• Alger a rappelé son ambassadeur à Paris

     

     

    Alger a rappelé son ambassadeur à Paris

     

    préambule

     

    Alger a rappelé  son ambassadeur à Paris

     

    "Je suis l’ami du peuple algérien depuis que j’ai eu 20 ans à Aïn Sefra (Sud Oranais) de mai 1961 à janvier 1963. La France coloniale et raciste m’avait envoyé là-bas, contre ma volonté pendant 21 mois que je considère comme perdus pour ma jeunesse. Celles et ceux qui me connaissent savent que je suis viscéralement anti colonialiste et anti raciste, c’est la raison pour laquelle un commentaire paru sur Facebook hier m’a particulièrement touché moralement, je cite « Que les Français se mêlent de leur c.. avant de s’occuper des Algériens ». J’ai répondu ceci « Prenez-vous en aux Médias ou aux dirigeants français mais en aucun cas au Peuple français car  il existe en France des citoyens, des historiens, associations et autres institutions qui mènent un combat permanent pour que la vérité soit reconnue et justice rendue aux victimes de la colonisation… J’en fais partie… sur mon blog ce sont plusieurs articles qui soutiennent le hirak dans leur juste révolution"

     

    Michel Dandelot

     

     

    Voici quelques liens de mon blog : 

     

    http://www.micheldandelot1.com/une-nouvelle-victoire-du-peuple-algerien-mais-la-lutte-continue-jusqu--a160561324 

     

    http://www.micheldandelot1.com/djamila-bouhired-le-soutien-de-macron-est-une-agression-contre-le-peup-a160598198 

    http://www.micheldandelot1.com/le-peuple-algerien-ne-veut-pas-plus-de-l-ingerence-de-la-france-ou-du--a177685866 

    http://www.micheldandelot1.com/hommage-au-peuple-algerien-a163898334 

    http://www.micheldandelot1.com/algerie-maree-humaine-a-alger-contre-le-regime-bravo-le-peuple-algerie-a175480616 

      

    L'Algérie ou la diplomatie du mécontentement

    ANALYSE. Alger a rappelé son ambassadeur à Paris pour consultation à la suite de la diffusion de deux documentaires consacrés au hirak.

    Un reportage sur le hirak diffusé sur France 5 et La Chaîne parlementaire (LCP) a mis le feu aux poudres pour le gouvernement algérien, qui a rappelé son ambassadeur à Paris. © Ryad Kramdi/AFP

     

    Gestuelle, colère feinte ou sévère algarade diplomatique que ce rappel de l'ambassadeur d'Algérie en France ? est-on tenté de s'interroger. À y voir de plus près, on peut dire les trois et, en la matière, c'est du travail d'orfèvre, de la porcelaine politique, un vase de Soissons qu'on casse avec un vrai sens de la mise en scène. Acte I, l'agence de presse étatique, Algérie Presse Service, fait les choses en grand. Un papier d'ouverture titré « Le documentaire sur le hirak diffusé par des chaînes françaises largement décrié en Algérie » explique mercredi après-midi que « les institutions et le peuple algérien ont été attaqués ». Acte II, peu après l'APS, le ministère des Affaires étrangères publie un communiqué furibard dans lequel il dénonce « le caractère récurrent des programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises, dont les derniers en date sur France 5 et La Chaîne parlementaire, le 26 mai 2020, en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d'expression, sont en fait des attaques contre le peuple algérien et ses institutions, dont l'Armée nationale populaire (ANP) ». Les termes sont cinglants, les mots saignants : « inimitié », « rancune », « intentions malveillantes »… Il y aurait un complot ourdi par « certains milieux qui ne veulent pas l'avènement de relations apaisées entre l'Algérie et la France, après cinquante-huit ans d'indépendance ». Paranoïa ? Nenni. Une gestuelle. Un usage fort tactique de l'actualité par un régime en grande difficulté politique et économique.

    Un pouvoir contesté depuis quinze mois

    Le régime algérien n'est pas réputé pour avoir l'épiderme sensible. Au contraire. Au fil du temps, il a acquis une solide réputation d'indifférence aux critiques, de n'y guère prêter attention, au-dessus de ce genre de vicissitudes. Mais le pouvoir sait faire un excellent usage de certaines séquences. Que deux documentaires puissent créer un début de crise diplomatique entre Alger et Paris semble a priori hors de proportion. Que deux documentaires saisissent des facettes de ce hirak sans leader, quoi de plus normal quinze mois après le début de ce mouvement. Tout mouvement de cette envergure, près de soixante semaines de manifestations chaque vendredi, hors la pause liée au Covid-19, provoque la curiosité journalistique, l'envie de comprendre, d'approfondir. Que ce soit deux chaînes du service public français qui les diffusent, c'est également naturel, l'écosystème audiovisuel expliquant cela. Algérie mon amour, réalisé par Mustapha Kessous, a été projeté sur France 5 quand La Chaîne parlementaire présentait Algérie, la révolution jusqu'au bout ?, suivi d'un débat. Les réseaux sociaux, Facebook principalement, s'étaient énervés hier soir, certains contestant la jeunesse montrée dans Algérie mon amour. Des témoignages qui n'appelaient pas qu'à un changement de gouvernance mais demandaient leurs droits aux libertés individuelles.

    Une colère feinte

    La conjonction des diffusions a donc fourni un formidable prétexte aux autorités algériennes pour créer une diversion en interne : tenter de ragaillardir leur piètre image auprès de leur population en jouant la carte nationaliste, souverainiste, façon « c'est notre pays qui est attaqué ». Et pas par n'importe qui : la France. Sans oublier la tentation de miner le hirak en montant les uns contre les autres. Quant à la réaction vipérine du ministère des Affaires étrangères, elle ne peut faire oublier les arrestations qui se multiplient depuis plusieurs mois en Algérie. Des journalistes, correspondants de médias étrangers, ont été arrêtés ou convoqués par les autorités. Il y a peu, El Manchar, l'équivalent du Gorafi, fermait son site, inquiet de la restriction croissante de la liberté d'opinion. Il suffit d'un statut Facebook pour finir au poste. Plus contesté que jamais, le pouvoir se braque. Il sait qu'après la fin du confinement lié au Covid-19 les manifestations reprendront. Et que la crise économique, accentuée par des semaines d'inactivité, aggravera la colère à son égard. D'où cette diversion diplomatique.

    Une sévère algarade diplomatique

    Rappel d'un ambassadeur pour consultation ? Alger utilise, selon les termes d'un diplomate voisin, « une mesure qui n'a rien de grave, c'est de la gestuelle, la démonstration théâtrale d'un mécontentement ». Et d'ajouter : « Selon toute vraisemblance, dans quelques jours, l'ambassadeur sera de retour et on passera à autre chose. » Pour ce qui est du communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui ne vise pas le gouvernement français mais les médias publics, il en est autrement. Les mots utilisés sont violents. Ils rappellent ceux souvent utilisés par Gaïd Salah, l'ancien chef d'état-major qui dirigea le pays après la démission d'Abdelaziz Bouteflika. En octobre 2019, il dépeignait ainsi le hirak comme étant noyauté par « des entités inconnues ayant des objectifs malveillants qui consacrent de l'argent sale afin d'amplifier le nombre de ces manifestations, en ramenant les citoyens des autres wilayas en dehors de la capitale ». Et il décela à de nombreuses reprises « la main de l'étranger » derrière les manifestants qui le contestaient. On devinait l'ombre de Paris dans le regard du militaire. L'incident d'aujourd'hui n'est qu'une continuité de cet état d'esprit. 

     

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  • Commentaires

    5
    Samedi 30 Mai à 12:18

    J'ai visionné en replay "Algérie, mon amour". Je l'ai trouvé moins concis, moins percutant que "Algérie : les promesses de l'aube". Il y a cependant des témoignages qui vont dans le même sens notamment sur la répression. Il m'a semblé qu'il manque une analyse politique de ce qui est en cause et qui est nécessaire si on veut offrir une perspective. Mais justement c'est la carence du Hirak comme des Gilets jaune en France. Je ne vois pas en quoi la diffusion de ces documentaires portent atteinte à la dignité et à l'indépendance de l'Algérie. Peut-être avec "Algérie, mon amour" la nocivité du colonialisme et l'atrocité de la guerre pour tenter de le perpétuer sont elles un peu escamotées.

    4
    Samedi 30 Mai à 07:44

    Je ne sais pas ce que recouvre l'expression "écosystème audiovisuel". Ce que je sais c'est qu'en France les média, y compris les chaînes publiques sont en général u service d'une idéologie qui défend les intérêts du capital.

    J'ai personnellement suivi l'émission sur LCP qui a présenté le documentaire "Algérie : les promesses de l'aube". Je l'ai trouvé instructif. Je me suis exprimé à ce sujet relevant des analogies entre ce qui se passe en Algérie et en France. Le fait que le pouvoir algérien ait réagi comme il l'a fait avec le rappel de son ambassadeur prouve à l'évidence que les émissions diffusées sur La Chaîne Parlementaire et sur France 5 ont fait mouche. Et ce alors que la France avait, autant que les relations diplomatiques le lui permettaient, de soutenir le clan Bouteflika et son système fait de gabegie, de corruption et d'absence de démocratie.

    Ce qui est à l'ordre du jour aussi bien en Algérie qu'en France, et sans doute dans le Monde, une rupture franche et décisive avec la logique du profit. Je considère que l'émission de la série "DébatDoc" qui a été diffusée à ce propos a contribué à la prise de conscience de cette nécessité, ce qui peut paraître contradictoire avec les objectifs habituels des médias en France.

    3
    Abdelmalek
    Vendredi 29 Mai à 21:07

    Un débat est une discussion entre personnes d'opinions, de convictions différentes; ces deux chaines publiques ont-elles respectées  la condition sine qua non, celle du droit à la liberté d'exprimer leur divergences à d'autres algériens,et ils sont nombreux ? Si ce n'est pas un débat contradictoire, c'est quoi donc ? "Que ce soit deux chaines du service publique qui les diffusent, c'est également naturel, l'écosystème audiovisuel expliquant cela" : énigmatique, pour ma personne, est cette justification. Ce sera pas trop vous demander, de m'éclairer de quel manière fonctionne l'écosystème audiovisuel ?

    • Voir les réponses
    2
    Jeudi 28 Mai à 10:50

    J'ai suivi sur LCP l'émission qui présentait le documentaire "Algérie. les promesses de l'Aube" On peut lire sur mon blog l'article que je lui ai consacré, lien http://cessenon.centerblog.net/6573785-algerie-les-promesses-de-l-aube

    Je suis convaincu qu'il y a des similitudes entre la situation en Algérie et celle que nous vivons en France. Les deux appellent une rupture avec la logique du profit et sa conséquence l'exploitation des salariés.

    J'ai été surpris de la réaction de certains Algériens qui ont commenté mon article de manière négative. Le documentaire diffusé par LCP sur le Hirak manquerait de profondeur ? J'ai trouvé au contraire qu'il permettait de faire le point sur ce qui se passe en Algérie et qu'était mis en cause le mécanisme même de la société algérienne qui est le même qu'en France et à peu près partout dans le monde sauf peut-être en Chine, au Vietnam, à Cuba voire en Corée du Nord.

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