• Violences policières: des blessés parlent

    Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, une centaine de personnes ont été gravement blessées. Nous donnons la parole à des manifestants qui ont été mutilés. Avec Karl Laske, journaliste à Mediapart ; Antoine Boudinet, amputé d’une main ; Dominique Rodtchenki Pontonnier, mère d’un blessé à la main ; Lola Villabriga, blessée au visage et Anaëlle, secouriste volontaire.

     “Il n’est pas question qu’ils me prennent

     la main et s’en sortent sans problème”

     

    Antoine Boudinet, Bayonnais de 26 ans, a perdu une main emportée par une grenade GLI-F4, lancée lors des manifestations du 8 décembre à Bordeaux. Il a accepté de répondre à nos questions.

    Antoine Boudinet a porté plainte le 17 décembre

     contre Christophe Castaner.

    Comment vous sentez-vous ? 

    Antoine Boudinet : J’essaie de m’y faire, petit à petit. Le fait d’avoir perdu ma main et ce que cela suppose est compliqué.

    Vous êtes revenu chez vous. Allez-vous suivre une rééducation ?

    A. B : Je serai en rééducation à partir du 26 décembre. Il va falloir que j'apprenne à être gaucher. Ce sont des choses qui vont me prendre du temps.

    Que s'est-il passé ce jour-là ? 

    A. B : On était parti à Bordeaux pour la marche pour le climat. On s'est retrouvé dans la marche, mais aussi dans la manifestation des "gilets jaunes" et celle des jeunes. Il y a eu des affrontements et tout le monde était mélangé. Il y avait une belle solidarité. Au début, c’est plutôt classique : je prends des lacrymogènes, j’ai les yeux qui piquent… Nous avons des œufs que nous avons achetés dans une petite épicerie.

    Après, on décide de faire une pause dans un café pour s’en remettre. Puis, on décide de repartir. En y retournant, j’ai perdu mes amis et j’ai avancé un peu pour voir ce qu’il se passait, car il y avait une barricade en feu au niveau de l’arrêt Hôtel de Ville. Effectivement, de l’autre côté, il y avait des CRS qui avaient réussi à repousser les manifestants. Du coup, je me suis un peu trop avancé, un peu comme un idiot. Dans ce contexte, c’est un peu difficile de bien cerner la situation et surtout de prendre la bonne décision.

    A un moment donné, je vois un truc qui roule à mes pieds. Il faut bien comprendre que ces trucs fument avant d’exploser. Je ne savais pas alors qu’ils lançaient des grenades. Je me suis dit que c’était un fumigène et je ne voulais pas me le prendre. Je me suis baissé pour le ramasser. Ma main arrivée à la hauteur des cuisses, ça a pêté. Je ne me suis pas rendu compte que je l'avais perdue. Mon cerveau a bloqué la douleur. J’ai couru vers les manifestants en me disant que j’avais la main tapée par quelque chose. Là, je vois les gens qui s’écartent et me regardent un peu effrayés. Je regarde et je vois mon bras complètement déchiqueté.

    Vous n'avez ressenti aucune douleur ?

    A. B : C’est le moment où je vois le moignon et je hurle. Ce n’est pas un cri de douleur, c’est un cri d’horreur. C’est particulièrement horrible avec des doigts qui pendent… C’est un manifestant qui m’attrape par les épaules et qui me conduit aux CRS. Ils m’appuient contre un arbre, appellent les pompiers et me font un garrot. Eux-mêmes étaient atterrés et dégoutés. Pour moi, c’est beaucoup trop pour une manifestation.

    Les pompiers m’amènent à l’hôpital et pendant le trajet, je suis toujours conscient. J’essaie de me rendre compte qu’effectivement, je n’ai plus ma main et je ne pourrais pas faire quoi que ce soit avec. On me tient la tête pour éviter de regarder le moignon, mais le mal est déjà fait. J’arrive à l’hôpital et on me déchire tous les vêtements car j’ai reçu aussi des éclats de plastique dans les jambes qui m’ont causé de sacrées croutes et brûlures.

    Vous avez décidé de porter plainte. Pourquoi ? 

    A. B : Il n’est pas question qu’ils prennent ma main et s’en sortent sans aucun problème. [Avec mon avocat] nous avons décidé de ne pas attaquer le gendarme ou l’Etat français, car c’est un peu trop flou. Donc nous avons attaqué Monsieur Castaner [ministre de l'Intérieur, ndlr.], car c’est lui le responsable de l'utilisation de ces grenades. Lui, ainsi que le préfet, le sous-préfet… Il faut que les gens comprennent à quel point cette arme est une horreur.

    Comment envisagez-vous votre avenir ? 

    A. B : Je vous avoue que l’accident est le seul thème de conversation dans ma vie. D’abord, il va falloir traiter ce sujet, histoire de pouvoir passer à autre chose. Je ne sais pas ce que cela va donner. En ce qui concerne la rééducation, il va falloir apprendre à tout faire d’une seule main. Peut-être espérer avoir une prothèse électrique qui ne soit pas qu’un bout de plastique, mais quelque chose qui puisse faire bouger les doigts. C’est beaucoup de travail et d’apprentissage. Ça ne va pas être une partie de plaisir, mais c’est nécessaire pour retrouver une vie à peu près normale.

     

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    Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

     

    Le vrai monde

    Jeudi, 17 Janvier, 2019

    Patrick Apel-Muller 

    « C’est n’être bon à rien de n’être bon qu’à soi. » Le mot de Voltaire venait à l’esprit à l’écoute du long – très long – plaidoyer d’Emmanuel Macron, dans ce qui se voulait l’ouverture du grand débat national. Il a dit oui, il a dit non aux maires parfois émouvants qui l’interpellaient, mais il s’est avant tout livré à un exercice de propagande, semblable à ceux qu’il conduisit lors de la campagne présidentielle. L’ISF ? Pas question. La fraude fiscale ? Pas un mot. Les dividendes record du CAC 40 ? Connaît pas. La hausse du Smic ? Circulez. Le Cice ? Rien de nouveau. Tout juste a-t-il entrebâillé une porte sur la limitation de vitesse à 80 km/h et sur la loi NOTRE. L’exercice est resté loin – si loin – de « la fracture sociale » qu’il a reconnue.

    Le président n’est même pas parvenu à dissimuler une morgue de classe. Après les « illettrées de Gad », « les fainéants », « le pognon de dingue des minima sociaux », « les gens qui ne sont rien », « les Gaulois réfractaires au changement », voici les pauvres « qui déconnent ». Il a même récidivé : « Moi, là ou j’habite, en traversant la rue, je peux vous dire on en trouve », du travail, s’est-il gaussé. Parlait-il de la place Beauvau qui voisine l’Élysée ?

    Pourtant, deux mois après le lancement de la révolte des ronds-points – toujours soutenue par 67 % des Français –, Emmanuel Macron a accusé le coup. Pour la première fois, il a dû prononcer les mots « gilets jaunes » qu’il avait jusqu’alors soigneusement évités et reconnaître que le mouvement lui imposait un « acte II » de son quinquennat. Le « nouveau monde » n’a pas résisté au vrai monde.

    Le grand débat est déjà là, dans les rues et au sein des familles, dans les ateliers et derrière les bureaux. Les syndicalistes, la gauche, les démocrates l’investissent déjà pour que cette colère très juste ne soit pas dévoyée et stérilisée mais se charge de politique au sens le plus noble, la conduite des affaires de la cité au service du plus grand nombre. Elle pourrait bien faire éclater les corsets taillés par le pouvoir et déborder des seuls espaces dédiés.

    Par Patrick Apel-Muller 

    SOURCE : https://www.humanite.fr/editorial-le-vrai-monde-666498?fbclid=IwAR2HIW5XxsK8INZRcZcwONxVARzDUeO6DlI9bjqrNsYdESSkyNg3HJy5ZkI

     

    Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

    Roger Frey, le modèle

     de Christophe Castaner ?

    Le vrai monde *** Roger Frey, le modèle de Christophe Castaner ?

    « Je ne connais aucun policier, aucun gendarme, qui ait attaqué des "gilets jaunes" », a déclaré hier le ministre de l’Intérieur, interrogé par les journalistes sur les violences policières.

    Le journaliste David Dufresne a recensé sur son compte Twitter près de 300 cas de violences policières depuis début décembre.

    Le sociologue Fabien Jobard affirme dans l'Humanité : « Depuis novembre, on assiste à un emploi disproportionné [des lanceurs de balle de défense] par la police, qui vise les individus. Au final, le nombre de mains arrachées, de personnes éborgnées ou énuclées est beaucoup plus important qu’en Mai 68. »

    Dans un rapport publié le 17 décembre 2018, Amnesty International dénonce l’usage excessif de la force par la police française : « Des récits de victimes et de témoins, ainsi que des vidéos que nous avons examinées montrent que la police a fait un usage inapproprié des flashball, en tirant sur la foule. Elle a aussi lancé des grenades de désencerclement, qui ne devraient jamais être utilisées dans des opérations de maintien de l'ordre. (…) Outre des manifestants, de nombreux journalistes ont été blessés, et certains ont affirmé avoir été délibérément visés. »

    Christophe Castaner, lui, n’a rien vu et rien entendu.

    A ce stade, il est permis de se demander si ce troisième couteau de la politique, qui a connu une ascension fulgurante grâce à Emmanuel Macron, n’entend pas rester dans l’histoire comme l’un des ministres de l’Intérieur qui aura le plus violemment réprimé les manifestations.

    Même sous Raymond Marcellin, Charles Pasqua ou Bernard Cazeneuve, il n’y avait pas eu autant de violences policières contre les manifestants et il faut remonter aux années 60 pour retrouver un niveau de violence supérieur de la part des forces de l'ordre.

    Sous Christian Fouchet, ministre de l’Intérieur du 6 avril 1967 au 31 mai 1968, une grève des ouvriers du bâtiment fut réprimée dans le sang à Pointe-à-Pitre en mai 1967 : 7 morts selon le bilan officiel de l’époque. En réalité le nombre de victimes fut bien supérieur puisque le secrétaire d’Etat aux DOM-TOM George Lemoine fit état en 1985 de 87 morts !

    Son prédécesseur, Roger Frey, ministre de l’Intérieur du 6 mai 1961 au 1er avril 1967, est resté dans l’histoire comme celui qui a ordonné, avec le préfet Maurice Papon, les massacres du 17 octobre 1961 à l’occasion d’une manifestation organisée à Paris par le FLN. Le chiffre exact des victimes a fait l’objet de nombreuses controverses mais il est de 98 pour la nuit du 17 octobre et d’environ 300 dans une période de 3 mois selon l’historien Benjamin Stora.

    Le duo Frey – Papon récidivera le 8 février 1962 où 9 personnes furent tuées par la police à la station de métro Charonne, lors d’une manifestation organisée par le Parti Communiste contre l’OAS et la guerre d’Algérie.

    Roger Frey fut nommé plusieurs fois ministre entre 1967 et 1972. En février 1974, il fut nommé président du Conseil constitutionnel par le président Pompidou pour 9 ans.

    Pour réprimer le mouvement des gilets jaunes, le président de la République et le ministre de l'Intérieur ont donné carte blanche à des forces de qui bénéficieront d'une totale impunité sur le plan pénal. Dans ces conditions, l’irréparable finira par se produire. M. Castaner sera alors promis à un brillant avenir, dans la grande tradition de la Vème République.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/marugil/blog/150119/roger-frey-le-modele-de-christophe-castaner 

     

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    Aux communistes qui partagent les articles de la "complosphère/Fachosphère"

     

    Aux communistes qui partagent les articles

     de la "complosphère/Fachosphère"

    Nicolas Maury

    Sur les réseaux sociaux, à commencer par Facebook, beaucoup trop de communistes (adhérents au PCF, comme personnes qui se revendiquent du communisme) partagent des articles issues de site ouvertement d'extrême droite et/ou complotistes. Camarades faites attention à ce que vous partagez. !

    Ces articles sont souvent tournés contre les Etats-Unis, le gouvernement, l'Union européenne. Ils donnent l'impression d'être dans l'anti-impérialisme, d'être "anti-système", du bon côté de la barrière. Mais tous ont un point commun, ils sont soit affiliés au Front national, au réseau Soral, certains plus "apolitiques" développent des positions ouvertement complotistes. Bref sur ces sites vous trouverez le plus souvent rien de très "progressiste" et fiable.

    J'apporte aussi un éclairage sur les médias "politiques" qui développent un côté "solf power" en fin d'article.

    Les communistes qui partagent les articles de ces sites doivent faire attention car c'est toute la crédibilité du communisme, du Parti communiste, qui est mise à mal. Imaginez vous un instant a partager des articles de Marcel Déat ou Jacques Doriot. J'ai déjà averti les communistes sur la même situation sur le Donbass (
    ICI)


    Les sites web à bannir lorsque l'on se dit communiste, donc internationaliste: (Liste hélas non exhaustive)

    1- Les sites ouvertement nationalistes, antisémites etc.

    - MetaTV (metatv.org), site ouvertement d'extrême droite proche de Soral et nostalgique du Maréchal Pétain (
    *).

    - Egalité et Réconciliation (egaliteetreconciliation.fr), le site web d'Alain Soral.

    - Croa (croa.fr), site d'extrême droite dans la mouvance Soral/Dieudonné.

    - Nation-Presse (nationspresse.info), site web géré par le Front national.

    - Les Moutons Enragés (lesmoutonsenrages.fr), site web proche des idées d'Alain Soral. (
    *) (*)

    - Medias presse (medias-presse.info), site ouvertement fasciste et réactionnaire.

    - Dreuz info (dreuz.info), site ouvertement d'extrême droite et réactionnaire.

    - Parti des Indigènes de la République (indigenes-republique.fr), site du PIR, organisation politique ouvertement homophobe, raciste, sexiste, complotiste, et soit disant post-colonial (où post-moderniste). Cette formation prônant un apartheid racial est porté par Joby Valente (une complotiste amie de l'antisémite Dieudonné) et Houria Bouteldja connue pour ses positions politiques assumées antisémites, homophobes, sexistes, communautaristes et racistes.

    - JSS News (jssnews.com), site ouvertement ultra-sioniste, raciste, islamophobe et anticommuniste.

    - Boulevard Voltaire (bvoltaire.fr), site fondé par l'ancien agent de la CIA, Robert Ménard, et qui soutient les idées nauséabondes de l'extrême droite.

    - Le cercle des volontaires (cercledesvolontaires.fr), un média d’extrême droite fondé en 2012 aujourd'hui proche de l'UPR.

    - Breiz Atao (breizatao.com), un site néonazi, anticommuniste et antisémite breton.

    - Breizh Info (breizh-info.com), un site nationaliste et indépendantiste breton.

    - Lengadoc Info (lengadoc-info.com), un site nationaliste occitan (mais en français) proche des identitaires et du GUD.

    - Panamza (panamza.com), site qui utilise l'antisionisme pour dissimuler des idées d’extrême droite et des rumeurs (hoax).

    - Agence info libre (agenceinfolibre.fr), site web tendance extrême droite. Relaye Soral, Dieudonné, la « dissidence » néonazie. (
    * *)

    - Riposte Laïque (ripostelaique.com), site jadis progressiste ayant basculé du côté du Front national, des identitaires. Ouvertement islamophobe. (
    *)

    - Info 24 (info24.fr), site se revendicant alternatif mais ouvertement d'extrême droite.

    - Russie Politics (russiepolitics.blogspot.fr), blog tenu par Karine Bechet-Golovko, véritable auteure alignée sur le discours nationaliste et réactionnaire du Kremlin. Je vous laisse voir cet
    article homophobe qui nie les persécutions LGBT en Tchétchénie (pour info un appel à l'aide de la communauté LGBT Russe).

    - Alterinfo (alterinfo.net), site dit de "réinformation" qui utilise un discours "antisystème" et "antisionniste" pour dissimuler des idées d’extrême droite et des rumeurs (hoax).

    2- Les sites surfant sur des thèmes anti-impérialistes pour diffuser les théories du complot, Hoax et autres idées appartenant à l'extrême droite

    - L'Insoumis (linsoumis.fr), site islamophobe et ouvertement d'extrême droite véhiculant de fausses informations.

    - Réseau voltaire (voltairenet.org), site web adepte de théories farfelues. Site jadis proche de la gauche progressiste passé, sous l'impulsion de Thierry Meyssan, sous des couleurs sombres de la désinformation et du fascisme sous-marin. (
    *)

    - Comité Valmy (comite-valmy.org), site jadis peu être progressiste passé entre les griffes de l'UPR (
    *), de Meyssan (µ) et de Riposte Laïque (*)(*). Pas d'illusions sur le soit-disant "communiste" qui gère ce groupe là (*)

    - Le blog de Jacques Tourtaux, (jacques-tourtaux.com) le "Sanglier rouge/brun", un ancien communiste anticolonialiste devenu porte parole des Ayatollahs iraniens. Les communistes iraniens (
    *) seraient content de savoir que des "communistes" français soutiennent ceux qui les persécutent. De plus il partage les positions des oligarques de "Russie Unie" (SputnikNews - qui remplace Ria Novosti). Notre "ami" Jacques c'est mis aussi en tête de dénoncer le complot Franc-Maçon en France (*), voilà une méthode digne du NSDAP.

    - Réseau international (reseauinternational.net), site web tout aussi farfelue que le précédent. Classé à gauche, il y a quelques temps, ce site est passé à l'extrême droite sous l'impulsion de Thierry Meyssan. (
    *)

    - Saker Francophone (lesakerfrancophone.fr), un site de "réinformation" surfant ouvertement sur une image fausse d'anti-impérialisme. Ces animateurs de ce site sont ouvertement affiliés à Egalité réconciliation, le web de Soral. (
    *)

    - Chaos Contrôlé (chaoscontrole.canalblog.com/), site d'extrême droite dans la mouvance Soral/Dieudonné, balance pas de rumeurs (Hoax).

    - On sait ce qu'on veut qu'on sache (onsaitcequonveutquonsache.com), site web conspirationniste remplie de Hoax (fausses informations) assez débiles. Du même type que Nouvel ordre mondial .cc.

    - AWD News (fr.awdnews.com/), site web adepte des théories du complot, adorateurs des régimes dictatoriaux. Un site d'intox (hoax) de grande envergure, la désinformation est ici à l'état pure.

    - DONi News, Novorossia Today ... et ces soit-disant agences d'informations contrôlés par des fascistes, des nationalistes, des rouges brunes. Ils sont tous nostalgiques de l'ordre, de pouvoirs autoritaires, de Douguine ... On retrouve aux manettes les Alain Benajam (réseau Voltaire) et André Chanclu (ancien du GUD).

    - Arrêt sur Info (arretsurinfo.ch), site web défenseur des négationnistes (comme Jean Bricmont
    * *), et le sympathisant d'E&R Nicolas Bourgoin (* *). Site référencé comme "conspirationnisme, contre-information" (*)

    - Le blog de Lucien Pons (lucien-pons.over-blog.com), souverainiste issue du MRC qui défends les positions des nationalistes et de l’extrême droite (
    comme Breiz Atao, Erwan Castel, Novorossia, DONI News, etc.)

    - Mondialisation.ca (mondialisation.ca/), confusionnisme, extrême droite, (
    *). On y retrouve Thierry Meyssan (*), le négationniste blege Jean Bricmont (*) et des positions en faveur de E&R (* *)

    - La Gauche m'a tuer (lagauchematuer.fr), site d'extrême droite adepte des fausses informations (hoax).

    - Le blog du plan C (chouard.org/), site d’extrême droite distillant un venin soit-disant démocratique.

    - Sott (fr.sott.net), un média d’extrême droite adepte des rumeurs et fausses informations (hoax).

    - Sputnik News France (fr.sputniknews.com/), site de propagande qui remplace La Voix de la Russie et Ria Novosti en français (le groupe public Rossiya Segodnya (« La Russie aujourd'hui ») gère le groupe Sputnik). La version française est très douteuse et d'orientation droite-extrême droite. Il est fortement recommandé d'utiliser des sites d'informations plus fiable comme RT (la version française est clairement un "soft power" du Kremlin), Ria Novosti (en russe), InterFax (en russe), ITAR-TASS (en russe). Là aussi optez pour l'information à la source.

    3- Les sites délirants

    - Stop Mensonges (stopmensonges.com), un site qui voit des reptiliens, des francs-maçons partout. Ce site relaye aussi de très nombreux Hoax (fausses informations).

    - Fawkes News (fawkes-news.blogspot.fr), site qui croit aux complots illuminatis et reptiliens, ce site relaye aussi de très nombreux Hoax (fausses informations).

    - Nouvel Ordre Mondial (nouvelordremondial.cc), le site le plus délirant qu'il soit. Les gens qui écrivent là dedans ayant été bercés trop prêt du mur souffrent de maladies mentales importantes. Ici se regroupe toutes les théories farfelues des complots illuminatis, reptiliens ...

    - Wikistrike (wikistrike.com), Un site d'intox (hoax) de grande envergure, la désinformation est ici à l'état pure.

    - News360x (news360x.fr), un média d’extrême droite adepte des rumeurs et fausses informations (hoax).

    - Santé nutrition (sante-nutrition.org), extrêmement dangereux pour la santé, balance de fausses informations médicales. A bannir.

    4- les activistes liées à ces médias

    Parmi ceux qui veulent se donner une image de révolutionnaire, mais qui agissent pour l'extrême droite, on retrouve :

    1- Ariane Walter (une ancienne du PG passée de Mélenchon à Vladimir Poutine puis Marine Le Pen),
    2- Marco Freyssonnet (un ancien du PRCF passé à l'UPR et qui traîne sur les groupes facebook de l'extrême droite),
    3- Alain Benajam (
    un ex-communiste devenu fasciste),
    4- Jacques Tourtaux (un ex-communiste passé de Karl Marx à Ayatollah Khomeyni),
    5- Le belge Jean Bricmont adepte du négationnisme,
    6- Étienne Chouard ...

    et bien d'autres.

    5- Les "Soft Power" médiatiques

    Le soft power (traduisible en français par la « manière douce » ou le « pouvoir de convaincre ») est un concept utilisé en relations internationales. Développé par le professeur américain Joseph Nye, il a été repris depuis une décennie par de nombreux dirigeants politiques. Colin Powell l'a employé au Forum économique mondial en 2003 pour décrire la capacité d'un acteur politique — État, firme multinationale, ONG, institution internationale (comme l'ONU ou le FMI), voire réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) — d'influencer indirectement le comportement d'un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques).

    Et médiatiquement il y en a quelques uns, dont il faut avoir conscience de qui est derrière.

    - Russian Today (RT France) est le soft power médiatique du Kremlin. Un outil médiatique qui permet au kremlin de diffuser son message politique sur les canaux francophones, sans les filtres des agences de presses "occidentales" (AFP, Reuters, AP ...) et sans le filtre des presses.

    - AJ+ (Al Jazeera Plus), c'est une chaîne d'information qatari dépendant du média international "Al Jazeera". Ce média a été fondé par Hamad Ben Khalifa Al Thani (ancien émir et financeur du terrorisme, notamment du Front al-Nosra/Al Qaïda). Il faut regarder que derrière le côté progressiste (et LGBT+ - gay-friendly) de AJ+ se cache un pays loin d'être un modèle de progrès et de libération. AJ+ intervient sur la scène occidentale et ne parle jamais du rôle du Qatar dans le développement du terrorisme (et des groupes connus pour massacrer des populations), ni du non respect des conditions de travail des travailleur.se.s immigré.e.s (notamment sur le chantier de la Coupe du Monde de football de 2022), ni des fraudes fiscales de l'émir fondateur d'Al Jazeera.

    - La Renaissance turque (page Facebook), une page facebook francophone à la gloire du Sultan Erdogan et qui met en valeur le côté anti-israélien, anti-impérialiste de ce dernier. Une page qui n'est à une contradiction prêt.

    « Ce système vit ses derniers temps »

     

    Donc l'article que j'ai mis en ligne hier doit être classé dans cette catégorie de sites faisant partie de la fachosphère... Une remarque cependant Eric Hazan qui s'était engagé pour le FLN pendant la guerre d'Algérie, membre fondateur de l'Association médicale franco-palestinienne, membre du Comité de parrainage du Tribunal Russel sur la Palestine s'est, lui aussi laissé abusé où il a tourné sa veste ?...

    Je tiens à remercier le pseudo "Bordeflume" qui m'a laissé un commentaire sur le même sujet.

    Michel Dandelot

    « Ce système vit ses derniers temps ». Fondateur de la Maison d’édition La Fabrique et auteur d’ouvrages historiques, Eric Hazan a accordé un entretien à RT France. Il a notamment fourni un éclairage historique sur le mouvement des Gilets jaunes. Pour lui, «c’est sans précédent».

    Eric Hazan est né d’une mère apatride née en Palestine et d’un père juif originaire d’Égypte. Son père, l’éditeur Fernand Hazan, est le fils d’Émile Hazan, qui avait fondé sa maison d’édition en 1927 à Paris.

    Très tôt engagé politiquement, il s’engage aux côtés du FLN durant la guerre d’Algérie. En 1975, devenu chirurgien cardiovasculaire, membre fondateur de l’Association médicale franco-palestinienne, il se rend au Liban, alors en pleine guerre, pour servir de médecin à cette armée que l’on appelait à l’époque les « Palestino-progressistes ». À la quarantaine, il devient éditeur. Il préside à la destinée des éditions d’art fondées par son père. Il cessera quatorze ans plus tard, en 1992, après le rachat par le groupe Hachette et la prépondérance de la logique comptable.

    En 1998, il fonde les éditions La Fabrique pour lutter contre la concentration de l’édition, puis se tourne vers l’écriture. Il a également été traducteur (notamment des œuvres d’Edward Said).

    Il est notamment l’auteur de « Chronique de la guerre civile » (La fabrique, 2004), « Changement de propriétaire, la guerre civile continue » (Seuil, 2007), « L’Invention de Paris » (Seuil, 2002), « Une histoire de la Révolution française » (2012), « Une traversée de Paris » (2016).

    Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

    Crédit photo : DR
    [cc] 
    Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

    SOURCE : https://www.breizh-info.com/2019/01/15/109868/eric-hazan-specialiste-de-la-revolution-ce-systeme-vit-ses-derniers-temps-video 

     

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    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

    De 1954 à 1962, des millions d’appelés sont partis en Algérie. Ils allaient «pacifier». En fait, c’est la guerre qui les attendait. Cette chronique est le témoignage de l’un d’entre eux, Jean Forestier, qui en a été acteur.
    « Répertorié » au registre des grands blessés, il a vécu, écrit ce document retraçant une petite page de notre Histoire, page largement occultée par les pouvoirs politiques en place ; posant des questions sur cette guerre qui, avec une actualité récente et tragique, nous replonge dans un univers que l’on croyait disparu de nos esprits.

     

    Biographie de l'auteur

    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

    Jean Forestier fait partie de cette génération de Français née dans un contexte de guerre mondiale puis de guerres coloniales. L'accès à la culture et au savoir était alors l'apanage exclusif des familles aisées. L'expansion des années dites " les trente glorieuses " a permis, malgré d'incontestables handicaps à ces jeunes de s'épanouir, de prendre une sorte de revanche sur la vie, et pour certains de réussir. Investi dans des structures associative et caritative de Joué-lès-Tours, il pratique toujours cette marche si vilipendée pendant la guerre d'Algérie, mais sur des chemins où s'épanouissent encore les fleurs de la paix.

    Deux témoignages-avis sur ce livre

    La Morasse
    de Jean Forestier.

    Par
     

    papi Mormès 

    J’ai lu cet ouvrage, par respect pour celui qui l’a écrit et parce que les droits d’auteur sont reversés au Restaurant du Coeur.
    Du respect d’abord pour ces gamins qui n’avaient que vingt ans et à qui on demandait de faire la guerre sous couvert de maintien d’ordre.
    Du respect ensuite pour Jean Forestier qui a été, comme beaucoup trop d’entre eux, blessé grièvement dans sa chair et qui a eu le courage de se reconstruire.
    L’on comprend très bien que près de soixante ans plus tard il ait eu envie de coucher sur papier cet épisode marquant. Exorciser les vieux démons qui viennent encore hanter l’humeur aux heures difficiles.
    L’auteur précise dans l’avant-propos : « - L’humble rédacteur que je suis, va dérouler une longue page qui a pour cadre l’Algérie et pour thème la guerre. C’est le quotidien d’un appelé, encore adolescent, pas formé à tuer, pas  formé à faire abstraction de ses sentiments. »
    Les premiers chapitres nous tiennent « éveillés ». Son enfance, pas facile, son premier métier puis son incorporation à Perpignan, ses classes au 11° choc, Montlouis.

    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

    L’entrée de la citadelle de Montlouis

    L’austère citadelle de Montlouis (situé entre Andorre et Perpignan à 1800 mètres d’altitude) quiconque a subi le stage a gravé en mémoire, à tout jamais, l’épuisante marche Montlouis - fort Miradou de Collioure et le premier saut, harnaché, dans l’eau glacé de la baie de la cité des peintres (stage commando-marine.

    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

     Le fort Miradou de Collioure

    Puis l’Algérie au 10° BCP et enfin au 18° RPC dans le Constantinois.
    Puis les chapitres se succèdent, l’auteur a tenu une sorte de journal au jour le jour, il se réfère à ses notes. La routine s’installe, opérations, gardes, crapahus, fatigues, bivouacs, marches épuisantes, embuscades de nuit, accrochages, les copains qui tombent, le bilan des morts et des blessés… cela n’est intéressant finalement que pour ceux qui ont vécu ces moments.
    Ce qui manque c’est un peu d’humanité, de sentiment, d’émotion. Ce qui manque surtout ce sont les rapports qu’il a pu avoir avec les habitants, avec ce pays.
    Le livre se termine par sa blessure lors de son dernier engagement, - « Une idée m’obsède : je dois demeurer éveillé, conscient. Je me récite une litanie : j’ai vingt ans, je ne veux pas mourir... » - puis plus loin : « Les « gueules cassées » ont pour devise : sourire quand même ! Eh bien c’est avec un large sourire que je continue ma vie d’hôpital qui va durer près d’un an.»
    Enfin il fait cas de son désir de réussir sa vie sur cette terre d’Algérie, « Ce sera ma revanche pacifique sur le destin… et je crie ma joie de vivre ! »
    C’est le livre d’une tranche de vie de la jeunesse de cette époque troublée qui a touché sur sept années plus de deux millions et demi de jeunes du contingent d’appelés.

     

    La Morasse – Jean Forestier

    Par Michel Diaz

    Dans l’énigme du titre, se dissimule un terme du lexique de l’imprimerie que l’auteur, ancien ouvrier typographe, utilise comme métaphore pour annoncer son expérience d’appelé du contingent pendant la guerre d’Algérie, soit 27 mois, de 1957 à 1959. Métaphore qui concerne bien sûr la forme de l’ouvrage. La « morasse », nous explique-t-il, est « une épreuve, pas belle, pas nette, avec ses manques et ses imperfections », mais qui « permet cependant d’avoir une vue d’ensemble de la mise en page. et d’y relever tous les détails ». Une « image brouillée, unique, mais parfaitement lisible. » En fait, les pages d’une vie que l’on peut ressortir des archives de sa mémoire et relire sans rien pouvoir y corriger. « Des morasses, écrit Jean forestier, il y en a eu des centaines, des milliers durant la guerre d’Algérie. »
    Certes, nos expériences de vie sont toujours aussi les brouillons de nos existences, et leurs « épreuves » sont toujours des tirages uniques que nous ne pourrons jamais plus corriger. Il n’en reste pas moins que certains, parce que la vie y a imprimé de plus profondes violences, ne sont ni « beaux », ni « nets », et que leurs « manques et imperfections » sont comme des caillots de sang figé dans le paysage de la mémoire. Et les livres sont là (fussent-ils publiés dans l’ombre) pour s’en approcher au plus près.

    Le livre de J. Forestier, auteur comme il le dit, dès le début, « sans aucune culture, sans diplôme, sans éducation, sans nègre, sans correcteur, va dérouler une longue page qui a pour cadre l’Algérie et pour thème la guerre. » Une page que l’ancien typographe va nous restituer un peu « brouillée », mais « parfaitement lisible ».
    Disons-le pourtant dès l’entrée : soucieux de vérité, ce livre est à la fois modeste dans ses prétentions et humble dans sa forme, mais non dénué d’ambitions. En effet, il ne prétend pas moins que nous restituer, le plus fidèlement possible, « le quotidien d’un appelé en Algérie » (c’est-à-dire le bruit et l’odeur de la guerre !), mais c’est l’humilité et l’authenticité du témoignage qui en font toute la valeur. « Ce que j’ai vu, précise son auteur, vécu, ressenti, au même titre que des milliers d’appelés, je voudrais bien le partager avec d’autres Français intéressés par l’Histoire de leur pays. » A ce titre, cet ouvrage qui relève donc du témoignage de première main, se revendique aussi comme un nécessaire devoir de mémoire. D’autant plus nécessaire que J. Forestier déplore amèrement « l’omerta généralisée que l’on constate encore sur cette guerre d’Algérie », et dénonce cette « chape de plomb (qui) s’est abattue sur ce conflit comme si on en avait honte. » On pourrait, certes, lui objecter que certains historiens (peu nombreux il est vrai) ont mis tous leurs efforts à nous expliquer cette guerre et nous en éclairer les pages mais, sur le fond, J. Forestier a bien raison : la guerre d’Algérie reste une page honteuse de notre Histoire nationale, une guerre que l’on a longtemps camouflée sous le terme « d’événements » et sur laquelle la plupart de nos contemporains sont presque tout à fait ignorants.
    Dans ce contexte de presque général oubli, on comprend qu’un participant de la guerre (qui l’a terminée, pour sa part, comme « grand blessé ») se sente autorisé à apporter sa pierre au rétablissement de la mémoire collective et s’y emploie, s’aidant de ses faibles moyens, dans ce qui sans doute sera l’unique ouvrage de sa vie. Récit d’un homme sans ressentiment ni haine envers ceux qu’il a combattus, mais seulement et légitimement meurtri par l’indifférence de ses contemporains et l’attitude de tous ceux qui l’ont tiré de son adolescence (pour des motifs dont il ignorait tout et des raisons qui n’étaient pas les siennes) pour le convertir en tueur. Car, dit-il, « on ne naît pas tueur sur ordre, et si la malchance nous contraint de tuer, c’est avec l’instinct de survie. » Et il écrit, plus loin, dénonçant leur hypocrisie, « nos hommes politiques n’en démordent pas. Il s’agit toujours de pacification en Algérie, de maintien de l’ordre. »

    Récit écrit sans haine, je disais plus haut, à l’égard de l’ancien ennemi, le « Fel », dont au détour des pages on voit que leur auteur a compris les raisons de la lutte qui consistait, tout simplement, à conquérir la liberté et à rétablir la justice. Raisons qu’il justifie aussi, sans cependant s’y attarder, par l’état de misère et le dénuement dans lesquels survivaient la plupart des Arabes qu’il a pu rencontrer sur le territoire de guerre, paysans gratouillant la terre « avec des engins d’un autre âge. » Bien qu’il fût dans le camp, loi de la guerre oblige, de ceux qui, sous prétexte de « pacifier », ajoutaient à cette misère en dévastant les douars, en en déplaçant les populations et (tout autant que les rebelles le faisaient d’ailleurs) à se payer sur l’habitant en volant ses quelques poulets ou en tuant sa chèvre, son mouton, son âne.

    Sur cela, comme sur rien d’ailleurs, J. Forestier ne triche pas. Cependant comment rendre compte d’une telle expérience de vie, quand la mémoire, vive encore, brûle de raconter, mais que l’on se heurte au mur du silence et que la parole est réduite à n’être qu’un mince murmure dans l’ombre ? C’est comme hésitant qu’il s’avance, dans les premières pages de son récit, et nous le voyons tâtonner, chercher le mode d’expression qui lui sera le plus efficace.
    Après l’introduction, La Morasse commence, au chapitre I, comme une autobiographie (évocation du milieu familial et social, de l’éducation, enfance menacée de délinquance, placement en orphelinat, en familles d’accueil, obtention du diplôme de typographe), l’auteur oblique bientôt, pour adopter un rythme de narration plus proche du « journal de bord » : « Ayant griffonné quelques pages de papier relatant des faits journaliers, je décide qu’à compter de ce jour, je noterai les événements saillants de ma vie militaire. » Mais si son matériau de base est le journal qu’il a tenu pendant plus de deux ans, il va, plutôt que de nous le livrer tel quel, y puiser de quoi rédiger ce que l’on désigne sous le terme de « mémoires ».

    Ces mémoires vont donc être rédigés selon un point de vue interne mais, dans son refus de céder à quelque sensibilité, J. Forestier reste au plus près de ce qu’exige le récit de guerre quand la banalisation de la violence et la présence quotidienne de la mort anesthésient dans la conscience ses sentiments d’humanité et interdisent tout apitoiement trop long sur soi-même et sur l’autre.

    Et cette narration, un jour poussant un autre, c’est tambour battant qu’il la mène, respectant à la lettre le sous-titre de son ouvrage. « Le quotidien d’un appelé », c’est d’abord cette lancinante énumération de lieux (Nouader, Arris, Batna, La Meskiana, Khenchela, Biskra, et tant d’autres) où les troupes installent leur cantonnement, pour quelques heures, quelques jours, montent et démontent les guitounes, aménagent le camp, installent des systèmes de défense et des postes de guet, se livrent aux corvées traditionnelles, avant de repartir ailleurs, n’importe quand, le sommeil à peine entamé, souvent vers l’inconnu, dans l’improbable des montagnes. Ce sont les chefs hurlant les ordres, traitant souvent leurs hommes sans ménagement, les envoyant au feu sans état d’âme et provoquant chez eux des élans de révolte. C’est aussi, et surtout, le boulot du soldat et ses incessantes missions, de jour comme de nuit, reconnaissances de terrain, opérations de ratissage, coups de main sur les douars, fouilles des villageois et arrestations des suspects, embuscades nocturnes, ouvertures des routes, escortes des convois, soutiens portés, opérations de secteur, quadrillages de zones, nettoyages de nids de rebelles, accrochages, crapahutages harassants à travers le djébel, bivouacs improvisés dans des paysages hostiles, marches nocturnes éprouvantes et engagements meurtriers… Mais c’est encore le climat, presque aussi redoutable que l’ennemi lui-même, qui met les corps à rude épreuve, la chaleur épuisante sous un soleil impitoyable qui fait des marches un calvaire où les hommes titubent et défaillent de fatigue et de soif, la pluie, la boue, les nuits glacées, les vents coupants, la neige qui ensevelit les abris de fortune. C’est une guerre (où l’ennemi, invisible, mobile, présent où ne l’attend pas et disparu où on le cherche) se déroule dans des montagnes dont la beauté, nous dit l’auteur, est à couper le souffle : pitons rocheux dressés à flanc de ciel, véritables nids d’aigles où les rebelles se confondent avec la couleur de la pierre, ravin abrupts, oueds encaissés au fond des gorges, pentes de la montagne plantées de cèdres et de forêts impénétrables, paysages de roches à nu et d’éboulements de pierrailles, abritant d’innombrables grottes, caches de munitions et d’armes qu’on ne peut investir qu’après y avoir balancé des grenades, les avoir nettoyé à coups de lance-flammes, maquis touffus d’où peut, à chaque instant, jaillir une rafale de fusil automatique ou le couteau imprévisible qui vous tranchera la gorge… Car c’est aussi cela, ce harcèlement de la guérilla qui épuise les nerfs des soldats, ce ratissage des montagnes où la peur ne dit pas son nom, parce que la nommer, c’est se mettre en état de faiblesse, mais qui fait de l’homme ce chasseur qui se sait lui-même la proie de celui qu’il essaie de traquer. S’avancer en terrain ennemi, c’est d’abord, s’oubliant soi-même, « alerte de tous les instants, fouille systématique des coins suspects, l’esprit toujours en éveil, repérage des signes de présence humaine. »

    Jean Forestier n’est pas un historien. Il ne se mêle pas d’analyser les causes du conflit ou d’en commenter les étapes, encore moins d’en ausculter les raisons politiques ou d’en étudier les protagonistes. Son récit est celui d’un homme de terrain, occupé à remplir son devoir. Il n’est pas écrivain non plus, et le sait (ne cherche pas à l’être), mais il a la plume efficace, la mémoire précise et, surtout, le désir de rester au plus près de ce qu’il a vécu et cherche à nous restituer le plus honnêtement possible. Le récit de sa guerre est un récit à fleur de peau, à ras de faits, mais constamment à hauteur d’homme et d’une dignité totale. Si l’on veut mettre de la chair, de la sueur, du sang sur ce que les historiens nous racontent de cette histoire, avec la hauteur et le nécessaire recul que leur impose leur fonction, il faut lire le livre de Jean Forestier. Il est, à sa mesure, un indispensable maillon de la chaîne de nos mémoires.

    Michel Diaz.

    Le quotidien d’un appelé en Algérie

    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

    Jean Forestier. 
    © Photo NR

    Jean Forestier, appelé de la classe 57/1/C, se définit comme une « gueule cassée », un revenant de la guerre d’Algérie. A 82 ans, ce Jocondien sort un livre témoignage « La Morasse, le quotidien d’un appelé en Algérie ». Un ouvrage, que l’ancien ouvrier du livre (NDLR : d’où la référence à la morasse qui est l’épreuve ultime servant à valider l’impression d’un journal), dédie à tous ceux qui ont été embarqués, dans les années soixante, dans une guerre qui ne disait pas son nom. « C’est le quotidien d’un appelé, encore adolescent, pas formé pour ce genre d’exercice armé, pas formé à tuer, pas formé à faire abstraction de ses sentiments. On ne naît pas tueur sur ordre, et si la malchance nous contraint à tuer, c’est avec l’instinct de survie. »
    Issu d’une fratrie de sept enfants, Jean Forestier n’a jamais 
    vraiment guéri la profonde blessure que cette guerre lui a infligée. Et pas seulement dans sa chair. « J’approuve tout à fait qu’on honore la mémoire des disparus sur le site unique de la cour des Invalides »lâche-t-il avec un brin de colère. « Mais la vérité m’oblige à dire que les pertes subies par les équipes professionnelles si douloureuses soient-elles n’ont rien de comparables avec les pertes enregistrées par le contingent. 25.000 d’entre nous l’ont payé de leur vie. C’était l’impôt du sang… Sans niches fiscales possibles. »
    La Morasse se lit comme un roman. Le ton est vif, le propos sans concession, les formules parfois brutales, les tranches de vie souvent émouvantes. Jean Forestier, qui a décidé de léguer l’intégralité de ses droits d’auteur aux Restos du Cœur, en a fait une thérapie, en même temps qu’un testament. A partager, si possible.
    SOURCE :
    https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/le-quotidien-d-un-appele-en-algerie 

     

    La Morasse: Le quotidien d'un appelé en Algérie (1957-1959)

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  • Communiqué de Tramor Quemeneur

    Le documentaire de Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman "Algérie, la guerre des appelés", dont je suis le conseiller historique, est sélectionné au Festival international de production audiovisuelle (FIPADOC). Il fait partie de la trentaine de documentaires sélectionnés parmi plus de 800 qui ont été proposés. Je suis très fier d'y avoir participé. Il sera diffusé à Biarritz dans la sélection officielle le 24 janvier prochain à 16 heures 30. Produit par What's Up Films et France Télévision, il sera diffusé prochainement sur France 3, en deux épisodes de 68 et 62 minutes.

    © What’s Up Films

    Printemps 1956, des milliers de jeunes appelés sont envoyés en Algérie. À 20 ans, sans expérience de la vie, ils sont soudain confrontés à des dilemmes moraux au quotidien comme au combat. À partir des témoignages de ceux qui furent appelés comme simples soldats et d’images amateurs inédites, ce documentaire raconte cette guerre qui ne disait pas son nom et qu’ils n’ont jamais pu oublier.

    Maroc : le prochain concert

     d’Enrico Macias à Casablanca

     déclenche un tonnerre d’indignation

    Son militantisme farouche en faveur d’Israël et de son colonialisme forcené contraste non seulement avec sa bonhomie de façade, mais il crée aussi une dissonance grinçante avec ses hymnes sucrés à la paix dans le monde. Enrico Macias, le troubadour venu « de là-bas », ne fait plus illusion depuis longtemps, notamment de l’autre côté de la Méditerranée…

    Le « mendiant de l’amour » pourra toujours entonner sa complainte de l’artiste mal-aimé par un Maghreb auquel il se dit très attaché (mais moins qu’à l’ultrasionisme de Netanyahou !) et quémander l’indulgence en l’occurrence du Maroc, où sa présence sur scène, le 14 février prochain, a déclenché une salve non pas d’applaudissements mais de critiques.

    Ses mélodies doucereuses ne parviendront pas à couvrir la clameur de colère qui est montée des rangs de plusieurs collectifs marocains, hostiles à toute normalisation de l’image et des relations avec l’Etat d’apartheid israélien, et ce, quels que soient les masques trompeurs qu’elle porte ou les chevaux de Troie dans lesquels elle se glisse.

    Le Mégarama de Casablanca résonnera-t-il des odes à la fraternité, faussement bienveillantes, d’Enrico Macias ?

    Pour le Moroccan academic and cultural boycott of Israël (MACBI), membre du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), c’est une perspective insupportable : « Sa présence sur scène au Mégarama est une honte et une insulte au public casablancais ! », se sont récemment insurgés ses responsables via un communiqué publié sur Facebook, tout en appelant leurs concitoyens à boycotter son concert.

    Le MACBI souligne qu’Enrico Macias « est un défenseur inconditionnel de l’occupation de la Palestine et tout particulièrement de son armée ». En témoigne son engagement auprès d’« une association (Migdal) qui soutient les soldats de l’unité chargée de la surveillance des frontières (Magav), connue pour ses crimes de guerre contre la population civile » palestinienne.

    Derrière le « messager de la paix » se cache l’un des plus sournois thuriféraires de la politique coloniale d’Israël qui, une fois que le masque est tombé, chante les louanges de « la seule démocratie du Proche-Orient et de Tsahal » avec une ferveur qu’on ne lui connaît pas sur d’autres scènes, là où il a trompé son monde… 

    SOURCE : https://oumma.com/maroc-le-prochain-concert-denrico-macias-a-casablanca-declenche-un-tonnerre-dindignation/ 

     

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  •  

    Ah si tu pouvais fermer ta gueule ça ferait du bien à la France Zemmour !!! 


    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

     

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ

     PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    Benjamin Stora pour avoir rétabli la vérité 

    dans la vidéo à la fin 

    Ainsi que le témoignage suivant : 

      

    5 Juillet 1962, après 132 ans de colonisation française, 90% du peuple algérien était analphabète, un peuple réduit à la clochardisation, une seule université à Alger à l’usage presque exclusif des Français de souche Européenne, très peu d’écoles, de collèges et de lycées, la grande majorité du peuple algérien en était réduit à vivre dans des gourbis et à tenter de cultiver les terres les plus pauvres et encore je ne vous dis pas tout mais petit rectificatif pour Zemmour : en 1830 il y avait bien plus de 2 millions d’habitants, la preuve ? la voici : à travers le rapport qu’a fait le criminel de guerre Bugeaud à sa hiérarchie en 1842, soit 12 ans seulement après le début de l’invasion de l’Algérie " Je peux vous affirmer que depuis le début de notre arrivée en Algérie notre armée a tué plus de 3 millions d’Arabes " ! Alors Zemmour ? Qui dit vrai, vous ou bien celui qui était à la manoeuvre le criminel de guerre Bugeaud ? L’Algérie est indépendante depuis 57 ans et les Algériens sont loin de regretter la présence de la France et de ses pieds-noirs qui ont parasité leur pays durant 132 trop longues années !

     

     

     

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  • Il y a 32 ans, jour pour jour,

    Daniel Balavoine perdait la vie

    dans un accident d’hélicoptère.

    img7.jpg

    Voilà 32 ans disparaissait le chanteur Daniel Balavoine mort dans un accident d’hélicoptère le 14 janvier 1986 aux environs de Gourma-Rharous (Mali) en marge du rallye Paris-Dakar.

    Véritable icône des années 70 et 80 Daniel Balavoine s’était fait connaître dans la comédie musicale signée Michel Berger, Starmania.

    Doté d’une voix extraordinaire Daniel Balavoine a enchaîné tube sur tube au début des années 80.

    On peut notamment citer «Quand on arrive en ville» ; «S.O.S. d’un Terrien en détresse» ; «Mon fils ma bataille» ; «Je ne suis pas un héros» ou «L’Aziza / Tous les cris les S.O.S.»

    Grande gueule de la chanson française, Balavoine était un chanteur engagé à gauche, contre le racisme et la pauvreté. 32 ans après sa mort, Daniel Balavoine reste très populaire.

    Le 5 novembre 1983, quinze jours après ses propos polémiques à 7 sur 7, après l'annonce du boycott de sa tournée par des collectifs d'anciens combattants, des lettres de menaces de mort, les pneus de sa voiture crevée ..., Daniel Balavoine précise sa pensée en direct sur le plateau de Champs-Elysées avec Michel Drucker, et présente des semi-excuses.

    A Biarritz, au cimetière Ranquine, juste avant le monument pour les soldats marocains morts en France durant 39-45, à droite, il y a une tombe toute blanche, et tout un parterre de mots d'amour et de fleurs...

     

       Tombe de Daniel Balavoine, cimetière de Ranquine - Biarritz - ©LESCIMETIERES.COM 


     

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  •  

    1788 ? Que la fête commence !

    L'histoire certes ne repasse pas deux fois les plats

    Mais les répliques de colère

    peuvent créer des répliques d’événements

    dans les conditions actualisées de leur temps 

     

    Tout un symbole : il annule ses voeux un peu partout devant la colère montante, mais à eux l'oseille et la galette, aux chômeurs la radiation, aux smicards les mensonges, aux retraités les privations, à ceux qui refusent les coups de bâtons. 

    "Venez me chercher" disait-il il y a quelques temps, reprenant le sillon du Fa# de Neuilly pour se mettre lui aussi au niveau du sol de la réflexion politique. 

    Le fat qui maintenant ne se rend visible que par la lumière du fenestrons du 20h00 appelait à traverser la rue mais dès que ses propositions sont suivies il dégoupille ses molosses et les lance, couvert par les chiens de garde du premier cercle idéologique.  

    Méprisant de la République, chevalier de la Suffisance, depuis Versailles ou autre château, soit le factotum du MEDEF pousse les feux pour trouver le point de conflit majeur, soit démontre un esprit de classe obtus.  

    A la réflexion il semble bien que nous soyons devant une sorte de matelotage savant faisant cocktail aussi cynique qu'explosif des deux. 

    La boulette du Roi

    A la veille d'une nouvelle journée de manifestations, le chef de l'Etat a fait l'éloge du travail en recevant des boulangers à l'Elysée, en soulignant les réformes menées dans ce domaine depuis le début de son quinquennat, notamment sur l'apprentissage, et celle à venir de l'assurance chômage 

    "Notre jeunesse a besoin qu'on lui enseigne un métier, des gestes, des savoirs, le sens de l'effort et le sens de cet engagement qui fait qu'on n'a rien dans la vie s'il n'y a pas cet effort", a-t-il déclaré. 

    "Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu'on peut obtenir sans que cet effort soit apporté, que parfois on a trop souvent oublié qu'à côté des droits de chacun dans la République (...) il y a des devoirs." 

    S'il n'y a pas ce sens de l'effort, "notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion", a-t-il poursuivi. 

    (repris sur les agences) 

    Quand il choisi de jeter son venin devant les boulangers, celui qui continue aux débuts 21e siècle  les pratiques de la Régence du début du 18e alors que tonne s'amplifiant 1788, ferait bien de se rappeler que ce qui conduira à la fin de la monarchie sera la marche sur Versailles qui ramènera l'autocrate à Paris. 

    A une encablure du 21 janvier, dans l'année du 230e anniversaire de cette Révolution qui par l'intervention du peuple imposant sa souveraineté fera des sujets apportant leurs doléances des citoyens.nes portant leurs exigences, le Princident de la Monarblique ferait bien de ne pas perdre de vue comment s'est construit l'ancrage historique de notre pays et de quelle façon ont été coulées les fondations de ses principes démocratiques. 

    "Lorsqu'une idée juste s'empare des masses, elle devient une force matérielle irrésistible que rien ne peut arrêter" a énoncé comme un théorème à chaque fois vérifié ce toujours jeune homme Karl Marx.  

    Dans les sociétés humaines, l'exigence d'une autre répartition des richesses pour pouvoir vivre est la première des idées justes... et des Bastilles restent à prendre, des fermiers généraux-inspecteurs des finances à mettre hors d'état de nuire pour y parvenir. 

    SOURCE : http://amers-cap.com/2019/01/1788.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail 

     

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  •  

    Alain Juppé baptise une rue au nom

     de Frantz Fanon : l’extrême-droite

     se lamente 

    Alain Juppé. D. R.

    L’extrême-droite française a violemment réagi à la décision du conseil municipal de Bordeaux, présidé par Alain Juppé, qui a voté pour qu’une rue de Bordeaux porte le nom du militant des causes justes, Frantz Fanon. «Frantz Fanon n’est pas n’importe qui. Son titre de gloire est d’avoir soutenu le terrorisme algérien», s’apitoient les nostalgiques de l’Algérie française qui tirent à boulets rouges sur le maire de Bordeaux qui a eu le courage de rendre hommage à ce grand homme qui s’était engagé dans la lutte contre le colonialisme.

    «Il a soutenu l’ennemi de la France et a même été nommé ambassadeur par le Gouvernement provisoire de la République algérienne», se lamentent ces extrémistes qui accusent le psychiatre fondateur du courant des pensées tiers-mondistes d’avoir été «complice» de la «déportation forcée de toute la population d’origine européenne et sa spoliation totale», pleurant au passage la «disparition totale de la présence juive et chrétienne» en Algérie.

    Les autorités françaises multiplient les gestes d’apaisement envers l’Algérie sans pour autant aller jusqu’à la repentance. Des efforts que les Algériens jugent insuffisants au vu de l’ampleur des crimes commis par la France et ses supplétifs durant la longue nuit coloniale.

    Le président français avait lui-même affirmé, lors de sa première visite en Algérie, que la colonisation fut un crime contre l’humanité. En octobre dernier, Emmanuel Macron avait appelé la France à «regarder en face» le massacre des Algériens à Paris et sa banlieue en 1961. «Le 17 octobre 1961 fut le jour d’une répression violente de manifestants algériens», avait-il reconnu dans un tweet, soulignant que «la République doit regarder en face ce passé récent et encore brûlant».

    En septembre, la France reconnaissait officiellement l’assassinat par l’Etat français du mathématicien Maurice Audin, militant de la cause algérienne. Plusieurs associations françaises, syndicats et partis politiques avaient appelé Emmanuel Macron à «confirmer la reconnaissance et la condamnation» du «système de torture généralisé» durant la colonisation, soulignant que «ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières».

    K. B. 

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2019/01/12/juppe-baptise-une-rue-au-nom-de-frantz-fanon-lextreme-droite-se-lamente/ 

    La fachosphère l’appelle Ali Juppé, si vous souhaitez lire ce torchon raciste islamophobe cliquez sur le lien ci-dessous :

    https://ripostelaique.com/ali-juppe-a-choisi-le-camp-du-terrorisme-une-rue-frantz-fanon-a-bordeaux.html 

    Alain Juppé baptise une rue au nom   de Frantz Fanon : l’extrême-droite se lamente *** Crise des Gilets jaunes : pourquoi vous entendez  régulièrement parler de "factieux"

    SENS DES MOTS - Depuis le début du mouvement, le terme de "factieux" est revenu à plusieurs reprises dans le débat s'agissant de ceux qui auraient infiltré les manifestations afin de provoquer des troubles. Un choix qui ne doit rien au hasard...

    Quel est le point commun entre Christophe Castaner, Laurent Berger et Renaud Muselier ? L'utilisation du terme "factieux" ces dernières semaines, pour évoquer la crise des Gilets jaunes. Si cet adjectif est tout sauf nouveau – il dérive du latin "factiotus" signifiant "enclin à séparer" –, son utilisation à tout bout de champ pose question : des factieux, littéralement ceux qui "fomentent des troubles contre le pouvoir établi" (dixit le Larousse) se sont-ils immiscés dans les rangs des manifestants ?

    En tout cas, de nombreuses personnalités publiques, elles, semblent le croire. Dès la fin novembre, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux fait partie des premiers à évoquer "des mouvements qui sont factieux, qui sont séditieux, des mouvements qui en appellent à la violence contre des parlementaires" à propos des Gilets jaunes. "Aujourd'hui c'est assez factieux, je crois qu'il faut arrêter d'être naïfs et d'être irresponsables dans un certain nombre de commentaires", dira quelques jours plus tard le patron de la CFDT, Laurent Berger. "Le mouvement des Gilets jaunes s’est laissé déborder par des individus factieux", s'est avancé Renaud Muselier cette semaine pour justifier la création d'une cagnotte pour soutenir les forces de l'ordre. Depuis Buenos Aires le 1er décembre, Emmanuel Macron s'adresse directement aux Gilets jaunes : "Ne vous laissez plus avoir, ne participez plus à ces attaques de factieux." Bref, n'en jetez plus.

    L'apparition de factieux dans les rues de France est-elle une caractéristique de la fronde des Gilets jaunes ? Bien au contraire, puisque l'apparition remonte à des siècles, à l'histoire romaine. Il faudra cependant attendre la Révolution française pour qu'il se fasse une place dans la langue de Molière. "Il est utilisé contre les sections et les sans-culottes qu'on accuse de vouloir 'dévoyer' les nouvelles institutions qui se mettent en place, et comploter en vue de prendre le pouvoir", explique à LCI l’historien Michel Pigenet, spécialiste des mouvements sociaux. Et de préciser : "Ce vocabulaire se répand puis est utilisé à son tour par les sans-culottes contre les aristocrates. Et au moment où la guerre éclate, les factieux sont des ennemis de l'intérieur, adossés aux ennemis de l'extérieur. Les factieux sont ceux qui, par leur projet et leur souhait de renverser l'ordre nouveau, portent atteinte à l'unité de la Nation. Ce sont ceux qui 'séparent'." Le terme se retrouve ainsi un peu partout. En 1794, une médaille à l'effigie de Louis XVI est par exemple éditée. L'inscription qui l'accompagne ? "Louis XVI, roi de France immolé par les factieux".

    Alain Juppé baptise une rue au nom   de Frantz Fanon : l’extrême-droite se lamente *** Crise des Gilets jaunes : pourquoi vous entendez  régulièrement parler de "factieux"

    Si l'utilisation du terme "factieux" est fréquente au cours de la Révolution française, son utilisation ces dernières semaines renvoie plutôt à une période plus récente de notre histoire. A savoir les années 1930. C'est en tout cas l'avis de Michel Pigenet : "L'action des Ligues est un moment où le terme de factieux revient en force. Non sans raison, car il y a à ce moment-là des organisations qui veulent mettre à terre 'la gueuse', la République (le surnom qui lui était donné par les Camelots du Roi, ndlr)" Au fil des crises, ce vocabulaire semble se faire une place dans le débat public. "Cela va revenir durant la guerre d'Algérie : dès lors que l'armée est utilisée dans des opérations de maintien de l'ordre et joue un rôle de plus en plus politique. On le voit peu vers mai 1968, quand la République est remise en cause. Le terme de factieux revient pour désigner les partisans de l'Algérie française. Il est utilisé jusqu'à la fin de la guerre, notamment concernant l'OAS, dont les partisans sont considérés comme des factieux. Quand les généraux prennent le pouvoir à Alger, le putsch est une action qui entre dans cette interprétation, une action de "factieux".

    "Le terme a un peu disparu et c'est un fait qu'il revient ces jours-ci", conclu l'historien. Un retour tout sauf étonnant : "Ceux qui utilisent ce terme le font pour discréditer. Pour montrer qu'on parle de gens dangereux."

    SOURCE : https://www.lci.fr/social/crise-des-gilets-jaunes-pourquoi-vous-entendez-regulierement-parler-de-factieux-2109878.html 

     

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    Pendant qu’ailleurs on débaptise…

    Un article de Jacques CROS 

     

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6572985-pendant-qu-ailleurs-on-debaptise?fbclid=IwAR1OjNdVZmn4ILTektVMN4UpgCZExTA1qUUMKSJKVn6Nm8UCSvLY3cyKoV4

     

    Nous avons eu l’information par notre ami Pierre de Murviel-les-Béziers qui l’avait apprise lors d’une réunion du comité local de la FNACA qui avait été programmée ce mercredi 9 janvier. Ce jour-là les anciens d’Algérie ont tiré les Rois. 

    Des travaux d’urbanisation sont en cours dans la commune. L’acquisition et la démolition de maisons vétustes va permettre de dégager un espace qui pourra être utilisé comme parking. 

    Il est prévu d’appeler ce lieu « Espace du 19 mars 1962 » et même d’élever une stèle pour commémorer cette date d’entrée en vigueur du cessez-le-feu d’une guerre qui avait duré plus de sept ans. Les Accords d’Evian avaient été signés la veille et le cessez-le-feu était applicable le 19 mars à midi. 

    Outre la fin d’une guerre atroce et anachronique on allait sortir de 132 ans d’un colonialisme qui avait apporté injustices et souffrances aux Algériens et pour le maintien duquel on avait enrôlé les jeunes Français qui avaient 20 ans en ce temps-là ! 

    Le Parlement a fait du 19 mars la journée de recueillement et de commémoration d’une période douloureuse. L’initiative de la municipalité s’inscrit donc dans le cadre de la loi définitivement adoptée le 6 décembre 2012. 

    Nous remercions les élus de Murviel-les-Béziers de participer à cette reconnaissance que le 19 mars 1962 s’ouvrait une ère nouvelle dans les relations entre la France et l’Algérie. Des relations fondées sur la paix, la justice, l’égalité et l’amitié. 

    Nous sommes là dans une logique qui est exactement à l’opposé de ce qui s’est passé à Béziers où une rue du 19 mars 1962 a été débaptisée le 14 mars 2015 au profit du nom d’un officier putschiste. Le discours prononcé alors par le premier magistrat de la ville vantait, c’est conforme à son idéologie mais non à l’histoire, l’empire colonial de la France. Et d’ailleurs, en violation de la législation républicaine, les cérémonies du 19 mars sont systématiquement boycottées par la municipalité de Béziers.

    Jacques CROS

    La commune de Murviel-les-Béziers

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    Face-à-face direct

    Mais attention danger…

    La crise actuelle place les «gilets jaunes» et le pouvoir macronien face-à-face. Sans aucun autre intervenant. Et sans intermédiaires. Ce face-à-face met ainsi en évidence l'absence des partis d'opposition et des confédérations syndicales dans la confrontation qui se déroule sous nos yeux. Alors même que l'article 4 de la Constitution dispose que «les partis et les groupements politiques concourent à l'expression du suffrage», qu'ils «se forment et exercent leur activité librement» et qu'ils «doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie», ces mêmes incarnations constitutionnelles des oppositions politiques sont étrangement absentes de la séquence. Pas plus que la majorité, ces partis n'ont vu partir le coup. Ils en sont écartés par les acteurs. Et certains d'entre eux sont désespérément à la remorque.

    Depuis plus de deux décennies, des signaux d'alerte auraient dû être entendus par ceux qui se sont succédés aux manettes du pays.

    Pour comprendre ce qui se passe de part et d'autre de ce face-à-face, il faut remonter dans le temps. Assez loin en ce qui concerne les «gilets jaunes». Plus près de nous pour ce qui est du chef de l'État et de son gouvernement. La crise actuelle n'est pas le fruit d'une génération spontanée. Depuis plus de deux décennies, des signaux d'alerte auraient dû être entendus par ceux qui se sont succédés aux manettes du pays.

    Se souvenir de 1995, 2002, 2005, 2012, 2016...

    Qui se souvient de 1995 ? Jacques Chirac est élu président de la République en mai au terme d'une campagne électorale fratricide à droite: le thème central de son projet inspiré par Philippe Séguin et Henri Guaino est la lutte contre la «fracture sociale». Il ne faut pas attendre six mois pour que cette dernière tombe dans les oubliettes des promesses non tenues. Le Premier ministre, Alain Juppé, donne la priorité à la lutte contre les déficits. Qui se souvient de 2002 ? Lionel Jospin, qui a occupé Matignon pendant cinq ans à la suite d'une dissolution hasardeuse de l'Assemblée réalisée par Chirac, se fait éjecter au premier tour de la présidentielle par Le Pen, père.

    Qui se souvient de 2005 ? Les Français et Françaises repoussent par référendum (54,7%) le traité établissant une constitution européenne : deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy, président de la République, signe le traité de Lisbonne... qui s'assoit sur le résultat du référendum français de 2005.

    Tout le monde se souvient de 2012 ! Au cours de sa campagne, François Hollande déclare «mon ennemi, c'est la finance», un slogan qui est censé lui avoir permis de faire le break face à Sarkozy qui brigue un second mandat. Élu, Hollande oublie la formule, ce qui contribuera à donner naissance aux «frondeurs» à l'intérieur du Parti socialiste et du groupe parlementaire de l'Assemblée nationale. Et, finalement, il ne sera pas en mesure de se représenter.

    Qui se souvient de 2016 ? Les prémices des «gilets jaunes» avaient pointé le nez avec le mouvement «Nuit debout». L'absence de résultat des manifestations syndicales contre la loi travail sous Hollande donne naissance à un autre type de contestation sociale : pas de leader, pas de porte-parole, même si quelques agitateurs d'idées ne sont pas tout-à-fait restés inertes dans le déclenchement et l'entretien du mouvement. Pourtant, c'est bien ce qui contribue à populariser ces actions «hors partis» qui resteront sans lendemain, mais qui sont encore un signal.

    En un peu plus de vingt ans, droite et gauche ont donné l'impression aux électeurs et aux électrices, non seulement qu'elles leur racontaient des carabistouilles mais qu'en plus elles se rappelaient, sans honte, à leur bon souvenir tous les cinq ans lors des élections présidentielle et législatives. Pourtant donc, les signaux électoraux de ce mécontentement à l'égard des partis se sont allumés régulièrement. 

    Le couronnement de ce désamour arrivant en 2017 avec l'élection de Macron, candidat sans parti dix-huit mois avant le scrutin et ovni de la politique qui n'avait jamais eu aucun mandat. Elu parce que les Français n’avaient que deux choix au deuxième tour : soit Macron, soit Le Pen fille imitant donc son père qui était arrivé deuxième, lui aussi, en 2002.

    Macron a hérité, en arrivant à l'Élysée, d'une vraie terre brûlée d'où les partis d'opposition étaient devenus impuissants à l'Assemblée. Et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'a pas fait grand-chose pour aider au reboisement. On peut rétorquer, à bon droit, que son rôle premier n'était pas précisément de s'occuper de la reconstruction de l'opposition «traditionnelle» mise en pièce.

    Mais l'opposition «nouvelle» était réduite à la portion congrue au palais Bourbon.  Si on ajoute à cela que le président de la République n'a pas une appétence particulière pour les corps intermédiaires comme les syndicats, qui sont eux-mêmes terriblement affaiblis, on aboutit inévitablement à un blocage.

    Un président ne peut pas diriger longtemps un pays démocratique sans heurts, s'il n'a pas face à lui une opposition ou des oppositions démocratiques, dignes de ce nom et prises en considération, dans lesquelles une partie de l'opinion se reconnaît. Et s'il n'a pas d'intermédiaires avec qui parler pour prendre le pouls de la société et évaluer les tensions qui s'y développent. Les oppositions auraient tort de se réjouir de cet état de fait car la crise des «gilets jaunes» montre que, elles aussi, sont sur la touche.

    Le mouvement –incontrôlé– des gilets jaunes se développe de façon anarchique, en dehors d'elles. Les enquêtes d'opinion montrent que seul véritable vainqueur de la séquence est le populisme d'extrême droite… Alors attention danger… si le grand «débat national» qui doit s'ouvrir pour établir les nouveaux cahiers de doléances populaires du XXIe siècle ne débouche sur RIEN !!! 

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    Il y a 50 ans 

    Le 8 janvier 1969 s'ouvrait, à Orléans

     un procès ultra-médiatique autour d'officiers

    de réserve non-violents

    L’ancien abbé Jean Desbois et Jean-Marie Muller. Ce dernier (à d.) a passé sa vie à théoriser la non-violence de par le monde et à travers des dizaines d’ouvrages. © gaujard christelle

    Le 8 janvier 1969, trois officiers de réserve du Loiret étaient traduits en justice pour avoir renvoyé leur livret militaire au ministre des Armées. Un procès qui fit grand bruit à l’époque.

    Le 8 janvier 1969, il y a tout juste 50 ans, trois prévenus orléanais comparaissaient à la barre du tribunal correctionnel. L’affaire, hors norme, faisait alors grand bruit au plan national. Ils étaient deux prêtres, Jean-Pierre Perrin, Jean Desbois, et un professeur (à Pithiviers), Jean-Marie Muller.

    Leur délit ? Les officiers de réserve, depuis peu convertis à la non-violence, avaient renvoyé leur livret militaire au ministre des Armées. Ils encouraient alors la prison…

    Ce mardi 8 janvier - 2019 donc -, deux d’entre eux, Jean Desbois et Jean-Marie Muller ont pointé le bout de leur nez à la maison des associations d’Orléans, pour y tenir une conférence-anniversaire. Jean-Pierre Perrin, souffrant, n'a pas pu participer.

    Ils sont revenus sur l’origine de leur acte puissant de désobéissance civile, mû par cette volonté de demeurer dans la doctrine qu’ils venaient de faire leur, dans les années 1960, celle de la non-violence, qui les guide encore aujourd’hui, passé 80 ans.

    Exécutions et torture en Algérie

    "On avait connu les événements d’Algérie, les exécutions sommaires, la torture", narrent les deux octogénaires, qui, déjà, à l’époque, sous les drapeaux et le soleil brûlant de l’Afrique, faisaient leur, l’esprit de désobéissance. "On me harcelait quotidiennement pour pratiquer la torture. Le commandant me montrait comment utiliser la gégène." Instrument funeste que l’abbé Desbois refusa toujours d’utiliser, au péril de la sanction militaire.

    C’est ainsi en 1967, de retour chez eux, qu’ils écrivent individuellement au ministre, "pour demander le statut d’objecteurs de conscience". Ils entendent par là répudier ceux d’officiers de réserve, "et promouvoir la non-violence dans le règlement des conflits". La requête refusée, ils renvoient donc leurs livrets militaires. Et signent une lettre, commune cette fois, au ministre.

    Ils écrivent : "Qu’il doit être possible pour tout citoyen, quelle que soit sa situation militaire, de choisir d’autres moyens que la violence […] pour promouvoir la paix entre les hommes." Avec le résultat que l’on connaît : leur médiatique procès s’ouvre le 8 janvier 1969. Et il y a foule... La République du Centre écrit à l’époque :

    "La cause soumise au tribunal est de celle qui font sensation. La qualité des prévenus, la nature de leur protestation et le soutien, nuancé mais résolu, de deux témoins détenant une incontestable autorité morale, allaient donner au procès un retentissement inhabituel." 

    Car, derrière les trublions, il y a Robert Buron, ex-ministre sous De Gaulle, et l’évêque d’Orléans, Mgr Riobé, qui n’entendait "absolument pas porter un jugement de valeur sur l’utilité de l’armée, encore moins sur ceux qui y consacrent leur vie".

    Interrogé par le président du tribunal, l’abbé Perrin évoque alors l’arrestation par son bataillon de trois hommes suspectés d’être au fait des activités du FLN. "On les interrogea et on les tortura. Dès lors, il était impossible de les relâcher. On les a emmenés dans la forêt et abattus. Cet épisode m’a fait découvrir que j’étais malade, et que l’armée, elle-même, était malade."

    Contre l’arme nucléaire

    Son acte de désobéissance (le renvoi du livret) vaudra à l’Abbé trois mois de sursis et mille francs d’amende. Idem pour ses deux camarades que l’on retrouvait ce lundi à la maison des associations : "On aurait préféré faire les trois mois de prison, mais on nous a refusé cette chance", commente Jean-Marie Muller.

    À l'époque, comme ils voulaient aller en prison, les non-violents ont fait aussitôt appel de cette décision. En vain. La justice a peut-être estimé que l’épreuve des barreaux aurait pu donner un écho encore plus important à cette affaire, dont la France se serait bien volontiers passée...

    Il y a 50 ans   Le 8 janvier 1969 s'ouvrait, à Orléans un procès ultra-médiatique autour d'officiers  de réserve non-violents

    Jean-Marie Muller vient d'éditer un nouveau livre, La Violence juste n'existe pas, à retrouver en librairie. 

    Car ses lectures de l’Évangile et des écrits de Gandhi, à l’origine de sa révélation post-Algérie, ont aussi éveillé le non-violent Jean-Marie Muller à la problématique de l’arme nucléaire. Et à son refus. Le procès était d’ailleurs aussi un peu celui de l’arme, testée en Algérie. "Je sais que la bombe française n’est pas offensive. Mais en pareil domaine […], nul n’ignore le déclenchement stupide que peut amener un moment de panique." Soit les mots, lourds de sens à l’époque de la guerre froide, de l’évêque d’Orléans, prononcés lors de ce qui restera, pour l’éternité, le "procès d’Orléans".

    SOURCE : https://www.larep.fr/orleans/armee-conflit/justice/2019/01/10/le-8-janvier-1969-s-ouvrait-a-orleans-un-proces-ultra-mediatique-autour-d-officiers-de-reserve-non-violents_13101845.html

    Jean-Marie Muller ou la voix de la paix

    Il y a 50 ans   Le 8 janvier 1969 s'ouvrait, à Orléans un procès ultra-médiatique autour d'officiers  de réserve non-violents

     En 2015, Jean-Marie Muller a aussi beaucoup écrit sur l’arme nucléaire. Il a donné plusieurs conférences, notamment au Liban où il se rend tous les ans depuis 20 ans. Et il se consacre à ses petits-enfants. © Orléans AGENCE

    Le penseur de la non-violence Jean-Marie Muller a récemment publié deux ouvrages. Mais il s’est aussi beaucoup consacré à écrire sur les attentats.

    En novembre 2013, Jean-Marie Muller recevait un prix des mains du président de la République indienne pour son travail de promotion des valeurs gandhiennes en dehors des frontières de l'Inde. « Ce prix a apporté un surcroît de crédibilité à mes écrits, estime-t-il, mais je ne peux pas dire qu'il ait fondamentalement changé ma vie, ni mes activités ».

    Voilà plus de quarante ans, maintenant, que ce Chanteausien de 76 ans (en 2013) voue sa vie à penser et à propager la culture de la non-violence.

    Et cette année 2015, marquée par des attentats sanglants, en France et ailleurs, l'a beaucoup amené à réfléchir…

    D'abord parce qu'il connaissait Cabu (assassiné lors de l'attaque de Charlie Hebdo ndlr). « J'avais croisé Cabu à de nombreuses reprises, lors de rencontres. Il suivait le mouvement non-violent. Une fois, nous avions même pris le train ensemble, se souvient-il. En même temps, je n'étais pas d'accord avec la publication des caricatures de Mahomet. Dans ce cas-là, je n'ai pas pu défendre la liberté d'expression ». Ensuite, parce que, comme tout le monde, il a été bouleversé par la vague de violence – « cet amoncellement de drames personnels terribles » –, qui a déferlé sur Paris le 13 novembre.

    « La France est-elle en guerre ? » 

    Alors, l'écrivain a fait ce qu'il sait faire de mieux : il a pris la plume. Jean-Marie Muller a rédigé deux articles : « La France est-elle en guerre ? » et  Faut-il n'avoir que l'amour pour parler aux canons ?», dans lesquels il fustige le «discours guerrier» des responsables politiques. Ces textes ont été repris sur des dizaines de sites.

    L'homme milite pour une « diplomatie de paix ». « Dire qu'on va détruire des gens, c'est une fuite en avant, affirme-t-il. Il faut faire un travail culturel, de civilisation, démilitariser l'idéologie, les religions ».

    Comme un clin d’oeil de l'histoire, c'est justement cette année que son livre «Désarmer les dieux», sorti en 2010, et dont le titre résonne avec une certaine acuité, a été traduit en arabe.

    Marion Bonnet 

    SOURCE : https://www.larep.fr/orleans/2015/12/21/jean-marie-muller-ou-la-voix-de-la-paix_11714557.html 

    Jean-Marie Muller : « Face au terrorisme, non, la France n’est pas en guerre ! »

    Il y a 50 ans   Le 8 janvier 1969 s'ouvrait, à Orléans un procès ultra-médiatique autour d'officiers  de réserve non-violents

    Statue de la Marseillaise - Arc de Triomphe Paris

    Face à cette tragédie qui bouleverse chacun de nous, qui peut penser que c’est le moment d’appeler le peuple français à prendre les armes du meurtre pour partir à la guerre ?

    Opinion de Jean-Marie Muller, philosophe et écrivain, auteur du Dictionnaire de la non-violence (Le Relié Poche).

    « La France est en guerre ! » C’est en martelant ces mots que François Hollande a commencé son discours devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles le 16 novembre 2015. Et les médias ont salué le ton martial du Président de la République qui s’est exprimé en véritable « chef de guerre ». Certes, l’ignominie des actes meurtriers qui ont tué à Paris des dizaines d’innocents porte la violence à son paroxysme. Mais, face à cette tragédie qui bouleverse chacun de nous, qui peut penser que c’est le moment d’appeler le peuple français à prendre les armes du meurtre pour partir à la guerre ?

    La mise en échec des dissuasions militaires

    La caractéristique de la stratégie terroriste est de permettre, par les moyens techniques les plus simples, de contourner et de mettre en échec les dissuasions militaires dont les moyens techniques sont les plus sophistiqués. Alors que les grandes puissances industrielles prétendent détenir les armes qui rendent inviolable leur sanctuaire national, l’arme des terroristes vient porter la peur, la violence et la mort au cœur même de leurs villes. Le terrorisme vient prendre complètement à revers la défense des sociétés modernes en sorte que les armes les plus puissantes s’avèrent inutiles et vaines aux mains des décideurs politiques et militaires.

    Le terrorisme n’est pas la guerre

    Le terrorisme n’est pas la guerre. Sa stratégie, au contraire, pose comme postulat le refus de la guerre. Ce qui caractérise la guerre, c’est la réciprocité des actions décidées et entreprises par chacun des deux adversaires. Or, précisément, face à l’action des terroristes, aucune action réciproque ne peut être entreprise par les décideurs adverses. Ceux-ci se trouvent en effet dans l’incapacité de répondre coup pour coup à un adversaire sans visage qui se dérobe. L’État français s’enorgueillit de posséder l’arme nucléaire pour défendre efficacement ses intérêts vitaux, mais les terroristes se moquent des États nucléaires.

    Certes, l’apparition de Daech sur la scène du Moyen-Orient change la configuration classique du terrorisme. Daech n’est pas l’État qu’il prétend être mais il s’agit d’une organisation militaire et politique structurée qui occupe certains territoires et mène des actions de guerre en Irak et en Syrie. Pour autant, Daech ne viendra pas faire la guerre en France et la France n’envisage aucune intervention au sol au Moyen-Orient. Ainsi l’action de Daech en France restera une action terroriste. Si la nécessité impose certains actes de violence contre les terroristes, ils n’impliqueront que des agents de l’État et non l’ensemble des citoyens.

    La violence en réponse à la violence ?

    En France, et un peu partout dans le monde, la Marseillaise a retenti comme un chant de solidarité et de résistance. L’air était juste, mais jamais les paroles guerrières de notre hymne national n’ont résonné de manière aussi fausse : qui peut croire, en effet, que les citoyens français soient appelés à prendre les armes et à former des bataillons pour abreuver nos sillons d’un sang impur ? Non, face à la violence du terrorisme, les citoyens ne sont pas mis en demeure de répondre par la violence de la guerre. Nous devons certes surmonter toute peur et nous mobiliser, mais pour résister à la logique de la terreur qui est la logique de la violence. L’arme des terroristes est d’abord une arme idéologique et c’est cette arme qu’il faut briser. Face à l’inhumanité du terrorisme, l’urgence est d’affirmer les valeurs universelles d’humanité qui fondent la civilisation. Et ce sont les mots de notre devise républicaine qui doivent inspirer notre action : «Liberté, Égalité, Fraternité».

    Désarmer le terrorisme

    Le malheur, c’est précisément que la culture qui domine nos sociétés est structurée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable. Désarmer le terrorisme, c’est d’abord désarmer cette idéologie afin de construire une culture fondée sur une éthique de respect, de justice, de fraternité et de non-violence.

    Car le véritable réalisme est de voir dans l’extrême ignominie de la violence du terrorisme, l’évidence de la non-violence.

    « Le sang, disait Victor Hugo, se lave avec des larmes et non avec du sang. »

    SOURCE : https://www.la-croix.com/Actualite/France/Jean-Marie-Muller-Face-au-terrorisme-non-la-France-n-est-pas-en-guerre-!-2015-11-27-1385892 

     

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    Gilets jaunes. 1789-2019… des cahiers

     de doléances très ressemblants

    Gilets jaunes. 1789-2019… des cahiers de doléances très ressemblants

    Des cahiers de doléances sont à disposition des Français dans des mairies, depuis décembre. | OUEST-FRANCE

    Des cahiers de doléances, dans des mairies, recueillent en ce moment les revendications des Français, avant le grand débat national voulu par Emmanuel Macron. À Vitré, en Bretagne, on a comparé avec le cahier de doléances de 1789. Édifiant.

    Depuis plusieurs semaines, les Français griffonnent dans des cahiers de doléances, ouverts dans des mairies. Une façon de donner un cadre aux demandes des Gilets jaunes et de démarrer le grand débat national voulu par Emmanuel Macron.

    Cette consultation devrait durer le temps qu’il fallut, il y a 230 ans, entre mars et mai 1 789, pour rédiger, déjà, les cahiers de doléances. On a jeté un œil dans celui rédigé à l’époque à Vitré, près de Rennes, en Bretagne. Et ? Comme un air de ressemblance… même si on ne peut évidemment comparer gilets jaunes et bonnets phrygiens.

    Des sous en 2019, des sous en 1789

    En 2019, la revendication des Vitréens qui revient le plus souvent concerne le pouvoir d’achat. Ils réclament « une augmentation du Smic », « des retraites », une « réduction de la TVA », «  du coût des études » ou une poursuite des aides « tant que l’enfant est en études au-delà de 18 ans ».

    En 1 789, le cahier de doléances et remontrances du Tiers État de la ville de Vitré, fustige le trop-plein d’impôts, réclamant une réforme « des abus qui ne sont qu’un reste barbare de l’ancienne tyrannie féodale, tels que les quintaines, gants, soûles et autres redevances absurdes exigées des nouveaux mariés ; droits sur toute sorte de marchandises à l’entrée et à la sortie du territoire des seigneurs ; droits de pancartes et de péages, de guet et garde dans leurs châteaux, corvées pour faire leurs récoltes et voiturer les matériaux de leurs châteaux et de leurs moulins, droits de fuie, colombiers et garennes, droits de chasse, droits exclusifs de moulins… »

    Gilets jaunes. 1789-2019… des cahiers de doléances très ressemblants

    Dans quasiment une doléance vitréenne sur trois, il est réclamé la mise en place du RIC (référendum d’initiative citoyenne). | Ouest-France

    « L’injustice monstrueuse »

    Le Tiers État de Vitré s’en prend aussi à la capitation, un impôt direct établi par Louis XIV en 1695 pour financer la guerre de la Ligue d’Augsbourg :   « Vu l’injustice monstrueuse qu’il y a dans la répartition de la capitation entre les ordres de la noblesse et du Tiers, et que tous impôts affectés au soutien, à la défense de l’État, et au bien-être de tous ses individus sont réels et doivent être relatifs aux facultés et au bienfait que chacun en reçoit, il est naturel que tout individu, noble ou roturier, les supporte en raison de ses possessions. »  

    Écart entre riches et pauvres

    En 2019, les Gilets jaunes réclament de « faire payer les plus riches ». Plusieurs propositions du cahier de Vitré demandent « le rétablissement de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) » et « de combattre la fraude fiscale et les niches fiscales ». À plusieurs reprises aussi, il est demandé la suppression « les privilèges des anciens Présidents de la République », voire des « anciens membres de gouvernement ». Plusieurs personnes veulent aussi que soit réduit « le nombre de sénateurs et de députés » et « leurs salaires ».

    En 1 789, le Tiers État de Vitré dénonce « les pensions excessives et trop multipliées accordées ou à des riches », insistant pour que les dépenses de l’État « soient réduites […] eu égard à la misère de la classe du peuple qui en supporte la plus grande partie ».

    Gilets jaunes. 1789-2019… des cahiers de doléances très ressemblants

    Un cahier de doléances et de suggestions est à la disposition des habitants à l’accueil de la mairie aux heures d’ouverture. Ici dans la mairie de Rennes. | OUEST FRANCE

    Un besoin de démocratie

    En 2019, dans quasiment une doléance vitréenne sur trois, il est réclamé la mise en place du RIC (référendum d’initiative citoyenne). Autre requête : la reconnaissance des votes blancs et des abstentions.

    En 1789, le cahier de doléances de Vitré insiste, lui, sur le besoin de proportionnalité : « Les États généraux étant une assemblée générale de la Nation, le Tiers État, qui en fait la plus considérable partie, doit avoir à cette assemblée une représentation suffisante pour qu’elle puisse être réputée légale, et cette représentation ne peut être réputée suffisante, si les députés de l’ordre du Tiers ne sont pas au moins en nombre égal à celui des députés des deux ordres de l’Église et de la Noblesse réunis. »

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/gilets-jaunes-entre-1-789-et-2-019-des-cahiers-de-doleances-tres-ressemblants-6163249?utm_source=neolane_of_newsletter-generale_mediego&utm_campaign=of_newsletter-generale&mediego_ruuid=bccd82ef-e8e9-4a1f-8370-9e6e9076800f_4&mediego_euid=770314&mediego_campaign=20190110_email_html&utm_medium=email&utm_content=20190110&vid=770314 

     

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    3 commentaires
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    Bon sang ne saurait mentir (proverbe)

    Chez ces gens là Monsieur,  

    chez ces gens là, 

    on ne pense pas Monsieur,  

    on ne pense pas. 

    On saigne !

      Bon sang ne saurait mentir (proverbe)  Chez ces gens là Monsieur, chez ces gens là,  on ne pense pas Monsieur,  on ne pense pas. On saigne !

    Luc Ferry appelle à tirer sur les Gilets jaunes et veut l'intervention

    de l'armée

    Interrogé sur les violences contre les forces de l'ordre en marge des manifestations de Gilets jaunes, l'ancien ministre Luc Ferry a estimé que les policiers devraient "se servir de leurs armes". Il a appelé à une intervention de l'armée.

    (France soir du 08/01/2019

     

    Luc se revendique descendant de Jules 

      Bon sang ne saurait mentir (proverbe)  Chez ces gens là Monsieur, chez ces gens là,  on ne pense pas Monsieur,  on ne pense pas. On saigne !

    Marx avait su si bien caler Jules : 

    " Jules Ferry, avocat sans le sou avant le 4 septembre, réussit comme maire de Paris pendant le siège, à tirer par escroquerie une fortune de la famine. Le jour où il aurait à rendre compte de sa mauvaise administration serait aussi celui de sa condamnation. " '(la guerre civile en France) 

    C'est que pour faire tirer sur le peuple, il en connait un rayon le Jules : 

    La République est proclamée le 4 septembre. Il est nommé préfet de la Seine, puis maire de Paris. Organisateur du ravitaillement de la ville pendant le siège, il est aussi incompétent en matière logistique que Gambetta l'est en matière militaire.  

    Il réprime les mouvements populaires du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871. 
    Les Parisiens le surnomment " Ferry Famine ".
      

    Jules Ferry, qui fut un des chefs de l'opposition républicaine sous l'empire, profite de la défaite de l'empereur Napoléon III à Sedan devant les troupes prussiennes. La République est proclamée le 4 septembre. Il est nommé préfet de la Seine, puis maire de Paris. Organisateur du ravitaillement de la ville pendant le siège, il est aussi incompétent en matière logistique que Gambetta l'est en matière militaire.
    Quand se déclenche l'insurrection de la Commune, il s'enfuit dès le premier jour.

    Quand on parle haine de classe ancestrale qui éclaire les propos de Luc, il y a cela (lettre de Jules à son Frère Charles qui s'illustrera contre la Commune du Creusot pour servir les Schneider) : 

     Place-toi par la pensée aux rayons du soleil levant, en face de l'Hôtel de Ville flambant et fumant, sa façade éventrée, découronnée, déchirée, découpant, sur la fumée noire et la flamme pétrolée, le reste de ses pignons et le peu qui survit de ses statues. Une barricade se dresse entre les deux annexes, pétillant l'une et l'autre comme deux fagots d'épine ; nos soldats la tiennent tandis qu'en face, au pont Louis Philippe, le hideux drapeau rouge déploie son haillon sanglant, sur une barricade qui tire encore sur nous. (...) "

    Lettre du 2 juin 1871 à Charles Ferry 

    La pensée Ferry : 

    Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit sur les races inférieures. (...)
           Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.(...)

    (Débats parlementaires, 28 juillet 1885. Cité dans : Le nationalisme français, Raoul Girardet, Ed. Seuil, 1983)
    Texte complet : Site de l'Assemblée Nationale  

    L'école laïque enfant de Ferry ?  

    Qui connait ses raisons de fond quand le capital se développant à besoin d'une main d'oeuvre disposant de savoirs pour mettre en oeuvre les procès de production ? Ford et le fordisme en tireront enseignement pour parcelliser le travail pour peser sur la réflexion des travailleurs . 

    " Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. [...] Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d'autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d'ouvriers et de paysans, où l'on enseignera des principes totalement opposés, inspirés peut-être d'un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871." 

    (Discours de Jules Ferry au Conseil général des Vosges en 1879.) 

    Il ne s'agit bien évidemment pas d'un patrimoine génétique, on ne vient pas au monde avec des cellules réactionnaires. C'est le fruit d'une vie de caste (re)produisant ses élite,s les nourrissant de la rente et les portant pour qu'ils s'accaparent les leviers du pouvoir d'état donnant sa caractéristique de classe comme outil de domination de classe et donc du besoin d'une autre organisation des société humaine.

    Luc Ferry appelle les policiers à tirer

     sur les Gilets jaunes !

      Bon sang ne saurait mentir (proverbe)  Chez ces gens là Monsieur, chez ces gens là,  on ne pense pas Monsieur,  on ne pense pas. On saigne !

    Après les violences qu’ils ont subies lors des récentes manifestations, Luc Ferry estime que les forces de l’ordre devraient pouvoir faire usage de leurs armes pour se défendre. 

    Monsieur Luc Ferry est un ancien ministre de l’Éducation, c'était l'époque de Sarkozy et ses propos ridicules du genre "cass' toi pauv' con ou le nettoyage des cités au karcher... mais à bien y réfléchir, c'était autrement moins grave que ce qui se passe aujourd'hui... 

    Je suis estomaqué de lire dans Ouest-France ces propos que je trouve parfaitement inconsidérés, voire tout simplement écœurants ! Des propos qui vont dans le sens des médias actuels et des politiciens ! La tentation de la répression devient la règle dans les couloirs du pouvoir politique et sur les plateaux de télévisions ! Faut-il rappeler les conséquences d’actes commis autrefois dans des temps historiques : 

    Le 17 juillet 1791, une fusillade se produit sur le Champ de Mars, à Paris. C’est la conséquence immédiate de la fuite du roi Louis XVI jusqu’à Varennes. Elle va briser la lune de miel entre l’Assemblée et le peuple de Paris. Apparaissent les premières failles dans le consensus révolutionnaire. 

     Luc Ferry lance donc un appel au meurtre des manifestants !  

    Un propos que nous n’avons pas entendu en 2005 lors des émeutes dans les cités ! Un discours inconnu lors des manifestations étudiantes, ni sur celle des antifas et autres Black Blocs, ni sur les  casseurs de vitrines, et autres pilleurs de magasins ! Pourquoi ? 

    Il enfonce le clou devant l’étonnement des journalistes en réaffirmant ces propos et en balayant d’un revers de main les risques : Et alors ? Écoutez franchement, quand on voit des types qui tabassent à coup de pied un malheureux policier qui est par terre. Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois. Ça suffit ! ». 

    Comment peut-on, et surtout par quelle inconscience peut-on tenir des propos qui relèvent d’une autorisation de tuer des manifestants comme au temps de la IIIe République, celui de Clémenceau ! 

    Quelle est cette angoisse, cette peur qui tenaille ces gens du pouvoir pour se lâcher à ce point et finalement souhaiter pointiller le jaune des gilets par des points rouges ! Rouge comme celui du sang des victimes d’une éventuelle tuerie policière, car rien dans ce cas de figure ne pourra arrêter le massacre commis par des policiers et gendarmes libérant leur peur, par les armes, et des manifestants terrorisés par tous les morts ! Quelle réaction cela va-t-il provoquer ? Qui empêchera le retour du bâton vengeur si dans Paris, manifester, qui est un droit, devient un acte de mort, ou au minimum un risque d’être tué ou d’être blessé ! 

    Il est si disert avec les Gilets jaunes : «Ces espèces de nervis, ces espèces de sala***ds d’extrême droite, d’extrême gauche et des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit». 

    Les Gilets jaunes qui ne veulent que vivre de leur travail honnêtement, dignement, qui souhaitent plus de démocratie avec le RIC, qui désirent que le pouvoir les écoute et surtout les entende ! Ils sont traités de « salopards », de nervis d’extrême droite ou de gauche suivant le politique, les médias ! Maintenant ils veulent faire feu sur les manifestants ! 

    Monsieur Luc Ferry serait bien le petit neveu de Jules Ferry, qui fut à son époque l’initiateur de la laïcité dans les écoles, mais aussi l’auteur devenu célèbre par la suite de la race supérieure vis-à-vis des races inférieurs africaines pour justifier les colonies. 

      Bon sang ne saurait mentir (proverbe)  Chez ces gens là Monsieur, chez ces gens là,  on ne pense pas Monsieur,  on ne pense pas. On saigne !

    Petit rappel :

    du temps où Macron condamnait les violences

    policières

    Les violences policières qui ont eu cours il y a deux jours à Aulnay-sous-Bois nous rappellent à cette exigence absolue. Les enquêtes en cours diront précisément comment il faut qualifier juridiquement ces faits. Mais comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ?  

    Parce qu’à Aulnay, c’est la force illégitime de l’Etat qui a eu cours et la dignité d’un jeune garçon, d’une famille et d’un quartier, qui a été mise en cause. 

    Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. Alors que tout semble les pousser vers la haine et la révolte, ils font preuve d’un formidable sang-froid. Depuis plusieurs jours, ce sont eux qui incarnent la responsabilité. Ce sont eux qui refusent l’escalade de la violence. Ce sont eux qui en appellent à la patience et à la confiance dans nos institutions. Ils sont habités par un grand esprit de responsabilité. Je leur souhaite un retour à la vie normale le plus rapide possible.

    extrait de son compte FB — 8 février 2017

      Bon sang ne saurait mentir (proverbe)  Chez ces gens là Monsieur, chez ces gens là,  on ne pense pas Monsieur,  on ne pense pas. On saigne !

    Eh oui Monsieur le Président les violences policières

    voilà des exemples :

     

      Bon sang ne saurait mentir (proverbe)  Chez ces gens là Monsieur, chez ces gens là,  on ne pense pas Monsieur,  on ne pense pas. On saigne !

     

    Un policier doit tirer ? il rêve monsieur Luc

    Vous savez ce qu’il risque d’arriver ? Que de simple citoyens tirent sur des manifestants pour défendre leurs biens. Quand y a plus la police et bien ce sont les patrouilles d’autodéfense et pour finir une guerre civile…

     

    Et, pour l'histoire de France, si je vous mets un peu de Ah ça ira?