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    Liberté, nous écrivons toujours ton nom

    Liberté, nous écrivons toujours ton nom

    Tout démocrate, tout républicain doit s’alarmer et résister. Nous basculons de « l’État de droit » au droit d’un État se donnant tous les droits. La proposition de loi à l’intitulé aussi grotesque que glaçant de « sécurité globale » fait frémir. Nombre de ses dispositions, sur les pouvoirs conférés aux polices municipales, le soutien apporté aux officines de sécurité privée, la généralisation abusive de l’usage des drones, et les graves atteintes au syndicalisme étudiant inscrites parallèlement dans la loi de programmation de la recherche signent une sortie de route liberticide extrêmement préoccupante. Le tout couronné par des dispositions scélérates qui dénaturent les principes fondamentaux qui régissent la liberté d’expression en France. La surenchère verbale d’un ministre de l’Intérieur irresponsable demandant aux journalistes de stipendier le droit d’exercer leur métier auprès de l’autorité préfectorale condamne l’hypothèse d’un fourvoiement.

    Mais on ne franchit pas impunément les lignes rouges. La loi relative à la liberté de la presse de 1881 en est une, absolue, qui figure au fondement des libertés civiles arrachées de haute lutte. Elle est frappée par les deux textes en discussion, celui dit de « sécurité globale » et celui dit de « renforcement des principes républicains ». L’un cherchant à empêcher journalistes et citoyens de relever les cas de violences policières, l’autre à extraire de la loi de 1881 les infractions d’incitation à la haine pour hâter les procédures et alourdir les peines.

    L’histoire de la liberté de la presse est intimement liée à la conquête des libertés démocratiques et des droits sociaux. Point ici de corporatisme. En effet, la liberté d’informer des journalistes est la condition du droit de savoir des citoyens. Des peuples se sont mis en révolution au nom de cette liberté, particulièrement en France, et chaque épisode révolutionnaire depuis 1789 a été, sans hasard, l’occasion d’une floraison de titres de presse, vecteurs de l’expression démocratique. La loi de 1881 est une loi de consolidation républicaine édifiée contre les fossoyeurs de la Commune, partisans d’un ordre moral appuyé sur la censure et la répression populaire. En offrant une assise juridique aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen – qui fondent la liberté de conscience, d’opinion et d’expression –, elle lie la liberté de la presse à la liberté d’expression, garantie pour chaque citoyen, « sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

    Vouloir s’attaquer à l’une de ces libertés revient fatalement à s’en prendre à l’autre. C’est exactement ce à quoi s’emploie le gouvernement, signant ainsi sa mue en force contre-révolutionnaire et antirépublicaine. Il a fallu plus d’un siècle pour transcrire ces droits dans la loi. Faudra-t-il quelques années pour les en sortir ? Voilà politique proprement réactionnaire, sous les applaudissements nourris de l’extrême droite, qui userait sans vergogne de ces nouvelles législations si par malheur elle accédait aux affaires.

    Heureusement, la société, dans son bon droit, manifeste sa juste colère malgré les règles du confinement et les nasses policières. Et l’ensemble des rédactions du pays s’est levé contre ces atteintes inédites à la liberté de la presse et d’expression.

    Le libéralisme, incapable de susciter l’adhésion populaire, est irrésistiblement gagné par des pulsions autoritaires. Un saut vient d’être effectué vers un lendemain sécuritaire sans rivage. Droit de manifestation, droits syndicaux, liberté d’information, laïcité sont passés au broyeur liberticide alors même que la République, sous état d’urgence permanent, devient un signifiant réactionnaire. Tout doit être entrepris pour obtenir le retrait de ce texte, et pour défendre et développer les libertés démocratiques. La République refondée ne peut et ne doit être que démocratique et sociale. 

    Patrick Le Hyaric 

     

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    France. Les archives cadenassées

     de la guerre d’Algérie

    France. Les archives cadenassées de la guerre d’Algérie

    Sur un mur à Alger, 2003. — Lithographie d’Ernest Pignon-Ernest représentant Maurice Audin 

    La loi française du 7 Thermidor An II (25 juillet 1794) proclamait que tout citoyen devait pouvoir être informé de ce qui avait été fait en son nom. C’était le début du service public des Archives nationales de France, institution créée quatre ans plus tôt par l’Assemblée constituante. Mais si le principe de cette transparence est officiellement acquis, la raison d’État ne s’en accommode pas facilement. La disparition du militant de l’indépendance algérienne Maurice Audin et la répression meurtrière de la manifestation parisienne du 17 octobre 1961 à l’appel du Front de libération nationale (FLN) constituent deux cas emblématiques d’une rétention à bas bruit des archives.

    En 2013, le président François Hollande remet à Josette Audin des copies de documents concernant son mari Maurice Audin 1, ainsi qu’une liste d’archives qu’elle peut aller consulter et copier. Elle accède entre autres pièces à un dossier saisi en 1961 chez le colonel Yves Godard, alors en fuite. Godard était l’un des chefs de l’Organisation armée secrète (OAS), organisation terroriste se réclamant de l’Algérie française.

    En fait, la décision du président n’est pas extraordinaire : la loi française reconnaît que la raison d’État permet de tamponner des documents du sceau « confidentiel », « secret » ou « très secret » afin d’en empêcher la consultation, mais durant cinquante ans seulement.

    Que trouve-t-on dans le dossier de Godard, versé aux Archives en 1961 ? En particulier, la thèse officielle pour expliquer la disparition de Maurice Audin étant celle de l’évasion, des documents fabriqués par l’armée pour étayer cette thèse, avec leurs contradictions. Chaque pièce est présentée par le colonel à sa façon, car il a vraisemblablement constitué ce dossier pour se couvrir, et éventuellement servir contre d’autres militaires. C’est ce qu’on voit dans les archives de Godard qui se trouvent en Californie, dénichées en 2011 par Nathalie Funès, journaliste à L’Obs. Dans un brouillon de livre jamais terminé, il attaque Jacques Massu, général responsable de la Bataille d’Alger, mais qui ne l’a pas rejoint dans l’OAS. Il y accuse Gérard Garcet, un proche de Massu, d’avoir exécuté Maurice Audin, ce qui n’apparaît pas dans le dossier conservé par les Archives nationales.

    Garcet a évidemment nié les propos de Godard : engagés tous deux dans la répression contre les Algériens, ils ont fait du mensonge l’une de leurs « qualités » professionnelles. Leurs déclarations sont à vérifier, à confronter à d’autres sources.

    Bas du formulaire

    Rien ne vaut une enquête judiciaire, et les archives contradictoires concernant Maurice Audin ont été rassemblées d’abord en prévision d’une telle investigation, puis à partir de la plainte de Josette Audin, pour homicide volontaire. L’enquête a été menée dans un contexte compliqué. Interrompue à cause des lois d’amnistie, elle a tout de même produit des témoignages écrits conservés aux archives départementales du tribunal concerné, mais pas aux archives nationales.

    Documents privés ou publics ?

    Les archives sont de différents types et se trouvent donc dans divers endroits. Ainsi, les journaux de l’époque se trouvent à la Bibliothèque nationale, et les historiens, comme les journalistes, peuvent y accéder sans délai. Mais l’administration française est productrice d’une grande quantité de paperasses, dont une partie se retrouve dans les archives. L’armée n’échappe pas à cette règle. Le général Paul Aussaresses se plaisait à dire qu’il avait un « manifold », carnet numéroté où chaque page était suivie de trois copies ; jour après jour, il y détaillait ses activités, en gardait une copie, et distribuait les autres à différents destinataires, dont Massu. Il serait étonnant que ces copies n’aient pas été archivées. Mais où les trouver ? Dans les archives d’Aussaresses ou de Massu ? On ne sait pas ce qui peut s’y trouver puisqu’elles sont restées privées, ce qui est assez scandaleux : ces documents sont professionnels et non personnels, ils devraient revenir dans le patrimoine public, comme le proposait dès 1996 un rapport commandé par le gouvernement Juppé :

    Les archives produites par les autorités politiques (président de la République, membres du gouvernement ou exécutifs locaux) et par leurs cabinets dans l’exercice de leurs fonctions publiques ont un caractère public, au même titre que celles des responsables de l’administration, de l’armée et de la diplomatie.

    Si Aussaresses n’a pas menti, il reste deux exemplaires de ces registres. Reste à savoir où, et s’ils ont été tamponnés « secret » ou non. Si ces papiers n’ont pas été détruits, ils contiennent des éléments précis sur les détenus et les décisions prises à leur encontre : le général Aussaresses a dit qu’il décidait chaque matin avec Massu du sort de chacun, et c’est ce qu’il notait dans son « manifold ».

    Maurice Audin et la raison d’État

    Dans le cas de Maurice Audin, la consultation des archives nationales n’apporte donc pas grand-chose. Dans les archives de la présidence, celles de l’époque du général de Gaulle, on trouve une note de quatre pages en date du 4 août 1960, et même plusieurs versions successives de cette note, sans doute rédigée à la demande du général, au sujet de cette affaire Audin dont il entend vraisemblablement trop parler à son goût.

    Il suffit de lire les pages 3 et 4 de cette note pour comprendre ce qu’est la raison d’État. L’alternative est bien expliquée au président : punir les coupables du meurtre d’Audin, ou faire traîner l’instruction pour ne pas faire porter aux militaires la responsabilité des pouvoirs publics :

    Il est donc à prévoir, si l’orientation actuellement donnée à l’instruction est maintenue, que l’affaire Audin va prendre dans les mois à venir une nouvelle ampleur en raison de l’importance des personnalités, politiques ou militaires, dont les noms seront mis en cause à son sujet.

    […]

    L’opportunité de cette éventualité doit être appréciée à la lumière de deux ordres de considérations :

    1°) En faveur d’un élargissement de l’information et du renvoi de l’affaire devant un tribunal on peut invoquer :

     le devoir du Gouvernement, qui ne peut douter qu’Audin ait été victime d’un meurtre, de découvrir les coupables et de les punir ;
     l’émotion profonde que ne manquerait pas de susciter, dans de nombreux secteurs de l’opinion, le fait que les circonstances exactes de la mort d’Audin demeurent inconnues et le crime impuni ;
     la crainte (qui est celle de M. Michelet) qu’un non-lieu rendu par un juge d’instruction soit imputé aux pressions du pouvoir.

    2°) L’idée que l’affaire Audin n’est pas, contrairement à ce que s’acharnent à vouloir démontrer certains milieux, un cas-test et que l’information devrait plutôt être ralentie se justifierait en revanche par les considérations suivantes :

     L’affaire Audin s’est produite pendant la « bataille d’Alger » c’est-à-dire à une période d’extrême tension ; il n’est pas moralement équitable de faire supporter à quelques militaires la responsabilité d’actes que les pouvoirs publics connaissaient et toléraient, jugeant que le recours aux pratiques illégales leur causait moins de difficultés qu’une adaptation de la légalité aux circonstances.
     Audin, membre du Parti communiste algérien, s’était rendu coupable de faits qui ne méritaient certes pas la peine capitale, mais qui constituaient cependant une collusion avec la rébellion.
     les outrances du « Comité Audin » et l’exploitation à laquelle il s’est livré de la disparition de ce jeune professeur pour combattre la politique gouvernementale en Algérie et faire le procès de l’action de l’armée ont profondément sensibilisé les milieux militaires sur cette affaire.

    Pas besoin d’archives pour savoir quelle option a été retenue : l’information a été « ralentie ».

    Une promesse de Macron non suivie d’effet

    Le 13 septembre 2018, le président Emmanuel Macron se rendait chez Josette Audin pour lui remettre une déclaration officielle, publiée sur le site web de l’Élysée. Il y décrit le système dit d’« arrestation-détention » mis en place pendant la guerre d’Algérie : arrestation arbitraire, torture, exécution sommaire. Il y reconnaît que Maurice Audin a été victime de ce système comme beaucoup d’autres, sans pouvoir dire s’il a été assassiné pendant une séance de torture ou exécuté ensuite. Et il y annonce l’ouverture des archives concernant tous les disparus de la guerre d’Algérie. Il précise même qu’il s’agit des disparus civils et militaires, français comme algériens. Le travail pour les archivistes s’annonce colossal : repérer les archives concernées et les mettre à disposition du public.

    Un an après, le 20 septembre 2019, lors d’une journée d’étude organisée à l’Assemblée nationale sur le thème « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises », Jean-Charles Bedague, du Service interministériel des archives de France (le SIAF) annonçait « pour bientôt » la mise en application des déclarations du président de la République. Quelques jours auparavant, un décret était paru, mais il ne concernait encore que le cas de Maurice Audin. Il fallait juste avoir confiance, un site web de recherches des archives était apparu, qui allait prochainement être alimenté par des contenus.

    Or depuis décembre 2019, force est de constater que c’est l’inverse qui s’est produit. Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) se fiche des déclarations présidentielles et serre les boulons en réactivant l’article 63 de l’instruction générale interministérielle IGI-1300 prise en 2011, un texte non débattu, supérieur à la loi discutée de 2008 qui disposait que « les documents d’archives publiques sont par principe librement communicables à toute personne qui en fait la demande ». Et ce n’est pas la nouvelle version de l’IG1300, publiée au Journal officiel du 15 novembre, qui changera la donne.

    Deux archivistes « placardisés »

    Du coup, les archives se referment, car les intimidations pèsent concernant leur divulgation : sont ainsi menacés de peines diverses aussi bien les divulgateurs que les archivistes, tous potentiellement accusés de compromission. En 2020, pour renforcer son contrôle, le SGDSN exige que les documents « confidentiel », « secret » et « très secret » soient déclassifiés page par page avant consultation. Un travail titanesque qui décourage toute velléité d’ouvrir ces archives. Et cela pourrait concerner même ce qui a déjà été consulté, voire publié. C’est ce qui justifie les actions menées contre cette IGI-1300 qui est contraire à la loi : tribunes, pétitions, recours en Conseil d’État, provenant d’associations, y compris d’historiens, d’archivistes, et du Collectif secret défense-un enjeu démocratique.

    Quant aux archives privées de Josette Audin, elles ont été déposées à la bibliothèque-musée La Contemporaine et peuvent être consultées dès à présent, car le SGDSN n’a pas son mot à dire dans ce cas.

    Avec les événements du 17 octobre 1961, la guerre d’Algérie surgit brutalement en France. Ce jour-là à Paris, venus des quartiers populaires à l’initiative du FLN, les Algériens veulent protester pacifiquement contre la répression qui les frappe. Le défilé se transforme en bain de sang, des dizaines de manifestants sont exécutés, leurs corps jetés dans la Seine, sous les ordres du préfet Maurice Papon, celui-là même qui avait appliqué — et même devancé — les ordres de rafler la population juive de Bordeaux à partir de 1942.

    Durant des décennies, les archives de cette tuerie ont été verrouillées. L’historien Jean-Luc Einaudi, empêché d’y accéder au prétexte qu’il n’est pas un universitaire, recueille cependant suffisamment d’éléments en dehors des institutions, pour publier La bataille de Paris (Seuil, 1991). En 1999, après son procès pour son rôle dans la collaboration et la déportation des juifs, Maurice Papon attaque Jean-Luc Einaudi en diffamation. Entrent alors en scène les archivistes Brigitte Lainé et Philippe Grand qui, en lanceurs d’alerte, dévoilent les preuves de la tuerie. La première est conservatrice en chef aux Archives de France. Aux Archives de Paris, elle est en charge, avec son collègue et ami Philippe Grand, des archives judiciaires. Et ils ont examiné celles qui vont de septembre à décembre 1961. En février 1999, elle témoigne pour Jean-Luc Einaudi contre le droit de réserve qui lui est imposé : « Dès le mois de septembre, il y a une constante dans la mise en scène de la mort : une majorité de noyés, retrouvés dans la Seine ou les canaux parisiens, les mains liées ou avec des traces de strangulation ou de balles. »

    Maurice Papon perd son procès contre Jean-Luc Einaudi, mais les archivistes et l’accès aux archives ne sortent pas indemnes de l’épreuve. Brigitte Lainé et Philippe Grand sont persécutés par leurs supérieurs, rétrogradés, placardisés, interdits d’accès au public, leurs dossiers confisqués. Ils sont rejetés par une partie de leurs collègues, prompts eux aussi à les condamner par voie de pétition auprès de Catherine Trautman, ministre de la culture du gouvernement Jospin (1997-2002).

    En mars 2003, le tribunal administratif de Paris reconnaît qu’il y a bien eu des sanctions disciplinaires déguisées contre Brigitte Lainé et Philippe Grand, et annule les notes de service. Un jugement sans effet. En mars 2004, le même tribunal enjoint le maire de Paris d’exécuter le jugement. Sans résultat. L’une après l’autre, les deux archivistes partent à la retraite dans l’indifférence et l’opprobre, pour avoir brisé le « secret » des archives de la guerre d’Algérie. Brigitte Lainé est morte le 2 novembre 2018 sans avoir été officiellement réhabilitée.

    Les autres angles morts de l’histoire récente

    La guerre d’Algérie n’est pas le seul angle mort des archives en France. Celles de la seconde guerre mondiale, en particulier de la collaboration, sont restées longtemps inaccessibles, jusqu’à la loi de 2008. L’histoire de cette période noire s’écrivait alors hors de France, depuis les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Elles sont désormais ouvertes.

    Celles de la (dé)colonisation ou de la « Françafrique » restent ultrasensibles. Outre la disparition de Maurice Audin et la tuerie du 17 octobre 1961, la moitié des seize affaires réunies dans le Collectif secret défense- un enjeu démocratique s’y rattachent de près ou de loin : massacre de tirailleurs sénégalais à Thiaroye au Sénégal en 1944 ; massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en mai 1945 ; enlèvement et assassinat de Mehdi Ben Barka le 29 octobre 1965 à Paris ; assassinat d’Henri Curiel le 4 mai 1978 à Paris ; disparition du magistrat Bernard Borrel le 18 octobre 1995 à Djibouti ; rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda au printemps 1994 ; ou encore assassinat des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali, le 2 novembre 2013.

    Pour tous ces « dossiers », les historiens, les familles, les juges, les archivistes, engagés dans la recherche de la vérité se heurtent, en dépit des délais en principe raccourcis, au secret défense. Et aux mille et une façons de refuser ou de saboter la communication des documents : archives « caviardées », dans lesquelles des passages entiers sont recouverts d’une épaisse encre noire, les rendant illisibles ; délais de consultation à géométrie variable sans justification ; cotes incorrectes ; dispersion dans diverses administrations ; ou même en se moquant franchement de l’autorité requérante. En 1981, l’un des membres du cabinet de Gaston Defferre, alors ministre de l’intérieur, demande au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) de lui communiquer le dossier Henri Curiel. Lors d’un premier rendez-vous, il lui est remis une mince chemise de trois feuillets, à peine quelques lignes. Il proteste. Lors de sa deuxième convocation, la pièce où on le fait entrer est pleine à craquer de dossiers non classés, non étiquetés : une forêt impraticable.

    Parfois, pourtant, la justice donne ici raison aux plus opiniâtres. Le 12 juin 2020, le Conseil d’État suit le chercheur François Graner dans sa demande d’accès aux archives du président François Mitterrand déposées aux Archives nationales alors qu’il était en fonction, en particulier celles du printemps 1994 lorsqu’a été perpétré le génocide des Tutsis du Rwanda par les Hutus au pouvoir. Mais l’administration a opposé un refus systématique au chercheur. Pour la première fois, la haute cour de justice administrative a décidé que « la protection des secrets de l’État devait être mise en balance avec l’intérêt d’informer le public sur ces événements historiques ». Et que, dans ce cas précis, cet intérêt d’informer était supérieur au secret. Une décision qui fait jurisprudence, ouvrant la voie qui pourrait conduire la France à suivre l’exemple d’autres démocraties. Comme aux États-Unis où le délai de communication des archives gouvernementales fédérales est de dix ans. Il peut même être encore réduit s’il est jugé que la transparence est plus importante pour la démocratie que le secret. C’est ce qui explique que pour comprendre les tenants et les aboutissants de la disparition de leur époux et père, la famille de Maurice Audin a dû faire un détour par les États-Unis.

    Sylvie Braibant 

    Historienne, journaliste et ex-rédactrice en chef de TV5 Monde. 

    Pierre Audin 

    Fils de Josette et Maurice Audin. 

    SOURCE : https://orientxxi.info/magazine/france-les-archives-cadenassees-de-la-guerre-d-algerie,4313 

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    Place de la République, les images

    de la honte 

    Place de la République : le déshonneur

     

    Place de la République : le déshonneur

    Place de la République, les images de la honte *** Place de la République : le déshonneur

     

    Lundi soir, à Paris, des migrants et des journalistes ont été brutalisés par des policiers lors de l’évacuation d’un campement installé place de la République. Ce moment d’une violence inouïe apparaît comme un précipité des dérives du pouvoir, tant les ingrédients liberticides réunis sautent aux yeux.

    Un homme réduit à l’état de corps tombant sur le bitume après avoir été violemment sorti de son abri, un homme réduit à l’état de détritus comme vidé d’un sac-poubelle, un homme réduit à l’état d’un animal chassé de son terrier : voilà les images que provoque la vision de cette tente soulevée par un représentant de l’ordre supposé légitime, filmée par le vidéaste Rémy Buisine dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 novembre. Et pourtant, il s’agit d’un homme, et pas n’importe lequel : d’un homme venu trouver refuge dans notre pays après avoir fui la misère ou la violence.

    C’est de l’effroi que suscite, dans son ensemble, l’évacuation manu militari ordonnée par le préfet Didier Lallement qui a eu lieu en pleine trêve hivernale, dans l’obscurité et le froid, place de la République, au centre de Paris, capitale du monde progressiste tel que se le rêve Emmanuel Macron.

    En plus de leur inhumanité, ces images de coups de matraque et de gaz lacrymogène racontent la cruauté d’une stratégie policière visant à empêcher les militants d’accompagner les exilés, en les divisant et les nassant par petits groupes ; et l’absurdité de cette « mission », aux airs de ratonnade, aboutissant à la dispersion hors de la ville des exilés, pour certains contraints de quitter les lieux sans chaussures.

    Ces images – et c’était le sens de l’action d’occupation menée par les migrants avec le soutien de l’association Utopia 56 – ont le mérite de dévoiler ce que le pouvoir s’efforce généralement de camoufler plus ou moins habilement : son objectif, en matière migratoire, n’est pas de soigner, d’aider, d’accueillir, mais de rejeter, de se débarrasser, d’invisibiliser. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’une politique publique digne de ce nom, c’est-à-dire pensée et produite en vue d’assurer le bien de tous et de chacun, nous assistons aujourd’hui au développement de mesures et de comportements portant atteinte à nos droits fondamentaux et, dans certains cas, risquant de mettre en danger la vie d’autrui.

    Car derrière la brutalité des forces de l’ordre se cache l’hypocrisie de membres du gouvernement faisant mine de découvrir les conséquences de leurs décisions. Que le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, se dise choqué par ce déferlement de violence est écœurant. Qu’il mette en cause le préfet de Paris est la preuve d’un cynisme et d’une lâcheté supplémentaires.

    La soirée d’hier montre ce à quoi mènent des politiques publiques toujours plus agressives à l’encontre des migrants. Évidemment, cela ne remonte pas à la présidence d’Emmanuel Macron, même si cela ne l’excuse en rien (on se souvient de ses engagements de juillet 2017 à ne plus laisser personne dormir à la rue). En quelques années, la fermeture des frontières, autrefois l’apanage de l’extrême droite, est devenue l’alpha et l’oméga des gouvernants.

    Les images de la place de la République en rappellent d’autres, par exemple celles de familles roms sorties de leur maison de fortune à coups de bulldozers, ou celles, ineffaçables dans notre esprit, des innombrables « évacuations » de campements réalisées à Paris, Calais ou Nice, depuis 2015, le plus souvent dans la peur : encadrés par des policiers, ces démantèlements, à l’issue desquels aucune mise à l’abri durable n’est jamais proposée, ne font que déplacer le « problème ». Dans leur sillage, les pratiques de harcèlement, quasi quotidiennes, sont documentées de longue date sans que cela n’ait eu d’effet notable jusque-là.

    Sans doute faut-il aussi rappeler que ces opérations policières, lorsqu’elles se déroulent de l’autre côté du périphérique, laissent souvent de marbre les médias et les élus. Les quelques rares récits racontant la dernière évacuation, celle du 17 novembre, à Saint-Denis (lire ici), n’ont pas suscité d’émoi généralisé, alors même qu’ils témoignent d’une atmosphère de fin du monde.

    Mais ce qui s’est joué dans la nuit de lundi à mardi déborde, de beaucoup, la question des exilés. Survenue sur l’une des places les plus symboliques de Paris, la scène apparaît comme un précipité des dérives de l’exécutif, que certains observateurs s’échinaient à relativiser jusqu’ici (à gauche) ou à ne pas regarder (dans la majorité). Comme dans une éprouvette, tous les ingrédients liberticides ont soudain « pris » corps sous nos yeux, offrant un condensé du macronisme. Une heure de vérité, en somme.

    En deux heures, plus exactement, on a revu défiler tout l’arsenal des violences déployées depuis trois ans par les forces de l’ordre contre les gilets jaunes, les opposants à la loi travail ou à la réforme des retraites. Face à des exilés absolument pacifistes et des militants soucieux d’éviter la moindre provocation, des policiers déchaînés ont reproduit gazages, coups de pied et coups de matraque, re-mimant jusqu’au fameux croche-pied qui avait fait chuter une manifestante à Toulouse en janvier 2020 et contraint le chef de l’État à concéder du bout des lèvres l’existence de « comportements pas acceptables » au sein de la police nationale.

    En deux heures, on a vu s’exercer à nouveau toute la palette des entraves au travail des journalistes (bientôt inscrites dans le marbre des lois « sécurité globale » et « séparatisme »), infligées depuis trois ans et dans des proportions inédites, comme à celui des vidéastes amateurs exerçant un contrôle citoyen sur le maintien de l’ordre. Le journaliste Rémy Buisine (envoyé sur place pour Brut) a ainsi été molesté au sol par un policier qui l’avait déjà, un peu plus tôt, « pris à la gorge », selon son témoignage, rappelant le sort réservé à Gaspard Glanz en décembre 2019 (blessé par une grenade) ou à Taha Bouhafs.

    En deux heures, on a encore visualisé tout le mépris que le pouvoir réserve depuis le début du quinquennat aux élus locaux (dans sa gestion de la pandémie) ou aux parlementaires (priés de voter sans barguigner l’état d’urgence sanitaire et d’autoriser des ordonnances en série). Alors que plusieurs élus de Paris (Ian Brossat, Audrey Pulvar, Fatoumata Koné, Danielle Simonnet, etc.) et parlementaires (Esther Benbassa, Éric Coquerel, etc.) étaient présents place de la République, ils ont été bloqués, nassés, empêchés d’observer.

    En deux heures, enfin, le pouvoir a refait la démonstration de son dédain envers les avocats, fragilisés par une réforme des retraites qu’une grève historique n’a pas fait évoluer d’un iota, et dont il a ignoré toutes les alertes relatives à l’état d’urgence et aux libertés fondamentales. Présents en nombre, et en robe, pour faire barrage aux brutalités et documenter les violences, les avocats ont été évacués lundi soir en même temps que les tentes Quechua. Circulez, rien à voir et plus rien à plaider.

    À elle seule, cette scène de la place de la République, pitoyable chanson de geste récapitulant tous les « exploits » liberticides de la présidence Macron, pourrait représenter un tournant. 

    Déjà poussé dans ses retranchements par les contestations contre son « nouveau schéma du maintien de l’ordre » ou sa volonté d’imposer le floutage des policiers, Gérald Darmanin a été contraint, dès lundi soir, d’admettre sur Twitter : « Certaines images de la dispersion du campement illicite de migrants place de la République sont choquantes. Je viens de demander un rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police d’ici demain midi. Je prendrai des décisions dès sa réception. » Mardi matin, il a annoncé que l’IGPN rendrait ses conclusions « sous 48 heures ». On les attend. 

    Sachant qu'une partie du gouvernement cherche à se débarrasser de l’encombrant préfet de Paris depuis un moment, il n’est pas exclu que le sort de Didier Lallement soit scellé. Mais qui serait dupe ? Faire sauter un fusible n’a jamais suffi à ramener la lumière.

    Par ces quelques mots, le ministre de l’intérieur fait surtout la démonstration que les images de policiers « au travail », celles diffusées en direct sur les réseaux sociaux et qu’il a pu regarder lui-même, sont indispensables à la manifestation de la vérité des violences policières. Après cet aveu, maintenir l’article 24 de la proposition de loi « sécurité globale » (qui prétend interdire la diffusion de vidéos portant atteinte à l’intégrité psychique et physique de policiers mais entraverait surtout le travail des journalistes) n’est plus une option pour le gouvernement.

    Désormais, même au sein de la majorité, les réactions se multiplient. « Une réaction d’outrage », a déclaré mardi matin, sur RMC, la députée Nathalie Sarles (LREM). « On ne peut pas tolérer ce genre d’agissements dans notre pays […]. On se dirige vers un État autoritaire, c'est absolument inacceptable. » La faute commise place de la République pourrait cristalliser bien des déceptions, des agacements, des frustrations. Si certains, au sein de la majorité, ont absous bien des fautes en silence depuis 2017, pardonneront-ils le déshonneur ?

    Ci-dessous, retrouvez le reportage vidéo d’Armel Baudet, Christophe Gueugneau et Youmni Kezzouf : 


     

     A Paris, l’évacuation d’un camp de migrants finit en chasse à l’homme © Mediapart

     

    SOURCE : https://www.mediapart.fr/journal/france/241120/place-de-la-republique-le-deshonneur?utm_source=20201124&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20201124&M_BT=25840487733 

     

     

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    Nous devons grandir ensemble

     

    Nous devons grandir ensemble *** « On ne naît pas noir, on ne naît pas blanc, on le devient. » Lilian Thuram

     

    « On ne naît pas noir, on ne naît pas blanc, on le devient. » Lilian Thuram

     

    Nous devons grandir ensemble *** « On ne naît pas noir, on ne naît pas blanc, on le devient. » Lilian Thuram

    Lorsqu’un être humain voit un autre être humain violenté, ça le violente.

    Il faut dire à nos enfants que nous sommes avant tout des êtres humains.

    Nous sommes tous enfermés dans nos couleurs.

    A son ami d’enfance : « Est-ce que tu as le sentiment d’être blanc » Il me dit, je ne comprends pas ce que tu me dis. Ben non pourquoi ? Ben moi je suis noir. Si je suis noir, toi tu es quoi ? Moi je suis normal.

    Il y a des volontés politiques, des volontés économiques pour diviser la population.


     

     

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    Algérie : Macron de nouveau taxé d'ingérence

    par l'opposition

     

    Algérie : Macron de nouveau taxé d'ingérence par l'opposition algérienne

     

    Dans un entretien accordé vendredi au magazine Jeune Afrique, le chef d'Etat français a promis d'« aider » Abdelmadjid Tebboune, le successeur de Bouteflika, dans la « période de transition » que vit le pays.

    La critique d'ingérence revient inlassablement dans les rangs de l'opposition algérienne. La France soutiendrait en sous-main le pouvoir en place et le régime d'Abdelmadjid Tebboune, censé assurer la transition post-Bouteflika.

    Nouvelle illustration ce week-end. Dans un entretien publié vendredi par l'hebdomadaire Jeune Afrique, Emmanuel Macron a salué le « courage » du président algérien - hospitalisé en Allemagne après avoir contracté le nouveau coronavirus - et promis de « faire tout (son) possible pour l'aider » dans la « période de transition » que vit le pays.

    Il n'en fallait pas plus pour souder une opposition pourtant fracturée sur bon nombre de dossiers internes. Emmanuel « Macron se croit autorisé à distribuer des certificats de légitimité aux dirigeants des indigènes que nous sommes », a par exemple condamné le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un des principaux partis de l'opposition laïque.

    « Cette influence va jusqu'à confondre coopération et ingérence »

    Ce débat ultrasensible autour des relations franco-algériennes est inhérent à l'histoire coloniale. Mais il est revenu au premier depuis l'émergence du mouvement citoyen du Hirak en février 2019. Né d'un immense ras-le-bol des Algériens, le « Hirak » réclame un profond changement du « système » politique en place depuis l'indépendance en 1962. Il ne croit pas à la « transition » actuellement menée, qu'il estime influencée voire pilotée par certaines puissances étrangères, au premier rang duquel la France.

    Karim Tebbou, figure de ce mouvement de contestation antirégime, cité par le quotidien francophone El Watan, a qualifié la France officielle de «raciste». « Une France qui ne veut pas accepter que dans ce pays puissent émerger des forces démocratiques, une jeunesse émancipée », a jugé M. Tebbou, détenu pendant neuf mois avant une libération conditionnelle le 2 juillet.

    Principal parti islamiste, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), a de son côté fustigé une France en « recul » sur la scène internationale, qui n'« éprouve aucune gêne à renouer avec ses vieilles habitudes de s'ingérer dans les affaires internes de ses anciennes colonies ».

    La presse elle-même se montre sévère. Paris « pèse, et lourdement, dans l'espace régional dont fait partie l'Algérie (...). Parfois, cette influence va jusqu'à confondre coopération et ingérence », écrit le quotidien francophone Liberté, proche de l'opposition. « Aujourd'hui, il nous délivre un pur extrait de la pensée néocoloniale», déplore le chroniqueur de Liberté, Mustapha Hammouche. Le journal arabophone El Khabar s'interroge à nouveau pour savoir si l'Algérie va accepter une « réconciliation » sans des excuses préalables pour les crimes commis durant la colonisation, ce qu'a demandé le président Tebboune.

    La question mémorielle au cœur des tensions

    Au-delà des enjeux économiques (contrats gaziers), géopolitiques (tensions au Sahel et en Libye) ou migratoires, la question mémorielle s'avère fondamental pour comprendre les relations passionnelles qu'entretiennent les deux pays. En décembre 2017 à Alger, M. Macron s'était engagé à restituer les crânes d'Algériens entreposés depuis le XIXe siècle dans les collections du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.

    La même année, mais avant son élection, il avait qualifié, également dans la capitale algérienne, la colonisation de l'Algérie de « crime contre l'humanité », s'attirant des critiques de responsables français de droite et d'extrême droite.

    M. Macron et Tebboune ont désigné chacun un expert - respectivement Benjamin Stora et Abdelmadjid Chikhi - afin de travailler sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, dans le but de « favoriser une réconciliation ». M. Stora doit remettre en décembre un rapport sur cette question à M. Macron.

    SOURCE : https://www.leparisien.fr/international/algerie-emmanuel-macron-de-nouveau-taxe-d-ingerence-par-l-opposition-au-president-tebboune-22-11-2020-8409787.php 

     

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    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

     

    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

     

    Au moins 10 000 personnes se sont rassemblées place du Trocadéro, samedi, afin de dénoncer la proposition de loi sécurité globale. « Il est essentiel que la liberté d’informer ne soit pas piétinée », ont clamé les organisateurs.

    Le gouvernement est-il conscient des symboles qu’il fabrique ? Tout l’après-midi, en ce samedi 21 novembre, le parvis des droits de l’homme, dans le XVIe arrondissement de Paris, était désert, rendu inaccessible par de lourdes barrières grillagées, et seulement occupé par une poignée de gendarmes mobiles. Au loin, derrière les barrages policiers, s’élevait la tour Eiffel, comme cadenassée.

    C’est dans ce décor – immanquable pour les dizaines de photographes présents – que s’est déroulé le rassemblement contre la proposition de loi sécurité globale, en cours de discussion à l’Assemblée, et dont le très controversé article 24 sur l’interdiction de diffusion d’images identifiables de policiers avait été voté la veille au soir.

    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

    Le parvis des droits de l’homme, cadenassé et sous surveillance policière. © F.A.

    À l’appel d’une soixantaine d’organisations, la Ligue des droits de l’homme, Amnesty international, syndicats de journalistes et sociétés des journalistes (SDJ) de nombreux médias notamment, des manifestations ont eu lieu dans toute la France, après les premiers rassemblements mardi 17 novembre.

    À Paris, plusieurs milliers de personnes (plus de 10 000 assurément, et autour de 25 000 selon les organisateurs) ont largement rempli la place du Trocadéro, malgré la muraille de barrières de police la fermant presque totalement. Aux quelques entrées aménagées par les forces de sécurité, le contrôle des sacs était la règle. Plusieurs manifestants se sont vu confisquer leur matériel de protection. Comme d’autres, une journaliste y a perdu son masque à gaz, et elle avait du mal à s’en remettre encore de longues minutes plus tard : « J’ai failli finir au poste alors que je suis dans mon droit ! Je suis scandalisée, j’en tremble… »

    Seul un petit camion sono aux couleurs de la CGT faisait office de point de rassemblement, mais les manifestants ont rivalisé d’inventivité pour orner les nombreuses pancartes. « Liberté, égalité, floutés » ; « Démocratie floutée » ; « All drones are bastard », détournement du slogan antipoliciers « Acab » ; « Même l’ONU dit que ça pue », en référence aux critiques du haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies ; et « La démocratie meurt dans l’obscurité » sur la pancarte portée par des salariés de Mediapart, qui avait exceptionnellement appelé à manifester (voir notre Boîte noire).

    Sur la place, pas seulement des journalistes, loin de là. Un petit groupe de gilets jaunes occupe l’endroit depuis plusieurs heures déjà. Et partout, des citoyens inquiets de ce qu’ils décrivent comme une dérive autoritaire inédite du pouvoir, qui pourrait cibler tous ceux qui filment dans les manifestations ou qui font circuler des images de dérives policières.

    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

    Les références à George Orwell étaient partout dans la manifestation. © D.I.

    Sous leur carton siglé « Big Macron is watching you », les trentenaires Jean-Baptiste, marbrier, et Sophie, professeure des écoles, estiment devoir être présents, eux qui ont commencé à manifester régulièrement depuis le mouvement de contestation contre la réforme des retraites, en décembre 2019. « Nous n’avons pas vraiment d’autres moyens de nous faire entendre », disent-ils. Leurs mots sont durs pour dénoncer les mesures de « protection » des policiers, mais aussi la généralisation de la surveillance des manifestations par drone ou les attaques à venir contre la loi de 1881 sur la liberté d’expression.

    « Pour nous, empêcher les journalistes de travailler, en sous-entendant qu’il ne faut pas rendre identifiables les policiers, c’est le pas de trop, déclare Jean-Baptiste. On a le sentiment que tout le monde peut déjà être visé par une garde à vue, pour peu qu’il manifeste. Si la presse est désormais aussi une cible, cela devient vraiment dangereux. Le chemin est grand ouvert pour nous mener à un État policier. »

    Claire, elle, est infirmière, et militante depuis peu du mouvement écologiste Extinction Rebellion. Elle aussi brandit une pancarte en référence à l’écrivain George Orwell, qui clame : « La dictature peut s’installer sans bruit. » Elle craint « une loi liberticide, qui pourra être interprétée de plein de façons, n’importe comment ». « Avec ce gouvernement, les manifestations sont de plus en plus réprimées, et toujours plus violemment. Si Marine Le Pen arrive au pouvoir, ce que je n’espère pas, tout sera prêt pour elle », s’inquiète-t-elle.

    « Nous sommes étudiants, et en colère », résument pour leur part Jessica, Nicolas et Floriane. « On ne manifeste pas si souvent que ça, mais il est temps », estiment-ils, catastrophés par « les atteintes à venir contre la liberté d’informer » et jugeant « déloyal » de la part du gouvernement de faire passer un tel texte pendant le confinement. Ils rappellent le rôle de la presse dans le dévoilement de l’affaire Benalla, et la juge « indispensable lorsqu’il s’agit de prouver l’existence de violences policières ».

    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

    Pablo Aiquel (SNJ-CGT), Aurélie Trouvé (Attac) et Nicolas Krameyer (Amnesty international), lors de leur prise de parole. © D.I.

    Ces déclarations ont de quoi réconforter les organisateurs, qui se sont succédé dans les prises de parole (le président de Mediapart Edwy Plenel est également intervenu). « Il est essentiel que la liberté d’informer ne soit pas piétinée », a résumé Nicolas Krameyer, chargé des libertés pour Amnesty, sans oublier de dénoncer une loi consacrant une « surveillance généralisée ». « Les journalistes sont les derniers remparts pour la liberté, alors on se met tous derrière eux », a lancé l’avocat Arié Alimi, représentant de la LDH.

    S’adressant au ministre de l’intérieur Gérald Darmanin et à Emmanuel Macron, Emmanuel Vire, le dirigeant de la branche des journalistes de la CGT, les a exhortés à lire les articles publiés à l’étranger : « Il n’y a qu’en France qu’on a ces problèmes de maintien de l’ordre. En Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, les confrères journalistes hallucinent, c’est inexplicable ce qui se passe ici ! »

    Son homologue Emmanuel Poupard, à la tête du SNJ, premier syndicat de la profession, a jugé que « la France est en train de violer le droit international » : « Il y a une tentative nette du ministre de l’intérieur de tenir les stylos des journalistes, leurs caméras et leurs images. »

    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

    © D.I.

    Ce sentiment est partagé par un grand nombre de journalistes sur place, et en premier lieu ceux dont le métier est de faire des images. Raphaële Shapira est membre du bureau de la SDJ de France 2. « On sent qu’il y a une vraie inquiétude collective, confie-t-elle. Une ligne a été franchie, et j’espère que cela va déclencher une réaction forte et unie de la profession. » Elle se félicite de la prise de position collective des directions de nombreuses rédactions s’opposant à la volonté affichée du ministre de l’intérieur de limiter la liberté de la presse.

    À ses côtés, Élise, reporter pour « Envoyé spécial », mesure les conséquences concrètes de cette loi si elle était appliquée : « J’ai réalisé des enquêtes sur les violences policières, et je ne pourrai plus le faire : la matière première de ces reportages, ce sont les images tournées par des amateurs, puisqu’il est rare qu’on tombe sur des scènes de violence policière quand on débarque avec une caméra. »

    Et même si l’article 24 tel qu’il a été voté entend garantir les libertés fondamentales, « on sait bien comment ça va se passer », juge la journaliste : « Quand on travaille sur ce type de sujets sensibles, les services juridiques sont là pour protéger les chaînes de télévision de toutes poursuites éventuelles. On va donc s’autocensurer pour éviter tout risque, c’est dramatique. »

    D’autres professionnels de la caméra sont encore plus inquiets. Pascal, Laurent et Pierre-Olivier, tous quinquagénaires, sont documentaristes, vendant leurs films aux chaînes publiques. « On a tous fait des films avec la police », glissent-ils. Ils anticipent déjà les obstacles qui pourraient se dresser devant eux : « Nous n’avons pas de carte de presse, et on va commencer à nous refuser de filmer dans les manifestations. Qu’est-ce qu’on fera alors ? On filmera en caméra cachée, comme dans les dictatures… »

    « En tant que documentaristes, nous revendiquons le droit de décrire la réalité avec un regard, une sensibilité particulière, insistent-ils. Pour préparer nos films, nous passons notre temps à écrire des notes d’intention. Nous n’avons aucune envie qu’un juge vienne décider si nos intentions sont bonnes ou non ! »

    A Paris, des milliers de manifestants pour contrer la «dérive liberticide» du pouvoir

    © D.I.

    Les premières tensions entre la police et les manifestants arrivent peu avant 17 heures. Les premières bouteilles sont jetées sur les cordons de policiers. « Flics, violeurs, assassins », entend-on, alors que de nombreuses caméras sont braquées sur une poubelle brûlée. Les manifestants décidés à en découdre sont très jeunes. Habillés en noir, ils saisissent au sol des projectiles pour les lancer sur les policiers qui bloquent la rue. Julien, troubadour gilet jaune grimé en Dark Vador, chante : « À bas l’État policier ! », sur un air repris à Dominique Grange, égérie de Mai-68.

    À 18 heures, les canons à eau de la police sont en position. Un groupe d’une vingtaine de jeunes danse sur de la musique électronique. « On représente les “free party”, on veut danser librement sans se faire matraquer et gazer », explique un jeune homme 18 ans, qui se présente par son « blase de teuf », Malaba. Les canons à eau inondent la rue, les danseurs et les manifestants à plusieurs reprises.

    Les CRS avancent pour faire reculer les derniers participants. Matraque à la main, certains s’en servent pour intimider un jeune homme en train de filmer. Ils sont plusieurs à tourner des images. « Je ne filme par pour moi, précise Janvion, 38 ans. Les images sont diffusées sur la page Facebook “Soutien à tous les gilets jaunes en prison”. Leur loi va passer, mais on va continuer à filmer, même en direct. »

    Il est 18 h 30, la plupart des manifestants de l’après-midi sont rentrés. Il reste quelques centaines de jeunes devant la majestueuse entrée de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Un syndicaliste de Sud, gilet rose sur le dos, crie devant les barricades : « Ils nous nassent, c’est complètement illégal. On est déjà dans un État fasciste ! » Derrière la barrière, un policier filme la foule avec une caméra au bout de son trépied.

    Mais ce sont d’autres images que beaucoup garderont de cette journée. Par exemple celle-ci : devant les grilles barrant l’accès à la tour Eiffel, se sont installés les cuivres et les percussions de la Fanfare invisible, au rendez-vous de toutes les mobilisations et capable de jouer sans broncher sous les gaz lacrymogènes. Au son tranchant de Bella Ciao, ils font danser une bonne centaine de personnes.

    Dans l’après-midi, David Dufresne, le journaliste qui recense méticuleusement les violences policières depuis des mois, a résumé simplement le sentiment de beaucoup de ceux qui se sont rassemblés dans la foule : « Putain, ça fait du bien. »

    SOURCE : https://www.mediapart.fr/journal/france/211120/paris-des-milliers-de-manifestants-pour-contrer-la-derive-liberticide-du-pouvoir?utm_source=20201121&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20201121&M_BT=25840487733 

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    La démocratie meurt dans l’obscurité

     

    La démocratie meurt dans l’obscurité

     

    20 novembre 2020 Par Edwy Plenel 

     

    Aux côtés des défenseurs des droits fondamentaux, Mediapart manifestera ce samedi pour le retrait de la loi «Sécurité globale». La gravité de l’enjeu justifie cet appel inhabituel : si cette loi entre en vigueur, les lumières de la vigilance démocratique sur les actes de l’État s’éteindront. 

    Democracy dies in darkness : en février 2017, au lendemain de l’intronisation présidentielle de Donald Trump, le Washington Post, ce quotidien américain rendu célèbre par ses investigations, dont le scandale du Watergate reste la plus connue, décidait d’inscrire cette phrase en tête de son site internet et à la une de ses éditions imprimées. C’était une réponse aux vérités alternatives promues par le nouvel occupant de la Maison Blanche, qui ne cessera, durant son mandat, de s’en prendre à la liberté de la presse, à son devoir de révéler et à son droit de critiquer.

    « La démocratie meurt dans l’obscurité » : alors que Donald Trump, battu dans les urnes, ne sera bientôt plus président des États-Unis d’Amérique, c’est dans la France d’Emmanuel Macron qu’il nous faut, aujourd’hui, convoquer cette alarme. Car, dans un climat de peur suscité par le terrorisme, la loi « Sécurité globale » défendue par le pouvoir exécutif et sa majorité parlementaire met fin à une liberté fondamentale, celle de renseigner, documenter, révéler, critiquer les manquements de l’État à l’encontre du peuple souverain (lire les articles de Jérôme Hourdeaux et Ilyes Ramdani sur le débat parlementaire).

    En entravant, voire en interdisant dans certains cas, la captation et la diffusion d’images de violences policières, son article 24 instaure un État de police en lieu et place de l’État de droit : c’est l’avènement d’un État qui a tous les droits, y compris celui de cacher les illégalités qu’il commet, d’empêcher qu’on connaisse les violences illégitimes faites en son nom, d’étouffer les scandales, les injustices et les abus de pouvoir dont elles relèvent.

    Si cette disposition est votée, il n’y aura plus d’affaires Benalla, Chouviat ou Legay – pour ne citer que trois exemples de faits d’intérêt public, aujourd’hui entre les mains de la justice, dévoilés par la diffusion d’images de violences policières (lire l’article de Pascale Pascariello sur ces affaires qui auraient été enterrées sans vidéo). Trois affaires différentes qui illustrent combien la fin de cette liberté ferait tomber un voile noir sur des réalités qui nous concernent toutes et tous : avec l’affaire Alexandre Benalla, la privatisation élyséenne de la police ; avec la mort de Cédric Chouviat, l’ordinaire des abus policiers ; avec la blessure de Geneviève Legay, la mise en cause du droit de manifester.

    La question n’est pas seulement le droit d’informer des médias mais surtout le droit de savoir des citoyens. Dans ces trois cas, les images ne sont pas venues que de journalistes professionnels mais aussi de lanceurs d’alerte. La liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Tout amendement de cet article liberticide qui prétendrait sanctuariser le travail des journalistes ne ferait qu’accroître son scandale : en accordant à la presse le monopole de l’information, la loi priverait le peuple tout entier d’un droit qui lui appartient. Celui, précisément, d’informer, de faire savoir et de faire connaître, d’alerter et de contester.

    La démocratie est un écosystème dont le droit de savoir et la liberté de dire sont les organes vitaux. Sans informations libres et sans opinions pluralistes, délivrées du contrôle de l’État, des intérêts et des idéologies de ses occupants du moment, il n’y a plus de démocratie véritable. Sans la production libre et indépendante de vérités de fait, surtout celles qui interpellent et surprennent, dérangent ou bousculent, le peuple souverain ne saura plus ce qui le concerne, ne pourra plus décider de son sort, sera empêché de débattre de son avenir. Aveuglé par les phares du pouvoir, ces vérités officielles qui cachent des mensonges éhontés, il sera plongé dans l’obscurité.

    Mais cet article 24 n’est que le symbole flagrant d’une débâcle plus générale : le basculement dans un régime autoritaire, rompant avec ce qui restait d’esprit libéral dans nos grandes lois républicaines. C’est pourquoi nous demandons, au-delà du retrait pur et simple de cet article, le retrait de cette loi « Sécurité globale » dont les dispositions accroissent les pouvoirs de surveillance de l’État tout en annihilant les contre-pouvoirs de la société (lire l’article de Pascale Pascariello, Clément Le Foll et Clément Pouré sur le Livre blanc de la sécurité intérieure). Avec l’autre loi de rupture, celle sur le « séparatisme » portant désormais l’emblème des « principes républicains » (lire l’article de Camille Polloni, Faïza Zerouala et Mathilde Mathieu), elle forme un tout qui renverse deux piliers démocratiques : quand l’une s’attaque à la liberté d’informer par et pour tous les citoyens, l’autre s’en prend à leur liberté de s’exprimer en voulant instaurer une procédure expéditive de comparution immédiate pour les opinions dissidentes ou provocantes.

    Si ces textes sont adoptés, ce ne sera plus le règne de l’arbitraire, des manifestations empêchées, des protestations réprimées, des violences illégitimes, des états d’urgence prolongés, etc. Non, c’en sera la consécration officielle, légale, définitive. Un arbitraire permanent, incontesté et incontestable. Un arbitraire devenu notre ordinaire. Mettant à bas l’esprit démocratique de la loi républicaine inaugurale, celle de 1881 consacrant la liberté de presse et de parole (lire l’article de Laurent Mauduit), ces deux lois signifieront la fin d’une République vivante et vibrante, riche de ses conflits et forte de ses polémiques. D’autant qu’elles ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisqu’elles remettent aussi en cause le libéralisme politique d’autres lois républicaines fondatrices, sur l’école (1881-1882), sur les associations (1901), sur la laïcité (1905) (lire l’analyse d’Ellen Salvi). 

    Quand la République devient un mot vide et creux, brandi comme un argument d’autorité pour faire taire et asséné telle une matraque pour mieux réprimer, c’est qu’elle n’est plus. Du moins plus démocratique. Le champ républicain a toujours connu ses conservateurs et ses réactionnaires abrités par sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité » mais farouches ennemis de ce qu’elle signifie : l’égalité des droits, le droit de les défendre, le courage de les inventer, la promesse d’une société libre de s’organiser, de s’informer, de s’assembler, de manifester, de revendiquer, de lutter et de protester (lire l’article de Faïza Zerouala sur la pénalisation de l’occupation des universités).

    Ces républicains adversaires de la démocratie, de son esprit et de son essence, de ses lois fondatrices et de ses principes vitaux, ont revêtu de multiples atours dans notre histoire passée, dont le pouvoir actuel est le dernier avatar. Car la République invoquée à tire-larigot par nos actuels gouvernants n’est qu’un cache-misère. Elle fait penser à un arbre arraché, ou à un poisson réduit à son arête ou encore à une viande ramenée à l’os. Elle est sans vie, sans chair, sans épaisseur. Une République dépourvue d’adjectif, ni démocratique, ni sociale. Une République sans âme ni boussole. Une République égarée.

    En 2017, quand le Washington Post adopta l’alarme sur l’obscurité qui tombe sur la démocratie, un historien américain, Timothy Snyder, lui fit écho en publiant De la tyrannie, guide de résistance face à Donald Trump et à ses semblables ailleurs dans le monde afin de préserver les libertés dans les années à venir. L’une de ses « vingt leçons du XXe siècle » s’intitule : « Rester calme quand survient l’impensable » : « La tyrannie moderne, c’est le management de la terreur. En cas d’attaque terroriste, n’oubliez pas que les régimes autoritaires exploitent cet événement pour consolider leur pouvoir. » Et de conclure par cette recommandation : « Ne tombez pas dans le panneau. »

    Parce que nous refusons de tomber dans le panneau, nous manifesterons dans le calme face à l’impensable : la mise en cause de la démocratie par un gouvernement démocratiquement élu. Et nous ne cesserons de le faire jusqu’à ce qu’il recule.

    SOURCE : https://www.mediapart.fr/journal/france/201120/la-democratie-meurt-dans-l-obscurite 

     

     

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    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”  Dado n’est autre que  Daniel Cordier   le secrétaire de Jean Moulin

    Daniel Cordier, le secrétaire

    de Jean Moulin, est mort à Cannes

    ce vendredi à l'âge de 100 ans

    Je donnerais la parole à Hervé Vilard

    Pour un hommage  personnel

     

     

    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”

    Dado, peintre m'a présenté à Daniel Cordier

     le secrétaire de Jean Moulin

    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”  Dado peintre m'a présenté à  Daniel Cordier   le secrétaire de Jean Moulin

     

    Le peintre Dado est décédé à l’âge de 77 ans en 2010. Il est considéré comme un des principaux peintres figuratifs de l’après-guerre ; il figure dans les collections de prestigieux musées. 

     

    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”  Dado n’est autre que  Daniel Cordier   le secrétaire de Jean Moulin

    A 14 ans, je suis un gamin des rues, un crève-la-faim. Un jour d’errance, à Montparnasse, je rencontre un peintre qui m’invite à son vernissage. Ma vie va s’en trouver bouleversée.

    Je suis arraché à ma mère à l’âge de 7 ans. Après une enfance ballottée de famille d’accueil en maison de redressement, je me retrouve gamin errant dans le Paris violent des années 1960. Tombé dans la délinquance, parmi des garçons et des filles qui se prostituent ou qui cambriolent des appartements, je ne mange pas tous les jours à ma faim. Je suis devenu un sauvage de 14 ans qui n’a peur de rien.

     

    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”  Dado n’est autre que  Daniel Cordier   le secrétaire de Jean Moulin

    Hervé Vilard, à 15 ans. DR

    Un jour, devant la gare Montparnasse, je remarque un artiste en train de peindre. Plus que sa peinture, c’est son sandwich qui m’intéresse... Il s’en aperçoit, le coupe, m’en tend une moitié en disant : « Viens samedi à mon vernissage, tu pourras t’en mettre plein la cloche. Lave ta chemise, c’est dans les beaux quartiers. » Je me rends à la galerie, rue de Miromesnil. Ce peintre, c’est Dado, tignasse hirsute. Il y a là les Rothschild, les Noailles, Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin... Dado me présente : « C’est mon petit protégé. » A 21 heures tout le monde s’en va, et moi je suis encore là ! Ne restent plus que Dado, Marie-Laure de Noailles, Mme de Rothschild et Daniel Cordier, qui me demandent où je vis. Moi qui ai toujours menti sur mes parents, je dis la vérité : « Je suis évadé de l’orphelinat. » Ils me répondent : « Tu vas y retourner et nous allons t’en faire sortir. » J’obéis.

    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”  Dado n’est autre que  Daniel Cordier   le secrétaire de Jean Moulin

    Il fut le secrétaire de Jean Moulin pendant onze mois et le témoin privilégié de l’unification difficile des mouvements de résistance français contre l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Daniel Cordier, 96 ans.

    Hervé Vilard “Dado m'a sauvé de la misère”  Dado n’est autre que  Daniel Cordier   le secrétaire de Jean Moulin

     Daniel Cordier

    "Mes années de misère sont derrière moi"

    Daniel Cordier tient parole et devient mon tuteur. Mon destin bascule. Je déjeune à sa table, entouré des grands de ce monde, André Malraux, Yvonne de Gaulle, Mendès France, Mitterrand... Lors d’un déjeuner, Cordier m’interroge : « Que veux-tu faire ? » Je réponds sans réfléchir : « Chanteur. » Il me trouve un emploi de disquaire sur les Champs-Elysées, me fait prendre des cours de chant. Je deviens le disquaire préféré de la Callas, de Karajan, de Claude François... Ils me donnent des billets pour leurs concerts. Au bout d’un an, je signe un contrat chez Philips. Cordier annonce la nouvelle. Malraux dit alors : « Pourquoi ne le dirigez-vous pas autrement ? La chanson est un art mineur... » J’interviens : « Monsieur le Ministre, allez écouter Brel, ça vaut bien un Chagall. » Cordier s’exclame, ravi : « Il est prêt, je peux le lâcher ! » Je prends mon envol, mes années de misère sont derrière moi. Je resterai proche de celui qui a rendu tout cela possible, cet homme extraordinaire, Dado.

    SOURCE : http://www.parismatch.com/People/Musique/Dado-m-a-sauve-de-la-misere-Herve-Vilard-789240 

     Ecoutons l'un des plus grands succès d'Hervé Vilard

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  • Après les « pieds-noirs »

     les « pieds-rouges »

     

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

     

    Personne n’ignore qui sont les « pieds-noirs », ces Français installés en Afrique du Nord jusqu’aux indépendances. En revanche, peu d’Algériens ou de Français savent qui sont les « pieds-rouges ». Il s’agit des militants de gauche ou d’extrême gauche, français, s’étant rendus en Algérie au lendemain de son indépendance afin d’œuvrer pour sa reconstruction et son développement, en dehors du cadre de la coopération.

    Alors que les « pieds-noirs » rentraient en France dans la précipitation, les « pieds-rouges » arrivaient sur la terre algérienne pour participer à la Révolution, au rêve algérien. Un ensemble assez hétéroclite de personnes. Des militants humanitaires, des professionnels de la santé, d’anciens « porteurs de valises », des enseignants et même des étudiants, ayant tout quitté pour rejoindre le peuple algérien. La plupart des Algériens les accueillirent à bras ouverts au début. Mais, suite à trois ans de période de grâce, beaucoup sont rentrés en France à cause du coup d’Etat du 19 juin 1965 du colonel Houari Boumediene. La répression du mouvement kabyle et le code de la nationalité qui liait la religion à la citoyenneté, ont dissuadé beaucoup de « pieds-rouges » de rester. De surcroît, « les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont clairement plus les bienvenus.

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    Après l’indépendance, des Français partent bâtir l’Algérie socialiste. Catherine Simon raconte l’engagement de ces « pieds-rouges », qui vira au cauchemar.

    L’atmosphère est électrique en Algérie en ce mois de juillet 1962. La France a officiellement reconnu l’indépendance du territoire qui sombre dans l’anarchie. Entre les fusillades de l’armée française, les règlements de compte des groupes algériens rivaux, les enlèvements et exécutions d’Européens, les attentats et sabotages de l’OAS, les pieds-noirs embarquent pour une métropole qui ne goûte pas le pataouète. Leurs meubles ont envahi les trottoirs, vestiges de cent trente-deux ans de colonisation : l’exode débute par une immense braderie. A la fin de l’été, 700 000 Européens seront partis (4 sur 5). Au même moment, quelques milliers de Français – on ignore leur chiffre exact – traversent la Méditerranée en sens inverse. Médecins, chirurgiens, infirmiers, instituteurs, ingénieurs, artistes, ils viennent occuper les postes vacants. Ils font don de leur personne pour participer à l’édification du socialisme dans la nouvelle Algérie. Anticolonialistes, porteurs de valises du FLN, insoumis, déserteurs, ils savourent leur victoire. Ils ont le sentiment de vivre le grand soir, entre révolution cubaine, guerre d’Espagne et résistance. Ils sont chrétiens de gauche, trotskistes, anciens communistes. Des journalistes pieds-noirs, entre mépris et dérision, baptisent « pieds-rouges » « cette ahurissante sous-espèce d’oiseaux migrateurs », raconte Catherine Simon dans une enquête remarquable sur cet épisode méconnu de l’histoire franco-algérienne.

    La force du récit de la journaliste du Monde repose sur les témoignages. L’entreprise relève de l’exploit. Jusqu’ici, les pieds-rouges s’étaient tus. Y compris ceux qui, entre-temps, avaient acquis une notoriété : l’ancien patron de TF 1 Hervé Bourges – qui refuse l’appellation – le géopoliticien Gérard Chaliand, l’écrivain Ania Francos, l’avocat Tiennot Grumbach, le photographe Elie Kagan, les cinéastes Marceline Loridan et René Vautier, le parolier Pierre Grosz… Il est difficile de parler d’un échec, encore moins d’un cauchemar. La réalité fut à mille lieues de l' »illusion lyrique » des premiers jours. Les pieds-rouges découvrent le poids de l’islam, le machisme, le mépris à l’égard des « gaouris » (nom donné aux chrétiens par les Arabes), l’absence de démocratie, les règlements de compte violents, la corruption… Le désenchantement est à son comble lors du coup d’Etat du colonel Boumediene et du renversement de Ben Bella, le 19 juin 1965. Des pieds-rouges entrent dans la clandestinité, d’autres sont arrêtés et torturés dans les ex-centres de détention de l’armée française ! Et pourtant, les victimes ne parlent pas. Leur culpabilité – françaises, elles doivent assumer les fautes du colonialisme – est trop forte. A leur tour elles sont contraintes au départ, sans ménagement. Elles laisseront leurs chimères sur le port d’Alger. Quelques rares entêtés resteront. Jean-Marie Boëglin, qui a abandonné Lyon, le TNP et Roger Planchon au début des années 1960 pour créer le Théâtre national algérien, rentre en France en 1981. Il se définit comme un « idiot utile ». Lénine utilisait la formule pour désigner les Européens apologistes du régime soviétique jusqu’à l’aveuglement. Une majorité des pieds-rouges – remplacés entre-temps par le coopérant, figure centrale des relations franco-algériennes – ont recouvré leurs esprits. Leur gueule de bois idéologique s’est dissipée. Mais à quel prix ?

    Voici donc l’histoire d’un pied rouge

     celle de Jean-Marie Boëglin

    « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand même un peu », a déclaré Jean-Marie Boëglin. Cet ancien « pied-rouge » de 85 ans (en 2012) n’aura pas connu d’hommages ni d’insultes pour ce 50e anniversaire de l’indépendance algérienne. Il est juste tombé dans les oubliettes de l’histoire.

    Jeunes français militants, engagés à gauche, ils ont rejoint l’Algérie à partir de 1962 pour aider le nouveau pays à se construire. Avant de plier bagage quelques années plus tard, désenchantés. On les appelle les pieds-rouges. 

    En ce cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, la presse dégouline de témoignages de pieds-noirs, « cocus » de l’histoire. Mais il en est d’autres, bien plus discrets, qui ont longtemps répugné à parler. Jusqu’à ce qu’un jour… « J’ai été une sorte d’idiot utile. Mais si c’était à refaire, je recommencerais. Avec cette distance de savoir que l’homme est mal fait et que, quand on vous parle de collectif, il y a toujours un malin pour ramasser la mise, derrière… Mais oui, je recommencerais ! » L’œil bleu pétille sous la casquette. À 85 ans, Jean-Marie Boëglin doit s’aider d’une canne pour marcher, mais ne cherche pas ses mots. Il a fallu le prier un peu pour le convaincre de convoquer les fantômes de ses années pieds-rouges. Il râle qu’il va mal dormir après, raconte que la dernière fois qu’il a ouvert un carton de souvenirs, il a tout balancé dans l’Isère, juste en bas de chez lui, puis se lance. « Ce n’est même pas par idéologie ou par militantisme que je me suis engagé auprès du FLN, je suis plus instinctuel [sic]. Pour vous situer, à 15 ans, je me suis fait virer des Jeunesses communistes parce que trop libertaire et, à 17, de la Fédération anarchiste parce que trop marxiste ! Mais ma vie, c’était le théâtre. En 1957, je traînais à Lyon avec Roger Planchon. J’ai rencontré un jeune qui s’appelait Kader, passionné de théâtre lui aussi. Peu de temps après, il a disparu et ses amis m’ont appris qu’il était mort sous la torture dans un commissariat. Choqué, j’ai proposé un coup de main, puis l’épaule y est passée, puis tout le reste. »

    De son père, ancien chef de réseau Francs-tireurs partisans (FTP) durant la seconde guerre mondiale, Jean-Marie Boëglin a appris les techniques de la clandestinité. En 1961, il est condamné à dix ans de prison par contumace, et passe au Maroc. À l’été 1962, il entre en Algérie avec l’Armée de libération nationale (ALN) et gagne Alger. « Toutes les nuits, on entendait des coups de feu. Très vite, je me suis aperçu qu’il y avait une lutte pour le pouvoir mais bon, je me disais, c’est normal, c’est les séquelles du colonialisme. Quand je posais des questions, on me répondait toujours : “Ce n’est pas le moment.” Ça m’a refroidi, mais en même temps, on avait des moyens et puis, on se sentait un petit peu bolchevik quand même ! »

    Le théâtre, à nouveau, dirige sa vie. Avec Mohamed Boudia, qu’il a connu en France, et Mourad Bourboune, il fait partie de la commission culturelle du Front de libération nationale (FLN), qui crée le Théâtre national d’Alger en lieu et place de l’Opéra, et nationalise les salles d’Oran, Constantine et Annaba. La révolution est en marche, les pablistes ont l’oreille de Ben Bella, l’autogestion est le mot d’ordre sur toutes les lèvres. Boëglin devient l’un des enseignants les plus en vue du tout nouveau Institut national des arts dramatiques. Années heureuses où il a le sentiment de participer à la construction d’un monde et d’un homme nouveau. Jusqu’au coup d’état du général Boumediene, le 19 juin 1965. L’armée prend le pouvoir, l’islam est proclamé religion d’état, l’arabisation décrétée. « Les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont plus les bienvenus.

    « Le vrai visage d’un tas de gens s’est révélé à ce moment là. Et il n’était pas beau. Beaucoup de pieds-rouges sont partis, d’eux-mêmes ou chassés. Malgré tout, j’y croyais, je croyais très fort au théâtre, je ne voulais pas laisser tomber l’école de comédiens. Malgré l’exil de Boudia et de Bourboune, je me disais que tout n’était pas terminé. Et puis, en tant que petit blanc, je culpabilisais comme un fou. Alors, je ne suis pas parti. » Il est arrêté, brutalisé, puis relâché et retrouve son poste. En 1966, les actions commises contre la sûreté de l’État durant la guerre d’Algérie sont amnistiées en France. Vexé d’être mis dans le même sac que les militants de l’Organisation armée secrète (OAS), Boëglin refuse de rentrer. Fin 1968, il est viré de sa chère école de théâtre et trouve à se recaser dans la communication. « J’avais la vanité de me dire : si je gêne, c’est que je sers à quelque chose. Et puis, avec le recul, je me dis que quelques graines ont germé. »

    En 1979, des rumeurs l’accusent de sionisme et il comprend qu’il doit partir. Ce qu’il fera définitivement en 1981. De retour en France, à la Maison de la culture de Grenoble, il n’aura de cesse de mettre en scène des auteurs algériens.

    Le soir est tombé dans l’appartement au bord de l’Isère. Jean-Marie Böeglin tire sur sa pipe, en silence, puis lâche : « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand même un peu… » Cette fois, l’œil bleu se voile. Pas longtemps. D’un revers de main, Jean-Marie Boëglin chasse les fantômes et assène : « Je survis parce que je suis en colère. Et cette colère me donne de l’énergie. Tout est en train de craquer et j’espère que je ne crèverais pas avant d’avoir vu l’effondrement du système capitaliste. »

    Entretien avec Catherine Simon, journaliste

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    Merci de cliquer sur le lien ci-dessous pour visualiser la vidéo

    Catherine Simon parle de son livre

    "Algérie, les années pieds-rouges"

     

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    http://information.tv5monde.com/afrique/entretien-avec-catherine-simon-journaliste-5189

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    ANGERS  ET  SON  ARBRE

    DE  LA  LAÏCITé

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

     

    L’article de presse du 2 août 2020 pour commencer :

     

    Angers. Ils se désolent sur Twitter car l’arbre de la laïcité n’a toujours pas été remplacé

    Saccagé quatre fois, l’arbre de la laïcité avait été brûlé en 2017. Des Angevins interpellent le maire sur twitter, pour lui demander de tenir promesse et de le remplacer.

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

    L’arbre de la laïcité, place Lorraine à Angers, a été dégradé de nombreuses fois, avant de disparaître | CO-LAURENT COMBET

     

    Sur twitter, dimanche 2 août 2020, un utilisateur a interpellé le maire Christophe Béchu, sur le non-remplacement de l’arbre de la laïcité place Lorraine. Le tweet a engendré plusieurs réactions unanimes.

    Initialement planté en 2012 par l’ancienne municipalité, menée à l’époque par le maire PS Frédéric Béatse, l’arbre a été trois fois décapité avant d’être brûlé en 2017.

    Face aux actes de vandalisme à répétition, plutôt que de replanter un quatrième arbre, Christophe Béchu avait acté l’idée d’une sculpture pour maintenir le symbole. L’œuvre n’a néanmoins toujours pas pris place. 

     

    Voici le courriel

    QUE l’ami Jacques Lambour

    M'A FAIT PARVENIR

     

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

    Il était un arbre symbole dans sa ville, symbole d’un aller vers le haut.

    Vers le haut, croissance idéale de l’arbre.


     Huit photos de Etienne Begouen

     

    L'arbre de la Laïcité n'est pas mort

    plus que jamais il vit encore 

     

    Je reçois toujours avec plaisir les mél m'invitant à consulter ton site, ce que bien sûr je ne manque jamais. Par le passé tu as d’ailleurs publié mon récit du putsch des généraux sur ton site ce dont je te remercie. Lors de cette publication j'ai particulièrement apprécié que tu me soumettes ta version avant de la publier. Cette modestie n'est pas commune, elle est signe d'un je ne sais quoi que j'apprécie.

    Aujourd’hui je te soumets l'envoi suivant concernant l'arbre de la Laïcité à Angers. Cette histoire peu commune est significative des défis actuels, elle mérite d'être connue bien au-delà d'Angers, à toi de voir. Bien évidemment si pour x raisons tu ne donnes suite à ce mél, ma reconnaissance et l'intérêt pour ton site n'en serait nullement altéré.

    Bien à toi

    Jacques Lambour

     

    PS L'action de mettre une plaque et d'inviter les Angevins à honorer cet arbre s'est décidé très rapidement au début de ce reconfinement. Il fallait alors profiter du jour de Toussaint et de l'autorisation exceptionnelle d'honorer les morts pour réactiver la mémoire du martyr de ce symbole. Ce qui explique que seul le Mouvement de la Paix et moi-même ont spontanément en quelques heures monté ce projet. Sinon, Anjou Laïque, la LDH et bien  d'autres encore auraient participé.  

     

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

    Témoin d’un idéal, de la liberté, du droit de croire ou de ne pas croire.

    Arbre de la Laïcité.

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

     Laïcité inconcevable à tous les barbares. Les barbares l’ont décapité.

     

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

     

     Mais l’arbre est un résistant, il voulait vivre, vivre pour témoigner.

    Alors les innommables l’ont immolé.

     

     L’historique de l’arbre de la Laïcité d’Angers mérite qu’on lui consacre ces quelques lignes

     

    En 2012 la municipalité a planté un arbre de la Laïcité avec plaque inaugurale explicative. A quelques années d'ici, un groupe positionné à l’extrême droite l'a décapité, le tronçonnant au raz de son corset de fer. Car comme beaucoup d'arbres, il est entouré d'une grille d'environ deux mètres de haut afin de protéger son tronc. Condamnant cet acte hargneux, avilissant leurs auteurs qui s’en prennent à ce symbole des plus nobles de notre république, de nombreux angevins ont manifesté dignement leur réprobation. Alors, fleurs, bougies, petits billets rendent hommage à ce tronc enfermé dans son cercueil à barreaux. Les associations défendant les droits de l’homme et les valeurs de notre république, appellent à manifester : place Lorraine au pied de ce tronc, peuple, élus du peuple, la place est noire de monde.

    Surprise, presque un miracle, au printemps suivant, des rameaux traversent la grille et l'arbre relève discrètement mais fièrement la tête. Le groupe sus nommé revient à la charge, le mutile de ses rameaux et de sa timide tête, lacère son tronc. Mais têtu, l'arbre repousse toujours. Alors ils l'ont immolé par le feu. Depuis et heureusement son cadavre noirci est toujours debout, témoin de la connerie humaine, comme on conserve les reliques d’un village incendié. La plaque inaugurale rappelait aux passants le passé vivant de ce moignon mort. C’en était trop, ils ont alors brisé la plaque. Depuis, symboliquement quelques manifestations, marche de la paix etc. partent de cette  relique. Mais touristes et  nouveaux angevins n'ont pas cette mémoire, il est essentiel qu'elle soit gravée dans le marbre.

    En attendant, une nouvelle et modeste plaque est au pied de cet arbre entouré de trottinettes électriques qui ont fait de ce lieu leur gîte. En cette période critique, ne la laissez pas seule, ajoutez-y un petit témoignage. Et même si vous n’avez rien, marquez un léger temps de respect en passant devant. 

     

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE


     Ce souvenir de l’arbre qu’ils ne voulaient plus voir, brûle encore et toujours.

    Invitation à regarder. Regarder, voir et vivre la Fraternité 

    Passant, arrête-toi et regarde.

    Décapité, immolé, bois noirci, je suis debout.

    Debout comme l’arbre, car je suis arbre,

    ARBRE 

    DE LA LAÏCITé 

    Arbre, je n’ai ni haine,

    ni esprit de vengeance.

    Je suis et resterai symbole

    de la tolérance universelle.

    Quoi qu’il arrive, des hommes défendront ma mémoire, résisteront. Sois de ceux-là.

    Ensemble, avec eux, avec moi, restons debout

    LIBERTé

    égalité

    fraternité

    [Jacques L]

     

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

    L’Arbre n’est plus. Il est encore plus. Il est relique avec les martyrs de la liberté.

    Et ceux-là nous rappellent :

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

    Que dans les milieux les plus concentrationnaires,

    des femmes, des hommes ont trépassé, criant :

    Plus jamais ça. Vivez ensemble la liberté. 

    Première replantation de l'Arbre

    de la Laïcité à Angers en 2013

     

     

    ANGERS  ET  SON  ARBRE  DE  LA  LAÏCITE

    L’arbre n’est plus, mais son symbole est à jamais lumière.

    Et que dans cette lumière, tu t’épanouisses, fraternelle Laïcité 

     

     

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    300 000 SDF en France : honte

    du quinquennat Macron

    300 000 SDF en France : honte du quinquennat Macron

     

    La fondation Abbé Pierre a sorti ce samedi 14 novembre un chiffre glaçant : 300 000. C’est le nombre de nos concitoyens et concitoyennes sans domicile fixe dans notre pays. Trois cent mille personnes… Emmanuel Macron pérorait qu’il n’y aurait : « plus personne à la rue d’ici la fin d’année 2017 ». Le nombre de sans abris a doublé depuis 2012. Interdiction des expulsions sans relogement ? Réquisition des bâtiments vides ? Le gouvernement n’a rien fait. Pire, il a baissé les APL faisant basculer des milliers de Français sous le seuil de pauvreté. 300 000 personnes à la rue. Une honte de plus pour le quinquennat Macron.

    La terrible réalité statistique

    C’est Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, dans les colonnes du JDD, qui a lâché ce chiffre glaçant : 300 000 sans domiciles fixes. En France. Dans la 7ème puissance mondiale. Alors que les dividendes explosent depuis le début du quinquennat suite à la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et l’instauration d’un prélèvement forfaitaire (PFU ou «Flat Tax») sur les revenus du capital.

    La fondation Abbé Pierre a comptabilisé 185 000 personnes en centres d’hébergement, 100000 dans les lieux d’accueil pour demandeurs d’asile et 16 000 personnes dans les bidonvilles. S’y ajoutent les sans-abri, plus difficiles à quantifier. Ils seraient 27 000, selon le recensement de la population de 2016. Des décomptes ont aussi été effectués lors des Nuits de la solidarité dans les grandes villes de France (3 600 à Paris, 1 600 à Montpellier, 1 000 à Rennes…).

    Une honte absolue pour le gouvernement

    Le 27 juillet 2017, Emmanuel Macron pérorait : « La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi ». C’est une question de dignité et d’humanité, dont semble peu pourvu le Président de la République quand il s’agit de tenir ses promesses. Emmanuel Macron se soucie-t-il de nos concitoyens et concitoyennes à la rue ? Ce poids l’empêche-t-il de dormir et de se regarder dans une glace ? Il est permis d’en douter.

    Qu’a fait ce gouvernement pour lutter contre ce fléau inacceptable dans la septième puissance économique mondiale ? Rien. Pire. Emmanuel Macron a baissé les APL au début du quinquennat. Faisant ainsi basculer des milliers de Français sous le seuil de pauvreté. Interdiction des expulsions sans relogement ? Réquisition des bâtiments vides ? Revalorisation des APL? Garantir le droit effectif à l’hébergement ? Le gouvernement refuse tout. Et ajoute une honte de plus à son triste bilan. Une honte absolue.

    Par Pierre Joigneaux.

     

    300 000 SDF en France : honte du quinquennat Macron

     

     

     

     

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    «Choisir entre manger ou se chauffer» :

    le nouveau rapport choc sur l’explosion

    de la pauvreté dans le pays

     

    «Choisir entre manger ou se chauffer» : le nouveau rapport choc sur l’explosion   de la pauvreté dans le pays

     

    Le Secours Catholique a sorti ce jeudi 12 novembre un rapport choc sur l’ampleur de l’extrême pauvreté dans notre pays. Des millions de Français doivent choisir entre manger ou se chauffer. Acheter un manteau à son enfant ou payer la facture d’électricité. Avec 537 euros en moyenne, les personnes accompagnées par l’association vivent en dessous du seuil d’extrême pauvreté. Le reste pour vivre se transforme en « reste pour survivre ». 20 milliards sans contreparties pour les plus grandes entreprises, 800 millions pour nos concitoyens les plus pauvres ? C’est le choix du « plan de relance » du gouvernement. Le Président des riches porte mieux que jamais son surnom.

    537 euros par mois pour survivre

    La température va s'écrouler. Il va faire froid. Glacial. Des millions de nos concitoyens doivent effectuer des choix impossible : manger ou se chauffer. Pour ramener un peu de nourriture à ses enfants, on oublie de payer la facture d’électricité. Et un engrenage infernal se met en branle. La chute peut-être vertigineuse. 659 Français sont morts de la rue l’année dernière. Le rapport du Secours Populaire alertait déjà fin septembre sur la pauvreté qui fracasse notre pays. 1 000 000 de personnes. C’est le nombre de Français qui ont basculé dans la pauvreté depuis le début de la crise sanitaire. 10 millions de nos concitoyennes et concitoyens vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté (1 063 euros). Dans la septième économie mondiale.

    Un Français sur trois est en perte de revenus. Un Français sur 4 ne mange pas à sa faim. Un Français sur 2 n’est pas parti en vacances cet été. Les demandes de RSA explosent : + 10 % sur l’ensemble du pays. Les demandes alimentaires ont bondi de 30%. Les chiffres sont là. Ils sont connus par le gouvernement. Le rapport du Secours Populaire a été publié le 30 septembre. Le gouvernement est pour l’instant resté aveugle aux balises de détresses. C’est donc au tour du Secours Catholique de tirer la sonnette d’alarme. Dans un rapport qui devrait faire l’effet d’une déflagration dans les bureaux ministériels, le Secours Catholique alerte sur l’explosion de l’extrême pauvreté en France. En 2019, le niveau de vie médian de l’ensemble des ménages accompagnés par l’association est de 537€. Un montant largement inferieur au seuil d’extrême pauvreté (716€ par mois en 2019). Un quart des personnes accompagnés par le Secours Catholique ne percevaient même aucune ressource.

    La part des mères isolées est trois fois plus importante que dans le reste de la population. Nos anciens y sont également tristement surreprésentés, les plus de 60 ans représentant désormais 15% des adultes accueillis. Les étrangers également, représentant près d’un adulte accueilli sur deux, parmi lesquels de plus en plus de femmes. Autre fait noté par le rapport, si la pauvreté est bien présente sur tout le territoire, elle frappe plus fortement dans les grandes villes. La sociologie du public accueilli par l’association est diversifiée mais les femmes seules, les personnes âgées, les étrangers et les habitants des grands centres urbains y sont donc surreprésentés.

    Le gouvernement a choisi son « camp »

    Le rapport ne se contente pas de donner des chiffres et de dégager des tendances statistiques. Il retranscrit concrètement les conséquences de cet extrême pauvreté, les privations quotidiennes et les arbitrages impossibles auxquels sont confrontées les personnes en situation de pauvreté : « chauffer le logement ou se nourrir, acheter un habit pour la rentrée ou payer la facture d’électricité ». Pour 4 de ces ménages sur 10, il est impossible d’assurer les dépenses alimentaires :  « Le reste pour vivre se transforme en reste pour survivre ».

    Face à cet océan de misère, que fait le gouvernement ? Rien. Ou si peu. Des miettes. 800 millions d’euros. 0,8% de son « plan de relance ». Sa croyance ? La politique de l’offre. Distribuer des milliards aux entreprises sans aucunes contreparties. Et attendre que ça ruisselle. Problème, ça ne ruisselle pas. France Stratégie, institution rattachée au Premier ministre, qu’on ne peut donc pas soupçonné de « gauchisme », a sévèrement taclé le CICE dans un premier rapport publié à la rentrée. 90 milliards d’euros déversés sur les entreprises entre 2013 et 2017, soit 18 milliards d’euros par an, pour la maudite création de… 100 000 emplois. Un coût faramineux de 900 000 euros par emploi créé. De l’argent public gaspillé, envoyé directement dans les poches des… actionnaires. Et avec son « plan de relance », le gouvernement poursuit exactement la même logique que le CICE : donner des milliards aux plus grandes entreprises, sans aucune contrepartie.

    Un rapport du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité piloté par France Stratégie, publié le 8 octobre dernier, dresse un précieux constat sur les conséquences de la politique économique d’Emmanuel Macron. Et notamment de deux mesures du début du quinquennat. La suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et l’instauration de la « flat tax » ont fait exploser les revenus des 0,1% les plus riches et la distribution de dividendes en France. Passant de 14,3 milliards en 2017, à 23,2 milliards en 2018, les dividendes ont ainsi explosé lors de la première année du quinquennat de plus de 60% ! Ces dividendes sont de plus en plus concentrés dans la population. En 2018, ce sont 0,1 % des foyers fiscaux, soit 38 000 personnes, qui ont ainsi perçu les deux tiers de ces 23,2 milliards d’euros de dividendes. Parmi eux, 0,01% des foyers fiscaux, soit 3 800 ultras riches ont capté à eux tout seul le tiers de ces 23 milliards d’euros. Le gouvernement a donc choisi son « camp », pour reprendre les mots du préfet Lallement. 

     

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    Expulsion des Algériens radicalisés

    de France : Voici la position de l’Algérie

     

    Expulsion des Algériens radicalisés  de France : Voici la position de l’Algérie

     

    L’Algérie a rejeté la liste des « Français d’origine algérienne fichés pour radicalisme » que la France désire expulser vers leur pays d’origine. Lors de sa visite de travail en Algérie, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a présenté une liste de personnes radicalisées, que l’Algérie refuse catégoriquement d’accueillir.

    En effet, l’Algérie a refusé la liste présentée par le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lors de sa visite de travail de deux jours. L’Algérie a argué que cette liste contenait des noms d’Algériens nés en France. Il ne s’agit nullement de migrants clandestins ou de Harraga. Ce sont des individus impliqués dans des actes de violence ou de terrorisme nés en France, mais dont les parents sont d’origine algérienne.

    La France ne considère pas les Algériens nés en France comme Français ?

    La France ne semble toujours pas considérer les Algériens nés en France et détenteurs de la nationalité française comme des Français à part entière. Les Français d’origine algérienne ou maghrébine sont souvent renvoyés à leurs origines ou carrément perçus comme des « immigrés et non des Français à part entière ». D’ailleurs, la ministre Marlène Schiappa a qualifié Zinedine Zidane d’immigré en pleine Assemblée nationale, alors que c’est un Français né en France de parents natifs d’Algérie.

    En effet, lors d’une allocution, Marlène Schiappa a fait référence à de nombreux artistes dont les origines ne sont pas françaises, pour mettre en exergue l’apport positif de l’immigration à la France. « De Marie Curie à Nicolas Sarkozy, de Zinedine Zidane à Gambetta, d’Oma Sy à Yannick Noah, les immigrés ont enrichi la France », a-t-elle déclaré.

    SOURCE : https://www.observalgerie.com/expulsion-des-algeriens-radicalises-de-france-voici-la-position-de-lalgerie/2020/amp/

     

    Ceci nous rappelle le temps de l'Algérie française et les indigènes de la République

    Une synthèse d’après l’ouvrage de Patrick Weil, « Qu’est-ce qu’un Français? » - Grasset 2002.

    « Depuis 1848, les musulmans d’Algérie étaient français - formellement. Pratiquement, ils étaient soumis au code de l’Indigénat et avaient une nationalité dégradée, dénaturée. Pour devenir pleinement français, ils devaient d’ailleurs en passer par une naturalisation : entre 1865 et 1962, seuls 7 000 d’entre eux sont devenus ainsi français ! Et pourtant on leur tenait le discours sur la République, l’égalité et la fraternité.

    « Jamais ailleurs qu’en Algérie la distance n’a été aussi grande entre les mots du discours républicain et sa pratique. »

    Patrick Weil 

     

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    En définitive, c’est mon avis personnel, rien n’est sincère dans cette mascarade, il y a des arrière-pensées pré-électorales dans tout cela comme les propos de Macron en 2017 lorsqu’il avait dit « La colonisation est un crime contre l’humanité » je vous transmets cet article pour infos seulement.

    Michel Dandelot

    Polémique en France après la visite

    de Darmanin en Algérie

    Polémique en France après la visite de Darmanin en Algérie

    L’Algérie est de nouveau au cœur d’une polémique en France. Cette fois, c’est la visite du ministre français de l’Intérieur qui est à l’origine. Arrivé à Alger samedi en fin de journée, Gérald Darmanin a eu un programme assez chargé.

    Il a rencontré son homologue algérien Kamel Beldjoud, le premier ministre Abdelaziz Djerad, le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum et celui des Affaires religieuses Youcef Belmehdi. Au menu des discussions, la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine, dans un contexte de post-attentats en France.

    Le ministre français, qui était la veille à Tunis, est venu avec une liste d’étrangers « radicalisés » dont des Algériens que la France a décidé d’expulser vers les pays du Maghreb notamment. Gérald Darmanin est reparti en France officiellement satisfait de l’état des relations avec l’Algérie. Il a notamment remercié l’Algérie pour « la coopération continue » en matière de « sécurité et de lutte contre le terrorisme ».

    Outre ses rencontres avec les officiels algériens, Darmanin s’est recueilli  à la mémoire des soldats tombés pour la France au cimetière Saint-Eugène de Bologhine, à Alger, précise l’ambassade de France sur sa page Facebook.

    Il s’est également rendu au Monument des Martyrs à Riadh el Feth sur les hauteurs d’Alger pour rendre hommage aux « martyrs de la guerre », selon les propres mots de Darmanin, ou de « l’indépendance algérienne », comme l’a souligné l’ambassade de France. En Algérie, le geste du ministre français n’a rien d’anodin, puisque le monument des martyrs est devenu presque un passage obligé pour tous les hauts responsables étrangers en visite en Algérie.

    Et cet hommage rendu par Darmanin, dont les parents sont d’origine algérienne, qui a retenu l’attention d’une partie de la classe politique française qui n’a pas apprécié que la France rende hommage aux martyrs de la guerre d’indépendance de l’Algérie, une ancienne colonie française.

    Robert Ménard, l’ancien journaliste devenu maire de Béziers grâce au soutien du Front national, n’a pas mâché ses mots face à ce qu’il considère comme un geste « indigne » pour un ministre français. « Indigne qu’un ministre français fasse ça. Nos soldats tombés en Algérie, les Harkis torturés, les familles pieds noirs dont la vie fut brisée à jamais… Ça ne représente rien pour lui ? » s’est interrogé M. Ménard.

    Même son de cloche pour Thierry Mariani, député au Parlement européen pour le Rassemblement national (ex-Front national). L’ex-ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy a ainsi dénoncé une « insulte » et un « affront » de M. Darmanin à l’égard des harkis, pieds-noirs et anciens combattants de l’armée française.

    Le Rassemblement national (RN, extrême droite) n’a pas été l’unique parti à dénoncer le ministre de l’Intérieur français. La députée des Républicains (ex-UMP) a également critiqué M. Darmanin, se disant une nouvelle fois « écœurée » par ce qu’elle qualifie de « trahisons ».

    « Encore une fois écœurée par cette indignité à laquelle le gouvernement algérien soumet la France », a dénoncé Mme Boyer. « Moi je pense aux Harkis torturés, aux pieds-noirs à la vie fut brisée, à nos soldats morts sur cette terre française et je demande qu’on respecte enfin leur mémoire », a affirmé la députée de droite, appelant à mettre un « stop à ces trahisons ».

    Cliquez sur ce lien pour voir Darmanin rendre hommage aux « martyrs de la guerre », selon les propres mots de ce dernier. Profitez-en pour voir tous les commentaires de l’extrême-droite et de la droite extrême.

    https://twitter.com/i/status/1325468434772221954