• Adoption du vœu en faveur de la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 à Sétif en Algérie *** L’autre 8 mai 1945 : le rassemblement parisien a réuni près de 600 personnes !

    L’autre 8 mai 1945 : le rassemblement parisien a réuni près de 600 personnes !

    Adoption du vœu en faveur de la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 à Sétif en Algérie *** L’autre 8 mai 1945 : le rassemblement parisien a réuni près de 600 personnes !

    Adoption du vœu en faveur

    de la reconnaissance

    des massacres du 8 mai 1945

    à Sétif en Algérie

    J’ai défendu un vœu en faveur de la reconnaissance des massacres, crimes d’Etat du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie.

    Après amendement de l’exécutif, ce vœu a été adopté à l’unanimité. La bataille avec les associations et les historiens se poursuit pour que ce vœu se réalise.

    Voici le texte adopté :

    Conseil de Paris

     Séance des 13, 14 et 15 avril 2015

     Sur proposition de Danielle Simonnet,

    Pour la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945

     Vœu adopté à l’unanimité du Conseil de Paris après amendement de l’exécutif.

     

    Considérant que le 8 mai 1945, alors que le peuple français fêtait l’armistice, la paix retrouvée et la victoire sur le nazisme, commençaient en Algérie, à Sétif mais aussi à Guelma et Kherrata, des répressions sanglantes de manifestations nationalistes, indépendantistes et anti-colonialistes,

    Considérant que ce 8 mai 1945, dans la rue principale de Sétif en Algérie, de nombreux Algériens s’étaient tout d’abord rassemblés pacifiquement pour fêter l’armistice mais aussi exiger la libération du dirigeant nationaliste Messali Hadj, et défendre « l’Algérie libre » pour laquelle ils avaient conçu un nouveau drapeau, symbole de leur lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour l’indépendance,

    Considérant que pendant plusieurs semaines, l’armée française et de nombreuses milices coloniales, composées de civils d’origine européenne, ont alors fait régner la terreur pour rétablir l’ordre colonial et défendre l’Algérie française,

    Considérant que si le nombre des victimes algériennes, officiellement toutes françaises à l’époque mais qui ne l’étaient pas en fait et en droit, est difficile à établir, car encore sujet à débat soixante-dix ans plus tard, le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts et les travaux de la très grande majorité des historiens français attestent d’un bilan de dizaines de milliers de victimes arrêtées, torturées et exécutées sommairement,

    Considérant que depuis soixante-dix ans, ces crimes de guerre commis par l’État et ceux qui le servaient, ne sont toujours pas reconnus officiellement, et font partie intégrante de l’histoire de France,

    Considérant qu’une telle situation est inacceptable, car elle ajoute à ces massacres l’outrage aux victimes, à leurs descendants et à leurs proches,

    Considérant que cette page de l’histoire est à fois  française et algérienne et que la reconnaître contribuerait à consolider la fraternité entre le peuple Algérien et Français,

    Considérant que reconnaître ce massacre commis par l’Etat français permettra à tous nos concitoyens, et notamment ceux issus de l’immigration algérienne, de se construire toujours plus fraternellement dans un avenir commun, celui de la communauté légale républicaine, où toutes les mémoires sont respectées,

    Considérant qu’il ne serait être question d’oublier une partie des victimes de ces journées sanglantes et qu’il est important de rendre aussi hommage aux 102 victimes (selon les historiens) issues de la population dite « européennes », ayant perdus la vie au cours des émeutes provoquées par les massacres,

    Considérant que le 27 février 2005 pour que, lors d’une visite à Sétif, M. Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France à Alger, a qualifié les « massacres du 8 mai 1945 » de « tragédie inexcusable » et que son successeur M. Bernard Bajolet a déclaré à Guelma en avril 2008 devant des étudiants algériens que « le temps de la dénégation des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie est terminé »,

    Considérant que M. François Hollande, lors de sa campagne électorale avait promis que l’Etat Français procéderait à la reconnaissance des crimes coloniaux,

    Considérant que cette reconnaissance relève du devoir de mémoire, tout comme celle des massacres du 17 octobre 1961, qu’elle justifie la création d’un lieu du souvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements, et la reconnaissance par la République des crimes commis alors,

    Sur proposition de Danielle Simonnet, le Conseil de Paris émet le voeu que la maire de Paris :

    Amendé par l’exécutif :

    • Sollicite le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la mémoire et le Président de la République pour la reconnaissance par l’Etat des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, et sur l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements,
    • Organise aux alentours du 8 mai 2016 une soirée de conférences avec des historiens dans l’esprit du colloque « le 8 mai 1945 à Sétif et Guelma : histoire, qualification et déni » qui s’est tenu le 6 mai 2009 à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville.
    • Adoption du vœu en faveur de la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 à Sétif en Algérie *** L’autre 8 mai 1945 : le rassemblement parisien a réuni près de 600 personnes !

    L’autre 8 mai 1945 :

    le rassemblement parisien a réuni près de 600 personnes !

    Mardi 12 mai 2015, par Christian Travers

    Le vendredi 8 mai 2015, le soixante-dixième anniversaire de la victoire contre le nazisme et de la libération de la France a donné l’occasion à de nombreuses personnalités et associations de demander à l’Etat la reconnaissance officielle des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

    Dès notre Assemblée Générale des 28 et 29 mars 2015 , une commission s’était constituée en vue d’inciter à la commémoration de ces événements dramatiques et un texte a été élaboré et diffusé le 11 avril 2015 sous la signature de notre Président Alain Desjardin (1).

    En France, et naturellement en Algérie, d’autres militants et associations ont souhaité évoquer et condamner avec force la répression féroce exercée par la gendarmerie , la police et les armées de terre , de l’air et de la marine.
    C’est ainsi qu’un collectif rassemblant de nombreuses associations, dont la 4acg, et des intellectuels comme Gilles Manceron et Olivier Le Cour Grandmaison, a été constitué le 14 avril à Paris en vue d’organiser le 8 mai 2015 un rassemblement unitaire sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris .
    D’autres manifestations de même nature étaient encouragées dans d’autres villes de France .
    Au cours de la réunion nous apprenions que Danielle Simonnet, conseillère municipale de Paris, venait de faire approuver à l’unanimité, par le Conseil de Paris, un vœu en faveur de la reconnaissance des massacres du 8 mai, sollicitant « le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la mémoire, ainsi que le Président de la République pour la reconnaissance par l’Etat des massacres du 8 mai à Sétif, Guelma et Kherrata et pour l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements » (2)
    Les jours qui ont suivi ont permis d’élaborer un tract, de rédiger une déclaration commune (3), de solliciter des signatures , de préparer la manifestation parisienne et de mobiliser les troupes …

    C’est ainsi que le 8 mai 2015, de 500 à 600 personnes se sont rassemblées sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, où ont successivement pris la parole Olivier Le Cour Grandmaison, Michel Berthelemy, au nom de la 4acg (4), Danièle Simonnet, et M’Hamed Kaki (association Les Oranges), avant de déposer, au nom du Collectif et de la Ville de Paris, deux gerbes de fleurs en mémoire des disparus.

    Dans le même temps, des rassemblements similaires étaient organisés dans plusieurs villes de France, notamment à Rennes, Grenoble, Nanterre, Champigny, Brest, Angers, Tourcoing … certaines demandant même à leurs élus de voter un vœu dans l’esprit de celui adopté à Paris .

    Le mois dernier, Jean-Marc Todeschini , Secrétaire d’état aux anciens combattants et à la mémoire, était allé déposer une gerbe devant le mausolée de Saad Bouzid, le premier mort de Sétif. Le 19 avril, il écrivait ces quelques mots sur le livre d’or du mausolée : « en venant à Sétif, je dis la reconnaissance de la France des souffrances endurées et rends hommage aux victimes algériennes et françaises de Sétif, Guelma et Kherrata ». Geste qu’ Olivier Le Cour Grandmaison qualifie davantage de pas de côté que de pas en avant, et de déclaration « en retrait » par rapport aux propos suivants, énoncés successivement quelques années plus tôt par des représentants officiels de l’Etat :

    Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France en Algérie, le 25 février 2005 à Sétif : la répression de 1945 a été une « tragédie inexcusable »

    Michel Barnier, Ministre des Affaires étrangères, au cours d’un entretien paru dans El Watan le 8 mai 2005 : « Il est essentiel, pour construire un avenir commun, que nous arrivions à examiner ensemble le passé afin d’en surmonter les pages les plus douloureuses pour nos deux peuples. Cela suppose d’encourager la recherche des historiens de part et d’autre, qui doivent travailler ensemble, sereinement, sur ce passé mutuel ».

    Bernard Bajolet, ambassadeur de France, en 2008 : « le temps de la dénégation est terminé », « les épouvantables massacres du 8 mai 1945 » , « la très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière »… « qui a fait des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes ,ainsi que des milliers de veuves et d’orphelins »

    François Hollande, Président de la République, le 20 décembre 2012, devant les deux Chambres du Parlement algérien :
    « Pendant 132 ans , l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal (…) et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien . Parmi ces souffrances il y a eu les massacres de Sétif, de Guelma, de Kherrata, qui, je le sais, demeurent ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens ,mais aussi des Français . Parce qu’à Sétif, le 8 mai 1945 , le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles ».
    « Rien ne se construit dans la dissimulation, dans l’oubli, encore moins dans le déni »

    De nombreux media ont évoqué l’événement et les rassemblements organisés un peu partout en France, ce jour du 8 mai 2015 : France-Inter, Europe1, Politis, Le Monde, L’Humanité, et quelques autres...
    Précisons que le quotidien algérien El Watan a publié un dossier complet sur le sujet dans son édition datée du 7 mai (5)

    Les manifestations 2015 sont terminées, mais la lutte continue pour arracher à l’oubli ces terribles événements. Au vu du climat politique régnant ici et là-bas, cela prendra du temps. C’est pourquoi le Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie s’est donné rendez-vous l’année prochaine à la même date.

    Crédit photos Christian Travers

    Notes *** MERCI DE CLIQUER SUR TOUS LES LIENS CI-DESSOUS :

    (1) Commémoration du 8 mai 1945, ne pas oublier le massacre de Sétif
     

    (2) Adoption du vœu en faveur de la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 à Sétif en Algérie
     

    (3) L’Autre 8 mai 1945
     

    (4)OpenDocument Text - 20.5 ko Intervention au nom de la 4ACG (cliquez sur le dossier PDF à gauche)

     

    (5)  Dossier El Watan (cliquez sur le dossier PDF ci-dessous)

    PDF - 4.8 Mo

     

     

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    N° 92
    N° 92 - Avril 2015
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