont également permis de sortir de cet oubli : les déclarations sur les massacres de Sétif, la reconnaissance, par François Hollande, de la répression du 17 octobre 1961, des mairies organisent également des commémorations… De nombreuses initiatives sont prises, mais c’est un travail qui est encore très long, car nous avons accumulé beaucoup de retard après l’indépendance de l’Algérie.
     

    TV5MONDE : Les travaux sur la guerre d’Algérie existent déjà et ils sont nombreux. N’est-ce pas des gestes politiques qui doivent être faits ? 

    Benjamin Stora : Si l’on veut comparer, même s’il faut faire attention avec les comparaisons historiques, lorsque l’on examine la réconciliation franco-allemande, elle est l’oeuvre de deux chefs d’États : Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, qui ont su dépasser les ressentiments et les rancunes qui existaient. Les historiens, eux, ne peuvent qu’apporter leur pierre à l’édifice, par la connaissance, par les documents, par les pistes de réflexion à entreprendre, mais ce ne sont pas eux, ni leurs travaux historiques, qui permettront la réconciliation. Mon rapport n’est qu’une contribution à cette histoire, mais la réconciliation ne peut être que l’oeuvre d’Hommes politiques et donc d’une volonté politique des États. Il y a un travail colossal qui a été entrepris depuis des années, j’ai moi-même répertorié plus de 3000 ouvrages sur la question, que ce soit du côté algérien ou français, mais tout cela ne peut pas permettre, à lui seul, d’aplanir les discussions, les problèmes et les ressentiments. Il faut des gestes politiques beaucoup plus forts, de part et d’autre. 
    Néanmoins, pas de repentance. Ce mot, c’est d’ailleurs en France que je l’ai entendu et de la part de l'extrême droite. Je ne pense pas, après 40 ans de travail sur l’Algérie, que c’est ce que réclament les Algériens. Ce qu’ils veulent, c’est la reconnaissance des exactions, massacres et des crimes qui ont été commis. Il y a, de ce côté là, une vraie demande. 

    SOURCE : https://information.tv5monde.com/afrique/massacres-du-8-mai-1945-et-guerre-d-algerie-la-reconciliation-ne-peut-qu-etre-l-oeuvre-d-une

    "L'autre 8 mai" : intervention

    de Jacqueline Fraysse

    ancienne députée-maire de Nanterre

    En attendant des infos de 2021

    voici une archive du 8 mai 2016

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    Alger 1957, la ferme des Disparus

    Alger 1957, la ferme des Disparus

    C’est un petit livre, préfacé par Alain Ruscio, produit par Jean-Philippe Ould Aoudia que je connais personnellement. Je l’avais accueilli à la gare de Béziers le 14 mars 2015 afin de participer au contre rassemblement que nous avions programmé lors du changement de nom de la rue du 19 mars 1962 à qui on a attribué celui d’un officier putschiste.

    Le père de Jean-Philippe, Salah Ould Aoudia, faisait partie des six inspecteurs des centres sociaux éducatifs assassinés par l’OAS à Château Royal à Alger le 15 mars 1962 soit trois jours avant la signature des Accords d’Evian. Jean-Philippe préside une association pour la mémoire de ces victimes.

    Le livre rend compte de la situation au temps de ce que l’auteur appelle l’écrasement d’Alger en opposition à l’expression « Bataille d’Alger » utilisée habituellement par les historiens. C’est que le combat est en effet disproportionné, quelque 3 000 militants indépendantistes mal équipés contre 20 000 soldats bien pourvus en matériel de l’armée française.

    Une armée qui utilise diverses structures telles les forces territoriales, les services de renseignements et qui bénéficie de la légalité de fonction de police que lui confèrent les pouvoirs spéciaux votés le 12 mars 1956. La 10ème Division de Parachutistes, avec à sa tête Massu, a en fait carte blanche.

    On trouve dans ceux qui participent aux opérations répressives engagées en représailles de celles tentées par les Algériens en réaction aux attentats qu’ils ont subis des civils européens que Jean-Philippe désigne par contre-terroristes et qui sont des partisans sans concession de l’Algérie française. On les retrouvera plus tard au sein de l’OAS.

    Parmi eux on compte Robert Martel un gros colon, 300 hectares de vignes et d’orangers, qui offre l’hospitalité dans plusieurs de ses fermes de la Mitidja, comme Chebli ou La Cigogne pour ses basses besognes à des unités à qui on a confié le soin d’agir. Le décor est planté, on va suivre les arrestations, la torture, les exécutions sommaires et la disparition des corps.

    Le phénomène a pris une telle ampleur qu’il y faut de l’organisation. Le commandant Aussaresses a été affecté à ces tâches. Il a été reconnu pour sa compétence en la matière. D’autres gradés de divers rangs sont recensés et il est fait état de leur collaboration aux crimes planifiés.

    C’est lourd et complexe. Les lieux d’exécution, les fosses communes dans lesquelles on ensevelit les cadavres ne sont pas tous identifiés. Leur découverte servira à faire éclater la vérité sur cette phase particulièrement horrible du colonialisme et de la guerre menée pour tenter de le perpétuer. En même temps cela permettrait aux familles de pouvoir faire leur deuil.

    Divers témoignages sont publiés sur ces disparus dont on n’a plus de trace par des proches qui ont demandé des comptes sur ce qu’ils étaient devenus.

    Est également exposé le sort qu’ont connu avec les amnisties prononcées divers officiers qui, quoique félons, ont été réhabilités et leur déroulement de carrière reconstitué.

    Un livre qui est une étude précieuse sur un sujet qui fait dresser les cheveux sur la tête tant l’inhumain est présent tout au long de ses pages.

    Aux Editions Tirésias – Michel Reynaud, 8 €

    Jacques Cros

    SOURCE : http://cessenon2.centerblog.net/705-alger-1957-la-ferme-des-disparus


    Alger 1957, la ferme des Disparus

    J’ai eu, moi aussi le grand honneur de recevoir le livre dédicacé de mon ami Jean-Philippe Ould Aoudia que j’ai connu « dans la vraie vie » un certain 6 octobre 2011, ce jour-là nous inaugurions la stèle en hommage aux victimes de l’OAS au cimetière du Père Lachaise, à Paris. Je vous conseille d’acquérir ce remarquable ouvrage dont je vous en présente le verso.

    Michel Dandelot

    Alger 1957, la ferme des Disparus

     

     

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    Traverse : Macron, la marche

    vers le Front national

    Traverse : Macron, la marche  vers le Front national

    Le 21 avril dernier, l’hebdomadaire français d’extrême-droite Valeurs actuelles, publiait une tribune signée par une vingtaine de généraux à la retraite, une centaine d’officiers et un millier de militaires. Ils y menacent ouvertement les institutions françaises d’un putsch si l’honneur de leur pays, selon eux souillé, n’était pas restauré.

    Le texte des militaires factieux a une symbolique indéniable. Il paraît soixante ans jour pour jour après le coup d’Etat d’Alger. Le 21 avril 1961, quatre généraux, Raoul Salan, Maurice Challe, Edmond Jouhaud et André Zeller, adversaires de l’indépendance de l’Algérie, qu’ils n’imaginaient que partie intégrante dans la France, perpétraient un putsch contre le pouvoir de De Gaulle. L’échec du coup de force a poussé certains de ses auteurs à poursuivre leur entreprise au sein de l’Organisation de l’Armée secrète (OAS), milice terroriste d’obédience fasciste et nostalgique de l’Algérie française.

    Soixante ans après le putsch d’Alger et vingt ans après la qualification de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la Présidentielle, la France persiste à se donner pieds et poings liés à l’extrême-droite, qui est en passe de remporter dans le pays la bataille culturelle.

    Il ne fait plus de doute que Marine Le Pen est aux portes du pouvoir. C’est d’ailleurs sur les thèmes chers à son courant que s’inscrit le curseur du débat public français : islam, immigration, identité, races, etc. Depuis la Présidence de Nicolas Sarkozy, il y a une normalisation de la parole raciste, xénophobe et islamophobe dans le pays, sur laquelle surfe le courant d’extrême-droite, qui est celui des généraux putschistes de Valeurs actuelles. Les signataires de la tribune dite «des généraux», évoquent le «délitement», «l’antiracisme», «l’islamisme», «les hordes de banlieue», qui font écho au débat public français devenu un concours de qui sortira la plus grosse énormité raciste.

    Emmanuel Macron et toute la classe politique française, de gauche comme de droite, ne sèment que ce qu’ils ont récolté depuis plus d’une décennie, par la polarisation des positions,  l’hystérisation des postures, l’exagération des dangers et l’invention, par la dernière  loi sur les séparatismes, d’un ennemi intérieur, musulman, immigré voire étranger. Récemment, face à la crise du Covid qui frappe durement le pays, l’urgence était de pointer le danger «islamo-gauchiste» chez les universitaires…

    Je suis négativement fasciné par l’effondrement moral de ce grand pays. Cette perte de repères de la France, accélérée ces quinze dernières années, a des causes qui remontent certainement à plus loin. Mais elle doit beaucoup à son personnel politique. Quand une classe politique est à ce point médiocre et dénuée de cette décence et de cette dignité que doit conférer la pratique politique, il n’est guère surprenant de voir surgir en son sein des trouffions racistes et sans honneur aux relents putschistes.

    En 2021, dans un pays démocratique, membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, membre du G8 et pays phare en matière de libertés publiques, une menace claire de putsch émerge dans la presse sans que cela ne semble choquer grand monde. Ceci s’apparente à la phase ultime de ce que Badinter appelait il y a vingt-cinq ans, la «lepénisation des esprits».
    Après la sédition meurtrière provoquée par un Président mauvais perdant aux Etats-Unis, la menace d’un coup d’État en France. Deux démocraties parmi les plus grandes qui montrent des signes inquiétants d’effondrement à la face du monde. Ceci nous interpelle, nous autres pays plus jeunes et plus fragiles. La démocratie et la République ne sont jamais un processus définitif. Elles sont toujours à bâtir pour enfouir le plus profond possible les racines des institutions républicaines et celles des libertés publiques et de la pluralité des opinions dans le respect du consensus civique.

    En s’en prenant à l’islam et «aux hordes de banlieue», ces «putschistes en charentaises» sont dans une démarche politique qu’ils espèrent concrétiser par l’élection de Marine Le Pen en mai 2022. Ce serait l’épilogue d’un long processus politique et d’une vieille sédimentation de discours et de positionnements et l’accomplissement du rêve des putschistes d’Alger en 1961, qui ont constitué l’avant-garde fondatrice du Front national.

    On ne discute pas avec le fascisme, on le combat. On ne singe pas le fascisme, on lui oppose une vision du monde radicalement différente. Mais Emmanuel Macron, dont la colonne vertébrale est si mobile qu’elle en a disparu, en mettant le curseur sur l’immigration, l’islam et la question identitaire au détriment des urgentes préoccupations sociales dans son pays, a, pendant cinq ans, apporté de l’eau au moulin de l’extrême-droite. L’homme qui devait, en 2017, faire barrage au Front national, se révèle être son marchepied vers le pouvoir.

    SOURCE : https://lequotidien.sn/traverse-macron-la-marche-vers-le-front-national/ 

     

     

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    France-Algérie : Benjamin Stora défend

    son rapport devant les députés

    France-Algérie : Benjamin Stora défend son rapport devant les députés

    Emmanuel Macron l’avait mandaté en juillet 2020 pour "dresser un état des lieux juste et précis" sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie. Après avoir remis son rapport à l’Élysée en janvier dernier, l’historien Benjamin Stora était auditionné ce mercredi 5 avril par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l'Assemblé nationale.

    Le présent est tumultueux mais l'historien fait confiance au temps long. Si les relations franco-algériennes ont été particulièrement tendues ces dernières semaines, suite au report sine die de la visite de Jean Castex prévue en avril à Alger, et aux propos du ministre algérien du Travail, Hachemi Djaâboub, qui a qualifié la France d'"ennemi traditionnel et éternel", Benjamin Stora ne désespère pas. Devant les députés, l'historien spécialiste de l’Algérie française et post-coloniale est revenu sur les conclusions de son rapport, remis le 20 janvier 2021 au Président de la République. Formulant le vœu que les deux pays avancent de concert sur le chemin d’une mémoire apaisée, il espère œuvrer à une "réconciliation des peuples français et algérien".

    Dépasser l’antagonisme mémoriel

    "Soixante ans après, l’Histoire est encore un champ en désordre, en bataille quelquefois", écrit Benjamin Stora dans son rapport. L'historien plaide pour une reconnaissance affirmée des crimes commis durant la colonisation, puis durant la guerre, longtemps oubliés ou minimisés en France. Ainsi du conflit lui-même, qui, bien qu'il ait duré près de huit années, est longtemps resté sans nom, ou pudiquement appelé "événements d’Algérie". L’objectif est de mettre fin à ce que Benjamin Stora nomme la "communautarisation des mémoires". 

    L'historien considère que "tout groupe appartenant à cette histoire est spécifique, mais aucun n’est exceptionnel et nul ne doit être placé au-dessus des autres. Or, chaque groupe exige une empathie à sens unique, unilatérale, exclusive". Lutter contre cet antagonisme mémoriel est un enjeu d'autant plus important, note le rapport, qu’"aujourd’hui, en France, plus de sept millions de résidents sont toujours concernés par l’Algérie, ou plutôt, par la mémoire de l’Algérie". 

    Commémorer les dates symboliques

    Pour mettre un terme à "la mémoire hémiplégique" et favoriser "la circulation mémorielle", l’historien préconise ainsi la mise en place d’une commission chargée d'impulser des initiatives partagées entre la France et l'Algérie relatives à leur histoire commune. Il propose également de commémorer les différentes dates symboliques du conflit, du massacre de travailleurs algériens à Paris le 17 octobre 1961, aux accords d'Evian du 19 mars 1962, en passant par un hommage aux harkis le 25 septembre.

    De même, s’il se félicite de la reconnaissance de l'assassinat en 1957 de l'avocat et militant politique Ali Boumendjel, actée par Emmanuel Macron le 2 mars dernier, Benjamin Stora souhaite aller plus loin. Il propose la constitution d’une commission mixte d’historiens français et algériens, visant à faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran, en juillet 1962. Enfin, il préconise de réactiver le projet de Musée de l'Histoire de la France et de l'Algérie, abandonné en 2014, et d’ériger des lieux de mémoire sur quatre camps d'internement d'Algériens en France.

    Sur tous ces sujets Benjamin Stora alerte dans son rapport sur la tentation du législateur qui consisterait à prendre en charge de manière unilatérale la question mémorielle. Il rappelle l'épisode malheureux de 2005, lorsque dans le prolongement du discours sur "la mission civilisatrice de la France", une loi avait souhaité reconnaître "l’aspect positif de la colonisation" dans les programmes scolaires. Cette mention avait été retirée du texte suite à la pétition lancée par des historiens, et l’article concerné retoqué sur décision du Conseil constitutionnel.

    Restituer et mettre en commun les archives

    Afin de poursuivre le travail de mise en lumière des "déplacements massifs de populations rurales, pratiques de la torture, internements arbitraires et exécutions sommaires", Benjamin Stora souhaite le transfert de certaines archives de la France vers l'Algérie. Il évoque la nécessité que soit facilité l'accès aux chercheurs des deux pays aux archives à la fois françaises et algériennes. La numérisation de toute cette documentation sera nécessaire à cette "mise en commun", a-t-il précisé durant son audition. Il propose également de restituer à l'Algérie l'épée de l'émir Abdelkader, héros de la résistance à la colonisation française au XIXe siècle.

    Sur la question des disparus, Benjamin Stora a réitéré son souhait de publication d’un "guide", suite à la création d’un groupe de travail s’attelant à la localisation des sépultures.

    L’historien a également évoqué les essais nucléaires dans le Sahara, dix-sept tirs ayant été réalisés par la France après l’indépendance de l’Algérie. "La question, bien entendu, n’est pas de rentrer dans le secret des archives de la bombe atomique", a-t-il déclaré au cours de son audition. "Mais tout simplement de savoir où ont été accomplis ces tirs, pour pouvoir commencer à indemniser les populations civiles, ou même les soldats français, qui étaient présents au moment de ces tirs".

    À une intervention d’Annie Genevard (Les Républicains), mettant en doute la dimension de "figure réconciliatrice" incarnée par Gisèle Halimi – laquelle en tant qu’avocate, a défendu des combattants nationalistes algériens – Benjamin Stora, qui propose de la panthéoniser, a rappelé le cas de Simone Veil. L'ancienne ministre a-t-il noté, avait également été très présente auprès des militantes algériennes, en particulier lorsqu’elle avait été magistrate détachée à la direction de l'Administration pénitentiaire. "Pourquoi est-ce qu’on accepterait l’entrée au Panthéon de Simone Veil, pour la refuser aujourd’hui à Gisèle Halimi ?", s'est-il interrogé.

    Si on reste enfermés dans le piège politique des excuses, d’un côté comme de l’autre, on n’arrivera pas à avancer.

    Plus largement, Benjamin Stora n’a pas jugé pertinente ni réparatrice la formulation d’excuses de la part de l’État français, attendues par les autorités algériennes, ou par les associations de pieds-noirs et de harkis, qui estiment avoir été victimes d’un abandon. "Si on reste enfermés dans le piège politique des excuses d’un côté comme de l’autre, on n’arrivera pas à avancer", a considéré l’historien.

    Emmanuel Macron a lui-même plusieurs fois réitéré une ligne rejetant tout à la fois "repentance" et "déni" quant aux actes perpétrés par la France en Algérie. Par les mesures qu’il défend, Benjamin Stora espère tracer le chemin d’une réconciliation mémorielle, assise sur la construction d’un récit commun. Un défi de taille alors que l’Histoire, encore brûlante, de la colonisation française en Algérie, n’a de cesse de travailler en profondeur les deux pays.

    Pour voir et écouter l'audition de Benjamin Stora en vidéo

     merci de cliquer sur le lien ci-dessous :

     

    https://www.facebook.com/AssembleeNationale/videos/305172434338539 

    SOURCE : https://lcp.fr/actualites/france-algerie-benjamin-stora-defend-son-rapport-devant-les-deputes-64183 

     

     

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    Appel pour les libertés, contre les idées

    d’extrême droite

     

    Appel pour les libertés, contre les idées d’extrême droite

    Lors d'une manifestation anti-racisme le 9 juin 2020 place de la République à Paris, à la suite de la mort de George Floyd tué par un policier aux Etats-Unis. (Christian Hartmann/Reuters)

     

    Un collectif de militant·e·s politiques, associatifs, syndicalistes et de personnalités de la société civile appelle à une grande manifestation au printemps 2021 pour dire non à l’extrême droite et à ses idées qui se propagent jusqu’au gouvernement.

    Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons toutes et tous que le climat politique et social en France, comme partout en Europe et dans le monde est de plus en plus imprégné́ par l’extrême droite et ses idées.

    Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous appelons à une réaction forte, unitaire et rassembleuse, pour réaffirmer notre combat commun contre l’extrême droite, ses idées, et toutes celles et ceux qui participent à sa propagation.

    De Bolsonaro à Trump en passant par Orban et Salvini, nous assistons à une offensive raciste et réactionnaire particulièrement inquiétante pour l’avenir de la planète. En France, cette offensive raciste a pour corollaire la multiplication des politiques sécuritaires, liberticides et anti-sociales.

    Braises incandescentes

    Ce climat ne doit rien au hasard. Le gouvernement, et ses quatre vigies Darmanin, Vidal, Blanquer et Schiappa, se chargent de l’alimenter depuis des mois. De la loi sécurité́ globale à la loi sur le séparatisme en passant par la chasse à l’islamo-gauchisme et la suppression de l’Observatoire de la laïcité, ce quinquennat accumule les gages à destination de l’extrême droite, en reprenant ses éléments de langage mais aussi certaines de ses propositions.

    Quand on souffle sur des braises incandescentes et qu’on passe son temps à attiser les haines, cela a des conséquences concrètes. Cela peut même conduire au pire comme nous l’avons vu récemment avec l’attentat contre la mosquée de Bayonne. 

    Après l’envahissement du Conseil régional d’Occitanie par l’Action Française, le saccage d’une librairie et l’attaque de la marche lesbienne à Lyon par des identitaires, les polémiques sur le prétendu islamo-gauchisme et le prétexte de groupes de parole entre personnes discriminées pour attaquer l’UNEF ou s’en prendre à Audrey Pulvar, un cap supplémentaire vient d’être franchi.

    En moins de 72 heures, un néo-nazi voulant mener un attentat contre la mosquée du Mans a été arrêté, la mosquée de Nantes a été, elle, incendiée, et le centre culturel islamique de Rennes a été recouvert de tags islamophobes.

    Un appel de militaires factieux, s’appuyant sur la chasse aux sorcières lancée par des membres du gouvernement, est diffusé par l’hebdo d’extrême droite Valeurs Actuelles et est soutenu par Marine Le Pen sans réaction d’Emmanuel Macron ni que gouvernement ne porte plainte devant la justice.

    Amalgames honteux

    Nous ne pouvons accepter que celles et ceux qui subissent haine, discrimination, et injustice soient aujourd’hui accusés de racisme et jetés en pâture par l’extrême droite.

    Nous n’acceptons plus que la lutte contre les actes terroristes, que nous condamnons fermement, s’accompagne d’amalgames honteux

    Nous ne pouvons accepter que nous militantes et militants politiques, syndicaux, associatifs soyons montrés du doigt alors que chaque jour ce gouvernement déroule un tapis rouge à l’extrême droite avec ses Lois réactionnaires et liberticides.

    Nous ne pouvons plus accepter les menaces directes qui nous sont maintenant faites.

    Nous, militant·e·s politiques, associatifs, syndicalistes et personnalités de la société civile appelons à une grande manifestation au printemps 2021 pour dire non à l’extrême droite, à ses idées qui se propagent jusqu’au gouvernement et défendre nos libertés individuelles et collectives.

    Nous nous adressons aux associations, syndicats, collectifs, partis qui partagent le fond de cet appel pour qu’ils se réunissent afin d’en construire les conditions.

    Premiers signataires : Arié Alimi, avocat - Ariane Ascaride, actriceManon Aubry, députée européenne (co-présidente du groupe GUE/NGL) - Clémentine Autain, députée (LFI) - Esther Benbassa, sénatrice (EELV)Manu Bompard, député européen (groupe GUE/NGL) - Taha Bouhafs, journaliste (Le Média) - Julia Cagé, économiste - Anthony Caillé, syndicaliste CGT-Police - Emilie Cariou, députée (Nouveaux Démocrates) - Majdi Chaarana, trésorier de l’UNEF - Eric Coquerel, député (LFI) - Esther Cyna, enseignante à l’université Sorbonne-Nouvelle – Françoise Davisse, réalisatrice - Pascal Debay, responsable confédéral du collectif contre l’extrême droite pour la CGT - Laurence De Cock, historienneJoséphine Delpeyrat, porte-parole de Génération·sJean-Marc Devauchelle, secrétaire général fédération SUD Santé Sociaux - Alma Dufour, chargée de campagne aux amis de la terre - Mathieu Delvaminck, président de l’UNL - Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice – David Dufresne, cinéaste et écrivain - Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL - Eric Fassin, sociologue et anthropologue - Elsa Faucillon, députée (PCF)Caroline Fiat, députée (LFI) - Aurélie Filippetti, autrice et ancienne Ministre de la Culture – Gérard Filoche, porte-parole de GDS - Léa Filoche, conseillère de Paris (Génération·s) - Bruno Gaccio, journaliste – Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France - Denis Gravouil, secrétaire Général CGT spectacle - Benoit Hamon, fondateur de Génération·s et ancien ministre - Cédric Herrou, militant pour l’aide aux migrantsJulien Hezard, secrétaire général de l’UD CGT Meurthe et Moselle - Pierre Jacquemain, journaliste (Regards)Eddie Jacquemart, président national de la CNL - Aurore Lalucq, députée européenne (Place Publique) - Mathilde Larrère, historienne des RévolutionsYvan Le Bolloc’h, acteur - Benjamin Lucas, coordinateur national de Génération·s - Mélanie Luce, présidente de l’UNEFCorinne Masiero, comédienne - Caroline Mécary, avocate - Jean Luc Mélenchon, député, Président du groupe LFISébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME CGT - Danièle Obono, députée (LFI) - Younous Omarjee, député européen (LFI)Mathilde Panot, députée, co-présidente du groupe LFI - Gilles Péret, réalisateur - Eric Piolle, maire de Grenoble (EE-LV) – Ugo Palheta, sociologue (Université de Lille) – Stéphane Peu, député (PCF) - Jean Louis Peyren, syndicaliste CGT SanofiJean-François Pellissier, porte-parole d’Ensemble - Thomas Piketty, économiste – Pablo Pillaud-Vivien, journaliste (Regards) - Natacha Pommet, secrétaire générale de la Fédération Cgt des Services publics - Thomas Portes, porte-parole de Génération·s - Paul Poulain, membre fondateur d’Emancipation Collective - Philippe Poutou, porte-Parole du NPA - Gaël Quirante, secrétaire départemental Sud PTT 92 - Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris (EE-LV) - Ali Rabeh, maire de Trappes (78) - Muriel Ressiguier, députée (LFI) - Sandrine Rousseau, économiste (EE-LV) - Danielle Simonnet, conseillère de Paris (LFI) - François Ruffin, député (LFI)Anthony Smith, syndicaliste CGT Inspection du travail - Mireille Stivala, secrétaire générale de la Fédération Cgt de la Santé et de l’Action sociale - Aurélien Taché, député (Nouveaux Démocrates)Azzedine Taibi, maire de Stains (PCF) - Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Génération.s) – Baptiste Talbot, coordinateur de la CGT Fonction publique - Fabien Villedieu, syndicaliste SUD Rail - Emmanuel Vire, secrétaire général du syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT)

    SOURCE : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/appel-pour-les-libertes-contre-les-idees-dextreme-droite-20210504_XRVRUYXD5RDGPG6YY2TWUV6MQY/?fbclid=IwAR2OXW9R7DJzLeZYH58jVQ3xuMhIsc3HeCJ4He1m6Mco-ySUuerI6ijYq7g 

     

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    Alexis Sempé. Historien : «J’espère voir

    un jour une rue Gaston Revel à Béjaïa»

    Alexis Sempé. Historien : «J’espère voir   un jour une rue Gaston Revel à Béjaïa»

    En tant qu’instituteur, Gaston Revel semblait être conscient que, tout en œuvrant à l’alphabétisation des enfants algériens, il contribuait au mythe de la «mission civilisatrice» de la colonisation française. Comment a-t-il géré ce paradoxe surtout par rapport à la question de l’«assimilation» ?

    Je pense qu’il faut distinguer deux périodes dans son parcours. Quand il part en Algérie en 1936, il est proche de la SFIO (Section française de l’internationale ouvrière, ndlr) et il est imprégné de l’idée coloniale dominante en France. Il veut participer à l’assimilation des «indigènes», c’est-à-dire aboutir progressivement à une forme d’égalité grâce à l’adoption des valeurs de la métropole.

    Au départ, il reconnaît d’ailleurs qu’il ne connaît pas grand-chose à l’Algérie. Après 1945, il adhère au Parti communiste algérien (PCA) et à ce moment-là, il a tout à fait conscience du caractère ambivalent de l’école française en Algérie.

    De par son enseignement, il sait qu’il participe à une forme de dépersonnalisation par rapport à la culture arabe et berbère. Mais il se fait aussi éveilleur d’esprit et contribue ainsi à l’éveil du sentiment national et de révolte face aux inégalités. Il est difficile de savoir exactement ce qui se passait dans sa classe mais, dans tous les cas, il était très apprécié de ses élèves.

    Le parcours et la riche documentation laissée par Revel sont considérés comme un «témoignage de terrain». Quelle est sa valeur pour la recherche historiographique, notamment autour du mouvement national algérien et la Guerre d’Algérie ? 

    La documentation est en effet importante et peut permettre d’aborder de nombreux sujets. L’intérêt des archives de Gaston Revel est de proposer une histoire par le bas. L’approche biographique permet de mieux comprendre l’histoire collective.

    Son parcours montre concrètement ce qu’était la société coloniale dans la vie quotidienne ; par exemple, la question du chômage croissant chez les Algériens à la veille de la guerre d’Algérie et le manque de moyens pour la scolarisation sont largement évoqués. Ce travail aborde aussi les relations qui existaient, à Bougie (Béjaïa), entre le PCA, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) et l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA), de 1945 à 1955.

    On y découvre des relations nombreuses qui peuvent mener à des actions communes par exemple pour dénoncer les arrestations de militants, mais aussi les difficultés, voire les tensions qui existent entre nationalistes et communistes et qui freinent le mouvement national. Enfin, je pense que cela permet de mieux comprendre la particularité de l’engagement communiste en Algérie, son évolution vers une revendication d’indépendance et peut-être donc de réévaluer le rôle des communistes algériens.

    Certes, le PCA est un parti modeste, mais les communistes comme Revel jouèrent un rôle important dans la dénonciation du colonialisme, notamment à travers le syndicalisme à la CGT et un journal comme Alger républicain. Ces remarques sont en partie confirmées par les récents travaux d’Alain Ruscio qui a écrit Les communistes et l’Algérie (La Découverte, 2019).

    Avez-vous pensé à diffuser ce film et votre livre en Algérie, ou même faire une exposition des magnifiques photos prises par Revel qui était un grand amateur de la photographie ? 

    Nous aurions aimé que ce film documentaire passe à la télévision mais malheureusement nous n’avons pas trouvé de diffuseur même ici en France. Pierre Mathiote a finalement proposé de le mettre en libre accès sur YouTube.

    Au passage, sa chaîne comporte des documentaires de grande qualité. Après, je sais que des Algériens ont regardé le documentaire en ligne, y compris des anciens élèves de Revel ! Peut-être y aura-t-il au moins une séance de cinéma à Béjaïa quand la situation sanitaire le permettra ?

    Surtout, j’espère voir un jour une rue Gaston Revel à Béjaïa ! Quant au livre, il va ressortir très bientôt et mon éditeur travaille actuellement pour qu’il soit diffusé dans des librairies en Algérie. J’en suis très heureux ! L’idée d’une exposition est aussi intéressante.

    Des photographies de Revel étaient d’ailleurs présentes dans l’exposition Made in Algeria au Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, ndlr) de Marseille en 2016. J’ai également un projet de bande dessinée avec deux amis.

     

     SOURCE : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/alexis-sempe-historien-jespere-voir-un-jour-une-rue-gaston-revel-a-bejaia-04-05-2021

     

    Si vous voulez en savoir plus concernant Gaston Revel instituteur en Algérie je vous rappelle mon premier article en cliquant sur le lien ci-dessous :

    http://www.micheldandelot1.com/gaston-revel-un-instituteur-en-algerie-a207095272

    Michel Dandelot

    Alexis Sempé. Historien : «J’espère voir   un jour une rue Gaston Revel à Béjaïa»

    Classe de Cours préparatoire 1ère année (1954-1955)

     

     

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    Violences contre la CGT au 1er-Mai :

    Philippe Martinez demande des explications

    à la préfecture - Commentaire de Jean LEVY

    Violences contre la CGT au 1er-Mai : Martinez demande des explications à la préfecture - Commentaire de Jean LEVY

    1er mai 2021 : Les camionnettes de la CGT attaquées par les encagoulés place de la Nation. Des blessés parmi les militants CGT… Sans que la police intervienne… 

    Mais où était donc la police, face

    aux agresseurs cagoulés ? 

    Depuis des années, des commandos, tout de noir vêtus, attaquent systématiquement  les manifestations populaires, jetant l'opprobe sur ces rassemblements. Nommés "Black Blocks", ils sont connus des pouvoirs publics. En effet, la police est en capacité d'annoncer d'avance leur nombre qui seraient présents à ces manif's... 

    Pourtant, aucun d'entre eux n'a été déféré devant les tribunaux, ni n'a connu de mises en examen !... Alors que des milliers de gilets jaunes ont subi la répression policière et judiciaire, avec de nombreux blessés, à vie, alors qu'aucune violence de groupe n'a pu être retenue contre eux... 

    Cette attitude discriminatoire délibérée du pouvoir pose question... 

    Et si la violence cagoulée était une stratégie du clan Macron ?

    LE Témoignage d’un ami

    Violences contre la CGT au 1er-Mai : Martinez demande des explications à la préfecture - Commentaire de Jean LEVY

    Gilles Saint-Gal écrit :

    Les « petites frappes » , les « sauvageons fascistes »... d’où qu’ils viennent... qui attaquèrent lâchement en fin de manif des militants, des dirigeants de la CGT (notamment du VAL DE MARNE)) lors du 1er Mai, alors que bon nombre d’entre nous, parmi les manifestants, étions sur le chemin du retour, doivent être lourdement sanctionnés, condamnés par la justice !!! Et donc activement recherchés !!!
    Un dernier mot : ils osèrent écrire, avant de casser : CGT Collabo !!! Quelle Honte... en écrivant ces quelques mots je pense à Pierre Krasucki, le fils d’Henri, avec qui il m’arrive de temps à autre de converser sur les réseaux sociaux (pensées fraternelles et affectueuses Pierre) Henri Krasucki... Qui fût Secrétaire Général de la CGT et déporté... Je pense aussi, à cet instant à un autre dirigeant Historique de la CGT : Georges Séguy Résistant, tout comme Henri, il fût le plus jeune déporté/Résistant...
    Soyons nombreux, si nombreux à ne pas laisser salir cette mémoire...
    Et d’agir sans cesse, avec la CGT notamment, pour la Justice Sociale, La Défense et l’élargissement des Droits des Travailleurs !!!

    Merci Gilles !!! J'approuve sans réserve tes paroles... Le fascisme ne passera pas !!!

     

    Violences contre la CGT au 1er-Mai : Philippe Martinez demande des explications à la préfecture - Commentaire de Jean LEVY

    Et voici le plus incroyable témoignage…

     mais son auteur assume et signe

    Michel Taupin

    PARIS 1ER MAI 2021 : CE QUE J'AI VU DE LA CONNIVENCE AVEC LES CRS ! SOLIDARITÉ TOTALE AVEC MES AMIS ET CAMARADES DE l'UD 94 !

    Il est 13h15 ce samedi 1er mai 2021. Arrivé à République par le métro, j’emprunte le boulevard Voltaire pour rejoindre le carré de tête, là où Cuba Si France a donné rendez-vous aux organisations de solidarité avec Cuba et l’Amérique Latine Progressiste, pour protester contre le blocus et l’impérialisme étasunien.

    À une trentaine de mètres du carré de tête, une dizaine de CRS déjà harnachés en robocop campent sur le trottoir. Ils semblent détendus. Je les observe quelques instants…

    Et voilà qu’apparaissent dans le groupe, deux hommes jeunes, minces, entièrement revêtus de noir, sans brassard de police, le masque au-dessous du menton, l’un châtain, l’autre roux. Ils déposent leur sac à dos à terre. C’est alors que je vois deux CRS remplir leurs sacs de bouteilles de liquide rose et de matériel suspect. Ils jettent des coups d’œil furtifs autour d’eux, mais ne me voient pas les observer. Puis ils endossent leurs sacs, se "checkent" et se dirigent calmement vers le carré de tête, trente mètres plus loin. Je décide de les suivre. Arrivés à la hauteur du carré des dirigeants, ils s’arrêtent et attendent en se concertant tout près du cordon de sécurité installé par le SO de la CGT, mais à l’extérieur.

    Dès que j’arrive à leur niveau, je me colle devant eux et les dévisage, enfin ce que je distingue de leur tête masquée. Ils me regardent à leur tour sans rien dire mais un peu gênés. Je décide de les entreprendre :

    « Vous n’êtes pas des manifestants, vous ? »…

    Interloqués, l’un d’eux me répond : « Comment vous savez ça, vous ? »…

    « Oh c’est simple, je vous ai vus avec vos potes CRS remplir vos sacs de matos… » Ils se regardent un peu embarrassés. « J’ai même pris une photo!… »

    C’est alors qu’ils s'énervent et exigent que je leur montre la photo. Il n’en est pas question... Vite fait je me carapate et me faufile parmi les camarades du SO de la CGT. N’osant pas franchir le cordon de sécurité, ils abandonnent la poursuite et leur exigence. Après, je ne les ai plus revus.

    Mais de quelle nature est donc cette connivence entre les CRS, la police et ces jeunes « anonymes » qui ressemblent à s’y méprendre à des Blacks Blocks ?

    Ce que j’ai vu, je l’ai bien vu !

    Pour voir les photos de Michel Taupin cliquez sur le lien ci-dessous

    https://www.facebook.com/photo?fbid=10159795900721435&set=pcb.10159795876506435 

     

    Violences contre la CGT au 1er-Mai : Philippe Martinez demande des explications à la préfecture - Commentaire de Jean LEVY

     

     

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    Il existe un autre

    8 mai 1945...

    Il existe un autre   8 mai 1945...  M. le Président Macron allez-vous reconnaître le crime d’Etat  en Algérie à Guelma, Sétif  et Kherrata ?

    M. le Président Macron

    allez-vous reconnaître

    le crime d’Etat en Algérie

    à Guelma, Sétif

    et Kherrata ?

    Il existe un autre   8 mai 1945...  M. le Président Macron allez-vous reconnaître le crime d’Etat  en Algérie à Guelma, Sétif  et Kherrata ?

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    2 mai 2021 

    Communiqué de l’association 

    « Anciens appelés en Algérie 

    et leurs amis contre la guerre – 4acg» 

    Les membres de notre association nationale dénoncent vigoureusement et unanimement le texte publié le 21 avril 2021, dans une certaine presse, par 19 généraux en « demi-retraite » 3 officiers en activité et 1500 gradés ou non premiers signataires.

    Les auteurs de ce texte, pourtant encore engagés, pour la grande majorité d’entre eux, par leur contrat de loyauté envers l’Etat, trahissent ainsi clairement leurs missions républicaines. Ils le font en accusant ouvertement les responsables de l’Etat et l’ensemble des citoyens eux-mêmes d’on ne sait exactement quoi, en fait. En prétendant poser un diagnostic sur l’état actuel de la société française, ils font preuve d’une prétention, d’une arrogance même, singulières. Ils utilisent en outre des termes d’une grande violence et d’un immense mépris à l’égard de certains boucs émissaires qu’ils se sont choisis en les montrant du doigt de façon totalement injuste et injustifiée.

    En évoquant, voire en suggérant, « l’intervention de (leurs) camarades d’active », ils vont jusqu’à dire, en termes à peine voilés, la possibilité (leur souhait ?) d’un coup d’Etat militaire. De tels propos ne laissent pas d’inquiéter sur l’écho amplifié qu’ils pourraient provoquer dans nos casernes. 

    Enfin, c’est en outre, évidemment, une provocation arrogante que de publier ce texte un 21 avril, date exacte du 60ème anniversaire du putsch des généraux félons en Algérie. Les anciens appelés en Algérie tiennent à rappeler que ceux d’entre eux qui étaient présents en Algérie à ce moment-là, ont, en adoptant une attitude d’inertie assumée, voire en s’opposant ouvertement à certains officiers tentés par l’aventure putschiste, modestement et grandement à la fois, contribué à faire échouer cette tentative de révolte d’une partie de l’armée française. 

    Les membres de l’association « 4acg » enregistrent avec une satisfaction prudente que des sanctions seront prises par les autorités militaires. Ils espèrent que ces sanctions seront prononcées rapidement, qu’elles ne seront pas que symboliques et qu’elles auront des effets durables pour celles et ceux à qui elles seront appliquées. Sur ce point au moins, ils apprécient la vigueur des propos tenus tout récemment par le chef d’état-major des armées.

    Au nom des membres du conseil d’administration 

    François-Xavier Ricard, président 

     

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    1er Mai à PARIS : des INDIVIDUS AGRESSENT violemment des manifestants de la CGT – 21 militants blessés dont 4 graves !

    1er Mai à PARIS : des INDIVIDUS AGRESSENT violemment des manifestants de la CGT – 21 militants blessés dont 4 graves !

     

     Violences inacceptables

    contre le monde du travail !

    Communiqué commun de la CGT

    et de l'Union Régionale d'Île-de-France CGT

    Samedi 1er mai, alors que les 25 000 manifestants commençaient à quitter la place de la Nation, au terme d’une manifestation massive, porteuse des revendications des travailleurs et de l’aspiration à une société plus juste, elles et ils ont été victimes d’une violence inacceptable. 

    Si, sur le parcours, une fois encore, le cortège a dû faire face à plusieurs interventions des forces de l’ordre totalement injustifiées, la manifestation a pu, tout de même, arriver à son terme. 

    C’est à ce moment qu’un important groupe d’individus dont certains se revendiquant gilets jaunes, ont fait usage d’une extrême violence à l’encontre des manifestants. 

    Insultes homophobes, sexistes, racistes, ont précédé des actes de vandalisations des véhicules des organisations, et, bien plus grave, la haine s’est exprimée par un déchainement de coups et de jets de projectiles. 

    Notre organisation, la CGT, était particulièrement ciblée. 

    21 blessés, dont 4 graves auxquels nous apportons tous notre soutien et notre solidarité ! 

    Le monde du travail ne reculera pas plus devant ce type d’agressions que face aux politiques libérales menées par le gouvernement actuel, dont les lois veulent nous priver de notre liberté. 

    Nous appelons l’ensemble du monde du travail à se mobiliser, à rejeter toutes formes de haine qui divise les femmes et les hommes de notre pays et à renforcer avec les organisations syndicales, les luttes face aux politiques libérales au service du capitalisme. 

    Montreuil, le 1er mai 2021

    SOURCE : 

    Confédération Générale du Travail - CGT

    https://www.cgt.fr/

    VOIR ÉGALEMENT LES LIENS CI-DESSOUS:

    Des militants CGT et leurs véhicules attaqués en fin de manifestation à Paris

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/limage-de-ce-mai-a-paris-des-vehicules-de-la-cgt-attaques-en-fin-de-manifestation_fr_608d82aee4b02e74d227d091

    1er Mai à PARIS : des INDIVIDUS AGRESSENT violemment des manifestants de la CGT – 21 militants blessés dont 4 graves !

    1er Mai à PARIS : des INDIVIDUS AGRESSENT violemment des manifestants de la CGT – 21 militants blessés dont 4 graves !

     

    Quelques commentaires 

    Jacques Cros

    Eh bien mais le pouvoir qui est au service de la finance doit trouver avec ces casseurs une aide précieuse il ne va pas leur nuire !

    Fabienne Reberioux

    Ils favorisent l'installation du sentiment d'insécurité et d'une réaction ultra-droite. Donc ils servent le pouvoir en place dans le "jeu" : c'est moi ou le RN. 

    Elisabeth Campagna-Paluch

    Ils les balancent dans les manifs pour casser et discréditer les manifestants pacifiques : vieille technique policière. Le pouvoir les utilise à bon escient... ça fait son jeu !!!

    Pierre Jacques

    Le pouvoir ne fera rien contre "ces fachos", ils ont été créés PAR le pouvoir et SONT au service du pouvoir !

    Isabelle Combret

    Ne nous laissons pas piéger... Courage et solidarité !

    Macron, Le Pen, Lallement et leurs cliques doivent se taper le cul parterre d'en rire, de se moquer, diviser pour mieux régner, ils ne demandent pas mieux que des manifestants se tabassent entre eux

    Bises

    Bien fraternellement

    Marisa Gemelli

    Il est évident que ce sont des bruns soutenus par la Macronie qui usent de violence !

    NO PASSARAN !

    Muriel Robert

    Plus grave les CRS ont laissé faire trop heureux de voir un symbole syndical se faire défoncer elle est là la réalité pauvre France on touche le fond.

    Bas du formulaire

    Michel Lemettais

    Le chaos depuis 4 ans !

    Pascal Letteron Auteur

    Pas fascistes (terme réservé aux Fhaineux) mais des délinquants !

    Et comme par hasard, la police n'en n’arrête jamais aucun) 

    Marie-Claire Eloy-boucher

    Quel que soit son appartenance politique ces casseurs devraient être arrêtés depuis longtemps. Pourquoi Macron ne donne-t-il pas l'ordre de mettre fin à leurs exactions

    Son attitude est nébuleuse. 


     

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    En 1961, M. Carpentier (à droite) a vécu le putsch des généraux depuis la base de Blida. Pendant trois jours il a été sans commandement. 

    SOURCE : http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/le-putsch-des-generaux-depuis-la-base-de-blida-ia4576b0n640653

    Le comportement des appelés du contingent en 1961 est connu : c'est l'une des causes principales de l'échec du putsch des généraux et nous en sommes très fiers et nous disons aux vieilles badernes qui menacent la République que le peuple de France vous enverra pour l’éternité dans la poubelle de l’Histoire !!!

    L'une des vieilles badernes

    Le véritable danger, c’est eux

    Le véritable danger, c’est eux

    La tribune des généraux publiée dans Valeurs Actuelles le 21 avril prépare les troupes, l’opinion et les dirigeants à la possibilité d’un putsch. Elle sonde les éventuelles résistances, les accointances, les indifférences et les soumissions. Il faut toutes affaires cessantes les déshonorer en leur opposant un sursaut citoyen mais aussi en leur appliquant la loi. Toute indulgence à l’égard de ce type d’insubordination militaire est irresponsable. - Par la section LDH de l'EHESS.

    Le 21 avril 1961, à Alger, c’était un « quarteron de généraux ». À présent, ils sont vingt réclamant au bout du fusil « un retour de l’honneur de nos gouvernants » dans une tribune publiée dans Valeurs actuelles le 21 avril 2021. La coïncidence de la date n’est pas fortuite ; elle invite à penser la continuité d’une emprise de la pensée de l’extrême-droite dans l’armée, qui, dans un contexte favorable, s’expose sans ambages et sans ambiguïtés. Plus avant encore, en 1933, le slogan « Ordre, autorité, nation » de Marcel Déat se réincarne dans « honneur et patrie » de ces généraux à la retraite.

    Sans verser dans une analyse lexicale en règles, force est de constater que tous les ingrédients de la rhétorique d’extrême droite sont à l’œuvre dans cet appel au Président et aux élu·e·s du peuple.

    • Le thème de la décadence, nommée pudiquement délitement, a ses raisons et ses ennemis tout désignés dont le répertoire met dans le même sac des théories et des personnes : l’antiracisme, les théories décoloniales, les hordes de banlieue, des individus infiltrés et encagoulés.
    • Le thème de l’insécurité, puisque « la haine prend le pas sur la fraternité », insécurité contre laquelle le pouvoir en place « utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires »
    • Le thème de l’intolérable puisque « c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques ».

    Face à ces délitements cumulés et exacerbés, ces généraux appellent à un sursaut et opposent à la pseudo guerre raciale, rien de moins qu’une guerre civile. Ils sont prêts à « soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ». Ils menacent, car « si rien n’est entrepris », ils en appellent à « l’intervention de (leurs) camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national », phrase maurassienne s’il en est. Leur tribune prépare les troupes, l’opinion et les dirigeants à la possibilité d’un putsch. Elle sonde les éventuelles résistances, les accointances, les indifférences et les soumissions, façon militaire.

    On aurait tort de croire à un canular ou que cette lettre est désuète parce qu’écrite par des généraux en retraite, qui de surcroît ne craignent plus rien pour leur carrière. C’est en resituant leur appel dans une durée plus longue que se révèle la trame de l’idéologie d’extrême droite en action. Mais il y a plus. Ces généraux, qui brandissent l’honneur comme on brandit une arme, savent que leur appel dans le contexte actuel est un hameçon auquel peuvent se rallier les partisans d’un état autoritaire, voire militaire. Les exemples dans maints autres pays attestent la possibilité de telles transitions politiques ; que l’on songe, par exemple, à la Grèce où le 21 avril 1967, l’armée prenait le pouvoir. Et c’est donc sans étonnement que Marine Le Pen, candidate à la présidence de la République, leur apporte son soutien, validant de la sorte cette odieuse matrice idéologique rampante qui, à présent, se dévoile publiquement et entend passer à l’acte  :  «Je souscris à vos analyses et partage votre affliction. Comme vous, je crois qu’il est du devoir de tous les patriotes français, d’où qu’ils viennent, de se lever pour le redressement et même, disons-le, le salut du pays », écrit-elle dans Valeurs actuelles.

    Face à cette médiatisation, la ministre des armées s’est contentée de rappeler que les militaires ne doivent pas se transformer en militants, pour demander ensuite des sanctions. Le chef de l’État, chef des armées, lui si peu avare en paroles, s’en tient à un irresponsable silence. À gauche de l’échiquier politique, seuls Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et la CGT sont montés au créneau. Il serait aussi de l’honneur d’autres militaires de prendre la plume à leur tour pour se désolidariser de ces factieux.

    Le danger qu’ils voient partout a changé de camp : le véritable danger, c’est eux. Il faut toutes affaires cessantes les déshonorer en leur opposant un sursaut citoyen, mais également en leur appliquant la loi, car c’est sans nul doute la seule réponse qu’ils peuvent comprendre. Il faut donc veiller à ne surtout pas rentrer dans cette logique de guerre civile qu’ils appellent de leurs vœux ; défendre avant tout le cadre constitutionnel qui subordonne le pouvoir militaire au pouvoir civil, et rappeler que cette subordination implique le silence politique des militaires. Toute indulgence à l’égard de ce type d’insubordination militaire est irresponsable.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/section-ldh-de-lehess/blog/300421/le-veritable-danger-c-est-eux?utm_source=20210430&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20210430&M_BT=25840487733 

    Le véritable danger, c’est eux

    Une soixantaine

     SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6574483-Une-soixantaine#c26720534 

    C’est le nombre de personnes qui ont répondu ce vendredi 30 avril à une invitation lancée par la section de Béziers du PCF de se rassembler pour exprimer leur condamnation de l’appel à la sédition qui avait été publiée dans le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles.

    Trois intervenants se sont succédé au micro. Nicolas Cossange a rappelé la genèse de l’affaire. Des militaires, la plupart à la retraite, ont signé une lettre qui est en fait une menace de Coup d’Etat. Prenant argument des difficultés gravissimes que nous connaissons ces factieux se proposent ni plus ni moins que de se substituer au pouvoir légal et d’appliquer une discipline militaire capable de maintenir un ordre qui se situe dans la résignation

    L’initiative a reçu un accueil favorable de l’extrême droite et d’une partie de la droite. Ainsi on a vu Marine Le Pen se saisir de l’occasion pour se réjouir publiquement d’une telle atteinte à la démocratie. Ménard de son côté n’a pas été en reste et a souhaité que l’armée soit déployée dans les banlieues pour résoudre, sans doute par des tirs bien ajustés, la sécurité à laquelle nous avons droit.

    Et Macron dans tout ça ? Chef des armées il ne s’est pour l’heure pas exprimé, sa ministre des armées ayant fini par envisager des sanctions contre ceux qui n’ont pas respecté le devoir de réserve auquel ils sont tenus.

    Cossange a appelé à poursuivre l’action pour l’exercice de la démocratie sans oublier la lutte pour les revendications. C’est qu’il n’y a pas de liberté sans justice sociale.

    A pris la parole après lui un ancien d’Algérie qui a vécu le putsch des généraux félons alors qu’il était sous les drapeaux. Il a relevé des similitudes et des différences. Parmi ces dernières si en 1961 l’opinion publique était acquise à l’idée qu’il fallait en finir avec cette guerre les problèmes de sécurité créent aujourd’hui des comportements favorables à l’illusion que la force armée pourrait être une protection.

    Ce ne sont pourtant pas les invectives populistes qui régleront quoi que ce soit. La sécurité demande  une réponse claire et décisive aux besoins de justice tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il a par ailleurs communiqué une information concernant la présence le 26 mars 2021 à une cérémonie commémorant un drame consécutif à un mot d’ordre de l’OAS qui s’est soldé par des dizaines de morts. C’est une première que le gouvernement délègue un de ses membres à une telle initiative. Cela a quelque chose d’inquiétant !

    Raymond Cubells du Mouvement de la Paix a conclu les trois interventions. Il a souligné le besoin de paix et dénoncé l’engrenage de la violence dans notre société actuelle. Il a donné des exemples et estimé que l’armée ne saurait être un recours face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il a appelé à une autre conception entre les hommes que celle de la force telle que cela ressort de l’appel publié dans Valeurs actuelles. C’est vraiment dans une autre direction que nous devons nous orienter !

    Jacques CROS

    Michel Dandelot le 30/04/2021

    Félicitations à la soixantaine de personnes qui ont répondu ce vendredi 30 avril à une invitation lancée par la section de Béziers du PCF de se rassembler pour exprimer leur condamnation de l’appel à la sédition qui avait été publiée dans le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles. A ma connaissance vous êtes les seuls en France, pour le moment à avoir manifesté. Alors un grand merci ! 

     

     

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    58 % des Français d’accord avec l’appel

    à la rébellion ?

    58 % des Français d’accord avec l’appel  à la rébellion ? Un article de Jacques CROS  Habitant de Béziers

    Un article de Jacques CROS

    Habitant de Béziers

     

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/ 

    Je crois qu’il faut analyser  sérieusement ce sondage et y répondre. Nous avions perçu avec les réactions de divers internautes qui refusaient de prendre en compte ce qui est nécessaire à notre sécurité. Nous avions estimé que les invectives populistes que nous avions enregistrées ne nous mettaient pas à l’abri des menaces d’actes terroristes.

    Nous avions pourtant tenté d’analyser ce qui générait les dérives auxquelles nous assistons. Il s’agit bien d’actes de déséquilibrés produits par une société en pleine décomposition. Que ces individus se réclament du djihadisme n’enlève rien à notre analyse et on n’assurera pas notre sécurité sans une prise en compte de cette donnée, à savoir que le monde est devenu irrationnel.

    Au passage on notera que les élus de l’extrême droite n’ont pas plus résolu le problème que les autres. A Béziers par exemple ça a des proportions inquiétantes. Et le maire rêve de l’intervention de l’armée pour assurer l’ordre. C’est tout simplement du domaine du fantasme.

    La dégradation de la situation socio-économique, aggravée par le Covid-19 est insupportable. Ici aussi l’appel à une subversion militaire a été reçu comme une solution à la crise que nous subissons. Eh bien nous considérons que ce n’est pas ce qui est adapté pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes englués.

    A la non-satisfaction des besoins recensés s’ajouteraient les manquements à la démocratie qui caractérisent une forme de dictature militaire telle que ce vers quoi on nous propose de nous engager. Des dispositions qui viendraient rendre encore plus insupportable ce que nous vivons déjà.

    Que peut-on alors ? On n’a pas le choix hors d’offrir une perspective révolutionnaire pour se dégager de tous les miasmes auxquels nous sommes confrontés. Ce n’est sûrement pas la voie de la facilité mais il faut accepter l’idée qu’il n’y en a pas d’autre et qu’il nous faut élaborer une stratégie qui comble les lacunes en la matière.

    C’est l’alternative que nous avons à développer. Et c’est bien la carence d’un tel projet qui alimente le courant fascisant qui gagne les consciences et qui se traduit par les résultats du sondage…

    Jacques CROS

    58 % des Français d’accord avec l’appel  à la rébellion ? Un article de Jacques CROS  Habitant de Béziers

    Alors cher Jacques Cros je vais compléter ton analyse par un autre sondage :

    Le duo Macron/Le Pen est voué à l’échec

    70% des Français ne veulent pas d’un deuxième tour en 2022 avec Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Alors que l’actuel président mise tout sur un duel avec Marine Le Pen pour avoir une chance d’être réélu, les électeurs ne se résignent pas. Ils sont une large majorité à vouloir déjouer ce plan. D’ailleurs, en 2016, un an avant l’élection de 2017, les médias annonçaient que le match était plié : Sarkozy, Le Pen, Hollande devaient s’affronter !

    Ce pronostic sondagier a été défait. Pour autant, tout est fait depuis 2017, pour que l’extrême-droite soit présente au 2ème tour en 2022. 

    Loi sécurité globale, laïcité utilisée contre une religion, immigration désignée comme coupable du terrorisme… L’offensive des macronistes pour placer les questions sécuritaire et identitaire au centre du débat servent une seule candidate : celle de l’extrême-droite.

    La dérive est grave et aboutit désormais, à ce que des militaires, certains à la retraite, d’autres en active, signent ouvertement un appel à déclencher une “guerre civile”.

    Dès les premiers mois de son mandat, Macron s’est inspiré de l’extrême droite sur l’accueil des migrants avec la loi “Asile et immigration”, offrant une tribune au Rassemblement National qui s’en est pris au vivre-ensemble et à un “humanitarisme qui tue l’humanisme”, selon le député d’extrême-droite Gilbert Collard.

    Ont suivi les répressions violentes des gilets jaunes et des mouvements sociaux, les milliers d’images de violences policières contre les manifestants et les journalistes de terrain, entravant la liberté de manifester et d’informer dans notre pays. Se faisant, le pouvoir a repris de nombreux mots de la droite la plus radicale, parlant de “hordes de casseurs” et se posant en défenseur de l’ordre face aux “black blocs ».

    Enfin, en menant depuis des mois une offensive dangereuse sur les questions identitaires, discriminant les citoyens de confession musulmane, les macronistes ont fait sauter les dernières digues protégeant la République et ont construit, pièce par pièce, un boulevard à l’extrême-droite.

    Tu as raison cher Jacques CROS, à Béziers tu as le maire le plus extrémiste, nostalgique de l’Algérie française, du colonialisme et de l’OAS, rappelons-nous qu’en 2015 il a remplacé la rue du 19-Mars-1962 par le nom du putschiste Hélie Denoix de Saint Marc… En effet il aime bien les putschistes ce maire…  voici d’ailleurs une interview de Ménard sur la chaine la plus extrémiste de France CNEWS :

    "Cette espèce de petits salopards" :

    Robert Ménard s'emporte

    chez Laurence Ferrari

    Des propos qui ont pu surprendre. Ce jeudi 29 avril, sur CNEWS, Laurence Ferrari a rapporté à Robert Ménard un sondage selon lequel 49% des Français seraient favorables à une intervention de l'armée, sans qu'on ne donne l'ordre, pour rétablir l'ordre et la sécurité. Face à la journaliste, le maire de Béziers, souvent invité sur la chaîne, a estimé que si cela arrivait, ce serait "un coup d'état". Et d'analyser la situation actuelle : "Ça veut dire que les Français n'en peuvent plus."

    Celui qui a récemment été 'mouché' par la députée LREM Coralie Dubost n'a pas été surpris du résultat de ce sondage. Si bien qu'il s'est emporté alors qu'il poussait un coup de gueule. "Ça ne me choquerait pas du tout si on envoyait l'armée dans les banlieues pour nous débarrasser de cette espèce de petits salopards de dealers qui nous pourrissent la vie," a-t-il expliqué. Et que la femme de Renaud Capuçon ne lui fasse remarquer que "l'armée ouvre le feu". De son côté, Robert Ménard a estimé qu'elle faisait "son boulot".

    Robert Ménard a ensuite rappelé le récent assassinat d'une policière, à Rambouillet. "Vous avez vu les policiers, comment ils sont malmenés ? Vous avez vu comment ils sont en danger ? Il y en a qui sont morts. (…) On va attendre la mort de d’autres policiers ?" s'est-il insurgé face à Laurence Ferrari. Et de conclure : "Si on n’est pas capables de mobiliser la police pour faire ça, qu’on mobilise l’armée." Des propos qui ont vivement fait réagir sur les réseaux sociaux.

    58 % des Français d’accord avec l’appel  à la rébellion ? Un article de Jacques CROS  Habitant de Béziers

    Pour voir la vidéo de l’interview de Ménard cliquez sur le lien ci-dessous :

    https://fr.news.yahoo.com/video-esp%C3%A8ce-petits-salopards-robert-132331815.html

    58 % des Français d’accord avec l’appel  à la rébellion ? Un article de Jacques CROS  Habitant de Béziers

     

     

     

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    Rappelons-nous ils étaient déjà là

     le 8 mai 2018 :

     

    Le président Macron à une part de responsabilité concernant la lettre des généraux : un texte séditieux qui menace la République

    Ce matin, lors de la commémoration du 8 mai 1945 Emmanuel Macron serre la main de vétérans lors de la cérémonie du 8 mai 2018 à Paris. Devant les caméras, l'un des anciens combattants lui a livré un étonnant conseil...

    SCANDALEUX : "Soyez très ferme avec ces gauchos qui ne veulent que foutre la merde" : les conseils d'un vétéran à #Macron lors de la cérémonie du #8mai 1945 en 2018 

    Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitule face aux troupes alliées. C'est la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe. Alors qu'aujourd'hui, les idées d'extrême-droite se propagent de plus en plus et que des groupuscules fascistes refont surface pour servir de chiens de garde au Capital, n'oublions jamais l'Histoire et les milliers de personnes qui se sont battues contre ces idéologies de haine et mortifères.

    Lors de la cérémonie de commémoration du 8 mai à Paris, Emmanuel Macron est tombé nez-à-nez avec un vétéran très remonté. Refusant de commenter les conseils de ce dernier, le président de la République lui a toutefois livré une réponse étonnante.

    A Paris, Emmanuel Macron participait à la cérémonie du 73e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945. C'est alors qu'il a croisé le chemin d'un vétéran particulièrement irrité par l'opposition, qui lui a livré un étonnant conseil de gouvernance, au cours d'une intense poignée de main.

    «Soyez très ferme avec ces gauchos de la politique qui ne veulent que foutre la merde», a lancé, de but en blanc, l'ancien combattant au chef de l'Etat, avant d'esquisser un large sourire en le regardant dans les yeux.

    Après quelques secondes de tâtonnement, tout en continuant de serrer la main du vétéran, Emmanuel Macron lui a alors confié : «Ne vous inquiétez pas, regardez-moi faire.»

    Prudent, le président de la République a poursuivi : «Je ne commenterai pas ce que vous avez dit mais...»

    «Tout le monde peut s'exprimer mais il faut qu'il y ait un peu d'ordre», a conclu Emmanuel Macron avant de prendre congé de l'ancien soldat : «En tout cas on continue. Et on avance. Merci à vous d'être là.»

     

    Visionnez, en cliquant sur le lien ci-dessous, cette inimaginable provocation de cette vieille baderne et la réponse étonnante du président Macron… A vous de juger... Cette vieille baderne ressemble tellement à toutes ces têtes brûlées qui venaient de prendre une raclée en Indochine et qui continuaient pour se faire de l'arabe pendant la  sale guerre d'Algérie.

    Un gaucho et fier de l'être...

    Michel Dandelot 

     

    https://twitter.com/i/status/993806921827258368

     

     

    Ils ont osé… Ils ont occulté l’OAS !!!

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Aucuns présidents de la République avant M. Macron avaient osé envoyer (son, sa ministre) en l'occurrence pour le 26 mars 2021 la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq participer à la Commémoration de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 au mémorial du Quai Branly, c’est une honte !!!

     

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Auprès de Geneviève Darrieussecq et Arnaud Ngatcha, Hugues Renson commémorait le 26 mars dernier la fusillade de la rue d’Isly.

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

     

     

    SOURCE : https://huguesrenson.fr/commemoration-de-la-fusillade-de-la-rue-disly-au-memorial-du-quai-branly/ 


    **************************************************************

    Chaque année, le 26 mars, des groupuscules extrémistes organisent des commémorations pour les victimes de la fusillade rue d'Isly à Alger qui ne sont pas « Mortes pour la France », mais tombées pour soutenir l’OAS qui les a manipulées et les noms de ces victimes n’auraient jamais dû avoir leur place au Mémorial National du Quai Branly à Paris, qui devait demeurer le lieu d’hommage aux militaires français « Morts pour la France » durant la guerre d’Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc, sans oublier les victimes des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française agissant au sein des commandos de la mort de l’OAS : c’est-à-dire les civils, les représentants des forces de l’ordre, les magistrats, les fonctionnaires de l’éducation nationale restés fidèles à la République jusqu’au sacrifice de leur vie.

    La présence de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq à la Commémoration de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 au mémorial du Quai Branly a occasionné l'envoie de 2 lettres (sans réponses pour le moment) de présidents d'associations des victimes de l'OAS, avec leur autorisation les voici :

    Le président Macron à une part de responsabilité concernant la lettre des généraux : un texte séditieux qui menace la République

    " L'autre 21 avril 2021 ", la lettre

    de l'ANPROMEVO au Président

    de la République

    Le président
     

    Chaville, 21 avril 2021.

     

     

    Monsieur le Président de la République

    Cabinet Palais de l'Elysée  

    55, rue du Faubourg Saint Honoré 

    75008 Paris 


    Monsieur le Président de la République,

    Les sites Internet du ministère des Armées et de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG) ont gardé le silence sur un événement exceptionnel.
    Pour leur part, l’ensemble des blogs de la mouvance OAS (anciens activistes, sympathisants, revanchards de l’Algérie française) l’ont annoncé en ces termes : « En mémoire des victimes de la fusillade rue d’Isly à Alger, vendredi 26 mars 2021, au Mémorial national de la guerre d'Algérie, Mme Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, déposera une gerbe du Président de la République lors de la cérémonie qui demeure associative ».

    Ces mêmes sites ont rendu compte de cette commémoration, lui consacrant un reportage documenté (cf. http://popodoran.canalblog.com/archives/2021/03/24/38883741.html à titre d’exemple).

    L’image de représentants des plus hautes institutions de la République aux côtés de personnes ayant répondu, le 26 mars 1962 après-midi, à un appel à manifester lancé le matin même par l’OAS est des plus malencontreuses :

    cet appel, par tract, se concluait par la formulation d’une volonté « de lutter jusqu’au bout contre l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste » et s’inscrivait dans la stratégie insurrectionnelle développée par l'OAS qui, après s’être opposée par la violence à l’application des Accords signés à Évian le 18 mars 1962, a poussé l'armée française à rompre le cessez-le-feu ;

    la cérémonie du quai Branly peut être regardée comme l’expression d’un désaveu des autorités civiles et militaires en charge, à l’époque, du maintien de l’ordre républicain et/ou une approbation de l’attitude de citoyennes et citoyens, Français d’Algérie, acquis au putsch organisé un an plus tôt ;

    l’initiative du 26 mars 2021 va largement au-delà des préconisations contenues dans le rapport que M. Benjamin Stora vous a remis il y a trois mois, intitulé Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ;

    s’il existe de fait, côté algérien, « quelques résistances » au dessein d’une réconciliation mémorielle « très largement partagée » entre Alger et Paris, l’on peut également soutenir que, côté franco-français, perdurent d’insurmontables antagonismes mémoriels trouvant leur origine dans la radicalité d’un discours invariant des nostalgiques de l’Algérie française ainsi, hélas, que dans la partialité d’administrations centrales qui refusent avec constance d’admettre au bénéfice du statut de "Mort pour la France" des fonctionnaires de police victimes de l’OAS, illégalement privés de cette qualité (cf. Annexe - pages 6 et 7 - en pièce jointe).

    Au nom de l’apaisement et du « en même temps », s’imposent désormais deux engagements prioritaires : la promesse de la régularisation pré-évoquée dans le délai maximal de cinq mois ; l‘annonce d’une représentation, au niveau sommital de l’État, à la cérémonie prévue le 6 octobre prochain, au cimetière parisien du Père-Lachaise, dans le cadre de la célébration du dixième anniversaire du dévoilement par le maire de la capitale, M. Bertrand Delanoë, de la première stèle dédiée par une collectivité publique à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France.

    Dans l’attente d’une écoute enfin respectueuse du souvenir de celles et de ceux - civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires tombés, sans pouvoir se relever, sous les coups de l’OAS, parce qu’ils respectaient les institutions et valeurs de la République,

    Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de ma très haute considération.

    Jean-François Gavoury
    Président de l’ANPROMEVO

     


    Le président Macron à une part de responsabilité concernant la lettre des généraux : un texte séditieux qui menace la République

    Siège social : Jean-Philippe Ould Aoudia

    191, avenue Victor Hugo 92140 Clamart

    Le Président

     

    23 avril 2021

     

     

    Madame Geneviève Darrieussecq

     

    Ministre déléguée auprès de la       ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants       14, rue Saint-Dominique      

     75700 Paris 07  SP LRAR

     

    Madame la Ministre,

     

    Vous avez représenté l’État, le 26 mars 2021, à la commémoration associative d’une manifestation insurrectionnelle fomentée le 26 mars 1962, à Alger, par l’OAS, érigée dès avant sa création formelle le 11 février 1961 en partie belligérante au conflit algérien.

    Seul le rappel de faits remontant à cinquante-neuf ans permet d’apprécier le sens à donner au dépôt par vos soins, au nom du Président de la République, d’une gerbe de fleurs devant les colonnes du quai Branly à Paris.

    Cette manifestation avait fait l’objet de deux interdictions, largement diffusées, émanant l’une du préfet de police d’Alger et l’autre du général commandant le secteur Alger-Sahel : les participants ont fait le choix de désobéir aux autorités civiles et militaires de l’époque.

    Trois jours auparavant, le 23 mars, sept jeunes Français, appelés du contingent -11 autres seront blessés- avaient été abattus par l’OAS qui considérait l’armée française comme une armée d’occupation, et exprimait sa résolution à…lutter jusqu’au bout contre l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste » : motifs formulés sur le tract d’appel à rassemblement distribué au cours de la nuit du 25 au 26 mars.

    Rue d’Isly, se heurtant à des soldats chargés de maintenir l’ordre républicain alors que le cessez-le-feu était en vigueur depuis une semaine, des personnes ont trouvé la mort pour avoir répondu à un mot d’ordre insurrectionnel de l’OAS.

    Cinquante-neuf ans après, le Président de la République et le Gouvernement ont été représentés à une cérémonie initiée par des associations qui révèrent des criminels de l’OAS condamnés par la Justice, et qui célèbrent régulièrement les épisodes au cours desquels la République fut mise en danger : les « Barricades » le 24 janvier 1960 et le coup d’état militaire du 21 avril 1961.

    Pourtant, il y a d’autres Français qui méritent l’attention de l’État et en demeurent les oubliés. Ceux-là sont morts pour s’être opposés à l’OAS. Dans le cadre de leurs missions respectives, ils sont restés à leur poste, au péril de leur vie, pour maintenir la République en ordre de marche.

    L’impartialité de l’État exige l’alignement du statut des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés par l’OAS le 15 mars 1962 à Alger, sur celui de l’instituteur Guy Monnerot, abattu par le FLN le 1er novembre 1954, et reconnu "Mort pour la France" le 3 juillet dernier en tant que victime civile de la guerre d’Algérie.  

    L’impartialité de l’État exige que soit attribuée la mention « Mort pour la France » à ceux des militaires et des policiers assassinés par l’OAS, qui en ont été injustement privés et dont les noms sont connus tant de vos services que de l’ONAC-VG.

    Depuis le 6 octobre 2011, une stèle s’élève au cimetière du Père-Lachaise à Paris portant l’inscription :

     

    En hommage à toutes les victimes de l'OAS en Algérie et en France

    Civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires,

    Défenseurs des institutions et des valeurs de la République

     

    La date du 6 octobre est devenue Journée associative de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de l’OAS.  

    Il vous tiendra à honneur d’être présente, le 6 octobre prochain à 11h00, devant ce monument, au côté, le cas échéant, d’autres membres du Gouvernement.

    L’impartialité de l’État sera ainsi démontrée.

     

    Dans l’attente de vous y rencontrer,

     

    Je vous assure, Madame la ministre, de ma considération choisie.


    Docteur Jean-Philippe Ould Aoudia