• Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier ils rendent hommage à Alfred Locussol

     

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier

     ils rendent hommage à Alfred Locussol

    Un hommage sera rendu ce samedi 5 janvier 2019 à Alençon (Orne) devant la stèle érigée en mémoire d'Alfred Locussol, tué en 1962 par l'OAS.

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol

    Un hommage sera rendu ce samedi à Alfred Locussol (photo d’archives). (©L’orne hebdo)

     

    Alfred Locussol, fonctionnaire alençonnais (directeur-adjoint de l’enregistrement) et partisan d’une Algérie indépendante, fut assassiné avenue Wilson (à son domicile) à Alençon (Orne), le 3 janvier 1962, par l’OAS (Organisation armée secrète).

    Depuis le 6 octobre 2012, une stèle rendant hommage au fonctionnaire alençonnais, partisan d’une Algérie indépendante, a été érigée dans la rue où il a perdu la vie. Elle a  été vandalisée à plusieurs reprises. 

    Dans le processus de décolonisation, Alfred Locussol était de ceux qui « partagèrent au péril de leur vie les luttes des peuples coloniaux ». Il a été assassiné par l’OAS « à cause de ses choix en faveur de la justice, du droit, des valeurs humaines » s’indignent celles et ceux qui viennent chaque année lui rendre hommage.

    Ils seront à nouveau présents samedi 5 janvier 2019 à 11h devant la stèle afin de déposer une gerbe (avenue Wilson).

    A partir de 14h30, au Carnet de route (Alençon), se tiendra une petite conférence sur les « compagnons prestigieux d’Alfred Locussol à Alger de 1935 à 1956 ».

    Je compte sur mon ami Jean-François Gavoury, président de l’Anpromevo pour me faire parvenir un compte-rendu de cet hommage comme il l’a fait chaque année depuis 2012. 

    Je le remercie par avance.

    Michel Dandelot

     

     

    En attendant le compte-rendu

     de jean-françois gavoury

    celui de ouest-france

     

    Alençon. Un hommage à Alfred Locussol, assassiné

    en 1962

     

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol

    Plusieurs gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la stèle, avenue Wilson.© Ouest-France

    Le fonctionnaire a été tué à son domicile le 3 janvier, par l’OAS, organisation clandestine partisane de l’Algérie française.

    Une vingtaine de personnes ont salué la mémoire d’Alfred Locussol, ce samedi 5 janvier, près de la stèle, avenue Wilson, à Alençon. Cet homme a été le premier fonctionnaire d’État assassiné par l’OAS (Organisation de l’armée secrète), sur le sol français. Défenseur de l’Algérie indépendante, il avait dû quitter son pays natal et avait été muté dans l’Orne.

    « L’état dégradé de ce modeste bloc de pierre dédié à un fonctionnaire victime du terrorisme interpelle », a déclaré Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo). Érigé en 2012, le monument a été vandalisé à de multiples reprises. Il est désormais impossible de lire le message qui y avait été gravé. Et que dire du parterre sur lequel il repose…

    François Tollot, conseiller municipal, a déclaré qu’il allait solliciter la Ville pour qu’une solution soit trouvée. Et que la mémoire de cet homme soit dignement honorée. L’hommage à Alfred Locussol se poursuit à partir de 14 h 30, au café-restaurant Le Carnet de route. Ses importantes fonctions au ministère de l’Air, ses liens d’amitié avec Albert Camus… seront évoqués en présence de sa nièce Alexandrine Bisson.

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol

    La stèle dédiée à Alfred Locussol a été érigée avenue Wilson. Elle a été vandalisée à de multiples reprises. | Ouest-France

    Fabienne GÉRAULT.   Ouest-France

    SOURCE : https://alencon.maville.com/actu/actudet_-alencon.-un-hommage-a-alfred-locussol-assassine-en-1962_loc-3615782_actu.Htm

     

     

    Compte-rendu

    de Jean-François Gavoury

     

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol

    5 janvier 2019, Alençon (Orne) :

    hommage à la mémoire de M. Alfred

    (Pierre) Locussol, victime de l’OAS.

    6 janvier 2019.

    Alfred Locussol a été mortellement blessé à son domicile de l’avenue Wilson à Alençon le 3 janvier 1962.

    Hier, samedi 5 janvier 2019, cinquante-sept ans jour pour jour après sa mort, sa mémoire a été l’objet d’un hommage exceptionnel, en deux temps :

    - d’abord, de 11 h 00 à 11 h 30, comme le veut le rituel, autour de la stèle qui, depuis le 6 octobre 2012, célèbre son souvenir, au bas de l’avenue précitée.

    20 à 30 personnes avaient pris place aux côtés des organisateurs de cette manifestation mémorielle, de plusieurs élus d’Alençon (dont M. Dominique Artois, Adjoint au maire en charge de la culture) et de la région ainsi que de représentants d’associations telles que la Ligue des droits de l’Homme.

    - ensuite, de 14 h00 à 16 h00 dans une brasserie locale (Le Carnet de Route) en présence d’une vingtaine de participants.  

    Parmi eux, Alexandrine Brisson, petite-nièce de cette victime de l’OAS sur la personne de laquelle des éléments sont recueillis méthodiquement par deux anciens enseignants faisant oeuvre d’historiens, Pierre Frénée et Annie Pollet.

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol


    En fin de matinée, après dépôt de gerbes et deux interventions - l’une de François Tollot, conseiller municipal délégué d’Alençon, et l’autre de M. Pierre Frénée -, l’occasion m’a été donnée de prononcer le désormais traditionnel message de voeux de l’ANPROMEVO reproduit en première pièce jointe.

    L’après-midi, Mme Françoise Nordmann, représentant l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, a présenté un exposé (cf. seconde pièce jointe) en ouverture d’un débat au cours duquel M. Frénée a rendu compte dans le détail des résultats de ses recherches menées conjointement avec Mme Pollet.

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol

    MESSAGE DE VŒUX POUR 2019

    PRONONCÉ À ALENÇON

     LE SAMEDI 5 JANVIER 2019

    L’état dégradé de ce modeste bloc de pierre dédié à un haut fonctionnaire victime du terrorisme le 3 janvier 1962 interpelle :

    - comment la collectivité qui en a organisé la mise en place peut-elle donner le sentiment de baisser les bras face aux multiples actes de vandalisme profanatoire dont il est l’objet depuis son inauguration le 6 octobre 2012 ?

    - quels sont les éléments qui s’opposent à l’installation d’une plaque commémorative en un site du domaine public moins exposé aux risques de déprédation ?

    - pourquoi des investigations sérieuses ne sont-elles pas ordonnées et menées à l’effet d’identifier et poursuivre le ou les auteur(s) de ces actes commis par des propagandistes de l’OAS ?

    Mais à ces interrogations liées à des circonstances particulières, s’ajoutent d’autres dépassant le cadre de l’ordre public local :

    - la réhabilitation de l’OAS, sous des formes officielles ou extra-légales, n’a-t-elle pas constitué un levier à retardement de légitimation et, partant, de banalisation du terrorisme ?

    - quelle différence, pour les victimes, entre les soi-disant motivations idéologiques, hier, de l’OAS et aujourd’hui de l’État islamiste par exemple ?

    - quelle différence, pour la société française et ses institutions, entre l’insécurité ayant pour objet le maintien de l’Algérie sous le joug colonial et celle tendant à imposer un obscurantisme d’inspiration plus ou moins religieuse en lieu et place des valeurs de tolérance attachées à la démocratie et à la République ?

    - quel crédit de sincérité accorder à un élu, ancien ministre, s’affichant aux côtés des familles de victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 après avoir pratiqué, à Nice comme à Théoule-sur-Mer, la prosternation face à des monuments héroïsant des criminels de l’OAS condamnés à mort par la justice française et exécutés ?

    - quelles garanties pour la protection de la mémoire de ces mêmes victimes contre les risques d’une glorification prochaine de leurs assassins ?

    L’expérience acquise par des associations telles que l’ANPROMEVO oblige à soumettre ces dernières questions à réflexion.

    Je le fais avec l’espoir d’obtenir des réponses apaisantes, parce que chaque début d’année est l’occasion d’envisager des perspectives plus favorables.

    Mais la période se prête également à l’établissement d’un bilan, et celui de notre association est contrasté, avec des satisfactions, certes, liées à une activité soutenue en dépit d’un contexte peu prédisposant, mais avec la triple épreuve de la disparition, l’an dernier :

    - le 29 avril, de Michel Levallois, dont la carrière dans le corps préfectoral a été un exemple et l’appartenance à l’ANPROMEVO une fierté ;

    - le 23 juin, de Mme Huguette Azavant, une amie d’Alençon, votre amie, victime survivante, le 8 février 1962, d’une police parisienne aux ordres d’un certain Maurice Papon, qui déshonora quant à lui la haute fonction publique ;

    - le 19 décembre, de M. Gilbert Chaumont, ancien directeur d’école élémentaire en Haute-Garonne.

    Tous trois s’étaient engagés au service de l’intérêt général. À chacune et à chacun, la réhabilitation de l’OAS inspirait un sentiment de répulsion.

    C’est mus par un sentiment du même ordre, une sorte de réflexe républicain, que nous nous retrouvons ici autour du souvenir d’un homme que le terrorisme a érigé en l’une des figures de la rupture avec le fait colonial.

    Progressiste, Alfred Locussol l’était, de cœur et de conviction.

    Être progressiste, c’est croire en l'utopie d’un monde meilleur et du perfectionnement humain.

    Faisons acte de foi dans cette illusion. Œuvrons à lui donner corps.

    Bonne, heureuse et fructueuse année 2019.

    Jean-François Gavoury

    Président de l’Association nationale pour la protection

    de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

    Alençon. Aujourd’hui samedi 5 janvier   ils rendent hommage à Alfred Locussol

     Alençon, 5 janvier 2019

    Je joins ma voix…

             Représentante de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons : Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène et Salah Ould Aoudia, assassinés à Alger par l’OAS le 15 mars 1962, je joins ma voix au cri de douleur et d’indignation qui s’élève des victimes de l’Histoire et des violences humaines qu’engendre l’injustice. Je prends ma part du chagrin inextinguible de leurs parents, amis, proches et descendants. Je parle en humanité.
    Les plus forts d’entre ceux qui souffrent s’unissent pour accomplir un devoir de mémoire.  Mais ils savent que celui-ci ne va pas sans devoir de s’instruire encore et mieux, par un effort d’investigation ouverte.

         Vivifier le souvenir…

         C’est précisément ce à quoi nous rappelle la spécificité de l’hommage de ce 5 janvier 2019.                      Après le dépôt de gerbes traditionnel, après les mots prononcés devant la stèle, nous sommes conviés par Annie Pollet et Pierre Frénée au partage de nouveaux apports concernant Alfred Locussol, qui se prénommait Pierre…, c’est l’une des découvertes. Des précisions concrètes, suggestives et émouvantes, recueillies auprès de témoins eux-mêmes émus et heureux d’être sollicités.

    Or, plutôt que de fixer une image, voire de mythifier un héros un peu fantomatique - qu’est-ce que de rechercher témoignages et documents pour nuancer et préciser le récit, cerner mieux les points aveugles, qui suscitent de nouvelles questions, et poser des touches précises au portrait, sinon vivifier le souvenir ? Rien mieux que cette activité de recherche, de mise en forme claire et de partage, ne pouvait en réalité contribuer à l’honneur et au respect d’un homme, au rappel du souvenir du compagnon, de l’ami, du père, du frère, de l’être de chair et de cœur, hautement cultivé et engagé.

    Alfred (ou Pierre) Locussol a donné à sa vie couleur d’intensité et choisi avec d’autres la générosité militante et la responsabilité au service de causes justes, supérieures à son destin individuel. C’est hélas ce qui lui aura valu la haine aveugle, et d’être frappé plus tôt qu’un autre, crapuleusement, par des brutes patentées qui l’ont assassiné à deux pas d’ici le 3 janvier 1962. Cruelle dérision à laquelle se heurtent souvent les plus belles utopies.

    Il faut rappeler cette dérision, la laideur et même l’horreur ; mais aussi, face au risque, le courage tranquille, et la lumière qui persiste et s’inscrit dans les livres d’Histoire. 

      Vertus de la pratique historique…

      À titre personnel, j’ajouterai (ou répèterai ?) que la praxis historique - si modeste soit-  elle, incluant les contacts nécessaires, les entretiens avec des témoins (même si , selon le témoignage d’universitaires et d’historiens professionnels, la découverte d’archives vaut souvent rencontre vivante et vécue), sans oublier pour autant le scrupule historique exigible de chacun, donne seule à percevoir et ressentir les longs échos et profonds remuements que les moments de l’histoire collective impriment dans le cœur de chacun. Rien n’interdit d’y ajouter la pratique littéraire et artistique …

    L’histoire est vivante, terriblement ; la violence fait des ravages à très long terme. Mais l’histoire peut susciter des élans de vie, des désirs de lutte, une vigueur qui souvent a sa source plus ou moins secrète dans des figures exemplaires ou emblématiques.  Rendu plus proche par les recherches et la glane partagée, Alfred-Pierre Locussol prendra rang parmi elles.

    Alençon, le 5 janvier 2019 - F. Savarin Nordmann 

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 7 Janvier à 19:47

    Merci pour ce compte-rendu, car il ne faut pas oublier ces victimes d'une droite extrême, toujours pas morte, comme ces actes de vandalisme le montrent..

    Mes meilleurs vœux de vigilance à tous pour 2019

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