• Les poussières de sable du Sahara étaient porteuses

    de Césium-137, résidu d’anciens essais nucléaires

    français

    Les poussières de sable du Sahara étaient porteuses de Césium-137, résidu d’anciens essais nucléaires français

    Quand la neige et le ciel du Haut-Doubs se parent des couleurs sahariennes. • © Pierre Barbey - ACRO

    Quand un nuage de sable jaune orangé nous rappelle le passé. Du sable ramassé dans le massif du Jura a été analysé par un laboratoire près de Rouen en Normandie. On y retrouve des traces des essais nucléaires français au Sahara au début des années 60.

    Pierre Barbey est spécialiste de la radioprotection à l’Université de Caen, il est aussi conseiller scientifique bénévole du laboratoire ACRO, l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest.

    Le 6 février, lorsque le phénomène de nuages de sable du Sahara traverse la France, il est aux premières loges dans le massif du Jura dans le secteur de Chapelle des Bois (Doubs). “Ce jour-là, c'était très étrange, nous avons chaussé les raquettes tôt le matin, la neige était blanche, au fil de la balade tout a changé, ça a duré toute la journée. J’étais avec des amis qui étaient inquiets en voyant ces poussières ocres recouvrir le sol", raconte-t-il.

    Les poussières de sable du Sahara étaient porteuses de Césium-137, résidu d’anciens essais nucléaires français

    6 février 2021 - la neige et le ciel deviennent orange dans le massif du Jura, la tempête de sable du Sahara déverse de fines particules. • © Pierre Barbey - ACRO

    Le scientifique pense très vite que ces poussières peuvent provenir du Sahara. Sur sa voiture, avec un kleenex, il prélève un échantillon. “Je me rappelle très bien qu’il y a 30 ans au moment de la création de l’ACRO (née après la catastrophe de Tchernobyl), nous avions déjà analysé du sable en provenance du Sahara. On y avait vu des traces de Césium-137. 30 ans après, je ne savais pas si on en aurait encore des traces, à une si lointaine distance du Sahara” ajoute le scientifique.  


     

    Les poussières de sable du Sahara étaient porteuses de Césium-137, résidu d’anciens essais nucléaires français

    La voiture sur laquelle un échantillon de sable a été prélevé pour y chercher des traces de Césium-137, un élément radioactif issu des essais nucléaires. • © Pierre Barbey - ACRO

    Que racontent les poussières prélevées dans le massif

     du Jura ?

    L’échantillon prélevé dans le Haut-Doubs a été analysé par le laboratoire de l’ACRO, les fines particules de sable ont parlé. “Le résultat de l’analyse est sans appel, du césium-137 est clairement identifié. “Il s’agit d’un radioélément artificiel qui n’est donc pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d’une explosion nucléaire” explique l’ACRO.

    Des traces de césium-137 sans danger pour notre santé

    Selon l’ACRO, il est retombé 80 000 Bq au km2 de césium-137. Rien de dangereux pour notre santé, rassurez-vous. Le nuage a déversé ses anciennes traces de césium-137 partout où il est passé en France, note Pierre Barbey. Et pas uniquement sur les beaux paysages d’hiver du Jura. 

    Les poussières de sable du Sahara étaient porteuses de Césium-137, résidu d’anciens essais nucléaires français

    Le nuage de sable venu du Sahara a changé la lumière du ciel, 6 février 2021, Besançon (Doubs). • © Ludovic Laude - maxPPP

    Le scientifique explique que le césium-137 a une période de vie de 30 ans. Tous les 30 ans, il perd la moitié de sa teneur radioactive. “Au bout de 7 cycles de 30 ans, on considère qu’il ne reste que 1% de substances radioactives”. 

    Dans cette étude réalisée par l’ACRO, “il n’était pas question de dire qu’il y a une mise en danger de la population, mais de rappeler ce qu’a fait la France et d’autres pays” en terme d’essais nucléaires. Au Sahara, dans le Sud algérien, "la population vit avec ces traces de césium-137 au quotidien, certains terrains sont toujours fortement contaminés, cela donne une idée de la contamination de l’époque” rappelle Pierre Barbey. 

    Dans les années 60, la France a multiplié

     les essais nucléaires au Sahara

    Près de Reggane dans le Sud algérien la France réalise un premier essai nucléaire le 13 février 1960. La Gerboise bleue, nom de code de la bombe atomique explose à 7 heures du matin heures locales, sa puissance est de 70 kilotonnes, une explosion trois ou quatre fois plus puissante que celle des bombes d’ Hiroshima en août 1945.

    L’Algérie est alors encore un département français. 17 essais nucléaires aériens et souterrains vont se dérouler en Algérie entre 1960 et 1966. 

    La France choisit ensuite la Polynésie pour continuer à faire ses essais nucléaires. Le 29 Janvier 1996, le Président Jacques Chirac annonce la fin définitive des essais nuclaires français lors d'une allocution télévisée.

    60 ans après les tirs nucléaires en Algérie, ces traces d’essais nucléaires nous reviennent comme un boomerang

    “L’épisode du 6 février constitue une pollution certes très faible, mais elle s’ajoutera aux dépôts précédents, essais nucléaires des années 60 et  retombées de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl” le 26 avril 1986, rappelle le laboratoire Acro. 

    Derrière le nuage de sable du Sahara qui a traversé le ciel début février, et fait le bonheur des réseaux sociaux avec ses images aux tons incroyablement orangés, l’histoire est un peu moins belle. Un souvenir “radioactif” que beaucoup d’entre nous ne soupçonnaient pas.

    Archives - 1960 - La gerboise bleue

    SOURCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/jura/les-poussieres-de-sable-du-sahara-etaient-porteuses-de-cesium-137-residu-d-anciens-essais-nucleaires-francais-1973641.html?fbclid=IwAR14fJduT9SUC19ChU06F-mLS2i8XjFZpHxUBXqqEKjn46rT8jX9ul7_Tts 

    Conséquences des essais

    nucléaires

    en Algérie : Les traces

    retrouvées

    dans du sable en France

     

    Les poussières de sable du Sahara étaient porteuses de Césium-137, résidu d’anciens essais nucléaires français

     Essais nucléaires de la France en Algérie

     

    Les conséquences des essais nucléaires réalisés par la France dans le désert algérien, au début des années 60, sont toujours aussi néfastes sur la santé des citoyens du Sud. C’est ce que révèle une étude menée récemment en France, suite à la tempête de sable qui a touché, début février, une bonne partie de l’Hexagone. 

    Les analyses effectuées sur la poussière du sable algérien par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a révélé la présence de traces de Césium-137, a rapporté, ce samedi 27 février, le journal français Le Parisien.

    « Il s’agit d’un radioélément artificiel qui n’est pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d’une explosion nucléaire », précise l’ACRO. Cette dernière a relié la présence de cette substance aux essais nucléaires français menés de 1960 à 1966 en Algérie, précise le quotidien français.

    « Les risques sont pour les gens de la région du Sahara »

    Cette matière contenue dans le sable qui a envahi l’air français, le 6 février, à cause du vent provenant du Sud, n’est pas aussi dangereuse sur la santé de la population française, rassure-t-on. En revanche, elle constitue une menace permanente pour les populations du Sud algérien.

    « Les risques sont pour les gens sédentaires ou nomades de la région du Sahara. Eux, ils ont cet environnement, qui est constamment pollué depuis longtemps. Nous, ce n’est qu’un passage », a alerté Pierre Barbey, un spécialiste de la radioprotection à l’Université de Caen, et conseiller scientifique bénévole du laboratoire ACRO, cité par Le Parisien.

    C’est dire que les retombées désastreuses des essais nucléaires menés par l’armée française sur le sol algérien, et qui ont fait plusieurs victimes à l’époque, sont toujours d’actualité. Ce dossier sensible constitue d’ailleurs l’un des principaux contentieux mémoriels entre Alger et Paris.

    SOURCE : https://www.observalgerie.com/consequences-des-essais-nucleaires-en-algerie-les-traces-retrouvees-dans-du-sable-en-france/2021/ 

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    Pierre Audin au quotidien algérien  « L’Expression »

    « La jeunesse peut guérir les blessures mémorielles »

      Pierre Audin au quotidien algérien  « L’Expression »  « La jeunesse peut guérir les blessures mémorielles »

    Pierre Audin

    Pierre Audin a de qui tenir. Il est le fils de Maurice Audin, militant de l'indépendance algérienne. Son père a été enlevé puis assassiné en 1957 par l'armée française et son corps n'a jamais été retrouvé. Invité à s'exprimer sur le rapport Stora, traitant de la question mémorielle entre la France et l'Algérie, Pierre Audin s'ouvre à L'Expression. Il revient alors sur les symboliques proposées par le document de Benjamin Stora, la question des archives. Pierre Audin va au-delà des apparences et propose un remède par le rapprochement des citoyens algériens et français et surtout les jeunes capables de créer le déclic de mémoires réconciliées.

    L'Expression : En déclarant à partir d'Alger que «le colonialisme est un crime contre l'humanité», le président Emmanuel Macron n'a-t-il pas facilité la voie à Benjamin Stora dans son rapport ?
    Pierre Audin : En effet, tout le monde le sait que c'est à partir d'Alger que le président Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l'humanité. Il n'était alors que candidat! Mais depuis qu'il est devenu président de la République française, il n'a plus jamais répété cette formule. Or, il a fait une déclaration politique le 13 septembre 2018, qu'il a remise à Josette Audin. Beaucoup de gens en ont parlé ou en parlent, sans l'avoir lue. Cette déclaration du président de la République correspond, partiellement, aux demandes de ma mère: -le président français reconnaît que Maurice Audin a été victime d'un système, appelé arrestation-détention: arrestation arbitraire, suivie de tortures puis d'exécution sommaire - le président ne sait pas dire ce qui est arrivé à Maurice Audin, s'il a été assassiné ou exécuté, ni où se trouve son corps, ce qui était une des demandes de ma mère, qui est finalement décédée sans le savoir -le président dit que des milliers d'Algériens ont subi le même sort que Maurice Audin, victimes du même système arrestation-détention mis en place par l'armée française avec l'appui des autorités de la République
    - le président dit qu'il va décider une dérogation générale sur les archives concernant tous les disparus de la guerre d'Algérie, Français et Algériens, civils et militaires - le président appelle les témoins encore vivants à dire ce qu'ils savent - le président appelle les détenteurs d'archives privées à les remettre aux archives nationales - c'est important car il ne s'agit pas d'un rapport, mais d'une décision politique du président de la République française.
    Dès cette déclaration officielle faite, l'association Josette et Maurice Audin et le site histoire coloniale et postcoloniale ont ouvert le site 1000autres.org qui cherche à recenser les milliers d'autres Maurice Audin, les Algériens qui ont disparu pendant la «bataille d'Alger», et à établir les circonstances de leurs disparitions. Actuellement, le site en est à plus de 300 personnes. C'est du concret.
    Par contre, la dérogation générale annoncée par le président pour tous les disparus n'est toujours pas faite, elle l'a été seulement en septembre 2019 pour le seul Maurice Audin, ce qui n'apportait rien, puisque ça avait déjà été fait avec le président précédent. L'appel à témoins et à la récupération des archives privées n'a pas été médiatisé, il est resté dans cette déclaration (qui a été peu lue).

    Le rapport Stora n'est-il pas une occasion pour profiter de libérer la parole, entre Alger et Paris ?
    Le rapport de Benjamin Stora propose des pistes, fait des préconisations au président de la République. Celui-ci suivra tout ou partie de ces préconisations. Benjamin Stora suggère des gestes symboliques, comme l'édification d'une stèle en hommage à l'Emir Abdelkader, ou l'entrée de Gisèle Halimi au Panthéon. Ce sont des symboles qui concernent la France.
    En France, le seul monument en hommage à un combattant de l'indépendance de l'Algérie, c'est le cénotaphe de Maurice Audin au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Honorer l'Emir Abdelkader comme combattant contre la colonisation serait un symbole important. Benjamin Stora suggère aussi de reconnaître la vérité sur Ali Boumendjel: c'est un symbole de la lutte pour l'indépendance, comme Maurice Audin.
    Benjamin Stora fait d'autres préconisations comme la création d'une commission «Mémoire et Vérité» qui pourrait recueillir la parole des témoins frappés douloureusement par cette guerre, pour établir plus de vérités, et parvenir à la réconciliation des mémoires. Mais depuis le 20 janvier, le président n'a pas donné de signal sur ce qu'il compte faire: pour le moment, il ne fait rien. Ce n'est donc pas Benjamin Stora qu'il faut critiquer. Quant au côté algérien, il est bien silencieux sur ce qu'il compte faire.

    En France, les discussions sur la colonisation et la guerre en Algérie sont une source de clivage politique. Derrière «l'Algérie», les politiques parlent d'identité nationale, d'immigration ou de cohésion sociale. Qu'en pensez-vous ?
    Ce clivage n'a pas changé depuis l'indépendance de l'Algérie. Il est sans doute moins violent qu'à l'époque des «événements d'Algérie», mais il subsiste.

    On parle de plus en plus de la guerre d'Algérie, mais de moins en moins de la colonisation. N'est-ce pas une manière de biaiser le débat ?
    Je ne crois pas. Indépendamment du rapport de Benjamin Stora, c'est la mort de George Floyd qui a été le déclencheur d'un mouvement remettant en cause les symboles de l'esclavage et de la colonisation. J'ai ainsi participé en septembre 2020 à une action au métro Galliéni pour demander à ce que la station de métro soit renommée «Josette et Maurice Audin» pour mettre en avant plutôt des gens qui représentent la lutte de libération des peuples que des bouchers de la colonisation (Galliéni est un massacreur de Madagascar, Josette et Maurice Audin ont participé à la lutte pour l'indépendance de leur pays, l'Algérie).

    La demande de la levée des restrictions à l'accès des documents concernant les épisodes les plus controversés de la France et datant de plus de cinquante ans est restée lettre morte. Pourquoi à votre avis toutes ces restrictions ?
    Il faudrait parler des archives algériennes: elles sont cadenassées, et cela n'incite pas à soutenir la «demande» algérienne que la France restitue à l'Algérie les archives d'avant 1962. De toute façon, ces archives sont en cours de numérisation, et finalement tout sera disponible pour tout le monde, peu importe où elles seront stockées. La vraie question est donc l'accessibilité aux archives.
    Selon la loi française, les archives sont consultables après un délai de 50 ans. Mais il y a une règle administrative, IGI1300, qui ne respecte pas la loi et impose de ne pas rendre consultable des documents qui avaient été tamponnés «secret défense» tant que ces documents n'ont pas été tamponnés de nouveau avec un tampon
    «déclassifié». Et cela concerne tout document plus récent que 1934. C'est contraire à la loi et d'une absurdité totale. Je peux donner un exemple.
    Le 15 janvier 1962, le général de corps d'armée Ailleret, commandant supérieur des Forces en Algérie, écrit au juge d'instruction Hardy du tribunal de grande instance de Rennes. Une copie du courrier est conservée au ministère de la Défense, tamponnée secret défense. En février 2012, le ministre de la Défense remet (entre autres documents) cette lettre à Josette Audin, le tampon «secret défense» étant surchargé d'un autre tampon «déclassifié». Mais cette lettre a fait l'objet de multiples copies (dans l'armée et au tribunal).
    L'exemplaire remis à Josette Audin est l'une de ces copies. On trouve dans les archives du tribunal de Rennes deux copies de cette lettre, toutes deux tamponnées «secret défense». Mais ces exemplaires n'ont pas reçu le tampon «déclassifié». Ces deux exemplaires ne sont pas consultables, par personne, tant que le ministère de la Défense ne les a pas tamponnés eux aussi du fameux tampon «déclassifié». Or tous ces exemplaires ont plus de 50 ans et la loi dit qu'ils sont consultables.
    Une requête a été déposée au Conseil d'Etat par des associations et des citoyens. Réaction de l'administration? Elle décide d'une nouvelle règle, qui durcit les conditions d'accès, permettant par exemple de décider aujourd'hui de classer «secret défense» un document ayant plus de 50 ans, le rendant ainsi consultable avant longtemps: si l'administration le tamponne aujourd'hui «secret défense» ce n'est pas pour apposer immédiatement un tampon «déclassifié» sur le premier tampon. Ce changement de rédaction de la règle a ainsi obligé au dépôt d'un nouveau recours en Conseil d'Etat.
    Il faut bien voir que cette règle sur le «secret défense» pose un vrai problème aux historiens, en particulier les jeunes chercheurs, ceux qui rédigent une thèse, dans un temps limité, et qui ne peuvent pas attendre des mois ou des années que l'administration veuille bien tamponner un document dont ils ont besoin. Ainsi, le président de la République a annoncé le 13 septembre 2018 qu'il y aurait une dérogation générale sur toutes les archives concernant les disparus de la guerre d'Algérie: Français et Algériens, civils et militaires. Cette décision politique, conforme à la loi, se heurte à la règle administrative. La règle est édictée par le Sgdsn (secrétariat général à la défense et la sécurité nationale): il y a donc en quelque sorte rivalité entre l'armée et le président, au mépris de la loi.
    Enfin, cette habitude du «secret-défense» est assez typique de la France. Un collectif a été créé, le «Collectif secret défense un enjeu démocratique». Il regroupe 16 affaires qui se heurtent au «secret défense», dont la moitié concerne la (néo)colonisation. Car l'accès aux archives est un des acquis de la Révolution française. C'est toujours un enjeu pour les citoyens.

    Pensez-vous que les volontés politiques de Paris et d'Alger sont mûres et prêtes à évoluer sur des terrains constructifs pour aboutir à une réconciliation des mémoires des deux rives de la Méditerranée ?
    Alger semble moins prêt que Paris. Abdelmadjid Chikhi a aussi un rapport à rendre à son président. Ensuite, le président algérien aura lui aussi à suivre ou ne pas suivre les préconisations de Abdelmadjid Chikhi. Il faudrait que les deux parties soient prêtes à travailler ensemble pour que ce travail puisse commencer. Il sera sans doute difficile de «réconcilier» les mémoires, mais se dire la vérité les uns aux autres devrait être une façon de préparer un avenir commun.

    Quelles sont, selon-vous, les voies permettant de réconcilier et dépassionner les mémoires ?
    Le prix Maurice Audin est un exemple de ce que l'on peut faire. Ce Prix est décerné à deux mathématiciens, l'un qui exerce en France, l'autre qui exerce en Algérie. Et le Prix consiste à permettre au lauréat d'aller présenter ses travaux à ses collègues de l'autre pays. C'est une façon de s'appuyer sur le passé pour construire l'avenir. Dans ce cas, il s'agit de la coopération scientifique entre mathématiciens.
    Les contacts s'établissent. Cela pourrait être fait dans tous les domaines: scientifique, musical, culturel, sportif, associatif, etc. Les coopérations peuvent se construire sans attendre que les pouvoirs français et algérien aient enfin décidé de le faire. Dans leur grande majorité, les peuples sont prêts à coopérer. Faisons-le. Dans tous les secteurs spécialisés envisageables. Et appuyons-nous sur la jeunesse des deux pays.

    SOURCE : https://www.lexpressiondz.com/nationale/la-jeunesse-peut-guerir-les-blessures-memorielles-341380?fbclid=IwAR1re7YjX0Fws_n0xrWMFBrx29cOhIkhnRP-M7kJqa1nprqpd1W4SFjzPPk

     

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    « L’Algérie, c’était une aventure

    dont on ne voulait surtout pas »

    « L’Algérie, c’était une aventure  dont on ne voulait surtout pas »

    Histoire. « Pendant la période du 8 mai 1945 jusqu’au 19 mars 1962 et au-delà, notre France n’a pas eu une action glorieuse loin s’en faut »

    J. D., un ancien combattant, Valanjou 

    « Il y a quelques jours, nous accompagnions à sa dernière demeure, Pierrot, le président de notre association, ami de tous. Cérémonie émouvante, rassembleuse qui vous prend aux tripes, huit drapeaux portés dignement par les amis CATM (Combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc) venus des environs pour honorer la mémoire de notre défunt.

    C’est là que me vient un certain ressentiment : ces drapeaux représentent la France, ses couleurs. Bleu, blanc, rouge ont eu ô combien leurs périodes de gloire ; mais en Algérie nous étions la France, et pendant la période du 8 mai 1945 jusqu’au 19 mars 1962 et au-delà, notre France n’a pas eu une action glorieuse loin s’en faut (massacres de Sétif, soumission, maltraitance de la population, arrestation arbitraire, abandon des harkis, des pieds noirs, chefs irresponsables…)

    « Nos pères aussi, dans un autre temps ont haï

     les envahisseurs »

    Tout pour se faire détester. Nous pouvions, un jour, faire une visite dans les villages avec médecin et infirmier et le lendemain organiser une rafle de toute la région. Nos pères aussi, dans un autre temps ont haï les envahisseurs.

    Les fellagas n’étaient pas tendres, sanguinaires, mais ils étaient chez eux. À cette époque nous avions un gouvernement laxiste, considérant mal son armée d’appelés : petite solde, favoritisme, et pire : la honte ; n’assumant même pas en totalité les frais de sépulture d’un soldat tombé là-bas. L’Algérie, c’était une aventure dont on ne voulait surtout pas. Qu’a-t-il vécu là-bas Pierrot pour avoir été si secoué. Je laisse à vous, lecteurs, le soin de poursuivre la réflexion. »

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/le-courrier-de-l-ouest/co-courrier-des-lecteurs/l-algerie-c-etait-une-aventure-dont-on-ne-voulait-surtout-pas-149f1d7e-785a-11eb-a603-d5c5a15b4bb2 

    Mon commentaire

    Cher J.D. je ne te connais pas, tu me parles de Valanjou, alors j’ai cherché sur le Net et j’ai trouvé ceci : Valanjou est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire. La commune est née en 1974 de la fusion des anciennes communes de Joué-Étiau et Gonnord. Le 15 décembre 2015, elle est devenue une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Chemillé-en-Anjou.

    Cher J.D. je ne connais pas plus Pierrot le président de ton association CATM que tu as accompagné à sa dernière demeure alors j’ai cherché, tu me diras si je me trompe, car j’ai trouvé ceci : 

    Avis d'Obsèques

    Monsieur Pierre Le Bihan

    Ancien combattant d'Algérie
    survenu à l'âge de 79 ans.

    Chemillé-en-Anjou, Valanjou, Chemillé (49) - Mazé-Milon, Mazé (49) - Les Bois d'Anjou, Fontaine-Guérin (49) - Bretignolles-sur-Mer (85) 

    Cher J.D. ton article est émouvant sauf que je n’apprécie pas que tu écrives sous l’anonymat qui reste pour moi le contraire du courage.

    Cher J.D. tout est vérité dans ton article sauf que tu oublies des pages : tu écris « Pendant la période du 8 mai 1945 jusqu’au 19 mars 1962 et au-delà, notre France n’a pas eu une action glorieuse loin s’en faut »

    Cher J.D. je te rappelle qu’avant et après le 19 mars 1962 il ne faut surtout pas occulter l’OAS cette organisation terroriste et criminelle responsable de 2700 victimes algériennes et françaises, en Algérie et en France.

    Cher J.D. avant le 8 mai 1945 tu oublies de nombreuses pages car le 5 juillet 1830, Alger capitulait devant les troupes françaises. La colonisation de l’Algérie pouvait alors commencer.

    Cher J.D. il ne faut pas oublier ceci : Femmes et enfants asphyxiés : le scandale des « enfumades » du Dahra pendant la conquête de l’Algérie.

    Dans les années 1840, pour mater la révolte algérienne, l’armée française allume des feux à l’entrée des grottes où sont réfugiées les tribus rebelles. Dans le massif du Dahra, plus de 700 personnes meurent asphyxiées.

    « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, enfumez-les à outrance comme des renards. » En cette année 1845, l’Algérie est aux mains des officiers français. Cela fait quinze ans que les troupes du roi Charles X ont débarqué dans la baie d’Alger. Du jour où elles ont posé le pied à Sidi-Ferruch (aujourd’hui, Sidi-Fredj), la résistance des Algériens s'est organisée, emmenée, notamment, par l’émir Abd el-Kader. La France envoie l’immonde général Thomas-Robert Bugeaud pour mater la révolte.

    Aujourd’hui certains voudraient voir disparaître les rues et statues de l’horrible Bugeaud.

    Tu vois cher J.D. moi je ne reste pas anonyme je signe mes commentaires.

    Michel Dandelot

    Ancien combattant de la sale guerre d’Algérie contre ma volonté, j’ai refusé la croix du combattant car en Algérie on ne défendait pas la France mais le colonialisme.

     

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    BON ANNIVERSAIRE CHER JACQUES CROS !!!


    Aujourd’hui 26 février 2021 c’est

    l’anniversaire de mon CAMARADE

    Jacques Cros, alors je lui dédie

    cet article en lui souhaitant

    un bon anniversaire

     

    BON ANNIVERSAIRE CHER JACQUES CROS !!!

    Jacques Cros tu habites béziers la ville la plus pauvre de france gérée par le maire le plus islamophobe l'extrémiste ménard. Celui-ci, En 2015 a remplacé le nom de la rue du 19-mars-1962 par le nom d'un officier putschiste. Alors tu as participé à plusieurs manifestations dont celle-ci :
    Elle s'appelait rue du 19 mars 1962, date des accords d'Evian marquant le cessez-le-feu de la guerre d'Algérie. Robert Ménard maire de Béziers a décidé de la transformer en rue du commandant Hélie-de-Saint-Marc du nom d'un officier putschiste. 

     

    BON ANNIVERSAIRE CHER JACQUES CROS !!!

    Cliques sur ce lien Jacques et la vidéo qui est dans un article va te rappeler des souvenirs puisque tu en es un des acteurs : 

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/beziers/une-manifestation-pour-conserver-la-rue-du-19-mars-1962-beziers-670903.html


     


    Cher Jacques tu viens de me faire parvenir un article que tu as intitulé "Souvenirs de Montagnac" j'ajouterai "Et de ta jeunesse"

    Souvenirs de Montagnac

    BON ANNIVERSAIRE CHER JACQUES CROS !!!

    René Domergue est le premier assis à gauche et moi je suis le dernier assis à droite 

    L’autre jour en effectuant un tri dans des archives accumulées dans mon garage, ma fille aînée a mis la main sur deux documents qui datent de l’époque où j’ai enseigné au collège de Montagnac. J’y suis resté quatre ans, de 1969 à 1973.

    Le premier document est une photo du groupe des professeurs du collège,  le second est un livre écrit par des élèves de 4ème sous la direction de leur professeur de français René Domergue.

    Montagnac était alors un gros village viticole. Sa cave coopérative était la plus grande de France. Il existait encore des ouvriers agricoles et l’électorat était marqué à gauche, avec une influence importante du parti communiste. Il avait d’ailleurs gagné la municipalité lors des élections de 1971. C’était un autre temps !

    René Domergue a été nommé un an après moi. Je le connaissais de réputation comme militant de l’indépendance de l’Algérie où il avait été instituteur avant 1958 et où il était revenu après 1962. Il avait eu des ennuis avec la justice à cause de son engagement et j’avais participé à sa libération. Je me rappelle que le jour de la rentrée, me rendant au collège, je l’avais rencontré qui cherchait l’établissement. Comme son arrivée avait été annoncée, je l’avais tout de suite identifié.

    Ayant récupéré l’ouvrage, rédigé en 1970 / 1971, par ses élèves et sous sa responsabilité, je l’ai lu. Il a pour titre « Le barrage ». René Domergue a tapé les 120 pages au format A5 qui le constituent et ce à une époque où n’existaient ni ordinateur ni traitement de texte !

    Evidemment il y a des imperfections, des invraisemblances aussi, mais c’est un travail original qui a été réalisé. L’intrigue ? Quatre jeunes en vacances dans un village qui ressemble assez à Montagnac enquêtent sur une tentative de sabotage d’un barrage récemment inauguré.

    La qualité des chapitres, confiés à différentes équipes, est un peu inégale. Il m’a semblé par moments reconnaître la griffe de Domergue. Il y a des suspects, qui sont finalement innocentés. L’acte commis est dû à un certain « Lo Garel », ainsi nommé parce qu’il a perdu une jambe lors de la dernière guerre.

    René Domergue est décédé en février 2006 à l’âge de 86 ans. Pour ses obsèques avait été lue une lettre d’Henri Alleg avec lequel il s’était trouvé incarcéré à Barberousse, la sinistre prison d’Alger. 

    Jacques Cros 

     

     

    Cher Jacques,

     

    Comme moi tu étais un partisan déterminé de la décolonisation, tu m'as dit que tu es parti le jour anniversaire de tes 20 ans et que tu n'as pas demandé d'être sursitaire.

    Aujourd'hui, tu as 81 ans et c’est le jour de ton anniversaire, alors je te souhaite un bon anniversaire et surtout une bonne santé qui est, à notre âge, la priorité des priorités. Comme l’immense masse de ceux envoyés en Algérie, souvent contre leur volonté c’est-à-dire les appelés et rappelés, vivent avec leurs souvenirs. Avec ce regard porté sur cette génération d’hommes longtemps silencieux, on peut mieux comprendre la désillusion causée par une guerre sans issue.

    Ils avaient à peine vingt ans, et ils ont été «appelés et même rappelés» en Algérie entre 1954 et 1962. Arrachés à leur foyer, ils ont découvert cette guerre lointaine qui ne disait pas son nom. Pendant 18, 21 (c'est mon cas) 26 (c'est ton cas) ou 30 mois, ils ont été pris dans l’engrenage de la violence.

    Certains croient les connaître, mais ignorent qu'ils faisaient partie des centaines de milliers de jeunes envoyés " maintenir l'ordre… QUELLE HYPOCRISIE !!! " en Algérie. Ils n'ont rien dit parce qu'on ne leur a rien demandé, parce qu'on ne s'est pas intéressé à leurs tourments… Parce qu’aussi beaucoup sont revenus avec la honte d’avoir vu ou fait l’insoutenable… Ce n’était pas ton cas tu me l’as dit…

    Et les jeunes soldats d'alors, qui ont vécu avec leurs angoisses, sont devenus des adultes du troisième âge, qui vivent toujours avec leurs cauchemars. On les a ignorés et, en 1962, la France est passée à autre chose, elle a vite tourné la page, pour ne pas se regarder en face...

    Les appelés du contingent ont dû attendre la loi du 16 octobre 1999 pour que l’expression « guerre d’Algérie » soit officiellement reconnue… 37 ans… C’est trop long… Ils ont dû attendre la loi du 6 décembre 2012 pour que le 19 mars 1962 devienne… enfin… une date officielle de commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie… 50 années… C’est beaucoup... beaucoup trop long…


    A l’occasion de ton anniversaire

    aujourd’hui, cher Jacques, je te dédie

    cette chanson écrite par un ancien

    d'Algérie :

      

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    Guerre d'Algérie : les cicatrices profondes

    des descendants de combattants algériens, de harkis

    et de pieds-noirs

    Guerre d'Algérie : les cicatrices profondes des descendants de combattants algériens de harkis et de pieds-noirs *** Remerciements à France 2

    Les équipes de France 2 ont rencontré un pied-noir, un petit-fils de combattants algériens et un fils et petit-fils de harkis, alors qu'un rapport portant sur la colonisation et la guerre d'Algérie a été remis à Emmanuel Macron fin janvier.

    Même 60 ans après, la guerre d'Algérie a laissé des cicatrices profondes dans les mémoires. Même loin des yeux, dans son cœur de pied-noir, l'Algérie est restée son pays. Jacki Malléa a quitté précipitamment cette terre natale à l'âge de 22 ans, quatre jours après la déclaration d'indépendance. "Il y avait des bruits qui couraient partout, que les Algériens allaient se venger (...). Quand j'étais dans l'avion, je me suis même posé la question, si je faisais bien de partir. Je laissais mon pays", raconte Jacki Malléa. Comme lui, 900 000 Français d'Algérie ont alors été rapatriés en France à partir de l'été 1962.

    "C'est normal qu'on se révolte"

    Dans la famille de Hichem Meguellatni, aussi, une partie du passé s'est envolée. Petit-fils d'ancien combattant algérien, il n'a aucune photo de son grand-père paternel. Tout a disparu avec lui, le jour de son exécution par l'armée française. La guerre, qui éclate en novembre 1954, oppose l'armée française aux partisans de l'indépendance algérienne. Les nationalistes veulent mettre un terme à plus d'un siècle de colonisation. "Tu n'as pas le droit de vivre comme tu veux chez toi. On te prend ce qui t'appartient. Les terrains, ce n'est pas à vous. C'est normal qu'on se révolte", confie Hichem Meguellatni.

    Après le cessez-le-feu, des milliers d'Algériens engagés dans les forces françaises pendant la guerre, considérés comme des traîtres par les indépendantistes, sont exécutés. Quelque 80 000 d'entre eux sont rapatriés en urgence dans des camps militaires du sud de la France. Le camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) a accueilli jusqu'à 20 000 harkis. Les parents et grands-parents de Farid Sid y ont vécu. "Ils avaient été frappés par ce froid pénétrant et des conditions un peu difficiles (...). Ils se sont sentis trahis par un État pour lequel ils s'étaient engagés", explique Farid Sid.

    SOURCE : https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/algerie/guerre-d-algerie-les-cicatrices-profondes-des-descendants-de-combattants-algeriens-de-harkis-et-de-pieds-noirs_4310779.html 

     

    Je tiens à remercier France 2 d’avoir choisi comme représentant des pieds-noirs mon ami Jacky Malléa adhérent de l’ANPNPA (Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis). Voici l’un des articles que je lui avais consacré en 2014-2015.

    Michel Dandelot 

     

    Des pieds noirs militent pour

     

    l'apaisement des consciences

     

    "J’affirme que les PN n’étaient

     

    pas tous OAS, loin de là"

     

     

    Jacky Malléa

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    Jacky Malléa, délégué régional de l'APNPA. PHOTO/Photo Harry Jordan

     

    "La guerre d'Algérie a commencé le 8 mai 1945", insiste Jacky Malléa, délégué régional de l'APNPA (Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis). Né à Guelma en 1940, il se souvient même des mouvements de foule ce jour de l'Armistice où les Algériens qui manifestaient ont été massacrés, comme à Sétif d'ailleurs.

    "La France avait laissé entendre aux Arabes qui s'étaient engagés à leurs côtés pendant la Seconde Guerre mondiale qu'ils auraient droit à leur indépendance", rappelle inlassablement ce militant engagé. Parce qu'il estime qu'il "est important pour lui de dire ce qu'il a vu et entendu", il s'est donc engagé aux côtés des pieds-noirs progressistes. L'association, qui compte presque 200 militants au niveau national tient des assemblées générales. L'occasion pour elle de dresser le bilan des actions menées jusqu'à présent. L'APNPA a été invitée dans des colloques partout en France, écrit de nombreuses lettres ouvertes notamment contre le projet d'implantation d'une stèle en hommage au général Bigeard à Fréjus... «Nous protestons généralement contre le laisser-aller des autorités face aux agissements des 'nostalgériques'. Nous militons également pour le rapprochement de la France et de l'Algérie". Après avoir surtout joué un rôle d'opposition, - l'APNPA a manifesté dernièrement contre la pose d'une plaque hommage à un ancien de l'OAS dans un cimetière du Jura -, l'association a décidé d'être davantage force de propositions. "Nous voulons organiser des débats autour du 8 mai 1945. Il est vraiment important de parler de ces années avant 1954 pour bien comprendre la guerre d'Algérie". A ce titre, Jacky Malléa est d'ailleurs déjà intervenu dans des collèges et lycées. Il a également souvent été interpellé par la communauté pied-noir. "J'ai reçu une lettre anonyme, des appels téléphoniques où on m'insultait sans me laisser le temps d'expliquer mon histoire et ma démarche", regrette-t-il tout en prônant "l'apaisement des consciences. 50 ans après, il est temps que la vérité ressorte". Une parole libre qui ne demande qu'à s'exprimer.

     

    Jacky Malléa, de Guelma aux Pyrénées Orientales

    De Malte aux Pyrénées Orientales

    C’est dans les années 1840 que des Maltais quittent LA VALETTE pour rejoindre l’Afrique du Nord. C’étaient mes ancêtres. Quand ils arrivent en Algérie, ils ne parlent pas les langues, Français, Arabe. Ils vivent en communauté et se marient entre eux.

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    Issu d’une de ces familles, je nais en juillet 1940 à GUELMA (Est Algérien). Je grandis dans une famille de bouchers. Je vais à l’école où on m’enseigne que mes ancêtres étaient gaulois. A l’époque je ne savais pas que ma famille était maltaise. Donc va pour les gaulois. Je me retrouve dans la cour de l’école avec des Juifs, des Arabes, des Mozabites. Je joue au basket, avec des Juifs, des Arabes. J’ai 14 ans quand "les événements commencent". Les Aurès c’est loin, on continue à jouer au basket, et on commence à regarder les filles.

    22.jpeg

    En août 1955, "les événements" se rapprochent. Lors d’une fusillade, je dois la vie à un carrelage mal scellé sur la place de ma ville qui me fait trébucher au moment où une rafale de mitraillette est tirée dans ma direction. Là je commence à comprendre qu’ici aussi, il y a des "événements". Tant bien que mal la vie continue. Notre jeunesse commence à sentir les méfaits de cette guerre que l’on ne nomme pas encore "guerre". Le couvre-feu nous oblige à rentrer dès 20h, parfois 18h. Il n’y a plus de bals populaires, il est dangereux d’aller au cinéma. Dés le début des "événements", la famille se regroupe.

    entete_guelma.jpg

    Deux frères de ma mère, et leurs familles viennent habiter en ville dans le logement à côté du nôtre. Nous ouvrons une cloison, pour ne faire qu’un appartement. Nous prenons tous les repas ensemble. C’est là que je commence à entendre parler du 8 mai 1945. J’apprends que le sous préfet Achiari avait constitué des milices d’européens pour répondre aux attaques des Arabes. Pendant longtemps j’ai cru que le 8 mai 1945, les Arabes étaient descendus dans les rues avec des armes et avaient attaqué les Européens. Mais je continuais à vivre avec eux. J’en rencontrais qui travaillaient avec mon père, à l’école, et dans la rue.

    A 17 ans, ayant quitté l’école, je me retrouve employé de banque. Le dimanche j’allais donner un coup de main à mon père à la boucherie. Un dimanche, un de mes anciens copains, arabe, avec qui je jouais au basket est venu me voir. Il y avait six mois que je ne le voyais plus. Il me raconta qu’il travaillait au Sahara dans le pétrole. Je sortais en ville avec lui, jusqu’au jour où il m’annonça qu’il repartait. Quelques temps plus tard, un autre copain, européen vient me chercher. Il avait quelque chose à me montrer. Arrivés sur la place, un attroupement me fit comprendre qu’il y avait quelque chose à voir. Mon copain m’incita à aller devant, sans rien me dire. Je me frayais un passage. La scène me figea sur place. A terre gisait un cadavre, celui de mon copain, qui, soi-disant, travaillait au Sahara. Habillé en militaire, il portait un écriteau "Chef FLN abattu cette nuit". Là, je prends conscience de l’absurdité de cette guerre. Comment pouvais-je considérer que ce combattant était un ennemi ? Quelques mois plus tard, c’est un copain européen qui est tué au combat, dans l’armée française. Il y avait de quoi se perdre.

    19 ans, je commence à penser que l’âge de partir à l’armée va arriver. Cela me pose problème. Je ne veux pas combattre, car je pense que cette guerre n’est pas la mienne. J’en parle un jour avec un copain juif. Quelques jours après, il me dit avoir eu connaissance de la création d’un nouveau corps d’armée "Les moniteurs de la jeunesse Algérienne". Mais pour y entrer, il faut s’engager au moins 2 ans. Je suis donc obligé de démissionner de mon poste d’employé de banque afin de pouvoir m’engager. Après un séjour de 6 mois à ISSOIRE, je retourne en Algérie, dans les Aurès, où je vais, jusqu’en mars 1962, m’occuper de jeunes Algériens. En juillet de la même année, après les recommandations d’un autre copain algérien, je me décide, à contre cœur, à quitter ce pays.

    Depuis 1977, j’y retourne régulièrement, toujours à Guelma où des liens se tissent nous rappelant que cette guerre n’était pas la nôtre. Un film sorti en 2008, de Medhi Lallaoui, Les Parfums de ma Terre retrace ce parcours. Je voulais absolument laisser une trace de cette période douloureuse afin, surtout de rétablir, des vérités.

    guelma_on_line.jpg

    Je ne suis pas un "rapatrié", car ma patrie, c’était l’Algérie. Et plus encore depuis que mes nombreuses lectures m’éclairent sur ce passé. Les atrocités du 8 mai 1945, où à Guelma, la répression a duré jusqu’au 26 juin 45. A Guelma où on a brulé des Arabes dans un four à chaux. Les morts innocents s’entassaient le long des routes. Le livre de Marcel REGGUI est éloquent. En 1989, j’ai essayé de regrouper des Guelmois au sein d’une association. Très vite en annonçant mes objectifs, à savoir, recréer des liens avec les Guelmis (Algériens), j’ai dû démissionner. Cette association existe toujours. Elle a longtemps été dirigée par un responsable du FN. Je n’ai plus fréquenté aucune association PN [Pieds Noirs], jusqu’au jour, après l’inauguration du mur des disparus à Perpignan, l’idée d’en créer une, mais avec nos idées, voit le jour, l’ANPNPA. A l’aide du film, au cours de débats très intéressants, j’affirme que les PN n’étaient pas tous OAS, loin de là.

    Je dis également que si le problème algérien avait été pris en compte bien avant 1945, si les Européens avaient voulu partager, enfin si la France avait voulu régler le problème autrement, la vie en Algérie aurait été possible. Au cours d’un de mes voyages à Guelma, un ancien copain d’école me posa cette question : Jacky, te rappelles-tu du nom de l’équipe de foot de Guelma ? Mais oui, c’était l’ESFMG. Alors, me dit-il qui voulait dire quoi ? Heu... Entente Sportive… Je venais de prendre conscience de tous ces petits faits qui en disaient long !! Entente Sportive Franco Musulmane Guelmoise. C’était dans les années 1950. Les musulmans n’étaient pas Français ? Pourquoi pas "Catholique Musulmane" ?

    Pour moi aujourd’hui, la seule consolation que j’ai, c’est celle de n’avoir pas de sang sur les mains.

    Jacky Malléa

    LES COMMENTAIRES
     

    BELAADA Hocine16/07/2015 17:17 

    Je suis très ému, très touché et même bouleversé, je n'ai pas vécu votre époque et je partage cette émotion nostalgique avec un grand honneur : " Rentrez chez vous bienvenue à GUELMA c'est votre ville" Je souahierai que vous me donniezer des nouvelles de la famille du docteur JUAN, assassiné dans la rue MOGADOR par un jeune militant Mohamed DEBBABI, je pense qu'il a eu des remords de son acte, d'après ce que ma mère m'a raconté, c'était le toubib des pauvres PIEDS NOIR DE GUELMA. JE VOUS AIME.

    Jacques CROS le 17/07/2015 à 12 h 11

    Je suis né la même année que Jacky Malléa. J'avais passé mon certificat d'études primaires et mon BEPC quelques mois avant que la guerre d'Algérie n'éclate. Je ne savais pas que six ans plus tard je serai concerné par son déroulement ! Je n'ai pas eu à souffrit du FLN ni de l'ALN mais de l'armée française alors là oui ! J'ai été écarté de toute responsabilité. Quelle absurdité que cette guerre! Enfin en 1954 / 1955 je préparais le concours d'entrée à l'Ecole Normale d'Instituteurs. Mais comme la guerre a duré plus de sept ans j'ai été enrôlé pour la faire. Oh, je n'ai pas fait de zèle ! Le moins que j'ai pu. Mais quel gâchis ces longs mois perdus quand on a vingt ans !

     

     

     

     

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    La jeunesse est-elle prête à faire face

    à la crise ? Leurs aînés ont toujours su

    surmonter les précédentes…

    La jeunesse est-elle prête à faire face  à la crise ? Leurs aînés ont toujours su  surmonter les précédentes…

    « La jeunesse n’est pas prête à affronter la crise actuelle, trop cocoonée par leurs parents et sans doute trop éloignée de la réalité sociétale de notre monde. Pourtant, il faut l’aider, la soutenir et lui faire confiance pour construire un avenir meilleur ; en se souvenant de ce qui s’est passé avant nous… ». Crédit Photos : Dana TENTIS/PIXABAY.

     

    Les chiffres sont implacables : 73 % des jeunes disent être affectés sur le plan psychologique. 23 % pensent même au suicide. C’est dur et dramatique. L’empathie veut que nous les écoutions, les entendions, que nous trouvions tous des solutions pour aider cette génération en détresse. En premier, les parents. Mais aussi les amis, les professeurs, les services sociaux, l’Etat. Il est aussi de notre devoir de les aider à relativiser leurs problématiques. La déprime de la jeunesse  n’est pas un phénomène nouveau…  

    TRIBUNE : Tout d’abord, avec ou sans la COVID-19, les incertitudes face à l’avenir sont prégnantes. Quel métier choisir face à la mondialisation des études et des compétences ? Quand on pense que plus de la moitié des métiers qui seront pratiqués dans la prochaine décennie, ne sont encore identifiés. Dans ces conditions, comment anticiper au mieux ?

    Le contexte est anxiogène à plus d’un titre. Sur le plan émotionnel et aussi sur le terrain des finances. La soupe populaire pour les jeunes est très mal vécue. Les petits boulots et les jobs complémentaires pour financer les études sont impossibles aujourd’hui. Les familles peuvent de moins en moins aider financièrement…

    La raréfaction des interactions sociales n’arrange pas ce système pourvu d’angoisse ! Les étudiants quittent les parents pour aller à la faculté et se retrouvent parfois seuls, dans une ville qu’ils ne connaissent pas. Nos jeunes ne sont pas prêts à vivre la solitude et ne sont pas préparés à l’autonomie, ni par les parents ni par leurs anciens professeurs.

    La jeunesse est-elle prête à faire face  à la crise ? Leurs aînés ont toujours su  surmonter les précédentes…

    Les évolutions de la pensée déstabilisent la jeunesse… 

    Observons attentivement les files d’attentes de ces jeunes gens aux portes des secours alimentaires : vêtements à la mode, chaussures de sport de marques coûteuses, le dernier IPhone 12…Ce n’est pas la majorité, certes, mais globalement, nous n’avons pas appris à nos bambins à se passer du superflu quand les anciens savaient se priver de l’essentiel !

    Nous n’avons pas préparé notre jeunesse à souffrir, à devoir se « battre » contre eux-mêmes pour vivre et pour survivre. On ne les a pas formés à la patience : aujourd’hui, la règle c’est l’immédiateté ! Notre jeunesse est déstabilisée par les évolutions de la pensée. Elle est de moins en moins cultivée, donc plus manipulable ! La philosophie rétrograde au rang du facultatif ou d’une discipline accessoire. Les langages sont peu décryptables, il faudrait presque des formations complémentaires : la langue des cités, la langue phonétique utilisée sur les téléphones mobiles, la langue qui donne la primauté aux femmes,…

    Face à un environnement peu rassurant, les courants religieux extrémistes, la violence des cités, la drogue qui permet aux plus jeunes de dealer plutôt que de travailler ou de faire des études, s’insèrent progressivement dans notre société. On a l’impression que l’on peut être un artiste et gagner beaucoup d’argent sans efforts. BRASSENS disait : « Sans le travail, le talent n’est qu’une sale manie ». A méditer…

    Une vie synonyme de précarité et de malheur entre 1914 et 1918 

    Nos anciens, durant leur jeunesse, ont pu dire qu’ils ont lutté contre les envahisseurs en 1914, qu’ils ont chassé le nazisme au prix de leur vie…Notre jeunesse souhaite combattre pour l’écologie mais cela génère une grande frustration, faute de moyens !

    Oui, jeunes de France et de Navarre, votre situation n’est pas enviable et devient de plus en plus dramatique mais n’est pas sans solutions.

    Je souhaite préciser, que dans l’histoire, la jeunesse a connu des situations dramatiques où la vie même devenait précaire et aléatoire. Une vie où le travail n’était plus au bout du chemin et où les aides alimentaires, les aides de l’Etat n’existaient pas. Que dire en effet des conscrits de 1914 ?

    14-18 : c’est tout de même plus de vingt millions de morts, dont la moitié de civils ! 800 millions de personnes entrent en guerre, le quart de la population mondiale. On enregistre sur toute la durée de la guerre, 900 soldats français morts chaque jour. Au total, cette guerre compte plus de 21 millions de blessés et de mutilés, les fameuses « gueules cassées » !

    « La Grande Guerre » encore appelée la « première guerre moderne », est bien connue pour les graves séquelles physiques qu’elle engendrera. A contrario, elle est moins connue pour les conséquences psychologiques qu’elle eut sur les soldats. Ce conflit fut pour les « aliénistes » un moment unique pour étudier les névroses. C’est durant celui-ci que se mit en place la première médecine d’urgences psychiatriques. La « peur morbide », les troubles psychiques affectent des centaines de milliers de soldats. Des régions entières sont concernées par des migrations massives, générant misère et famine.

    La jeunesse est-elle prête à faire face  à la crise ? Leurs aînés ont toujours su  surmonter les précédentes…

    Que dire de la fameuse la grippe « espagnole » de 1918 ? 

    Dans la foulée de la Première guerre mondiale, la grippe dite « espagnole », une pandémie associée à un virus de type « grippe A » ou H1N1, va provoquer la mort de 2,5 % à 5 % de la population du globe. Des chiffres hallucinants, entre 50 et 100 millions de morts ! Les autorités sanitaires ne sont pas encore sensibilisées aux gestes sanitaires. Cependant, on peut noter que dès l’automne 1918, l’Etat demande aux préfets de faire fermer les écoles et les théâtres. L’origine de la grippe espagnole est contestée : la théorie qui veut que le virus « père » soit né en Chine, à Canton semble erronée, on ne prête qu’aux riches…

    On imagine sans peine, l’angoisse et le stress permanent qui va frapper, au niveau planétaire, toutes les générations.

    Un certain « jeudi noir » : le 24 octobre 1929 ! 

    Le krach  boursier de 1929, à New York, accable toute la planète et particulièrement l’Europe ! L’Allemagne vit difficilement les modalités du traité de Versailles, la pauvreté est forte. L’écrivain Pierre-Mac ORLAN décrit, en 1932, la pauvreté extrême des Berlinois. La population meurt de faim. En France, la pauvreté s’installe. On ne consomme plus, on est en surproduction et c’est la réaction en chaîne : chômage, pauvreté, misère,…soupe populaire. Les extrémistes, les fascistes et autres dictateurs trouvent un terrain propice à l’agitation populaire. Le second conflit mondial se profile. Est-il besoin de préciser les angoisses et la misère psychologique qui se  répandent sur  Terre. A cette époque, pas de cellules psychologiques, pas même de psychologues…Quand on est en survie, on ne se regarde pas trop le nombril. On doit s’adapter : la vie même en dépend !

    Les conflits modernes s’abattent sur l’Europe

     et dans le monde… 

    La brutalité des chiffres est terrible pour l’Europe où l’on compte vingt millions de militaires morts et cinquante millions de civils tués. Près de trois fois plus de civils que de militaires disparaissent. C’est la guerre la plus meurtrière avec 92 millions de soldats engagés, donc des jeunes ! C’est aussi la plus choquante : 66 % de la population juive fut exterminé.

    Bilan psychologique : toutes les familles des victimes sont toujours sous le choc de cette guerre très meurtrière. De plus, les personnes qui ont survécu aux camps de concentration ont énormément de difficultés à vivre comme avant. Les souvenirs qui les hantent jours et nuits sont traumatisants. Ici encore, la capacité d’adaptation  reste forte. Une question demeure : devons-nous dire seconde ou deuxième guerre mondiale ? La réponse peut être inquiétante.

    Les guerres coloniales françaises dont celle avec l’Indochine engendrent 60 000 militaires français morts et des centaines de milliers de morts militaires et civils côté vietnamien. L’après-guerre aura pour conséquences des troubles physiques et psychologiques pour les deux camps.

    La guerre d’Algérie, de 1954 à 1962 avec ses 25 000 militaires français tués va clore la fin des guerres coloniales françaises. A part l’approximation de l’épuration des Harkis, entre 30 000 et 150 000 morts, il n’existe aucune donnée fiable concernant le nombre de morts du côté algérien.

    Durant les accords d’Evian, le FLN estime officiellement à 300 000 le nombre de morts côté algérien. Pour les plus jeunes, les harkis sont des musulmans enrôlés dans l’armée française. Après la guerre, ils sont abandonnés à leur sort par la France. Torturés et massacrés par le FLN. Les témoignages sont pléthoriques et déchirants de tous les côtés de la Méditerranée…

    Les soldats français vivaient dans l’angoisse des attentats et des embuscades. En France, les attentats de l’OAS traumatisent la population. Un soldat combattant des deux guerres déclare : « J’ai laissé mon cœur au Vietnam et mon âme en Algérie ».

    Ne pas minimiser ce que vivent les jeunes aujourd'hui ? 

    L’histoire nous montre que depuis le début de l’humanité (on vous a épargné  la guerre de Cent ans, les guerres napoléoniennes, la peste noire…), l’homme a affronté des situations dramatiques qui dépassent l’entendement. Nos aïeux témoignent : nous nous en sommes toujours sortis.

    Mais, ne minimisons pas ce que vivent nos jeunes aujourd’hui. Aucune douleur n’est comparable à une autre. Les parents ont contribué à fragiliser les enfants en les surprotégeant, c’est factuel.

    Que notre jeunesse soit capable de s’adapter et de dépasser leur difficulté psychologique et leur mal être, c’est certain. Aidons là, aimons là et faisons lui confiance.

    « Ce dont la jeunesse a besoin, c'est qu'on lui dise qu'il y a un bateau en construction dans sa propre cale sèche mentale, et que ce bateau est destiné à prendre la mer » Aldo LEOPOLD.

    Jean-Paul ALLOU  

    SOURCE : https://presse-evasion.fr/index.php/component/k2/11-education-emploi/19821-la-jeunesse-est-elle-prete-a-faire-face-a-la-crise-leurs-aines-ont-toujours-su-surmonter-les-precedentes 


     

    Qui est l’auteur de cet article ?

    La jeunesse est-elle prête à faire face  à la crise ? Leurs aînés ont toujours su  surmonter les précédentes…

     

    Jean-Paul Allou se croyait à l'abri, du chômage, de la misère. Lui le petit-fils de paysan était devenu banquier, un riche notable respecté et apprécié. Mais à l'aube de la soixantaine, la vie lui a rappelé que rien n'est acquis.

     

    Cliquez sur les liens ci-dessous pour comprendre qui est Jean-Paul Allou :


    L'ex-banquier devenu SDF : Jean-Paul Allou témoigne dans ...
     

    actu.fr › normandie › mortagne-au-perche_61293 › lex-b...

    Livres : Cancer, de l'espoir à l'espérance, Tous les banquiers ne finissent pas en prison: moi c'était dans la rue 

     

     

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    Histoire et mémoire

    Manifeste pour la reconnaissance

    et la réparation des crimes et dommages

    coloniaux français en Algérie

    Histoire et mémoire  Manifeste pour la reconnaissance et la réparation des crimes et dommages coloniaux français en Algérie

    1. La reconnaissance de la responsabilité unilatérale de la France coloniale en Algérie. 

    La France est aujourd’hui à la croisée des chemins avec la question de savoir si elle sera capable de passer un pallier dans la gestion apaisée de ses démons mémoriels en particulier celui avec l’Algérie qui fut une des guerres les plus tragiques du 20e siècle. La problématique centrale n’est pas la repentance, les excuses ou le ni ni  avec une reconnaissance générique mais la question de la reconnaissance de la responsabilité française en Algérie, notion juridique, politique et philosophique.

    Cette question de la responsabilité unilatérale de la France coloniale  est centrale au même titre que la déclaration du Président Chirac en 1995 sur la responsabilité de l’Etat Français concernant la déportation des juifs durant la seconde guerre mondiale. Cette reconnaissance qui ouvra la voie à l’indemnisation de ces victimes.

    La barbarie coloniale française en Algérie ne peut être édulcorée par quelques rapports fantasmés d’auteurs qui flirtent avec les pouvoirs politiques de droite comme de gauche depuis 40 ans. La question des massacres, crimes et autres dommages impose inéluctablement une dette incompressible de la France vis-à-vis de l’Algérie.

    La stratégie développée  depuis toujours est de faire table rase du passé, une offense à la dignité des algériens. Cette responsabilité est impérative car elle peut sauver l’âme de la France qui est fracturée par ses démons du passé.

    La reconnaissance de la responsabilité c’est admettre que la France s’est mal comportée en Algérie et qu’elle a créé de nombreux dommages avec des centaines de milliers de victimes et des dégâts écologiques incommensurables avec ses nombreuses expériences nucléaires et chimiques.

    Que s’est-il réellement passé en Algérie durant près de cent-trente-deux années d’occupation ? La colonisation et la guerre d’Algérie sont considérées et classées comme les événements les plus terribles et les plus effroyables du XIXe et XXe siècle. La révolution algérienne est aussi caractérisée comme l’une des plus emblématiques, celle d’un peuple contre un autre pour recouvrer son indépendance avec des millions de victimes.

    L’ignominie française en Algérie se traduit par les massacres qui se sont étalés sur près de cent-trente années, avec une évolution passant des enfumades au moment de la conquête, aux massacres successifs de villages entiers comme Beni Oudjehane, pour aller vers les crimes contre l’Humanité du 8 mai 45 sans oublier les attentats tels celui de la rue de Thèbes à Alger. La violence était inouïe à l’encontre des indigènes algériens. Entre 600 et 800 villages ont été détruits au napalm. L’utilisation par la France des gaz sarin et vx était courante en Algérie.  La torture à grande échelle et les exécutions sommaires étaient très proches des pratiques nazies.

    La France sait qu’elle a perdu son âme en Algérie en impliquant son armée dans les plus sales besognes. Ces militaires devaient terroriser pour que ces indigènes ne puissent à jamais relever la tête. Plus ils massacraient, plus ils avaient de chance de gravir les échelons.

    La colonisation, c’est aussi la dépossession des Algériens de leurs terres où ces indigènes sont devenus étrangers sur leurs propres terres.

    Le poison racisme est le socle fondateur de tout colonialisme. Sous couvert d’une mission civilisatrice, le colonisateur s’octroie par la force et en bonne conscience le droit de massacrer, torturer et spolier les territoires des colonisés. La colonisation française de l’Algérie a reposé sur l’exploitation de tout un peuple, les Algériens, considérés comme des êtres inférieurs de par leur religion, l’islam.

    Il suffit de relire les illustres personnages français, Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum et tous les autres que l’on nous vante souvent dans les manuels scolaires.

    La résistance algérienne sera continue, de 1830 jusqu’à l’Indépendance en 1962, même si de longues périodes d’étouffement, de plusieurs années, seront observées. Sans excès, on peut affirmer que la colonisation a abouti à un développement du racisme sans précédent et nourri la rancœur des colonisés.

    Etrangement, plus on martyrisait la population algérienne, plus sa ténacité à devenir libre était grande. Sur le papier, l’Algérie était condamnée à capituler devant la cinquième puissance mondiale. Le bilan tragique n’a pas empêché les Algériens de gagner cette guerre d’indépendance avec une étrange dialectique. Les enfants des ex colonisés deviendront français par le droit du sol et continueront d’hanter la mémoire collective française.

    On tente aujourd’hui de manipuler l’Histoire avec un déni d’une rare violence en continuant de présenter cette colonisation comme une œuvre positive, un monde de contact où les populations se mélangeaient et les victimes étaient symétriques. Une supercherie grossière pour ne pas assumer ses responsabilités historiques.

    Colons et colonisés n’étaient pas sur un pied d’égalité, il y avait une puissance coloniale et des européens et de l’autre coté des indigènes avec des victimes principalement du côté des colonisés algériens. Cette population indigène a été décimé de 1830 à 1962 faisant des centaines de milliers de victimes, morts, torturées, violées, déplacées, spoliées et clochardisées, devenant des sujets sur leurs propres terres. Cette réalité est indiscutable et vouloir la noyer par quelques rapports dans un traitement symétrique c’est prolonger une nouvelle forme de déni et de domination sous couvert de paternalisme inacceptable.

    Le monde fantasmé du Professeur Stora est une insulte à la réalité historique, d’autant plus grave qu’il la connaît parfaitement. Son rapport répond à un objectif politique qu’il a bien voulu réaliser pour des raisons étranges mais certaines : édulcorer les responsabilités  avec un entre deux savamment orchestré laissant supposer l’égalité de traitement des protagonistes pour neutraliser la reconnaissance de la responsabilité unilatérale de la France coloniale en Algérie. Le rapport est mort né car il n’a pas su répondre aux véritables enjeux de la responsabilité de la France coloniale en Algérie. Le jeu d’équilibriste pour endormir les algériens n’a pas pu s’opérer car les consciences des deux côtés de la méditerranée sont alertes. Personne n’est dupe sauf ceux qui ne veulent pas assumer les démons de la barbarie coloniale française en Algérie.

    2. La France face à son démon colonial où le syndrome de l’ardoise magique. 

    Depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, la France a déployé une batterie de stratagèmes pour ne pas être inquiété sur son passé colonial. La France sait précisément ce qu’elle a commis durant 132 années comme crimes, viols, tortures, famine des populations et autres.  Pour se prémunir contre tous risques de poursuites, elle a exigé aux algériens d’approuver une clause d’amnistie lors du cessez-le-feu. D’autres lois d’amnisties furent promulguées par la suite pour tenter d’effacer toute trace de cette barbarie coloniale. La suffisance de certains est allée jusqu’a obtenir la promulgation d’une loi en 2005 vantant les mérites de la colonisation française en Algérie. Ultime insulte aux victimes algériennes qu’on torturait symboliquement à nouveau.

    3. Pourquoi la France  a peur de reconnaître ses responsabilités.

    Reconnaître les responsabilités  des crimes et dommages coloniaux c’est inéluctablement accepter l’idée d’une réparation politique et financière ce que la France ne peut admettre aujourd’hui face à une certaine opinion pro Algérie française encore vivace sur ce sujet.

    Mais c’est aussi accepter de revoir la nature de la relation franco algérienne ou la rente permet toujours à la France de préserver sa position monopolistique sur ce marché qui est toujours sa chasse gardée.

    C’est bien sûr également la peur de perdre une seconde fois l’Algérie française mythifiée, celle du monde du contact largement développée dans le rapport Stora.

    Enfin,  la crainte de devoir rendre des comptes d’une manière singulière aux enfants de colonisés qui constituent le principal des populations habitant les banlieues populaires françaises où le poison racisme est omniprésent. Il suffit de lire le dernier rapport du Défenseur des droits sur les discriminations pour s’en convaincre.

    Ces dernières années, un nouveau palier s’est opéré avec l’idée que ces citoyens musulmans où les algériens sont majoritaires, sont devenus en France les ennemis de la République car ils sont souvent accusés d’être les nouveaux porteurs de l’antisémitisme français. Aujourd’hui, la majorité de cette population subit une triple peine. La première est d’être souvent considérée comme étranger dans le regard de l’autre, car enfant de la colonisation, enfants de parents qui se sont battus pour ne pas être français.

    Ensuite, le fait d’être musulman dans la cité française se confronte à l’image séculaire de cette religion qui est maltraitée depuis au moins mille ans.

    Enfin, cette population est suspectée d’être porteuse du nouvel antisémitisme français car solidaire du peuple palestinien. Ces palestiniens qui sont aujourd’hui parmi les derniers colonisés de la planète. Les Algériens ont connu la même colonisation et sont unis à jamais à ce peuple opprimé par un lien indicible qui s’exprime dans les tripes et le cœur. Entre Algériens et Palestiniens demeure une identité commune avec un combat similaire contre la colonisation. Dans une continuité idéologique, la France est depuis toujours l’un des plus fervents défenseurs de l’État d’Israël. En Algérie, le peuple dans sa grande majorité est palestinien de cœur car ce que subissent les Palestiniens dans le présent, il l’a subi dans le passé par la puissance coloniale française. Ce lien fraternel est aussi visible dans la diaspora algérienne qui est presque toujours pro-palestinienne, sans forcément connaître l’origine de ce lien profond.

    Ce sont ces constituants qui enferment cette population comme les supposés porteurs du nouvel antisémitisme, faisant d’elle, la cible privilégiée du poison français alors que l’on aurait pu croire que le système les en aurait protégés un peu plus du fait d’un racisme démultiplié à leur encontre.  Les musulmans où les algériens sont majoritaires sont  silencieux comme s’ils avaient été frappés par la foudre. Ils sont perdus dans cette société française, égaux en droit et rejetés dans les faits par un racisme structurel aggravé par une mémoire non apaisée.

    À quelques très rares exceptions, les intellectuels et relais d’opinion abondent dans le sens du vent assimilationniste. Ils espèrent en tirer profit et acceptent d’être utilisés comme des « Arabes de service » faisant le sale boulot en s’acharnant à être « plus blanc que blanc ». Leurs missions sont de vanter à outrance le système assimilationniste ou le déni de mémoire est fortement présent. Ces partisans du modèle assimilationniste savent au fond d’eux-mêmes qu’ils ont vendu leurs âmes en étant du côté de l’amnésie imposée du plus fort. Leur réveil se fait souvent douloureusement lorsqu’on les relève de leur poste en politique ou dans les sphères où ils avaient été placés en tant que porte-drapeaux du modèle assimilationniste. Ils se retrouvent soudainement animés par un nouvel élan de solidarité envers leur communauté d’origine, ou perdus dans les limbes de la République qui les renvoie à leur triste condition de « musulmans » où d’enfants d »indigènes ».

    La faiblesse de cette population toujours en quête d’identité et de mémoire apaisée est peut être liée à l’absence d’intellectuels capables de les éclairer pour réveiller un peu leur conscience et leur courage face à une bien-pensance très active en particulier sur ces questions mémorielles.

    4. L’inéluctable réparation des crimes et dommages de la colonisation française en Algérie. 

    La France, via son Conseil Constitutionnel, a évolué dans sa décision n° 2017-690 QPC du 8 février 2018, en reconnaissant une égalité de traitement des victimes de la guerre d’Algérie permettant le droit à pension aux victimes civiles algériennes. Nous nous en félicitons mais la mise en œuvre a été détournée par des subterfuges juridiques rendant forclos quasi toutes les demandes des victimes algériennes. Comme si la France faisait un pas en avant et deux en arrière car elle ne savait pas affronter courageusement les démons de son passé colonial, pour apaiser les mémoires qui continuent de saigner.

    Il ne peut y avoir une reconnaissance des crimes contre l’humanité commis en Algérie par la France et dans le même temps tourner le dos aux réparations des préjudices subis y compris sur le plan environnemental. La première marche du chemin de la réparation financière c’est de nettoyer les nombreux sites nucléaires et chimiques pollués par la France en Algérie ainsi que les nombreuses victimes comme le confirme l’observatoire de l’Armement.   C’est une question de droit et de justice universelle car tout dommage ouvre droit à réparation lorsqu’il est certain, ce qui est le cas en Algérie. Sauf si on considère la colonisation française en Algérie comme une œuvre positive comme la France tente de le faire croire depuis la promulgation de la loi du 23 février 2005 qui est un outrage supplémentaire à la dignité des algériens.

    La France ne peut échapper à cette réparation intégrale car sa responsabilité est pleinement engagée.  D’une part c’est une question de dignité  et d’identité des algériens qui ne s’effacera jamais de la mémoire collective de cette nation.

    C’est pourquoi les jeunes générations contrairement à l’espérance de certains ne cesseront d’interpeler la France et l’Algérie sur cette question mémorielle.

    Sur la nature de cette réparation, la France devra suivre le chemin parcouru par les grandes nations démocratiques comme l’Italie qui, en 2008, a indemnisé la Lybie à hauteur de 3.4 milliards d’euros pour l’avoir colonisé de 1911 à 1942, mais aussi : l’Angleterre avec le Kenya, les Etats unis et le Canada avec les amérindiens ou encore l’Australie avec les aborigènes. L’Allemagne a accepté, depuis 2015, le principe de responsabilité et de réparation de ses crimes coloniaux avec les Namibiens mais butte sur le montant de l’indemnisation. Avec le risque pour l’Allemagne d’une action en justice devant la Cour Pénale Internationale du gouvernement Namibien, avec l’assistance d’un groupe d’avocats britanniques et la demande de 30 milliards de dollars de réparations pour le génocide des Ovahéréro et des Nama.

    La France elle-même s’est fait indemniser de l’occupation allemande durant la première et seconde guerre mondiale à hauteurs de plusieurs milliards d’euros d’aujourd’hui. Au même titre, l’Algérie indépendante doit pouvoir être réparée des crimes contre l’humanité et dommages qu’elle a subi de 1830 à 1962.

    Cette dimension historique a un lien direct avec le présent car les évènements semblent se répéter, les banlieusards d’aujourd’hui sont en grande partie les fils des ex-colonisés. On continue à leur donner, sous une autre forme, des miettes avec comme point culminant cette nouvelle forme de discrimination,  poison ou racisme invisible, matérialisé dans toutes les strates de la société.

    L’Histoire ne doit pas se répéter dans l’hexagone, les miettes accordées ici et là sont révélatrices d’un malaise profond de la République française. En particulier, son incapacité à fédérer tous ses citoyens, poussant certains à la résignation, au retranchement et parfois aux extrémismes.

    Paradoxalement, c’est le modèle français qui produit le communautarisme alors qu’il souhaite le combattre.

    Comme un exercice contre-productif, il lui explose au visage car il ne sait pas comment l’aborder. C’est aussi ce modèle qui pousse un grand nombre de ces citoyens franco algériens à ne pas être fier d’être français. Cette révolution algérienne fait partie de l’Histoire de France à la fois comme un traumatisme à plus d’un titre, mais aussi comme un lien sensible entre les Français quelles que soient leurs origines. Le cœur de cette double lecture est lié à cette singularité algérienne qui n’a jamais démenti ses attaches à l’islam. Cet islam a été utilisé par la France comme porte d’entrée pour coloniser l’Algérie et soumettre sa population. Il a aussi donné la force à cette population algérienne de faire face au colonialisme français, comme porte de sortie de la soumission.

    En France et ailleurs, cette religion semble interpeller les sociétés dans lesquelles elle s’exprime. A l’heure d’une promulgation d’une loi sur le séparatisme qui risque de stigmatiser un peu plus cette population musulmane ou les algériens sont nombreux, l’enlisement semble se perpétuer comme si l’apaisement des mémoires tant voulue était un peu plus affaibli car nous sommes toujours incapable d’expliquer à nos enfants le traitement différencié à l’égard des victimes de cette tragédie historique.

    5. L’Algérie face à ses responsabilités historiques. 

    Le silence de l’Algérie est lourd car elle n’a pas su appréhender la question de sa mémoire d’une manière énergique et l’illégitimité de ses gouvernances successives a maintenu des revendications peu soutenues à l’égard de la France. Pire, les problématiques algériennes ont trop souvent, surfé sur cette fibre mémorielle pour occulter leurs inefficiences à gérer d’une manière performante le pays.  Aujourd’hui, L’Algérie ne peut plus faire table rase du passé colonial français et se contenter de quelques mesurettes ou gestes symboliques. L’Algérie au nom de ses chouadas doit assumer une revendication intégrale, celle de la reconnaissance pleine et entière de la responsabilité des crimes et dommage de la colonisation en Algérie.

    L’objectif de cette réparation n’est pas de diaboliser l’ex-puissance coloniale, mais au contraire de lui permettre de se réconcilier avec elle-même afin d’entrer définitivement dans une ère d’amitié et de partenariat. L’Algérie a laissé perdurer une approche minimaliste comme si elle était tenue par son ex puissance coloniale, tenu par le poison corruption qui la gangrène  de l’intérieur et qui la fragilise dans son rapport avec la France. Comme si l’Algérie enfermée dans une position toujours timorée avait peur de franchir la ligne de l’officialisation de sa demande de réparation alors que la France l’avait faite de son coté en légiférant en 2005 sur les bienfaits de la colonisation française en Algérie. Aujourd’hui, au nom de la mémoire des chouadas, l’Algérie doit également assumer ses responsabilités historiques.

    6. L’urgence d’agir.  

    Sur la question mémorielle, reconnaître la responsabilité de la France sur les crimes et les dommages coloniaux y compris écologiques et les réparer financièrement au même titre que les principales grandes puissances mondiales. Abroger la loi de 2005 sur les bienfaits de la colonisation, la loi Gayssot et la loi sur l’antisémitisme pour déboucher sur une seule loi générique contre tous les racismes permettant de rassembler au lieu de diviser. Nettoyer les sites pollués nucléaires et chimiques et indemniser les victimes. Restituer la totalité des archives algérienne. Signer un traité d’amitié avec l’Algérie et suppression des visas entre les deux pays.

    • Louisette IGHILAHIRIZ  (Militante Nationaliste), auteure de l’ouvrage avec Anne Nivat, « Algérienne », Editions Calman-Levy, 2001.

    Histoire et mémoire  Manifeste pour la reconnaissance et la réparation des crimes et dommages coloniaux français en Algérie

    • Henri POUILLOT (Militant Anticolonialiste-Antiraciste) « La Villa Sesini », Editions Tirésias, 2001.

    Histoire et mémoire  Manifeste pour la reconnaissance et la réparation des crimes et dommages coloniaux français en Algérie

    • Olivier LE COUR GRAND MAISON (Universitaire français), auteur de l’ouvrage « Ennemis mortels. Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale, Editions La Découverte, 2019.

    Histoire et mémoire  Manifeste pour la reconnaissance et la réparation des crimes et dommages coloniaux français en Algérie

    • Seddik LARKECHE (intellectuel franco algérien), auteur de l’ouvrage, auteur de l’ouvrage « Le Poison français, lettre à Mr Le Président de la République », Editions Ena, 2017.

    Histoire et mémoire  Manifeste pour la reconnaissance et la réparation des crimes et dommages coloniaux français en Algérie

    SOURCE : https://www.elwatan.com/edition/contributions/manifeste-pour-la-reconnaissance-et-la-reparation-des-crimes-et-dommages-coloniaux-francais-en-algerie-23-02-2021 

    Histoire et mémoire  Manifeste pour la reconnaissance et la réparation des crimes et dommages coloniaux français en Algérie

    "Par rapport à l'article d'El Watan je me suis permis d'ajouter la couverture de vos livres amis algériens et français"

    Michel Dandelot

     

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    “Islamo-gauchisme”

    contre “facho-centrisme”

    portrait d’un pays à la dérive

    “Islamo-gauchisme” contre “facho-centrisme” portrait d’un pays à la dérive

    Nous vivons une déroute intellectuelle comme seuls les moments de crise de société profonde savent les produire. Hier, crise de la civilisation occidentale, aujourd’hui, faillite des démocraties libérales, le mouvement est celui d’une perte de repaires et d’une course en avant vers l’inconnu, à vitesse élevée, sans jamais prendre le temps nécessaire de la réflexion ou de la lutte contre la résistible ascension de l’échec collectif. 

    Tout semble en effet s’être accéléré avec la crise sanitaire liée au covid-19. État d’urgence permanent, mesures liberticides n’ayant aucune efficacité ou presque sur le plan sanitaire et accumulation de lois scélérates de techno-surveillance ou de contrôle centralisé et censure politique en ligne de la vie démocratique.

    Ne nous trompons pas, le débat sur « l’islamo-gauchisme » n’en est pas un, c’est le déroulé programmatique du projet d’Emmanuel Macron, dont le « ni droite ni gauche » débouche sur un extrême centre, pivot ultime de la vie politique, obsédé par le risque populiste qui viendrait mettre à mal le narratif illusoire d’unité nationale, autour d’un parti défendant les seuls intérêts du bloc élitaire.

    D’unité, il n’y a pas, sauf celle, fantasmée 

    par les marcheurs, d’un pays rassemblé 

    derrière un chef et son parti unique. 

    La mort de la démocratie libérale, donc, érigée comme modèle souhaitable de gouvernance, dans l’autoritarisme doux et éclairé d’un monarque de droit séculaire. Avec, en toile de fond, l’économie comme seul horizon de l’action politique : dérégulation et captation des profits contre le bien-être commun.

    L’idée même de réduire le débat politique à une caricature est de provoquer l’hystérie collective et d’empêcher le débat. Il n’est pas question de discuter du fond, des relais de l’islam politique en France, de l’influence étrangère dans le débat national, non. Il s’agit pour les porte-paroles et les éditocrates de caqueter sur un terme grossier, qui précisément empêche la réflexion et le débat et provoque la colère ou la haine. Parce que l’islamo-gauchisme c’est avant tout le signe d’une paresse intellectuelle, de refuser de débattre du fond, de l’islam politique, de la montée des fascismes, de la destruction consciente par les gouvernements successifs des moyens de l’université et de la recherche.

    L’inventeur même du terme “islamo-gauchisme”, Pierre-André Taguieff regrette son dévoiement  et explique que l’instrumentalisation politique actuelle n’a rien à voir avec le mouvement qu’il décrivait sous ce terme en 2002.

    La ministre de la Recherche, Mme Vidal, a choisi de continuer sa vindicte contre l’entrisme supposé de cet islamo-gauchisme dans les universités en demandant une enquête au sens sociologique, scientifique du terme, pour sortir du ressenti et entrer dans les faits. Fort à parier que si cette enquête devait avoir lieu, elle finirait de discréditer la ministre. D’ailleurs chercheurs et universitaires rejettent l’idée même d’une enquête sur le fait islamo-gauchiste dans les universités.

    Alors, pour se rassurer du bien fondé de leur dérive fascisante, les progressistes agitent encore davantage la menace populiste d’extrême droite, continuant de se penser en barrage républicain, alors qu’ils en sont les architectes pressés. Rien ne va plus dans cette perte de pouvoir, malgré les sondages, malgré l’appel du président aux influenceurs numériques pour embrigader la jeunesse et faire valoir une image trompeuse d’un président jeune proche de leurs intérêts.

    Dans l’ère post-moderne où tout est spectacle, nous voici devenus spectateurs de notre propre déclin, incapables de sauver la démocratie libérale, emportée par un vulgaire virus et une envie de contrôle total de la caste managériale qui a remplacé les élus.

    Images après vidéos, clashs stériles après apostrophes vindicatives, tout est zémourisé à dessein, pour empêcher la réflexion, la nuance et la dénonciation des imposteurs. Il faut faire semblant de se battre et sur de faux sujets. Bref, c’est du catch, à la française, les muscles et les effets pyrotechniques en moins. 

    Le réveil citoyen paraît impossible tant l’anesthésie est profonde, aidée par les chaînes d’opinions en continue, qui soufflent les sujets de discorde et jamais ne remontent aux racines de nos maux. De citoyens, il n’y a plus qu’un mot vide de sens, vous êtes dorénavant des QR-codes, ou mieux, des usagers.

    Malgré les chercheurs et le CNRS qui via leur outil « le politoscope » montre l’erreur politique de la République en Marche, le parti présidentiel s’entête dans son impasse, assurant ainsi une solide victoire aux idées extrémistes dans le débat sociétal.

    Mais, consolons-nous, tout ce cirque n’a aucun sens, si ce n’est de révéler la fébrilité d’un exécutif qui a perdu pied dans sa gestion calamiteuse de la crise du covid-19 et qui tente, le tout pour le tout, une stratégie trumpiste de course en avant pour 2022. Notre chance, en France, c’est sans doute que les supporters d’Emmanuel Macron ne porteront pas de peau de bison et respecteront le couvre-feu.

    Donc, pas de « Qanon made in LREM » à craindre, mais sans doute une hargne désespérée qui fera de la campagne présidentielle de 2022, une campagne pestilentielle.

    SOURCE : https://www.lemondemoderne.media/islamo-gauchisme/?fbclid=IwAR2IKb7a6SyWdxL9dNKc15A0FN02kmh1CXWK0H4atlm4MHzW4TwGplodfH0 

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    SOUVENIRS

    SOUVENIRS *** Paris. Une plaque à la mémoire de Henri Curiel

    Paris. Une plaque à la mémoire

    de Henri Curiel

    Henri Curiel est né en Égypte, en 1914, dans une famille juive privilégiée. Révolté par la misère du peuple, il s’engagea très tôt dans le combat pour la justice sociale, contre le colonialisme et fonda une organisation communiste, le Mouvement de libération nationale et son pendant au Soudan (qui donna naissance à un puissant parti communiste). Expulsé par le roi Farouk en 1950, il s’engagea aux côtés du peuple algérien et fut l’un des organisateurs des « porteurs de valise ».

    Emprisonné en 1960, libéré après les accords d’Évian, il fonda un mouvement, Solidarité, dont le but était d’apporter une aide concrète aux peuples luttant pour leur indépendance (notamment en Afrique australe) ou contre les dictatures militaires en Amérique latine, mais aussi en Grèce, en Espagne et au Portugal. Il sera assassiné à Paris le 4 mai 1978, par un mystérieux commando Delta. Depuis, ses amis et sa famille mènent un combat pour que l’enquête ouverte aboutisse, pour le secret défense soit levé sur les dossiers le concernant et pour que les responsables politiques de ce crime d’État soient condamnés.

    Pour en savoir plus, lire Gille Perrault, « Henri Curiel, citoyen du tiers-monde », Le Monde diplomatique, avril 1998.

    25 avril 2019, la mairie de Paris dévoile une plaque à la mémoire d'Henri Curiel. "L’effondrement du système colonial, Henri y a consacré une partie importante de sa vie. Je crois que c’est pour ça qu’il a été assassiné en 1978", disait Alain Gresh, directeur d'Orient XXI et ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique.

    SOURCE : https://orientxxi.info/magazine/paris-une-plaque-a-la-memoire-de-henri-curiel,3059 

    ************

    Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir ou revoir un autre article consacré à Henri Curiel en 2019. Merci.

    http://www.micheldandelot1.com/une-plaque-a-la-memoire-du-porteur-de-valises-henri-curiel-sur-le-lieu-a161928966

     

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     Paul Max Morin, doctorant en sciences

    politiques, au quotidien algérien « L'Expression »

    «Les forces conservatrices ont piégé

     le débat public»

      Paul Max Morin, doctorant en sciences  politiques, au quotidien algérien « L'Expression » « Les forces conservatrices ont piégé le débat public»

    Paul Max Morin est doctorant en sciences politiques à Cevipof-Sciences Po.
    Il est chargé de mission sur le programme Histoire et mémoires de la guerre d'Algérie (Hmga) et au ministère des Armées. Dans cet entretien, Paul Morin assure: «En France ce sont les forces conservatrices qui refusent la reconnaissance des responsabilités et des réparations. Elles ont piégé le débat public en se focalisant sur les excuses et la repentance.»

    L'Expression : Dans cette tribune, le quotidien algérien L'Expression offre la possibilité aux intellectuels, chercheurs, artistes de revenir sur le rapport Stora sans pour autant se livrer à une exégèse sans contextualisation ni prise de distance. M. Morin, vous avez travaillé sur les Mémoires de la guerre d'Algérie chez les jeunes et vous avez une bonne connaissance des dossiers d'archives de la guerre d'Algérie, nous souhaiterions faire connaître votre opinion sur ce sujet. 

    Paul Max Morin: En France, on a longtemps dit qu'on ne parlait pas de la guerre d'Algérie. Il s'avère surtout qu'on en parlait, mais pour dire qu'on n'en parlait pas. Les mémoires de la guerre d'Algérie ont longtemps été manipulées politiquement pour en faire un objet sensible et oublié. Ces dernières années, on parle de mieux en mieux de la guerre d'Algérie, un peu moins de la colonisation, même si on progresse. Cette progression fonctionne par paliers au gré des avancées historiographiques et à l'occasion de débats publics (comme le procès de Maurice Papon en 1998, les débats sur la torture en 2000 etc). Le rapport de Benjamin Stora crée une nouvelle occasion publique. Il a le mérite d'ouvrir le débat sur le travail à accomplir, sur ce que serait une juste mémoire. Si des conservatismes existent, ces débats font tout de même progresser la société dans son ensemble.
    Ce rapport était attendu. Le suivi médiatique est exceptionnel. Tous les journaux, toutes les chaînes de télé lui ont consacré des numéros ou des émissions. Cela témoigne du fort intérêt de la société française pour cette question mémorielle. Cet intérêt tient au fait que beaucoup de personnes sont concernées. 39% des jeunes, aujourd'hui, ont un membre de leur famille ayant un lien avec l'Algérie. Il tient aussi au fait que la société française est à un tournant sur ces questions. Sans que l'on soit capable d'identifier le problème, il y a une attente collective de solutions. Ce rapport s'inscrit dans ce contexte et en cela il peut décevoir car il ne peut satisfaire toutes ces attentes. Il se limite aux questions mémorielles et n'a pas vocation à soigner la société française de son passé. Il faut ensuite garder en tête deux éléments importants. Il s'agit premièrement d'un rapport franco-français qui vise à faire un constat et des préconisations pour la société française. Si bien évidemment le dialogue avec l'Algérie et les Algériens est central dans le processus, il y a aussi tout un travail que la France et les Français doivent faire sur eux-mêmes.
    Enfin, il s'agit d'un rapport remis au politique. Tout ne sera pas retenu. Tout sera filtré. Car en France, les discussions sur la colonisation et la guerre en Algérie sont une source de clivage politique. Derrière «l'Algérie», les politiques parlent d'identité nationale, d'immigration ou de cohésion sociale. Le rapport a d'ailleurs été commandé juste après les manifestations contre le racisme du printemps dernier.
    En France, on a tendance à croire qu'en réglant le problème des mémoires de la guerre d'Algérie, on solutionnera tout le reste. Or, la mémoire ne réglera pas tout. Benjamin Stora rend un rapport sur les mémoires de la guerre d'Algérie, pas sur les fractures de la société française, le racisme dans la police ou les discriminations à l'emploi. Il revient au politique de prendre aussi ses responsabilités sur ces sujets et de ne pas confondre travail sur le passé et transformation du présent.

    Les préconisations du rapport Stora sont-elles utiles ? Sont-elles envisageables pour une réconciliation des mémoires entre la France et l'Algérie ou faudrait-il laisser les choses telles quelles, se faire dans le temps?

    Oui, elles sont utiles. Elles sont de trois ordres. Un premier bloc concerne les gestes symboliques comme le fait d'honorer l'Emir Abdelkader au château d'Amboise, de panthéoniser Gisèle Halimi, de choisir les dates de commémoration etc. Il faut voir cela comme une boîte à outils pour le politique qui peut y piocher des idées de symboles. Car la politique fonctionne avec ces symboles.
    Le deuxième bloc concerne les dossiers sur lesquels il faut avancer et trouver des solutions (les archives, les disparus, les cimetières etc). Là ce sont des outils pour accompagner le passage vers l'histoire. Ils vont permettre aux historiens et aux historiennes de mieux travailler et de nous faire encore plus progresser. Ici, la collaboration franco-algérienne est centrale. Le troisième bloc se tourne plus vers l'avenir pour fournir des outils à la société afin qu'elle travaille toute seule: un office franco-algérien pour la jeunesse, des fonds pour traduire des ouvrages dans les différentes langues, une maison d'édition commune, une chaîne de télé etc. Ces outils m'intéressent plus particulièrement car j'étudie les jeunes d'aujourd'hui. Ils pourront s'en saisir pour découvrir leur propre histoire.
    Enfin, on a beaucoup reproché à Benjamin Stora la question des excuses. C'est un faux procès car cela ne fait aucunement partie des recommandations. En France, ce sont les forces conservatrices qui refusent la reconnaissance des responsabilités et des réparations. Elles ont piégé le débat public en se focalisant sur les excuses et la repentance.
    Le politique doit maintenant choisir s'il veut aller vers une reconnaissance pas seulement des faits, mais des responsabilités. Car c'est bien la République qui a fait la colonisation, instauré l'Indigénat et le système répressif. Le reconnaître permettrait à la société de comprendre comment elle s'est construite en faisant la colonisation. Cette compréhension systémique permet aussi de saisir les traces avec lesquelles nous vivons encore. La colonisation a produit des institutions et des représentations rarement interrogées. Le processus de reconnaissance et de réparations offre l'occasion de commencer ce travail.

    Le rapport de l'historien Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d'Algérie suscite des réactions parfois très enflammées tant en France qu'en Algérie. Certains lui font grief d'avoir ignoré tout à la fois la torture pratiquée à grande échelle durant la guerre d'Algérie, l'insurrection des Cheikhs El-Mokrani et Aheddad en 1871 et ses conséquences désastreuses, notamment la déportation de milliers d'insurgés en Nouvelle-Calédonie, la grande révolte de Fadma N'Soumer, les enfumades, l'école quasiment interdite aux indigènes musulmans sous la IIIe République...Doit-on attendre de ce rapport d'être exhaustif et de traiter de toutes les questions litigieuses? Qu'en pensez-vous?

    Le rapport est forcément incomplet car on ne peut pas être exhaustif sur le sujet. Les expériences de guerre et les mémoires sont très diversifiées. De la conquête à la gestion des harkis en passant par le Code de l'Indigénat, l'enjeu n'est pas de faire la liste de tous les griefs. On en oublierait forcément. Il revient aux historiens et aux historiennes de faire la lumière sur les faits puis aux artistes ou aux sociétés civiles de s'en saisir pour les vulgariser. L'enjeu est donc de les laisser travailler et de leur donner des outils pour le faire. Ainsi, les deux sociétés progresseraient inévitablement vers une meilleure connaissance et compréhension des faits et donc d'elles-mêmes. En ce qui concerne les mémoires, je ne suis pas partisan de ce terme de réconciliation. Les contemporains ne se sont jamais fait la guerre, ils n'ont pas à se réconcilier. Au pire, ils se méconnaissent. Les mémoires ne sont pas non plus en guerre. On a longtemps dit qu'elles étaient antagonistes alors qu'en fait elles sont complémentaires. Pour comprendre cette histoire, les points de vue de l'ensemble des acteurs sont importants. Il n'est pas essentiel d'être d'accord sur tout, mais simplement sur l'essentiel c'est-à-dire le respect de l'Autre et de son histoire, l'écoute et l'empathie. L'important c'est de créer des outils permettant à la société de travailler elle-même, permettant aux mémoires, trop longtemps cloisonnées, de se rencontrer, de dialoguer dans un cadre démocratique et apaisé.

    Comment concevez-vous les relations franco-algériennes? Quelles sont d'après-vous les perspectives des approches relationnelles pour les Algériens, les Français et les descendants de l'immigration algérienne?

    Il faut faire la différence entre la relation d'Etat à Etat que je ne commenterai pas et la relation de société à société. Je crois sentir en France comme en Algérie à la fois une curiosité et un besoin de mieux connaître l'autre pays, de pouvoir assumer une proximité, d'inventer une relation d'égalité débarrassée de l'arrogance et de la rancoeur coloniale. Beaucoup de familles françaises ont un lien avec l'Algérie avec des envies de découvrir cette culture et ce pays. Beaucoup de familles algériennes ont un lien avec la France avec ces mêmes envies. La France a une part algérienne qu'elle a longtemps occultée. Avec toute cette histoire commune, pourquoi n'apprend-on pas l'arabe à l'école? Avons-nous des liens plus forts avec les Allemands? Non, pourtant l'allemand est enseigné dans tous les collèges et lycées de France. Politiquement, il faudrait accompagner ce mouvement, faciliter les échanges de jeunes, l'apprentissage des langues, les échanges scientifiques et culturels, d'où l'importance de cet office franco-algérien pour la jeunesse.

    Pensez-vous que les volontés politiques de Paris et d'Alger sont mûres et prêtes à évoluer sur des terrains constructifs pour aboutir à une réconciliation des mémoires des deux rives de la Méditerranée? Sinon, quelles peuvent-être les causes qui bloquent cette histoire de réconciliation?

    Je ne pense pas que les mémoires des deux rives soient en conflit, elles ont simplement besoin de dialoguer plus que de se réconcilier. Les blocages politiques n'ont rien à voir avec la mémoire. Les politiques l'instrumentalisent pour flatter le sentiment national. En France, le discours sur le refus de la repentance est un discours nationaliste pour empêcher le travail critique sur le passé, mais aussi sur le racisme dans la société française. Le racisme continue de faire des victimes en France.
    Les discriminations entravent les destins, briment des potentiels. Ces maux sont en partie le produit de la colonisation. Si la société française veut sérieusement se confronter au racisme, elle doit comprendre les mécanismes qui l'ont produit. C'est ce travail qui est empêché par les réactionnaires. Malgré cela, l'égalité progresse.

    Les descendants d'immigrés font des études, accèdent à des postes de responsabilité. Ce faisant, ils questionnent les représentations et cela provoque chez celles et ceux refusant l'égalité et l'abandon de leurs privilèges des réactions. Ils inventent des techniques pour délégitimer le travail critique sur le passé et la lutte antiraciste.
    En Algérie, le pouvoir a aussi depuis longtemps monopolisé l'écriture de l'histoire pour en donner une version simpliste, homogène et parfois fausse. Le régime a construit une mythologie sur laquelle il a fondé sa légitimité. Je crois que l'aspiration démocratique passera aussi par la réécriture d'une histoire conforme à la complexité des identités et des expériences. C'est pour cela qu'on voit ressortir les portraits d'Abane Ramdane dans le Hirak. Les manifestants disent au régime:
    «Nous savons que vous mentez, le régime que nous voulons est un régime de vérité.» L'enjeu est aussi de comprendre en quoi l'Algérie est plurielle. Elle n'est pas le bloc homogène qu'on a longtemps laissé croire, mais les influences kabyles, juives, françaises, espagnoles etc. sont à redécouvrir. Pour la France comme pour l'Algérie, ce chemin de redécouverte de soi et de l'Autre peut être une entreprise collective enthousiasmante.

    Votre thèse Les guerres d'Algérie: enjeux de mémoire dans la socialisation politique des jeunes se propose, comme vous dites, «d'apporter une contribution à la compréhension du rapport des jeunes Français à la guerre d'Algérie et ses mémoires». pourriez-vous nous éclairer sur ce sujet?

    Je travaille sur les jeunes Français d'aujourd'hui. À la fois ceux qui n'ont aucun lien avec l'Algérie et avec ceux qui ont un lien familial (qui ont des grands-parents immigrés, anciens soldats, harkis, juifs, pieds-noirs, militants du FLN ou de l'OAS). J'essaie de savoir ce que les jeunes connaissent du passé, d'où ils tiennent ces représentations et surtout qu'est-ce qu'ils en font. Est-ce que cela compte dans leur manière de se définir par exemple ou de faire de la politique?
    En France, la guerre d'Indépendance algérienne se situe au passage des mémoires à l'histoire. Cela veut dire que l'on quitte progressivement le monde des mémoires manipulées et stéréotypées défendues par tel ou tel groupe, pour un rapport plus distant à l'évènement, une simple connaissance et compréhension des faits.
    Je dis souvent «vous savez les jeunes ils ont TikTok et Insta, la guerre d'Algérie c'est loin». La plupart des jeunes méconnaissent cette histoire et elle n'est pas au centre de leurs préoccupations.
    Mais ce rapport plus distant permet aussi aux jeunes qui s'y intéressent d'interroger les mémoires intimes. Les barrières qu'étaient les mémoires à vif, les problèmes familiaux tombent. La société française offre davantage d'outils pour accéder aux connaissances. Les personnes peuvent partir à la découverte de leurs histoires familiales par curiosité et sans animosité, simplement pour comprendre leur présence au monde et la société française dans laquelle ils vivent.

    SOURCE : http://www.lexpressiondz.com/nationale/les-forces-conservatrices-ont-piege-le-debat-public-341201 

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    Algérie : Emmanuel Macron salue l’amnistie

    des détenus du Hirak

    Algérie : Emmanuel Macron salue l’amnistie des détenus du Hirak

    Des manifestants en soutien au Hirak se sont rassemblés à Paris, le 21 février 2021, deux jours après la libération de plusieurs détenus du mouvement algérien de contestation, dont le journaliste Khaled Drareni. © AFP - Anne-Christine Poujoulat

     

    Le président français, Emmanuel Macron, s'est félicité de l'amnistie des détenus d'opinion décidée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, à l'occasion du second anniversaire du soulèvement populaire du Hirak, lors d'un entretien téléphonique entre les deux hommes, a indiqué l'Élysée dimanche.

    Un geste d'apaisement. Lors d’un entretien téléphonique samedi 20 février, le président français, Emmanuel Macron, a "salué l’amnistie" des détenus d’opinion décidée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, ainsi que les autres mesures prises par le gouvernement à l’occasion du second anniversaire du soulèvement populaire du Hirak, a fait savoir l’Élysée, dimanche 21 février.

    "Le Président de la République lui a fait part de son soutien à la mise œuvre des réformes en cours", indique cette source par communiqué.

    Le président algérien a promis, vendredi, un remaniement ministériel dans les "48 heures", la dissolution de l'Assemblée nationale et l'organisation de législatives anticipées d'ici la fin de l'année.

    Il a par ailleurs décidé de gracier "entre 55 et 60" détenus du Hirak, ce soulèvement populaire de 2019 qui avait abouti au départ de l'ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika après quatre mandats présidentiels. 

    "Renforcer les échanges et la coopération entre la France et l’Algérie" 

    "Les deux chefs d'État sont convenus de renforcer les échanges et la coopération entre la France et l'Algérie", rapporte la présidence française. "Ils ont, en outre, échangé sur les suites à donner au rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie que Benjamin Stora a remis au Président de la République, le 20 janvier dernier", écrit l'Élysée.

    Le rapport Stora a reçu un accueil mitigé à Alger : le porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a estimé qu'il est "non objectif" et "en deçà des attentes" de l'Algérie.

    Emmanuel Macron a souligné sa "qualité" et sa "pertinence" et "réitéré à son interlocuteur sa volonté de continuer le travail de mémoire, de reconnaissance de la vérité et de réconciliation", indique l'Élysée.

    SOURCE : https://www.france24.com/fr/afrique/20210221-alg%C3%A9rie-emmanuel-macron-salue-l-amnistie-des-d%C3%A9tenus-du-hirak 

     

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    BUGEAUD : BOURREAU

    DES ALGÉRIENS

    ET ENNEMI DE LA RÉPUBLIQUE

    BUGEAUD : BOURREAU DES ALGÉRIENS ET ENNEMI DE LA RÉPUBLIQUE

    Olivier Le Cour Grandmaison et M’Hamed Kaki

    Pétitions

    Association Les Oranges a lancé cette pétition adressée à Etat Français. 

    Pour signer cette pétition

    Bugeaud ; ce sont les « enfumades » recommandées à ses officiers en des termes très clairs sur le but poursuivi : la destruction physique des « indigènes ». « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, fumez-les à outrance comme des renards », déclare ce général aux cadres de l’armée d’Afrique qui s’apprêtent à partir en mission. Saint-Arnaud, Montagnac et Pélissier, pour ne citer que ceux-là, se sont exécutés avec zèle. En particulier le colonel Pélissier qui, le 18 juin 1845, a anéanti une tribu entière – celle des Ouled Riah – dont les membres désarmés s’étaient réfugiés dans les grottes du Dahra, proches de Mostaganem.

    Bilan : près de mille morts. Bugeaud : bourreau des « indigènes » algériens qu’il a massacrés, déportés et razziés en détruisant parfois complètement leurs oasis et leurs villages livrés aux flammes de ses colonnes infernales ?

    Assurément. Il fut aussi un ennemi acharné de la République qu’il a combattue les armes à la main pour défendre la monarchie de Juillet. Vaincu, il a poursuivi la bataille en rédigeant un traité de la guerre contre-révolutionnaire en milieu urbain : De la Guerre des rues et des maisons. Bugeaud ?

    Une insulte permanente à l’émancipation des peuples et aux Algériens en particulier, et à la République qu’il a toujours haïe.

    Et une offense inacceptable faite aux héritiers de l’immigration coloniale et postcoloniale victimes de discriminations mémorielles qui s’ajoutent à toutes celles qu’ils subissent par ailleurs.

    PAS UNE RUE, PAS UNE AVENUE

    PAS UNE ECOLE NE DOIVENT PORTER SON NOM

    ET SES STATUES DOIVENT DISPARAITRE.


    Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire et M’Hamed Kaki, président de l’association Les Oranges
    Nanterre le, 15 février 2021

    Pour signer cette pétition

     

    SOURCE : https://ujfp.org/bugeaud-bourreau-des-algeriens-et-ennemi-de-la-republique/

     

     

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    Rapport Benjamin Stora :

    Pour que vive et grandisse l’amitié

    des peuples algérien et français (PCF)

     

      Rapport Benjamin Stora :  Pour que vive et grandisse l’amitié  des peuples algérien et français (PCF)

    Les liens qui unissent nos deux peuples de part et d’autre de la Méditerranée sont innombrables. Chaque jour, les échos de l’Algérie résonnent en France et réciproquement. C’est le fruit de siècles d’histoire, dont 132 ans dramatiquement marqués par la colonisation ; c’est aussi, pour une part, le fruit de migrations et d’amours.

    Pour autant, aucune amitié véritable ne pourra s’épanouir entre nos deux peuples sans qu’un discours de vérité soit fermement tenu, sans que des actes forts soient posés par la République française. Dans la lettre de mission qu’il a adressée à Benjamin Stora en juillet dernier, Emmanuel Macron évoque une « volonté nouvelle de réconciliation » : cela implique de regarder en face l’abjection du colonialisme et de ses crimes.

    Cela implique de considérer toutes les plaies, toutes les souffrances, sans toutefois oublier qu’elles ont été provoquées par l’acharnement d’un État à perpétuer sa domination en réprimant dans le sang la lutte d’un peuple pour sa libération nationale.

    Cela appelle un « esprit de concorde » mais sans la moindre complaisance envers une hiérarchie militaire qui n’aura pas hésité à pratiquer la torture à grande échelle et à recourir aux crimes de masse, ainsi qu’avec les terroristes de l’OAS (dont le sinistre sigle ressurgit en notre période troublée) et de leurs complices. Le seul chemin de paix réside dans la considération lucide et franche de la plus longue expérience de domination coloniale française.

    De ce point de vue, si le cadre de la mission proposée par le président de la République souffre de dommageables ambiguïtés semblant faire primer le souci de concorde unanimiste sur celui de vérité, nous nous réjouissons que le rapport ait été confié à un historien à l’érudition et à la droiture indiscutables.

    Le rapport de Benjamin Stora constitue sans nul doute un pas important vers le rapprochement des peuples algérien et français. Nombre des préconisations qu’il avance doivent être soutenues et promptement mises en œuvre, qu’il s’agisse de la levée des entraves récemment instaurées dans l’accès aux archives classées « secret défense » (en violation de l’article L. 213-2 du code du patrimoine), du soutien actif à la recherche sur cette histoire partagée de part et d’autre de la Méditerranée, de la restitution aux Algériens du canon « Bab Merzoug » (retenu en France depuis l’été 1830), pour ne prendre que quelques exemples.

    Plus globalement, en évoquant synthétiquement l’histoire des liens entre Algérie et France depuis le XIXe siècle, Benjamin Stora contribue utilement à faire reculer ce voile d’ignorance qui continue d’exister pour le plus grand nombre sur ce passé colonial, entreprise mal connue quand elle n’est pas outrageusement maquillée pour lui donner les allures d’une œuvre positive.

    Par-delà la question coloniale, c’est aussi plus simplement la connaissance de ces territoires si proches et pourtant si largement ignorés dans un enseignement qui reste étroitement centré sur le cap occidental de l’Eurasie. Les propos d’Aragon tenus en 1963 ont-ils tant vieilli quand, expliquant la genèse du Fou d’Elsa, il indiquait : « Qu’est-ce qu’un Français sait de l’histoire de l’Égypte, de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, du Mali, du Soudan ou de l’Espagne musulmane ? » Ne faut-il pas dire avec le poète, eu égard à l’importance de ces civilisations, des liens qu’elles ont entretenues avec la France, de la persistance des préjugés racistes visant ceux qui sont issus – plus ou moins directement – de ces pays, à commencer par les immigrés algériens et leurs descendants : « D’avoir touché mon manque de connaissances me rendait intolérable d’en demeurer là. » C’est un enjeu dans les relations entre France et Algérie ; c’est aussi un enjeu en soi pour le peuple de France. En ce sens, les préconisations visant à renforcer l’enseignement de l’histoire de l’Algérie, à tous les niveaux, sont particulièrement bienvenues.

    Pour autant, disons-le nettement : au vu du retard accumulé en France depuis bien des décennies, il faut aller plus loin.

    Ainsi, si l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel doit effectivement être reconnu, il ne faut pas en écarter son confrère Amokrane Ould-Aoudia, dont la mort est imputable à de hauts responsables français (le gouvernement étant alors dirigé par Michel Debré, qui ne pouvait évidemment agir sans en référer au président de Gaulle). Au-delà, si des démarches positives ont été menées en direction du mathématicien communiste Maurice Audin à la suite de combats et campagnes majeurs, n’est-il pas grand temps de mener un travail systématique de recensement de toutes les personnes enlevées par l’armée française et officiellement portées « disparues » pendant la guerre (une première liste figure sur le site « 1 000 autres ») ?

    Au plan symbolique, il est très positif que le rapport envisage l’installation d’une plaque dédiée à Abd el Kader à Amboise – commune dans laquelle cette haute figure algérienne de combat contre la colonisation fut illégalement retenu prisonnier après sa défaite.

    Pour autant, alors que la capitale de la France compte encore une longue avenue portant le nom du maréchal Bugeaud (qui, dans la conquête de l’Algérie, s’illustra par les procédés les plus ignobles, non sans massacrer républicains et révolutionnaires dans le reste de sa carrière française), le minimum ne serait-il pas d’inscrire dans l’espace parisien cette volonté d’amitié ? L’idée d’une statue pour Abd el Kader a été avancée ; elle n’est pas retenue par le rapport. Pour notre part, nous la soutenons vivement. Dans le même sens, ne conviendrait-il pas de débaptiser enfin la station de métro Gallieni pour lui donner le nom de Maurice et Josette Audin ?

    Afin que les générations nouvelles et celles à venir puissent conserver une trace des nombreuses expériences vécues, ne pourrait-on pas également mettre en place un large dispositif de recueil de témoignages, stimuler activement le réveil et l’enregistrement d’une mémoire populaire irréductible aux archives de l’administration ?

    Le travail de Benjamin Stora doit être assurément salué. Pour autant, nous ne pouvons taire certains désaccords. Le peuple de France n’avait pas tout entier le visage de Massu, Aussaresses ou Salan. Construire la paix et l’amitié sur le sol ferme de la vérité passe d’abord par la fin des cérémonies officielles ou poses de plaques organisées ici ou là à la mémoire de militaires ayant, au nom de l’Algérie française, tenté de renverser la République. Elle exige la reconnaissance du mouvement populaire pour la paix en Algérie, par la mise en avant de ces figures qui, en France, se sont opposées à cet ordre criminel et inique : qu’il s’agisse des « soldats du refus » ou, plus largement, de ces appelés, maintenus ou rappelés manifestant dès 1955 ou refusant de suivre les putschistes en 1961, de ces travailleuses et travailleurs multipliant grèves et débrayages, de ces militants, nombreux, distribuant tracts et collant affiches malgré les risques encourus – que ceux-ci émanent des ultras de l’Algérie française ou de la police nationale.

    De ce point de vue, s’il est très positif que le rapport propose de commémorer enfin comme il se doit la si terrible manifestation du 17 Octobre 1961, le silence total fait sur celle de Charonne est absolument incompréhensible. Toutes deux doivent être clairement reconnues comme des massacres d’État. Des massacres perpétrés, avec la complicité des plus hautes autorités du pays, par un préfet de police qui s’était auparavant illustré dans l’organisation de la déportation des Juifs de France mais qui avait pu poursuivre sa sinistre carrière faute d’une épuration suffisante de la haute administration.

    De même, comment séparer Gisèle Halimi – dont la panthéonisation, à plus d’un titre, serait un geste souhaitable –, de ces collectifs d’avocats si précocement et durablement engagés dans la défense des nationalistes algériens – et parmi eux, le si décisif collectif d’avocats communistes ? S’il faut organiser un colloque sur « certaines grandes personnalités » ayant refusé la guerre d’Algérie, on ne parvient pas à comprendre que d’indubitables « grandes personnalités » soient exclues du rapport comme Madeleine Rebérioux, Henri Alleg, Pierre Vidal-Naquet, Francis Jeanson, Aragon ou Henri Curiel. Ces silences et ces contournements nourrissent une inquiétude quant à la composition de la commission « Mémoires et vérité » dont le rapport souhaite la création. On espère ainsi que des associations (non citées dans les remerciements et sans doute non consultées) comme Agir contre le colonialisme aujourd’hui, Les amis de Max Marchand et Mouloud Feraoun, le Comité Vérité et Justice pour Charonne ou l’Association républicaine des anciens combattants, notamment, y trouveront toute leur place, aux côtés des autres structures qu’il convient d’associer.

    Au total, le rapport proposé par Benjamin Stora n’en est pas moins, indubitablement, un événement d’importance, susceptible d’œuvrer à cette si nécessaire politique d’amitié entre les peuples algérien et français. Si ses préconisations sont suivies, c’est un grand pas en ce sens que la République aura fait. Communistes, nous avons de longues traditions de solidarité avec le peuple algérien et, de ce fait, nous soutenons cette démarche et appelons à la pousser plus avant. Hier comme aujourd’hui, nous pensons que l’amitié se mérite : elle appelle des mots de vérité et des gestes forts. Il est grand temps.

    SOURCE : https://www.facebook.com/benjamin.stora.3 

     

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    L'émouvant dernier hommage

    à Jean-Claude Carrière, inhumé

     à Colombières-sur-Orb dans l'Hérault

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    L'église de Colombières-sur-Orb, village natal de Jean-Claude Carrière.

    Jean-Claude Carrière a été inhumé ce vendredi 19 février à Colombières-sur-Orb, son village natal de l'Hérault. Dans la plus stricte intimité, sa famille et quelques personnalités lui ont rendu un dernier hommage.

    Jean-Claude Carrière, l'immense scénariste et écrivain héraultais, mondialement connu, s'est éteint lundi 8 février, à 89 ans, à son domicile parisien. Il a été inhumé ce vendredi 19 février dans son village natal Colombières-sur-Orb.

    Une église pleine de mimosas

    Une cérémonie civile s'est déroulée en début d'après-midi dans l'église du village entièrement décorée de mimosas. Parmi les personnes présentes, une quarantaine au total, la veuve de Jean-Claude Carrière, Nahal Tajadod, et les deux filles de l'écrivain, Iris et Kiara. Cette dernière a retracé avec une grande émotion l'histoire de son père.

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    La cérémonie civile a eu lieu dans la petite église remplie de mimosas. RICHARD DE HULLESSEN

    Une stricte intimité

    Dans une stricte intimité, quelques personnalités étaient également présentes. L'actrice Carole Bouquet a pris la parole, très touchée de rappeler les souvenirs de Jean-Claude Carrière et Luis Buñuel. Puis Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008, et le comédien Louis Garrel ont lu un poème de Rûmî.

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    L'actrice Carole Bouquet parmi les personnalités présentes. RICHARD DE HULLESSEN

    À leurs côtés, Anne-Laure de Villepin et le maire de Béziers, Robert Ménard étaient aussi là pour l'hommage. Et puis Jean Varela, le directeur du Printemps des comédiens de Montpellier.

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    Beaucoup d'émotion pour un dernier au revoir. RICHARD DE HULLESSEN

    Après ce moment simple et recueilli, Jean-Claude Carrière a été inhumé dans le petit cimetière juste à côté de l'église.