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    Paris inaugure une stèle en hommage

     aux victimes algériennes de la répression

    du 17 octobre 1961 

     

    Paris inaugure une stèle en hommage   aux victimes algériennes de la répression  du 17 octobre 1961

     

    La maire de Paris Anne Hidalgo a inauguré jeudi une stèle commémorative « pour mieux rendre hommage » aux victimes de la répression sanglante de la manifestation d'Algériens le 17 octobre 1961. | PHILIPPE LOPEZ - Ouest-France avec AFP le 17/10/2019 

     

    Anne Hidalgo, la maire de Paris, a inauguré ce jeudi 17 octobre une stèle en acier sur le pont Saint-Michel représentant les manifestants Algériens réprimés par les forces de l’ordre en octobre 1961.

    La maire de Paris Anne Hidalgo a inauguré jeudi une stèle commémorative « pour mieux rendre hommage » aux victimes de la répression sanglante de la manifestation d’Algériens le 17 octobre 1961, a constaté un journaliste de l’AFP. 

    Ce jour-là, plus de 20 000 Algériens défient, à l’appel du Front de libération nationale (FLN), le couvre-feu qui leur a été imposé dans la capitale. La situation dégénère et des manifestants - de quelques dizaines à plus de 200 selon les sources -, sont tués par balle, à coups de pioche ou de crosse de fusil, et jetés dans la Seine par les forces de l’ordre.

    « C’est l’histoire de Paris, notre histoire, celle d’une ville qui n’accepte pas ce type de répression, qu’on puisse tuer des femmes et des hommes parce qu’ils manifestaient pacifiquement pour une cause », a déclaré Anne Hidalgo, après une brève cérémonie, en présente de quelques dizaines d’invités et d’autant de spectateurs, dont plusieurs brandissaient des drapeaux algériens.

     

     Paris inaugure une stèle en hommage   aux victimes algériennes de la répression  du 17 octobre 1961

     


    Paris inaugure une stèle en hommage   aux victimes algériennes de la répression  du 17 octobre 1961

     

     

     

     

     

    Anne Hidalgo 

    Comme chaque année, Paris se souvient du #17octobre1961 et de la répression sanglante de la manifestation des Algériens dans la capitale. La stèle dévoilée aujourd’hui est un nouveau témoignage du respect dû à la mémoire des victimes. #ParisSeSouvient 

     

    Paris inaugure une stèle en hommage   aux victimes algériennes de la répression  du 17 octobre 1961

     

    Merci de cliquer sur ce lien pour voir l'inauguration

    https://twitter.com/i/status/1184770114966695936 

     

    Une stèle en acier sur le pont Saint-Michel

    La maire socialiste de Paris a dévoilé sur le pont Saint-Michel, qui fut l’un des lieux emblématiques de la répression de 1961, avec le secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, Rachid Bladehane, une stèle en acier, représentant les silhouettes évidées de manifestants, se découpant sur les eaux de la Seine. Elle surmonte une plaque déposée en 2001, « à la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 2001 ».

    « On manifeste chaque 17 octobre pour rendre hommage aux martyrs de l’indépendance algérienne », a témoigné Fodil Merakeb, la barbe teinte au henné, qui brandissait une pancarte à la mémoire de son cousin, décédé pendant la manifestation de 1961.

    « Ils sont venus manifester en paix, des hommes, des femmes et des enfants, et ils ont été massacrés, jetés dans l’eau à 7 degrés », a affirmé Abdelmalek Hamchaoui, responsable du collectif de Nanterre du 17 octobre 1961.

    Le pont Saint-Michel se situe à deux pas de la préfecture de police de Paris, qui a organisé la répression de la manifestation pendant la guerre qui a conduit à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Après une série d’attentats en France contre des policiers, les autorités avaient instauré début octobre 1961 un couvre-feu pour les Algériens, dans Paris et sa banlieue.

    Le FLN avait appelé les Algériens à braver ce couvre-feu, qualifié de « raciste » et qui entravait ses activités. La police est submergée et des affrontements commencent. Plus de 12 000 manifestants sont arrêtés.

    En 2012, le président socialiste François Hollande avait reconnu la « tragédie » qu’a constitué la répression « sanglante » de la manifestation du 17 octobre 1961. 

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/ile-de-france/paris-75000/paris-inaugure-une-stele-en-hommage-aux-victimes-algeriennes-de-la-repression-du-17-octobre-1961-6569414?fbclid=IwAR2qE15gzBEUxeXumCFOimm3SQnCb0s8ZUH-pzwDf5LOjZT7cBu1LOs1hMU

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    17 octobre 1961 – 17 octobre 2019

    58e Anniversaire – Vérité et Justice

    17 octobre 1961 – 17 octobre 2019 : 58e Anniversaire – Vérité et Justice

    Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.
    58 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

    Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :
    -  Que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale.
    -  Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la Ville de Paris et la Région Ile-de-France.
    -  Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens
    -  La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, comme au sein de la droite et extrême droite politique veulent la réhabiliter.
    Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

    On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :
    -  Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat. Comme il vient de le faire pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes (voir le site http://1000autres.org/)

    -  Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps ;
    -  Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;
    -  Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

    A l’occasion de ce 58ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice. Rassemblement le jeudi 17 Octobre 2019 à 18h. au Pont Saint Michel à PARIS

    Associations, Organisations Syndicales : 17 octobre contre l’Oubli, 4ACG (Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), 93 au Cœur de le République, Association de Jumelage Rennes-Sétif, Les Amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, ACCA (Association contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Association pour le Changement Démocratique en Algérie), AFAPREDESA (Association des Familles des Disparus et Prisonniers Sahraouis), ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), ANPNPA (Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis), APCV (Association pour la Promotion de la Culture et du Voyage), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Au Nom de la Mémoire , CAPJPO-EuroPalestine, CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie), Comité Vérité et Justice pour Charonne, Droits devant !!, France el Djazaïr, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), Fondation Frantz Fanon, FUIQP (Front uni des , et des quartiers populaires) Les Oranges, LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Liaison de la fédération Anarchiste pour le lot/ Aveyron, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Mouvement de la Paix, Réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie, RMCP (Réseau Mémoires de Combat Politiques), Sortir du Colonialisme, SURVIE, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), URIF-CGT (Union Régionale Ile de France de la Confédération Générale du Travail)
    Partis Politiques : Ensemble !, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PEPS (Pour une écologie Populaire et Sociale).

    (A suivre compte-rendu de la commémoration avec vidéos)

     

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  • "J’ai senti un rejet que je n’avais pas senti avant" : l'accompagnatrice prise à partie à cause de son voile témoigne

     

    Cette mère de famille a été violemment prise à partie par le député RN Julien Odioul, qui lui a demandé d'ôter son voile lors d'une sortie scolaire.

     

    Fatima E., l'accompagnatrice qui a été prise à partie par Julien Odoul (RN) à cause de son voile lors d'une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vendredi s'exprime pour la première fois. Entre colère et déception, elle exprime son désarroi face au "rejet" dont elle se sent désormais victime.

    Elle est devenue un symbole à son insu. La photo a été capturée vendredi 11 octobre, au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. On y voit une jeune femme, aux cheveux recouverts d’un voile noir, embrasser un enfant effondré sur son épaule. Elle s’appelle Fatima et sort de son silence pour la première fois depuis qu’elle a été prise à partie par l’extrême droite au sein de l’hémicycle et dans les couloirs de cette assemblée.

    Désolé 1 mn de pub à supporter...

    Au-delà des polémiques et des débats que la séquence a provoqués, l’accompagnatrice scolaire revient, dans un entretien accordé au Collectif contre l'islamophobie en France, sur ce qu’elle a ressenti au moment des faits. Et sur son incompréhension face à ce "rejet" dont elle a été la cible et qui a profondément marqué son enfant.

     

    L'impression que "tout le monde" était "contre" elle

     

    Si les propos tenus par l’élu du Rassemblement national (RN) Julien Odoul ont fait le tour des écrans, la principale concernée ne les entend pas distinctement, au moment des faits. "Il y a des choses qui ont été dites et que je n’ai entendues que dans la vidéo", explique-t-elle ainsi. C’est face à la réaction des enfants qu’elle accompagne qu’elle prend réellement conscience de ce qui est en train de se dire "au nom de la laïcité". "Mais c’est contre toi ! C’est à toi qu’ils disent d’enlever ton voile ?", lui demandent, choqués, les enfants. 

    Alors, première réaction, elle sourit. Non pas pour "narguer", comme l’insinuent volontiers les blogs de la fachosphère, mais bien face à ce qu’elle considère comme de la "bêtise" et grâce au soutien d’autres élus qui la prient de rester, de ne "surtout pas sortir, pour ne pas donner raison à Julien Odoul". Une stratégie qu’elle adopte quelques minutes. Jusqu’au moment capté dans un cliché devenu symbole. A ce moment-là, son fils s’approche d’elle et éclate en sanglots sur son épaule. Il lui glisse qu’il a "l’impression que tout le monde est contre [elle]". C’en est trop. "Quand j’ai vu mon fils en train de craquer, je leur ai dit que je ne pourrais plus rester."

    Cette scène est cependant loin d’être celle qui l’a le plus choquée. A peine sortie, sur le chemin des toilettes, elle se fait vigoureusement interpeller par un autre représentant de l’extrême droite. Tremblant de "la tête aux pieds", elle croise l'élue Karine Champy qui, "très énervée", lui aurait lancé: " Vous allez voir, on va gagner. Les Russes vont arriver." Des propos et un visage qui "parfois" resurgissent dans son esprit. "J’ai des frissons et je tremble".

     

    Une prise de conscience qui lui donne "la boule au ventre"

     

    Il faudra attendre la première nuit pour que, "la boule au ventre", Fatima réalise ce qu’il vient de se passer. "Je reprenais conscience, en fait." Et est peu à peu envahie par un sentiment de rejet qu’elle a si longtemps combattu. Pour elle, au-delà de son cas personnel, cette scène a "détruit tout un travail" fait auprès de cette classe. "Les élèves d’origine immigrée étaient parfois dans une attitude de penser que la France était contre eux et qu’ils sont rejetés. Et moi j’ai toujours argumenté contre ce discours."

    Désormais, avec un ministre de l’Education qui estime que le voile "n’est pas souhaitable dans notre société", cette femme confie avoir "une opinion négative de ce qu’on appelle la République". Un aveu qui donne raison à Marlène Schiappa. Sur Twitter, la secrétaire d'Etat à l’Egalité femmes-hommes était rapidement montée au créneau en estimant que "c’est en humiliant les mères publiquement devant leurs enfants qu’on crée du communautarisme". 

    J’ai senti un rejet que je n’avais pas senti avant- Fatima 

    "Je vous avoue que je comprends maintenant pourquoi les autres mamans voilées ne participent pas aux sorties scolaire", lance-t-elle, résignée, alors même qu’en 2013, le Conseil d'Etat estimait que ces femmes n'étaient pas soumises aux "exigences de neutralité religieuse". Et surtout, alors que ces dernières sont essentielles au bon déroulement des sorties. En effet, sur le terrain, les accompagnatrices manquent à l’appel, comme l’a constaté Carla Dugault, coprésidente de la FCPE (Fédération de parents d'élèves), expliquant à l’AFP que dans certains quartiers, de telles activités seraient juste impossibles sans l'implication de ces mères portant le hijab. 

    Le matin même, Fatima avait ainsi dû "s’organiser"  à cause de son fils qui "insistait" pour qu’elle soit présente, et une maîtresse qui avait laissé, la veille, un mot dans le carnet pour lui demander d’y participer. "Aucune autre maman n’était disponible", avance-t-elle.

    Depuis ce week-end, Fatima continue de rassurer son fils et tente de dissiper le sentiment de rejet. Avec lui, elle essaye de "rire de cette histoire". "On regarde la photo, et je le taquine en lui disant qu’il est devenu une star." Mais l’une de ses amies lui confie que ce n’est pas le cas de toute le monde, et que certains élèves ont "la rage et la haine". Et de conclure par une question rhétorique, qui reste en suspens. "Les enfants sont venus là pour apprendre : qu’ont-ils appris ?"

    Depuis l’agression verbale qu’elle a subie devant son fils le vendredi 11 octobre au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, madame Fatima E. ne répond plus trop au téléphone, et souhaite préserver son anonymat tout en prenant du recul quant à cette affaire. Elle ne peut s’empêcher pourtant de constater que son image circule partout, et que celle-ci est devenue un symbole : la part visible d’une douleur souvent enfouie et étouffée, mais aussi l’image troublante d’une parole confisquée. Du sourire à la détermination, en passant par la douleur et l’inquiétude, Fatima nous rappelle une seule chose : que l’enjeu majeur, au-delà des considérations politiques autour du foulard, est de préserver l’amour et la confiance chez les enfants. Rencontre. 

    NOUS AVONS LU ET ENTENDU PLUSIEURS VERSIONS DES FAITS QUI SE SONT DÉROULÉS. POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER COMMENT VOUS AVEZ VÉCU CETTE AGRESSION ? 

    D’abord, il faut savoir qu’au départ, il n’était pas prévu que je participe à cette sortie. Parce que je suis en plein déménagement, et que j’ai une petite de quatre ans. Ça demandait que je m’organise, que je fasse garder ma fille, et que je tienne compte du trajet entre Dijon et Belfort. Mon fils a insisté pour que je vienne, et m’a dit que tous ses copains attendaient ma venue, car il est vrai que je participe régulièrement aux sorties scolaires. D’ailleurs la veille, la maîtresse m’a laissé un mot dans le carnet pour me demander d’y participer, car aucune autre maman n’était disponible. À la dernière minute, je change d’avis, et je décide d’y aller.

    Le matin on a fait une visite au musée, et ensuite on est arrivés au conseil régional, où il était prévu qu’on y reste une dizaine de minutes, pour regarder comment ça se passe. On était dans un coin ; je pensais même que personne ne pouvait nous voir. Et là j’entends quelqu’un dire « Au nom de la laïcité », puis j’entends des personnes qui commencent à crier, s’énerver. Franchement, j’étais là sans être là. La seule chose que j’ai vue, c’était la détresse des enfants. Ils étaient vraiment choqués et traumatisés. Et on le voit bien dans la vidéo : ils n’arrêtent pas de bouger et de se retourner vers moi. Ils me disaient : « Mais c’est contre toi ! C’est à toi qu’ils disent d’enlever ton voile ?! ». 

    Et puis moi, je souriais. Ce n’était pas pour narguer, comme j’ai pu entendre certains le dire. Je souriais d’abord à sa bêtise. Et il ne fallait pas que je cède : si moi je panique, les enfants auraient été encore plus traumatisés. Donc j’ai essayé de les rassurer, en leur disant que les élus n’étaient pas d’accord. Il y a des choses qui ont été dites et que je n’ai entendues que dans la vidéo, car sur le moment, je vous le dis : j’étais là sans être là, j’étais concentrée sur les enfants. 

    J’avais les larmes qui commençaient à monter. À ce moment j’ai regardé Nisrine Zaibi, et c’est là qu’elle m’a dit : « Reste, on est tous avec toi. Tu es à ta place ». Beaucoup d’autres conseillers m’ont également souri, m’ont rassurée et m’ont demandé de ne surtout pas sortir, pour ne pas donner raison à Julien Odoul. Pendant ce moment où on m’encourage à rester, mon fils s’approche de moi et me saute dessus en pleurant. Et là aussi, je lui souris. Mais quand j’ai vu mon fils en train de craquer, je leur ai dit que je ne pourrai plus rester. J’avais aussi besoin de me retrouver toute seule. Je tremblais de la tête aux pieds et je me sentais en train de tomber. Je ne voulais pas craquer devant les enfants, donc je suis sortie.

    Je prends les escaliers, je descends et je tombe face à Karine Champy [ndlr. élue qui était auparavant au FN]. Et là elle commence à m’attaquer : « Vous êtes contente ?! Vous avez réussi votre coup ? » Et elle commence à monter les escaliers en criant. Je lui dis que si elle veut parler, qu’elle me parle convenablement. Là elle redescend, très énervée, et s’approche de moi : « Vous allez voir, on va gagner. Les Russes vont arriver ! ». Je vous avoue que je n’ai pas du tout compris pourquoi elle m’a dit ça… Elle gesticulait beaucoup, et était à la limite de me bousculer. En y réfléchissant, je suis sûre qu’elle voulait me provoquer physiquement pour que je réagisse. J’ai gardé mon calme et je n’ai pas répondu à sa provocation. Ça ne l’a pas empêchée de continuer : « Tu veux que je te pousse, c’est ça ? Tu veux que je te pousse ?! ». Je vous assure, elle avait un regard… Quand je ferme les yeux, je le vois. Cette image, elle me hante. Jacqueline Ferrari, qui est également une élue, a assisté à la scène et a demandé à Karine Champy de se calmer. Il y avait aussi un vigile qui est intervenu, et qui m’a rassurée.

    ET MAINTENANT, COMMENT VOUS ALLEZ ? 

    Comment je vais… Fatiguée, j’ai peur de tout. Parfois le visage de cette dame me revient, j’ai des frissons et je tremble. Sincèrement, ils ont détruit ma vie… Moi je suis une adulte, je peux encore encaisser tout ça. Devant mes enfants, je fais comme si tout allait bien. Je suis obligée de rire avec mon fils de cette histoire. On regarde la photo, et je le taquine en lui disant qu’il est devenu une star. Je veux qu’il passe à autre chose. Mais moi, la première nuit, je me suis réveillée une dizaine de fois, avec une boule au ventre. J’étais en train de réaliser ce qui s’était passé. Je reprenais conscience, en fait.

    VOTRE FILS, COMMENT A-T-IL VÉCU CE QUI S’EST PASSÉ ? 

    Une psychologue du CCIF est en train de le suivre. Elle lui a déjà parlé. La première nuit, il a fait des cauchemars. Ce qu’il m’a dit, quand il a pleuré, c’est qu’il avait l’impression que tout le monde était contre moi. Il va mieux, mais lui aussi, par moments, il est là sans être là. Il fixe un point, et c’est comme si son esprit partait. Depuis vendredi, il le fait souvent… Ses nuits aussi sont très agitées. Il se réveille souvent.

    QUELLE EST LA SUITE DE CETTE AFFAIRE ? 

    Même si par moments je me dis « stop, j’ai juste envie de reprendre ma vie tranquille et de souffler », j’ai quand même l’intention de ne pas laisser faire. Mais je vous avoue que je comprends maintenant pourquoi les autres mamans voilées ne participent pas aux sorties scolaires. À un moment, quand j’ai entendu tout le monde réagir, je me suis dis : « Qu’est-ce que tu fais là ? Excuse-toi et sors ». J’ai senti un rejet que je n’avais pas senti avant. Et cela va avoir des conséquences.

    AVEC LE RECUL, COMMENT INTERPRÉTEZ-VOUS CE QUI S’EST PASSÉ ? 

    Aujourd’hui, j’ai une opinion négative de ce qu’on appelle la République. Et je trouve que le ministre de l’Éducation a dit quelque chose de honteux, lorsqu’il a parlé du voile. J’ai parlé avec la maman d’un autre enfant qui participait à cette sortie scolaire, et elle m’a parlé de son fils en disant que depuis ce weekend, il a la rage et la haine. Je lui ai répondu que c’est exactement ce que veut l’élu du RN. Il vient de détruire tout un travail que je faisais indirectement auprès de cette classe, dont les élèves d’origine immigrée étaient parfois dans une attitude de penser que la France était contre eux et qu’ils sont rejetés. Et moi j’ai toujours argumenté contre ce discours. J’essayais tout le temps de les rassurer. Quand on est sortis du conseil régional, ils sont venus vers moi pour me dire : « Tu vois, on te l’avait dit ! Ils ne nous aiment pas ! ». Et là, je ne pouvais même plus parler. Les enfants sont venus là pour apprendre : qu’ont-ils appris ?

    SOURCE : https://www.islamophobie.net/2019/10/15/entretien-exclusif-avec-fatima-e-je-ne-voulais-pas-craquer-devant-les-enfants/ 

    Laurence Ferrari torpille J. Oudoul, l’élu RN qui s’en est pris

    à une maman voilée

     

    Soulignons pour une fois la pugnacité de la journaliste Laurence Ferrari  qui a dézingué J. Oudoul, l’élu RN   qui s’en est pris  avec une incroyable lâcheté à une maman voilée.


     

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    Le documentaire « Algérie » de Tramor Quemeneur sera diffusé sur France 5 le 3 novembre 2019 à 20 h 30 au cours d’une soirée spéciale

    Le documentaire

    « Algérie la guerre des appelés »

    dont Tramor Quemeneur a été le conseiller

    historique sera diffusé

    sur France 5 le 3 novembre 2019

    à 20 h 30 au cours d’une soirée spéciale 

     

     

    Le documentaire « Algérie » de Tramor Quemeneur sera diffusé sur France 5 le 3 novembre 2019 à 20 h 30 au cours d’une soirée spéciale

     

    Tramor Quemeneur écrit :

     

    " Ce soir, présentation en avant-première dans les locaux de France Télévision (sur invitation) du documentaire Algérie. La guerre des appelés dont j’ai été le conseiller historique. Il sera diffusé sur France 5 le 3 novembre à 20 h 30 au cours d’une soirée spéciale. De plus, après avoir été sélectionné au Fipadoc en janvier dernier, il concourt au Festival de film d’histoire de Pessac qui se tiendra courant novembre. Très fier ! "

    Le documentaire « Algérie » de Tramor Quemeneur sera diffusé sur France 5 le 3 novembre 2019 à 20 h 30 au cours d’une soirée spéciale

    Tramor, nous attendons avec impatience cette diffusion.

     

     

     

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    « Nous n’irons plus sur CNews » : l’émission

    de Zemmour suscite une vague de boycott

     

    « Nous n’irons plus sur CNews » : l’émission de Zemmour suscite une vague de boycott

    Le polémiste d’extrême droite, condamné pour incitation à la haine raciale, est starifié dans une nouvelle émission de la chaîne d’info.

     « Nous n’irons plus sur CNews tant que la chaîne prévoit de donner une audience inégalée et quotidienne à ce polémiste d’extrême droite. » A quelques heures des premiers pas d’Eric Zemmour sur la chaîne d’info, une douzaine de personnalités dénoncent dans une tribune la place accordée au polémiste condamné pour incitation à la haine raciale. Elles annoncent aussi qu’elles vont désormais boycotter CNews.

    « Ce n’est pas la pluralité des opinions que nous réfutons », écrivent Caroline de Haas (membre de #NousToutes), Maxime Combes (porte-parole d’Attac), Laurence De Cock (historienne) ou encore Guillaume Mélanie (Urgence Homophobie) dans cette tribune publiée par Mediapart ce lundi 14 octobre. 

    « Mais il y a un moment où certaines voix, d’inspiration suprémaciste, dépassent toutes les bornes, tombent sous le coup de la loi, et qu’il devient criminel de leur donner une telle audience. Le racisme, l’appel à la haine et à la violence contre les minorités sont des délits ! »« Zemmour a été condamné pour provocation à la haine. La haine ! Et les crimes contre l’humanité commis lors de la Seconde Guerre mondiale ont d’abord été des discours de haine […] »

    Ces derniers jours, plusieurs responsables politiques ont annoncé leur boycott, notamment les députées La République en Marche Fiona Lazaar et Caroline Janvier.

    Les annonceurs s’y sont mis eux aussi, cette fois au sujet de l’émission « Zemmour et Naulleau » diffusée sur Paris Première, une chaîne du groupe M6, propriété de RTL Group. Interpellés sur Twitter par le collectif « Sleeping Giants », les marques Nutella, la Maaf, la Maif, Monabanq, Groupama, le groupe PSA ont fait savoir qu’ils n’achèteraient plus de spots publicitaires.

    « Un appel à la guerre civile »

    Eric Zemmour a fait ses débuts sur CNews ce lundi 14 octobre à 19 heures, dans « Face à l’info », une émission de débats d’une heure dont il est la vedette – une décision qui a suscité une crise au sein même de la chaîne info du groupe Canal+, appartenant à Vincent Bolloré.

    « Le discours d’Eric Zemmour est, à demi-mot, un appel à la guerre civile » 

    Le 28 septembre, invité par l’ex-députée d’extrême droite Marion Maréchal, Eric Zemmour avait prononcé un discours dans lequel il dénonçait une « guerre d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel » et appelait à « se battre » contre des musulmans assimilés à des « colonisateurs ». Ce discours « est, à demi-mot, un appel à la guerre civile », selon l’historien Gérard Noiriel. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence ». 

    Valérie Trierweiler aussi

    Un peu plus tôt, Valérie Trierweiler, l’ex-compagne de François Hollande, avait elle aussi indiqué qu’elle allait boycotter CNews, une décision annoncée sur le plateau même de la chaîne d’info, face à Laurence Ferrari :

    "C’est la dernière fois que je viens dans votre chaîne puisqu’elle accueille Eric Zemmour […] La limite de la liberté, elle se situe là où commence la loi », a déclaré Valérie Trierweiler. 

    Bravo à vous, Madame de rappeler à @LaurenceFerrari que #Zemmour est un repris de justice multirécidiviste. Votre décision de boycotter @CNEWS, qui ouvre son antenne à un raciste qui prône la haine des musulmans, arabes et noirs vous honore. #

    Merci de cliquer sur ce lien pour écouter le mot de la fin de cet article que nous donnons à valérie trierweiler

    https://twitter.com/i/status/1182789196840345603 

    SOURCE : https://www.nouvelobs.com/medias/20191014.OBS19761/nous-n-irons-plus-sur-cnews-l-emission-de-zemmour-suscite-une-vague-de-boycott.html 

     

     

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    Rendre accessibles les archives

    de la guerre d’Algérie

    PAR GILLES MANCERON 

    Algérie-France: rendre "librement accessibles" les archives de la guerre d’Algérie

    Il serait temps que la France cesse de se distinguer parmi les démocraties par des entraves à la liberté d’accès à ses archives. Si les obstacles longtemps opposés à l’accès à celles de la Seconde Guerre mondiale ont été peu à peu levés, il en persiste d’importants concernant l’accès à celles d’une autre page de son histoire, celle des guerres coloniales, en particulier de la guerre d’Algérie.

     

    La France n’a pas à rougir de son histoire. Nombreux sont les épisodes qui sont pour ses citoyens d’aujourd’hui des motifs de fierté, de la proclamation des droits de l’homme en 1789 à sa contribution à la déclaration universelle de 1948, en passant par le « moment de la conscience humaine » qu’a été la dénonciation, en 1898, de l’injustice faite à Dreyfus, ou par la loi qui a imposé, en 1905, au prix d’un important débat de société, la séparation des Eglises et de l’Etat. Forte de cette histoire, la France n’a pas lieu de dissimuler d’autres pages moins glorieuses qui, elles aussi, appartiennent à son passé. Celle de la Seconde Guerre mondiale, où « il n’y a pas eu beaucoup de Jean Moulin » et où ses institutions ont collaboré avec l’occupant, a longtemps été tenue dans l’ombre. Et aujourd’hui celle des guerres coloniales, où de nombreux crimes ont été commis en son nom, reste difficile à aborder en raison de la non communicabilité d’un certain nombre d’archives d’Etat.

    Les archives doivent être librement accessibles aux citoyens. Une loi de la Première République, du 24 juin 1794, a créé les « Archives nationales », elle stipule que « Tout citoyen peut demander communication des documents qui sont conservés dans les dépôts des archives, aux jours et heures qui sont fixés ». Elle pose le principe selon lequel l’accès aux archives est un droit civique.

    La dérogation générale pour les archives

     de la Seconde Guerre mondiale 

    L’ouverture complète des archives relatives à la Seconde Guerre mondiale a été obtenue au prix d’une démarche collective des historiens. Jusque-là, par exemple, selon les responsables des différentes Archives départementales, les lettres de dénonciation de Juifs ou de résistants reçues par les préfectures entre 1940 et 1944 étaient, selon les cas, accessibles ou non aux lecteurs. Une inaccessibilité totale était maintenue dans tel département sur des fonds d’archives indiquant qu’un personnage qui y avait fait après-guerre une carrière politique fondée sur une réputation d’ancien résistant était loin d’avoir eu ce comportement durant l’Occupation.

    A l’approche du soixante-dixième anniversaire du 8 mai 1945, une pétition demandant l’ouverture complète des archives françaises de la Seconde Guerre mondiale a été préparée par des chercheurs, notamment par le président de l’Association des usagers des Archives nationales, l’historien Gilles Morin. A la veille du 8 mai 2015, ils ont contacté les conseillers du président de la République d’alors, François Hollande, pour l’en informer. La réaction a été immédiate. « Hou-là-là…, vous avez 121 signataires ! », a lâché au téléphone un conseiller de l’Elysée, qui leur a assuré immédiatement qu’il était inutile de rendre publique leur demande et que le président de la République allait la satisfaire. Aussitôt, un arrêté de dérogation générale portant ouverture des archives de la Seconde Guerre mondiale a été promis. Celui-ci a été publié le 24 décembre 2015 et a été suivi d’effet, progressivement, dans les différents centres d’archives concernés.

    Mais, en dehors de cette période de l’histoire, comme l’a fait remarquer l’archiviste Marion Veyssière, conservateur en chef du patrimoine, responsable d’un service important au sein des Archives nationales, dans un article de la revue 20 & 21. Revue d’histoire, d’avril-juin 2019, l’outil de la dérogation générale reste peu utilisé, et ce malgré les demandes émanant des chercheurs et les préconisations des rapports successifs traitant de l’accès aux archives qui incitent à y avoir davantage recours. Tel celui du conseiller d’Etat Guy Braibant, publié en 1996 par la Documentation française sous le titre Les Archives en France ou encore celui de Christine Nougaret, paru en 2017, intitulé Une stratégie nationale pour la collecte et l’accès aux archives publiques à l’ère du numérique.

    Il découle des principes fondateurs de la République que les archives de tous les services de l’Etat et administrations publiques n’appartiennent pas à telle ou telle institution ou service administratif qui les a produites mais à la nation. La consultation des archives est un droit des citoyens, non un privilège à accorder individuellement. Le rôle des archivistes est de conserver, c’est-à-dire classer, protéger, inventorier, numériser et dupliquer les archives afin de, tout en les préservant, permettre aux citoyens d’y accéder. Ils sont les aides et les guides de ceux-ci dans l’exercice de leur droit à consulter librement les traces de notre histoire.

    Une journée d’études sur les archives

     de la guerre d’Algérie 

    Le besoin se fait sentir aujourd’hui d’un arrêté de dérogation générale portant ouverture des archives de la guerre d’Algérie, comparable à celui de décembre 2015 concernant celles de la Seconde Guerre mondiale. Le président Macron a rendu publique, le 13 septembre 2018, lors de sa visite à la veuve de Maurice Audin, Josette Audin, une déclaration disant que son mari avait été tué par les militaires qui le détenaient et que sa mort avait été rendue possible par un système autorisant l’armée à détenir et interroger tout suspect. Ce système a conduit à des milliers d’autres disparitions d’Algériens, et, afin d’aborder leur sort, une journée d’études a été organisée le 20 septembre 2019, sous l’égide de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), dans une salle de l’Assemblée nationale, sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises. Elle a été soutenue par les grandes organisations pour la défense des droits de l’homme et contre la torture. Il y a eu, bien sûr, d’autres disparus durant cette guerre, mais ceux qui ont disparu du fait des forces de l’ordre françaises, puisque celles-ci dépendaient des autorités de la République, concernent directement notre nation et notre Etat d’un point de vue historique, mémoriel, juridique et archivistique. Lors de cette journée, comme le montrent les cinq montages vidéo rendant compte des débats que nous présentons ici, la question du libre accès aux archives de cette période y est apparue comme une question centrale.

    Rendre accessibles les archives  de la guerre d’Algérie  · PAR GILLES MANCERON

    De gauche à droite, Céline Guyon, présidente de l'Association des archivistes français, Isabelle Neuschwander, ancienne directrice des Archives nationales, Gilles Morin, président de l'Association des usagers des Archives nationales, et Caroline Piketty, archiviste aux Archives nationales.

    Caroline Piketty, archiviste aux archives nationales, a souligné qu’à la fin des années 1990, les deux temps noirs de l’histoire récente que sont l’Occupation et la guerre d’Algérie se sont télescopés quant à l’accès aux documents les concernant. Les responsabilités de Maurice Papon, dans la déportation des Juifs de Bordeaux entre 1942 et 1944 lorsqu’il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, puis dans la répression des Algériens, alors « Français musulmans », de la région parisienne dès 1958 lorsqu’il était préfet de police à Paris, l’ont mis au centre de deux procès entre 1997 et 1999. Et deux archivistes en poste aux Archives de Paris, Brigitte Laîné et Philippe Grand, qui ont eu le courage de questionner l’accès aux archives de la répression à Paris du 17 octobre 1961 lors du procès intenté par Maurice Papon à Jean-Luc Einaudi, ont défendu la justice, la mémoire et la vérité tout en payant de leur personne du fait des mesures qui les ont frappés ensuite. François Gasnault a mis en quarantaine les deux archivistes avec l’appui de la mairie de Paris. C’est seulement en 2004 qu’un jugement du tribunal de Paris rétablit Brigitte Laîné dans les fonctions qu’elle occupait en 1999. Lorsqu’elle décède en novembre 2018, l’Ecole des chartes salue ses qualités professionnelles, mais ne fait aucune allusion au rôle qu’elle joua à la fin des années 90. Hommage doit être rendu aux qualités professionnelles et à la conscience citoyenne de ces deux archivistes.

    Faisant partie en 1997 de la mission sur la spoliation des Juifs de France sous l’Occupation présidée par Jean Mattéoli, Caroline Piketty, a rapporté qu’elle a rencontré à ce titre, le 22 octobre 1997, le directeur des Archives de Paris, François Gasnault : « Je sors de ma sacoche le journal Libération acheté en sortant du métro. La Une présente un extrait d’un registre d’information du Parquet de la Seine avec pour titre “17 octobre 1961, les premiers documents”. On y voit la trace d’individus morts, parfois anonymes, parfois avec leurs noms, avec la mention FMA, Français musulmans d’Algérie, suivies du nom du magistrat instructeur et de l’indication qu’une information a été ouverte. Pour certains il est mentionné que le corps a été repêché dans la Seine, à telle ou telle hauteur du fleuve. A peine arrivée dans le bureau de François Gasnault je lui demande à voir ce registre. Il refuse en me disant “tu connais la loi sur les archives”. J’apprendrai peu après que l’article était paru grâce à David Assouline, historien et membre de l’association Au nom de la mémoire, à qui Philippe Grand avait communiqué et reproduit des extraits de ce registre. Philippe Grand s’était appuyé sur la décision que venait de prendre la ministre de la Culture, Catherine Trautmann, demandant l’ouverture des archives sur la journée du 17 octobre 1961. » Celle-ci a été immédiatement recadrée par le premier ministre Lionel Jospin, celui-ci l’ayant été précédemment par le président de la République, Jacques Chirac. Philippe Grand a fait l’objet d’une enquête administrative à la demande de son directeur et été écarté du travail qu’il effectuait. Caroline Piketty a ajouté qu’à l’époque, elle travaillait souvent, pour la mission Mattéoli, aux Archives de la préfecture de police où elle avait accès à tous les documents, y compris ceux entreposés dans la cave de la rue des Carmes, et lorsqu'elle posait des questions sur les archives relatives au 17 octobre 1961, un haut fonctionnaire de ce service s’est plaint alors devant elle en lui disant : « Après les Juifs, les Arabes… ».

    Heureusement, des choses bougent dans le monde des archivistes. La présidente de l’Association des archivistes français (AAF), Céline Guyon, qui animait le débat sur les archives, a affirmé qu’elle pensait que les archivistes ne devaient pas être « les gardiens de secrets d’Etat ». Cette association travaille depuis plusieurs années sur l’enjeu citoyen que constitue l’accès aux archives. Par ailleurs, lors de cette journée le juriste Emmanuel Decaux, ancien président du Comité des disparitions forcées des Nations Unies, a expliqué que, dans cette question gravissime des disparitions forcées, le droit international a fait d’importantes avancées ces dernières décennies. Que toutes les victimes de disparitions forcées, quelles qu’elles soient dans le monde, doivent bénéficier des « principes Joinet » reconnus par les Nations Unies : « vérité, justice, réparation ». Et pour cela l’accès aux archives est un élément essentiel.

    C’est une archive conservée aux Archives nationales d’outre-mer, à Aix-en-Provence, le reste d’un fichier tenu par la préfecture d’Alger en 1957 pour noter les demandes de renseignements des familles, qui a permis aux historiens Malika Rahal et Fabrice Riceputi (1), en la rendant publique sur internet, d’ouvrir au lendemain de la déclaration d’Emmanuel Macron de septembre 2018, un site intitulé 1000autres.org. Il tente de faire sortir de l’anonymat les autres disparus de la « bataille d’Alger », des Algériens, dont les identités sont restées jusque-là largement inconnues. La consultation d’autres archives, notamment celles des deux Commissions de Sauvegarde des droits et libertés individuels qui ont existé successivement de mai 1957 à 1962, conservées mais non librement accessibles aux Archives nationales, qui contiennent de nombreuses demandes des familles et les réponses mensongères qui leur ont été faites, devrait permettre, quand cessera l’interdiction d’accès à ces archives ou à une partie d’entre elles, d’avancer dans la documentation par ce site de bien d’autres cas de disparitions.

    Sur la mise en œuvre de la déclaration présidentielle de septembre 2018 sur l’accès aux archives concernant les disparus de la guerre d’Algérie, Jean-Charles Bedague, du Service interministériel des archives de France, a annoncé un arrêté à venir sans pouvoir encore être en mesure d’apporter à son sujet des éléments précis. Quant à l’historienne Sylvie Thénault, elle s’est interrogée sur la levée de la règle du silence qu’Emmanuel Macron a mentionnée dans sa déclaration de septembre 2018, sur l’impact d’un éventuel appel aux témoignages de militaires français de l’époque venant des plus hautes autorités de l’Etat et de l’armée qui se substitueraient à la consigne de silence imposée depuis les faits, ainsi que sur un appel qui leur serait adressé au dépôt d’éléments d’archives qu’ils auraient conservées.

    Un arrêté a été publié au Journal officiel du 10 septembre 2019, mais il se limite à des documents concernant l’affaire Audin déjà communiqués depuis plusieurs années à la famille. Il n’apporte rien de neuf. Tout en se félicitant de cette mesure, on ne pouvait qu'être inquiet à propos de ce qui allait suivre. Des mesures beaucoup plus larges d’ouverture des archives de cette période sont nécessaires. Sans que l’Etat cherche à sélectionner des « morceaux choisis » qu’il remet aux familles et qu’il autorise les historiens à regarder, comme François Hollande l’a fait à trois reprises : concernant le meurtre du syndicaliste tunisien Ferhat Hached, le massacre de tirailleurs sénégalais à Thiaroye et l’assassinat de Maurice Audin. Le président de la République n'est pas le « directeur de recherche » des historiens. Le rôle de l’Etat en la matière, c’est de leur ouvrir largement l’accès aux archives de cette période pour qu’ils y consultent librement les différents fonds qui leur paraissent utiles à leur recherche, et non pas qu’ils les « oriente » et faisant sa propre sélection.

    Pour sa part, Gilles Morin a comparé l’ouverture des archives de la Seconde Guerre mondiale permise par l’arrêté intergouvernemental du 24 décembre 2015 à celle qui devrait advenir à la suite de la déclaration d’Emmanuel Macron de septembre 2018, concernant cette fois les archives de la guerre d’Algérie. Nombreux sont les chercheurs et les archivistes qui pensent qu’une interpellation publique du président de la République pourrait y contribuer.

    L’« IGI 1300 », le « culte des tampons » et l'invocation abusive du « respect de la vie privée » 

    D’autres obstacles s’opposent encore à la recherche. Comme l’a fait remarquer Maurice Vaïsse, dans son article « Un historien face au secret des archives, dans 20 & 21. Revue d’histoire de septembre 2019 : depuis près de dix ans « un nouveau verrou à la recherche » existe : l’instruction générale interministérielle adoptée le 30 novembre 2011, à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy, qui n’est ni une loi ni un texte réglementaire, auquel les archivistes ont souvent tendance à obéir, en respectant au pied de la lettre une sorte de « culte des tampons ». En contradiction avec la loi en vigueur (du 15 juillet 2008) qui allait globalement dans le sens d'une ouverture, cette IGI, dite « IGI 1300 », impose que, lorsque des documents sont classifiés « secret défense » ou « très secret défense », quelle que soit la date des documents ou le sujet concerné, il faut attendre la déclassification de ces documents qui ne peut se faire que pièce par pièce par l'institution héritière de celle qui les a émis. En attendant, les documents classifiés sont placés dans une enveloppe fermée sur laquelle il est indiqué que des sanctions disciplinaires, professionnelles ou des condamnations pénales seront appliquées contre celui qui divulguera un tel document. Des chercheurs ont ainsi dû attendre des mois la déclassification de documents datant de l’Occupation et concernant des questions aussi banales que le prix du pain ou les fêtes foraines. On ne sait si des archivistes ont cherché à écrire au commissariat général aux questions juives de la France occupée en raison d'un tampon « secret » apposé par lui sur un document… En tout cas, pour la guerre d'Algérie, beaucoup constatent qu’en application de cette IGI de 2011 (entrée en vigueur en 2013) — sans valeur de loi ou de règlement, répétons-le —, l’invocation abusive de la notion de « secret défense » à des documents portant le moindre tampon « secret », même s’il a été apposé par les chefs de tortionnaires pour dissimuler leurs pratiques, aboutit ainsi à l’inaccessibilité encore pour de longues années de documents importants.

    Responsable les sept dernières années de la salle de lecture des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, Caroline Piketty n’avait théoriquement pas le droit de voir ces documents classifiés, car elle n’était pas « habilitée secret défense ». Dès lors, comment les archivistes peuvent-ils faire leur métier qui consiste à aider sur place et à distance tous les chercheurs qui s’adressent aux Archives nationales ? Le moindre carton peut contenir des documents sur lequel un tampon « secret défense » a été apposé, et ils n’auront jamais le temps de vérifier leur existence avant d’envoyer ces documents en salle de lecture. Nous sommes dans une situation ubuesque. Selon elle, sans mettre en question les nécessités du secret de la Défense nationale et des délais de communicabilité, elle estime qu’il est dérisoire de protéger indéfiniment des documents tamponnés « secret défense » quelle que soit la nature des informations citées. Ces classifications sont absurdes au-delà d’un délai maximum de cinquante ans, c’est-à-dire à l’expiration des délais du Code du patrimoine. Par ailleurs, de nombreux dossiers de la période de l’Occupation ou de la guerre d’Algérie sont encore dans les administrations qui les ont produites, alors qu’ils devraient être versés aux Archives, et sont inaccessibles. Ajoutons que lorsque des destructions ont eu lieu, comme cela a été le cas d’une partie des sources sur la répression de la manifestation d’octobre 1961, comme l’a montré Fabrice Riceputi (2), un effort particulier doit être réalisé pour établir la documentation existante aussi précisément que possible en faisant l’état des lacunes constatées. Le guide des recherches sur les disparus de la guerre d’Algérie annoncé par les Archives de France pour la fin de cette année devra faire état de ces lacunes et de ces destructions.

    Enfin si une seconde dérogation générale est prévue pour tous les disparus de la guerre d’Algérie, il est important de réfléchir à la création d’un bureau d’accueil pour les familles qui sont à la recherche de leurs proches : trop souvent elles se heurtent à des difficultés liées à la langue et à la complexité des archives. Les archives publiques sont pourtant destinées à tous les citoyens, quelle que soit leur nationalité. On pourrait concevoir l’ouverture d’un service sur les disparus d’Algérie qui orienterait les personnes à la recherche de traces sur ces exactions qi ont été enfin reconnues par le président de la République.

    On constate aussi que c’est abusivement que la notion de « protection de la vie privée » est invoquée pour empêcher la connaissance historique de tel ou tel acte criminel commis pendant l’Occupation ou les guerres coloniales : au nom de la « protection de la vie privée » de ceux qui les ont commis ou de leurs descendants. Au prétexte que ne doit pas être communiqué un « document qui révèle un comportement dans des conditions dont la divulgation pourrait nuire à son auteur ». Ce qui revient à dire que les pièces d’archives qui montraient la complicité de Maurice Papon dans des crimes contre l’humanité commis à Bordeaux en 1942 auraient dû être tenues secrètes pour « protéger la vie privée » de ce haut fonctionnaire devenu ministre et celle des membres de sa famille. En dehors des dispositions prévues par les lois d’amnistie, certains actes gravissimes n’ont pas lieu d’être dissimulés au nom de la « vie privée » de leurs auteurs ou de leurs descendants. Ces derniers n’en sont en rien responsables. L’argument du « respect de leur vie privée » ne doit pas servir d’alibi à une Raison d’Etat qui cherche à dissimuler certains faits, comme les actes de torture pratiquée par certains membres de l’armée française durant la guerre d’Algérie ou les crimes terroristes commis par des membres de l’OAS.

    Le secret de la défense nationale ou les intérêts fondamentaux de l’Etat n’effacent pas pour autant les droits de l’homme et de tout citoyen. L’historien Jean-Yves Mollier a fait un bel éloge de Brigitte Laîné au lendemain de sa mort : « Brigitte Lainé n’était pas seulement l’archiviste en chef chargée du patrimoine aux Archives de Paris que beaucoup d’entre nous ont connue, mais une sorte d’Antigone des temps modernes (3) ».

    Il s’agit d’un enjeu concernant la connaissance historique d’une période de l’histoire contemporaine de la France, mais c’est aussi un enjeu civique. Car la question n’est pas sans lien avec le fait qu’aujourd’hui en France existent des forces politiques qui se sont nourries des silences et des dénis d’histoire relatifs à la période coloniale. Le libre accès aux archives est aussi une des conditions pour que ce pays puisse espérer mettre fin à leur triste rôle.

    La table ronde qui a eu lieu le dimanche 13 octobre de 9h30 à 11h à l'université dans le cadre des Rendez-vous de l'Histoire, à Blois, a été l'occasion de débattre de ces questions.

    *******

    (1) Malika Rahal, historienne, Institut d’histoire du temps présent (IHTP-CNRS) et Fabrice Riceputi, enseignant et historien, auteur de La bataille d’Einaudicomment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République, préface de Gilles Manceron, Le passager clandestin, 2015.

    (2) Fabrice Riceputi, ouvrage cité, p. 144.

    (3) Jean-Yves Mollier, « Hommage à Brigitte Laîné (1942-2018), une juste parmi les justes », Actualité du XIXe siècle, revue en ligne de la Société d’histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, 19 novembre 2018. 

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/gilles-manceron/blog/121019/rendre-accessibles-les-archives-de-la-guerre-d-algerie
      

     

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    Vendredi 11 octobre, Julien Odoul, président du groupe RN régional a perturbé la séance de l’assemblée plénière du conseil de Bourgogne Franche-Comté en prenant à partie une mère d’élève dans l’assistance, car elle portait un voile. 

    A toi, le petit garçon qu’un élu de la République a fait pleurer parce qu’il s’en est pris publiquement à ta maman, je veux te dire que ce n’est pas cela la République. Dijon est la ville où j’ai grandi, alors je ne veux pas que tu gardes ce souvenir amer de ce vendredi.

    Sèche tes larmes et sois fier de ta maman, fier de qui tu es, de ta famille et aussi de ton pays. Rassure-toi, nous sommes légions derrière toi pour faire face à ces discours de haine du quotidien, qui montent irrésistiblement.

    Il faut que tu le saches, ce n’est pas cela la promesse républicaine. Oui, ta maman peut s’habiller comme elle le veut et t’accompagner avec tes camarades lors des sorties scolaires, sans se faire moquer ou attaquer comme une dangereuse « provocatrice communautariste » comme l’a traitée M. Julien Odoul.

    Nos lois, tout comme l’article 6 du règlement du Conseil Régional invoqué par M. Odoul le disent clairement : « La présidente de région peut interdire l’accès à une personne ou à un groupe de personnes dont le comportement est susceptible de troubler le déroulement d’une séance ».

    Ta maman ne perturbait pas la séance, elle avait à cœur de te montrer comment fonctionne une assemblée démocratiquement élue, au pays des droits de l’Homme. Le perturbateur de séance, c’était lui, celui qui a attaqué ta maman pour qu’on le remarque et non pas l’inverse.

    Sous prétexte d’être un élu, il pervertit les textes de loi et confond la laïcité avec la censure. La laïcité, ce n’est pas se moquer des autres ou leur interdire l’entrée des lieux de la République, la laïcité, c’est un concept fragile mais qui nous permet de vivre ensemble, en toute liberté.

    Dans l’ordre laïque, la place de chacun est respectée et la liberté de chacun est reconnue, ce qui permet l’apprentissage de la liberté réelle : être reconnu par l’autre comme son égal, en tant que sujet libre. La laïcité est un terreau fertile pour l’apprentissage des lois en assurant que la citoyenneté transcende les identités individuelles. La laïcité doit pouvoir donner à tout citoyen le sentiment d’appartenance à une communauté libre, où le respect de sa personne se fait à priori sans distinction et sans prérequis. C’est le rôle de l’éducation républicaine promulguée par la France : montrer le caractère universel et l’aspiration de tous à la liberté.

    C’est ce cadeau qu’à voulu te faire ta maman, en t’accompagnant voir le fonctionnement d’une assemblée libre. Ne laisse pas un idiot te le gâcher, cette République est la tienne, la mienne, et aussi la sienne. On peut ne pas être d’accord entre tous les citoyens, mais jamais le fantasme ne fera la loi.

    Un jour, tu te poseras peut être la question de la foi religieuse, tu douteras même peut être de l’existence d’un dieu, ce sera ta vie, tu te poseras toutes les questions que tu voudras.

    Mais ne doute jamais de l’amitié et du soutien de nous tous, qui avons pleuré avec toi ce jour là. 

     

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    Ami entends-tu le vol noir des corbeaux

    en Bourgogne…

    Sachez amis musulmans que vous êtes aussi

    Français que toutes ces vermines qui souhaiteraient

    vous déclarer une guerre civile...

    Sachez qu'il y a encore des Français

    dont je fais partie

    qui n'ont pas oublié que vos ancêtres

    ont été incorporés de gré ou de force

    dans l'armée française

    pendant les première et seconde guerres mondiales

    et que beaucoup d'entre eux sont

    "Morts pour la France"

    Sachez que nous n'avons pas oublié que la France

    vous a colonisé pendant 132 ans

    et que pendant cette triste période

    6 millions de musulmans ont été victimes

    Sans oublier votre juste guerre d'indépendance

    où 300000 à 1 million 500000 musulmans

    selon les sources sont morts.

    Amis musulmans la République

    doit vous protéger contre toutes ces vermines

    d'extrême droite et d'ultra droite

     

    Dijon : un élu RN s'en prend

    à une femme voilée

     lors du conseil régional

    Dijon : un élu RN s'en prend  à une femme voilée lors du conseil régional

    Julien Odoul, élu RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, et membre du bureau national du Rassemblement national a demandé à une mère accompagnatrice de retirer son voile. Une vidéo a été publiée sur Twitter et est devenue virale. 
    La scène se passe au conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, lors de l'assemblée plénière vendredi 11 octobre à Dijon. L'élu Rassemblement national (RN) Julien Odoul, alors que la séance reprend, interpelle vivement une femme voilée présente dans l'enceinte du conseil régional en tant que mère accompagnatrice, lui demandant de retirer son voile.

    La vidéo de cette séquence a été publiée par l'élu sur Twitter et est devenue très rapidement virale. Elle a été vue plus de 800.000 fois. Julien Odoul, par ailleurs membre du bureau national du RN, a justifié sont l'interpellation par respect des "principes laïcs", et a appelé à "la loi de la République" ou encore au règlement du Conseil régional. Les élus du RN ont ensuite quitté la salle, avant de dénoncer dans un communiqué une "provocation islamiste".

    Peu après, la présidente PS du conseil régional, Marie-Guite Dufay a répondu que le règlement du conseil régional n'interdisait pas le port du voile au sein de l'hémicycle. Elle a dénoncé dans la soirée un "déferlement de la haine" et condamné des comportements "indignes d'élus de la République", n'excluant pas de "signaler ces faits au Procureur de la République et de porter plainte".

    "Je me rends mardi à Belfort pour rencontrer les enfants, leurs enseignantes et accompagnatrices", a-elle ajouté samedi dans un Tweet, dans lequel elle dit s'être entretenue "longuement avec cette maman afin de lui apporter tout (son) soutien".

    La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, est également montée au créneau samedi sur Twitter pour défendre la femme voilée. Elle a notamment affirmé que "c'est en humiliant les mères publiquement devant leurs enfants qu'on crée du communautarisme".

    CLIQUEZ AUSSI POUR VOIR CETTE VIDEO : https://twitter.com/i/status/1182654779316678657 

    Merci d'arrêter cette deuxième vidéo à la fin du sujet concerné

     

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    Alban Liechti, l'insoumis mais aussi Joyeux anniversaire à Vincent son fils, sans oublier Yolande sa maman

    Vincent Liechti mon ami, quel courage de te dénoncer comme radicalisé...

    Alban Liechti, l'insoumis mais aussi Joyeux anniversaire à Vincent son fils, sans oublier Yolande sa maman

    Tu écris : 

     

    « Devenu barbu l'année des attentats, partisans des repas sans viande à l'école et du port du poil intégral, en plus on a vu souvent son épouse porter le foulard ces derniers temps. Vincent Liechti ne se serait-il pas dangereusement radicalisé ? »

     

    Vincent Liechti mon ami : Ton humour qui se moque de M. Macron et de sa bande de godillots m’a fait retrouver un article de mon blog, daté de 2017 où je vois que tu as eu 1 an de plus le 13 octobre, je renouvelle ici cette date, je l'ai déjà fait sur Facebook...

     

    Alban Liechti, l'insoumis mais aussi Joyeux anniversaire à Vincent son fils, sans oublier Yolande sa maman

     

    Mais cela me permet de remettre en ligne cet article qui date donc de 2017 parlant aussi de ton papa et de ta maman. Peux-tu m’informer, en public ou en privé, si tes parents sont encore de ce monde. Merci d’avance. 

     

    Alban Liechti, l'insoumis mais aussi Joyeux anniversaire à Vincent son fils, sans oublier Yolande sa maman

     

     

    Alban Liechti, l'insoumis

    Alban Liechti, l'insoumis

    C’était le 6 octobre 2013 lors de la commémoration en hommage aux victimes de l’OAS au cimetière du Père-Lachaise à Paris, de gauche à droite nous reconnaissons : (2e) Jean-Philippe Ould Aoudia (Marchand-Feraoun), Alban Liechti (ACCA), Gilles Manceron (LDH) et Georges Morin (Coup de Soleil) 

    Le documentaire «  le Refus » retrace le combat anticolonial d’Alban Liechti qui refusa en juin 1956 de prendre les armes contre le peuple algérien. Alban Liechti fut incorporé dans l’armée le 5 mars 1956 comme jeune soldat du contingent. Lorsque son contingent est envoyé en Algérie à l’automne 1956, il écrit au président de la république qu’il refuse de faire la guerre au peuple algérien. Il sera condamné à la prison. 

    Après 4 années passées dans les prisons d’Algérie et de France, le 17 mars 1961, il est envoyé de force en Algérie dans un commando de Chasse d’un régiment de tirailleurs algériens. Dans le Djebel, de la région de Blida, il patrouille, tout en refusant de mettre les balles dans son arme. Son refus déterminé était celui d’un jeune qui reconnaissait au peuple algérien le droit à l’indépendance. Et ce n’est qu’avec la fin de la Guerre d’Algérie qu’il est libéré, le 8 mars 1962. 

     

    Quatre ans de prison et deux ans d'armée, le prix d'un refus, celui de participer à la répression colonialiste. Rencontre.

    Début 1956, les premiers appelés partent pour l'Algérie. Quelques mois après les manifestations qui avaient ponctué le départ des rappelés (dans une ville comme Limoges, il fallut trois jours de charges de police pour dégager la gare et permettre le départ du train). Parmi les jeunes de vingt ans ainsi expédiés outre-Méditerranée, un certain Alban Liechti.

    Né le 24 avril 1935, celui-ci est incorporé le 1er mars 1956 dans le cinquième régiment du génie, et, après ses quatre mois de classes, affecté en Algérie. Le 2 juillet, il cosigne avec une trentaine de soldats de son unité une pétition adressée au président du Conseil, le socialiste Guy Mollet, et appelant au cessez-le-feu. Le même jour, il rédige une lettre au président René Coty pour signifier son refus de prendre part à la guerre d'Algérie. Le 19 novembre, il est condamné à deux ans de prison par le tribunal militaire d'Alger. Il purge sa peine au centre pénitentiaire d'Alger, au centre de Berrouaghia, à la prison de Carcassonne (où il restera treize mois au régime cellulaire : pas de contact avec les autres détenus et interdiction aux gardiens de lui adresser la parole).

    À sa première sortie de prison, Alban Liechti est affecté au troisième régiment de chasseurs alpins à Barcelonnette. Nouveau départ en Algérie le 3 mars 1959 ; nouveau refus de combattre et nouvelle lettre au président de la République, Charles de Gaulle. Deux ans de prison (Alger, les Baumettes, Casadianda en Corse). Mars 1961, troisième départ en Algérie. Après deux mois d'opérations durant lesquels il refuse de porter une arme chargée, il est affecté à l'administration et achèvera ses " obligations militaires " en février 1962.

    Alban Liechti a aujourd'hui soixante-cinq ans (c'était en 2001) et une énergie à vivre visiblement intacte. Quel regard porte-t-il sur cette époque et comment analyse-t-il ses motivations ?

    " J'avais des parents communistes, épris d'internationalisme et très anticolonialistes ", commence Alban Liechti. " J'avais participé avec eux à la campagne pour la libération d'Henri Martin, qui, soldat, avait refusé la guerre d'Indochine. Avec ces idées, je me refusais de tirer sur des gens en lutte pour leur droit à l'indépendance. Mon initiative a été individuelle, mais j'en avais parlé à mes parents, aux camarades du Parti, à Yolande qui deviendra ma femme. Je savais que, le moment venu, je serais soutenu "...

    Durant cette " guerre sans nom ", pour reprendre le titre du film de Tavernier, ils furent une trentaine de soldats à choisir l'insoumission et son corollaire, la prison. Quelques dizaines d'autres désertèrent pour les mêmes motifs. Un nombre peu élevé, mais qu'Alban Liechti relie à d'autres formes de combat pour la paix en Algérie. " Chaque refus en nourrissait d'autres. Sur place, les refus de partir en opérations, la révolte contre la torture, le napalm, les corvées de bois " (terme désignant les exécutions sommaires camouflées en tentatives d'évasion). " En fait, chacun de ces refus contribuait à la convergence de toutes les actions pour la paix. Celles-ci furent de plus en plus nombreuses, jusqu'au combat d'une large partie du contingent contre les putschistes de l'OAS. "

    Alban explique de cette façon son changement de comportement début 1961. " Je voulais alors témoigner sur la guerre elle-même, prévenant que je refusais de combattre. Et puis le contexte était devenu très différent : nous n'étions pas loin du putsch et de l'OAS. Tout un état d'esprit qui se radicalisait des deux côtés. "

    Affecté à un régiment disciplinaire de tirailleurs algériens (à ne pas confondre avec les harkis, supplétifs volontaires des forces de répression françaises), Alban est, pendant deux mois, placé systématiquement en avant-garde des patrouilles. " Bien qu'ayant un fusil je n'ai jamais tiré un coup de feu. Il n'en reste pas moins que, pour les Algériens, je portais l'uniforme de l'armée française et qu'il n'était pas écrit sur mon front que je ne tirerais pas "... La solidarité des autres militaires de base et les dénonciations en France de cette ultime tentative pour le briser (ou le liquider ?) contraignent finalement la hiérarchie à le retirer de la zone d'opérations.

    Lorsqu'on lui demande quel sens il donnait à son insoumission, Alban Liechti cite sa lettre de 1956 au président Coty : " C'est l'amitié entre Français et Algériens que je veux défendre. C'est aussi la Constitution française que je respecte puisqu'il est dit dans son préambule : "La République française n'entreprendra aucune guerre de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple"... Et plus loin : "Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer et de gérer démocratiquement leurs propres affaires"... C'est pour ces deux raisons que je ne peux prendre les armes contre le peuple algérien en lutte pour son indépendance. "

    Une autre citation pour conclure. Extraite de sa lettre au général de Gaulle de mars 1959 : " Dans les prisons d'Algérie, j'ai vu les victimes de la répression ; j'ai senti son arbitraire, sa sauvagerie, son inutilité. Malgré toutes les souffrances que cette guerre inflige aux Algériens, j'ai compris que des possibilités d'amitiés demeurent, surtout quand nous savons leur prouver la nôtre. "

    censure

    Sorti de la prison de Carcassonne, Alban Liechti met à profit sa (brève) liberté pour épouser Yolande Toublanc (avec qui il n'a cessé de correspondre les deux années précédentes), en octobre 1958. " Ce fut l'occasion d'une grande manifestation de solidarité du PCF ", se souvient-il. Le lendemain, l'Humanité est saisie par les autorités. Motif : avoir publié des photos du mariage...

    Ma conclusion

    Alban Liechti, l'insoumis

    D’abord je souhaite un heureux anniversaire au fils d’Alban Liechti qui a pris une année de plus aujourd’hui 13 octobre 2017, mon ami sur Facebook Vincent Lietchi, auteur-compositeur-interprète, poète, conteur, slameur, cadre des collectivités locales et militant de la transformation sociale. Eh oui c’est son anniversaire aujourd’hui mais Vincent écrivait le 8 octobre 2017, il y a 5 jours : « 91 ans. Bon anniversaire à ma maman ».

    En octobre 1958 Yolande Toublanc, 33 ans, épousait Alban Lietchi, voici donc Yolande 59 années après, à qui, bien sûr j’avais souhaité un heureux anniversaire.

    Alban Liechti, l'insoumis

    Pour conclure cette histoire passionnante qui finit bien Vincent Lietchi interprète pour son papa et sa maman sans oublier tous ses nombreux amis dont je suis fier de faire partie "Refus d'obéissance".

    Michel Dandelot

     

     

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  • Banalisation de l’extrême droite.

    Nous sonnons l’alerte !

    Banalisation de l’extrême droite. Nous sonnons l’alerte !

    Après avoir soigneusement rebâtit ses fondations depuis quarante ans, l’extrême droite s’attèle à construire le dernier étage de la fusée. Elle le fait sous le regard complaisant des puissances financières et de leurs actuels commis politiques qui croient ainsi pouvoir conserver les manettes. Elle le fait en provocant stupeur et sidération grâce à une rhétorique ouvertement haineuse, raciste, homophobe, sexiste, islamophobe, de nature fascisante. La convention dite « de la droite » réunie sous les auspices de Mme. Maréchal, nièce Le Pen, en a apporté la preuve par une succession de discours d’une violence inouïe, dont celui tenu par M. Zemmour.

    Jamais, depuis la Libération, n’avait aussi clairement été appelé à en finir avec la République. Dans le plus pur style maurassien et collaborationniste, celle-ci est déclarée impotente et cosmopolite, fourrier d’une « anti-France » digne des ligues antisémites de la fin du 19ème siècle et du régime de Vichy. Jamais ne fut prononcé et si complaisamment relayé un aussi net appel à la guerre civile et religieuse. En l’occurrence contre l’Islam et les musulmans, cibles d’une vindicte délirante et visages d’une modernité haie, désignés en bloc comme les agents d’une « guerre d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel catholique » et, par conséquent, à exterminer.

    Le premier fait d’une grande gravité tient à la perméabilité nouvelle de ces discours néofascistes et appels à l’épuration ethnique au sein d’un certain monde médiatique. Un cran nouveau dans la standardisation du discours d’extrême droite vient d’être franchi, avec tout ce que cela suppose de travail sur les consciences. La responsabilité des médias est immense qui promeuvent, en France comme ailleurs, ces clowns tristes qui, de Trump à Zemmour en passant par Salvini ou Bolsonaro, sont les produits d’une société du spectacle, fabriqués sur petit écran. Voici que pour se justifier, les porte-micros invoquent « la liberté d’expression ». Or, nous parlons ici de discours dont quasiment chaque phrase tombe sous le coup de la loi et relève donc des tribunaux.

    Au-delà de son illégalité, le discours zemmourien instaure la grande confusion par la trituration des faits historiques. Il promeut l’équivalence aussi ridicule qu’odieuse entre nazisme, progressisme, néolibéralisme, islam et communisme, entre autres délires qui font basculer le propos dans l’irrationnel. On n’oubliera d’ailleurs pas les belles âmes qui, se réclamant du progrès, osèrent les néologismes absurdes « fascislamisme » ou « islamo-gauchisme », adoptant d’un seul coup le sabir zemmourien. Au jeu de la propagande bornée, tel est pris qui croyait prendre ! La thèse du « grand remplacement » cache-sexe d’une volonté épuratrice et d’une conception ethniciste de la nation, est brandie alors qu’elle ne résiste à aucune étude sérieuse, aucun chiffre, aucun fait.

    Zemmour et Maréchal ne sont en cela que l’expression de l’obscurantisme qui s’ébroue dans le monde entier, des anti-Lumières forcenés, jumeaux contrariés du fondamentalisme qu’ils prétendent honnir. Ce qu’ils présentent comme Histoire n’est au fond qu’un récit tragique détaché de toute forme de rigueur scientifique qui fait de la France une personne menacée. Le peuple français essentialisé se serait ainsi fait voler son identité profonde par la Révolution française. Aucune construction politique n’est permise, aucun libre arbitre n’est laissé à l’être humain, intrinsèquement lié à une tradition et à un peuple fantasmés. Au nom du « bon sens » et du « réalisme », le duo Maréchal-Zemmour s’affranchit de toute recherche de la vérité et de toute approche rationnelle.

    La grammaire de ces discours identitaires oppose un « nous » aux « eux », et permet d’inverser les rapports dominants-dominés. La lutte des classes est troquée pour une lutte des races, telle qu’elle est professée par tous les obsédés de la pureté identitaire.

    La brutalité de ce bavardage puise ses racines dans les traditions antihumanistes qui récusent toute forme d’universalisme. Une tradition portée en France par le « Rassemblement national », mais qui, dans le monde entier, force les portes des régimes dits démocratiques. L’offensive est globale et coordonnée pour tourner la page de l’épopée démocratique. Elle est violente et décidée pour donner une place centrale aux courants et idées d’extrême droite à la faveur des recompositions politiques à l’œuvre depuis l’effondrement du bloc soviétique. Les apprentis-sorciers libéraux, et les politiciens qui, par calcul, laissent faire ou encouragent – tout en prétendant combattre – cette nouvelle bipolarisation portent une très lourde responsabilité. Espérant, par tous les moyens, épargner le capital d’une critique radicale, ils préparent le terrain des forces réactionnaires, racistes, antidémocratiques qui prêchent la mort et la violence.

    Cette convention est en effet le paravent d’une opération politique de plus ample envergure. Les chevau-légers de la mouvance identitaire sonnent la charge pour étendre le champ des bataillons du Rassemblement National, élargir le lit de l’extrême-droite, essaimer des idées et tenter de rendre présentable Mme Le Pen pour la rapprocher de fractions de la droite républicaine. Pour définir son projet d’emprise néofasciste, Mme Maréchal s’est livrée sans vergogne au vol du concept d’hégémonie culturelle, soustrait à Antonio Gramsci, et qui subit une triple pression à froid jusqu’à être vidé de toute sa substance révolutionnaire, progressiste et émancipatrice. Il ne désigne plus, dans sa bouche, qu’une guerre de position idéologique déclinée dans tous les secteurs de la société. Associations, médias, entreprises, écoles : c’est là que se joue l’offensive pour contourner l’Etat, jugé trop solidement ancré sur ses bases républicaines. Ce n’est donc pas à une prise de pouvoir immédiate ou imminente que s’emploie Mme Maréchal, trop lucide sur ses faiblesses et sur les résistances sociales à ses idées obscurantistes. Ce travail idéologique d’ampleur a vocation à secouer les plaques tectoniques du débat politique pour préparer une offensive cinglante.

    Le monde des médias est ainsi spectaculairement investi par de nouveaux magazines en papier glacé qui sont autant d’écuries où se forme et s’exprime la fine fleur de la réaction brune. Légitimés par l’écrit, les voici propulsés sur les plateaux de télévisons, invités à donner leur point de vue sur tous les sujets d’actualité, à promouvoir dans le débat public leurs thèses de guerre civile. Le crédit qui leur est ainsi apporté instaure une normalisation d’idéologies mises au tapis en 1945. Cette entreprise doit être méditée par chaque démocrate, chaque républicain à l’heure où le pluralisme de la presse se meurt dans l’indifférence ; à l’heure où dans certains cercles on s’acharne à pousser L’Humanité à l’agonie ou à l’effacer du débat public. L’extrême droite a bien saisi que la presse, malgré ses difficultés, reste le fer de lance du combat idéologique.

    Cette offensive au long cours produit déjà des effets désastreux. Plus de la moitié des électeurs de droite se disent prêt à faire sauter les digues avec l’extrême droite. Se resserre donc dangereusement la tenaille entre les forces national-capitalistes et libérale-capitalistes qui espèrent chacune tirer leur épingle d’un jeu malsain où les alternatives sociales, progressistes, communistes, sont réduites au silence. Les peuples et les travailleurs sont ainsi laissés sans défense face à des propositions politiques qui, si elles diffèrent sur bien des points, promeuvent chacune l’inégalité sociale et politique.

    La redéfinition du rôle de l’Etat amputé de ses fonctions sociales, la mise à disposition du capital de ses prérogatives, les violences policières et les abus judiciaires, les politiques discriminatoires, les attaques contre les libertés publiques, contribuent à fertiliser le terreau de la réaction. L’Etat néolibéral, refusant tout compromis social, suscite le glissement de la société vers l’extrême droite. Il le suscite d’autant plus qu’il concentre son action sur ses fonctions régaliennes, une à une durcies jusqu’à rogner les libertés chèrement conquises.

    Une union de la contre-offensive, portant des propositions progressistes, post-capitaliste neuves est à fédérer urgemment. C’est bien de la misère sociale que se nourrit la réaction haineuse. Face aux lignes de fractures idéologiques créées par l’extrême droite, il est temps d’opposer la critique radicale du néolibéralisme et du jeu de dupe qu’il joue avec les extrêmes droites en unissant toutes celles et tous ceux qui subissent leur oppression, à commencer par les travailleurs. Nous ne pourrons très longtemps faire l’économie d’une action résolue contre l’ultralibéralisme qui ressuscite partout les démons fascistes. C’est bien à la construction d’une réponse politique unitaire, qui tisse le fil du progressisme à la française, des révolutions et des traditions philosophiques et politiques rationnelles, émancipatrices et internationalistes qu’il faut d’urgence s’atteler. L’heure est trop grave pour temporiser.

    Patrick Le Hyaric 

     

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    Affaire Zemmour : "On ira tous les jours jusqu'à

    ce que Cnews cède", Pierric Annoot,

    responsable communiste

    Pierric Annoot,responsable du Parti communiste français dans les Hauts-de-Seine (92). Photo : DR 

     

    Pierric Annoot est responsable du Parti communiste français dans les Hauts-de-Seine (92). Il est l'un des initiateurs du rassemblement qui a eu lieu ce jeudi 10 octobre devant les locaux de Cnews. Rassemblement pour exiger que la chaîne d'information en continu revienne sur sa décision.  

    Eric Zemmour deux fois condamné par la justice pour ses propos incitant à la haine raciale sera à l’antenne de Cnews du lundi au vendredi, une heure durant, à partir de 19 heures dans une émission intitulée "Face à l’info" présentée par Christine Kelly, à compter de ce lundi, le 14 octobre. Pierric Annoot appelle à un nouveau rassemblement devant Cnews ce lundi.

     

    LCDL : Vous êtes allé devant Cnews ce jeudi soir. Et vous avez l'intention d'y retourner ce lundi...  

     

    Pierric Annoot : Oui. Nous demandons l’annulation immédiate de l’émission quotidienne de Zemmour. Pour le moment, la direction de la chaîne, qui appartient pour rappel à Vincent Bolloré, milliardaire français, maintient cette émission. Si elle le fait, c’est d’abord pour faire de l’argent.

    L’irruption des chaines d’infos en continu au début des années 2000 a fortement contribué à transformer le débat politique. L’historien Gérard Noiriel démontre très bien dans son dernier ouvrage, que le venin de Zemmour n’est pas nouveau, qu’il le distillait depuis le début des années 90, mais que sa diffusion dans la société française tient pour beaucoup au bouleversement du champ médiatique avec l’arrivée de ces chaines d’infos en continu.

    Le clash permanent pour faire monter l’audimat est recherché à la fois par ces chaines et par des individus comme Zemmour pour faire parler d’eux et faire de l’argent.

    Il faut rappeler que Zemmour occupait déjà les micros de I-télé de 2003 à 2014, qu’il a fait ses premières armes télévisées chez Ardisson et Ruquier, plusieurs fois déprogrammé, condamné par la justice, mais toujours de retour grâce au jeu de la concurrence entre les chaines. Il y a donc une responsabilité particulière du système médiatique tel qu’il fonctionne aujourd’hui.

     

    Vous dites qu'on a franchi un cap avec la diffusion en direct sur LCI du discours xénophobe d'Eric Zemmour lors de la Convention de la droite... 

     

    Effectivement. Jamais depuis la libération, nous n’avions entendu, sur un grand média, de discours aussi violents avec un appel à peine dissimulé à la guerre civile et religieuse, en l’occurrence contre l’Islam et les musulmans. Donc, je crois que l’on passe d’une stratégie du buzz à un véritable choix politique de toute une partie de la classe dominante, pour légitimer les discours racistes et la stigmatisation des musulmans.

     

    Certains disent qu'empêcher Éric Zemmour de parler est contraire à la liberté d'expression. Qu'en pensez-vous ?

     

    La déclaration des droits de l'homme et du citoyen dit: "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi." Or, Zemmour a été condamné par la justice pour incitation à la haine religieuse et raciale à deux reprises. Quasiment chaque phrase de son discours lors de la Convention de l’extrême droite tombe sous le coup de la loi.

    Et encore une fois, plus que de me référer à la loi, je veux insister sur la responsabilité immense de ces médias. Par exemple, quand Zemmour brandit la thèse fumeuse du grand remplacement, il relaie le discours des néofascistes et appelle implicitement à l’épuration 

    ethnique. Nous sommes là dans l’atteinte à la dignité humaine, dans l’appel à la haine. En le laissant éructer sur les plateaux télé, cela banalise son discours et le légitime. Cette légitimation peut pousser à l’acte, comme le drame que nous venons de vivre en Allemagne devant une synagogue, ou le mois dernier en France où une femme voilée a été poignardée parce que musulmane. La liberté d’expression ne peut être invoquée lorsqu’elle est utilisée pour libérer la parole et les actes racistes.

     

    Pour l'affaire Dieudonné-Soral, Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait pris les devants pour leur interdire de s'exprimer. Comment expliquez-vous le silence d'Emmanuel Macron ou des ministres pour l'affaire Zemmour ?

     

    Il y a un deux poids deux mesures. Et c’est un drame. L’islamophobie et l’antisémitisme sont issus de la même matrice idéologique d’extrême droite. Or, il est indéniable qu’en France l’un et l’autre ne sont pas traités de la même manière. Une insulte antisémite en publique à l’hiver dernier a provoqué à juste titre l’indignation nationale.

    Une femme voilée qui se fait poignarder ou une mosquée taguée, ça fait au mieux deux lignes dans la rubrique faits divers de la presse régionale. Cette injustice est dévastatrice. Cette hiérarchisation vise à désigner un nouvel ennemi de l’intérieur : le musulman.

    Les derniers discours de Macron et Castaner sont d’ailleurs très graves. Ils nous invitent non pas à identifier des signes distinctifs d’appartenance à des réseaux terroristes, mais à identifier et dénoncer des signes d’appartenance religieuse avec ce tryptique insupportable : immigration/Islam/terrorisme.

    On nous demande en filigrane de dénoncer le musulman, comme hier on nous demandait de dénoncer le juif. La prochaine étape c’est quoi ? Après le port de l’étoile jaune, celui du croissant vert ?

    L’instrumentalisation des religions, le concept inique de la guerre des civilisations sert un seul projet : la survie d’un capitalisme en crise profonde et des rapports de domination sexistes et racistes.

     

    SOURCE : https://www.lecourrierdelatlas.com/medias-affaire-zemmour-on-ira-tous-les-jours-jusqu-a-ce-que-cnews-cede-pierric-annoot-responsable-communiste-22772#.XaCnO0-40TE.facebook

     

    Visualisez la vidéo de France Inter Vous saurez tout sur la chaine poubelle CNews et l’arrivée du délinquant islamophobe Zemmour. 

     

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    "Pendant la guerre, j'ai tué"

     

    Gilles et Bernard sont des anciens de la guerre d'Algérie... Dans leur jeunesse, l'un comme l'autre ont été entraînés, disent-ils, sur la pente de l'irréparable. Ils ont tué ou ont été responsables de la mort d'un autre homme, malgré eux.

    "Pendant la guerre, j'ai tué"

    Les parachutistes du colonel Bigeard interrogent, le 14 mars 1957, Omar Merouane, soupçonné d’avoir commis de nombreux attentats, qu’ils viennent d’arrêter à Saint-Eugène en Algérie, pendant la guerre d’Algérie.• Crédits : Jacques Grévin/Intercontine – AFP

     

    Ils ont tué ou ont été responsables de la mort d’un autre homme, malgré eux. Depuis, ils ont adhéré à l'association 4ACG pour Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre qui s'engagent à verser leur pension de guerre à des bonnes œuvres en Algérie.

    Gilles est envoyé en Algérie alors qu'il a tout juste vingt ans. Il arrive dans ce "département français" qu'il connait mal, sans vraiment comprendre les raisons du conflit. Etant une toute jeune recrue, il écoute les ordres, ou du moins il tente jusqu'à ce qu'on lui demande d'attacher un homme, défiguré par les coups, à un piquet. Il assiste à l'exécution de l'homme en question, complètement impuissant et traumatisé pour le reste de son existence.  

    « Nos regards se sont croisés. J’ai vu dans ses yeux qu’il demandait de la compassion. »

    « Pour moi c’était un attentat, on venait de tuer un homme sans défenses, sans justice, sans arme. »

    Bernard, lui, se positionne par rapport à la guerre d'Algérie, il n'est pas question qu'il y participe, d'une part parce qu'il ne veut pas aller à la guerre, d'autre part parce qu'il est contre cette guerre puisque pour lui, l'Algérie a droit à son indépendance. Il demande à partir à Madagascar, mais il est envoyé en Algérie, malgré lui. Une fois sur place, il arrête de penser, accepte la situation et devient sergent et finit par tuer un prisonnier au cours d'une "corvée de bois"

    « Sans m'en rendre compte, je suis entré dans la guerre et j'ai épousé les objectifs de l'armée française. »

    «On faisait croire aux prisonniers qu'on les emmenait chercher du bois, on les conduisait dans la forêt et on leur tirait dans le dos. »

    « Le prisonnier avait été récupéré par les responsables du bataillon et puisque c'était un chef, ils l'ont forcé à donner des renseignements sur ses camarades et les activités de son groupe. Et un beau jour, on nous l'a ramené pour qu'on l'exécute. C'était une pratique générale de l'armée française, on exécutait les prisonniers une fois qu'on leur avait soutiré tout ce qu'on pouvait, quand ils ne mourraient pas sous la torture. »

    « Il y avait autant de manières d’exécuter les gens que la barbarie humaine peut imaginer.»

    Si vous souhaitez écouter l'émission de France Culture d'une durée de 28 mn. 45 sec. cliquez sur le lien ci-dessous :

     


     

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    Cyclisme : Raymond Poulidor hospitalisé depuis fin septembre   "va mieux"

    Cyclisme : Raymond Poulidor hospitalisé depuis fin septembre "va mieux". Lui aussi a perdu de longs mois de sa jeunesse dans la très sale guerre d'Algérie

    Raymond Poulidor, sur le podium d'arrivée à Pau, le 18 juillet 2018, avec le vainqueur de l'étape du jour, Arnaud Démare 

    DAVID LE DÉODIC 

    L’ancien champion cycliste est toujours hospitalisé à Saint-Léonard de Noblat, mais les dernières nouvelles sont plutôt rassurantes.

    Raymond Poulidor, 83 ans, est toujours hospitalisé à Saint-Léonard de Noblat (Haute-Vienne), où il réside, mais son état se serait amélioré ces dernières heures, selon le journaliste Bernard Verret, proche de l’ancien coureur, qui lui a rendu visite ce jeudi, en compagnie de son ancien coéquipier Claude Mazeaud. "Raymond se remet d’un gros coup de bambou, reçu cet été, mais son état s’est nettement amélioré" a-t-il expliqué sur France Bleu Haute-Vienne. 

    En début de semaine, Gisèle, l’épouse de "Poupou" n’avait pas caché son inquiétude auprès du Parisien. " Les nouvelles ne sont pas très bonnes. Les médecins nous ont dit qu’ils allaient faire des tests mais que nous devions nous préparer à ne pas recevoir de bonnes nouvelles. Cela fait quelques jours qu’il ne parle presque plus. Il répond juste par « oui » ou « non » quand on lui demande s’il a mangé ou dormi. Je suis évidemment très inquiète. » Raymond Poulidor était sorti du Tour de France (où il joue un rôle d’ambassadeur très populaire pour la banque sponsor du maillot jaune) très usé. Souffrant d’un œdème pulmonaire, il avait dû subir deux ponctions au moins d’août à Limoges, avant d’être rapatrié à Saint-Léonard de Noblat dans un état de grande fatigue.

    Ils avaient vingt ans.

    Ils ont fait la guerre d'Algérie

    "L'absurde parenthèse"

    Raymond Poulidor aussi…  

     

     

    L'incorporation, la traversée, les patrouilles, la peur, le combat, la torture, les paras, la démobilisation... 

    Pour évoquer ces thèmes, Dominique Paganelli a rassemblé des témoignages d'appelés aujourd'hui connus : Cabu, Jean-Claude Carrière, Raymond Poulidor, Jean-Pierre Beltoise, Jacques Barrot, Gilles Perrault, Jacques Higelin, Pierre Santini. Tous ont été en Algérie et racontent leur guerre, leur quotidien d'alors. Ils font partie des 1 343 000 appelés qui, entre 1954 et 1962, ont débarqué à Alger ou ailleurs, avec des idées politiques ou l'insouciance de la jeunesse, et ont découvert un conflit qui en était bien un, rythmé par les attentes interminables en caserne, les moments d'horreur et les désillusions, qui, une fois qu'ils seront revenus en métropole, les empêcheront longtemps de parler de leur guerre. 

    Oublier, effacer, fermer l'absurde parenthèse... Quel que soit le mot choisi ou l'expression utilisée, tous les appelés à leur retour d'Algérie, se sont cognés au mur du silence, à celui de l'indifférence. Il leur a fallu vivre avec leurs tourments, leurs cauchemars algériens, sans parvenir à s'en délester. A défaut de les écouter, ils auraient aimé qu'on les entende, ça les aurait apaisés. "Oui ca a été le grand silence, dit Jean-Pierre Farkas ancien grand reporter à RTL, Paris Match... Moi c'est vrai je n'ai rien dit, mais on ne m'a rien demandé. Pourtant ça m'aurait soulagé, mais était-ce utile? Notre guerre à nous c'est une guerre qui pue, une guerre qui ne disait pas son nom et dont les Français avaient le sentiment qu'elle était illégitime La guerre de 14-18, on en discutait dans les familles, devant le cadre où étaient accrochées les médailles du grand-père qui avait été dans les tranchées. C'était un héros, comme celui qui, dans les années 40, avait fait de la résistance ou était à Londres ou dans la deuxième DB, pour repousser l'envahisseur allemand. Mais nous?" 

    Alors ils ont tout gardé pour eux, tout ravalé, tout dissimulé. Et pour certains, ça a fait un drôle de mélange à l'intérieur, parfois détonnant. Les autres ont dû faire avec. 

    Quand Raymond Poulidor devient champion de France cycliste sur route en 1961, comme tous les vainqueurs, il se plie au protocole. Il accepte tous les bouquets de fleurs qu'on lui tend, il enfile son maillot tricolore et sur la plus haute marche du podium, il se redresse quand La Marseillaise retentit. Ne pense-t-il qu'à sa victoire? Le cessez-le-feu vient d'être signé. Lui était là-bas, il n'y a pas si longtemps. Quel supporter admiratif peut imaginer à cet instant que derrière le sourire du cycliste se cachent les souvenirs d'un appelé, qui au volant de son camion conduisait les légionnaires au combat ? 

     

    Saint-Lary : Poulidor quarante ans après sur

    le terrain de son exploit

    Saint-Lary. Quarante ans après, Raymond Poulidor est revenu sur le terrain de ses exploits. Il a inauguré une stèle dédiée à sa victoire dans l’étape du Tour de France au Pla d’Adet, en 1974, à l'endroit même où il avait décramponné le grand Eddy Merckx.  

    PHOTO T. L./ « SO » 


     

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    TOUS MOUCHARDS ?

    TOUS MOUCHARDS ?

     

     

    Les assassinats perpétrés à la Préfecture de police de Paris, au sein même du dispositif policier, sont d’une extrême gravité et il est urgent de connaître les conditions dans lesquelles ils ont été commis et de prendre les dispositions nécessaires pour s’en prémunir à l’avenir. La police ne manque pas de moyens pour cela. Elle l’a montré en d’autres circonstances. En tout état de cause, cela ne doit en aucune façon servir de prétexte à une stigmatisation des Musulmans où à un appel à la délation. Nous y perdrions notre âme. 

    Ecoutant le discours de Macron à la télévision, je pensais avoir mal compris. Ce n’était pas possible ! Je consultai le texte écrit de son  discours. Voici ce qu’il a déclaré : « Une société de vigilance, voilà ce qu'il nous revient de bâtir. La vigilance, et non le soupçon qui corrode, la vigilance, l'écoute attentive de l'autre, l'éveil raisonnable des consciences : c'est tout simplement savoir repérer à l'école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi, les relâchements, les déviations, ces petits gestes qui signalent un éloignement avec les lois et les valeurs de la République".

    J’avais malheureusement bien entenduLa formule de faux-cul « non le soupçon qui corrode », caractéristique du promoteur du « en même-temps », ne peut nous abuser : le Président de la République appelle les Français, dans un discours officiel, à se transformer en délateurs. 

    Les petits gestes ? La barbe de mon voisin? Le voile des mamans qui accompagnent un voyage scolaire ? Le tapis de prière de mon ami Fouad ? Cet article que des mouchards potentiels vont trouver complaisant ? 

     Dans le climat actuel d’islamophobie, j’imagine les dégâts que va provoquer cet appel irresponsable du chef de l'Etat aux relents vichystes. 

    Je suis athée, et j’affirme une nouvelle fois  que  je me refuse à combattre la foi religieuse quelle qu’elle soit. Je me reconnais dans la pensée de Marx : « La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. » que l’on réduit trop souvent à cette dernière phrase en faisant abstraction du début du paragraphe. 

    Les mêmes – parfois de gauche aux côtés de l’extrême-droite - qui dénoncent le port du voile et les prières dans la sphère publique, ne s’insurgent pas contre les processions chrétiennes et la tenue vestimentaire des prêtres et des religieuses qui, pas plus que le voile,  ne me gênent. Je suis pour la liberté, et quand en Algérie, où je vais souvent, je croise des jeunes femmes, les unes voilées, les autres cheveux au vent, bras-dessus, bras-dessous, cela me fait chaud au cœur. 

    Macron dans son mano a mano avec les Le Pen nous prépare une société  dangereuse. Résistons ! 

    Bernard DESCHAMPS 

    ancien député

    09/10/2019 

    SOURCE : http://www.bernard-deschamps.net/2019/10/tous-mouchards.html

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    Face à l'Histoire : la guerre d'Algérie

    Face à l'Histoire : la guerre d'Algérie au cinéma

     

    La Bataille d’Alger, Muriel, Les Parapluies de Cherbourg, RAS, Avoir 20 ans dans les Aurès… Frédéric Bas fait le point sur la représentation de la guerre d’Algérie au cinéma.

     

     

     

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