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    « Que de crimes on commet en ton nom liberté !  Que de crimes on commet en ton nom démocratie ! Que de crimes on commet en ton nom indépendance ! Vous n'aurez pas notre peur ! Notre haine ! Notre soumission car l'amour est plus fort que votre vie ratée vous les terroristes ! »

     

    La peur est notre ennemie

    Vendredi 13 novembre 2015, toute une société fut, à Paris et à Saint-Denis, la cible du terrorisme : notre société, notre France, faite de diversité et de pluralité, de rencontres et de mélanges. C’est cette société ouverte que la terreur voudrait fermer ; la faire taire par la peur, la faire disparaître sous l’horreur. Et c’est elle qu’il nous faut défendre car elle est notre protection.

    Un vendredi soir d’automne, sous un temps clément. Fin de semaine, temps de sortie, moment de détente. Joies des retrouvailles amicales, des concerts musicaux, des matchs sportifs. Sociabilités populaires et juvéniles. Hommes et femmes mêlés, jeunesses sans frontières, plaisirs variés où l’on peut, selon les goûts ou les envies, boire, fumer, danser, se côtoyer, se mélanger, se séduire, s’aimer, bref aller à la rencontre des uns et des autres.

    Il suffit d’aligner ces mots simples, sans grandiloquence, pour partager ce que nous ressentons tous depuis hier : tout un chacun, nos enfants, nos parents, nos amis, nos voisins, nous-mêmes, étions dans le viseur des assassins. 

    Parce qu’ils ne visaient pas des lieux manifestement symboliques comme lors des attentats de janvier, exprimant leur haine de la liberté (Charlie Hebdo) ou leur haine des juifs (l’Hyper Cacher), il s’est dit que les terroristes auteurs des carnages parisiens n’avaient pas de cible. C’est faux : armés par une idéologie totalitaire, dont le discours religieux sert d’argument pour tuer toute pluralité, effacer toute diversité, nier toute individualité, ils avaient pour mission d’effrayer une société qui incarne la promesse inverse.

    Au-delà de la France, de sa politique étrangère ou de ceux qui la gouvernent, leur cible était cet idéal démocratique d’une société de liberté, parce que de droit : droit d’avoir des droits ; égalité des droits, sans distinction d’origine, d’apparence, de croyance ; droit de faire son chemin dans la vie sans être assigné à sa naissance ou à son appartenance. Une société d’individus, dont le « nous » est tissé d’infinis « moi » en relation les uns avec les autres. Une société de libertés individuelles et de droits collectifs. 

    Prendre la juste mesure de ce que menace cette terreur sans précédent sur le territoire hexagonal – les attentats les plus meurtriers en Europe après ceux de Madrid en 2004 –, c’est évidemment mesurer aussi le défi que nous ont lancé les assassins et leurs commanditaires. C’est cette société ouverte que les terroristes veulent fermer. Leur but de guerre est qu’elle se ferme, se replie, se divise, se recroqueville, s’abaisse et s’égare, se perde en somme. Cest notre vivre ensemble qu’ils veulent transformer en guerre intestine, contre nous-mêmes.

    Quels que soient les contextes, époques ou latitudes, le terrorisme parie toujours sur la peur. Non seulement la peur qu’il répand dans la société mais la politique de la peur qu’il suscite au sommet de l’État : une fuite en avant où la terreur totalitaire appelle l’exception démocratique, dans une guerre sans fin, sans fronts ni limites, sans autre objectif stratégique que sa perpétuation, attaques et ripostes se nourrissant les unes les autres, causes et effets s’entremêlant à l’infini sans que jamais n’émerge une issue pacifique.

    Aussi douloureux qu’il soit, il nous faut faire l’effort de saisir la part de rationalité du terrorisme. Pour mieux le combattre, pour ne pas tomber dans son piège, pour ne jamais lui donner raison, par inconscience ou par aveuglement. Ce sont les prophéties auto-réalisatrices qui sont au ressort de ses terrifiantes logiques meurtrières : provoquer par la terreur un chaos encore plus grand dont il espère, en retour, un gain supplémentaire de colère, de ressentiment, d’injustice… Nous le savons, d’expérience vécue, et récente, tant la fuite en avant nord-américaine après les attentats de 2001 est à l’origine du désastre irakien d’où a surgi l’organisation dite État islamique, née des décombres d’un État détruit et des déchirures d’une société violentée.

    Saurons-nous apprendre de ces erreurs catastrophiques, ou bien allons-nous les répéter ? C’est peu dire qu’à cette aune, dans un contexte de crises déjà cumulatives – économique, sociale, écologique, européenne, etc. –, notre pays vit un moment historique où la démocratie redécouvre la tragédie. Où la fragilité de la première est au péril des passions de la seconde. Car l’enjeu immédiat n’est pas au lointain, mais ici même, en France. Nous savions, au lendemain des attentats de janvier, que la véritable épreuve était à venir. Cet automne, au moment de quitter ses fonctions, le juge antiterroriste Marc Trévidic nous l’avait rappelé – « Les jours les plus sombres sont devant nous » (lire ici son interview à Paris-Match) –, dans une alarme qui ne ménageait pas nos dirigeants : « Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n’ont pas de vision à long terme. (…) Je ne crois pas au bien-fondé de la stratégie française. »

    Car, devant ce péril qui nous concerne tous, nous ne pouvons délaisser notre avenir et notre sécurité à ceux qui nous gouvernent. S’il leur revient de nous protéger, nous ne devons pas accepter qu’ils le fassent contre nous, malgré nous, sans nous.

    Il est toujours difficile, tant elles sont dans l’instant inaudibles, d’énoncer des questions qui fâchent au lendemain d’événements qui saisissent tout un peuple, le rassemblant dans la compassion et l’effroi. Mais, collectivement, nous ne saurons résister durablement à la terreur qui nous défie si nous ne sommes pas maîtres des réponses qui lui sont apportées. Si nous ne sommes pas informés, consultés, mobilisés. Si l’on nous dénie le droit d’interroger une politique étrangère d’alliance avec des régimes dictatoriaux ou obscurantistes (Égypte, Arabie saoudite), des aventures guerrières sans vision stratégique (notamment au Sahel), des lois sécuritaires dont l’accumulation se révèle inefficace (tandis qu’elles portent atteinte à nos libertés), des discours politiques de courte vue et de faible hauteur (sur l’islam notamment, avec ce refoulé colonial de « l’assimilation »), qui divisent plus qu’ils ne rassemblent, qui alimentent les haines plus qu’ils ne rassurent, qui expriment les peurs d’en haut plus qu’ils ne mobilisent le peuple d’en bas.

    Faire face au terrorisme, c’est faire société, faire muraille de cela même qu’ils veulent abattre. Défendre notre France, notre France arc-en-ciel, forte de sa diversité et de sa pluralité, cette France capable de faire cause commune dans le refus des amalgames et des boucs émissaires. Cette France dont les héros, cette année 2015, étaient aussi musulmans, comme ils furent athées, chrétiens, juifs, francs-maçons, agnostiques, de toutes origines, cultures ou croyances. La France d’Ahmed Merabet, d’origine algérienne, ce gardien de la paix qui a donné sa vie au pied de l’immeuble de Charlie Hebdo. La France de Lassana Bathily, d’origine malienne, cet ancien sans-papiers qui a sauvé nombre d’otages à l’HyperCacher. Cette France qu’ont illustrée, dans cette longue nuit parisienne, tant de sauveteurs, de soignants, de médecins, de policiers, de militaires, de pompiers, de bonnes volontés, mille solidarités elles aussi issues de cette diversité – humaine, sociale, culturelle, confessionnelle, etc. – qui fait la richesse de la France. Et sa force.

    En Grande-Bretagne, lors des attentats de 2005, la société s’était spontanément dressée autour du slogan inventé par un jeune internaute : « We’re Not Afraid. » En Espagne, lors des attentats de 2004, la société s’était spontanément rassemblée autour de ce symbole : des mains levées, paumes ouvertes, tout à la fois désarmées et déterminées.

    Non, nous n’avons pas peur. Sauf de nous-mêmes, si nous y cédions. Sauf de nos dirigeants s’ils nous égarent et nous ignorent. La société que les tueurs voudraient fermer, nous en défendons l’ouverture, plus que jamais. Et le symbole de ce refus, ce pourrait être deux mains qui se rencontrent, se serrent et se mêlent, se tendent l’une vers l’autre. Deux mains croisées, l’une dans l’autre.

    Deux mains en relation.

     

    Trois ans après le 13-Novembre, hommage national aux victimes à Paris et Saint-Denis

    Trois ans après, un hommage national est rendu mardi aux victimes des attaques du 13 novembre 2015 avec un cortège qui reliera les six lieux des attentats jihadistes les plus meurtriers commis en France, de Saint-Denis à Paris.

    Ce soir-là, neuf hommes avaient mené une série d’attaques aux abords du Stade de France de Saint-Denis et dans la capitale, à des terrasses de restaurants et dans la salle de concerts du Bataclan, faisant 130 morts et plus de 350 blessés.

    Un cortège partira du Stade de France, au nord de Paris, où trois premiers jihadistes s’étaient fait exploser, tuant une personne et faisant des dizaines de blessés, atteints par les projectiles contenus dans leurs ceintures explosives.

    Le cortège ralliera peu après 9H30 les terrasses des bars et restaurants parisiens visées par les fusillades, où 39 personnes ont trouvé la mort: le Carillon et le Petit Cambodge, la Bonne Bière, le Comptoir Voltaire - où un jihadiste s’était fait exploser - et enfin, la Belle équipe.

    Le parcours s’achèvera à 11H00 devant le Bataclan, la salle de concerts du 11e arrondissement où 90 personnes ont été assassinées.

    - Macron absent -

    Pour la première fois, le président de la République n’assistera pas à la cérémonie.

    En 2017, Emmanuel Macron, élu quelques mois auparavant, et son prédécesseur François Hollande avaient tous deux rendu hommage aux victimes des attentats en retraçant ce même parcours.

    Seront présents cette année le Premier ministre Edouard Philippe, la maire de Paris Anne Hidalgo accompagnée de son homologue londonien Sadiq Khan, ainsi que les associations de victimes et de nombreux ambassadeurs installés à Paris.

    «Les deux maires (de Londres et Paris) ont ainsi voulu témoigner de l’amitié très forte qui lie leurs deux villes et de leur solidarité mutuelle face au terrorisme», indique-t-on à la Ville, alors que la capitale anglaise a été touchée elle aussi par plusieurs attentats en 2017 et 2018.

    A 12H30, les associations de victimes Life for Paris et 13onze15 ont prévu une cérémonie commémorative devant la mairie du XIe arrondissement, avec des discours, quelques morceaux de musique ainsi qu’un lâcher de ballons.

    Trois ans après, le mois de novembre reste une période compliquée pour de nombreuses victimes et leurs proches. Si certains se terrent chez eux, d’autres fuient Paris et les cérémonies officielles. D’autres encore se font fort de célébrer la vie et se retrouvent dans un bar.

    «La reconstruction, elle n’est pas terminée, on en a pour toute la vie», confiait en octobre à l’AFP Anne, 45 ans, (prénom modifié) qui était au Bataclan avec son compagnon.

    «Vous ne vous en remettez jamais. C’est pas une longue maladie, même si la finalité est la même: l’absence de la personne aimée. Mais on l’a tué. C’est injuste», confie Aurore Bonnet, dont le mari Emmanuel a été tué au Bataclan.

    Certaines victimes attendent désormais la tenue du procès, qui pourrait avoir lieu en 2020, probablement sur plusieurs mois. Malgré l’absence probable des commanditaires, le box des accusés réunira des membres de la cellule qui ont participé à la préparation des attaques et l’unique membre des commandos encore en vie, Salah Abdeslam, actuellement détenu à Fleury-Mérogis.

    Il avait déposé les trois kamikazes du Stade de France le soir des attaques avant d’abandonner une ceinture explosive, laissant penser qu’il devait lui aussi mener une attaque-suicide.

    AFP


     

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    14 – 18 : « C’est complètement idiot

     la guerre »

    14 – 18 : « C’est complètement idiot   la guerre »

     « Quand mettrez vous les sans-papiers hors de chez nous »… dit cet espèce de vétérans qui, si ça se trouve est un faux vétérans ? parce qu'on a appris qu'il y a des vermines qui se déguisaient en faux  vétérans.  Lors d'un déplacement à Verdun, Macron a salué des vétérans. L'un d'eux l’a interpelé en disant ça... La réponse présidentielle fut : « ceux qui n’ont pas de papiers et qui n'ont pas le droit d'asile, croyez-moi on va les... On va continuer le travail  ». Et freluquet 1er de continuer son itinérance mémorielle comme si de rien n’était... Puis en ce 11 novembre Manu va appeler à ne pas tomber dans « la fascination pour le repli, la violence et la domination »... Ce mec c’est thèse et antithèse à chaque instant.

    Quant à toi vieille ganache qui n’aime pas les « étrangers », je vais t’en remémorer un d’étranger sans papier : Lazare Ponticelli ça te dit quelle chose dans ta pauvre tête d’arriéré sous ton béret rouge ? C’était le dernier poilu survivant sur les 8,5 millions qui servirent de pâté à canon entre 1914 et 1918. Cet Italien de naissance, né en 1897, parti tout seul de son village natal du nord de l'Italie, à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner son « paradis », la France, fit, qu’il fut un « sans papier » et vécut de petits boulots payés au black pendant des années. Arrivé à l‘âge de 17 ans, et en trichant sur son âge, il joignit la légion étrangère pour comme il le confia « « J'ai voulu défendre la France parce qu'elle m'avait donné à manger »... De ce long conflit, dont il sorti indemne, il retint une chose : « vous tirez sur des pères de famille, c'est complètement idiot la guerre ». Il y a donc bien vétérans et vétérans ! Il y a ceux qui furent embarqués dans cette boucherie et n’en tirèrent aucune gloriole, et surent qu’ils avaient bien malgré eux tués pour survivre, dans un conflit dont ils n’eurent aucun des tenants et aboutissants, car, les raisons en étaient autres que la sempiternelle : « défense de la patrie », « la défense de la liberté, de la démocratie » ou bien « faire face à l’envahisseur  » et « contrecarrer la volonté hégémonique du boche »... Ils savaient bien ces survivants de l’enfer sur terre que ces millions de morts et d’estropiés avaient souffert de tout cela pour rien... D’ailleurs la soi-disant « der des der » se répétera avec le nazisme 21 ans après par la seconde guerre mondiale. Et puis il y a eu ce vétéran à Verdun, qui très bien décrit d’ailleurs par une émigrée avec papiers, née au Maroc : Leïla Slimani. Elle dit à propos de ce militaire de carrière à la retraite : «  Ce vétéran, je le connais. Ou plutôt, je le reconnais. Cette voix amère, ce ton aigre, cette façon hautaine de cracher les syllabes lorsqu'il dit « sans-papiers »  »... Ce type de ganache décorée qui aurait pu dire il n’y a pas si longtemps des mots comme : métèques, nègros, sales youpins, bougnoules, Bridés, Viets... Quant à la réaction de Macron, elle est du niveau de ce triste personnage, car, je suis certain qu’un Chirac, un Mitterrand auraient vertement répondu au cacochyme médaillé : « ces sans-papiers » comme vous dites ne sont pas sans visage. Ils ne sont pas des figures abstraites sur qui on peut allègrement se défouler. Ils sont étudiants, nounous, chefs cuisiniers, chercheurs en sciences sociales, écrivains, gardes-malades, parents, enfants, soutiens de famille. Qui prend leur défense face au discours nauséabond ? Qui s’inquiète qu’ils soient poursuivis, méprisés dans un pays où pourtant ils s’intègrent, travaillent, aiment et tentent de survivre ? » Je viens de citer de nouveau Leïla Slimani, marocaine, avec papiers... Il ne faut pas que Benêt/Beret rouge lise, ou il va en avaler son slip kangourou à tous les coups !!!

    Leïla Slimani condamne des propos

     de Macron sur les migrants

    14 – 18 : « C’est complètement idiot   la guerre »

    La romancière franco-marocaine Leïla Slimani quitte l'Élysée après un entretien avec Emmanuel Macron, le 6 novembre 2017 / afp.com/ludovic MARIN

    À Verdun, le chef de l'État a eu un rapide échange

     avec un vétéran souhaitant expulser "les sans-papiers".

    L'échange a fait peu de bruit, hormis une diffusion par l'équipe de Quotidien. Mardi 6 novembre, lors d'un déplacement à Verdun dans le cadre de son "itinérance mémorielle", Emmanuel Macron a salué, comme souvent, plusieurs vétérans. L'un d'entre eux en a profité pour demander au chef de l'État quand il mettra "les sans-papiers hors de chez nous". "Ceux qui n'ont pas de papiers et qui n'ont pas le droit d'asile, croyez-moi on va les... On va continuer le travail", lui a répondu le président.

    Fin de l'histoire ? Visiblement non, puisque ce samedi matin, Le Monde publie une tribune réprobatrice signée par Leïla Slimani, l'auteure auréolée du prix Goncourt pour Chanson douce, nommée ambassadrice de la francophonie par Emmanuel Macron lui-même. "Ce vétéran, je le connais. Ou plutôt, je le reconnais", entame-t-elle. Et de condamner "cette voix amère, ce ton aigre, cette façon hautaine de cracher les syllabes lorsqu'il dit 'sans-papiers'". "Tous les métèques de France vous le diront, tous les Arabes, les Noirs, les sans ou avec papiers vous le confirmeront : ces propos sont de plus en plus courants."  

    "Macron aurait pu les défendre"

    Après avoir énuméré les franges de la population française de plus en plus hostiles d'après elle à l'immigration, Leïla Slimani poursuit en reprochant ce gage donné par le chef de l'État à son interlocuteur: "ceux qui peuvent vivre librement dans leur pays doivent être reconduits."  

    "Il me semble qu'Emmanuel Macron aurait pu défendre avec plus de vigueur et de froideur ceux que cet homme rêve de mettre dehors. Il aurait pu lui répondre sèchement qu'on ne parle pas ainsi des gens en les résumant au vocable 'sans-papiers'", estime la romancière, qui tacle ensuite la "pensée complexe" jadis attribuée au président par ses conseillers. "Il aurait pu lui dire, puisqu'il faut défendre la 'pensée complexe', que l'immigration est une question ô combien complexe parce qu'elle est humaine, douloureuse, existentielle." 

    Réquisitoire

    Et de poser cette question sous forme de réponse à l'engagement d'Emmanuel Macron: "Vit-on librement en Afghanistan, pays vers lequel tant de 'sans-papiers' continuent d'être expulsés, voyant leur destin basculer dans l'horreur? (...) Dans combien de pays d'Afrique vit-on aujourd'hui en homme et en femme libre ?" 

    Présentée par l'Élysée comme le "visage de la francophonie ouverte sur un monde pluriculturel" lors de sa nomination il y a presque un an jour pour jour, Leïla Slimani faisait alors partie "d'une nouvelle génération" que le président de la République voulait "faire émerger". Aujourd'hui, elle conclut sa tribune avec ce réquisitoire : "Personne ne devrait mépriser le droit légitime de chacun à rechercher le bonheur. Personne ne devrait avoir le droit de parler avec légèreté ou condescendance des exilés, des travailleurs de l'ombre, des invisibles qui n'ont peut-être pas de papiers mais qui ont des droits." 

     

    Toutes ces commémorations du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, ne font que glorifier l’acte de guerre, et ainsi que la guerre est une option lorsque les nations s’opposent ; entamons des Marseillaises, et que la garde républicaine joue Sambre et Meuse. Chacun y va de son : « morts au champ d’honneur », dans chaque village des monuments « morts pour la patrie »... Pour les plus « grands » c’est étape éternité au Panthéon. Toutes ces pitreries, d’un Emmanuel Macron qui enjoint les dirigeants internationaux à « faire le serment de placer la paix plus haut que tout  »...  Alors que y’a pas plus va-t-en guerre que la mafia de l’OTAN... Et dire que presque tous gobent de telles salades... Me laisse Pontoise à pantois.

    En fait cette boucherie inutile prit sa source entre des nations aux intérêts divergents : l’Allemagne voulait une plus grosse part du gâteau colonial (1 million de km2) comparé à l’Angleterre (5 millions de km2) et la France (3,5 millions de km2). De plus, le jeu des alliances joua à plein pot : la Serbie attaquée par l’empire austro/hongrois, fit que la Russie dut venir en aide aux serbes ce qui fit que l’Allemagne alliée de l’empire centrale déclara aussi la guerre et comme la France et l’Angleterre étaient alliés aux russes... Pour faire bonne mesure l’empire ottoman se joignit à l’Allemagne et l’Italie aux français, et baboum ! c’était parti pour l’hécatombe ! En rétrécissant le tableau, il y avait de la part de la noblesse et de la grande bourgeoise industrielle une peur des « masses laborieuses », avec la montée du syndicalisme, des mouvements socialistes, anarchistes, et la révélation du marxisme/communisme. Ne pas oublier aussi, que depuis 1870 et la défaite de napoléon III contre Bismarck, et comme conséquence la perte de l’Alsace-Lorraine, ces jeunes générations avaient été élevées au biberon de l’esprit de revanche, et la reprise de ces deux provinces à l’empire allemand, surnommé l’ennemi héréditaire des français... Comme on peut le voir, la population générale n’avait absolument rien à voir dans tous ces micmacs, pourtant ce fut elle qui trinqua. « les grands se chamaillent, les petits se tabassent ». Un vétéran anglais dans un émission nous dit « pourquoi deux pays doivent ils se faire la guerre, c’est comme un meurtre ».

    Qu’aujourd’hui que nous pleurions tous ces morts, ces estropiés inutiles d’accord, mais que tout ça soit célébré par des défilés, des musiques militaires, des parades guerrières, que des vétérans plastronnent avec leurs médailles agrafées au poitrail, ce qui prouve bien que nous n’avons rien appris car, cette affreuse guerre de 14 devait être la dernière et qu’aujourd’hui, tous disparus les poilus, il y a ceux de la seconde guerre mondiale, de Corée, d’Indochine, d’Algérie, du Tchad, des Balkans, d’Irak, d’Afghanistan, du Mali, et...D’autres encore...Et d’autres à venir. Nous n’avons rien appris disais-je !!! L’histoire bégaie.

    Tout ce déballement commémoratif me donne la gerbe, surtout un Macron jouant « le président de tous les français et de toutes les époques morts au champ d’honneur pour défendre la patrie en danger », c’est se foutre de nos gueules de voir cette demie portion se prosterner devant les mausolées à la mémoire de ceux disparus bien trop tôt... Et que fait-on des pleurs de ces femmes, sans mari, sans frère, sans père ? Qu’en fait-on ? Et du 1,2 million d’orphelins de 1918, et toutes ces gueules cassées qui durent souffrir leur existence entière, de ces gazés aveugles, tubards et de tous ces hommes qui une fois revenus du front furent incapable de se réadapter à la vie civile, à la vie de famille... La génération perdue.

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    Le seul, qui au moins assume sa « fuck you attitude », sa « rien à branler attitude » c’est Trump-trompe : comme il pleuvait un peu trop à son goût, il est resté dans son hôtel avec son taupe model d’épouse au lieu d’aller se crotter les godasses dans un cimetière américain à Bois-Belleau dans l'Aisne... Les 7800 tombes pourront bien attendre le deuxième centenaire en 2118... Chez les morts, même ceux du champs d’honneur, y’a pas l’feu, on peut attendre !

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    On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels (Michel Collon), et j’ajouterai ma touche personnelle ; on croit commémorer la paix en fait, on célèbre les guerres... Et donc, les industriels ; et Vive la consommation mémorielle ! Vive la vente d'armes même à des dictateurs et criminels de guerre... Notre  beau pays la France est devenu le 3e exportateur d'armement derrière les Etats-Unis et la Russie. Elle n'est pas belle la vie !!! De quoi vous plaignez-vous ? Allez viens faire un tour dans les Rafales vétéRance véreux... tu oublieras les sans-papiers... pour quelques temps... puis tu iras rejoindre ta fachosphère... puis un jour tu retrouveras, peut-être le "grand vétéran" Pétain...

    14 – 18 : « C’est complètement idiot   la guerre »

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    L’engagement des Algériens dans le conflit mondial de 1914-1918 dans les rangs de l’armée française a été évoqué, le 11 novembre, à Alger, par l’ambassadeur de France lors d’une rencontre pour la paix organisée à l’occasion du centenaire de l’armistice de 1918.

    À l'occasion du centenaire de l'armistice de 1918, l'ambassade de France en Algérie a tenu à marquer l'évènement en organisant, le 11 novembre, une rencontre pour la paix au lycée international Alexandre Dumas, à Alger, en la présence de plusieurs ambassadeurs et de représentants d'ambassades ainsi que deux responsables du ministère algérien des Affaires étrangères. La cérémonie a été présidée par Xavier Driencourt, l'ambassadeur de France à Alger.

    «C'est important de célébrer ici l'Armistice. Ce matin, au cimetière de Bouloghine, j'ai tenu, après avoir lu le message du président de la République [française, ndlr], à évoquer les morts algériens pour la France pendant toutes les guerres, pas uniquement de la Première guerre mondiale», a déclaré le diplomate devant la presse après avoir rappelé les dégâts de cette «terrible période de l'Histoire [de la Première Guerre mondiale, ndlr] qui coûta la vie à 18 millions de personnes, dont 8 millions de civils». 

    Malgré les deux guerres mondiales qui ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes, selon l'ambassadeur de France, l'Humanité n'a pas tiré toutes les leçons nécessaires pour asseoir la paix dans le monde. «Aujourd'hui encore, des conflits majeurs nous ébranlent: je pense à la Syrie, à l'Irak, au Yémen, à la Libye, au Sahel, au Congo, au Soudan du Sud, à la Centrafrique, à l'Afghanistan, à la Birmanie, et à tant d'autres encore», a-t-il affirmé en soulignant que «la paix se construit grâce à la solidarité face aux épreuves, à l'ouverture sur le monde, à la culture, à la mixité sociale, à la prospérité économique. Il s'agit d'un travail permanent». 

    Dans ce sens, M. Driencourt a salué l'engagement de la diplomatie algérienne pour la paix, «qu'elle a notamment démontré dans le rôle majeur de médiateur qu'elle a joué dans de nombreux conflits et négociations difficiles, de l'Iran à l'Érythrée en passant par le Mali». Dans ce cadre, il a notamment souligné que les Nations unies ont institué le 16 mai Journée internationale du Vivre ensemble, grâce à une proposition de l'Algérie.

    Pour rappel, en février 1912, les autorités coloniales en Algérie avaient instauré un service militaire obligatoire, à la suite de quoi, selon l'historien français Gilbert Meynier, 175.000 Algériens ont intégré les rangs de l'armée française durant la Première Guerre mondiale, où certains furent affectés aux usines de fabrication d'armement. L'identité et le nombre des morts et des disparus algériens demeurent toujours imprécis, voire peu connus.

    SOURCE : https://fr.sputniknews.com/international/201811121038862549-armistice-premire-guerre-mondiale-celebree-en-algerie/ 

     

     

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    Hommage à Brigitte Lainé, l’infatigable conservatrice de notre mémoire

    Hommage à Brigitte Lainé, l’infatigable conservatrice

    de notre mémoire

    Le 8 novembre 2018, Brigitte Lainé était inhumée dans sa ville, Saint-Denis. Une très grande dame, courageuse, nécessaire, férue de vérité et de justice notamment sur le massacre des Algériens du 17 octobre 1961, dont il convient de rappeler l'engagement. Hommage signé de l'historienne Mathilde Larrère.

    Remontons vingt ans en arrière. Maurice Papon, haut fonctionnaire de Vichy, condamné à Bordeaux en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour « complicité de crimes contre l’humanité », attaque Jean-Luc Einaudi en diffamation. L’historien avait écrit dans une tribune parue dans  Le Monde le 20 mai 1998 que la répression policière perpétrée le 17 octobre 1961 à l’encontre des manifestants nord-africains constituait « un massacre » perpétré « par des forces de police agissant sous l’ordre de Maurice Papon ». Jean-Luc Einaudi avait procédé en recoupant plusieurs témoignages car les archives étant fermées, il n’avait pu y avoir accès.

    « C’était au fur et à mesure qu’on découvrait des cadavres. C’était beaucoup de repêchages dans la Seine. C’était des Algériens »

    Il fait citer Brigitte Lainé, conservatrice à la Ville de Paris, en charge des archives judiciaires. Le 11 février 1999, elle s’avance à la barre. Son témoignage est édifiant. Il va à l’encontre de la thèse du nombre officiel de disparus ce 17 octobre 1961 lors de la manifestation pacifique des Algériens contre le couvre feu raciste décrété par le préfet de Police. Cotes d’archives à l’appui, Brigitte Lainé égrène la liste des cadavres de manifestants retrouvés dans la Seine et ailleurs, évoque les procès-verbaux des commissaires. Ces derniers précisent ainsi dans quelles conditions, à quels lieux tel corps a été repêché  quelles sont les marques de violence, les blessures par balles, les crânes fracassés par les matraques (les « bidules » de la police comme on disait) ou les crosses de fusil. « C’était au fur et à mesure qu’on découvrait des cadavres, raconte Brigitte Laîné. C’était beaucoup de repêchages dans la Seine. C’était des Algériens », ajoute-t-elle. Avant de préciser : « On mettait souvent les lettres FMA pour « Français musulmans d’Algérie’ ». La conservatrice engagée dénonce aussi une politique de destruction des archives.

    Manquement au devoir de réserve et délit d’obligation

     du secret

    Ce témoignage, c’était un « acte de courage civique » pour Jean-Luc Einaudi, mais un « manquement au devoir de réserve », un « délit d’obligation du secret » selon l’administration…Pour Einaudi, pour l’histoire et la mémoire du 17 octobre 1961, le procès est un succès : Papon est débouté. La longue marche pour la reconnaissance du massacre s’ébroue doucement. Mais pour Brigitte Lainé et son collaborateur conservateur Philippe Grand, la sanction administrative tombe. Le directeur des Archives de Paris de l’époque, François Gaisnault, la prive, ainsi que son collègue des dossiers dont ils s’occupent, leur interdit tout contact avec le public, les interdit de réunions de service. Placardisés… Les pétitions de soutien d’historiennes et d’historiens se succèdent ; à la mairie de Paris, les Verts et le PC se mobilisent. En vain. Les ministres de la culture changent, les archives d’octobre 1961 sont même finalement ouvertes, une plaque doit être déposée en face de la préfecture de police en mémoire des victimes mais les archivistes, eux, restent au placard.

    2004, l’honneur retrouvé pour Brigitte Lainé

    En janvier 2001, Brigitte Lainé dépose une requête auprès du tribunal administratif de Paris qui lui donnera raison deux ans plus tard, en avril 2003, reconnaissant « le caractère d’une sanction disciplinaire déguisée » et redonnant l’honneur à Brigitte Lainé et Philippe Grand. Pourtant, ce jugement ne sera pas appliqué par le maire de Paris de l’époque, le socialiste Bertrand Delanoë. Philippe Grand partira à la retraite au mois d’avril 2004 sans avoir été rétabli dans ses fonctions. Il faudra un nouveau jugement du Tribunal administratif, le 4 mars 2004, condamnant le maire de Paris à une astreinte de 100 euros par jour en cas de non exécution de jugement pour qu’enfin, au bout de plusieurs mois, Brigitte Lainé finisse par être rétablie dans ses droits. Une justice sans la réhabilitation professionnelle puisque la conservatrice ne retrouvera jamais la totalité des fonctions dont elle avait été privée plus de cinq ans auparavant. Brigitte Lainé a pris sa retraite en 2008.

    C’est cette grande dame, passionnée par son métier, conservatrice en chef honoraire et lanceuse d’alerte pourrait-on dire aujourd’hui, amoureuse de sa ville de Saint-Denis et victime d’un acharnement de sa hiérarchie qui nous quittait le 2 novembre 2018. Après avoir oeuvré avec courage et abnégation pour la mémoire des Algériens tués le 17 octobre 1961, à nous de lui rendre hommage aujourd’hui.

    Mathilde LARRERE, historienne

    Crédit photo : LeJSD.com, portrait de Brigitte Lainé publié le 20 janvier 2012 

    SOURCE : https://www.bondyblog.fr/opinions/tribune/hommage-brigitte-laine-linfatigable-conservatrice-de-notre-memoire/

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    Marseille. « Gaudin et toute sa clique doivent démissionner »

    Marseille. « Gaudin et toute sa clique doivent

    démissionner »

    La marche blanche organisée, samedi, en hommage aux huit victimes de l’effondrement de deux immeubles a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Entre dignité et colère, les habitants du quartier demandent désormais des comptes.

    Derrière une banderole « Noailles meurt, Marseille en deuil », la marche blanche en hommage aux victimes s’est terminée, samedi, devant une mairie de Marseille, où les drapeaux avaient enfin été mis en berne, au cri de « Gaudin démission » ! Partis de Noailles, le quartier où deux immeubles se sont effondrés lundi dernier, faisant huit morts, cinq hommes et trois femmes selon le bilan définitif, des milliers de Marseillais, 8 000 selon la police, ont arpenté le centre-ville pour exprimer leur colère et leur désarroi après le drame. Au croisement de la rue d’Aubagne, où les deux bâtiments se sont écroulés, le cortège a observé une émouvante minute de silence, suivie d’une salve d’applaudissements.

    « Aujourd’hui, on est là pour les morts, se souvenir d’eux et leur rendre hommage. Mais on ne va pas en rester là, on va demander des comptes à la mairie. Pendant que les pompiers prenaient des risques pour fouiller les décombres, les élus participaient à une soirée chocolat, ils l’ont même tweeté. C’est un mépris horrible, prévenait Nathalie, une manifestante particulièrement remontée. Gaudin et sa clique doivent démissionner, j’espère que la justice démontrera leur responsabilité. » Le maire LR a justifié son absence à la marche blanche en expliquant qu’il « ne voulait pas créer de tension ».

    404 habitants ont été relogés en urgence

    Les familles et les proches des huit victimes – dont un artiste peintre, une étudiante italienne de 25 ans, une mère de famille comorienne, un jeune Sénégalais… – avaient pris la tête de ce cortège plein de dignité et de tristesse, mais où pointaient également la colère et l’écœurement. « Je pense à mes amis Chérif et Tahar qui étaient venus dormir chez moi et qui sont morts comme presque tous mes voisins. Je venais de sortir de l’immeuble pour aller acheter des cigarettes quand tout s’est effondré », témoignait ainsi Rachid, un miraculé encore traumatisé. « L’immeuble tombait en ruine, des pierres s’en détachaient… »

    Alors que les gestes de solidarité d’associations, de commerçants et de particuliers se multiplient, de nombreux bâtiments de ce quartier central de Noailles ont été évacués par précaution dans l’attente de l’arrivée d’experts envoyés par Paris. 187 familles, soit 404 habitants, ont été relogées en urgence dans des hôtels, majoritairement dans les quartiers Nord.

    Comme un symbole de l’état de délabrement d’une partie du parc locatif marseillais, un balcon s’est effondré samedi après-midi, lors du passage de la marche blanche, sur le boulevard Garibaldi. Une grand-mère et son petit-fils de 7 ans qui regardaient passer la marche ont chuté du premier étage et une jeune fille a été atteinte par des gravats. Tous trois ont été hospitalisés et l’immeuble a été évacué par précaution.

    « On ne peut même plus marcher dans la rue dans cette ville ! » pestait André, un des nombreux riverains scandalisés. « Je connais bien le quartier, mon activité me fait visiter de nombreux immeubles et tout le monde sait que c’est dégradé et insalubre. J’ai alerté depuis des années la mairie de secteur, mais à chaque fois c’est la même réponse : ce n’est pas grave. Eh bien oui, c’est grave, mais il faut attendre des drames pour que nos élus le comprennent. » 

    Associations et habitants prévoient

     d’autres rassemblements

    « Il y a des rats dans les murs et tout est laissé à l’abandon depuis trop de temps », renchérissait un voisin. « Il faut dire au maire qu’une ville, ce n’est pas que des hôtels de luxe et des boutiques pour les touristes. »

    Le quotidien local la Marseillaise a lancé, la semaine dernière, une enquête citoyenne en partenariat avec plusieurs organisations comme Emmaüs Pointe Rouge, Droit au logement, le Donut infolab, ou encore la Confédération nationale du logement sous le #BalanceTonTaudis, pour recenser les immeubles dangereux. Une fois l’hommage aux victimes passé, les associations et les habitants de Noailles prévoient, eux, d’autres rassemblements cette semaine, cette fois pour demander des comptes à la municipalité sur sa gestion, en vingt-trois ans de mandat, de l’habitat insalubre. En 2015, un rapport remis au gouvernement par l’inspecteur général honoraire Christian Nicol faisait état de 40 000 logements indignes à Marseille hébergeant 100 000 personnes, soit 13 % du parc des résidences principales, alors que la moyenne nationale est de 6 %. À Noailles, ce chiffre atteint 48 % !

    Marc Bussone

    SOURCE : https://www.humanite.fr/marseille-gaudin-et-toute-sa-clique-doivent-demissionner-663469 

    La marche blanche et la déclaration

     du Collectif du 5 novembre Noailles

     en Colère

    Samedi 10 novembre, près de 8000 personnes, selon la police, ont défilé dans les rues de Marseille du cours Julien jusqu'au Vieux-Port devant l'Hôtel de ville lors d'une marche blanche en mémoire des victimes des effondrements d'immeubles de la rue d'Aubagne le matin du lundi 5 novembre.

    Devant l'Hôtel de ville, après un moment de colère de la foule et quelques prises de parole de proches de victimes, un porte-parole des habitants, associations et commerçants du quartier de Noailles a lu leurs revendications. Ils appellent à une marche de la colère le mercredi suivant, le 14 novembre, afin de "s'assurer que ces mesures soient mises en place et pour réclamer enfin partout dans Marseille un logement digne pour toutes et tous" et invitent "tous les quartiers, toutes les marseillaises et tous les marseillais" à les rejoindre.

    Alors qu'il ne pleuvait pourtant pas, un bout de balcon au 20 boulevard Garibaldi s'est effondré lors du passage du cortège. Bilan: 3 blessés légers.

     

    Une marche blanche au souffle de révolution

    à Marseille


    1. Une foule impressionnante de plusieurs milliers de personnes a participé samedi 10 novembre 2018 à une marche blanche en hommage aux victimes de l’écroulement de deux immeubles vétustes du centre-ville de Marseille.

    2. Vendredi soir, les corps des cinq hommes et trois femmes découverts sous les décombres de l’immeuble du 65, rue d’Aubagne, ont été identifiés.

    3. Lors du passage du cortège, un balcon s’est partiellement effondré devant le 22, boulevard Garibaldi, faisant 3 blessés légers.

    4. Plusieurs immeubles ont été évacués dans la semaine rue d'Aubagne et alentour par crainte d’un « effet domino ».

    5. Environ 360 habitants ont été relogées par la mairie. « Ils moquent de nous, ils nous envoient à l'extérieur de Marseille, dans le 15e arrondissement », dit un évacué, rencontré dans la marche blanche samedi.

    6. Imane, 28 ans, a perdu sa mère Oumoune morte dans les décombres du 65, rue d'Aubagne.

    7. Sur le Vieux-Port, Saïda, qui a perdu son cousin Chérif, éclate en sanglots.

    8. Sur le Vieux-Port, les claquements de main, qui parcourent la foule comme une vague, se propagent aux immeubles adjacents.

    9. À l'approche de la mairie, des huées montent de la foule, accompagnés de « Gaudin démission », « Gaudin assassin » et « Gaudin aux Baumettes ». « Ça ne sert à rien, il n'est pas là ! », lâche une femme à côté de moi. Sur la façade, les drapeaux sont en berne. 

    10. Après une minute de silence, un discours collectif des des habitant.e.s, associations et commerçant.e.s de Noailles réuni.e.s le 10 novembre 2018 est lu par un habitant de la rue d'Aubagne et militant de gauche. On peut le retrouver dans intégralité sur la page Facebook du Collectif du 5 novembre, Noailles en colère.

    11. « Il y a aujourd'hui des victimes, des morts à qui nous rendons hommage et, des familles de victimes avant tout à qui nous apportons toute notre solidarité et affection. Il y a aussi des centaines de personnes qui ne sont pas de simples évacués comme le dit la mairie mais des victimes indirectes, traumatisées psychologiquement.»

    12. « Nous, habitants, associations et commerçants du secteur seront extrêmement vigilants dans les jours et semaines à venir pour que ces mesures soient appliquées au plus vite. Nous refusons enfin que ce drame soit l'occasion pour la mairie ou les spéculateurs de "dégager" quiconque du quartier pour installer d'autres populations. »

    13. Une marche de la colère est prévue mercredi 14 novembre à 18 heures rue d'Aubagne afin de « nous assurer que ces mesures soient mises en place et réclament un logement digne pour toutes et tous ».

    14. À l'issue de la marche, des Marseillais se recueillent rue d'Aubagne. Plus haut, des experts perchés sur une grande échelle examinent les immeubles voisins à ceux effondrés. Certains pourraient encore être démolis.

    15. Les noms des 8 personnes mortes dans l'effondrement écrites sur un drap, devant les bougies et leurs photos, rue d'Aubagne, le 10 novembre 2018.

    16. À Noailles, un salon de coiffure le 10 novembre 2018. La vie continue, les cheveux ont toujours besoin d'être coupés.

    17. À la mairie des 1er et 7e arrondissements, la Croix-Rouge accueille tout le week-end les dons.

     

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/58110/blog/101118/une-marche-blanche-au-souffle-de-revolution-marseille 

     

    Immeubles effondrés : « On n'en a pas assez fait » reconnaît Jean-Claude Gaudin

    Près d'une semaine après les effondrements de deux immeubles qui ont fait 8 morts dans la cité phocéenne, le maire de la ville reconnaît ses torts.

    Source AFP  | Le Point.fr
    Le maire de la ville n'a pas participe a la marche blanche organisee samedi 10 novembre par les familles des victimes.

    Le maire de la ville n'a pas participé à la marche blanche organisée samedi 10 novembre par les familles des victimes.

    © BORIS HORVAT / AFP

    Au lendemain de la marche blanche en mémoire des 8 morts dans les effondrements d'immeubles à MarseilleJean-Claude Gaudin (LR) s'est exprimé. « On n'en a pas assez fait » pour éradiquer l'habitat insalubre, a-t-il reconnu dimanche. Selon lui, « c'est compliqué, parce qu'on ne nous laisse pas manœuvrer, et donc il est clair que l'insalubrité existe encore ». Celui qui est aux manettes de la ville depuis 23 ans a ajouté, lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville, vouloir s'attacher « à faire des efforts sérieux de ce côté-là ».

    Une note confidentielle de l'agence régionale de santé révélée par Le Monde étrille le service communal d'hygiène et de santé (SCHS) de la ville de Marseille, jugeant que ses agents ont tendance à « sous-évaluer » les dysfonctionnements dans les immeubles et à « minimiser » leur impact sur la santé des habitants. Jean-Claude Gaudin, interrogé par la presse sur cette note, a assuré que la mairie allait « renforcer ce service-là ». Tout en reconnaissant les failles de la mairie sur l'habitat insalubre (menaçant la santé des occupants), le maire a estimé, concernant les immeubles en péril, que « dès que nous sommes alertés, nous prenons (...) les arrêtés de péril ». Durant la conférence de presse, le maire a une nouvelle fois écarté la possibilité d'une démission, martelant « je ne fais pas tout bien, j'en suis sûr, mais je suis là et je reste là » !


    « Ma présence [à la marche blanche], peut-être aurait pu provoquer des tensions »

    Le maire de Marseille a aussi expliqué avoir préféré ne pas participer à la marche blanche de samedi, en hommage aux 8 victimes de la rue d'Aubagne : « Ma présence, peut-être, aurait pu provoquer des tensions. » La marche blanche organisée par les familles et les proches des victimes de la rue d'Aubagne a réuni dans les rues de Marseille 8 000 personnes selon la police, « une marée humaine » selon les organisateurs.

    Tout au long de la semaine, les critiques à l'égard de la gestion de Jean-Claude Gaudin (LR), aux manettes de la ville depuis 23 ans, n'ont cessé de croître. Un rapport remis en 2015 au gouvernement faisait état de 40 000 logements indignes à Marseille, menaçant la sécurité de près de 100 000 habitants (Marseille en compte plus de 860 000 selon l'Insee). Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire pour déterminer les circonstances exactes de la catastrophe et d'éventuelles responsabilités.

     

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    Centenaire de l’Armistice marquant la fin

    du premier conflit mondial

    Les Algériens de la Grande Guerre

    ces oubliés de l’Histoire

    Centenaire de l’Armistice marquant la fin  du premier conflit mondial  Les Algériens de la Grande Guerre  ces oubliés de l’Histoire

    Il y a cent ans, la signature de l’Armistice, dans un wagon-restaurant à Compiègne (87 km au nord-est de Paris), marque la fin de la Première guerre mondiale. Une guerre meurtrière à laquelle des milliers d’Algériens ont pris part et dans laquelle des milliers laisseront leur vie. L’Armistice, signée le 11 novembre 1918 à 5h15 par les généraux allemands et les alliés, entrera en vigueur à 11h12 avec un cessez-le-feu qui signifiera la fin du premier conflit mondial.

    Soixante-douze chefs d’Etat et de gouvernement, dont le Premier ministre Ahmed Ouyahia, ont participé aux cérémonies commémoratives de la signature de l’Armistice. La Première guerre mondiale a causé plus de 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils. On compte environ 9 millions de morts, dont beaucoup d’Algériens qui avaient participé aux différentes batailles, dont la célèbre de Verdun. Les historiens parlent d’environ 500 000 soldats morts après la guerre des suites de blessures ou de maladies contractées pendant la guerre. Des millions de blessés. Dans cette guerre terrible, l’Algérie a fourni à la France coloniale des milliers de soldats soumis au service militaire obligatoire et, le plus souvent, envoyés au front dans des sections d’assaut. Plus de 175 000 soldats venus d’Algérie participèrent à cette guerre, 26 000 d’entre eux ne reviendront jamais. L’Histoire le retiendra, plus de 150 000 soldats algériens ont été engagés dans le premier conflit mondial et furent présents dans toutes les campagnes de guerre, de la Tunisie à l’Italie, et poursuivirent les combats en Provence, dans les Vosges et libérèrent l’Alsace.

    Durant toute la période de la guerre, ils constituaient une véritable « réserve » de soldats pour la France coloniale. Les soldats algériens, des tirailleurs, embarqués le  5 août 1914 à Alger, arrivèrent le 15 août à la frontière belge. Ils étaient remarquables pour leur bravoure et leur courage au combat, selon les historiens. Ils étaient reconnus comme des hommes qui combattaient « avec ardeur et beaucoup de bravoure ». Le professeur d’histoire contemporaine, Pierre Vermeren, a estimé, dans une interview à «Paris Match», que les soldats algériens ont été les plus valeureux, et la prise de conscience du nationalisme algérien « s’était faite dans les tranchées et les usines ». Ces soldats resteront néanmoins les oubliés de l’Histoire même si certains d’entre eux seront décorés plus tard par la France. Cette dernière a entrepris la construction de la Grande Mosquée de Paris dans les années 1920 en l’honneur des « 70 000 morts musulmans » durant cette guerre qui ne les concernait pas. Une étude sur la base de données « Mémorial Genweb » révèle que parmi les morts pour la France durant cette guerre, les prénoms Mohamed et Ben Mohammed figurent dans la liste des 50 prénoms qui ont versé le plus lourd tribut au conflit. 1 204 d’entre eux étaient nés sur le territoire algérien. 

    SOURCE : https://www.algerie360.com/centenaire-de-larmistice-marquant-la-fin-du-premier-conflit-mondial-les-algeriens-de-la-grande-guerre-ces-oublies-de-lhistoire/ 

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  • Dis, Papet, c’est quoi la Paix ?

    Combien de fois ai-je entendu certains dire

     « il faudrait une bonne guerre... »

    Bonne la guerre ? Quelle horreur !

     

    La paix mon petit, c’est l’infime espace temps

     entre deux guerres !

     

    Le choix a été fait le 11 novembre 1918 de préparer

    encore pire pour vingt ans après

    et maintenant un gaspillage gigantesque

    dans des armements de plus en plus meurtriers,

    destructeurs et ruineux, pour préparer la fin de cette

    probable erreur de la nature que nous semblons être.

     

    Je ne pense pas que nous allons vers une ère de paix

    la raréfaction des ressources va faire qu’il y aura de plus

    en plus de conflits, sans compter les réfugiés climatiques.

    L’homme est capable du pire et du meilleur en même temps

    c’est-à-dire :

    — il peut tuer des millions de ses semblables par la guerre et

    — il peut sauver des millions de ses semblables en créant des hôpitaux.

    Mais il ne sera jamais capable que du meilleur exclusivement

    c’est sa nature. 

     

     

    Dis, Papet, c’est quoi la Paix ?

    Nous voilà dans les commémorations. Celle de la plus aberrante boucherie qu'il soit. Macron et ses illustres invités vont nous faire de beaux discours. Auxquels on peut préférer les paroles d'Henri Barbusse dans « Le feu, journal d’une escouade » : 

    « Plus que les charges qui ressemblent à des revues, plus que les batailles visibles déployées comme des oriflammes, plus même que les corps à corps où l’on se démène en criant, cette guerre, c’est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue et l’ordure et l’infâme saleté. C’est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C’est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aiguës, c’est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l’argent, ni le chant du coq du clairon au soleil ! »  

    Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se la faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

    Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et… amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les crânes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, les sans-dents de la France d’en-bas s’étripaient avec ceux de l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

    La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les ploucs des campagnes et les manards des villes se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui pavane sans vergogne en rêvant de trumpiser le pays.

     La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson de tonton Brassens qui par la dérision lucide marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

    Eh oui, la guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

    La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

    La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

    La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

    La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche : « ouf, c'est lui, c'est pas moi ! »

    La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

    La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au-delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

    La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

    La guerre, c'est de la merde.

    La Paix, petit, c'est une belle garce que l'on cherche. Toujours. Mais qu'elle est belle ! Et précieuse...

     

    Pour retrouver quelques espoirs en l’homme visualisons cette vidéo : 

    Source : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dis-papet-c-est-quoi-la-paix-209444 

     

     

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    NI PÉTAIN, NI AUCUN !  Coup de gueule de Daniel Mermet

    « Ceux qu’ont l’pognon, c’est pour eux qu’on crève »

    NI PÉTAIN, NI AUCUN !

    Coup de gueule de daniel mermet

    NI PÉTAIN, NI AUCUN !  Coup de gueule de Daniel Mermet

    Ni Pétain, ni les autres. En honorant nos brutes galonnées, Macron ne fait que rabâcher le vieux mensonge des maitres et de leurs larbins : historiens, militaires et politiciens. Faire croire que, du poilu au maréchal, ils ont héroïquement donné leur sang pour nous autres et pour la France. Des Résistants en somme ?

    « Ils se battirent pour que la France reste la France ». Des sanglots dans la voix, Macron repeint les poilus en résistants et en héros qui seraient morts pour sauver la France. Mais la France depuis un siècle rejette ce mensonge des maitres et des brutes galonnées. Non, ils ne se sont pas sacrifiés, ils ont été sacrifiés. Le Chemin des Dames n’est pas le Vercors. Non, ils n’ont pas consenti, ils ont été contraints. Chacun en France a un grand-père qui fut un morceau de cette chair à canon. Sous ces quatre années de commémoration insipide la mémoire a fait son chemin souterrain malgré tout. Une lettre retrouvée, un nom sur du marbre, un dessin sur un carnet, un bout de soulier, des silences. Rien de glorieux dans ces silences mais des souffrances sans fond, sans nom. Un hébètement. En faire des résistants est une insulte à leur mémoire tout comme à la mémoire des résistants du Limousin ou de l’affiche rouge. Fous de peur, de poux et de pinard, la gueule arrachée dans la boue des tranchées, jamais la chair à canon n’a accepté d’être de la chair à canon. Jamais. Le poilu, ce héros, c’est la figure que l’oligarchie impose depuis un siècle, de commémorations en représentations, de films en livres scolaires, de recherches savantes en bandes dessinées. Pour Macron et son vieux monde il s’agit d’effacer ce que disait Anatole France « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ». Voilà pourtant bien de quoi débattre âprement aujourd’hui. 

    Cette guerre fut la matrice de la violence totalitaire mais aussi le moyen d’amputer la force ouvrière et paysanne. Le chauvinisme a servi à détruire le profond mouvement social du début du 20eme siècle. Dans les neufs premiers mois de la guerre, 500 000 petits français furent tués. Par consentement ? Pour que la France reste la France ? Oui, celle de Nivelle, de Foch, de Mangin, de Pétain, des banques et de la grande industrie, et du monde politique à leur service, c’est-à-dire le monde de Macron, le beau monde avec du sang de pauvre sur ces gants blancs, le beau monde qui porte l’entière responsabilité de ce massacre, le beau monde criminel. « Un massacre entre des gens qui ne se connaissent pas au profit des gens qui se connaissent et ne se massacrent pas » disait Paul Valéry. Est-ce là, une manière de voir a posteriori, après la bataille en somme ? Non. En 1915, depuis la prison où elle était enfermée pour incitation à la désobéissance, Rosa Luxembourg écrivait dans son journal : 

    « La guerre entre les nations est venue imposer la lutte des classes, le combat fratricide du prolétariat, massacre d’une ampleur sans précédent. Ces millions de morts, neuf sur dix sont des ouvriers et des paysans, c’est une guerre inédite, industrielle, déclenchée au nom du nationalisme mais menée pour la domination des marchés. Cette guerre ouvre en vérité la voie à la mondialisation du capital, à la conversion de toute richesse , de tout moyen de production en marchandise et en action boursière. Elle transforme les êtres en matériel humain. C’est l’avenir d’un socialisme humaniste que cette guerre est en train de détruire ». 

    Nous, nos héros, nos résistants, sont les 15 000 qui désertèrent chaque année, ce sont d’abord les mutins, les milliers de mutins qui mirent la crosse en l’air, les 3 700 qui furent condamnés, les 953 fusillés pour l’exemple, nos héros sont aussi les mutilés volontaires et tous ceux qui fredonnaient la chanson de Craonne, quitte à se faire casser les dents à coups de crosse. Oui, ceux là « se battirent pour que la France reste la France ». La nôtre. Celle de Georges Mermet, mon père. Pas un héros non plus celui-là, mais « de la viande », une de ses expressions quand il nous racontait le Chemin des Dames, la Somme, l’Italie, « On était de la viande ». Né en mai 1897, mon père, apprenti orfèvre de Belleville, mobilisé au début de 1916 fut de tous les fronts et de toutes les blessures jusqu’au bout. Éventré, brûlé, traumatisé, il n’a pas fait ça pour votre France monsieur Macron. Je ne veux pas parler à sa place, on n’ouvre pas une boutique dans un cimetière mais, en hommage à sa mémoire je veux juste évoquer ce 13 mai 1993, lors de son enterrement dans l’église de notre banlieue rouge. Discours, fleurs et recueillement, lorsque deux messieurs s’approchèrent et déployèrent un drapeau tricolore sur le cercueil. De la part de la mairie ? De la part d’une organisation d’anciens combattants ? Toujours est-il qu’aussitôt, à la demande de notre mère, l’un d’entre nous se glissa jusqu’à eux et leur demanda d’enlever immédiatement ce bout de tissu. Ce qu’ils firent aussitôt, lentement, laissant apparaître le beau bois blond du cercueil, blond comme la chevelure de Georges lorsqu’il avait vingt ans au Chemin des Dames.

    Daniel MERMET

    « On croit mourir pour la Patrie, on meurt

    pour des industriels. »

    En cette année du 100e anniversaire, les médias racontent « comment » a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts), mais jamais pourquoi. « Morts pour la patrie », proclament tous nos monuments officiels. Mensonge ! 14-18, c’était déjà une guerre du fric. Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche), mais aussi chez les « gentils (France, Angleterre, Belgique…), le véritable enjeu était : quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?

    « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valéry)

    Et vous, qu’en pensez-vous ? 

     

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    En France, il faut aborder "sans regimber" l'histoire

    de la colonisation

    En France, il faut aborder "sans regimber" l'histoire de la colonisation

    Michèle Riot-Sarcey

    En France, il serait "grand temps" de rompre avec la distillation "parcimonieuse" dans les programmes scolaires en envisageant d’aborder, "sans regimber", l’histoire réelle de la colonisation, a affirmé l'historienne Michèle Riot-Sarcey. 

    "Il ne suffit pas de mentionner le fait colonial, mais de rompre définitivement ce long silence ponctué de tentatives désastreuses d’enseigner les effets positifs de la colonisation", a-t-elle souligné dans une tribune publiée jeudi soir par Libération.

    L'historienne, fondatrice en 2005 du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH), appelle à mettre au jour les "multiples faits" de résistances qui "n’ont cessé de ponctuer le temps colonial", soutenant que "rompre le silence, n’est pas l’équivalent d’un prêche pour une réconciliation des mémoires (les mémoires ne se commandent pas)".

    L'auteure du "Procès de la liberté" (La Découverte, 2016) et coordinatrice de l’ouvrage collectif "De la catastrophe" (éd. du Détour, 2018), plaide pour que les élèves reçoivent des comptes rendus d’une "conflictualité dans le temps long des insurrections et des résistances".

    "En effet, quel que soit son âge, l’élève a besoin de référence positive à laquelle il peut s’identifier", a-t-elle dit, relevant que les années de silence "ne peuvent être compensées par la reconnaissance tardive et sélective des morts sous la torture".

    Selon elle, les héritiers des victimes du massacre du 17 octobre 1961 des Algériens à Paris, "événement à propos duquel on a tant tardé à dévoiler la part maudite de la police française et donc de l’Etat", réclament "la reconnaissance d’un combat juste".

    "Comment ont-ils pu réagir aux déclarations récentes d’Emmanuel Macron sur la vérité de la mort de Maurice Audin ? Combien sont-ils encore à attendre ce dévoilement si parcimonieux ? Des milliers selon les historiens", a-t-elle expliqué, rappelant qu'avant eux, Jean-Luc Einaudi, "peu apprécié" par l’Académie, avait révélé la pratique "illégale" de l’armée française.

    "La mémoire du passé, on le sait, est moteur d’histoire, rendre accessible et visible les stigmates de celui-ci est de la responsabilité de tous pour éviter de nourrir les ressentiments", a-t-elle dit, appelant à réviser l’esprit des programmes scolaires en France. "Or, si nous voulons accorder justice à tous ceux et celles qui attendent en vain une prise en compte de leur histoire, c’est-à-dire la nôtre, il serait bon de réviser l’esprit des programmes scolaires qui relègue à la marge cette part éminemment nationale du passé", a-t-elle soutenu.

    SOURCE : http://www.aps.dz/algerie/80415-en-france-il-faut-aborder-sans-regimber-l-histoire-de-la-colonisation 

    Se référer au passé

     selon Michèle Riot-Sarcey

     

    Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite d’histoire contemporaine de l’Université Paris 8, a codirigé avec Claudia Moatti l’ouvrage collectif "Pourquoi se référer au passé ?" (Editions de l’atelier, janvier 2018) 

    "Il faut faire une histoire globale où tous les enjeux du passé pourraient être restitués, avec le racisme, l'antisémitisme, la misogynie, montrer qu'ils ont accompagné l'histoire de l'humanité." Il faut faire une histoire globale où tous les enjeux du passé pourraient être restitués, avec le racisme, l'antisémitisme, la misogynie, montrer qu'ils ont accompagné l'histoire de l'humanité."  

    Michèle Riot-Sarcey est professeure émérite d'histoire contemporaine à l'Université Paris 8, spécialiste d'histoire politique française, elle a contribué à introduire le concept de genre en France. Elle est l'auteure, entre autre, de La Différence des sexes, et du Réel de l'utopie, et plus récemment du Procès de la liberté, une histoire souterraine du XIXème siècle en France. 

    Elle vient de diriger avec l'historienne Claudia Moatti Pourquoi se référer au passé, qui paraît aux Éditions de l'Atelier. Pour s'y référer, et comment l’interpréter. L'historienne y préconise de restituer au passé tout son potentiel critique pour nourrir nos actions, plutôt que de tenter de rejouer le passé. Il s'agit de penser l'Histoire dans un temps qui ne serait pas linéaire, mais toujours recommençant, en mouvement, en progrès 

    "Ceux qui usent du passé en maîtrisent l'instrumentalisation. Il est interprété pour légitimer une pensée commune que l'on voudrait imposer." Michèle Riot-Sarcey

    Intervenante :

    Professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII, historienne du politique et du féminisme.

     

    SOURCE : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/se-referer-au-passe-selon-michele-riot-sarcey 

     

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    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    « Morts pour la France » : cette formule est l’essence même des milliers de monuments aux morts qui ont été érigés entre 1920 et 1925. Pour ne pas oublier ceux qui sont tombés au combat, pour honorer leur mémoire et leur sacrifice, ces lieux de mémoire incarnent le ressenti, le traumatisme de ces veuves, de ces orphelins, de ces parents qui ont perdu un être cher durant la Première Guerre mondiale. La « Der des ders » a saigné la France ; plus d’un million et trois cent mille soldats sont morts dans les tranchées ou la boue. Les survivants de cette barbarie furent, eux, à jamais amputés de leur innocence et de leur insouciance.

    Ce mouvement d’édification de monuments aux morts de 14-18 n’est pas spécifiquement français. Mais, son ampleur dans l’Hexagone est sans commune mesure : plus de 36000, ce qui correspond pratiquement à l’ensemble des communes du pays. La symbolique de ces édifices, installés principalement sur les places des villages ou dans les cimetières, est particulièrement forte. Nombreuses sont les représentations de soldats en uniforme, incarnation du destin tragique de ces poilus. La figure de la femme, qu’elle soit une allégorie de la souffrance, de la France, est une autre de ces thématiques employées pour glorifier les morts qui ont versé leur sang pour leur pays.

    Paix et Fraternité

    Mais rares, quelques dizaines, sont les monuments aux morts s’opposant directement à la guerre. L’un deux, à Dardilly, dans le département du Rhône, appelle même à la fraternité entre les peuples, une formule trônant en haut de cet édifice en forme d’obélisque. Cette formule est atypique, surtout lorsque l’on replace le monument dans le contexte de l’époque où il fut construit, tant la figure de l’autre, l’Allemand, le vaincu était haïe. Aucune arme ou drapeau n’est présent sur la sculpture et point de glorification des héros morts pour la France. La seule référence objective à la guerre vient de la scène principale : une mère qui fuit avec son enfant une maison en feu.

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    Pour mieux comprendre la portée, le message et la symbolique de ce monument, nous nous sommes avec Nicolas Beaupré, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Clermont.

    Un autre exemple de ces monuments aux morts pacifistes se trouve dans la commune de Gentioux, dans la Creuse. La sculpture d’un enfant, le poing droit serré et brandi face à un obélisque où sont inscrits les noms des disparus de la commune, compose l’ensemble. Mais c’est surtout la formule « Maudite soit la guerre », sous la stèle des morts, qui donne à ce monument toute sa mesure. Son existence même a longtemps été jugée problématique par les autorités.

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    En 1922, le préfet, soit le plus haut représentant de l’Etat dans le département, refusa même de participer à son inauguration. Le monument est devenu un lieu de rassemblement pour les mouvements pacifistes, où, tous les 11 novembre est entonnée la célèbre chanson de Craonne. Durant la Première Guerre mondiale cette chanson contestataire fut censurée et interdite par le commandement militaire pour ses paroles antimilitaristes. 

    Centenaire 14-18 : à la découverte

     du monument aux morts pacifiste

     de Dardilly 

    Entre 1920 et 1925, en France, des milliers de monuments aux morts ont été érigés. Mais dans ce vaste mouvement, rares furent ceux s’opposant directement à la guerre. A l'occasion de notre couverture du centenaire de la Première Guerre mondiale, nous nous sommes entretenus autour du monument aux morts singulier érigé à Dardilly, dans le banlieue de Lyon, avec Nicolas Beaupré, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université Clermont Auvergne. Ce spécialiste du premier conflit mondial nous a livré tous les secrets de ce monument atypique appelant à la fraternité entre les peuples. 

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    Nicolas Beaupré 

    "Ce monument aux morts est assez exceptionnel, très original, de par le message qu'il entend transmettre, qui est un message pacifiste sans ambiguïté ; ce qui est assez rare pour les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale."

    "Il y a quelques dizaines de monuments aux morts pacifistes en France et celui de Dardilly en est un bon exemple."

    "Le monument est dû à deux artistes, un sculpteur lyonnais et un sculpteur parisien, Félix Dumas et Charles Yrondi. Il est inauguré le 27 avril 1924. Cette inauguration prend place dans une seconde vague d'inauguration de monument aux morts puisque la grande majorité des d'entre eux sont inaugurés entre 1919 et 1921.
    Il ne figure pas parmi les plus tardifs, qui sont inaugurés à la fin des années 20, mais dans une période intermédiaire, ce qui explique aussi en partie la possibilité d'un discours pacifiste. La plupart des monuments aux morts ont été inaugurés en même temps :
    c'est un des facteurs qui explique leur caractère assez univoque."

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    "Le monument de Dardilly est original à plusieurs points de vue. Déjà par son emplacement, ici, dans un cimetière, où il accueille les visiteurs à l'entrée devant le portail. Il s'inscrit un peu comme un cénotaphe, comme une tombe sans corps au sein de ce cimetière. Il est entouré des morts de la commune."

    "Le projet de monument a été initié en 1919 avec une commission du conseil municipal qui lance une souscription en juillet de cette année-là, souscription qui ne mentionne aucunement le futur message politique du monument."

    "_La souscription est très classique. On peut y lire que la ville est soucieuse de rendre un hommage posthume aux glorieux morts de la commune tombés pour la patrie. Et que les combattants se sont battus, je cite, 'pour sauver la liberté, le droit des peuples et le patrimoine de nos aïeux. Ils ont tout donné, leur espoir, leur jeunesse et leur vie. Nous leur devons une éternelle reconnaissance'. On est là dans un discours mémoriel tout à fait classique qui ne laisse pas du tout augurer de la forme et du message du futur monument_".

    "Le monument est construit ensuite entre 1922 et 1924. Et c'est dès 1922 qu'il prend cette forme pacifiste explicitement voulue par le maire de Dardilly de l'époque, qui s'appelait Jean-Louis Pradel. Il avait lui-même perdu un fils à la guerre : Claudius, né en 1891 et mort au début de la guerre, en novembre 1914. On peut d'ailleurs lire son nom sur la face arrière du monument. Ce qui peut aussi expliquer pourquoi le monument avait cette dimension si revendicative." 

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    "_Il est écrit sur le monument que Claudius est mort à Souchez le 16 juin 1915. Mais si on fait une recherche dans la base de données 'Mémoire des hommes', liste des morts pour la France, ou encore sur les registres matricules du Rhône, on se rend compte que cette date est fautive. Avec le centenaire, il y a beaucoup de recherches sur les monuments aux morts, notamment à l'université de Lille où il y a une base de données quasiment exhaustive des monuments aux morts français, on se rend donc compte qu'il y a beaucoup d'erreurs sur ces édifices. Là il y en a une visiblement._"

    "Le maire de Dardilly, qui était de tendance radical socialiste, donc un maire de gauche (mais en même temps le Parti radical socialiste était le grand parti politique de l'époque donc un parti plutôt de centre gauche qui n'avait a priori rien d'extrémiste), choisit pourtant un monument avec un discours extrêmement militant et très rare pour l'époque, que l'on voit dans les inscriptions qui sont choisies avec ce 'contre la guerre, à ses victimes, à la fraternité des peuples'". 

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    "On voit que par rapport à la souscription de 1919, il n'est plus du tout question d'héroïsme, mais uniquement de victimes. De plus, en bas sous la sculpture, on peut lire : 'Que l'avenir console la douleur'". 

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    "Le monument condamne donc explicitement la guerre. Condamnation qui est redoublée par le motif de la sculpture qui présente non pas un poilu en armes mais une femme avec un enfant devant une maison en flammes. Cette représentation a le mérite à la fois d'évoquer ceux qui restent, les endeuillés, la femme et l'enfant, l'orphelin et la veuve. Mais elle évoque aussi le sort, et c'est assez rare, des civils de l'arrière qui ont vu, par exemple, du fait de la guerre leur maison incendiée". 

    14-18 : "Maudite soit la guerre", les rares monuments aux morts pacifistes

    "On retrouve ce type de représentations d'habitude plutôt dans les zones du front où on a quelques monuments qui évoquent le sort des civils ou qui parfois portent le nom des victimes civiles du lieu. Mais c'est assez rare aussi loin du front, et en arrière, comme ici près de Lyon, à Dardilly". 

    "Le monument a donc une pensée pour les victimes civiles de la guerre. Ce qui est somme toute assez rare puisque la mémoire du premier conflit mondial, jusqu'à aujourd'hui dans le cas de la France et dans le cas des pays d'Europe occidentale, s'est beaucoup focalisée autour de la figure du combattant." 

    "Là, le nom des combattants est présent derrière le monument, mais ce qu'on voit d'abord, c'est la femme et l'enfant, victimes de la guerre au même titre que ceux qui sont morts sur le front". 

    "Le monument est inauguré le 27 avril 1924, lors d'une cérémonie où le maire n'invite pas le préfet, n'invite pas l'armée, n'invite pas les hommes politiques locaux, mais uniquement les anciens combattants de l'ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants) qui était la plus petite, la plus militante et la plus orientée à gauche des associations d'anciens combattants." 

    "Prennent donc la parole lors de l'inauguration, le maire, un représentant de l'ARAC et un professeur de droit de l'université de Lyon. Et ces trois prises de parole sont, elles aussi, comme le monument, sans aucune ambiguïté. Elles sont extrêmement militantes, extrêmement pacifistes."

    "Notamment celle du maire. Plutôt que d'évoquer le sort des Poilus de la commune tués à la guerre, il évoque à plusieurs reprises dans son discours le sort des fusillés. Cela montre bien qu'on a ici, en 1924, une mémoire militante de gauche qui s'exprime à la fois à travers le monument mais aussi à travers les discours qui sont prononcés."

    "_Ces discours sont ensuite édités sous la forme d'une petite plaquette qui est préfacée par Henri Barbusse, qui était à la fois le président et fondateur de l'ARAC, et l'auteur du plus grand best-seller de la littérature de guerre de l'époque en France, 'Le feu' publié en 1916, ouvrage qui obtiendra le Prix Goncourt. A l'époque Henri Barbusse s'est converti au communisme ; il est donc un écrivain engagé." 

    SOURCE : https://fr.euronews.com/2018/11/09/centenaire-14-18-a-la-decouverte-du-monument-aux-morts-pacifiste-de-dardilly

     

     

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    la place de pétain est dans

    le caniveau

     de l’Histoire

    Peu importe son rôle lors de la Première Guerre mondiale, sa conduite durant la seconde le disqualifie à tout jamais.

    Auschwitz Birkenau
    Camp allemand nazi de concentration et d'extermination (1940-1945) 

     

    Il est des crimes qui ne peuvent être pardonnés. Ceux du Maréchal Pétain en font partie. N'en déplaise à notre président, le «héros» de Verdun a poussé si loin l'ignominie que d'aucune manière, il ne peut prétendre figurer dans une commémoration nationale, quelle que soit sa nature. C'est là non seulement une faute morale, une sorte de compromission avec l'une des figures les plus repoussantes de l'histoire de France mais c'est surtout un crachat adressé à tous ceux qui furent victimes de ses lâches agissements.

    Peu importe le rôle joué par Pétain lors de la Première Guerre mondiale, sa conduite durant la seconde le disqualifie à tout jamais. Quand on se soumet de la sorte à l'occupant nazi, quand on devance ses demandes, quand, de son propre chef, on adopte des lois scélérates, quand, sans même en référer à l'autorité de tutelle, on dépêche ses gendarmes pour mieux cueillir, au pied levé, des familles entières de juifs, envoyés par la suite à Drancy avant de finir à Auschwitz et pour mieux déporter tziganes, francs-maçons, homosexuels et opposants politiques, quand on a sur sa conscience la mort de dizaines de milliers d'innocents qui ont disparu dans des circonstances qui sont autant d'insultes au genre humain, quand on a les mains sales d'actions en tout point contraires à la morale élémentaire, on ne peut prétendre être honoré ou célébré par les plus hautes autorités de l’État.

    Imprescriptibles, clamait avec raison Vladimir Jankélévitch quand il évoquait les crimes nazis. Imprescriptible, avons nous envie de hurler aujourd'hui quand nous songeons à ce que fut le régime de Vichy, à sa lâcheté, à ses innombrables renoncements, à cette abjection absolue représentée par les rafles, les dénonciations, les mises à mort, tout cet opéra de la souffrance dont Pétain fut le principal ordonnateur.

    Non, monsieur le président, on ne peut pas à la fois honorer la mémoire du vainqueur de Verdun et dire en même temps tout le dégoût inspiré par ses agissements plus tardifs, tant ces derniers, par leur singulière monstruosité, leur ardente inhumanité, leur immonde barbarie, anéantissent à jamais la grandeur supposée d'un pareil personnage. À eux seuls, les morts du Vel d'Hiv, tous ces enfants arrachés à leur avenir pour finir dans les camps de la mort, engloutissent dans les ténèbres les triomphes des années passées.

    L'ombre d'Auschwitz est si grande, si douloureuse, si profondément inscrite dans nos mémoires qu'elle agit à rebours, de manière rétroactive, et précipite dans les bas-fonds tous ceux qui, de près ou de loin, dans son immédiate contemporanéité ou dans ses lointaines origines, ont pu rendre son avènement possible. Le crime fut tellement hors-norme, qu'il n'a ni passé, ni avenir, ni présent. Il est le temps intemporel de l'histoire, celui qui se joue de la chronologie, des dates d'anniversaire, des saillies héroïques des époques révolues pour mieux juger les hommes à l'aune de leur forfait.

    Qui a participé à cette entreprise funèbre ne peut connaître le repos, ne peut prétendre à une certaine clémence au regard de ses actions d'avant, aussi glorieuses ou décisives furent-elles. Les morts des camps, ces morts laissés sans tombe, sans sépulture, nous y obligent. Ceux qui ne sont jamais revenus nous disent, par la lucarne de leur larmes silencieuses, non seulement de ne jamais les oublier, mais aussi de châtier, aussi longtemps que leur souvenir perdurera, les responsables de ces pareilles atrocités.

    Hier comme aujourd'hui.

    Et aujourd'hui comme demain.

    SOURCE : https://www.slate.fr/story/169575/place-petain-caniveau-histoire?utm_source=Ownpage&_ope=eyJndWlkIjoiZGJiNGZiODY1YzRhMTRkMDBjYjkyNTkyYzg1MjcxYjQifQ%3D%3D

    PÉTAIN, L'IMPOSTEUR DE VERDUN

    À 60 ans passés, ce général obscur se forge une réputation - mieux, une légende - au cours de l'une des batailles les plus sanglantes de la guerre. La République avait besoin d'un sauveur, elle s'en trouve un, au prix de quelques mensonges. 

    Pétain, vainqueur de Verdun. L'affirmation a tant de fois été répétée qu'elle est devenue une vérité. Même la déchéance et la condamnation du maréchal pour trahison, en 1945, n'ont pas réussi à ébranler cette affirmation admise par tous, sans jamais être démontrée. Un siècle après les événements, il est temps de s'interroger sur cette vulgate qui ne va pas de soi. Non, Pétain n'est pas le vainqueur de Verdun. Dans la mémoire favorable au général Pétain, construite dans l'entre-deux-guerres, le Picard apparaît comme un sauveur dès sa prise de commandement, le 25 février 1916 à minuit. Selon les souvenirs de son chef d'état-major, Bernard Serrigny, les officiers en position auraient été soulagés à l'annonce de sa nomination. Le commandant Pineau, qui fait lui aussi partie de son état-major, soutient même que la situation s'améliore immédiatement sous le coup de cette nouvelle, « comme par enchantement ». Pétain lui-même se donne le beau rôle, se prétendant prédestiné puisqu'il écrit, dans La Bataille de Verdun , qu'il étudiait déjà les cartes de la région fortifiée avant que l'on ne fasse appel à lui. « Je considérais comme extrêmement probable ma désignation sur le front de Verdun », affirme-t-il. Or, cette figure du Pétain thaumaturge qui, par sa seule présence, rassurerait les combattants et redresserait les énergies, est une légende.

    RENDONS À CASTELNAU...

    Comme Pétain le reconnaît dans sa correspondance à sa maîtresse - « Il était moins cinq » -, la situation qui se rétablit in extremis le 26 février ne doit rien à sa présence ni à ses ordres, mais au sacrifice des poilus, d'une part, et aux instructions du général de Castelnau, de l'autre. Depuis le 21 février et l'attaque d'une brutalité inouïe des Allemands sur la rive droite de la Meuse, le commandant en chef des armées françaises, Joffre, reste sur ses gardes, craignant que ce ne soit un piège, une manoeuvre destinée à ce qu'il y envoie ses réserves tandis que l'ennemi attaquera encore plus violemment ailleurs. Sous le choc, les troupes de Verdun refluent durant quatre jours. La chute de la citadelle paraît inévitable. Le 24 février, à 21 h 45, Joffre se décide à nommer Pétain à la tête de la défense de la région, mais en prévoyant l'installation de son état-major à Bar-le-Duc, bien au sud de Verdun, et en lui recommandant d'interdire le franchissement de la Meuse aux Allemands. Il semble donc avoir lui-même acté la chute prochaine de la rive droite aux mains de l'ennemi. En attendant, Pétain est convoqué au Grand Quartier Général (GQG) de Chantilly pour le 25 février à 8 heures du matin : c'est dire qu'il ne pourra pas se rendre à Verdun avant la fin de la journée. Or le temps presse.

    Le général de Castelnau, l'adjoint de Joffre, ne tient plus en place. La situation est grave et les heures sont décisives. Aussi, il fait réveiller Joffre aux alentours de 23 heures et obtient l'autorisation de se rendre à Verdun pour apprécier la situation et y prendre les décisions qui s'imposent. Dans la nuit, par téléphone, et dans la matinée du 25, à Dugny - QG du général Herr, le commandant de la région fortifiée -, Castelnau multiplie les ordres : il y fait avancer le 20e corps, arrivé en renfort, mais que l'on n'a pas laissé passer sur la rive droite car la situation paraît perdue. On lui objecte que, si jamais le corps d'armée passe la Meuse, il risque d'être pris dans la nasse. Il suffira que les Allemands bombardent les ponts pour lui interdire toute retraite et l'anéantir.

    Castelnau s'en moque et coiffe le commandement local pour pousser le 20e corps en avant. À la fin de la journée, les renforts parviennent enfin aux défenseurs de Verdun, harassés par cinq jours et quatre nuits de combat. Le 26 février, l'offensive allemande est enrayée. Sans cette intervention énergique de Castelnau, la chute de la rive droite de la Meuse - dont le commandement local comme le GQG avaient déjà fait leur deuil - était inéluctable.

    PÉTAIN A FAILLI RATER SON RENDEZ-VOUS AVEC L'HISTOIRE

    Il se sent effectivement si prédestiné à la défense de Verdun que le 24 février, à 16 heures, il quitte son cantonnement de Noailles (Oise) sans avertir son chef d'état-major de sa destination. Or, à 22 heures, un télégramme signé de Joffre annonce que la 2e armée doit se mettre en route, et convoque Pétain pour 8 heures à Chantilly ! Serrigny est catastrophé : il doit retrouver son chef au plus vite.

    Le sachant homme à femmes et connaissant ses habitudes à l'hôtel parisien Terminus, face à la gare du Nord, Serrigny s'y précipite et retrouve son général en chemise de nuit et en galante compagnie autour des trois heures du matin. Après sa rencontre avec Joffre, Pétain passe la journée du 25 sur les routes enneigées, à tenter de rejoindre Souilly (Meuse), où Castelnau l'attend. Il y parvient à 19 heures et est investi de la défense de la rive gauche... comme de la rive droite avec effet à minuit et ordre de tenir bon. Mais les ordres, et notamment la montée en ligne du 20e corps d'armée, ont déjà été donnés. Bien sûr, pour les besoins du mythe, les défenseurs de Pétain tairont le rôle fondamental de Castelnau, ou essaieront de le diminuer au maximum. « On raconte volontiers, écrit Serrigny, que le général de Castelnau a joué dans la bataille un rôle capital ; qu'il a en somme rétabli les affaires avant l'arrivée du général Pétain. Lui-même le laisse entendre. En réalité ce jour-là son action se réduisit au changement de commandement. » C'est un peu fort.

    PAS VRAIMENT CHARISMATIQUE

    Toujours est-il que ce 25 février Pétain ne rétablit pas la situation par sa seule présence. La vérité est que ce soir-là il est seul avec Serrigny, son état-major étant bloqué sur les routes de Seine-et-Marne, recouvertes par 40 centimètres de neige. Pis : dans le froid glacial de la maison du notaire de Souilly, où il a pris momentanément ses quartiers, il attrape mal et se réveille le 26 avec une toux vive, une pneumonie pour les uns, une bronchite pour d'autres. Quoi qu'il en soit, il est contraint de garder le lit, mais cache ce triste sort à ses subordonnés, en dehors de Serrigny et du général de Barescut, sur qui repose l'organisation de la défense de Verdun. On est, en tout cas, très loin de la légende de l'homme qui, par son seul charisme, redonne confiance à la troupe.

    UNE GLOIRE POLITIQUE FABRIQUÉE

     DE TOUTES PIÈCES

    Au demeurant, les soldats ignorent à peu près qui est ce général. Ce n'est qu'avec le battage médiatique autour de la bataille de Verdun que Pétain devient un personnage connu et reconnu des Français. En février 1916, sa réputation n'a rien à voir avec celle de mars. C'est d'ailleurs peut-être là une des sources du mythe associant Pétain et Verdun. Et Pétain n'est responsable de rien. S'il est flatté par la presse, qui lui tresse des lauriers de papier, la raison est purement politique. Jusqu'en 1916 en effet, Joffre veillait à ce que la presse ne vante aucun autre général que lui-même. Même Gallieni a vu son portrait censuré en 1915. La France ne devait avoir qu'un seul héros, et le gouvernement fermait les yeux parce qu'il estimait que la concurrence de popularité pouvait être un problème politique. Mais depuis l'offensive allemande à Verdun, tout change : la censure autorise les récits louangeurs, parce que la résistance acharnée de Verdun flatte l'orgueil national, mais aussi parce que la France se cherche une nouvelle étoile depuis que celle de Joffre n'illumine plus grand-chose.

    Les politiques, exaspérés par Joffre, ses échecs répétés de 1915, et sa cécité sur la situation à Verdun malgré les avertissements qu'il a pris pour des intoxications de l'ennemi, en ont assez du « grand-père » et rêvent de s'en débarrasser. À la Chambre, dans la commission de l'armée, c'est la bronca contre Chantilly et le GQG. Même chose au Sénat, où Clemenceau tire à boulets rouges sur le haut commandement. Le gouvernement ne le soutient pas plus que la corde le pendu. Et si Joffre n'est pas remercié, c'est qu'il prépare une offensive sur la Somme, qui doit être décisive. On attend donc le résultat de cette bataille franco-britannique, en se promettant de lui régler son compte en cas d'échec.

    Le rapport avec Pétain ? En autorisant les éloges sur le général chargé de la défense de Verdun, le gouvernement est tout simplement en train de préparer un successeur à Joffre dans l'opinion. À partir du moment où la bataille de Verdun devient le symbole de l'affrontement franco-allemand, les journalistes et politiques se précipitent à Souilly pour y rencontrer l'homme qui doit mener ce formidable combat. Ils y découvrent un général bourru, qui se répand en propos acrimonieux sur le GQG en général et sur le général en chef en particulier, se plaignant en permanence de n'avoir pas assez de moyens.

    Cela comble d'aise les adversaires de Joffre, qui s'en reviennent avec des munitions pour mener leur guerre de couloir. Maurice Barrès, dans L'Écho de Paris , le décrit comme une sorte de messie, parlant de « majesté naturelle » : « Il tient dans ses mains le volant des destinées françaises. » Et Joffre ? Le sénateur Henry Bérenger, adversaire du général en chef, le compare à Gallieni, le vrai vainqueur de la Marne. Pichon, dans Le Petit Journal , autre sénateur à la dent dure contre le haut commandement, vante son « esprit de décision » et la « netteté de son coup d'oeil ». Le capitaine Henry Bordeaux en rajoute au cas où le portrait ne serait pas assez reluisant : « Il force l'obéissance sans un mot, rien que par son attitude. Il prend naturellement l'ascendant sur tout ce qui l'entoure [...]. Il est créé et mis au monde pour le commandement. » Son portrait paraît en couleurs dans L'Illustration , le 11 mars, puis en noir et blanc dans Le Miroir , le lendemain, et le QG de Souilly devient le lieu à la mode. Le président Poincaré s'y rendra à six reprises en 1916. Le général Pétain sait jouer le militaire aux manières rudes, le râleur qui parle vrai, et se crée de solides amitiés politiques, à gauche comme à droite. Officiellement, il se dit horripilé par la réclame faite autour de lui, mais il s'attache en même temps les services des écrivains Henry Bordeaux et Louis Madelin, ce qui démontre un sens aigu de la publicité. Passé du grade de colonel à celui de général d'armée en seulement deux ans, Pétain se sent pousser des ailes, « il se gobe », comme écrit le général Fayolle. Le colonel Jacquand, proche de Castelnau, le voit comme un prétentieux souffrant d'une « hypertrophie du moi ».

    Il se prétend indifférent à l'opinion publique, mais il sait la capter pour entamer une épreuve de force avec Joffre afin d'obtenir plus de troupes. Son ordre du jour du 10 avril, ponctué d'un viril « On les aura », est à ce sujet un exemple achevé de communication politique. En réalité, le mot n'était pas de lui, mais de Serrigny, et Pétain avait hésité à le signer car il ne trouvait pas la formule rédigée en bon français. Il est vrai que « Nous les aurons » manquait de coffre et de puissance et, contrairement à « On les aura », n'aurait pas pu devenir un slogan national. L'ambitieux Pétain joue donc sa carte, mais celle-ci est jouée elle-même par les politiques qui préparent la relève de Joffre et portent aux nues cet inconnu pour éliminer le commandant en chef. La gloire de Pétain, qui apparaît en mars 1916, alors que la situation est toujours précaire, est donc une gloire fabriquée, politique, qui sert Pétain autant qu'elle se sert de lui. À l'époque, la manoeuvre n'est pas passée inaperçue. Joffre l'a vue venir à cent lieues, et les officiers supérieurs également : « J'ai la conviction qu'on chauffe un successeur dans la personne de Pétain », écrit ainsi le colonel Jacquand. Le soi-disant vainqueur de Verdun n'est qu'une arme dans la main des adversaires de Joffre. Une réputation, cela tient à peu de chose.

    PANIQUARD EN CHEF ?

    Avec ses demandes incessantes d'hommes et de matériel, celui que le GQG ne nomme plus que Philippe Auguste se rend naturellement insupportable à Joffre, qui, tout à la préparation de sa bataille de la Somme, voudrait que Pétain mène la bataille de Verdun à l'économie. Inquiet par la réclame faite autour de sa personne, Joffre décide de l'éloigner de Verdun en l'élevant, le 1er mai, au rang de chef du groupe des armées du centre. La défense de Verdun est alors confiée au général Nivelle, plus en phase avec la ligne de « défensive-agressive » du GQG, et qui promet de livrer bataille avec des moyens limités sans pleurnicher sans cesse auprès du gouvernement ou des parlementaires. Pétain ne s'y trompe pas : sa promotion n'est autre qu'un débarquement. Il le dit à un ministre de passage : « Voyez en moi un général relevé de son commandement. » Mais le Picard est coriace, et si Joffre s'adresse directement à Nivelle, court-circuitant Pétain, ce dernier se rend régulièrement à Souilly pour y superviser la bataille.

    Pétain ne cesse de se montrer alarmiste, prédisant les pires catastrophes. D'un tempérament pessimiste et prudent jusqu'à la pusillanimité, il crie au loup et finit par soulever les craintes des politiques qui l'ont porté aux nues. Le 31 mai, à Saleux, lors d'une rencontre avec Poincaré et le chef de l'armée anglaise, Douglas Haig, il lâche que « Verdun sera pris », ce qui suscite la colère du président français, qui parle d'une « entreprise de démolition ». Témoin de la scène, Haig confie à ses carnets que « Pétain est un homme fini ». En juin, devant le président du Conseil effaré, il dira : « Nous sommes au bout du rouleau. » Dès le 3 mars, l'homme qui était chargé de défendre la rive droite s'était employé à concevoir un plan d'évacuation sur la rive gauche. Certes, un chef doit parer à toute éventualité, mais Pétain a une fâcheuse tendance à envisager le pire. Ainsi, le 7 mai, dans une lettre à Joffre, il estime que l'armée française s'use inexorablement et qu'elle finira par avoir le dessous ! En juin, sous les coups d'attaques redoublées des Allemands, il est même atteint d'une véritable panique. Il conseille à Nivelle de replier ses canons sur la rive gauche de la Meuse ! Le 23 juin, il téléphone au GQG : « La situation est grave à Verdun ; si on ne me donne pas quelques unités fraîches, je serai obligé de repasser sur la rive gauche. » Et il propose de commencer à évacuer l'artillerie. Nivelle, alors consulté, juge la situation sérieuse mais affirme qu'il tiendra. Évidemment, dans ses souvenirs, le général devenu maréchal ne dit pas un mot de ce catastrophisme que les historiens désireux de ne pas attenter à la grande figure ont eux aussi préféré taire.

    Au fond, en tant que chef de l'armée de Verdun, Pétain n'a commandé que peu de temps, du 26 février au 30 avril 1916. Nivelle, lui, a officié du 1er mai jusqu'à la mi-décembre. Deux mois pour l'un, sept mois et demi pour l'autre. Plus encore, Robert Nivelle est le chef qui a relancé l'offensive et qui, de juillet à décembre, a repris le terrain perdu à l'ennemi de février à juin. Le 24 octobre, malgré les conseils de prudence de Pétain, une attaque menée par la division Mangin permet de reprendre le fort de Douaumont, tombé dans les premiers jours de la bataille. Dans la nuit du 2 au 3 novembre, le fort de Vaux est repris à son tour. Le 15 décembre, contre l'avis de Pétain, « affreusement restrictif » aux yeux de Mangin, Nivelle dégage définitivement la région fortifiée en repoussant les Allemands presque sur leurs bases de départ, fait 11 387 prisonniers et prend 115 canons.

    Ces nouvelles sont alors saluées par la presse avec un vif enthousiasme. Robert Nivelle est encensé. Le Petit Journal , Le Pays de France , L'Illustration , Le Rire rouge publient des portraits de ce formidable général qui a repris le terrain concédé aux Allemands. Et, à l'époque, c'est bien lui le vainqueur de Verdun ! Le 29 août, Joffre soutient cette thèse qui permet de diminuer le rayonnement de son principal rival à la tête du GQG : « Quant au sauveur de Verdun, c'est Nivelle. » Des années plus tard, dans ses Mémoires , il n'en démord pas : « Si l'histoire me reconnaît le droit de juger les généraux qui opérèrent sous mes ordres, je tiens à affirmer que le vrai sauveur de Verdun fut Nivelle, heureusement secondé par Mangin. » En décembre 1916, une nouvelle étoile brille au firmament militaire, qui rejette Pétain dans l'obscurité. Se félicitant de cette éclipse, Joffre s'adresse sans ménagement à Pétain : « Vous aurez beau faire, il en sera ainsi, vous serez le battu, Nivelle le vainqueur de Verdun ! » Cela n'est pas faux, mais Joffre ignore le discrédit qui pèsera bientôt sur la mémoire de Nivelle. L'artilleur, qui s'impose en décembre à la tête du GQG, remplaçant Joffre et coiffant Pétain, se déconsidère en effet lors de l'offensive du Chemin des Dames, en avril 1917. Remplacé par Pétain le 15 mai, Nivelle a fait tomber dans la boue de l'Aisne les lauriers de vainqueur qu'il a gagnés sur la Meuse. Pétain n'a eu qu'à se baisser pour les ramasser. La légende et la propagande feront le reste. Ces querelles de chefs à l'ego surdimensionné ne doivent cependant pas dissimuler l'essentiel : les seuls vainqueurs de Verdun, ce sont les poilus et les 163 000 tués d'une bataille de trois cents jours.

    Un évêque entretient la flamme

    En débaptisant sa place Philippe-Pétain, renommée place de la Libération en 1945, et en le rayant de la liste de ses citoyens d'honneur, la ville de Verdun a depuis longtemps tourné le dos à l'encombrant maréchal. Les pétainistes de l'ADMP (Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain, fondée en 1951) continuent cependant à cultiver le souvenir. Depuis 1951, ils organisent une messe en hommage au « grand homme » tous les 10 novembre, au sein de l'ossuaire de Douaumont, et cherchent à réhabiliter le Pétain de 1940 en se dissimulant derrière celui de 1916. Jusqu'il y a peu, cette manifestation d'extrême droite passait plutôt inaperçue mais depuis quelques années l'honneur fait à l'homme de la collaboration avec Hitler ne passe plus. Déjà, des élus ont rappelé l'évêché à un peu plus de discernement. En 2014, la traditionnelle messe a été ajournée pour la première fois. Pourtant, le 21 février 2015, Mgr Gusching, évêque de Verdun, a convié l'ADMP à une célébration aux côtés d'anciens combattants. Le 10 novembre 2015, les pétainistes se font discrets, la messe étant annoncée comme une commémoration de l'armistice de 1918. En réalité, c'est bien l'homme de Montoire qui continue d'être honoré sur la terre de Verdun par une poignée de sectateurs, avec la complicité des autorités ecclésiastiques. Jusqu'à quand ? J.-Y. L. N. 

    Le poilu, seul vainqueur

    Pour se prévaloir du titre de vainqueur, il faut pouvoir se revendiquer d'une stratégie couronnée de succès. Or, comme l'écrit le meunier Pierre Roullet, qui y a combattu, « il ne fallait pas être un grand stratège pour commander à Verdun ». De fait, la défense du saillant français sur la rive droite de la Meuse consiste à faire monter au front les divisions et à les retirer quand elles sont trop éprouvées. La grande trouvaille de Pétain, c'est la mise sur pied de cette noria. Si cette rotation rapide des unités présente l'avantage de maintenir la combativité des hommes et de leur faire supporter l'insupportable parce qu'ils savent que cela ne durera pas, la noria n'a pas vraiment d'intérêt stratégique. Elle s'explique surtout par le refus de Joffre de céder ses réserves, conservées jalousement pour l'offensive de la Somme : le général en chef prête ses divisions mais veut les voir revenir ! Finalement, sur le plan stratégique, il n'y a pas vraiment de vainqueur. À part le fantassin, dont on n'a jamais ménagé le sang. J.-Y. L. N. 

    L'AVIS MITIGÉ DE CLEMENCEAU

    « [Pétain] n'a pas d'idées, il n'a pas de coeur, il est toujours sombre sur les événements, sévère sans rémission dans ses jugements sur ses camarades et sur ses subordonnés. Sa valeur militaire est loin d'être exceptionnelle, il a dans l'action une certaine timidité, un certain manque de cran. [...] C'est un administrateur plus qu'un chef. À d'autres, l'imagination et la fougue. Il est bien à sa place si, au-dessus de lui, se trouvent des hommes pour décider en cas grave. » (cité dans Pétain en vérité , de Marc Ferro, Tallandier, 2013). 

    LES HÉROS OUBLIÉS, NIVELLE ET CASTELNAU

     

    Robert Nivelle (1856-1924), reconnu par Joffre comme le vrai vainqueur de Verdun, voit son étoile pâlir lors de l'échec du Chemin des Dames en 1917, qui coûtent 350 000 hommes (morts ou blessés) et déclenchent des mutineries parmi les troupes. Quant à Édouard de Castelnau (1851-1944), premier défenseur de la ville, il pâtit auprès du gouvernement de ses convictions catholiques, qui le firent surnommer le « Capucin botté » et ne lui permirent pas de recevoir en 1918 le bâton de maréchal.

    SOURCE : https://www.historia.fr/p%C3%A9tain-limposteur-de-verdun?fbclid=IwAR1KQhOUwcAN0pIIkPoAaV1FfGr584PeeM2Uo65hBEpwDd1-vXWkGNhTTK0

     

     

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    1 commentaire
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    Ce matin j’ai reçu le commentaire ci-dessous d’un internaute, inconnu pour moi, avec le pseudo 77réhabilitation66. Je remercie cet internaute car il me permet de remettre en ligne un article daté du 17 juin 2014. Et d'ajouter la commémoration de 2017. C’est sûrement la phrase du président Macron « Pétain fut un grand soldat pendant la première guerre mondiale » qui a incité cet internaute à me rappeler cet article ancien.

    Michel Dandelot 

     

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature

     de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy

    sera commémoré la mémoire des « 80 »

    parlementaires n’ayant pas voté

     les pleins pouvoirs à Pétain

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

     

    Le 10 juillet 1940, Pétain demandait au Parlement de mettre fin à la République. Bien sûr, la demande n'était pas rédigée ainsi. Le héros de 1918 — vingt-deux ans plus tôt — avait travesti sa demande. Il a sollicité du Parlement les pouvoirs constituants, afin de rédiger une nouvelle constitution qui serait approuvée par de nouvelles assemblées. En réalité, fort de ce vote, il a, le lendemain, pris tous les pouvoirs. Seuls quatre-vingts parlementaires ont voté non. Le Comité est né de la volonté de Jean Marielle pour leur rendre hommage. Plus tard, les parlementaires qui avaient quitté la France pour l'Afrique du Nord où le combat pouvait continuer, ont été associés à cet hommage. 

    Outre la cérémonie annuelle du 10 juillet à Vichy qui a désormais pris un éclat particulier depuis que le Président de l'Assemblée nationale et le Président du Sénat la président alternativement, le Comité entretient la mémoire de ces parlementaires.  

    Christophe POMMERAY 

    Secrétaire général  

    du Comité en l'honneur des quatre-vingts parlementaires 

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Belleville-sur-Allier : la stèle des 80 parlementaires qui ont voté contre les pleins pouvoirs à Pétain
     

    Cérémonie du 10 juillet 2013 

    Une journée d’hommages 

    La tradition instaurée en 2009 a été respectée : le président de l’Assemblée nationale est venu, à Vichy, rendre hommage aux parlementaires du 10 juillet 1940 dans le cadre d’une journée d’hommages et en présence de nombreuses personnalités. La journée d’hommages a commencé par un déjeuner à la sous-préfecture de Vichy où la conversation a, pour l’essentiel, porté sur l’événement historique du 10 juillet 1940 alors que quatre-vingts parlementaires s’opposèrent, par leur vote mais en vain, à la dévolution des pleins pouvoirs constituants à Pétain. Charles de Courson, député de la Marne, a évoqué son histoire familiale puisque son grand-père maternel, Léonel de Moustier, est un des quatre-vingts, souvent désigné comme « le seul député de droite » parmi eux. Gérard Charasse a quant à lui rappelé l’historique de cette commémoration, d’abord timide puis gagnant en importance avec la visite de Michel Rocard, premier ministre, en 1989. Vingt ans après, sous l’implusion du député de Vichy, s’instaurait la tradition d’une alternance de présidence de cette manifestation entre le président de l’Assemblée et celui du Sénat, tradition que Gérard Charasse a inaugurée  avec Bernard Accoyer et Gérard Larcher et que perpétue aujourd’hui l’actuel président de l’Assemblée. En sortant de la résidence de madame Balussou, sous-préfète de Vichy,  les personnalités marquaient un arrêt à la stèle présente devant l’hôtel du Parc ou un gerbe était déposée par le président de l’Assemblée avec William Athlan et Hubert Peretz, respectivement président de l’Association cultuelle israélite de Vichy et de ses environs et président du centre culturel Anne Frank. Après ce premier moment de recueillement commençait la cérémonie d’hommage aux quatre-vingts. Après des dépôts de gerbes, dont celle des députés de l’Allier, les discours se succédaient. Par la suite, le cortège se rendait à Bellerive-sur-Allier où a été inauguré un square des quatre-vingts parlementaires. La journée des membres du Comité devait se finir par l’assemblée générale de l’association tenue à la mairie de Vichy, laquelle, après avoir entendu le rapport d’étape d’Audrey Mallet, titulaire de la bourse de thèse Jean Marielle pour 2012, devait décider de reconduire cette bourse pour 2014. 

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Les quatre-vingts premiers résistants 

    Discours du 10 juillet 2013 

    Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
    Monsieur le Préfet,
    Monsieur le Président du Comité pour l’hommage aux 80 parlementaires,
    Mesdames Messieurs les Élus,
    Mesdames et Messieurs,
     

    C’est un grand honneur de vous recevoir, Monsieur le président de l’Assemblée Nationale, pour rendre hommage aux parlementaires qui ont eu l’immense courage de refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940.
    A cette époque, la plupart des journaux importants ont dû cesser leur publication, et ceux qui restaient, relayaient la propagande du gouvernement Pétain. Le 18 juin 1940, le Matin titrait « La France doit mettre bas les armes ». Le 1er juillet, l’éditorial du Figaro affirmait que « Dans la France blessée, des forces se raniment, qui sont celles mêmes auxquelles le maréchal Pétain fait appel ». Cette reprise en main des médias a permis aux nostalgiques de l’Ancien régime, comme aux partisans de l’Ordre nouveau, de dénoncer le "relâchement des années trente" et d’appeler au "redressement national" au prix d’une soumission aux régimes totalitaires, d’une négation des valeurs de la République.
     

    Ce contexte nous permet de mesurer combien héroïque fut cet acte de résistance. Ils ont dit non à l’inacceptable, refusé la lâcheté et la soumission, et n’ont répondu qu’au seul appel de leur conscience. Et nous savons qu’ils ont payé cher, parfois de leur vie, la défense d’un idéal républicain, démocratique, d’une certaine idée de la France.
    Exemplaires et clairvoyants ces parlementaires ont affirmé leur défiance envers un pouvoir autoritaire qui enterrait la représentation nationale, piétinait les droits des citoyens français et les droits de l’homme les plus élémentaires.
    C’est l’honneur du parlement que ces quatre-vingts parlementaires ont brandi haut et fort, et au-delà, l’honneur de notre pays.
    C’est cet héritage que nous avons le devoir de préserver.
     

    Aujourd’hui un fossé s’est creusé entre la représentation nationale et nos concitoyens, fossé qui dénote une défiance de la population envers ceux qui la représentent.
    Le contrat social qui repose sur un accord implicite, « les gouvernés d’un jour doivent être les gouvernants de demain », semble lointain.
     

    Préserver cet héritage , c’est avant tout, pour nous élus, combler cette fracture.
    C’est créer ou recréer un lien de confiance avec nos concitoyens.
    C’est protéger tous les lieux d’exercice de pouvoirs locaux, au plus proche des habitants.
     

    Préserver cet héritage, C’est développer les droits des citoyens, leur permettre de contrôler les décisions prises en leur nom.
    C’est aussi résister aux puissants lobbies industriels, économiques ou financiers et mettre le bien commun au cœur de notre action.
     

    La démocratie rénovée ne peut grandir que dans une République exemplaire et c’est ce à quoi nous devons nous attacher tous ensemble sous votre Présidence, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale et sous celle de Jean-Pierre BEL, Président du Sénat. 

    Je vous remercie. 

    Mireille SCHURCH 

    Sénatrice de l’Allier 

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Voici le discours prononcé ce même jour par le Président de Vichy Val d’Allier, Jean-Michel GUERRE lors de l’inauguration du square des 80 parlementaires à Bellerive-sur-Allier : 

    Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Mesdames, Messieurs les parlementaires et élus d’Auvergne, Mesdames, Messieurs les représentants du Comité des 80 et Mesdames, Messieurs les présidents d’associations, Chers concitoyens, chers amis, 

    Il y a soixante- treize ans, la Troisième République vivait ses derniers instants. Dix-huit jours après un armistice honteux mis en scène à Rethondes par le maître absolu de l’Allemagne nazie, notre démocratie était jetée aux orties par une très large majorité de ceux qui avaient été élus pour la servir et la défendre ! 

    En votant dans un incroyable chaos, parfois même sans s’en rendre compte, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, 569 députés et sénateurs signaient le plus sanglant des chèques en blanc à celui qui, durant quatre longues années, serait le serviteur servile et zélé de l’Occupant, allant au-delà même de ses attentes pour piétiner les valeurs fondamentales de notre République. 

    Ils n’étaient que quatre-vingts en ce 10 juillet 1940 à dire non à ces pleins pouvoirs donnés à un seul homme. Et parmi ces quatre-vingt, Marx Dormoy, Eugène Jardon et Isidore Thivrier, parlementaires de l’Allier, décidément terre républicaine. 

    Ils n’étaient que quatre-vingts à ne pas se résigner, à croire en une autre voie pour sortir de la débâcle dans laquelle la France s’enfonçait. 

    Ils n’étaient que quatre-vingts à rejoindre dans le même courant de pensée les de Gaulle à Londres, Jean Moulin, Pierre Mendès-France, Jean Zay et Alexis Wiltzer à bord du Massilia - parmi d’autres dans ce qui allait devenir la Résistance avec un grand R. Les armes remplaceraient les idées et les mots dans le vide d’une institution privée de son expression démocratique. 

    Oui, c’est dans l’enceinte de l’opéra de Vichy – ville qui n’avait pas choisi d’accueillir ce gouvernement et qui en porte encore injustement les stigmates - que s’est jouée l’une des tragédies les plus sombres de notre histoire contemporaine. 

    Merci au « Comité des 80 » de perpétuer chaque année la mémoire de ces hommes qui connaîtraient pour beaucoup par la suite la torture, la prison, la mort… 

    Ils doivent continuer d’être pour nous tous des exemples, des consciences. Ils doivent nous guider dans la vigilance impérative qui doit être la nôtre face à toute dérive constitutionnelle. Une petite poignée de voix peut suffire à détourner un texte de son essence démocratique ! 

    Car oui, la République est fragile ! Avant ce 10 juillet 1940, elle avait succombé au coup d’État du 2 décembre 1851 orchestré par le futur Napoléon III. Après, elle a vacillé encore dans le tourment de la Guerre d’Algérie. Attention : les tentatives totalitaires ne meurent pas ! Elles sont d’autant plus perfides quand elles sont suscitées par la voie parlementaire elle-même… 

    Le 10 juillet 1990, à l’occasion du cinquantenaire du vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, le gouvernement avait délégué Jean Poperen, alors Ministre chargé des relations avec le Parlement. Vous me permettrez aujourd’hui de le citer : « L’institution parlementaire, comme la liberté elle-même, dont elle est un des moyens d’expression, nous en avons mesuré le prix quand nous l’avions perdue. C’est pourquoi, ceux qui ont une responsabilité politique nationale – gouvernement, parlementaires – doivent avoir à cœur de la préserver de ses propres défauts, c’est à dire les leurs ! ». 

    Voilà bien le délicat et périlleux exercice d’une République dont les serviteurs se doivent d’être irréprochables. 

    Il y a un peu plus de vingt ans, Jean Poperen poursuivait : « Honneur pour la République, dont cette terrible journée (le 10 juillet 1940) nous rappelle que ses ennemis ne désarment jamais et qu’il nous faut toujours la défendre. Car c’est bien d’elle qu’il s’agissait : il fallait que la guerre soit perdue pour que la République fût abattue. « Étrangler la gueuse !, disaient certains ». D’autant plus étranglée la République que les lois du printemps 36 avaient donné chair au vieux rêve du 19ème siècle : la « République Sociale » ! Ce nouveau « printemps des peuples », certains chez les puissants de la Société, ne l’avaient pas pardonné ! ». 

    Combien de règlements iniques, combien de mesures discriminatoires, combien d’abandons et de trahisons aux fondements de notre nation auront-ils lieu du 10 juillet 1940 jusqu’au Gouvernement provisoire de la France de 1944 ? 

    Dès l’obtention des pleins pouvoirs, Philippe Pétain et ses ministres allaient transformer la France, jadis terre d’asile, en un pays infréquentable pour toutes les diversités qui en avaient fait sa richesse. 

    Dès le 15 juillet, c’est une loi relative à la procédure de déchéance de la qualité de Français. Le 17 juillet, les citoyens français nés de père étranger n’ont désormais plus le droit d’exercer un emploi dans l’administration. Le 22 juillet, c’est une loi portant sur la révision des naturalisations qui est promulguée. 

    Le 27 juillet, c’est la création d’une Commission chargée de réviser les naturalisations effectuées après 1927. Le 13 août, une loi dissout les « sociétés secrètes », les obédiences maçonniques étant les premières visées. Le 27 août 1940, la loi Marchandeau réprimant la diffamation raciale est abrogée. 

    Le 27 septembre, une loi relative à la « situation des étrangers en surnombre dans l’économie française » est promulguée. Rapidement, dès lors, en zone non occupée, plus de 40 000 travailleurs étrangers sont regroupés dans des camps de travail forcé, sous la surveillance des gendarmes. 

    Le 3 octobre, c’est la promulgation de la première loi portant statut des Juifs de France, suivie, le 4 octobre, d’une loi complémentaire sur les ressortissants étrangers de « race juive ». Le 7 octobre, le gouvernement abroge le décret Crémieux du 24 octobre 1870, qui attribuait la nationalité française aux juifs d’Algérie, lesquels sont désormais réduits au statut de l’indigénat. Ce premier trimestre d’activité du pouvoir était bien rempli ! 

    Le pire était à venir… 

    A Bellerive ce jour, honorés et fiers de la présence de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, pour leur rendre avec vous cet hommage, les « 80 » trouvent sur cette rive de l’Allier un square à leur mémoire.
    Un lieu soulignant leur courage, prolongeant aux regards d’aujourd’hui leur insoumission à toutes les formes de barbaries.
    La paix peut régner là où les droits sont respectés, là où les peuples sont nourris, là ou individus et nations sont libres.
    Les 80 ont résisté, regardé différemment, souvent sans complaisance malgré l’intensité de leur souffrance ou de leur solitude.
    Car tous ont voulu l’amélioration de la condition des autres avant de se soucier de la leur.
    Éveillés à la liberté.
    L’esprit de la République est là.
    Ils en sont l’exemple, ils sont nos exemples.
     

    Je vous remercie. 

    Jean-Michel GUERRE 

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

     

    C’était en 2017

    Hommage à Vichy (03)

     aux 80 parlementaires qui dirent non

     à Pétain le 10 juillet 1940

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Un hommage aux 80 parlementaires qui refusèrent de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain a eu lieu ce 10 juillet devant l'opéra de Vichy. / © Claude Fallas

    Le 10 juillet 1940 lors de la Seconde Guerre mondiale, la quasi-majorité des parlementaires donnaient les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Sauf 80 qui ont voté non. Une cérémonie s’est tenue devant l’opéra de Vichy dans l’Allier pour leur rendre hommage. 

    Le 10 juillet 1940, le maréchal Philippe Petain demandait aux parlementaires de lui donner les pleins pouvoirs. Après la débâcle française face à l’armée allemande, les députés et sénateurs de l’époque se réunissent pour voter cette mesure. La quasi-majorité accepte, sauf 80 parlementaires qui votent non. 

     

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Chaque année, une cérémonie rend hommage à ces parlementaires qui osèrent s’opposer au maréchal Pétain. L’hommage s’est déroulé ce 10 juillet à 11h30 devant l’opéra de Vichy, lieu symbolique puisque c’est à cet endroit que le Congrès avait  voté il y a 77 ans. La cérémonie était organisée par la ville de Vichy et « le Comité en l’honneur des 80 parlementaires » qui est présidée par le cussétois Joseph Bléthon. 

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Un hommage aux 80 parlementaires qui s'opposèrent au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale a lieu chaque année à Vichy. / © Claude Fallas

    4 Auvergnats parmi les 80 parlementaires 

    Parmi les 80 parlementaires à avoir dit non au maréchal Pétain en 1940, 4 étaient auvergnats. Isidore Thivrier (maire de Commentry et député socialiste de l’Allier), Marx Dormoy (maire de Montluçon et sénateur socialiste de l’Allier), Eugène Jardin (maire de Domérat, Allier) et enfin Maurice Montel (député du Cantal et maire de Ruynes-en-Margeride).

    Deux d’entre eux connurent une fin tragique. Marx Dormoy, le sénateur de l’Allier fut révoqué en septembre 1940 puis interné. Il fut assassiné le 26 juillet 1941, un attentat souvent attribué à La Cagoule, un mouvement d’extrême-droite de l’époque. Quant à Isidore Thivrier, il décéda en mai 1944 dans le camp de concentration de Natzwiller-Struthol en Alsace.

    Le dernier survivant des 80 parlementaires qui votèrent non, est le député du Cantal, Maurice Montel. Il fut inhumé en 1996 à Ruynes-en-Margeride. Philippe Seguin, alors Président de l’Assemblée nationale fut présent à ses obsèques.
     

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    L'hommage a était organisé par la mairie de Vichy et le "comité en l'honneur des 80 parlementaires" devant l'opéra, lieu où le congrès avait effectué le vote il y a 77 ans. / © Claude Fallas 

     

    Les intervenants dans LA VIDEO, CI-DESsous

    Vichy : hommage aux 80 parlementaires qui refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940
    Un hommage a été rendu aux 80 parlementaires qui refusèrent de donner les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940 à Vichy, dans l'Allier. Intervenants : Joseph Blethon (président du Comité en l'honneur des 80), Catherine Martin-Zay (Fille de Jean Zay) et Christophe Pommeray (Secrétaire du Comité en l'honneur des 80).  
    - Claude Fallas et Hélène Goutany. Montage de Benoît Coutine. 

    SOURCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/allier/vichy/hommage-vichy-03-aux-80-parlementaires-qui-dirent-non-petain-10-juillet-1940-1295361.html 

     

    Ils refusèrent leurs voix à la dictature   de Pétain *** Le 10 juillet 2014 à Vichy  sera commémoré la mémoire des « 80 » parlementaires n’ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain

    Liste détaillée des 80 parlementaires ayant voté « Contre »

     

     ChambreDépartementParti ou groupe parlementaire
    Marcel-François Astier Sénat Ardèche Gauche démocratique
    Jean-Fernand Audeguil Chambre des députés Gironde SFIO
    Vincent Auriol Chambre des députés Haute-Garonne SFIO
    Alexandre Bachelet Sénat Seine SFIO
    Vincent Badie Chambre des députés Hérault Parti radical
    Camille Bedin Chambre des députés Dordogne SFIO
    Émile Bender Sénat Rhône Gauche démocratique
    Jean Biondi Chambre des députés Oise SFIO
    Léon Blum Chambre des députés Aude SFIO
    Laurent Bonnevay Chambre des députés Rhône ARGRI
    Paul Boulet Chambre des députés Hérault Gauche indépendante
    Georges Bruguier Sénat Gard SFIO
    Séraphin Buisset Chambre des députés Isère SFIO
    Gaston Cabannes Chambre des députés Gironde SFIO
    François Camel Chambre des députés Ariège SFIO
    Pierre de Chambrun Sénat Lozère PDP
    Auguste Champetier de Ribes Sénat Basses-Pyrénées PDP
    Pierre Chaumié Sénat Lot-et-Garonne Gauche démocratique
    Arthur Chaussy Chambre des députés Seine-et-Marne SFIO
    Joseph Collomp Chambre des députés Var SFIO
    Octave Crutel Chambre des députés Seine-Inférieure Parti radical
    Achille Daroux Chambre des députés Vendée Parti radical
    Maurice Delom-Sorbé Chambre des députés Basses-Pyrénées GDRI
    Joseph Depierre Sénat Rhône SFIO
    Marx Dormoy Sénat Allier SFIO
    Alfred Elmiger Chambre des députés Rhône Gauche indépendante
    Paul Fleurot Sénat Seine Gauche démocratique
    Émile Fouchard Chambre des députés Seine-et-Marne UPF
    Édouard Froment Chambre des députés Ardèche SFIO
    Paul Giacobbi Sénat Corse Gauche démocratique
    Justin Godart Sénat Rhône Gauche démocratique
    Félix Gouin Chambre des députés Bouches-du-Rhône SFIO
    Henri Gout Chambre des députés Aude Parti radical
    Louis Gros Sénat Vaucluse SFIO
    Amédée Guy Chambre des députés Haute-Savoie SFIO
    Jean Hennessy Chambre des députés Alpes-Maritimes Gauche indépendante
    Lucien Hussel Chambre des députés Isère SFIO
    André Isoré Chambre des députés Pas-de-Calais Parti radical
    Eugène Jardon Chambre des députés Allier UPF
    Jean-Alexis Jaubert Chambre des députés Corrèze Parti radical
    Claude Jordery Chambre des députés Rhône SFIO
    François Labrousse Sénat Corrèze Gauche démocratique
    Albert Le Bail Chambre des députés Finistère Parti radical
    Joseph Lecacheux Chambre des députés Manche ARGRI
    Victor Le Gorgeu Sénat Finistère Gauche démocratique
    Justin Luquot Chambre des députés Gironde SFIO
    Augustin Malroux Chambre des députés Tarn SFIO
    Gaston Manent Chambre des députés Hautes-Pyrénées Parti radical
    Alfred Margaine Chambre des députés Marne Parti radical
    Léon Martin Chambre des députés Isère SFIO
    Robert Mauger Chambre des députés Loir-et-Cher SFIO
    Jean Mendiondou Chambre des députés Basses-Pyrénées Parti radical
    Jules Moch Chambre des députés Hérault SFIO
    Maurice Montel Chambre des députés Cantal Gauche indépendante
    Léonel de Moustier Chambre des députés Doubs RIAS
    Marius Moutet Chambre des députés Drôme SFIO
    René Nicod Chambre des députés Ain UPF
    Louis Noguères Chambre des députés Pyrénées-Orientales SFIO
    Jean Odin Sénat Gironde Gauche démocratique
    Joseph Paul-Boncour Sénat Loir-et-Cher USR
    Jean Perrot Chambre des députés Finistère Parti radical
    Georges Pézières Sénat Pyrénées-Orientales SFIO
    André Philip Chambre des députés Rhône SFIO
    Marcel Plaisant Sénat Cher Gauche démocratique
    François Tanguy-Prigent Chambre des députés Finistère SFIO
    Paul Ramadier Chambre des députés Aveyron USR
    Joseph-Paul Rambaud Sénat Ariège Gauche démocratique
    René Renoult Sénat Var Gauche démocratique
    Léon Roche Chambre des députés Haute-Vienne SFIO
    Camille Rolland Sénat Rhône Gauche démocratique
    Jean-Louis Rolland Chambre des députés Finistère SFIO
    Joseph Rous Chambre des députés Pyrénées-Orientales SFIO
    Jean-Emmanuel Roy Chambre des députés Gironde Parti radical
    Henry Sénès Sénat Var SFIO
    Philippe Serre Chambre des députés Meurthe-et-Moselle Gauche indépendante
    Paul Simon Chambre des députés Finistère PDP
    Gaston Thiébaut Chambre des députés Meuse Parti radical
    Isidore Thivrier Chambre des députés Allier SFIO
    Pierre Trémintin Chambre des députés Finistère PDP
    Michel Zunino Chambre des députés Var SFIO

     


     

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    Audin et en même temps Pétain ?

    Audin et en même temps Pétain ?

    Dimanche prochain, à 11h précises, toutes les mémoires, la mémoire française comme celles de tant de nations belligérantes, entendront résonner l’écho des cloches et des clairons qui sonnèrent il y a cent ans la fin des combats de la Première Guerre mondiale.

    Le 11 novembre n’est pas un jour de victoire, ni même de paix. Le 11 novembre est un jour de deuil en France et dans le monde. Le deuil de plusieurs millions de morts, de blessés et d’invalides.

    Dans la mémoire de notre pays, c’est le plus grand deuil que nous ayons eu à porter car cette guerre a marqué, et marque encore, de sa trace indélébile chaque commune, chaque famille. Cette journée singulière appelle donc au recueillement et au respect des morts.

    En aucun cas, il ne doit être troublé par le bruit médiatique d’un Président de la République qui mêle confusément cérémonies patriotiques et visées électoralistes à travers un périple dans des territoires oubliés par la politique du gouvernement depuis deux ans. Les morts pour la France, leurs familles et l’ensemble des Françaises et des Français n’ont pas besoin de gesticulations et de petites phrases d’un Président de la République qui vagabondent sur les routes de France, fussent-elles celles du front occidental de la Grande Guerre.

    En cette veille de 11 novembre, les morts de la Première Guerre mondiale méritent que le devoir de mémoire qui leur est dû ne serve pas « en même temps » à faire autre chose. Aujourd’hui, alors que cette itinérance s’achève que va-t-il en rester ? Quel message le chef de l’État a-t-il voulu faire passer? Celui d’honorer Pétain et les maréchaux ?

    A l’approche du 11 novembre 2018, je me questionne sur le sens de l’action du Président de la République sur les questions mémorielles.

    Pourquoi avoir voulu programmer et assister à une cérémonie en hommage aux huit maréchaux de la Grande Guerre à l’Hôtel national des Invalides le 11 novembre au matin ? Quelle nécessité y a-t-il pour un Président de la Vème République de vouloir rendre légitime un hommage républicain à celui des huit qui, il n’y a même pas 80 ans, a mis à bas cette même République pour imposer aux Français un régime autoritaire, fasciste et antisémite ?

    Monsieur le Président de la République, vous avez ainsi, par cette seule volonté, effacé d’un geste cinq ans de paix des mémoires, cinq ans d’hommage à tous les combattants, cinq ans pendant lesquels la mémoire d’un tirailleur sénégalais, d’un soldat bavarois ou d’un capitaine de Saint-Cyr étaient à égalité. Vous revenez à la France de la Chambre bleu-horizon de l’après-guerre, au culte des maréchaux de l’entre-deux-guerres dont l’histoire nous a appris à quoi il avait mené.

    Monsieur le Président de la République, j’aurai aimé que vous suiviez l’exemple de vos prédécesseurs sur cette question. Vous dénonciez récemment le climat actuel en Europe en faisant un parallèle avec la situation des années 1930. Pourquoi alors organiser, légitimer, dans le Dôme des Invalides, une cérémonie dans laquelle sera glorifié le Maréchal Pétain, le général vainqueur de Verdun certes, mais surtout l’homme de la Collaboration, des lois antisémites, l’homme de la Rafle du Vél’ d’Hiv ?

    Monsieur le Président, l’Histoire ne s’est pas arrêtée le 11 novembre 1918. S’il appartient aux historiens de l’écrire, les mémoires sont quant à elles notre bien collectif et elles ne peuvent être oubliées. Après 1918, il y a eu le 10 juillet 1940 et quatre sombres années qu’aucun passé, fusse-t-il considéré comme glorieux, ne saurait effacer. La République ne peut pas honorer quelqu’un qui a agi contre la République.

    Nous savons désormais que dans votre « en même temps » mémoriel, Monsieur le Président de la République, Maurice Audin vaut bien Philippe Pétain.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/081118/audin-et-en-meme-temps-petain 

     

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