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    VOICI MON PLUS BEAU

    SOUVENIR

     

     VOICI MON PLUS BEAU  SOUVENIR

     

    C'est en pensant à cette citation que je tiens à vous faire connaître m

    "Ayant eu le grand honneur d'être invité par Jean-François Gavoury, président de l'ANPROMEVO (Association Nationale pour la Mémoire des Victimes de l’OAS), j'ai donc pu assister à cette cérémonie, inoubliable pour moi aussi. Comme beaucoup d'amis et de sites sont venus me rejoindre ici, depuis cette date du 6 octobre 2011,  c'est pour eux que je tiens à leur faire (re) vivre cette journée mémorable. C'est mon plus beau souvenir que je n'aurai jamais vécu si le 2 avril 2010 je n'avais pas créé ce blog"

      Michel Dandelot

     

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     Au premier plan et de gauche à droite : M. Ian Brossat, Mme Catherine Vieu-Charier, MM. Jean-François Gavoury et Bertrand Delanoë, Mme Anne Hidalgo et M. Jean-Philippe Ould Aoudia.

    « Paris aujourd’hui relève la tête en disant que l’OAS était une organisation idéologiquement criminelle et, dans ses actes, barbare. » Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 6 octobre 2011.

     

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    Une stèle en hommage aux victimes de l’OAS

     

    inaugurée à Paris

     


     

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    Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et sa première adjointe, Anne Hidalgo, ont inauguré jeudi 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise à Paris une stèle en hommage aux victimes de l’OAS, une initiative inédite en France.

    Le 8 février 2011 le Conseil de Paris avait voté à l’unanimité en faveur de la pose de cette stèle. Le vote des élus avait eu lieu le jour anniversaire de la manifestation organisée à Paris le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’OAS et la guerre d’Algérie. Une manifestation qui s’était terminée par un massacre à la station de métro Charonne.

     

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    Une stèle pour les victimes de l’OAS

     

    Une stèle à la mémoire des victimes de l’OAS a été dévoilée aujourd’hui au cimetière du Père-Lachaise au cours d’une cérémonie émouvante durant laquelle le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a rappelé sa "fierté" de voir Paris être la première commune et institution à le faire.

     "L’OAS, c’est une organisation terroriste, c’est une organisation criminelle qui a voulu détruire la République. Les victimes que nous honorons aujourd’hui sont des femmes, des hommes, des enfants, des militaires, des Français et Algériens morts parce qu’une organisation a contesté et voulu abattre l’ordre démocratique", a dit le maire de Paris.

     La stèle porte l’inscription suivante : « 1961-1962. En hommage à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France. Civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République ». Président de l’association ANPROMEVO (association nationale pour la mémoire des victimes de l’OAS) et fils d’un commissaire assassiné par l’OAS en 1961, Jean-François Gavoury a rappelé que "l’organisation de l’armée secrète (OAS) est apparue en début d’année 1961 et a semé la terreur jusqu’en 1962 afin d’empêcher que soit trouvée la seule issue possible au conflit, celle de l’indépendance de l’Algérie".

    Cet homme qui a ardemment milité pour l’édification de cette stèle a souligné que l’OAS fonctionnait "à la manière d’un syndicat du crime. S’y sont retrouvés monarchistes, pétainistes, catholiques intégristes, nostalgiques de l’empire colonial français et autres ennemis de la République". Parmi les personnes présentes à la cérémonie figurait Delphine Renard, grièvement blessée le 7 février 1962 à quelques centaines de mètres de la porte de Saint-Cloud (Paris) dans un attentat qui visait le ministre de la Culture André Malraux. "Je suis fier que Paris soit la première commune, la première institution Française à oser le faire, mais avec le regret que cela n’ait pas été fait plus tôt" a ajouté Bertrand Delanoë.

     

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    Bertrand Delanoë a inauguré le jeudi 6 octobre 2011, au cimetière du Père-Lachaise, une stèle en hommage aux victimes de l'OAS, une initiative inédite en France.

    Entre 1961 et 1962, de nombreux Français furent victimes, en France métropolitaine comme en Algérie de l’« Organisation de l’Armée Secrète » (O.A.S.), qu’ils soient militaires, fonctionnaires, civils, pour le simple fait qu’ils obéissaient aux lois de la République, respectant les ordres du gouvernement légal et légitime.

    L'hommage qui leur a été rendu s’inscrivait dans l’action de mémoire collective, menée depuis 2001 par la Ville de Paris autour de la guerre d’Algérie et des conflits coloniaux en Afrique du Nord, avec, notamment, l’édification au Père-Lachaise d’un mémorial en hommage aux 747 Parisiens morts pour la France en Afrique du Nord, la plaque en souvenir des victimes de la répression du 17 octobre 1961 sur le pont Saint-Michel, ou la plaque à la mémoire des Harkis, de leur famille et des victimes civiles de la guerre d’Algérie dans le jardin de la Butte du Chapeau Rouge, près du boulevard d’Algérie.

    Le 8 février 2011 - jour anniversaire de la manifestation du 8 février 1962 à Paris pour dénoncer les agissements de l'OAS et la guerre d'Algérie - le Conseil de Paris avait unanimement voté en faveur de la pose de cette stèle.

    La stèle, apposée au Père Lachaise dans une parcelle en bordure de la 88e division, porte le texte le suivant: "1961-1962. En hommage à toutes les victimes de l'OAS en Algérie et en France. Civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, élus, défenseurs des institutions et des valeurs de la République".

     

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    Stèle de la Ville de Paris aux victimes de l’OAS

     

    Cérémonie de dévoilement au cimetière du Père Lachaise

    le 6 octobre 2011 à 11 h 30

     

    Intervention de Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale

    pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS (ANPROMEVO)

     

     

      St-le P-re Lachaise aux victimes de l-OAS 6-X-2011 -2-

     

    Merci, Mesdames et Messieurs, d’avoir bien voulu répondre, en nombre, à l’invitation de M. Bertrand Delanoë et de Mme Catherine Vieu-Charier. Merci d’avoir fait, parfois depuis loin et malgré la maladie, le déplacement jusqu’en ce haut-lieu du souvenir, pour y témoigner de votre attachement aux principes et valeurs qu’incarnaient celles et ceux que nous honorons aujourd’hui.

     

    Le drapeau de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, à côté de la stèle, exprime, symboliquement, la chaleureuse présence parmi nous de son président national, M. Wladyslas Marek : il nous a quitté le 24 septembre ; hommage soit ici rendu à sa mémoire.

     

     L'Organisation armée secrète est apparue en début d’année 1961 et a semé la terreur jusqu’en 1962 afin d’empêcher que soit trouvée la seule issue possible au conflit, celle de l’indépendance de l’Algérie.

     

      Fonctionnant à la manière d’un syndicat du crime, l’OAS a été un creuset pour l’extrême droite : s’y sont retrouvés monarchistes, pétainistes, catholiques intégristes, nostalgiques de l’Empire colonial français et autres ennemis de la République. La plupart de ses anciens membres ou sympathisants revendiquent aujourd’hui cette filiation et assument la haine tenace qu’ils vouent au général de Gaulle : le général de Gaulle qui, il y a cinquante ans, le 2 octobre 1961, exhortait l'armée française en Algérie à rester dans le devoir et adjurait les Français d'Algérie "d'apporter leur franc concours à la naissance de l'Algérie nouvelle, celle que souhaite la France, c'est-à-dire telle qu'ils y aient leur digne place".

     

      Dès le milieu des années soixante-dix, exploitant les lois d’amnistie sur les infractions en relation avec la guerre d'Algérie, d’anciens détenus de l’OAS se sont employés à célébrer la gloire de ceux d’entre eux qui avaient été condamnés à mort et exécutés à raison du nombre ou de la gravité de leurs forfaits. Afin de les faire passer à la postérité, des monuments ont été érigés à leur gloire dans le Midi de la France : ils y sont décrits comme des martyrs, des héros, des résistants, forme impudente de réhabilitation et de falsification de l’Histoire.

     

      L’accoutumance à la douleur, la peur, mais aussi l’absence de soutien, n’ont que trop longtemps porté les familles de victimes de l’OAS à la résignation, à la subordination au diktat du révisionnisme, mais sûrement pas à l’oubli.

     

         Chaque jour, en effet, nous nous souvenons des morts causés par l’organisation, des morts dont le nombre serait supérieur à 2.700 selon les estimations d’experts appartenant à la Société française d’histoire de la police :

     

    -        des victimes tant de crimes ciblés, individuels ou collectifs, que d’attentats aveugles ;

     

    -        des victimes en Algérie comme en métropole ;

     

    -        des victimes avant comme après le cessez-le-feu ;

     

    -        des victimes au sein de l’armée (du général de corps d’armée ou de l’officier – tel le chef d’escadrons Marcel Bourgogne – à l’appelé du contingent), comme au sein des forces de police (du contrôleur général de la sûreté nationale au gardien de CRS) ;

     

    -        mais outre ces militaires et policiers, dont c’était la mission et l’honneur de protéger les institutions et d’assurer la sécurité et l’ordre publics :

     

    Ø un attaché au consulat britannique à Alger, Alfred Fox,

     

    Ø des magistrats, tel Charles Causse, juge d’instruction à Alger,

     

    Ø des élus (notamment Camille Blanc, maire d’Évian, et Michel Schembri, maire de Fort-de-l’Eau),

     

    Ø des fonctionnaires : de l’administrateur civil ou directeur des PTT aux enseignants, cibles privilégiées, tels les six inspecteurs des centres sociaux éducatifs massacrés dans l’exercice de leurs fonctions et sur leur lieu de travail à Alger (l’écrivain Mouloud Feraoun, l’humaniste Max Marchand ainsi que Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène et Salah Ould Aoudia),

     

    Ø des membres de la société civile (avocats, tel Me Pierre Popie à Alger ; médecins ; chefs d’entreprise et employés, tels David Serfati et Hélène Canavesio à Oran ; …),

     

    Ø des responsables ou militants politiques ou syndicaux (tels William Levy, secrétaire général de la SFIO à Alger et Alfred Locussol, militant du Parti communiste algérien, assassiné quant à lui à Alençon).

     

    -        comment ne pas évoquer également ces innombrables victimes anonymes des meurtres en série commis par l’OAS en Algérie à travers ses journées des femmes de ménage, des facteurs, des cheminots, des préparateurs en pharmacie, des dockers, … ?

     

    -        comment oublier les victimes indirectes de tentatives d’assassinat dirigées contre des personnalités politiques, telle Delphine Renard grièvement blessée le 7 février 1962, à quelques centaines de mètres de la Porte de Saint-Cloud, dans un attentat visant le ministre de la culture André Malraux ? Après cinquante années de silence, Delphine Renard dit ne pas supporter que l’histoire renvoie dos à dos les tueurs de l’OAS et leurs victimes. Elle est parmi nous ce matin, discrète mais solidaire : en votre nom, je lui dis toute mon affectueuse sympathie, ainsi qu’à sa mère qui a bien voulu se joindre à nous.

     

    -        et comment ne pas penser, alors, aux neuf victimes causées au Métro Charonne, le 8 février 1962, à l’issue d’une manifestation organisée pour la paix en Algérie et contre les crimes de l’OAS ?

     

    Le Maire et le Conseil de Paris tout entier ont permis la réalisation du projet initié par l’ANPROMEVO, résolument soutenu par des mouvements et associations. Merci à leurs représentants d’être ici :

     

      Association républicaine des anciens combattants (ARAC)

     

    Comité Vérité et Justice pour Charonne

     

    Coup de soleil

     

    Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA)

     

    Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP)

     

    France - Algérie

     

    France - el Djazaïr

     

    Harkis et Droits de l’Homme

     

    Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons

     

    Ligue des droits de l’Homme

     

    Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)

     

    Solidarité France Pays Arabes

     

      Le projet a été élaboré en concertation avec Mme Odette Christienne, puis avec Mme Catherine Vieu-Charier, et en liaison permanente avec le cabinet du Maire de Paris en la personne de M. Philippe Lamy. Présenté au conseil du 20è arrondissement le 27 janvier 2011, puis, le 8 février, en Conseil de Paris, il a dans les deux cas recueilli un assentiment unanime.

     

     La présence de cette stèle dans le voisinage immédiat du monument érigé par la Ville de Paris en mémoire de ses Morts pour la France en AFN et la dédicace dont elle est porteuse sont une incitation à l’apprentissage, par les jeunes générations, de la guerre d’Algérie, à travers la page franco-française du conflit, sans doute la plus douloureuse et la plus sombre.

     

    Nous y voyons également un message républicain à valeur d’exemple que Paris adresse aux communes de France dont l’histoire a été marquée par l’OAS. Son dévoilement, aujourd’hui va résonner non seulement là où l’OAS a directement perpétré ses crimes et attentats, mais là aussi où les victimes de cette organisation sont nées ou ont vécu et exercé leur activité au service de leurs concitoyens.

     

     À nos yeux, son inauguration constitue un acte fondateur de la mémoire plurielle de la guerre d’Algérie.

     

      Oui, le 6 octobre 2011 marquera une étape déterminante vers la reconnaissance par la Nation des souffrances endurées par les victimes de l’OAS.

     

      Rien n’aurait été possible sans l’écoute de la ville capitale dont il convient de saluer, avec respect et gratitude, le Maire et son adjointe en charge de la mémoire ainsi que l’ensemble des élus et des services. Sans doute, aussi, cette stèle ne serait-elle pas née sur ce remarquable emplacement du cimetière du Père Lachaise si un éditeur n’avait pas - le premier et le seul - sorti de l’oubli et de l’ombre les victimes de l’OAS en faisant se rencontrer leurs descendants et, surtout, en leur donnant la parole et la plume : merci, par conséquent, aux Éditions Tirésias et à Michel Reynaud, pour qui le livre est mémoire. Merci enfin à l’artiste, au sculpteur, M. Constantin Spourdos, pour qui la matière est mémoire.

     

      Monsieur le Maire de Paris, c’est un vrai moment de lumière que vous nous donnez à connaître en mettant à l’honneur des hommes et des femmes soumis à la barbarie de ce terrorisme dont l’image hideuse doit nous encourager à repousser toute forme de résurgence.

     

    Jean-François GAVOURY

     

    Déclarations de Jean-Philippe Ould Aoudia, président de l’Association des amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons 

     

    Pour Jean-Philippe Ould Aoudia, le dévoilement de cette stèle est un "évènement tout à fait remarquable et exceptionnel dans la mesure où il a fallu 50 ans pour que la France reconnaisse les crimes commis par des Français". Il a relevé que cet hommage intervient à quelques jours de la commémoration du cinquantenaire des massacres d’octobre 1961 à Paris.

     

    Ce qui fait, selon lui, "avancer la vérité". "La vérité se fait lentement, mais elle s’effectue quand même. Il y a eu un ambassadeur de France en Algérie qui a reconnu le côté inexcusable de ce qui s’est passé en 1945 à Sétif et à Guelma. Il y a aujourd’hui des autorités françaises qui reconnaissent que la France s’est mal comportée en France et en Algérie, que ce soit le 17 octobre 1961 à Paris ou bien en Algérie et en France dans le cadre des massacres commis par l’OAS", a relevé le fils d’une des victimes de l’OAS, Salah Ould Aoudia, assassiné, le 15 mars 1961 à Ben Aknoun (Alger), en compagnie de Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Marcel Basset, Robert Eymard et Max Marchand

     

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    Quand le soldat Cabu croquait l’Algérie en guerre

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 « Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie »

    Le Maghreb des livres expose à l’Hôtel de ville de Paris des dessins peu connus du caricaturiste assassiné en 2015.

    Mort le 7 janvier 2015 dans l’attentat contre Charlie Hebdo, Cabu connaissait bien le pays d’origine de ceux qui l’ont tué : l’Algérie. L’exposition « Cabu croque Constantine », présentée par le festival Le Maghreb des livres du vendredi 13 au dimanche 15 mai à l’Hôtel de ville de Paris, n’évoque nullement cette coïncidence plus dramatique qu’ironique, mais se penche sur le long séjour (vingt-sept mois) que le dessinateur passa, dans le cadre de son service militaire, dans ce qui était alors un département français, en pleine guerre. Peu connu, l’épisode s’est avéré décisif dans la conscientisation politique de Cabu. Mobilisé à l’âge de 20 ans sans opinion affirmée sur l’armée, il deviendra sur place un antimilitariste acharné, caractère qui ne le quittera jamais par la suite et nourrira abondamment son œuvre.

    De son vrai Jean Cabut, le jeune homme travaille déjà pour plusieurs journaux (L’Union, Ici Paris, Paris-Match) quand il est appelé pour servir son pays, en septembre 1958. La guerre a commencé depuis quatre ans. Entre 1956 et 1962, plus d’un million et demi de jeunes Français seront envoyés en Algérie ; 25 000 n’en reviendront jamais. Parti de son fief de Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne), le soldat Cabut fera d’abord ses classes dans un régiment semi-disciplinaire de zouaves, avant d’être affecté au fort Clauzel, près de Bougie (aujourd’hui Béjaïa), puis d’être intégré au 137e régiment d’infanterie de Constantine. Il finira sa « carrière » militaire dans cette même ville en rejoignant le service cartographique du « 5e bureau d’action psychologique » au retour d’une permission salvatrice. 

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 « Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie »

    7 ans plus tard hommage à tous les assassinés

    de Charly Hebdo (en chanson)

     

    Cabu, côté intime dans sa biographie

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 « Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie »

    La biographie de Cabu est signée de son copain Jean-Luc Porquet, journaliste au « Canard enchaîné ». LP/Frédéric Dugit

     

    Une biographie raconte le parcours du dessinateur, mort en 2015 lors de l’attentat contre « Charlie Hebdo ».

     

    Du « Grand duduche » à « Charlie », en passant par le « Beauf » et Récré A2, on croyait tout connaître de Cabu, né Jean Cabut, en plein hiver 1938, et mort assassiné à Paris à quelques jours de son 77e anniversaire lors de l’attentat du 7 janvier 2015. Un pavé de 384 pages, une biographie truffée de dessins et de documents inédits, vient nous prouver le contraire. Signé de son copain Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard enchaîné, il invite, avec pudeur, à pénétrer l’intimité de cet « homme exceptionnel », parfois dissimulé derrière l’inlassable, voire insatiable, dessinateur.

    Le plus surprenant, sans doute, se cache dans les premiers chapitres, ceux sur la jeunesse de Cabu, jusqu’à son retour d’Algérie. Car oui, c’est bien lui, ce beau gosse sur les photos, regard profond, raie sur le côté et sourire enjôleur à 19 ans. Il n’a pas encore chaussé les lunettes rondes ni opté pour sa célèbre coupe au bol. Il est déjà un surdoué du dessin : à 11 ans, il a choisi sa voie, à 13 il signe une incroyable fresque de 3,4 m de long, l’un des inédits du livre, sur la vie à Châlons-en-Champagne, à 15, il réalise ses premiers dessins dans « L’Union », le journal local, sous le pseudo «K-Bu». Mais il n’est pas encore en révolte : « C’était une petite vedette locale et un vrai tombeur. Il courait les bals et faisait les 400 coups. Il n’était pas du tout politisé », raconte Jean-Luc Porquet.

    L’Algérie comme déclencheur

    Pour le jeune homme insouciant, tout va basculer en mars 1958. Appelé du contingent, il part pour l’Algérie. Il y restera 27 mois comme bidasse dans un bataillon semi-disciplinaire. « Je ne reviendrais pas », dit-il à sa sœur en quittant la France. Il se trompait. Mais au retour, ce n’est plus le même. « Il a vécu des mois d’enfer. Il a découvert la bêtise, l’embrigadement, la peur. Il a vu des choses terribles, comme ces cadavres que l’on ramassait au petit matin. Il a entendu les cris des torturés. Il est revenu avec des convictions et un profond antimilitarisme. D’ailleurs, c’est un sujet dont il parlait peu. Il n’a jamais voulu raconter sa guerre, même en dessin… »

    Dès lors, Cabu était né. Son don du dessin, il s’en servira pour dénoncer, de « Hara-Kiri » à «Charlie Hebdo» en passant par « Le Canard enchaîné », les militaires, les curés, les politiques, les autorités de toutes sortes et la connerie. Mais pas en aigri. Jamais. « Vous pouvez demander à n’importe qui et je l’ai fait : le mot qui revient tout le temps c’est gentillesse. Et drôle, témoigne Jean-Luc Porquet. Comme il le disait lui-même, il a toujours choisi d’être du côté ensoleillé de la vie.»

    « Cabu, une vie de dessinateur », de Jean-Luc Porquet, Ed. Gallimard, 384 pages, 39€. 

    SOURCE : http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/livres/cabu-cote-intime-dans-sa-biographie-04-11-2018-7935099.php

     

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque terroriste de ce mercredi… « Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie »

    Cabu, scénariste et l'un des dessinateurs des hebdomadaires satiriques «Le Canard Enchainé» et «Charlie Hebdo», pose pour le photographe, le 15 mars 2006 dans son appartement. - JOEL SAGET/AFP 

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque  

    terroriste du 7 janvier 2015… « Mon antimilitarisme, je le tiens 

    de la guerre d’Algérie »  

    Attaque de «Charlie Hebdo»: Cabu, le créateur du Grand Duduche, a été assassiné 

    Le papa du Grand Duduche est mort. «Parfois le rire s’étrangle, mais c’est notre seule arme, l’humour», confiait le directeur artistique de Charlie Hebdo, Cabu, dans une interview accordée à nos confrères de Ouest France le 27 décembre 2014. Le caricaturiste et auteur de bande dessinée, Jean Cabut alias Cabu, 75 ans, est décédé dans la fusillade qui a touché le journal satirique, a confirmé l'avocat de l'hebdomadaire à France Info et selon nos sources policières. 

    Cabu, l'anar antimilitariste 

    Cabu, diplômé de l’Ecole Estienne, a fait ses débuts dans les années 1950 dans l’Union de Reims. Il fait son service militaire pendant la guerre d’Algérie. «Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie. Malheureusement, je suis parti en Algérie en 1958, et l’adjudant Kronenbourg que je dessine parfois, je l’ai vraiment connu», expliquera-t-il à nos confrères de Ouest France. Un antimilitarisme et un côté anar qui lui valent de nombreux procès au cours de sa carrière: «En France, il y a toujours eu deux tabous, la religion et l’armée. Pour l’armée, ça s’est un peu tassé depuis que la conscription a été supprimée. En revanche, ça ne s’est pas calmé avec les religions. Autrefois, il n’y avait que les catholiques qui nous emmerdaient, désormais ce sont les trois religions monothéistes», analysait-il à Paris Match. 

    Démobilisé en 1960, il participe à différents journaux, dont l’éphémère Enragé. Il entre ensuite à Hara-Kiri, le journal «bête et méchant», créé par François Cavanna et Bernier (le professeur Choron). Il travaille également pour Pilote dans lequel il crée son personnage fétiche Le Grand Duduche, «un lycéen qui était du bon côté» et son négatif, le Beauf: «c’est le Français moyen, râleur qui a tous les défauts, qui n’a pas vraiment une réflexion personnelle, qui répète ce qu’il entend à la télé ou au bistrot», évoque l'artiste dans un entretien accordé au Petit journal. 

    Le dessinateur de «Récré A2» 

    Après l’interdiction de Hara-Kiri en 1970, il travaille pour Charlie-Hebdo et Le Canard Enchaîné. Dans les années 1970 et 1980, il publie de nombreux albums. 

    En 1982, Cabu intègre l’émission télévisée Récré A2 sur Antenne 2 où il dessine des planches en direct. «On s'étonnait de ma présence chez Dorothée. Mais pour un dessinateur, c'est le public idéal. Tous les enfants dessinent jusqu'à 12 ans. Dorothée, c'était comme leur grande sœur. Elle avait beaucoup d'humour», expliquera-t-il au JDD. Il illustrera de nombreuses pochettes de la chanteuse Dorothée. Il participe également à  l’émission culte Droit de réponse aux côtés de Michel Polac. 

    «Cabu, politiquement incorrect!» 

    La Ville de Paris lui rend hommage en 2006 avec l’exposition Cabu et Paris. Jérôme Lambert et Philippe Picard  lui consacrent la même année un documentaire Cabu, politiquement incorrect! La médiathèque Georges-Pompidou de Châlons-en-Champagne, sa ville natale, lui consacre pour la première fois une rétrospective. Au sujet de l'affaire des caricatures, il dira à Paris Match: «On a des procès. Mais quand on attaque les autres, il faut accepter d’être attaqué. Ce qu’on n’accepte pas, c’est des fatwas, des menaces de mort ou qu’on envoie deux cocktails Molotov dans la rédaction de Charlie 

    En 2010, il perd son fils, le chanteur Mano Solo. Ces dernières années, il était devenu le directeur artistique de Charlie Hebdo et intervenait régulièrement dans les colonnes du Canard enchaîné. De l'année 2014, il  avait retenu «le Djihad et la progression du Front national». Il avait caricaturé les deux. «Il faudrait retourner la bêtise contre elle-même, mais comment?», s'interrogeait-il. 

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 « Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie »

    Le caricaturiste Cabu est décédé, à l’âge de 75 ans, dans l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 « Mon antimilitarisme, je le tiens de la guerre d’Algérie »

    Ecoutons Cabu une dernière fois 

    Alors que la France rend hommage aux victimes des attentats de 2015, et notamment celles de Charlie Hebdo, le choix de Johnny pour chanter ce dimanche matin place de la République a fait débat. Siné, dessinateur du journal satirique, assure que Charb détestait le rockeur. Moins virulent, Cabu, en 1993 sur France 2, dans l'émission Les 4 Vérités : "Depuis que je suis né, il me casse les oreilles", dit le dessinateur à propos de Johnny. "Il aura gâché ma vie".

    Merci d'arrêter la vidéo après le sujet concerné

    d'autres vidéos sans rapport suivent

    Les 4 vérités : Jean Cabu, caricaturiste par ina


     


     

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    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie

    aurait dû se terminer  plus tôt »

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    De ses plus de deux ans passés en tant que soldat à Alger, en pleine guerre d’Algérie, Henri Busnel

    conserve d’innombrables souvenirs et de très fournis albums photos, notamment du passage du Général de Gaulle pour son fameux discours « Je vous ai compris ».  

    Quelques jours avant le début de la bataille d’Alger en janvier 1957, Henri Busnel, de Ploumagoar (commune située près de Guingamp, dans les Côtes-d’Armor) débarquait sur place, jeune appelé. Préservé des pires épreuves de la guerre, il espère que la réconciliation entre les deux pays arrive enfin, à l’occasion du 60e anniversaire du cessez-le-feu.

    31 décembre 1956. Après vingt-et-une heures de trajet depuis Marseille, le bateau Ville de Tunis débarque un flot de soldats français à Alger. Parmi eux, Henri Busnel, de Ploumagoar, 19 ans : « On avait peur », reconnaît-il aujourd’hui.

    Ces jeunes garçons viennent faire la guerre. À la Une du quotidien L’Écho d’Alger, s’étalent les multiples attentats de la veille : « Quatre bombes dans des églises d’Alger » ; « sept bombes locales samedi dans la soirée… »

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    En Une de l’Echo d’Alger du 31 décembre 1956, de multiples articles relatant les attentats de la veille. | OUEST-FRANCE

    Les parachutistes débarquent

    Henri est embarqué en camion, direction la base de transit. Toute la journée un haut-parleur égrène les affectations de chaque soldat. Pour lui, les patrouilles, à pied ou en jeep, de la brigade aérienne, sur les hauteurs d’Alger.

    Cinq jours plus tard, le président du conseil Guy Mollet confie au général Massu les pleins pouvoirs, civils et militaires. Le 7 janvier, jour où débute la bataille d’Alger, 8 000 parachutistes arrivent d’Égypte, pour « pacifier » la ville.

    « J’ai fait mes premières patrouilles vers mi-janvier, se remémore Henri Busnel. D’abord affecté à la radio, je donnais notre position chaque quart d’heure. Par six ou huit, nous allions dans les bidonvilles, à la recherche des principaux leaders du FLN. Il y avait des attentats tous les jours ».

    « J’étais invité pour le couscous »

    Il devient chef de patrouille, sans faire de zèle : « Le poste de commandement des bérets verts était dans mon secteur… ils n’avaient pas besoin de nous ». Au fil des semaines, les habitants reconnaissent Henri. Les Algérois savent qu’ils n’ont pas grand-chose à craindre des jeunes de l’armée de l’air : « On faisait des fouilles, de la pacification. Je cherchais le bon contact, j’étais parfois invité pour le couscous. Caporal-chef, je n’étais pas un très bon soldat », sourit-il.

    « On entendait des gens hurler »

    D’autres souriaient moins à l’époque : « Lors de nos patrouilles de nuit, près de la villa Sésini (QG du premier régiment de légionnaires parachutistes), on entendait des gens hurler, c’était atroce. On savait qu’il y avait de la torture, mais on ne connaissait pas les détails. Aujourd’hui, je le sais, j’ai lu… Mais des atrocités, il y en avait des deux côtés. »

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    La villa Sésini, sur les hauteurs d’Alger, QG des légionnaires du 1er régiment de parachutistes, et lieu de torture des membres présumés du Front de Libération national. | OUEST-FRANCE

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    En avril 1957, il est « triste » d’apprendre la mise aux arrêts du général pacifiste Jacques de Bollardière, qui s’est élevé contre la torture et qu’il admire. « Mais l’idole, à Alger, c’était Massu, général deux étoiles, comme lui ».

    Dans la foule pour de Gaulle

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    L’arrivée du général de Gaulle à l’aéroport d’Alger, le 4 juin 1958. Ici aux côtés des généraux Rouget, Jouhaud, Allard et Salan. | OUEST-FRANCE

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

     

    Le salut au général Massu, coiffé de son éternel béret, et idole des Français d’Algérie à l’époque. Le général Salan a le visage fermé. Futur chef de l’organisation armée secrète (OAS), ce dernier aura lutté pour le maintien de l’Algérie française. | OUEST-FRANCE

     

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    Le général de Gaulle au balcon du gouvernement général, lors de son fameux discours, « Je vous ai compris » | OUEST-FRANCE

    Le 4 juin 1958, fraîchement investi président du Conseil, le général de Gaulle arrive à Alger. Au balcon du gouvernement général, il lance « Je vous ai compris ». Dans la foule, comme la majorité, Henri Busnel comprend que de Gaulle a « presque promis l’Algérie française. C’était une telle liesse. Massu avait gagné la bataille d’Alger, c’était apaisé, je pensais que la guerre s’arrêterait là ».

    Sur le bateau du retour, le 5 janvier 1959, Henri repart vers sa vie en France, dans une usine d’éléments de précision, entre Trémuson et le Léguer, où il passera toute sa carrière.

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    Des centaines de milliers de personnes ont assisté, ce jour-là, au discours historique du général de Gaulle à Alger. | OUEST-FRANCE

    La paix attendra la signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, et le cessez-le-feu du lendemain. Soixante ans plus tard, Henri pense la même chose : « J’étais déjà pour une Algérie indépendante. Après tout, c’est leur pays. Tout ça aurait dû se terminer beaucoup plus tôt. »

    TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer  plus tôt »

    Henri Busnel, ici avec une affiche réalisée spécialement pour la venue du général de Gaulle à Alger, en juin 1958. | OUEST-FRANCE

    Régulièrement, il feuillette son album de centaines de photos d’une époque que lui a bien vécue, et garde un espoir en tête : « Une réconciliation définitive entre France et Algérie et qu’enfin, l’on retrouve de la sérénité ».

    SOURCE : TÉMOIGNAGE. « La guerre d’Algérie aurait dû se terminer plus tôt » (ouest-france.fr) 

     

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    "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rien"

     

    "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rien"

    Gilles Pélisson est l'un des 17 anciens combattants à avoir partagé son témoignage. - Photo : DR

    La comcom de la Veyle a commandé un film pour rendre hommage et recueillir les témoignages d'anciens combattants de la Guerre d'Algérie vivant sur son territoire.

    Après la projection du film en avant-première, les vétérans sont unanimes : "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rience sont deux ans de notre vie que nous avons perdus". Certains ont les larmes aux yeux, émus de découvrir ou de redécouvrir les témoignages de camarades qu'ils côtoient depuis des années, mais aussi touchés de revoir le visage d'un de leurs amis décédé récemment. Pendant 52 minutes, le documentaire "Confidences de soldats, les appelés de la Guerre d'Algérie", réalisé par Cathy Gimenez, regroupe les témoignages de 17 anciens combattants. "Quand nous sommes partis du port de Marseille, on nous disait que l'on allait faire du maintien de l'ordre, mais ce n'était pas le cas. Nous n'avons fait que protéger des gros propriétaires et des colons. Si l'Algérie était vraiment française, les Algériens auraient eu les mêmes droits que les Français", expliquent les vétérans.

    SOURCE : "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rien" (lavoixdelain.fr)

    "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rien"

    "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rien"

     

     

    Ce documentaire est mis en ligne sur le site de la Communauté de Commune de La Veyle ainsi que sur mon blog aujourd'hui 10 mai 2022. 

    Michel Dandelot

     

     

    "Tout ce que nous avons fait en Algérie n'a servi à rien"

     

    Cathy Gimenez, la réalisatrice du documentaire, a rédigé un article sur son site internet :

    https://www.desrevesencouleurs.fr/2022/04/11/confidences-de-soldats-réalisation-d-un-documentaire/

     

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    Il y a 77 ans, la France coloniale commettait les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata 

    Les crimes impunis

     

        Il y a 77 ans, la France coloniale commettait les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata *** Les crimes impunis

    La colonisation était une entreprise génocidaire 

     

    Les massacres ont duré plusieurs semaines.

     Plus de deux mois, disent des sources concordantes.

    En 77 ans d'Histoire, les massacres du 8 mai 1945 conservent toute leur charge et reviennent annuellement reposer la question de l'horreur coloniale. Ce n'est certes pas le seul acte d'assassinat de masse commis par le système colonial en Algérie. Tout au long de la conquête française de l'Algérie d'horribles tueries ont été perpétrées. Des tribus entières avaient été décimées. La colonisation était une entreprise génocidaire. C'est un fait documenté par les historiens qui s'appuient sur des faits attestés, souvent par les criminels eux-mêmes.

    Cela pour dire que les massacres du 8 mai 1945 ne constituent pas un fait isolé dans la longue nuit coloniale. Elles ont, cependant ceci de différent est qu'ils ont été commis au moment même où le monde occidental fêtait la victoire contre le nazisme. Il n'est pas besoin de rappeler qu'en première intention, les Algériens avaient voulu joindre leurs espoirs à ceux retrouvés des Européens qui venaient juste de sortir du joug allemand. Parmi ces Européens, les Français qui avait souffert de l'occupation de leur territoire, avec ce que cela supposait d'atteinte à leur liberté et à leur dignité. On peut imaginer 77 ans plus tard, l'effroi des Algériens de voir les canons de fusils se retourner contre eux. Le mal est dans l'acte lui-même au jour J. Les colons et les soldats français ont tiré à vue. Ils ont assassiné des dizaines de milliers d'hommes et de femmes.

    Mais plus que la répression des manifestations pacifiques, les historiens retiennent l'acharnement de l'armée coloniale et des milices de colons sur la population algérienne. Il faut souligner à ce propos, que le massacre a duré plusieurs semaines. Plus de deux mois, disent des sources concordantes. En fait, les historiens ne divergent pas sur ce fait précisément. Les chiffres avancés par les uns et les autres sont assez disparates, mais le plus insignifiant d'entre ces statistiques marquait déjà la sauvagerie des colons et du système qui les protégeaient depuis 1830. Il y avait une volonté de génocide, un dessein d'effacer tout un peuple, de lui enlever la joie de la victoire contre le nazisme. Il y a participé. Le sang algérien a été versé dans les champs de bataille des deux guerres mondiales. Mais dans l'esprit des conquérants, l'Algérien n'était pas humain. « On trouvait bien des bêtes dans les zones de combat », pensaient les colons qui n'auraient jamais admis une quelconque aspiration à la liberté du peuple qu'ils martyrisaient.

    Les massacres du 8 mai 1945 disaient clairement aux Algériens que la colonisation ne changerait jamais de visage. De 1830 à 1945, la seule idée fixe d'un colon était d'être le maître absolu de la terre d'Algérie. D'ailleurs le génocide était programmé par les généraux Bugeaud, Lamoricière et autres criminels de guerre, n'était-ce le refus des citoyens français d'émigrer en masse en Algérie. À défaut de liquider tout un peuple, ils l'ont dépossédé de tout, au nom d'une vision prétendument civilisatrice de la France en Algérie.

    77 ans après les massacres du 8 mai et 60 ans après l'indépendance de l'Algérie, le discours des descendants idéologique de ces crapules de généraux, est sensiblement proche des origines de la colonisation. Ils citent les villes et les routes construites et omettent les enfumades, les Casbahs, les mosquées et les écoles détruites. Certains comme Zemmour et Le Pen assument le passé colonial et français et sont capables de rééditer les actes de leurs ancêtres idéologiques.

    Vidéo ajoutée (MD)

    Entre-temps, le peuple français a voté à plus de 90% en faveur de l'indépendance de l'Algérie en avril 1962. Ce peuple, dont la révolution de 1789 a changé la face de l'Europe, sait-t-il ce qu'il s'est réellement passé en Algérie entre 1830 et 1962 ? Lorsque le voile des nostalgiques de l'Algérie française sera levé, il découvrira qu'une minorité d'Européens assoiffés de sang et de pouvoir a commis l'irréparable en son nom. Il apprendra aussi que les Algériens n'en veulent qu'à leurs bourreaux. Ces derniers savent faire la distinction entre le Républicain et le fasciste. Encore aujourd'hui, ils accusent non pas les Français, mais les colonialistes qui ont pris 45 000 vies algériennes, un jour de fête en France.

    SOURCE : https://www.lexpressiondz.com/nationale/les-crimes-impunis-356240 

     

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    Stora revient sur les massacres

    du 8 mai 1945

    Guerre d’Algérie : Stora revient sur les massacres de 8 mai 1945

    Si le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, cette date porte une toute autre signification en Algérie, notamment dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata où plusieurs milliers d'Algériens ont perdu la vie, victimes de la répression française. Pour évoquer cet épisode sombre qui a marqué la mémoire algérienne et amorcé les prémices de la guerre d’indépendance, Marc Perelman reçoit l'historien Benjamin Stora. Pour lui, des oppositions mémorielles perdurent.

    Stora revient sur les massacres de 8 mai 1945

    Stora revient sur les massacres de 8 mai 1945

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    de détente après trop d’années stressantes

    Cela se passe à 5 km de chez moi : Depuis quelques jours, l’église Sainte-Thérèse de Saint-Rémy (Saône-et-Loire) s’est parée d’un jaune éclatant.

    C’est une couleur qui ne laisse pas de marbre et qui fait surtout jaser… Mais cela me fait penser à ce curé qui a insulté Macron en chantant avec les gilets jaunes en 2019.

     

    QUAND UN CURÉ DÉFROQUÉ PRO "GILETS JAUNES" INSULTE MACRON  EN PLEINE MESSE

      

    Capture d'écran

    Par charentelibre.fr, publié le 4 juin 2019

    “Emmanuel Macron, ô tête de con, on vient te chercher chez toi...”, scande le prêtre en costume ecclésiastique repris en cœur par ses fidèles en jaune. La scène se passe dans l’église du Planquay, commune de l’Eure.

    Emmanuel Macron compte des opposants jusque dans les églises. Une vidéo devenue virale circule dans laquelle on peut voir un prêtre de l'Eure célébrer une messe «anti-Macron», le lendemain de l’acte 29 des gilets jaunes.

    Dans cette vidéo, on peut voir le curé Francis Michel chanter en plein office dans l’église du Planquay, face à un groupe de gilets jaunes. La chanson n’est ni un "Gloria", ni un "Avec toi Seigneur". "Emmanuel Macron, ô tête de con, on vient te chercher chez toi...", scande le prêtre en costume ecclésiastique repris en cœur par ses fidèles en jaune.

     

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    Germaine Tillion, une voix contre la torture

    «Germaine Tillion a su traverser le mal sans se prendre pour l’incarnation du bien», disait Tzvetan Todorov. © Manoocher Degathi/AFP

     

    Les Amis de l’Humanité et l’association Germaine-Tillion rendront hommage à la résistante et ethnologue, le samedi 21 mai 2022. Une journée pour célébrer les 60 ans de la fin de la guerre d’Algérie.

    Au plus noir de la guerre ­d’Algérie, il y eut des éclairs d’humanité. L’un des plus exceptionnels porte un nom : Germaine Tillion. Dont la vie, pourrait-on dire, sans abuser de l’image, est un roman : ethnologue dans les Aurès (1934-1939), résistante au nazisme et déportée à Ravensbrück (1940-1945), de retour dans l’Algérie de la misère et de la guerre (1954-1962), une voix contre la torture jusqu’en 2000 avec l’Appel des douze, publié dans l’Humanité, qui défraya la chronique et dont l’ultime soubresaut fut la reconnaissance présidentielle, le 13 septembre 2018.

    Revenir au cas Germaine Tillion, pour les soixante ans de la fin de cette dernière et sale guerre coloniale, est un rendez-vous incontournable. Les Amis de l’Humanité l’ont fixé au samedi 21 mai (15 heures) dans l’endroit même où s’est tenue la rencontre précédente, sur le même sujet, à l’auditorium du carré Pleyel (5, rue Pleyel, à Saint-Denis). L’association Germaine-Tillion sera associée à l’hommage.

    Mais les Amis de l’Humanité ont une raison particulière qui motive cette invitation. L’espace, qui porte leur nom à la Fête du journal, est celui-là même qui a eu pour invitées deux femmes d’une détermination inouïe : Louisette Ighilahriz, dite Lila dans l’Armée de libération nationale, dont les révélations sur la torture et les viols subis, publiées dans le Monde du 20 juin 2000, puis dans l’Humanité du 26 juin, furent suivies de sa venue à La Courneuve, le 16 septembre 2000.

    Son maître Marcel Mauss, compagnon de Jean Jaurès

    Dans ce type de croisement des destins dont l’histoire a le secret, c’est Germaine Tillion elle-même qui était accueillie, dans le même cercle, trois années plus tard, le 12 septembre 2003. Accueillie, en famille, la sienne, avec sa sœur, et accueillie en famille, celle de son maître, Marcel Mauss, compagnon de Jaurès, et dont on trouve la signature dans les colonnes du journal fondé le 18 avril 1904. On commencera, ce 21 mai, par la projection du documentaire Germaine Tillion par elle-même. Tout y est dit, en une heure et un peu plus, en termes d’information sur des événements vécus de ce terrible siècle, et plus encore dans une réflexion qui fera dire à Tzvetan Todorov qu’elle « a su traverser le mal sans se prendre pour l’incarnation du bien ».

    Nelly Forget

    Une amie de cœur et de parcours de Germaine Tillion sera là. Nelly Forget a fait partie du service des centres sociaux éducatifs en Algérie. Elle dialoguera avec deux témoins proches de cette entreprise unique qu’on a voulu détruire à quatre journées du cessez-le-feu de la guerre. Le 15 mars 1962, six enseignants de ces centres, dont l’écrivain Mouloud Feraoun, ont été massacrés à Alger par l’OAS qui pratiquait la politique de la terre brûlée.

    Jean-Philippe Ould Aoudia

    Jean-Philippe Ould Aoudia est le fils de l’une des victimes, et son livre l’Assassinat de Château-Royal (1) publie un poème bouleversant de Djamal Amrani, dont la signature mentionne « Oujda. 1962 (avril). État-major de l’ALN ».

    Germaine Tillion, une voix contre la torture

     Alain Ruscio

    L’historien Alain Ruscio, qui participera à ce dialogue, avec son ouvrage sur l’OAS (2), a travaillé sur les guerres de libération nationale, en Indochine et en Algérie.

    Inscriptions au 0149227417 

    (1) L’Assassinat de Château-Royal – 15 mars 1962, de Jean-Philippe Ould Aoudia, éditions Tirésias/Michel Reynaud, 1991. (2) Nostalgérie. L’interminable histoire de l’OAS, d’Alain Ruscio, la Découverte, 2017. Les Ennemis complémentaires, de Germaine Tillion Tirésias/Michel Reynaud, 2005.

     

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    Algérie : l'héritage empoisonné des essais nucléaires français, 60 ans après l'accident du tir Béryl

    Algérie : l'héritage empoisonné des essais nucléaires français, 60 ans après l'accident du tir Béryl

    Avant la Polynésie, l'Algérie a été le théâtre des essais nucléaires français, qui ont continué après l'indépendance du pays. Ces tests ont connu des épisodes parfois dramatiques. Ainsi, le 1er mai 1962, le tir Béryl ne s'est pas déroulé comme prévu, sous les yeux effrayés de ministres venus constater à In Ekker la grandeur nucléaire de la France. Karim Yahiaoui et Georges Yazbeck ont retrouvé un témoin de cet essai raté dont les effets dévastateurs sur les hommes et l'environnement perdurent.

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    «La guerre des grottes», l’autre crime odieux de la France

     

    «La guerre des grottes», l’autre crime odieux de la France

    PHOTO/ DR

     

    Dans la gestion d’un Etat, toute erreur est semblable à un crime. Cela est d’autant plus vrai lorsque ce crime vient amplifier un autre commis il y’ a de cela plusieurs années. C’est le cas de la France qui,  depuis une éternité, cumule des erreurs en refusant d’assumer son passé colonial en Algérie et de regarder dans le rétroviseur pour enfin admettre publiquement que des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont été commis depuis la prise d’Alger en 1830.

    Rattrapée par son ignominieux passé, la France voit, pour la énième fois, son image ternie par son sinistre bilan de colonisation en Algérie après les révélations sur l’usage de gaz toxiques dans ce qui est appelé «La guerre des grottes», un des derniers grands tabous scrupuleusement gardé.

    Aujourd’hui, les médias français rapportent que les historiens réclament l’ouverture des archives sur les «sections des grottes» de l’armée française pendant cette guerre. Une décision prise suite à une enquête publiée, le 1er avril écoulé,  par la revue «XXL» qui révèle que, de 1956 à 1961, l’armée française a utilisé à grande échelle des gaz toxiques contre des combattants algériens dissimulés dans des grottes.

    Dans cette enquête réalisée par la journaliste Claire Billet, des témoignages inédits d’anciens militaires français sont rapportés. Ils racontent leur rôle dans les «sections des grottes» mobilisées contre les abris souterrains de l’Armée de libération nationale (ALN). Parmi les «armes spéciales», utilisées figurent les grenades, chandelles et roquettes chargées de gaz de combat, notamment le CN2D. Ce dernier contient de la DM (Diphénylaminechlorarsine), produit chimique toxique qui provoque l’irritation des yeux, des poumons et des muqueuses ainsi que des maux de tête, des nausées et des vomissements. 

    Sous le subterfuge de déloger les «moudjahidins» des grottes, l’armée française faisait usage de ces gaz qui devenaient mortels en milieu clos. 

    «On a gazé des Algériens» 


    Revenant sur une opération effectuée en 1959 à Tolga (Biskra), un ancien militaire, Jean Vidalenc, 85 ans, raconte dans la l’enquête de XXL «avoir allumé un pot de gaz dans un réduit où il affrontait une unité de l’ALN». Le lendemain, poursuit-il, «dix cadavres ont été découverts». «On a gazé les Algériens», reconnaît-il. 

    Un autre militaire avoue avoir, à titre personnel, participé à 95 opérations et confie que l’objectif n’était pas seulement de gagner les combats en cours mais aussi de prolonger l’effet du gaz qui était également injecté dans le but de rendre les grottes inutilisables sur la durée. Le CN2D restait, en effet, accroché aux parois et exposait à des risques tout futur visiteur. «On est des beaux dégueulasses ! (…) On aurait dû dévoiler tout ça avant. Parce que combien de civils ont dû retourner dans les grottes, hein ? Les gosses et tout ça», lance-t-il.

    Selon des historiens français, cette «guerre des grottes» avait été conçue par l’état-major des armes spéciales du ministère des armées afin de neutraliser les combattants de l’ALN qui étaient face à une armée française des plus déchaînée.
    Pourtant le recours à ces gaz de combat est interdit par le protocole de Genève signé par la France en 1925.  

    Il faut dire qu’en dépit de quelques avancées, l’accès aux archives demeure un obstacle de taille dans cette quête de recherche de la vérité. 

    Un historien militaire de carrière, appelé «le colonel» et cité dans l’enquête de XXL, raconte avoir eu l’autorisation de consulter les documents du Service historique de la défense (SHD) dans le cadre de sa thèse de doctorat, avant d’être l’objet de tracasseries à la fin de 2019. Période durant laquelle il a reçu la visite d’agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui ont perquisitionné son appartement et son lieu de travail et saisi son matériel informatique. Il affirme qu’il travaillait, entre autres, sur les «sections des grottes».
    Ainsi, plutôt que de débiter des généralités, les dirigeants, en général, et le président français, en particulier, gagneraient à être plus précis en qualifiant correctement ce qui a été perpétré à l’époque. Chose qui n’a jamais été faite.

    «La guerre des grottes», l’autre crime odieux de la France

    ALGER- La revue mensuelle Politis a mis la lumière, dans son dernier numéro, sur une page sombre de la colonisation pendant la Guerre de libération nationale durant laquelle l'armée française a eu recours aux gaz toxiques contre les moudjahidine et les civils, dont des femmes et des enfants, enfermés dans des grottes.

    Sous le titre générique "La guerre des grottes", le mensuel édité par le quotidien El-Moudjahid, revient sur ce "dossier explosif qui remonte à la surface 65 ans plus tard", illustré par des articles et photos d'archives.

    Evoquant des crimes "souterrains" commis par le colonialisme français entre 1956 et 1961, Politis revient, dans le détail, sur cette page sombre de l’histoire qui "fait partie des secrets verrouillés par la France sur la guerre d’Algérie".

    L'auteur de l'article mentionne que c'est sous "le secret le plus total, au plus haut sommet de l’Etat français, qu'a été prise la décision de créer des +sections spéciales+ entièrement coupées de l’armée française, chargées de mener une sale guerre, à coups de gaz, dans les grottes où se repliaient les combattants de l’ALN et, très souvent, des civils, femmes et enfants que les ratissages, les exactions et les bombardements au napalm avaient forcés à quitter leurs hameaux".

    Le général De Gaulle avait donné le feu vert pour la création de "sections spéciales" qui vont opérer dans le plus grand secret (même les autres corps d’armées n'étaient pas au courant), pour "nettoyer" les grottes, écrit le même auteur, précisant qu'il s'agit d'un "crime d’Etat méconnu en raison d’un accès impossible aux archives". 

    Dans un entretien accordé à Politis, Christophe Lafaye, docteur en histoire, estime, dans ce sens, qu'il est "urgent" d'ouvrir toutes les archives, soulignant qu'à travers "la guerre des grottes", le ministère des Armées de la 4ème République "croit en l'utilisation de la chimie à des fins militaires pour remporter la victoire. C'est ainsi que l'emploi de gaz toxiques est décidé".

    Dans un autre article, d'anciens membres de ces sections spéciales reconnaissent qu'"ils ont laissé les cadavres de combattants algériens dans les grottes. Les entrées étaient détruites lorsque cela était possible", ajoutant que le nombre de disparus de cette guerre "souterraine" est "inconnu". Leurs familles "n’ont pas su s’ils étaient morts, ni dans quelles conditions", ont-ils confié.

     Des historiens et journalistes, dont Christophe Lafaye et Gilles Manceron, ont lancé, le 7 avril 2022, un appel aux autorités françaises pour que les archives militaires "cadenassées" sur le recours aux armes chimiques par l’armée française dans des grottes pendant la Guerre d’Algérie soient "ouvertes et consultables", rapporte Politis. 

    La même publication note qu'un documentaire sur "la guerre des grottes" est en préparation, mais ses initiateurs ont du mal à le réaliser, en raison des difficultés d'accès aux archives.

    Dans ce sens, il est écrit que 60 ans après la fin de la colonisation et de la Guerre de libération nationale, "on parle d’un +apaisement de mémoires+". Mais, "est-ce possible si la mémoire n’est pas d’abord restituée et si l’accès aux archives reste encore partiel", s'interroge l'auteur qui conclut : "il en est ainsi de la guerre des grottes".


     

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    Depuis le bureau où je vous écris si souvent depuis 12 ans et à l'occasion de ce 1er mai 2022 je vous offre ces photos et cette vidéo de bonheur d'enfants pour un appel à la Paix

    Enfants de tout pays

    Tendez vos mains meurtries
    Semez l'amour
    Et puis donnez la vie
    Enfants de tout pays
    Et de toutes couleurs
    Vous avez dans le cœur
    Notre bonheur

     

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    Témoigner 

    avant de disparaître

     en disant la vérité

    sans réécrire l’histoire

    en la déformant…

     

    60 ans des accords d'Evian : commémorer pour apaiser

     les mémoires ?

     

    Avant de disparaître : témoigner en disant la vérité sans réécrire l’histoire en la déformant…

     

    Le 19 mars 2022 s'ouvre une période de commémoration des 60 ans des accords d'Évian destinés à mettre fin à la guerre d'Algérie. L'Élysée, qui a choisi cette date, apporte une précision : "commémorer n'est pas célébrer". Une formule qui illustre, sans doute, toute la complexité de cette page de l'histoire franco-algérienne.

    Viols pendant la guerre d'Algérie, un scandale occulté

     

    Avant de disparaître : témoigner en disant la vérité sans réécrire l’histoire en la déformant…

     Il y a soixante ans, l'Algérie prenait son indépendance. Si beaucoup d'ouvrages et de documentaires ont été réalisés sur la guerre d'Algérie, très peu ont abordé la question du viol. Honte des anciens soldats de l'armée française, censure ou auto-censure des femmes en Algérie, Florence Gaillard a mené l'enquête sur ce sujet tabou.

     

     

    Anniversaire de l'Algérie indépendante

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    DÉCLARATION

    DU MOUVEMENT

    DE LA PAIX

    À L’OCCASION DU 1ER MAI

     

    DÉCLARATION DU MOUVEMENT DE LA PAIX À L’OCCASION DU 1ER MAI 

    A l’occasion du 1er mai : Journée internationale des droits des travailleur·euses, le Mouvement de la Paix appelle à participer aux rassemblements partout en France pour la paix, la justice sociale et pour la réalisation de tous les droits humains.

     

    Le Mouvement de la Paix a souvent souligné que le préambule de la charte constitutive de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) stipulait dès 1919 que « Une paix universelle et durable n’est envisageable que sur la base de la justice sociale ». Avec l’agression de la Russie contre l’Ukraine, le 1er mai 2022 nécessite d’affirmer avec force la convergence entre les luttes des travailleurs pour leurs droits et la lutte pour la Paix.

     

    C’est pourquoi Le Mouvement de la Paix souligne l’importance des déclarations communes des principales organisations syndicales dans plusieurs départements de France, qui comme celles d’Île-de-France ont «tenu à réaffirmer leur opposition résolue à toute forme de guerre dont elles constatent que ce sont toujours les travailleur·euses qui en payent le prix fort.

     

    Hier en Irak, en Libye, au Mali, en Syrie, mais aussi au Yémen, en Éthiopie… comme aujourd’hui avec la dramatique agression en Ukraine. Quelle que soit la couleur des avions et des chars, ils tirent sur des populations innocentes, sur les enfants et les travailleur·euses. Les réfugié·es, d’où qu’elles et ils viennent doivent être accueilli·es dignement et sans discrimination. Les citoyen·nes russes et biélorusses qui expriment leur opposition à la guerre doivent être soutenu·es. Nos organisations syndicales exigent l’arrêt immédiat des combats et le retrait immédiat des troupes russes du sol ukrainien. Elles expriment leur solidarité avec les peuples qui en subissent les conséquences.»

     

    Heureusement, les peuples partout à travers le monde agissent sous des formes variées, y compris là où c’est le plus difficile, pour exiger la réalisation de leurs aspirations à travers la construction d’un monde de justice et de paix.

     

    Les moyens humains, technologiques, scientifiques et financiers existent. Pour cela il est absolument nécessaire de diminuer drastiquement les dépenses militaires mondiales qui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, s’élèvent en 2021 à 2113 milliards de dollars – 1966 milliards d’euros (source SIPRI).

     

    C’est pourquoi le Mouvement de la Paix appelle partout en France à se joindre aux manifestations du 1er mai organisées par les syndicats pour dire stop à toutes les guerres, à toute violence et pour appeler à l’action:

     

     Pour un monde de justice et de Paix  Pour la solidarité et lamitié entre les peuples, le rejet du racisme et de la xénophobie  Pour le respect des droits humains  Pour laccueil inconditionnel et non discriminatoire des personnes réfugiées  Pour stopper la militarisation du monde  Pour un monde débarrassé des armes nucléaires  Pour la résolution des conflits dans le cadre des Nations- Unies  Pour l’égalité hommes/femmes  Pour des médias débarrassés de lemprise des multinationales et des lobbies du complexe

    militaro-industriel  Pour la justice climatique   Pour une culture de la paix et de la non-violence.

    Pour l’avenir de l’humanité, il n’y a pas d’autres chemins que la paix.

    Le 1er mai participons aux rassemblements organisés par les syndicats.

     



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    Extrême droite : lettre à M. MACRON

    Extrême droite : lettre à M. MACRON

    Monsieur le Président,

    Dans votre discours du 24 avril dernier vous avez déclaré : “Nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Je veux ici les remercier.” Le premier mai prochain vous avez une occasion rêvée pour en faire la démonstration : venez déposer une gerbe de fleurs au Pont du Carrousel à Paris pour commémorer l’assassinat de Brahim Bouarram du 1er mai 1995.

    Cependant, vous avez donné récemment des gages à cette mouvance (pro Algérie Française / OAS) toujours si fidèle à cette extrême droite. Lors de votre discours du 26 janvier dernier en dédouanant l’OAS de sa responsabilité lors de la fusillade du 26 mars 1962, vous avez « oublié  » d’évoquer que c’est le commando de l’OAS qui a ouvert le feu sur le 4ème RTA. Et, en déclarant : « Ce massacre du 26 mars 1962 est impardonnable pour la République » vous inversez les responsabilités. Avec cette caution de Président de la République, vous avez ainsi gravement falsifié la réalité historique, et cautionné l’extrême droite.

    Effectivement, l’extrême droite, et tout particulièrement le FN/RN et « Rencontres », sont un grave danger pour les valeurs de notre République, voici quelques rappels historiques marquants :
    -  En 1956, Jean-Marie Le Pen qui venait d’être élu député sur une liste poujadiste. Il décida de démissionner pour se rengager dans l’Armée « pour casser du Bougnoule » (selon sa formule). Il se retrouva responsable du centre de torture de la Villa Susini. Il y appliqua les méthodes de Gestapo. Lors du procès en appel contre le Journal Le Monde, le 6 octobre 2004, lors de cette audience il déclara être très fier des décorations qu’il avait reçu dans les jardins de cette Villa à ce moment-là.
    -  Le 1er mai 1995, à l’occasion du traditionnel rassemblement parisien du FN (au pied de la Statue de Jeanne d’Arc, pour honorer cette vaillante patriote française qui s’était battue pour bouter hors de France les étrangers -les Anglais- alors) 5 militants (skinheads) venus pour cette manifestation se détachèrent du cortège et jetèrent dans la Seine au pied du Pont du Carrousel un jeune maghrébin (marocain) Brahim Bouarram.
    -  Le 24 avril est la journée de commémoration de la Déportation pendant la seconde Guerre Mondiale. Dans l’émission « La Grande Librairie » sur France 5, le 27 avril 2022, Jacqueline Fleury-Marié, Julia Wallach et Joseph Weismann ont témoigné, de façon très poignante sur les conditions de leur déportation. Le 13 septembre 1987, Jean-Marie Le PEN (alors président du FN et candidat à l’élection présidentielle), déclarait, au sujet de la déportation, que les « chambres à gaz » étaient un détail de l’histoire. Jamais, depuis, le FN ni le RN n’ont contesté cette énormité.

    Cet héritage lepéniste n’a jamais été mis en cause par ses héritiers.

    Le 24 avril dernier, j’ai cependant glissé un bulletin à votre nom dans l’enveloppe pour cette élection présidentielle, avec beaucoup, beaucoup d’hésitation, essentiellement pour ne pas porter la responsabilité de mettre au pouvoir une extrême droite porteuse d’un danger mortifère. Mais allez-vous réellement, comme vous venez de vous y engager, à faire barrage à cette extrême droite ? Cela passe évidemment par une correction de votre politique passée et en particulier l’arrêt de l’instrumentalisation et de la falsification de l’histoire de la France comme avec l’utilisation du rapport Benjamin Stora, minimisant énormément le rôle de l’OAS.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes sincères et respectueuses salutations, en espérant des jours plus heureux.

    Henri POUILLOT
    Ancien combattant de la Guerre de Libération de l’Algérie, militant anticolonial, antiraciste.

    C'était en 2017 le candidat Macron à la présidentielle avait rendu hommage à Brahim Bouarram... Mais cette année là il avait dit aussi que " la colonisation était un crime contre l'humanité" cinq années après il a bien changé ce président !!! Pour être complet le 1er mai 2018 le président Macron avait salué la mémoire de Brahim Bouarram et dénonçant la "lèpre raciste"

    "L'exemple tragique de ce à quoi conduisent le racisme et son cortège de violences et de haines"

     

     

    1er MAI 2018 - Des mots forts. En déplacement en Australie ce mardi, Emmanuel Macron a tweeté pour rendre hommage à Brahim Bouarram, tué en 1995 en marge d'un défilé du Front national. "23 ans après, la mort de Brahim Bouarram reste encore et toujours l'exemple tragique de ce à quoi conduisent le racisme et son cortège de violences et de haines", a-t-il écrit.

    "Nous n'oublierons pas et combattrons sans cesse la lèpre raciste, quelles que soient sa forme et ses cibles", a ajouté le président de la République sur le réseau social. Le 1er mai 2017, alors en plein entre-deux-tours, celui qui s'apprêtait à affronter Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle avait rendu un hommage très politique au jeune homme.

     

     

     

    Extrême droite : lettre à M. MACRON

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  • Futur gouvernement : Blanquer s’accroche

    mais même les marcheurs n’en veulent plus !!!

     

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire

    En 2020 nous nous étions adressés à vous :

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire 

     Mêmes les plus pauvres des femmes européennes n'ont jamais connu ce qu'ont connu les femmes arabes

     

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire, c’est la raison principale qui a conduit les colonisés à se révolter.

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire

    Jean-Michel Blanquer n’a pas aimé l’école qu’il a connue enfant. Sans doute le contexte des premières années n’était-il pas favorable. La famille Blanquer était rapatriée d’Algérie, et avec son père avocat et sa mère prof d’anglais, ils ont vécu en France des premiers mois difficiles qui ont marqué l’enfant qu’il était. Il garde de ces années d’apprentissage une volonté farouche de changement : "On a d’immenses progrès à faire pour détecter en chaque enfant les qualités qu’il a. Notre système est trop enclin à reléguer l’élève, à lui faire perdre confiance en soi", avait-il confié à "l’Obs" en 2010, alors qu’il venait d’être nommé directeur de l’enseignement scolaire. 

    M. le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, apprenez aux élèves français que l’Algérie coloniale était une société très inégalitaire

     

    LA GUERRE D'ALGERIE (1954-1962)

     

    En 1954, l’Algérie, dont la conquête a commencé à partir de 1830, est une colonie de peuplement qui a accédé au statut de départements français dans lequel coexistent les populations indigènes majoritairement musulmanes et environ un million de Français appelés « pieds-noirs ». En 1954, les premiers attentats du Front de libération nationale (FLN) marquent le début de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Comment l’Algérie a-t-elle basculé dans un conflit de décolonisation qui a amené la France à s’impliquer dans une longue et difficile guerre coloniale qui a laissé des traces profondes dans les relations entre les deux pays ?

    L’Algérie coloniale est une société très inégalitaire dans laquelle les populations européenne et indigène n’ont pas les mêmes droits.

    Les paysans indigènes ou fellah ont été spoliés de leurs terres et la plupart sont employés dans les grands domaines agricoles aux mains de quelques riches propriétaires terriens européens. Les populations autochtones ont donc au cours des siècles perdu les meilleures de leurs terres. Ils sont dépourvus de droits politiques. Mohammed Dib dénonce cette inégalité criante. Les Européens (majoritairement Français mais aussi Espagnols ou Italiens) vivent dans des conditions très différentes : il existe une minorité riche de Français, propriétaires de domaines agricoles, commerçants ou industriels qui ont mis en valeur le pays en utilisant la main d’œuvre locale employée à bas prix. Mais la plupart des « pieds-noirs » sont des petits artisans ou commerçants ou de petites gens vivant dans des conditions modestes voire misérables. Ils disposent en revanche de droits politiques. Il existe aussi une réelle différence de niveau de vie entre les Français de métropole et les Français d’Algérie. Le « pied-noir » Albert Camus, romancier et journaliste, rappelle que les « pieds-noirs » ne sont pas tous des colons enrichis par l’exploitation des indigènes, lui-même ayant connu dans son enfance la misère. Dans la société algérienne, les aspirations à l’indépendance sont de plus en plus largement partagées. Déjà, le 8 mai 1945, de grandes manifestations avaient montré le désir des Algériens d’avoir plus de reconnaissance de la France et s’étaient soldées par un massacre à Sétif.

    La guerre commence à la suite d’attentats du FLN qui revendique la libération de l’Algérie et du refus de la France de procéder à la décolonisation. La guerre dure près de 8 ans de 1954 à 1962.

    Pour maintenir l’ordre colonial en Algérie, la France envoie les militaires et les soldats du contingent (civils exerçant le rôle de soldat en cas de conflit souvent pendant la période de leur service militaire). Pour lutter contre un ennemi inférieur en nombre et en force qui utilise la guérilla et les attentats contre les civils et les militaires, l’armée française utilise la torture et les violences. L’objectif de la torture est de faire parler les membres des organisations indépendantistes algériennes pour démanteler les réseaux de combattants.

    Le FLN s’appuie sur l’Armée de libération nationale (ALN) composée de fellagas, combattants partisans de l’indépendance, qui disposent de soutiens dans la population locale. Mais ils s’en prennent aussi parfois aux populations arabes insuffisamment engagées auprès du FLN ou aux harkis des soldats arabes engagés aux côtés de l’armée française.

    L’armée française essaie d’occuper le terrain : pour cela, elle rassemble les populations, rase certains  villages pour éviter que les fellagas n’aient des appuis locaux et fait dans le même un intense travail de propagande pour convaincre les populations du bien-fondé de l’occupation coloniale française : scolarisation de la population, équipements de villages en eau, en électricité, en école. Chaque camp essaie donc d’obtenir le soutien de la population locale pour gagner une légitimité et une reconnaissance.

    La guerre d’Algérie qui a des conséquences très importantes dans de nombreux domaines s’achève le 19 mars 1962 par les accords d’Évian.
      

    En métropole, la population française est très clivée : les partisans de l’indépendance et les opposants à la torture manifestent régulièrement et s’opposent aux partisans de l’Algérie française. Certains partisans de l’Algérie française utilisent le terrorisme pour faire pression sur le pouvoir et s’organisent dans une organisation clandestine : l’Organisation de l’Armée secrète (OAS)
    La guerre d’Algérie a aussi une forte influence sur la vie politique intérieure de la France et les institutions de la IV° République, incapable de régler le conflit, devient de plus en plus instable. La IV° République cède la place à la V° République après que le général de Gaulle ait été appelé le 13 mai 1958 à Alger comme recours pour régler la question algérienne. Le 4 octobre 1958, la constitution de la V° République est promulguée et donne à de Gaulle d’importants pouvoirs pour régler la crise.
    Dans le monde, cette guerre ternit le prestige de la France comme patrie des Droits de l’Homme car l’occupation coloniale et l’usage de la torture sont des atteintes aux principes de la volonté des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la dignité humaine. La difficulté de la France à accepter l’émancipation de l’Algérie provient du fait que l’Algérie est considérée comme faisant partie intégrante du territoire français. En 1961, le 18 octobre à Paris, le préfet de police Maurice Papon fait réprimer par les forces de l’ordre une manifestation d’Algériens partisans de l’indépendance qui fait plusieurs morts jetés dans la Seine.
    En 1962, les accords d’Évian accordent à l’Algérie son indépendance : les Européens d’Algérie sont rapatriés en France où ils reçoivent un accueil froid et indifférent. Les harkis engagés aux côtés des Français ont été victimes de massacres sanglants. La guerre d’Algérie laisse des traces profondes, douloureuses et durables dans les deux pays.

     

     

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    Et qu'aurait dit ton grand-père devant cet état de fait accablant ?

    Et qu'aurait dit ton grand-père devant cet état de fait accablant ?

    Serge et Beate Klarsfeld étaient présents ce mercredi 6 avril 2022 pour la cérémonie en hommage des victimes de la Maison d’Izieu.  Archives Progrès /Gaëlle RICHE

    Remerciements à Michel Tréboz et Florent Guillet pour cette insupportable information  reprenant le titre de mon précédent article.

    Michel Dandelot

     

    Ain. À Izieu, commune marquée par la déportation, Le Pen arrive en tête

    B. Brecht . 1941 . " La résistible ascension d' Arturo Ui " 

    " Il est encore fécond le ventre d'où a surgi la bête immonde " 

    Hélas, hélas!

    "Un peuple qui oublie son passé est appelé à le revivre" -Churchill


    La candidate du Rassemblement national est arrivée en tête dans la commune qui a vu 44 enfants juifs déportés et tués à Auschwitz.

    Le résultat du second tour de la présidentielle à Izieu n’a rien d’anodin. Dans cette commune de l’Ain marquée pour toujours par la déportation puis la mort à Auschwitz, en 1944, de 44 enfants juifs et de sept de leurs éducateurs, Marine Le Pen est arrivée en tête ce dimanche. La candidate d’extrême droite a recueilli ce dimanche 51,45 % des voix des 138 suffrages exprimés.

    Un score symbolique

    Un score qui est doublement symbolique puisque le second tour de l’élection présidentielle avait lieu le jour même de la Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation.

    Le 6 avril dernier, Serge et Beate Klarsfeld, traqueurs de nazis étaient venus commémorer les 78 ans de cette rafle ordonnée par Klaus Barbie. Plus que la traque des criminels nazis et l’action du couple pour obtenir le retour en France de Klaus Barbie en 1983, et donc un procès, Serge Klarsfeld a surtout évoqué le travail de fourmi réalisé durant des décennies, afin de collecter photos, dessins et documents sur les enfants. Et ce, partout dans le monde.

    « Il s’est agi immédiatement de mémoire, de mémoire des enfants d’Izieu, a expliqué Serge Klarsfeld. Nous avons poursuivi Barbie pour eux. Ces enfants d’Izieu, j’ai voulu qu’ils vivent. Qu’à travers la capture de Barbie, leur souvenir atteigne la conscience de l’opinion publique en France et qu’ils soient présents au procès de leur bourreau. Ils ont été présents, chacun, parce que nous avions fait des recherches sur chacun des enfants. »

    Des propos qui prennent un relief particulier.

    En 1998, l'Association du musée-mémorial des enfants d'Izieu avait réagi à l’élection de Charles Millon à la tête de la Région Rhône-Alpes grâce aux voix du Front national. L’élu avait été exclu en novembre de l'association par un vote à huis clos, à la quasi-unanimité des 156 votants. Les membres de l'assemblée générale avaient estimé qu'en se faisant élire président de la région dans de telles conditions, Charles Millon s'était placé de lui-même en dehors d'une association «dont la mission statutaire est la lutte contre toutes les formes de racisme et de xénophobie».

    Maison d’Izieu : 78 ans après, « j’ai voulu qu’ils continuent  de vivre »

    Et qu'aurait dit ton grand-père devant cet état de fait accablant ?

    Le 6 avril 1944, 44 enfants juifs et leurs sept éducateurs étaient déportés. Ils vivaient tous dans la colonie. Si aucun enfant n’est revenu, la Maison d’Izieu poursuit l’œuvre entreprise par Serge et Beate Klarsfeld : que la mémoire des victimes reste vivante.