•  

    Pour en finir avec l’obsession des racines

    Par Philippe Douroux 
    Le 23/05/2019

     

    Pour en finir avec l’obsession des racines

    La campagne des européennes n'aura pas fait exception. Le discours politique fait la part belle aux sacro-saintes racines judéo-chrétiennes de la France. Pour Philippe Douroux, il serait temps de cesser de nous confondre avec des plantes nées quelque part. L'intellectuel italien Maurizio Bettini propose une autre métaphore pour nous définir, celle des fleuves. Nous serions alors le fruit de mélanges et de confluences.

    Une étrange habitude s’est installée dans le débat politique. Il s’agit de prendre les femmes et les hommes pour des plantes ou des arbres en invoquant chaque jour leurs racines. Nous serions définis par nos « racines ». Matteo Salvini en Italie, Marine Le Pen, François-Xavier Bellamy, Laurent Wauquiez et d’autres en France, Viktor Orban en Hongrie, les dirigeants conservateurs en Pologne, ou en Autriche, évoquent nos « racines chrétiennes » et la menace supposée de leurs disparitions. Par parenthèse, il faudrait parler de racines judéo-chrétiennes si le texte central du christianisme est la Bible avec l’Ancien et le Nouveau Testament, il semble difficile de réduire ces racines supposées à la seule chrétienté.

    En mai 2016, dans FigaroVox, le site de réflexion du Figaro, Maxime Tandonnet, haut fonctionnaire et essayiste, auteur d’une quinzaine d’ouvrages, donnait une définition de cette métaphore arboricole : « D’un point de vue historique, la négation des racines chrétiennes de l’Europe est une contre-vérité. L’Europe est née sur les ruines de l’Empire romain dont le christianisme était devenu la religion officielle à la suite de la conversion de Constantin en 312. » Suivaient Clovis, Charlemagne et la Reconquista en Espagne… Nous serions donc des végétaux déterminés par le terreau dans lequel nous sommes nés, incapables d’en bouger. Il y a moins de deux ans, en septembre 2017, Maurizio Bettini, s’emparait de cette idée pour la démonter pièce par pièce jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.

    Dans son ouvrage au titre explicite Contre les racines, le professeur de philologie classique à l’Université de Sienne, propose d’abandonner cette image, cette expression qui nous entraîne du mauvais côté de la réflexion. Si nous avons des racines alors nous sommes définis par notre passé, par ce qui nous a précédé, par la tradition. Cette vision des choses est évidemment satisfaisante quand elle est appliquée à une société figée, une société sans histoires, ou le présent serait la reproduction du passé. Les choses sont comme elles sont et « c’était mieux avant », justifiant ainsi une vision conservatrice ou réactionnaire de l’action publique.

    La Ligue du Nord et la bêtise des menus typiquement italiens…

    Pour Maurizio Bettini, la métaphore des racines fonctionne comme les œillères posées aux chevaux en limitant notre champ de réflexion. Son efficacité est évidente puisque les racines évoquent la puissance rassurante de l’éternité quand précisément la tradition n’existe pas ou pas comme on le croit généralement. « Ce qui fait la solidité d’une tradition, c’est la structure qui la maintient en vie dans le présent, qui ne cesse de redire et d’enseigner la tradition », écrit l’auteur pour qui la mémoire se fabrique au présent et reconstruit le passé pour justifier une proposition politique. Un exemple ? « En 2009, la Ligue du Nord avait lancé une campagne contre les restaurants étrangers dans les centres-villes : seuls les menus typiquement italiens seraient autorisés. » En clair, il fallait fermer les kebabs pour préserver les racines de la cuisine italienne.

    Il faut donc examiner ces fameuses « racines ». Maurizio Bettini s’empare de la tomate, de la pomme de terre, du poivron et du piment, autant d’ingrédients précieux pour la cuisine italienne, qui tous viennent de l’autre côté de l’Atlantique. Les aubergines, elles ont été importées par les Arabes qui étaient allés la chercher en Inde. Enfin, il faut s’arrêter un moment sur la question de la polenta qui fait la fierté des Lombards. Elle est aujourd’hui une farine de maïs, mais elle était autrefois faite à partir d’épeautre, d’orge ou de blé et pourrait donc s’appeler avec justesse… couscous.

    Voilà donc l’image des racines bien malmenées pour raconter un monde fait de mouvements de militaires et d’échanges marchands qui se croisent et s’entrecroisent. Il devient alors difficile de proposer l’arbre pour illustrer l’homme et la femme d’hier, d’aujourd’hui ou de demain. Les racines renvoient évidemment à la notion de pureté et à l’absence de mélanges. Alors se pose une question : par quelle expression remplacer le monde végétal pour dire d’où nous venons ? Maurizio Bettini propose l’image des fleuves qui a l’avantage du mouvement et de la multiplicité des sources.

    La Seine a certes une source, mais elle se nourrit de l’apport de multiples affluents nés dans de multiples endroits et qui, chacun, apportent une histoire, un parcours, des caractéristiques différentes. L’identitaire devient multiple et fondé sur la confluence et les mélanges. François Mitterrand, en mai 1987, à la Sorbonne, s’amusait à souligner : « Nous sommes Français, nos ancêtres les Gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être – qui sait ? – polonais, je me demande si nous ne sommes pas déjà un peu arabes… Je reconnais que voici une phrase imprudente. »

    SOURCE : https://www.bondyblog.fr/opinions/billet-dhumeur/pour-en-finir-avec-lobsession-des-racines/ 

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

     

    Eh ! hop ! une de moins…

    Renaud Camus, "théoricien" du Grand remplacement

     retire sa liste aux élections européennes 

    J’ai souvent lu cette phrase : « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie française auront un jour la France algérienne » *** Il se trouve que Raymond Aron avait un avis différent

    Renaud Camus, chantre de la thèse du Grand remplacement, a annoncé ce mercredi 22 mai qu'il retirait sa liste "La Ligne Claire" de la course aux élections européennes. Selon les premières informations, il s'agirait d'un problème lié à des déclarations récentes d'un de ses colistiers. 

     

    Mais le vrai

     Grand remplacement

     aurait été plutôt celui-ci : 

    J’ai souvent lu cette phrase : « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie française auront un jour la France algérienne » a écrit dans son livre, « d’une Résistance à l’autre », Georges Bidault, l’ancien chef du Conseil National de la Résistance. Il reprenait là, en quelque sorte, cette déclaration du redoutable chef du FLN qu’était Larbi ben M’Hidi, déclaration lancée à la face des parachutistes français venus l’arrêter en 1957 lors de la « bataille d’Alger » : « Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset ? Je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ». Il se trouve que raymond aron avait un avis different *** qui dit la verite ?

    J’ai souvent lu cette phrase : « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie française auront un jour la France algérienne » *** Il se trouve que Raymond Aron avait un avis différent

     

    Georges Bidault était aussi cela :

    En 1958, il vote l’investiture du gouvernement du général de Gaulle. Il se sépare du MRP et crée la Démocratie chrétienne de France qui n’aura qu’un succès électoral limité.

    Par la suite, il constate que le général de Gaulle s'oriente vers le retrait de la France en Algérie et se rallie aux extrémistes de l'OAS. Après le cessez-le-feu (18 mars), avec Jacques SoustelleAntoine Argoud et Pierre Sergent, il constitue le 20 mai 1962 à Rome, le comité exécutif du Conseil national de la Résistance, visant à défendre l’Algérie française. Bidault est désigné comme président de cet organisme.

    En juillet 1962 au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, son immunité parlementaire est levée en raison de ces activités subversives.

    Il quitte la France en 1963. Menant une vie clandestine, et apprenant l’enlèvement du colonel Antoine Argoud à Munich par des hommes des services spéciaux français, Bidault publie un article virulent et est expulsé d’Allemagne ; le Portugal l’expulse à son tour vers le Brésil, où il passera, avec son épouse, plus de quatre ans.

    Il revient en Belgique en 1967, et, à la suite de l'amnistie des anciens responsables de l'OAS (conséquence inattendue des événements de mai 1968) rentre en France en juin 1968. Il crée le Mouvement pour la justice et la liberté, qui soutient Alain Poher lors de l’élection présidentielle de 1969. 

    J’ai souvent lu cette phrase : « Les Français qui n’ont pas voulu de l’Algérie française auront un jour la France algérienne » *** Il se trouve que Raymond Aron avait un avis différent

     

    images-copie-2

    Si l'Algérie était restée française aujourd'hui il y aurait 40 millions de Musulmans en plus.

    Si l'Algérie était restée française l'Assemblée nationale serait composée de 40 à 50% de Musulmans.

     

      

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Un officier putschiste honoré à Orange

     

    Jusqu’où ira en France cette flatterie des criminels ?

     

    Orange va rendre hommage au putschiste le lieutenant-colonel de La Chapelle

     

    Il y a quelques semaines, Bollène (Vaucluse), gérée par l’extrême droite, avait débaptisé la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier putschiste Denoix de Saint-Marc. Cette décision avait scandalisé les anciens combattants des associations ARAC, FNACA, ANACR, qui voient d’un œil inquiet la réécriture des combats coloniaux auxquels ils ont participé malgré eux.

    Ils ont envoyé un courrier à la maire, estimant que «le débat stérile autour de telle ou telle date effective n’autorise pas à nier l’importance de ces accords qui furent un soulagement pour tous les appelés et leurs familles qui voyaient enfin une issue. Cette plaque est la preuve que la ville n’oublie pas l’atrocité de cette guerre et que seule la paix et l’amitié entre les peuples doivent nous guider».

    Ces soldats, dont la bravoure avait fait échouer le putsch d’avril 1961, ne sont pas au bout de leur émoi.

    La commune voisine d’Orange a en effet suivi le pas. La semaine dernière, la municipalité a entériné le choix de donner le nom du lieutenant-colonel Charles-Gilbert de La Chapelle à un rond-point, a rapporté le quotidien Vaucluse Matin.

    Malgré l’opposition de gauche et de droite qui ont fustigé devant le conseil le choix d’honorer «un officier factieux», «un militaire qui a trahi la France, le maire, Jacques Bompard, (ex-Front national, aujourd’hui Ligue du Sud), par ailleurs époux de la maire de Bollène Marie-Claude Bompard, a maintenu sa décision. L’officier, ainsi mis en avant alors qu’il est un illustre inconnu, avait participé au putsch des généraux d’Alger en avril 1961 à la tête du 1er régiment étranger de cavalerie (REC) plus connu sous le nom de Légion étrangère. Au même titre que les parachutistes, ce régiment s’était illustré par sa férocité durant la guerre d’Algérie, après l’avoir auparavant largement démontrée en Indochine. Les Légionnaires auront ainsi été en Algérie parmi les pires tortionnaires pour empêcher l’inéluctable libération.

     

    Jusqu’où ira en France cette flatterie des criminels ? 

     

    A l’indépendance, le 1er REC a été basé à Mers El Kébir, avant son départ en 1964. Il avait ensuite été établi à Orange en 1967. Le régiment a quitté en 2014 la cité romaine pour s’installer à Carpiagne (Bouches-du-Rhône). Pour le maire d’extrême droite d’Orange, c’est une façon de maintenir le souvenir du REC dans une ville que cette présence a marquée durablement.

    Une façon pas anodine de rouvrir les plaies de l’Algérie française, dont le maire est un féru contempteur.

    En juin 1961, De la Chapelle avait été condamné à sept ans de réclusion criminelle. Comme tous les officiers supérieurs qui avaient attenté à la sécurité de l’Etat, il n’avait jamais regretté, disant même lors de son procès avoir «suivi la voie de l’honneur, cette voie passe aujourd’hui par les prisons». Jusqu’où ira en France cette flatterie des criminels. «La vigilance s’érode», nous dit Henri Pouillot, militant anticolonialiste : «On a l’impression qu’il n’y a plus d’anticorps.

    Avant 2000, on comptait quinze stèles à la gloire des assassins de l’OAS, on en dénombre aujourd’hui 90, qu’elles soient pro-OAS ou pro-Algérie française avec des rassemblements qui s’y tiennent les 26 mars pour commémorer la tuerie de la rue d’Isly, lorsque l’armée française avait tiré sur la foule pro-Algérie française, ou le 5 juillet pour rappeler les morts d’Oran.» 

    SOURCE : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/un-officier-putschiste-honore-a-orange-21-05-2019

    Les prisonniers de Tulle : adossés au mur, de gauche à droite, général Salan, colonel de Sèze, général Jouhaud, commandant Camelin, lieutenant de vaisseau Guillaume, colonel de La Chapelle et au premier rang, Hélie de Saint-Marc et le commandant Robin.

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    3 commentaires
  • L’hommage au Général de Bollardière

    L’hommage au Général de Bollardière le 19 mars 2019 à Carhaix

    Nouvelle addition au Panthéon des Bretons populaires, la statue du Général de Bollardière a été dévoilée, mardi matin, en présence des trois filles du militaire. (Jean-Noël Potin) 

    À l’occasion des cérémonies du 19 mars, une toute nouvelle statue a été dévoilée, place du 19-Mars-1962, celle du Général de Bollardière, ancien combattant et figure de la non-violence.

    Plusieurs dizaines de personnes étaient réunies, place du 19-Mars-1962, pour assister au dévoilement de la statue du Général de Bollardière, une œuvre réalisée par le sculpteur Emmanuel Sellier, artiste fondeur de bronze installé à Langeais, qui vient enrichir le Panthéon carhaisien des plus populaires des Bretons. « Je voudrais exprimer mon très grand remerciement à ceux qui m’ont donné la chance de réaliser cette œuvre, a indiqué le sculpteur ; c’est un privilège d’incarner ainsi de hautes valeurs : le courage, et aussi une grande foi dans l’humanité ». « Le Général de Bollardière avait déjà sa rue à Carhaix, il a désormais sa statue au Panthéon », a aussi lancé le maire, Christian Troadec. La cérémonie s’est déroulée en présence, notamment, des trois filles du militaire : Marion de Haynin, Soizik Paulet et Armelle Bothorel. « Je tiens à excuser Mme Simone de Bollardière, épouse du Général, de ne pouvoir être présente parmi nous du fait de son grand âge », a précisé le premier magistrat.

     


    Figure de la non-violence


    Jacques Pâris de Bollardière (appelé Jacques de Bollardière par convenance), était né le 16 décembre 1907, à l’âge de 78 ans, à Châteaubriant, dans la Loire Inférieure. Il est mort le 22 février 1986 à Guidel (56). Cet officier général de l’armée française, combattant de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre d’Indochine et de la guerre d’Algérie, est une des figures de la non-violence en France.

    Le général s’était insurgé contre les actes de torture commis durant la guerre d’Algérie en démissionnant de l’armée, en 1956. Âgé de 49 ans, il était alors « le plus jeune général de France », comme l’a rappelé Marcel Ollivier, président du comité Fnaca de Carhaix. Dès le début des « événements », il avait œuvré au rétablissement du dialogue avec la population et était parvenu à imposer le respect des Algériens sur le secteur qu’il commandait, ce en interdisant toute violence physique sur les prisonniers. « Il avait sous ses ordres le lieutenant Jean-Jacques Servan-Shreiber qui, tout comme le général, préférait développer des relations de confiance avec les Algériens. Jean-Jacques Servan-Shreiber qui devint, en 1958, le premier président du comité national de la Fnaca », ajoutait Marcel Ollivier.

    Force de conviction

    Fils de militaire, le jeune Jacques avait rejoint le Prytanée national militaire à La Flèche, dans la Sarthe, avant d’être admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, en 1927. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a pris une part active dans la Résistance. Il compte d’ailleurs parmi les Français les plus décorés de ce conflit : compagnon de la Libération, grand officier de la Légion d'honneur, deux fois décoré du Distinguished Service Order (DSO), etc. Christian Troadec a salué « un homme libre, dont la force de conviction lui a valu trois condamnations : « La première, une condamnation par le gouvernement de Vichy pour avoir rejoint la Résistance ; la seconde, en 1957, une condamnation à 60 jours de forteresse pour s’être élevé contre la torture en Algérie ; la troisième, en 1973, une mise à la retraite prématurée de l’armée pour avoir dénoncé les essais nucléaires dans le Pacifique ».

    Héritage

    Gérard Chevalier, membre du comité directeur national de l’Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture, a pour sa part rendu hommage « au seul officier supérieur à avoir condamné officiellement la torture, une pratique malheureusement toujours pratiquée sur les cinq continents ». Armelle Bothorel, fille du général, a conclu les prises de parole en rappelant l’héritage laissé par son père : « Ses combats sont toujours d’une brûlante actualité », a-t-elle insisté.

    À l’issue de la cérémonie, les personnes présentes se sont rendues en cortège jusqu’à la place de Verdun où s’est tenue ensuite la cérémonie traditionnelle du 19 mars.

    SOURCE : https://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/histoire-l-hommage-au-general-de-bollardiere-19-03-2019-12236521.php

    Hommage

     au Général Jacques de Bollardière

     à Carhaix 

    L’hommage au Général de Bollardière le 19 mars 2019 à Carhaix

    Christian Troadec et Armelle Bothorel

    Depuis quelques années, la ville de Carhaix rend hommage, sous forme de statues, à des Bretonnes et Bretons célèbres comme les Sœurs Goadec, Anatole Le Braz ou plus récemment 4 champions cyclistes dont Le Peuple breton a parlé en 2018 (la prochaine statue sera Angela Duval). En ce 19 mars 2019, commémoration de l’armistice signé à la fin de la Guerre d’Algérie, c’est à l’Histoire que la ville a rendu hommage avec l’inauguration de la statue du Général de Bollardière. Le Peuple breton y ajoute son épouse Simone. 

    Et justement, Simone aurait voulu être présente. Mais à 97 ans, elle n’a pas pu faire le déplacement. La cérémonie s’est en revanche déroulée en présence des 3 filles du couple, dont Armelle Bothorel, maire de La Méogon (22). Celle-ci a lu devant ses sœurs Soisik et Marion un très beau témoignage sur la vie de leur père, ou plutôt de leurs parents qui ont toute leur vie œuvré dans le même sens.

    Dans son discours, elle nous disait ceci : « Cet hommage nous le partageons avec tous ceux qui ont combattu aux côtés de mon père, dans les sombres heures de notre pays, avec toutes les personnes sur les deux rives de la Méditerranée pour lesquelles l’engagement de mon père a été une lumière d’espérance, avec tous ceux qui, avec lui, ont ouvert les voies d’une résolution non-violente des conflits, avec tous ceux qui œuvrent pour que la Bretagne soit belle, vivante, libre, solidaire et dynamique et à laquelle mon père était si attaché. »

    Jacques Pâris de Bollardière était né en 1907 à Chateaubriand, alors en Loire-Inférieure, donc en Bretagne comme il l’affirmait lui-même avec force. Il fit ses études au collège de Redon puis au Prytanée militaire de La Flèche avant d’intégrer St Cyr. Déjà très indépendant d’esprit, il écopa de nombreux jours d’arrêt de rigueur et en sorti sergent au lieu de sous-lieutenant. Ce qui ne l’empêchera pas en 1956 de devenir le plus jeune général de l’armée française ! Militaire de carrière, il participa activement à la 2ème Guerre mondiale, rejoignant Londres dès le 17 juin 1940, ce qui lui valu d’être condamné à mort par Vichy ! Brillant combattant, Compagnon de la Libération, il termina la guerre avec de nombreuses décorations. Il épousa Simone fin 1945 avant de partir en 1946 en Indochine. Il y fit deux séjours, en 1945-48 et en 1950-53, et pu constater déjà le début de l’emploi de la torture par certains militaires. Il acquit là-bas la conviction qu’une armée n’est pas faite pour combattre un peuple, conviction qui ne fera que grandir en Algérie.

    Redonnons la parole à sa fille Armelle : « Qu’un brillant officier Général, l’un des soldats le plus décorés de la France Libre, dénonce la torture pratiquée en Algérie par l’Armée Française au nom de la France, provoque un choc dans l’opinion. Deux conceptions d’une guerre qui ne dit pas son nom s’affrontent. Le Général Jacques Pâris de Bollardière refuse de subordonner l’action pacificatrice au préalable policier selon la méthode utilisée lors de la Bataille d’Alger. Pourtant, le travail de pacification qu’il a engagé avec les commandos noirs du Lieutenant Jean-Jacques Servan-Schreiber, et du Colonel Roger Barberot, renoue les liens de confiance avec les habitants, générant une baisse considérable des attentats. (…) L’Algérie sera la pierre de touche sur laquelle se brisera sa vie de soldat. Le putsch militaire d’Alger (1961) le détermine à quitter une armée dont une partie de ses cadres se dresse contre le Pays. »

    Dès 1957, il avait rencontré le général Massu pour s’opposer à la torture justifiée par son interlocuteur. Il avait reçu l’ordre de fouiller les mosquées, il avait refusé d’obéir. En 1977, il avouait : « Ce jour-là, j’ai été obligé de rompre avec l’armée pour me préserver moi-même, pour ne pas me détruire. »

    Ayant quitté l’armée, il ne resta pas bien sûr inactif, s’engageant dans l’opposition au nucléaire, ou prenant position contre l’occupation militaire du camp du Larzac. Il prit aussi position contre Plogoff. Avant cela, il avait pris part à ce que l’on peut appeler une « expédition » : en 1973, un vieux voilier danois, le « Fri », était parti de Nouvelle-Zélande pour la zone de Mururoa, cela afin d’essayer, par sa présence sur zone, d’empêcher la France de procéder à de nouveau essais nucléaires. En cours de route, Jacques de Bollardière et d’autres personnalités lui avait apporté leur soutien. Mais la présence de ces personnalités n’empêcha pas la Marine française de les arraisonner et la France continua ses essais !

    Armelle Bothorel rajoute à propos de son père un témoignage : « Il est appelé à témoigner au procès de onze autonomistes bretons devant la cour de sûreté de l’État, en 1972. Sans partager le choix de la violence du FLB, il n’en défend pas moins le combat pour une réappropriation de son destin collectif par le peuple breton. Il est bien difficile d’être exhaustive sur un parcours de vie si dense, aussi, pour conclure, je citerai encore la mobilisation du « Nann Trugarez » contre l’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff, sa présidence d’honneur au comité de soutien à Diwan, sa participation à la belle aventure d’« Eaux et Rivière » ou encore la sauvegarde de la desserte ferroviaire de Quimperlé, en soutien à son épouse qui pendant pas loin de vingt ans, fut la présidente du comité de défense. »

    Il est impossible de se pencher sur la vie de Jacques de Bollardière sans y associer son épouse Simone, qui l’a soutenu toute sa vie, en particulier dans les moments où il était mis sinon au ban de la société du moins au ban de l’armée. Après son décès en 1986, elle a non seulement continué à entretenir le souvenir de ses actions, mais elle a surtout continué à agir.

    Au début des années 2000, elle signa l’appel des Douze, appelant l’État à condamner la torture pratiquée par la France en Algérie. Simone de Bollardière n’a pas hésité à témoigner lors du procès du général Paul Aussaresses. Elle a par ailleurs encouragé dès sa création, l’association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG) dont elle est la présidente d’honneur. De tous les combats, elle a continué de militer bien après le décès de son époux en 1986 et jusqu’à aujourd’hui.

    Jacques de Bollardière, dans le dernier paragraphe de son livre «  Bataille d’Alger, bataille de l’Homme », écrivait : « Ma vie prend tout son sens d’un coup à l’idée que l’un d’entre vous peut-être aura besoin de mon témoignage, que cela l’aidera à vivre, que nous serons devenus quelque chose de plus, davantage homme, ensemble. » Il est certain qu’avec des personnes Comme Simone et Jacques de la Bollardière, la société grandit.

    SOURCE : http://lepeuplebreton.bzh/2019/03/25/hommage-general-bollardiere/

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    Que se passe-t-il en algérie ?

    L'analyse de Benjamin Stora, président de la Cité de l'immigration sur ce qui se passe en Algérie aujourd’hui 

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    Histoire d’une chanson :

     « Le Temps des Cerises »

    C'est le destin et l’histoire d’une chanson qui, plus de 150 ans après sa création, reste dans l’idéal collectif la fusion de l’amour et de la révolution. La chanson de Jean-Baptiste Clément " Le Temps des Cerises " est liée à la Commune libre et autogérée de Paris en 1871. C’est aussi une chanson d’amour. Pour les millions de personnes qui l’ont fredonnée,  Le Temps des Cerises  c’est peut-être l’alliance de l’amour et de la révolution.

     

    Le contexte historique 

    La défaite de Napoléon III en 1870 provoque l’encerclement de Paris et laisse les Parisiens se défendre seuls contre les armées prussiennes. Napoléon III a abdiqué et un gouvernement provisoire a abandonné la capitale pour se réfugier à Bordeaux et plus tard à Versailles. Le siège et l’encerclement de Paris par les Prussiens durent 5 longs mois, entre septembre 1870 et janvier 1871,cinq mois de combats et de famine où Paris ne capitule pas.

    Dès la signature de l’armistice Thiers et son gouvernement multiplient les mesures vexatoires contre la population parisienne qui a résisté seule contre l’envahisseur. Le 18 mars 1871 l’insurrection éclate c’est le début de la Commune de Paris. Pendant plus de deux mois une commune libre et autogérée va résister aux assauts des 130.000 soldats déployés par Thiers pour reprendre la ville. La Commune de Paris s’achève dans le sang le 28 mai 1871 mais cette répression n’efface pas le souvenir de cette merveilleuse parenthèse que fut la Commune.

    La chanson de Jean Baptiste-Clément perpétue ce souvenir depuis plus de 150 ans.

    L’auteur 

    Jean-Baptiste Clément connaît très tôt la prison sous Napoléon ; c’est un républicain qui va évoluer vers le socialisme. Son engagement est passionné, radical et poétique, puisqu’il compose de nombreuses chansons et comptines. La chanson "Le Temps des Cerises" est publiée sans le visa de la censure, depuis la Belgique, où Clément s’est réfugié. Militant pour la commune de Paris dés le 18 mars 1871 (il a été maire de Montmartre) Clément participe aux dernières barricades. Exilé à Londres à la fin de la commune, il est condamné à mort par contumace. Amnistié en 1879, il rentre à Paris en 1880 et participe à tous les combats de la gauche révolutionnaire. Il meurt le 23 juin 1903 à l’Age de 66 ans. Plusieurs milliers de personnes participent à son enterrement au cimetière du Père Lachaise à Paris.

    La chanson 

    Bien qu’écrite 5 ans avant la commune de Paris, la chanson "Le Temps des Cerises " restera à jamais assimilée à la commune et aux révolutions. Cette assimilation s’explique par des paroles qui parlent "d’une plaie ouverte", "d’un souvenir que je garde au cœur ", "de cerises d’amour qui tombent en gouttes de sang", paroles qui peuvent tout aussi bien évoquer une révolution qui a échoué qu’un amour perdu. On peut facilement y voir une métaphore poétique où les cerises représentent les impacts de balles, balles auxquelles il est fait allusion sous l’image des belles qu’il vaut mieux éviter. La coïncidence chronologique fait aussi que la semaine sanglante qui marque la fin de la commune se déroule fin mai au moment du temps des cerises. C’est sans doute tous ces signifiants doublés de la personnalité de l’auteur et son engagement qui ont été investis à posteriori par tous les anonymes qui avaient lutté pour une commune libre et autogérée pour perpétuer un souvenir et une expérience si durement réprimée.

    Chanter  Le Temps des Cerises, c’est leur rendre hommage en chantant l’amour et la révolution. 

    Il existe un nombre incalculable de versions chantées du Temps des Cerises, mes préférées sont celles de Mouloudji, Francesca Solleville et Noir Désir. 

     

    Histoire d’une chanson : « Le Temps des Cerises »

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

     

    La Tour Eiffel fête ses 130 ans

     

    La Tour Eiffel fête ses 130 ans

    La Tour Eiffel fête ses 130 ans cette année. Pour l'occasion, elle offre durant trois jours tous les soirs un spectacle lumineux. 

    Elle mesure 324 mètres de hauteur, pèse 7.300 tonnes et attire chaque année plus de sept millions de visiteurs : la Tour Eiffel, vivement contestée à sa construction, est devenue le symbole incontournable de Paris, qui fête son 130e anniversaire cette année. Pour célébrer son ouverture au public, le 15 mai 1889, l'Hôtel de Ville invite mercredi 1.300 enfants à découvrir le monument et écrire une carte postale dans le cadre du Festival "Paris'écrit". Après un concert gratuit dès 20H30 de Jeanne Added, la maire PS de Paris Anne Hidalgo donnera le coup d'envoi d'un spectacle lumineux à 22H00 qui sera joué toutes les heures jusqu'à minuit, mercredi, jeudi et vendredi. Celle qui est célébrée dans le monde entier, et propriété de la Ville de Paris, n'a pas toujours été aimée : sa construction s'était accompagnée d'une "polémique énorme, de plaintes et pétitions" d'opposants, rappelle l'adjoint chargé de la culture à la mairie de Paris, Christophe Girard.

    C'est à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1889, qui marquait le centenaire de la Révolution française, qu'un grand concours est lancé, remporté par l'industriel Gustave Eiffel, au grand dam de nombreux artistes de l'époque dont l'écrivain Guy de Maupassant. Construite en deux ans, deux mois et cinq jours, celle qui s'appuie sur plus de 18.000 pièces de fer est le symbole d'une "performance technique et architecturale". Au XIXe siècle, "elle est le symbole d'une France qui rattrape sa puissance industrielle" et devient "le clou de l'exposition de 1889", estime Bertrand Lemoine, architecte et historien.

    Depuis, sa renommée ne cesse de grandir, attirant chaque année plus de 20 millions d'admirateurs de toutes origines pressés de l'observer, parfois de la gravir et l'immortaliser. "La Tour Eiffel est un passage obligé", estime Laurie, venue du Canada. Comme elle, Regina Rossmann, une Allemande de 46 ans, n'a pas hésité une seule seconde à revenir avec ses enfants même si, "par rapport à il y a 20 ans, le prix du billet coûte cher": 9,70 euros pour un jeune, de 12 à 24 ans et 19,40 euros pour un adulte, pour accéder au sommet au moyen d'un ascenseur et escalier."Depuis l'incident de Notre-Dame, on se rend compte que les monuments sont fragiles et que des accidents peuvent arriver", ajoute Greta Rama, 23 ans, Albanaise qui vit à Bruxelles. L'incendie de la cathédrale "a réveillé les consciences sur l'importance de notre patrimoine", sur le fait qu'il "peut disparaître ou être abîmé", estime M. Girard.

    "Elle a battu Jeanne Calment"

    "C'est une réalisation, qui en dépit des années, a de plus en plus de succès", relève aussi Agnès Sorlier, 59 ans, une Parisienne dont le bureau donne sur la Dame de fer, qui avoue pourtant, un peu gênée, qu'elle "ne la regarde plus". Elle regrette que "les travaux, les grillages, le mur de verre autour de l'édifice... créent quelque chose d'infernal !", et donnent l'image d'une "Tour Eiffel barricadée". La Tour Eiffel "subit l'époque, qui est à la sécurité", concède Christophe Girard, "mais elle est plus forte que tout ça". Preuve s'il en faut: "Elle a battu Jeanne Calment", Française décédée à 122 ans.

    Las. La vieille Dame de fer fatigue et souffre d'une "saturation" de visiteurs. Sa peinture devrait bientôt être rafraîchie, "pour la 18ème fois depuis son origine", alors que l'accumulation de couches "pose problème", explique le spécialiste Bertrand Lemoine. Au fil des années, elle a aussi trouvé une place sur la scène internationale en portant des messages politiques voire humanistes, comme en attestent les nombreuses fois où elle s'éteint en hommage aux victimes de "terrorisme" ou aux sinistrés. "En 1900, alors que l'effet de mode était passé, il y avait un risque que la Tour soit détruite parce que considérée superflue, dépassée", rappelle Bertrand Lemoine. "Mais, Eiffel qui avait conscience de cette fragilité a démontré son utilité : la Tour Eiffel a servi d'antenne de radio, a permis d'assurer des communications entre Paris et la frontière franco-allemande", ajoute l'expert. "Dès lors, il y avait un intérêt stratégique et militaire à la conserver".

     

    SOURCE : https://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-Tour-Eiffel-vielle-dame-en-fete-pour-ses-130-ans-1624145 

     

    La Tour Eiffel fête ses 130 ans

     

    Mais ce que les médias

    oublient volontairement

    ou non de préciser 

     

    130e anniversaire de la tour Eiffel

    Si la mine algérienne m’était «comptée» !

     

    Tout Algérien et autre touriste visitant Paris est ébloui par la tour Eiffel, majestueuse et imposante du haut de ses 324 mètres.

    Un symbole de l’identité française et une attraction touristique mondiale qui a fêté le 31 mars 2019, son 130e anniversaire. Pour l’histoire, cette magnifique structure en fer a été dessinée par Maurice Kœchlin et construite par Gustave Eiffel, ingénieur de son état et célèbre entrepreneur qui a conçu ce monument à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris qui s’est tenue en 1889. La France allait montrer au monde, avec fierté, que le génie de la liberté avait accouché du génie de l’industrie.

    Construite en deux ans, deux mois et cinq jours, de 1887 à 1889, par 250 ouvriers, elle est inaugurée, à l’occasion d’une fête de fin de chantier organisée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889. Les Algériens et autres touristes visitant ce monument, ne se doutent certainement pas que cette «dame de fer» symbole et fierté des Français, est en fait du minerai extrait de la terre algérienne. Et pour cause, tout le fer utilisé pour sa construction, 8000 tonnes pour la charpente métallique, a été extrait des mines algériennes, de Rouina (Aïn Defla) et de Zaccar (Miliana).

     

     

    D’ailleurs, en guise de reconnaissance, Gustave Eiffel avait remercié les mineurs de Rouina, en offrant une horloge (montée sur une tour métallique) à l’école du village de Carnot (l’actuel El Abadia, wilaya de Aïn Defla). Il faut souligner que Rouina était l’une des premières mines exploitées en Algérie par les Français.

    Gustave Eiffel fût ébloui par la pureté de son fer qui est un minerai à haute valeur ajoutée, ayant des propriétés mécaniques idéales et convenables à ses projets, titrant une teneur moyenne de 56-60%, ce qui permettait l’obtention de fer «puddlé» (brassé), très indiqué pour ce genre de structure, contrairement au minerai de fer extrait des «minettes de Lorraine» et autres mines européennes, pauvre et inadapté aux structures nécessitant une résistance et une flexibilité mécanique aux aléas naturels. le journal français l’Echo des mines avait rapporté déjà en 1896 que «le fer qui a servi à la construction de la tour n’est pas n’importe lequel. Il a fait l’objet d’un choix minutieux. Il vient de mines algériennes et a été fabriqué dans les forges et usines de Pompey ‘Fould-Dupont’ en Lorraine, Gustave Eiffel l’a choisi notamment en raison de ses propriétés mécaniques».

    Le prix de la tour Eiffel, avec l’ornementation et les nécessités architecturales, a atteint les 5 millions de francs, tandis que la tour métallique a coûté à elle seule 3,405 millions de francs de l’époque. Le minerai provenant d’Algérie représente plus de 68% du prix de la tour ! A signaler également que l’excellent minerai de fer algérien avait démontré ses bonnes qualités, à l’instar des roues des locomotives BB 9004 et CC 71017 qui ont pulvérisé, les 28 et 29 mars 1955, le record du monde de vitesse (331 km/heure) sur une ligne droite dans les Landes et qui ont été coulées dans du minerai de fer provenant de l’ancienne mine de Breira, fermée en 1960 (actuellement relevant de Beni Haoua, wilaya de Chlef).

    L’Etat algérien sous l’Emir Abdelkader avait développé une industrie de l’armement à partir du minerai de fer du Zaccar et quinze siècles auparavant, les Phéniciens et les Romains n’ont-ils pas tiré du fer pour leurs soldats et du marbre pour leurs palais ! A la fin du XIXe siècle, une certaine connaissance du sol et du sous-sol s’est soldée par d’importantes découvertes parmi lesquelles figurent les gisements de fer de Ouenza et de Boukhadra, de phosphates du Kouif, de plomb et zinc de l’Ouarsenis et Ghar Rouban, entres autres.

    Pour illustrer l’intensité de l’activité minière, à cette époque, il y a lieu de noter que la production du minerai de fer a enregistré en Algérie une moyenne de 400 000 tonnes par an depuis 1875 pour culminer en 1928 à 2 006 092 tonnes, selon le journal l’Echo des mines et de la métallurgie.

     

      

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire

     Mêmes les plus pauvres des femmes européennes n'ont jamais connu ce qu'ont connu les femmes arabes

     

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire, c’est la raison principale qui a conduit les colonisés à se révolter.

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire

    Jean-Michel Blanquer n’a pas aimé l’école qu’il a connue enfant. Sans doute le contexte des premières années n’était-il pas favorable. La famille Blanquer était rapatriée d’Algérie, et avec son père avocat et sa mère prof d’anglais, ils ont vécu en France des premiers mois difficiles qui ont marqué l’enfant qu’il était. Il garde de ces années d’apprentissage une volonté farouche de changement : "On a d’immenses progrès à faire pour détecter en chaque enfant les qualités qu’il a. Notre système est trop enclin à reléguer l’élève, à lui faire perdre confiance en soi", avait-il confié à "l’Obs" en 2010, alors qu’il venait d’être nommé directeur de l’enseignement scolaire. 

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire

     

    LA GUERRE D'ALGERIE (1954-1962)

     

    En 1954, l’Algérie, dont la conquête a commencé à partir de 1830, est une colonie de peuplement qui a accédé au statut de départements français dans lequel coexistent les populations indigènes majoritairement musulmanes et environ un million de Français appelés « pieds-noirs ». En 1954, les premiers attentats du Front de libération nationale (FLN) marquent le début de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Comment l’Algérie a-t-elle basculé dans un conflit de décolonisation qui a amené la France à s’impliquer dans une longue et difficile guerre coloniale qui a laissé des traces profondes dans les relations entre les deux pays ?

    L’Algérie coloniale est une société très inégalitaire dans laquelle les populations européenne et indigène n’ont pas les mêmes droits.

    Les paysans indigènes ou fellah ont été spoliés de leurs terres et la plupart sont employés dans les grands domaines agricoles aux mains de quelques riches propriétaires terriens européens. Les populations autochtones ont donc au cours des siècles perdu les meilleures de leurs terres. Ils sont dépourvus de droits politiques. Mohammed Dib dénonce cette inégalité criante. Les Européens (majoritairement Français mais aussi Espagnols ou Italiens) vivent dans des conditions très différentes : il existe une minorité riche de Français, propriétaires de domaines agricoles, commerçants ou industriels qui ont mis en valeur le pays en utilisant la main d’œuvre locale employée à bas prix. Mais la plupart des « pieds-noirs » sont des petits artisans ou commerçants ou de petites gens vivant dans des conditions modestes voire misérables. Ils disposent en revanche de droits politiques. Il existe aussi une réelle différence de niveau de vie entre les Français de métropole et les Français d’Algérie. Le « pied-noir » Albert Camus, romancier et journaliste, rappelle que les « pieds-noirs » ne sont pas tous des colons enrichis par l’exploitation des indigènes, lui-même ayant connu dans son enfance la misère. Dans la société algérienne, les aspirations à l’indépendance sont de plus en plus largement partagées. Déjà, le 8 mai 1945, de grandes manifestations avaient montré le désir des Algériens d’avoir plus de reconnaissance de la France et s’étaient soldées par un massacre à Sétif.

    La guerre commence à la suite d’attentats du FLN qui revendique la libération de l’Algérie et du refus de la France de procéder à la décolonisation. La guerre dure près de 8 ans de 1954 à 1962.

    Pour maintenir l’ordre colonial en Algérie, la France envoie les militaires et les soldats du contingent (civils exerçant le rôle de soldat en cas de conflit souvent pendant la période de leur service militaire). Pour lutter contre un ennemi inférieur en nombre et en force qui utilise la guérilla et les attentats contre les civils et les militaires, l’armée française utilise la torture et les violences. L’objectif de la torture est de faire parler les membres des organisations indépendantistes algériennes pour démanteler les réseaux de combattants.

    Le FLN s’appuie sur l’Armée de libération nationale (ALN) composée de fellagas, combattants partisans de l’indépendance, qui disposent de soutiens dans la population locale. Mais ils s’en prennent aussi parfois aux populations arabes insuffisamment engagées auprès du FLN ou aux harkis des soldats arabes engagés aux côtés de l’armée française.

    L’armée française essaie d’occuper le terrain : pour cela, elle rassemble les populations, rase certains  villages pour éviter que les fellagas n’aient des appuis locaux et fait dans le même un intense travail de propagande pour convaincre les populations du bien-fondé de l’occupation coloniale française : scolarisation de la population, équipements de villages en eau, en électricité, en école. Chaque camp essaie donc d’obtenir le soutien de la population locale pour gagner une légitimité et une reconnaissance.

    La guerre d’Algérie qui a des conséquences très importantes dans de nombreux domaines s’achève le 19 mars 1962 par les accords d’Évian.
      

    En métropole, la population française est très clivée : les partisans de l’indépendance et les opposants à la torture manifestent régulièrement et s’opposent aux partisans de l’Algérie française. Certains partisans de l’Algérie française utilisent le terrorisme pour faire pression sur le pouvoir et s’organisent dans une organisation clandestine : l’Organisation de l’Armée secrète (OAS)
    La guerre d’Algérie a aussi une forte influence sur la vie politique intérieure de la France et les institutions de la IV° République, incapable de régler le conflit, devient de plus en plus instable. La IV° République cède la place à la V° République après que le général de Gaulle ait été appelé le 13 mai 1958 à Alger comme recours pour régler la question algérienne. Le 4 octobre 1958, la constitution de la V° République est promulguée et donne à de Gaulle d’importants pouvoirs pour régler la crise.
    Dans le monde, cette guerre ternit le prestige de la France comme patrie des Droits de l’Homme car l’occupation coloniale et l’usage de la torture sont des atteintes aux principes de la volonté des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la dignité humaine. La difficulté de la France à accepter l’émancipation de l’Algérie provient du fait que l’Algérie est considérée comme faisant partie intégrante du territoire français. En 1961, le 18 octobre à Paris, le préfet de police Maurice Papon fait réprimer par les forces de l’ordre une manifestation d’Algériens partisans de l’indépendance qui fait plusieurs morts jetés dans la Seine.
    En 1962, les accords d’Évian accordent à l’Algérie son indépendance : les Européens d’Algérie sont rapatriés en France où ils reçoivent un accueil froid et indifférent. Les harkis engagés aux côtés des Français ont été victimes de massacres sanglants. La guerre d’Algérie laisse des traces profondes, douloureuses et durables dans les deux pays.

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    2 commentaires
  •  

    Désolé Manu, désolé Valérie, l’Algérie ne veut plus

    entendre parler de l’ancienne puissance coloniale

    et elle a raison !!!

    Algérie : la rénovation de la Casbah retirée à la France et confiée à Cuba

     Abdelkader Zoukh, Valérie Pécresse et l’architecte Jean Nouvel lors d’une visite de la Casbah d’Alger, le 16 décembre. Alvaro Canovas / Paris Match

    Algérie : la rénovation de la Casbah retirée à la France et confiée à Cuba

    Algérie : la rénovation de la Casbah retirée

     à la France et confiée à Cuba

    Algérie : la rénovation de la Casbah retirée à la France et confiée à Cuba

    La rénovation de la Casbah d’Alger sera retirée aux Français et confiée aux Cubains. La ministre de la Culture, Meriem Merdaci, et l’ambassadeur de Cuba à Alger, Pulido Escodelle, se sont mis d’accord, aujourd’hui 15 mai, pour conclure l’accord de la restauration de ce quartier historique de la capitale.

    Dans le cadre de renforcer la coopération bilatérale dans les domaines culturels entre Cuba et l’Algérie, il a été convenu de conclure, dans les semaines à venir, un accord avec Cuba concernant la restauration de la Casbah d’Alger. À cette occasion la ministre de la Culture avait salué le «majestueux travail de restauration menée à Cuba».

    Meriem Merdaci avait ainsi déclaré que « l’expérience de Cuba en matière de restauration du patrimoine est pionnière ». La ministre a évoqué « les quartiers séculaires de La Havane ». « LaHabana Vieja (fr. la vieille Havane) est l’exemple même de la ville antique qui a préservé sa cohérence urbaine, sa cohésion sociale et son cachet culturel », avait soutenu la ministre.

    Le gouvernement est bien décidé à clôturer le dossier de la Casbah d’Alger, une ville qui a été inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1992. Ce même dossier avait suscité de nombreuses polémiques, surtout quand le projet a été remis aux experts français, chapeauté par l’architecte contemporain français de renommée internationale Jean Nouvel.

    Une lettre regroupant 400 signatures d’architectes, d’historiens, d’universitaires et d’artistes avait été envoyée à Jean Nouvel afin de l’inciter à renoncer à ce projet. Dans cet écrit, nous avons pu lire : « les Français ont déjà partiellement détruit la Casbah trois fois. N’acceptez pas d’être complice d’une quatrième vague de transformation brutale française de la Casbah. Tout architecte se doit d’être complètement responsable des conditions et conséquences politiques des projets qu’il accepte ». 

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Ce mercredi dans La Provence :

     à Marseille, on répare les grands blessés

     de guerre

    En avril 2018, la ministre des Armées, Florence Parly, s’était rendue à l’hôpital Lavéran. Par S.M.

    Ils sont frères d’armes, et ce n’est pas un vain mot. Ce mardi, dans toutes les casernes, les régiments, les États-Majors de France, c’est une famille, celle de l’armée française, qui a pleuré et rendu hommage à deux de ses enfants. Il en va ainsi chaque fois qu’un camarade meurt en mission - que le drame soit médiatisé ou pas -, chez ces militaires unis par les liens du sang. Ce sang que tous les soldats savent qu’ils devront peut-être verser un jour, "parce que cela fait partie du métier", explique l’adjudant-chef David, chargé de la cellule d’aide aux blessés de l’État-Major de la zone de défense sud, basée à Marseille.

    Depuis la fin de la guerre d’Algérie, 638 soldats français ont été tués en opérations extérieures. Fin 2017, la revue annuelle du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire dénombrait 141 militaires français, principalement de l’armée de Terre, qui ont perdu la vie entre 2008 et 2017 au cours d’une mission en Afghanistan, au Sahel, en Centre Afrique, au Mali. Avec l’intensification de la présence française, notamment pour lutter contre le terrorisme, ce sont chaque année des cohortes de blessés qui sont rapatriés en métropole.

    https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5500580/demain-dans-la-provence-a-marseille-on-repare-les-grands-blesses-de-guerre.html

     

    Hélas si M. Macron continue de refuser de changer de stratégie politico-militaire Il y aura d’autres héros Comme ces deux là :

     

     

    mais nous rappelons que la vie d’un homme n’a pas de prix.

    Et la guerre contre le terrorisme la france ne doit pas être seule en europe pour mener cette guerre...

     

    Merci de prendre connaissance de ce dossier

    En Afghanistan, une guerre sans fin

    CLIQUEZ SUR CE LIEN : https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/En-Afghanistan-guerre-sans-fin

     

    Sahel : cette guerre dont on ne sort pas vainqueur

     

    Par Jean-Dominique Merchet 

     

    La France refuse d’envisager de changer de stratégie politico-militaire, même si elle ne fonctionne pas, comme le montre l’extension de la menace.

    Emmanuel Macron présidait ce mardi 14 mai aux Invalides une cérémonie d’hommage national pour les deux officiers mariniers du commando Hubert, tués lors de la libération d’otages au Burkina Faso. Lundi, les honneurs militaires leur ont été rendus dans la plus stricte intimité, en présence du chef d’état-major de la marine, l’amiral Praszuck.

    Comme un signe d’agacement… Au ministère des Armées, on se gausse des formules journalistiques sur l’opération Barkhane : « L’année dernière, nous étions “enlisés” au Sahel. Cette année, c’est “embourbés”. Et l’an prochain, ce sera “ensablés”...» A l’Hôtel de Brienne comme à Balard, on reste droit dans ses rangers. Pas question de changer une stratégie qui ne fonctionne pourtant pas.

    L’enlèvement de deux Français dans un parc naturel au nord du Bénin – un pays qui jusqu’à présent n’était pas touché par le terrorisme – illustre le fait que, loin d’être contenue, la menace se répand dans toute la région. A l’origine, c’est-à-dire en janvier 2013, elle était essentiellement localisée dans le nord du Mali et l’armée française a détruit ce sanctuaire en quelques semaines d’une Blitzkrieg dans les sables (Opération Serval). Mais plutôt que de partir rapidement, en laissant aux autorités maliennes et aux différents groupes locaux le soin de gérer la situation – quitte à revenir si besoin – Paris a décidé de s’installer dans la durée et d’élargir son intervention à toute la région, sous le nom de Barkhane.

    Nous sommes six ans plus tard. 27 militaires français ont été tués, des dizaines d’autres grièvement blessés, qui resteront invalides. Le coût pour le budget français dépasse les 4 milliards d’euros. Et personne ne voit la porte de sortie : auditionné par les députés en 2018, le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, affirmait : « Je ne pense pas qu’il soit possible de régler le problème au Mali en moins de 10 à 15 ans, si tant est que nous le puissions ». Sage remarque, même si elle heurte la doxa qui règne dans les milieux officiels, où « la lutte contre le terrorisme » et « le rôle particulier de la France dans le monde » sont des articles de foi qu’on ne discute pas.

    Trois générations après les indépendances de ses ex-colonies, la France n’a plus qu’une influence marginale sur les dynamiques sociales et politiques en cours dans la région. Un exemple : que peut faire Paris, ses militaires, ses diplomates, ses «développeurs» pour régler les conflits d’usage entre éleveurs et agriculteurs au Sahel, sur lesquels viennent se greffer les groupes djihadistes ? De quel véritable levier dispose l’Elysée pour convaincre les autorités maliennes de rétablir quelques services publics dans le nord du pays ? Sauf à y envoyer la gendarmerie nationale, qui a les moyens de lutter contre les trafiquants, alliés tant aux pouvoirs locaux qu’aux combattants terroristes ? Le diplomate français Gérard Araud résume la difficulté d’une formule : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » alors que Jean-Marie Guéhenno, ancien président d’International Crisis Group constate « la faible mobilisation des autorités [locales] pour les réformes dès lors que leur sécurité immédiate est assurée » par la France.

    Cette situation n’est pas propre au Mali. Le spécialiste des conflits Gérard Chaliand remarque que désormais « l’Occident ne gagne plus les guerres » dans le reste du monde. Grâce à la puissance de sa machine militaire, il remporte certes des succès tactiques, mais ne parvient pas à s’extraire des conflits en vainqueur. L’Afghanistan est, à cet égard, un cas d’école. Dix-huit ans après l’intervention américaine en 2001, les talibans sont toujours là et il faut se résoudre à négocier avec eux. Au passage, 89 militaires français sont morts là-bas et un grand chef militaire reconnaît combien il est difficile d’expliquer aux orphelins – qui ont grandi – pourquoi leurs pères sont tombés au fond d’une vallée afghane.

    En Irak et en Syrie, la puissance américaine, appuyant les forces locales, a mis quatre ans pour détruire le Califat territorial de l’Etat Islamique. Mais le 29 avril, son chef Abou Bakr al-Baghadadi s’est rappelé aux bons souvenirs de ses contemporains et l’EI a montré qu’il gardait sa puissance d’action avec les attentats coordonnés au Sri Lanka. En Libye, où l’intervention occidentale de 2011 a fait exploser ce qui restait des structures étatiques, la France a soutenu le maréchal Haftar contre les groupes djihadistes, mais désormais celui-ci menace militairement le gouvernement reconnu par la communauté internationale, et la diplomatie française se retrouve Grosjean comme devant…

    Sauf à adapter le niveau de ses ambitions à la réalité de ses capacités d’action, la France se retrouvera « enlisée », « ensablée » ou « embourbée » dans des conflits sans issue. N’en déplaise aux stratèges parisiens.

     Mali, une guerre sans fin

    CLIQUEZ SUR CE LIEN : http://www.leparisien.fr/international/mali-une-guerre-sans-fin-30-04-2018-7691247.php

     

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    La vie d'un homme n'a pas de prix

     

    La vie d'un homme n'a pas de prix

    Des militaires, capables de donner leur vie pour les autres. Respect pour ça. Mission réussie.

    La vie d’un homme n’a pas de prix.

    Où est l’Europe ? La France est bien seule !

    "J'ai perdu l'amour de ma vie": l'émotion de la compagne du soldat Cédric de Pierrepont

     

    Bravo Madame pour votre dignité je vous souhaite sur votre chemin un courage immense avec un soutien sans faille autour de vous pour vous avec à l'issue une Paix en harmonie avec lui.

    J'espère sincèrement que les familles de ces 2 militaires pourront se reconstruire après un tel drame. 

    J’aimerai que l’on réponde à cette question :

    Où est l’Europe ? La France est bien seule ! Pourquoi ? 

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    Les relation troubles d’Emmanuel Macron

    avec l’Algérie

     

    Dans son livre fort documenté « le grand manipulateur », Marc Endeweld revient sur les liens que le président français, Emmanuel Macron, aidé par Emmanuel Benalla, a tissés avec deux oligarques algériens, Ali Haddad et Issad Rebrab.

    La diplomatie française, qui redoutait par-dessus tout une transition politique algérienne dominée par Gaïd Salah, ce chef d’état major proche de la Russie et fort éloigné des intérêts français, a tout mis en oeuvre pour soutenir le président Abdelaziz Bouteflika en fin de course. De façon plus surprenante, le président français, Emmanuel Macron, a mis les bouchées doubles pour soutenir un régime à l’agonie. La lecture du livre de Marc Enselweld sur les réseaux opaques du président français avec de riches hommes d’affaires algériens fournit quelques clés d’explication de cette posture surprenante de l’Elysée face à la transition démocratique algérienne.

    Un tweet à contre-temps

    On se souvient du tweet ahurissant envoyé par le président français, le 12 mars dernier alors qu’il se trouvait en voyage officiel à Djibouti. La veille, le clan Bouteflika, à l’agonie, avait proposé une dérisoire feuille de route appelant, après vingt ans de règne, à des réformes fondamentales et à une nouvelle constitution. Depuis trois semaines, la rue algérienne dénonçait l’incurie du régime et demande le départ des principaux dirigeants politiques liés à ce régime honni. Et bien Emmanuel Macron ne trouva rien de mieux à faire que de soutenir, par un tweet, le régime finissant. 

    « La jeunesse algérienne, expliquait-il, a su exprimer son espoir de changement avec dignité. La décision du Président Bouteflika ouvre une nouvelle page pour la démocratie algérienne. Nous serons aux côtés des Algériens dans cette période nouvelle, avec amitié et avec respect ». L’association des valeurs démocratiques et du nom de Bouteflika était à l’évidence d’une totale maladresse. 

    Cette prise de position aura pour seul effet de renforcer la mobilisation populaire et la détestation du régime en place. 

    Pourquoi le président français affichait-il une position aussi peu pertinente? Comment pouvait-il prendre le risque de se faire huer dans les manifestations qui se multiplient en Algérie? Pour quelle raison montrait-il une telle précipitation en se substituant par les réseaux sociaux aux canaux diplomatiques habituels ?

    Des cadavres dans le placard

    L’essai fort instructif du journaliste Marc Endeweld explique ce soutien par les liens étroits qu’Emmanuel Macron a tissés avec les hommes d’affaires les plus influents du régime algérien. A savoir Ali Haddad, l’ex patron des patrons et Issad rebrab, l’homme le plus riche d’Algérie. Le premier est la tirelire du clan Bouteflika dont il a servi les pires turpitudes ; Le second est l’homme d’affaires soutenu par l’ex DRS, cette police politique qui fut la colonne vertébrale du système algérien ? 

    Plus grave, le profil des intermédiaires franc–algériens à l’oeuvre dans ces relations suspectes, Alexandre Benalla en tète, laissent entrevoir des arrangements que la morale politique réprouve. 

    A la lecture du livre de Marc Endeweld, on a le sentiment en effet que les relations entre Emmanuel Macron et l’Algérie dissimulent quelques cadavres dans les placards. 

    L’échappée belle vers Alger 

    Lorsqu’au coeur de sa campagne électorale en vue de la dernière Présidentielle, Emmanuel Macron se rendit à Alger, les 13 et 14 février 2017, le candidat d’En Marche se trouvait dans une situation financière très périlleuse. » L’argent manque terriblement pour poursuivre sa campagne, note Marc Endeweld, le budget est très entamé ». 

    Reçu comme un chef d’état par le pouvoir algérien qui misait beaucoup sur son élection, Emmanuel Macron se montrera très favorablement impressionné par Ramtane Lamamra, ministre alors des Affaires Etrangères, et Abdeslam Bouchouareb, ex ministre de l’Industrie et propriétaire d’un bel appartement à Paris, dont la réputation affairiste n’est plus à faire. Depuis, ces deux hommes sont régulièrement consultés par l’Elysée sur le dossier algérien. 

    Durant le même voyage, Emmanuel Macron qualifia la colonisation, dans une interview à la chaine de télévision Echorouk News, de « crime contre l’humanité ». Des propos surprenants dans le cadre d’une campagne qui se veut consensuelle et provenant d’un homme qui en 2016, expliquait au « Point », que l’occupation de l’Algérie s’était accompagnée d' « éléments de civilisation ». Une telle audace fut payante auprès des dirigeants algériens qui, dès lors, virent en Emmanuel Macron un interlocuteur privilégié. 

    Mais durant ce même voyage, plusieurs « rencontres discrètes » furent organisées, apprend-on dans le livre « le grand manipulateur ». Deux hommes y assistèrent: Alexandre Benalla, le fidèle garde du corps, et François Touazi, un haut cadre du groupe Ardian (ex Axa), les deux principaux organisateurs du voyage. 

    Ali Haddad courtisé

    «  Le 14 février, en fin de matinée, explique Marc Endeweld, un petit déjeuner est organisé sur la terrasse de l’hôtel El Aurassi avec les représentants du FCE, le forum des chefs d’entreprise, l’équivalent du Medef ». Le patron des patrons algérien et intime du clan Bouteflika, Ai Haddad, était « tout sourire », face à un Emmanuel Macron qui prend des engagements vis-à-vis de l’Algérie en matière d’énergies renouvelables. 

    Quelques heures plus tôt dans le même hôtel, le même Haddad prenait un autre petit déjeuner, celui-ci très discret, avec Emmanuel Macron et François Touazi. De cette rencontre, il ne filtrera rien.

    A l’époque, Alexandre Djouhri, dit Alex, un intermédiaire flamboyant qui est proche à la fois de Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Chirac et de Maurice Gourdault-Montagne, l’actuel secrétaire général du Quai d’Orsay, séjournait fréquemment en Algérie. Cet habitué de l’hôtel Aurassi entretenait des relations étroites avec Ali Haddad. « Selon trois sources différentes, affirme l’auteur du « Grand Manipulateur », l’homme d’affaires algérien a bien rencontré à cette occasion le futur président ». Ce que Djouhri dément. 

    Symbole de la corruption qui règna sous Abdelaziz Bouteflika, Ali Haddad n’est certainement pas un modèle de vertu ni de modernité. Pourquoi Emmanuel Macron prend-il le risque de le rencontrer à deux reprises? Quel profit en retirer ? Autant de questions que pose, entre les lignes, l’ouvrage de Marc Endeweld. De là à imaginer des sources de financement algérien dans la campagne d’Emmanuel Macron, il y a un pas que plusieurs sources à Alger franchissent en privé, mais sans preuves pour l‘instant.

    La veille de ces deux petits déjeuners avec Ali Haddad, le candidat Macron dinait avec Issad Rebrab, l’homme le plus riche d’Algérie qui fit fortune grâce à sa proximité avec les services algériens dirigés pendant un quart de siècle par le fameux général Mohamed Mediène L’homme d’affaires est au plus mal à l’époque avec le clan Bouteflika qui cherche à lui tondre la laine sur le dos et à le marginaliser. L’homme d’affaires kabyle est parfois même présenté comme un opposant au pouvoir en place. 

    Pourtant Emmanuel Macron, au risque de mécontenter le clan Bouteflika, accepte l’invitation à diner de Rebrab. Première raison de cette visite peu protocolaire, le candidat connaissait bien l’industriel kabyle qui investissait massivement en Franc alors qu’il était secrétaire général adjoint à l’Elysée puis ministre de l’industrie durant la mandature François Hollande. 

    Deuxième raison de cette rencontre, les liens sont très nombreux entre les entourages du candidat et de l’oligarque. Rebrab est en effet un intime de François Touazi depuis fort longtemps. Le groupe Cevital qu’il a créé – a fait travailler Alexandre Benalla à l’époque où ce dernier avait fondé la société de sécurité « Velours ». Enfin il s’est fait aider dans ses investissements en France par un ancien trader Franco-Algérien du nom de Farid Belkacemi qui participa également à la préparation du voyage d’Emmanuel Macron durant la campagne des Présidentielles. Cerise sur le gâteau, Farid Belkacem est un proche ami d’Alexandre Benalla qu’il aida à se reconvertir lorsqu’il dut quitter l’Elysée au mois de juillet dernier.

    Depuis son élection comme Président de la République, Emmanuel Macron n’a cessé de témoigner de son amitié pour l’industriel kabyle qu’il a reçu à plusieurs reprises, notamment au Château de Versailles en janvier 2019 lors du sommet « Choose France ». Une amitié est née dont on ne connait pas vraiment tous les ressorts.

    Des interpellations spectaculaires 

    Est ce un hasard ? Ali Haddad et Issad Rebrab ont été placés, ces dernières semaines, en détention par le pouvoir militaire algérien. Qu’ils soient l’un et l’autre des amis de la France n’arrange pas leurs affaires. Le chef d’état major, Gaïd Salah, au mieux avec les Russes et apprécié par les Américains, entretient en effet des relations très tendues avec la diplomatie française. Leurs bonnes relations avec Emmanuel Macron ont pu même aggraver leur situation. 

    Haddad et Rebrab ont été interpellés l’un et l’autre au prix de mises en scène savamment orchestrées. Les caméras ont été autorisées à filmer le premier d’entre eux alors qu’il était hué par la foule et, contre tout usage, alors qu’il se trouvait dans l’enceinte du tribunal. 

    Depuis, la diplomatie française est bien silencieuse et Emmanuel Macron a renoncé à commenter la situation algérienne par tweets. 

    L’avertissement du pouvoir militaire algérien aurait-il été entendu ?

    Nicolas Beau

    Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi) 

    SOURCE : https://mondafrique.com/les-relation-troubles-demmanuel-macron-avec-lalgerie/

     

    Les relation troubles d’Emmanuel Macron avec l’Algérie

     



     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  • A Bollène comme à Béziers

    Un article de Jacques Cros

     

     

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6573141-a-bollene-comme-a-beziers?fbclid=IwAR3Wi0Ebb_AXaOHlSxoRKJ5-IpocBBTDHmvkZc9SdNJiX8e7pq5qvS8NdjI 

     

    Photo Gilbert Soulet 

    Mme Bompard, maire d’extrême droite de Bollène, a pris modèle sur son collègue de Béziers et a décidé de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom d’Hélie Denoix de Saint-Marc, un officier putschiste. Certes il avait été un Résistant mais ce n’est certainement pas ce qui a guidé ce choix.. 

    Evidemment l’initiative est lourde de signification. Il s’agit de redorer le blason d’une idéologie qui était celle du colonialisme. On y retrouve les éléments classiques du racisme et de la xénophobie que la crise socio-économique que nous subissons fait renaître.

     

    Le débat qui a eu lieu au sein du conseil municipal de Bollène suite à la proposition de son maire n’a vu parmi les conseillers d’opposition qu’une position cohérente, celle de Serge Fiori, élu communiste. Les autres ont eu des considérations au terme desquelles ils ont déclaré ne pas vouloir se prononcer sur un domaine qui appartient aux historiens. Eh oui, il faut attendre d’avoir les mains dedans pour pouvoir dire avec certitude « Ça en est ! » 

    Les consciences ne sont visiblement pas acquises sur ce qu’était la guerre d’Algérie, une guerre coloniale pour laquelle on avait enrôlé les jeunes Français qui ont eu le malheur d’avoir 20 ans à cette époque. 

    Et les idées ne sont pas plus claires sur les causes de la crise que nous connaissons aujourd’hui, à savoir la logique du profit et ses conséquences désastreuses pour l’immense majorité des gens. 

    Dans ces conditions peut se déployer sans trop de difficulté une analyse qui nie ce qu’a été la réalité de la guerre d’Algérie faite de violences et d’exactions comme le sont les guerres en général. Cela alimente les conceptions belliqueuses qui ont cours dans les relations internationales aujourd’hui. Nous voilà revenus au temps de la politique de la canonnière et du règlement par la force armée des différends. 

    A Bollène les associations d’anciens combattants regroupés dans la FNACA, l’ARAC, l’ANACR et l’ANCAC ont organisé une manifestation de protestation contre cette volonté d’effacer l’aspiration à la paix qui s’était soldée par les Accords d’Evian dont l’application était le cessez-le-feu qui est intervenu le 19 mars 1962 à midi. 

    Contrarié par le vent et la pluie l’initiative a vu la participation d’une centaine de personnes. Ce sont ces citoyens qui avaient la justice et le droit avec eux

    Jacques CROS

    Hélas votre manifestation de protestation à Bollène n'a servi à rien la rue du 19-Mars-1962 a bien été débaptisée remplacée par le nom du putschiste Elie Denoix de Saint-Marc

    Commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes, Hélie Denoix de Saint Marc a pris part à la tête de son régiment au putsch des généraux en Algérie en avril 1961.  Cela lui a valu d’être condamné à dix ans de réclusion criminelle. Gracié en 1966 par De Gaulle, il a été  réhabilité dans ses droits en 1978 par Valéry Giscard-d’Estain, il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur le 28 novembre 2011, par Nicolas Sarkozy. 

     

    Hélas votre manifestation de protestation à Bollène n'a servi à rien la rue du 19-Mars-1962 a bien été débaptisée remplacée par le nom du putschiste Elie Denoix de Saint-Marc

     

     

    POLÉMIQUE

    Bollène :

     La rue Commandant Denoix de Saint-Marc inaugurée

    Hélas votre manifestation de protestation à Bollène n'a servi à rien la rue du 19-Mars-1962 a bien été débaptisée remplacée par le nom du putschiste Elie Denoix de Saint-Marc

    Hélas votre manifestation de protestation à Bollène n'a servi à rien la rue du 19-Mars-1962 a bien été débaptisée remplacée par le nom du putschiste Elie Denoix de Saint-Marc

    La manifestation contre la débaptisation de la « rue du 19 mars 1962 » quelques semaines plus tôt n’aura rien changé. En effet, malgré l’appel de l’ANACR, la FNACA et de l’ARAC, la municipalité a inauguré ce samedi 11 mai l’artère nouvellement baptisée « rue Commandant Denoix de Saint-Marc ». Résistant, déporté, officier parachutiste de la Légion étrangère décoré des plus hautes distinctions militaires mais aussi, l'un des principaux acteurs du putsch des Généraux en 1961 lors de la guerre d’Algérie. Condamné par la France à dix ans de réclusion criminelle, Hélie Denoix de Saint-Marc sera réhabilité dans ses droits en 1978.

    « L’histoire officielle tire des enseignements sur la guerre d’Algérie qui ne correspondent pas à la vérité vécue par des centaines de milliers de français. Par cette dénomination nous rendons justice à ces français anonymes ignorés par l’histoire, harkis et pieds noirs abandonnés puis rejetés par la nation qu’ils ont tant aimé », a déclaré Marie-Claude Bompard.

    Face à des centaines de personnes, élus, représentants d’associations patriotiques, anciens combattants, et de Blandine Bellecombe, fille d’Hélie de St Marc, la maire a réaffirmé par cet acte sa volonté de «  faire perdurer ce souvenir pour les générations à venir » quand « la France a mis du  temps à reconnaitre l’héroïsme d’Hélie de Saint-Marc ».

    L’hommage aura été grand. Lecture du texte « Que dire à un jeune de 20 ans » d’Hélie de Saint-Marc, succession de discours et dévoilement de la plaque, sous les yeux larmoyants de bon nombre de présents. Tous saluant « plus que l’homme, les valeurs qui ont été les siennes toute sa vie : courage, fidélité, honneur ». 

    SOURCE : https://www.ledauphine.com/vaucluse/2019/05/11/bollene-la-rue-commandant-denoix-de-saint-marc-inauguree 

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    Le nom de Maurice Audin indésirable à Toulouse

     

     

    La mairie de Toulouse, conduite par le parti de droite « Les Républicains », refuse de donner le nom du militant franco-algérien torturé à mort, Maurice Audin, à une place de la ville, rapporte ce jeudi 9 mai le journal français l’Humanité. 

    Malgré un appel et une pétition, signés par des conseillers municipaux d’opposition du Parti communiste français (PCF) et d’Europe Écologique – Les Verts (EELV) ainsi que des historiennes et des responsables associatifs, la mairie s’oppose à ce qu’une place porte le nom du militant de l’indépendance de l’Algérie, mort torturé par l’armée française en 1957.


     Reconnaissance officielle 

    Le 13 septembre 2018, le président français Emmanuel Macron a reconnu officiellement l’implication de son pays dans l’assassinat de Maurice Audin. Le militant est « mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France », a précisé l’Élysée dans un communiqué. Macron a annoncé également l’ouverture des archives concernant les disparus français et algériens durant la guerre d’Algérie.

    La disparition de Maurice Audin est l’une des plus mystérieuses de la guerre d’Algérie. L’affaire avait à l’époque suscité une importante mobilisation de sa famille, notamment sa femme Josette Audin, qui a consacré soixante années avant sa mort à lutter pour faire reconnaître la responsabilité des autorités françaises dans la mort de son mari.

    Les circonstances exactes du décès de Maurice Audin restent toutefois imprécises. Des témoignages révèlent qu’il a été incarcéré le 12 juin 1957 au centre algérois El Biar avec son assistant Henri Alleg. Le militant communiste algérien est mort sous la torture. Le général Paul Aussaresses, a confié sur son lit de mort à un journaliste que « la vérité, c’est qu’on l’a tué, il fallait qu’on tue Audin […] Nous l’avons tué au couteau pour faire croire que c’était les Arabes qui l’avaient fait ».

    Pas de rue au nom de Frantz Fanon

     à Bordeaux

    Dans la poubelle de l'Histoire les nostalgiques de la France coloniale !!!

    L’écrivain algérien Frantz Fanon n’aura pas de rue à son nom à la ville de Bordeaux, à cause d’une opposition de l’extrême droite. 

    Alors qu’il était encore  maire de la ville, Alain Juppé, a décidé d’annuler une décision portant sur la dénomination d’une ruelle des nouveaux quartiers de Bordeaux au nom de Frantz Fanon. L’ancien Premier ministre français de Nicolas Sarkozy a évoqué, dans un communiqué, « des incompréhensions, des polémiques et des oppositions » autour de cette nomination, en raison des liens de l’écrivain martiniquais avec le FLN durant la guerre de libération nationale algérienne. « Dans un souci d’apaisement, j’ai donc décidé de surseoir à cette proposition », a-t-il expliqué.

    Rappelons que le conseil municipal de Bordeaux avait validé en décembre le choix de la commission de la dénomination des rues, de baptiser une sente du quartier de Ginko au nom de l’humaniste Frantz Fanon. L’opposition municipale de l’extrême droite du  Rassemblement National (RN) a critiqué cette décision. « En nommant une rue de Bordeaux “Frantz Fanon”, [on] rend hommage à un homme qui a pris, il y a 60 ans, fait et cause pour le terrorisme algérien », avait écrit le conseiller du RN, François Jay, sur le site Riposte Laïque. Face à ces pressions, Alain Juppé et sa majorité ont cédé.

    Frantz Fanon est né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France (Martinique) et est décédé sous le nom d’Ibrahim Frantz Fanon, le 6 décembre 1961 aux États-Unis. Il s’est engagé en faveur de l’indépendance de l’Algérie et a restitué sa nationalité française pour rejoindre le FLN à Tunis, en 1957.

    Rues, monuments et crimes coloniaux

     à Marseille

    Dans la poubelle de l'Histoire les nostalgiques de la France coloniale !!!

    Marseille est une ville coloniale. Ville coloniale déchue, dirigée depuis longtemps par une bourgeoisie mercantile, affairiste, mafieuse, imprévoyante et irresponsable. Elle en porte toujours les stigmates : monuments, noms de rue, parcs, façades d’immeubles, de compagnies maritimes, de banques coloniales... qui témoignent des « splendeurs » passées de l’empire colonial mais aussi plus directement des crimes coloniaux.
    Il y a longtemps que je projette d’en faire un répertoire, le plus complet possible, à commencer par les escaliers de la Gare Saint-Charles et le Parc Chanot.
    Mais nous sommes à la veille de l’anniversaire du 8 mai 1945. C’est celui de  la victoire sur les nazis à laquelle ont participé de nombreux soldats coloniaux. C’est aussi celui des massacres coloniaux de Sétif et de Guelma.
    Arrêtons-nous sur les plaques de certaines de ces rues et de certains de ces monuments qui glorifient la conquête de l’Algérie et les crimes qui vont avec.

    Il y a à Marseille des enfants, des enseignants et du personnel des écoles, qui vont chaque jour à l’École Bugeaud, ouverte en 2015, située dans le 3ème arrondissement, au fond de la rue... Bugeaud, à côté de la caserne du Muy. Sans que cela semble-t-il ne suscite la moindre protestation, en particulier des syndicats d’enseignants.

    Bugeaud écrivait le 18 janvier 1843 au général de la Moricière: « Plus d’indulgence, plus de crédulité dans les promesses. Dévastations, poursuite acharnée jusqu’à ce qu’on me livre les arsenaux, les chevaux et même quelques otages de marque... Les otages sont un moyen de plus, nous l’emploierons, mais je compte avant tout sur la guerre active et la destruction des récoltes et des vergers... Nous attaquerons aussi souvent que nous le pourrons pour empêcher Abd el Kader de faire des progrès et ruiner quelques-unes des tribus les plus hostiles ou les plus félonnes. »

    Dans la poubelle de l'Histoire les nostalgiques de la France coloniale !!!

    Le 24 janvier il écrit au même : « J’espère qu’après votre heureuse razzia le temps, quoique souvent mauvais, vous aura permis de pousser en avant et de tomber sur ces populations que vous avez si souvent mis en fuite et que vous finirez par détruire, sinon par la force du moins par la famine et les autres misères. »
    Bugeaud déclare dans un discours à la Chambre le 24 janvier 1845 :
    « J’entrerai dans vos montagnes ; je brûlerai vos villages et vos moissons ; je couperai vos arbres fruitiers, et alors ne vous en prenez qu’à vous seuls. »

    Tout à côté se trouve la rue Cavaignac qui utilisa pour la première fois le 11 juin 1844 la pratique des enfumades. Plusieurs centaines de Sbéhas,  sont ainsi asphyxiés dans les grottes où ils se sont réfugiés. Bugeaud, admiratif déclare alors  « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Enfumez-les à outrance comme des renards. » Ce qui fut fait le 18 juin 1845 dans les grottes du Dahra où fut exterminée toute une tribue, hommes, femmes et enfants, entre 700 et 1200 personnes selon les estimations.

    Enfin pour en finir et en rester à la conquête de l’Algérie citons le Monument des « Mobiles, en haut de la Canebière.
    Ce monument est destiné à commémorer la mémoire des habitants des Bouches-du-Rhône enrôlés et morts dans la guerre de 1870-71. On pourrait croire, donc, qu’il s’agit uniquement de la guerre contre les Prussiens.
    Mais, sur l’une de ses faces il s’agit de rendre hommage au 45ème régiment de marche formé par les gardes mobiles des Bouches-du-Rhône chargé de réprimer, en 1871, « l’insurrection arabe de la province de Constantine », c’est-à-dire la grande révolte populaire partie de Kabylie dont le cheik El Mokrani avait pris la tête

    Dans la poubelle de l'Histoire les nostalgiques de la France coloniale !!!


    Cette répression qui fit plusieurs dizaines de milliers de victimes, condamna à la déportation à Cayenne et en Nouvelle-Calédonie des  centaines de Kabyles et provoqua la destruction de villages entiers, la confiscation de 450 000 hectares de terres distribuées à de nouveaux colons.
    Cette particularité n’est pas la seule. Après la seconde guerre mondiale, un certain nombre de plaques furent rajoutées sur le monument pour rendre hommage à la contribution de certaines communautés à la libération de Marseille (Grecs, Arméniens, Juifs combattants de la Résistance). Dans les années 1960 et 70 enfin furent rajoutées des plaques à la mémoire des victimes civiles européennes et des harkis morts pendant la guerre, aux soldats morts en Afrique du Nord entre 1952 et 1962, aux soldats du corps expéditionnaire français en Indochine.
    A noter que sur ce monument il n’est pas du tout mentionné la contribution des régiments de Tirailleurs algériens et de Tabors marocains qui, aux côtés des combattants de la Résistance ont libéré Marseille, déboulant du boulevard de la Libération (alors boulevard de la Madeleine), juste derrière le monument.                                                                    

    Dans la poubelle de l'Histoire les nostalgiques de la France coloniale !!!

     

    En effet, le 28 août 1944, après plusieurs jours de combats, Marseille était libérée par l’action conjointe des FFI qui avaient déclenché l’insurrection le 21, des tabors marocains et des tirailleurs algériens qui s’étaient infiltrés dans la ville dès le 23.
    Plusieurs centaines de soldats marocains, algériens et tunisiens ont perdu la vie ou ont été blessés dans ces combats.
    Les plaques qui leurs rendent hommages sont bien rares dans la ville et, surtout, peu visibles.

    Alain Castan

    SOURCE : http://www.courtechel-transit.org/2019/05/rues-monuments-et-crime-coloniaux-a-marseille.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail&fbclid=IwAR28vg60VMmHgmctbY3VrT2Hd7gEOGWfx0-OsSaE1p1GE72NFY9WO10p2CM 

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    Le 8 mai 1945 est une date clé pour l’histoire de France. Chaque année, on célèbre la victoire sur l’Allemagne nazie. En Algérie, ce jour de gloire est un jour de deuil

    En France

    Le 8 mai 1945 est une date clé pour l’histoire de France. Chaque année, on célèbre la victoire sur l’Allemagne nazie. En Algérie, ce jour de gloire est un jour de deuil

    En Algérie

    Le 8 mai 1945 est une date clé pour l’histoire de France. Chaque année, on célèbre la victoire sur l’Allemagne nazie. De l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie, ce jour de gloire est un jour de deuil.

    Dans la liesse de la victoire en 1945, des Algériens ont revendiqué leur volonté d’indépendance. Ils subiront durant plusieurs semaines une violente répression conduite par l’armée française. Elle fera des milliers de victimes. Mais soixante ans plus tard, la répression du printemps 1945 en Algérie recèle encore de nombreuses zones d'ombres. Yasmina Adi a retrouvé de nombreux documents inédits, des archives du gouvernement français et des services secrets anglais et américains. Elle est allée à la rencontre de ces hommes et ces femmes qui ont vécu et subi cette répression. Elle donne la parole aux témoins français, algériens, ainsi que le premier reporter arrivé sur les lieux. Cette enquête lève le voile sur les mécanismes et les conséquences de cette répression coloniale. Cet autre 8 Mai 1945 est aux origines de la guerre d’Algérie.

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Rennes. « L’autre 8-Mai » commémoré, square

    de Sétif

    Rennes. « L’autre 8-Mai » commémoré, square de Sétif

    L’autre 8-Mai a été commémoré, square de Sétif, ce mercredi après-midi. | OUEST-FRANCE

    Le 8 mai 1945, dans l’Algérie française, des manifestations avaient été sévèrement réprimées par les forces de l’ordre, faisant plusieurs milliers de morts. Chaque année, à Rennes, le 8 mai, un collectif d’associations commémore ces massacres en déposant une gerbe, square de Sétif.

    Ce mercredi, un collectif d’associations s’est rassemblé, square de Sétif dans le quartier Francisco-Ferrer, à Rennes, pour rendre hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945, en Algérie. Les manifestations pacifiques de Sétif (ville jumelée avec Rennes), Guelma, Kherrata avaient été réprimées dans le sang, faisant plusieurs milliers de morts.

    « Cette répression constitue le point de départ de la guerre d’Algérie », a rappelé Roland Nivet, du mouvement de la Paix au nom du collectif. « Reconnaître ce crime d’État dans l’histoire commune de la France et de l’Algérie, ne peut que permettre à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire, et de favoriser le plein épanouissement des partenariats entre nos deux peuples et nos deux États. »

    « Le combat pour la paix »

    Après les prises de paroles d’associations et d’élus, un jeune Algérien, originaire de Sétif, qui étudie à Rennes, a tenu à « rendre hommage aussi aux Algériens d’aujourd’hui qui manifestent, de manière pacifique, pour qu’on libère leur pays, pris en otage depuis des années ».

    Le collectif local Algérie 2019 a conclu ainsi : « Le combat pour la paix et les libertés est un combat incessant, qui interpelle tous les peuples pour œuvrer ensemble à la construction d’une paix durable et fraternelle. »

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-l-autre-8-mai-commemore-square-de-setif-6341540

    Ces Maghrébins, héros de la Résistance française

    Il y avait aussi des Maghrébins, héros de la Résistance française… Cela n’a pas empêché les massacres de Sétif (ville jumelée avec Rennes), Guelma, Kherrata car la France les a oublié.

     

     

     Nous reviendrons sur le rassemblement place du Châtelet à Paris pour commémorer les massacres de Sétif le 8 mai 1945 et exiger la reconnaissance des crimes d'État… 

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  • DÉCLARATION : LE 8 MAI 2019 SE SOUVENIR DU 8 MAI 1945 POUR MIEUX AGIR POUR LA PAIX DANS LA JUSTICE ET LA FRATERNITÉ

    DÉCLARATION : LE 8 MAI 2019 SE SOUVENIR DU 8 MAI 1945 POUR MIEUX AGIR POUR LA PAIX DANS LA JUSTICE ET LA FRATERNITÉ

    "Je m'appelle Geneviève Legay, grièvement blessée lors de l'Acte XIX des gilets jaunes à Nice samedi 23 mars 2019... Je suis fière que le Mouvement de la Paix m'ait choisi comme photo de couverture sur Facebook" 

     

    DÉCLARATION : LE 8 MAI 2019

     SE SOUVENIR DU 8 MAI 1945

     POUR MIEUX AGIR POUR LA PAIX DANS LA JUSTICE ET LA FRATERNITÉ

    Le 8 mai 1945 a vu la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie.
    Cette date consacre la fin de la guerre en Europe et la victoire sur le nazisme qui annonçait la fin de la deuxième guerre mondiale.
    Le Mouvement de la paix, 71 ans après sa création à l’instigation de nombreux résistants se doit de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont agi et se sont battus pour la liberté dans les mouvements de résistance, dans les forces françaises de l’intérieur, dans les armées ou mouvements de résistance de tous les pays qui combattaient le fascisme et le nazisme ainsi qu’à toutes les victimes civiles. Nous devons penser à toutes celles et ceux qui ont péri dans les camps de concentration et d’extermination nazis. Nous devons nous rappeler de tous les morts du fait de l’intolérance raciste et xénophobe (incluant les discriminations religieuses et culturelles) qui malheureusement tend à resurgir en Europe dans cette période de crise.

    Mais le Mouvement de la Paix entend aussi se souvenir que le 8 mai 45 a été marqué par le début d’une répression sauvage en Algérie. Cette répression a causé plusieurs dizaines de milliers de morts en quelques jours dans la région de Sétif. Cette répression a été menée dans le cadre d’un colonialisme féroce qui n’entendait pas faire bénéficier les algériens et algériennes des libertés que permettait d’entrevoir la victoire contre le nazisme. Cette victoire pourtant, le peuple algérien, comme tous les autres peuples colonisés de Tunisie, du Maroc, d’Afrique etc qui souffraient sous le joug du colonialisme français, avaient largement contribué à la gagner contre les forces du nazisme. Cette répression constitue le point de départ de la guerre d’Algérie à l’issue de laquelle le peuple algérien a acquis son indépendance et sa souveraineté. Cette indépendance et cette souveraineté lui permettent encore aujourd’hui même d’écrire une nouvelle page de son histoire qui nous l’espérons permettra au peuple Algérien de construire démocratiquement et pacifiquement l’Algérie de ses rêves.

    Alors qu’aujourd’hui les acquis sociaux et démocratiques obtenus dans la période qui a suivi la victoire sur le nazisme sont remis en cause, ce moment annuel de mémoire est important pour construire le futur. Il doit permettre à chacun de prendre conscience que la construction d’un monde et d’une Europe de justice, de solidarité, de fraternité et de paix nécessite l’action individuelle et collective tant pour la justice sociale, la prévention des conflits et la diminution des dépenses d’armement (qui ont atteint la somme inacceptable de 1820 milliards de dollars en 2018) comme  nous y convie la Charte des Nations unies.

    La lutte pour la paix, pour la justice sociale, pour les droits, pour la justice, contre le racisme et la xénophobie, pour l’élimination des armes nucléaires, contre le commerce des armes et contre le dérèglement climatique, ainsi que les efforts pour faire émerger une culture de la paix et de la non-violence, font partie du combat pour la liberté, pour un monde enfin humain, fraternel et juste. Ces combats solidaires et actuels, sont constitutifs du chemin vers la paix.

    Le 8 Mai 2019 à Paris

    Le Mouvement de la Paix

    DÉCLARATION : LE 8 MAI 2019 SE SOUVENIR DU 8 MAI 1945 POUR MIEUX AGIR POUR LA PAIX DANS LA JUSTICE ET LA FRATERNITÉ

    Paris 

    DÉCLARATION : LE 8 MAI 2019 SE SOUVENIR DU 8 MAI 1945 POUR MIEUX AGIR POUR LA PAIX DANS LA JUSTICE ET LA FRATERNITÉ

    Sétif

     

     
     
     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  •  

    OYONNAX – ÉDUCATION

    Ils ont rencontré des témoins

     de la guerre d’Algérie

     

    OYONNAX – ÉDUCATION  Ils ont rencontré des témoins de la guerre d’Algérie

    Les 70 lycéens ont accueilli leurs hôtes dans la cour de Painlevé.  Photo Progrès /Simone PILLARD

     

    Vendredi, 75 collégiens de 3e à Lumière et 70 lycéens de Painlevé en terminales baccalauréats professionnels et technologiques sont venus, le matin pour les uns et l’après-midi pour les autres, à la rencontre de témoins de la guerre d’Algérie.

    Initiée pour la troisième année consécutive par Mounira Cherraben, documentaliste au collège, elle s’inscrivait dans le cadre d’un projet autour des relations France-Algérie au XXe siècle et de la question “Comment passe-t-on d’un héritage conflictuel à une situation d’apaisement ?”. En présence de Michel Wilson, président de l’association Coup de soleil, partenaire de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac), les jeunes sont restés suspendus aux propos de leurs hôtes.

     

    De nombreuses questions posées

     

    « Comment vivaient les communautés entre elles ? Avez-vous été victime de racisme ? » Telle a été la question posée à Nacer Hamzaoui, enfant de la casbah d’Alger pendant la guerre. « Comment vivez-vous le fait d’être fils de harki ? », ont-ils demandé à Saïd Merabti, impliqué dans le monde associatif lié à la culture et aux droits civiques. « Comment se passaient les opérations ? », ont-ils interrogé Bernard Gerland, appelé à vingt ans au service militaire obligatoire. « Je viens d’écrire Ma guerre d’Algérie, pièce de théâtre dans laquelle j’évoque le formatage qui, dans un contexte de guerre, m’a entraîné à participer à des exactions, explique le témoin. Je reverse d’ailleurs ma pension aux victimes de cette guerre et à la reconstruction de villages détruits. C’est en affrontant le passé qu’on guérit de ses blessures. » 

    « C’est en affrontant le passé qu’on guérit de ses blessures » 

    Bernard Gerland, ancien combattan

    SOURCE : https://www.leprogres.fr/ain-01-edition-oyonnax-et-haut-bugey/2019/05/06/ils-ont-rencontre-des-temoins-de-la-guerre-d-algerie

     

     

    Le témoignage

     

    de Bernard Gerland

     

    en 2015

     

    Un spectacle, Ma guerre d’Algérie "Ce qui se ressemble chez les appelés et rappelés de la guerre d'Algérie "Le silence du retour"

     

     

    On a vite fait de basculer 

    Bernard Gerland, 21 ans à Foudouk, 75 ans à Lyon 

    Instituteur avant la guerre puis conducteur de travaux, Bernard est un militant de gauche. Il est envoyé deux ans en Algérie entre janvier 1960 et janvier 1962.  

    Pendant les premières années de la guerre, il contribue à la diffusion sous le manteau de “La question” d’Henri Alleg. Il est persuadé d’échapper à l’Algérie, persuadé que “les choses vont s’arranger” jusqu’à son appel sous les drapeaux. Bernard n’adhère pas aux valeurs de l’armée. Progressivement, il entre dans le jeu, subit la propagande quotidienne de ses supérieurs et finit sa guerre en bon “petit chef de guerre”. Depuis 2001, Bernard milite dans l’association “Parlons-en” et donne des représentations publiques de son spectacle “Ma guerre d’Algérie”.  

    Dans "Instantanés d'Algérie, les gusses témoignent", Bernard raconte son voyage d’un mois à travers l’Algérie pendant une permission, l’exécution d’un prisonnier qu’il a regrettée toute sa vie et ses relations amicales avec les harkis qu’il a dirigés pendant plusieurs mois.   

    Un spectacle, Ma guerre d’Algérie

    Bernard Gerland raconte comment il en est arrivé à se porter volontaire pour une « corvée de bois » en Algérie, puis comment il s’en est libéré trente ans après.

     Qui suis-je et qui étais-je avant l’armée ?

    Je suis né le 16 Août 1939 à Villefranche-s/Saône  (Rhône), où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 11 ans, puis ensuite à Lyon. J’ai été élevé dans une famille de tradition catholique, le second de ma fratrie (trois sœurs). Bien que n’aimant pas l’école à partir de la classe de sixième (j’étais plutôt un esprit rebelle et avais horreur des activités sédentaires), je suis allé jusqu’au baccalauréat, ce qui m’a permis à 19 ans d’être instituteur public remplaçant, avant d’être, à 20 ans,  incorporé dans l’armée comme appelé.

    J’étais peu politisé, mais malgré tout hostile à la guerre et particulièrement à celle d’Algérie dont je suivais l’évolution depuis l’âge de 15 ans. Je lisais Témoignage Chrétien , parfois  France Observateur . Je connaissais  La Question  d’Henri Alleg, j’avais lu Germaine Tillion sur l’Algérie. Je ne voulais pas devenir gradé,  avec néanmoins une contradiction : j’avais suivi la  préparation militaire, mais plus pour le sport que pour l’aspect militaire.

    Double jeu de la « pacification »

    Je suis incorporé en août 1959 (classe 59 2A) à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) au 92ème R.I.  Quatre mois de classes de biffin (l’aspect sportif ne me déplaisait pas) au cours desquels je subis une très forte pression pour suivre le peloton et devenir caporal puis sous-officier. Devant mon refus, réitéré à maintes reprises, on finit par m’expédier en Algérie : départ janvier 1960. J’y resterai deux ans.

    Je suis affecté au 117ème R.I., région de Blida. On tente de suite de m’intéresser à des affectations du genre instituteur. Je ne manifeste pas d’intérêt, et me retrouve affecté dans un poste  de montagne,  « Poitiers », poste en protection du village regroupé d’Aguitoune, au-dessus de Fondouk (aujourd’hui Khemiz el Khechna) d’un côté et du barrage du Hamiz de l’autre.

    Là,  je fais de la « pacification ». Je m’occupe de l’état civil instauré par l’armée, je fais le secrétariat de l’infirmier. J’en profite pour passer de longs moments à bavarder avec les chefs du regroupement, dans le village, ou au café maure avec les habitués du lieu. J’ai un excellent contact avec la population. J’en découvre le dénuement.

    Je suis chargé de recueillir des renseignements, de « jouer » la protection, de mettre en garde contre tout agissement qui porterait tort à la « pacification » et amènerait l’armée à procéder à représailles.

    Je retiens, de l’exercice de cette fonction, l’amitié liée avec l’un des chefs, la liberté que je me permettais dans mes déplacements dans le village, les contacts et discussions avec la population, mais aussi le désagréable double jeu qu’était la « pacification ».

    Je participe, en tant que grenadier-voltigeur, à des opération d’envergure où nous effectuons surtout des bouclages et  ratissages  dans la montagne, souvent loin du poste, à des embuscades de nuit dans le village ou dans la région, aux gardes évidemment, aux escortes de ravitaillement du poste et des autres postes plus éloignés dans la montagne, aux contrôles de la population.

    Installation dans la guerre

    Quelques jours après mon arrivée, premier accrochage, dans les rochers de Rivet. Le sergent Carrot est blessé, je ne le revis plus ; c’était un bon copain, un gars très apprécié de tous, une référence pour moi à cause de ses positions sur cette guerre et sur la vie en général – positions qui correspondaient aux miennes -, à cause aussi de son rayonnement humain et chrétien.

    Je me retrouve ainsi seul, sans en avoir toutefois claire conscience. Et peu à peu, sans m’en rendre compte, je m’installe dans la guerre, je fais mon boulot de soldat.  J’abandonne la prière, les quelques lectures qui auraient pu me tenir éveillé ;  je ne me nourris plus ni spirituellement, ni intellectuellement, ni politiquement.

    Seul le courrier, notamment à mes parents, me tient ; j’écris beaucoup.  Je cafarde aussi beaucoup. L’alcool (le vin au bromure, la bière et l’anisette) devient un bon compagnon, comme pour ceux qui m’entourent.

    Le capitaine du poste, en qui j’ai confiance, me propose le peloton de sous officier, après qu’on m’ait nommé caporal, grade dont je n’ai jamais voulu porter le galon – ce qui ne m’empêchait pas,  en opération, d’assurer la fonction de chef de pièce FM. Et me voilà au centre de formation de sous officiers de Dellys  (petite Kabylie), après avoir cette fois accepté de devenir gradé.

    Installation dans l’armée

    Je m’installe dans l’armée, après m’être installé dans la « pacification », le maintien de l’ordre et la guerre. Je commence aussi à entrevoir l’intérêt que peuvent représenter, pour un sous officier, la paye, un peu plus de confort, la considération, les responsabilités – notamment de conduite d’hommes (je savais faire ça, pour l’avoir fait dans le civil : éducation populaire, colos, enseignement). Là, l’instruction, quelques opérations, embuscades, escortes, gardes, patrouilles ; la vie de garnison en petite ville au bord de la mer ; quelques rares bons amis.

    Retour au poste de « Poitiers ». Je suis nommé sergent. J’ai en opérations  la responsabilité d’un groupe. Je  suis rapidement affecté dans une harka dont la base arrière se trouve tout près de Fondouk : une bonne cinquantaine de harkis, souvent très jeunes (à partir de 16 ans), recrutés sur le secteur ; un encadrement mixte d’ « active » et d’appelés ; dirigée un temps par un lieutenant appelé dont je garde un excellent souvenir : chef brillant, discret, sûr de lui sur le terrain, inspirant et méritant confiance. Je fais mon boulot de chef de groupe, au mieux, soucieux de « mes hommes » ; je crois avoir acquis et mérité leur confiance. Je noue une grande amitié avec mon adjoint, un sous officier harki ; il m’apprend l’arabe que j’arrive à bien parler.

    La « corvée de bois »

    Je m’installe dans l’Algérie, j’envisage même sérieusement d’y rester après « la Quille ».

    Quelques accrochages en opérations et en embuscades. Deux passages à l’hôpital Maillot d’Alger, pour un ressort de PM  qui m’a sauté dans un œil (aie !…) et le coccyx cassé par l’explosion d’une grenade OF (lancée par moi !).

    Lors du « putsch des généraux » d’avril 1961, le Bataillon – fidèle au Général de Gaulle – se replie dans la montagne. Mon groupe accroche une petite bande de l’A.L.N. conduite par le chef historique du secteur ; celui-ci est mis hors de combat, fait prisonnier, puis soumis aussitôt  au « renseignement» au P.C. du Bataillon. Il s’ensuit une série d’opérations dont je ne me souviens pas qu’elles aient été fructueuses pour l’armée française. Jusqu’au jour où le prisonnier est amené à la harka pour être exécuté façon « corvée de bois ». Je me porte volontaire pour prendre le commandement de cette corvée, qui finit par  m’incomber avec un petit groupe de harkis.  Comme il était de coutume, je la « déguise » ensuite, dans une déclaration au commissariat de police de Fondouk, en une tentative d’évasion du prisonnier.

    Je termine mon temps d’armée au centre de formation de sous officiers de Dellys, où j’exerce surtout des tâches administratives auprès d’un capitaine de compagnie. Pour la conduite de « mes harkis » au cours de l’accrochage d’avril 1961, il m’est demandé de leur proposer une citation, ce que je fais.  Je suis également cité à l’ordre du Régiment ;  je reçois la décoration au cours d’une prise d’armes à Dellys, au grand étonnement des élèves sous-officiers qui me connaissent comme instructeur et administratif  plutôt pacifique et non comme « petit chef de guerre » ; je suis fier de cette décoration, je la porte sur mon uniforme de sortie en Algérie et à mon retour en France – ce qui me vaut les félicitations de mon père. Après avoir été fier du galon de sous-officier, me voilà fier de la décoration.

    J’avais utilisé ma « permission  longue durée »  pour faire un voyage d’un mois, en stop,  au Sahara.  J’avais pris aussi à deux reprises quelques jours de permission pour visiter l’Oranais et le Constantinois (je connaissais déjà bien l’Algérois, pour y « guerroyer »). Ce qui m’a amené à connaître des Algériens,  quelques Pieds-Noirs, et  ce magnifique pays où j’envisageais de rester après l’armée.

    Le silence au retour

    En janvier 1962, sans transition je retrouve la vie civile. Au cours de ma permission libérable effectuée en Algérie, je cherche et trouve du boulot là-bas. Revenu en France, avec ma lettre d’embauche en poche, je décide finalement,  pour raisons affectives, d’y rester.  Je retrouve assez vite du travail, dans le Bâtiment comme conducteur de travaux,  je dois investir beaucoup dans la vie professionnelle pour « faire mon trou ». Je me marie quelques mois après.

    Bien que ma pratique en Algérie ait été contraire à mes idées et à mes valeurs initiales, je n’avais néanmoins pas perdu complètement celles-ci, toujours présentes dans ma tête. Sans tarder, je m’engage syndicalement et politiquement.

    A part à mon épouse et peut être à quelques très proches (dont je ne me souviens pas,) je fais le silence sur ces deux années en Algérie,  je crois surtout par  honte de ce que j’avais fait et de ce dont j’avais été témoin, et par peur de représailles ; je préfère me faire « oublier ».  Plus ça va, plus j’enferme en moi, dans l’impossibilité de l’avouer – même à des amis intimes –,  la « corvée de bois » pour laquelle j’avais été volontaire.

    L’envie d’en parler

    Et puis … quelques trente ans après, m’est revenue de plus en plus fortement et de plus en plus souvent l’image de ce prisonnier, de cet acte, accompagnée du « mauvais goût » de ma lâcheté. L’envie d’en parler à mes enfants et à quelques amis intimes devient de plus en plus forte. Le film de Bertrand Tavernier  La guerre sans nom  est un déclencheur : au-delà de la guerre d’Algérie, il me montre tout simplement la nature humaine et sa fragilité, il renforce mon besoin de parler, et de parler avec d’autres anciens appelés – ce que je fais.  Je réalise alors combien nous portons tous au fond de nous une grande souffrance, difficilement partageable. 

    C’est alors que, en 1995, participant à un atelier sur le travail d’acteur avec des amis comédiens, l’occasion m’est donnée, dans le cadre du travail, de leur faire la confidence de l’exécution du prisonnier. Ce fut ma première expression publique : confidence difficile à dire de ma part, difficile à entendre de la leur. Ils me suggèrent de travailler à rendre cette confidence audible, partageable, présumant qu’un tel « travail» pourrait être salvateur pour moi et utile à d’autres.

    Un spectacle,  Ma guerre d’Algérie

    C’est de là qu’est né un spectacle, Ma guerre d’Algérie, après ce travail de plusieurs mois sur ma mémoire, sur la structuration de cette mémoire et son « appréciation » ;  je chemine  peu à peu avec mes amis dans l’écriture et la manière de la partager.

    Ma guerre d’Algérie  est un témoignage sous forme d’un grand poème sur l’Algérie, sur la guerre, sur les gens que j’ai côtoyés là-bas, sur la conscience, la fragilité de l’homme, sa « capacité » d’être lâche ; et par contre coup, sur la « résistance ». Le fil rouge du spectacle tient dans la phrase que je remets à chaque spectateur à la fin du récit de ma guerre d’Algérie, et qui ouvre sur la parole : « La guerre d’Algérie n’est pas terminée, elle se poursuit dans cet énorme silence qu’elle a creusé en nous. Comment ne pas voir que la honte peut entrainer la haine ; et que, sans une démarche de réconciliation avec soi-même et avec autrui, tout peut recommencer demain » (Bernard Sigg,  Le silence et la honte).

     

     
    Ma guerre d'Algérie - spectacle témoignage par... par clunytv

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Massacres du 8 Mai 1945 : la responsabilité historique hante l'Etat français

    L'Algérie commémore, ce mercredi, le 74e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945, qui ont fait plus de 45 000 martyrs, victimes de crimes contre l'humanité dont la responsabilité historique hante l'Etat français qui a annoncé, sous la pression de la rue, l'ouverture du dossier de ses crimes coloniaux.   

    Ces crimes commis par l'armée française durant la colonisation de l'Algérie se sont invités dans le «grand débat national» lancé par le président Emmanuel Macron dans le but de résoudre la crise sociale devenue politique.

    L'opportunité de ce débat a été l'occasion de mettre à nu la face hideuse du colonialisme français que les autorités de la France se sont attelées, quelques années auparavant, à en consacrer la glorification à travers un texte de loi avant de se trouver, à présent, contraintes de dévoiler son côté sombre.

    Massacres du 8 Mai 1945 : la responsabilité historique hante l'Etat français

    Henri Pouillot (Photo ajoutée)

    C'est dans ce cadre que l'anticolonialiste Henri Pouillot a adressé, en tant que témoin de la Guerre de libération nationale, une lettre au chef d'Etat français soulignant le besoin impérieux pour «leur génération d’anciens combattants que les crimes contre l’humanité (tortures, viols, crevettes Bigeard et corvées de bois), les crimes de guerre (600 à 800 villages rasés au napalm et utilisation du gaz VX et Sarin...) et les crimes d’Etat (massacres de Sétif/Guelma/Kherrata en mai 1945 et massacres du 17 octobre 1961 à Paris) soient reconnus comme tels et condamnés et qu’ils ne soient plus considérés comme ayant été les responsables de leur exécution.

    La pression de la rue sur les autorités françaises s'est illustrée, fin avril, par un appel lancé, à l'occasion de la commémoration des massacres du 8 mai 1945, par un Collectif composé de 31 associations, un syndicat (l'Union syndicale Solidaires) et 6 partis politiques à des «gestes forts» des plus hautes autorités de l'Etat français, à l’ouverture de toutes les archives et à l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements et un soutien à la diffusion de documentaires relatifs aux évènements dans l’Education nationale comme dans les médias publics.

    Le même collectif, qui appelle à un rassemblement le 8 mai à la place du Chatelet à Paris, a estimé «impossible» de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme «sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai 1945 et les jours suivants».

    Dans une tribune publiée par le site électronique Médiapart, les intellectuels François Gèze, Gilles Manceron, Fabrice Riceputi et Alain Ruscio ont estimé que «L’+aventure coloniale de la France+ a produit des conquêtes et des répressions de masse criminelles qui violèrent gravement les valeurs que la France proclamait par ailleurs et auxquelles elle continue à se référer. C’est son crédit qui est en cause».

    Pour ces intellectuels, il reste pour les plus hautes autorités de l’Etat français «bien des choses» à dire pour «reconnaître par exemple les massacres de mai-juin 1945 en Algérie.

    Ils considèrent que si le président Macron ne décide pas de s’engager «résolument» dans la voie d’une reconnaissance «pleine et entière» de ce que furent les «errements et les crimes» de la République française dans ses colonies, il «s’expose au risque de rester dans l’histoire comme celui qui aura simplement cherché à instrumentaliser, à des fins électorales, la +question coloniale+».

    Lors de sa visite en Algérie dans le cadre de sa campagne électorale en date du 5 février 2017, le président français, Emmanuel Macron, alors candidat, avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité».

    En réponse à une question du journal électronique «Médiapart», le 5 mai 2017, le président français avait déclaré qu'«il prendra des actes forts» sur cette période de notre histoire.

    Le président Macron a admis, le 19 mars dernier, que le système colonial en Algérie était «injuste» et «niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes», avait reconnu que la France reconnaissait le crime d'Etat à travers l'affaire de Maurice Audin, et était prête pour restituer à l'Algérie les crânes des dirigeants de la résistance populaire conservés au Musée de l'homme de Paris et lui livrer des copies des archives concernant l'Algérie de 1830 à 1962.

    Un crime d'Etat imprescriptible
    Les massacres commis par la France contre le peuple Algérien le 8 mai 1945 sont imprescriptibles, en vertu des dispositions du droit international relatives aux crimes de guerre, comme «il ne subsiste aucune restriction juridique», selon les juristes, pour engager des poursuites judiciaires à l'encontre la France, même s'il est impossible «d'appliquer la responsabilité personnelle, vu que les auteurs de ces crimes ne sont plus en vie». Cependant, l'Algérie est en droit «d'exiger des institutions au sein desquelles ces personnes exerçaient leurs fonctions de réparer le préjudice par des mesures juridiques et diplomatiques».

    Des acteurs du mouvement associatif, à leur tête l'Association du 8 mai 1945, comptent prendre les mesures nécessaires en vue de demander la classification des massacres du 8 mai «crimes de génocide contre l'humanité» et leur enregistrement au niveau de l'Onu pour réclamer des excuses et l'indemnisation des victimes.

    A cet effet, les juristes ont évoqué la possibilité d'engager une action judiciaire près la Cour internationale de justice (CIJ) pour les différents crimes commis par la France coloniale ayant fait des millions de victimes, entre autres répercussions, à l'instar de leurs effets négatifs sur l'environnement.

    Les massacres du 8 mai 1945 furent un tournant décisif dans la maturation de la pensée de la résistance algérienne, en jetant les fondements d'une nouvelle orientation basée sur la règle «ce qui a été pris par la force ne doit être repris que par la force», et en mettant à nu les fausses promesses données par la France coloniale au peuple algérien pour le mobiliser lors de la 2e guerre mondiale.

    Perpétrés dans plusieurs régions du pays où des dizaines de milliers d'Algériens avaient été victimes de la répression française, ces massacres furent une autre face du visage horrible de la France coloniale.

    Alors que les Français célébraient la victoire des alliés contre l'Allemagne nazie marquant la fin de la seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d'Algériens sont sortis dans les rues à Sétif, Guelma et Kherrata ainsi que dans d'autres villes du pays, répondant à l'appel lancé pour l'organisation d'une marche pacifique en faveur de l'indépendance de l'Algérie.

    Mais la réaction de l'administration française fut violente et brutale, lançant une vague de répression sanglante contre les manifestants sans défense. Durant plusieurs semaines, les forces coloniales et leurs milices ont eu recours à tous types de violences, avec des tueries en masse, n'épargnant ni enfants, ni femmes, ni personnes âgées.

    Des personnes désarmées abattues à bout portant, d'autres transportées dans des camions pour être jetées dans des ravins, alors que d'autres sont emmenées en dehors des villes pour être exécutées. Leurs corps brûlés sont ensuite ensevelis dans des fosses communes.

    Des fours à chaux étaient également utilisés par l'armée française pour se débarrasser des cadavres des victimes, un acte qui témoigne des plus ignobles crimes de l'histoire contemporaine.

    APS 

    SOURCE : http://radioalgerie.dz/news/fr/article/20190507/169073.html

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Rassemblement « L'autre 8 mai 1945 »

    Pour la reconnaissance par le Président de la République du crime d'Etat en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata)

    Rassemblement : 8 mai 2019 à 18h00 Place du Châtelet à Paris

    Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d'Etat en Algérie : Sétif, Guelma, Kherrata

    Rassemblement « L'autre 8 mai 1945 »

    Il est impossible de célébrer l'anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l'oubli ce qui s'est passé en Algérie ce même 8 Mai 1945 et les jours suivants.

    Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma Kherrata et la région ont été réprimées dans le sang, des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, des milices armées par les autorités locales et l'Armée Française aux ordres de l'exécutif.

    C'est après le déclenchement de cette répression que l'on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes européennes.

    Amputer notre histoire commune par l'occultation de ce crime d'Etat ne permet pas à la France d'en finir avec la page coloniale de son histoire.

    En 2015, le Conseil Municipal de Paris a demandé, à l'unanimité, au Président de la République de reconnaître ces massacres comme crimes d'Etat.

    Des vœux dans ce sens ont été adoptés par des villes : Rennes, Nanterre, Ivry sur Seine... Avant de devenir président de la République, le 5 février 2017, à l'occasion d'un déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a affirmé que la "colonisation est un crime contre l'humanité", et, interrogé par Mediapart, le 5 mai suivant, a répondu : "je prendrai des actes forts".

    En ce 8 mai 2019, il est indispensable de passer enfin des paroles aux actes.

    Nous demandons : l'ouverture de toutes les archives, l'inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l'Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux évènements dans les programmes de l'Education Nationale comme dans les médias publics.

     

    Rappelons-nous c'était en 2018

     

     

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    1 commentaire
  • Je ne suis pas sûr que l'on puisse pardonner… oublier trop d'horreurs, de meurtres gratuits, d'assassinats, de tortures, et choses qu'on ne PEUT oublier…

    De même il est impossible de célébrer l'anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l'oubli ce qui s'est passé en Algérie ce même 8 Mai 1945 et les jours suivants. 

    Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma Kherrata et la région ont été réprimées dans le sang, des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, des milices armées par les autorités locales et l'Armée Française aux ordres de l'exécutif.

    C’est pourquoi nous reviendrons sur le 8 mai 1945 et la victoire contre le nazisme mais aussi sur l’Autre 8 mai 1945 que beaucoup voudraient voir effacer de l’histoire honteuse de la France coloniale…

    En attendant voici le témoignage historique d’aujourd’hui.

    Michel Dandelot

     

    HAUTE-LOIRE

    Joseph Nonnenmacher, le déporté

     des camps de l’horreur qui a pardonné 

    A 94 ans, il témoigne de l'enfer quotidien des camps de Buchenwald et de Dora, où il a été enfermé de 1943 à 1945.

    Joseph Nonnenmacher témoigne des dix-huit mois de sa vie où il a vécu la peur, la faim et la mort, vidant son être de sa condition d'humain.

    « Un gradé SS m’a proposé de prendre la nationalité allemande en échange de ma liberté. J’ai répondu que j’étais né Français et que je resterais Français », déclare-t-il avec fermeté.

    Il raconte « la montagne de cadavres, les corps raidis par le froid, prêts pour le four crématoire », ses douze heures quotidiennes de travail à la carrière de pierre pour construire des voies ferrées, les SS qui mitraillaient ceux qui tentaient de se cacher…

    Avec cette conclusion qui force le respect : « Je n’ai pas de haine. Je pense qu’il faut pardonner. La haine ne sert à rien. »

     

     

    Vous pouvez arrêter la vidéo après le reportage concerné car de nombreux autres reportages suivent…

     

    SOURCE : https://www.leprogres.fr/haute-loire-43/2019/05/05/joseph-nonnenmacher-le-deporte-des-camps-de-l-horreur-qui-a-pardonne-(video)#commentaires 

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

    Vieillir, la plus grande injustice,

    parce que l'on en n'est pas responsable

    et, en même temps la plus

    grande justice car aucune Femme

    et aucun Homme n'y échappent !

    Vieillir, la plus grande injustice, parce que l'on en n'est pas responsable et, en même temps la plus grande justice car aucune Femme et aucun Homme n'y échappent !

    Voici ce très beau texte de Bernard Pivot. (Extrait de son livre )

    Vieillir, c'est «chiant». J'aurais pu dire: vieillir, c'est désolant, c'est insupportable, c'est douloureux, c'est horrible, c'est déprimant, c'est mortel. Mais j'ai préféré «chiant» parce que c'est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.

    Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et l'on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance.
    On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c'était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
    Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j'ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l'âge qui ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
    J'ai lu dans leurs yeux qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence à mon égard.
    Qu'ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m'en rendre compte, j'étais entré dans l'apartheid de l'âge.

    Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
    "Avec respect", "En hommage respectueux", "Avec mes sentiments très respectueux". Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons!
    Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l'ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

    Un jour, dans le métro, c'était la première fois, une jeune fille s'est levée pour me donner sa place. J'ai failli la gifler. Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. "Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J'ai pensé que..." Moi aussitôt : «Vous pensiez que...? -Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. - Parce que j'ai les cheveux blancs? - Non, c'est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç'a été comme un réflexe, je me suis levée...
    -Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
    -Non, oui, enfin un peu, mais ce n'est pas une question d'âge... - Une question de quoi, alors? - Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois...» J'ai arrêté de la taquiner, je l'ai remerciée de son geste généreux et l'ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.

    Lutter contre le vieillissement c'est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien.
    Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l'amour, ni au rêve. Rêver, c'est se souvenir tant qu'à faire, des heures exquises.
    C'est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C'est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l'utopie.

    La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J'aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l'adagio du Concerto nº 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l'andante de son Concerto nº 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l'au-delà.

    Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l'âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge? Non, Mozart.

    Voilà, ceci est bien écrit, mais cela est le lot de tous, nous vieillissons ! Bien ou mal, mais le poids des ans donne de son joug au quotidien.

    - Bernard Pivot, Les Mots de ma vie

    Mais si Bernard Pivot l'a si bien écrit, Jean-Marie Vivier, un chanteur-compositeur méconnu l'a si bien chanté. 

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire