• Algérie, difficile liquidation du passé

     

     

    Algérie, difficile liquidation du passé

    Algérie, difficile liquidation du passé

     

    Emmanuel Macron a confié à l'historien Benjamin Stora la mission de lui faire des recommandations avant la fin de l'année dans le but d'instaurer un dialogue durable avec l'Etat algérien et ainsi de répondre à ses attentes sur les réparations dues par la France pour solde de tout compte des séquelles de la guerre. L'initiative a été bien reçue des deux rives de la méditerranée. Le Président algérien a rappelé que le contentieux majeur entre son pays et la France portait sur les campagnes d'essais nucléaires conduites à Reggane et à In Ekker de 1960 à 1966. En effet, lors des accords d'Evian, les négociateurs du FLN avaient autorisé la France a poursuivre ces essais nucléaires à In Ekker jusqu'à cette échéance. Il était reconnu de part et d'autre que Macron né bien après la guerre pouvait porter un regard neuf sur la guerre d'Algérie. A son bénéfice, il a reconnu très tôt le caractère colonial de la présence française en Algérie et sa responsabilité dans la conduite de la guerre.

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    A l'exception de Mitterrand, ses prédécesseurs avaient fait des tentatives pour se réconcilier avec le pouvoir algérien. Aujourd'hui, aux visiteurs de la casbah ses habitants leur montreront un mur blanc sur lequel sont inscrits les noms de tous les condamnés à mort et guillotinés, Mitterrand étant aux commandes du ministère de l'Intérieur puis de la Justice entre 1954 et 1956. Mitterrand a manifesté une totale indifférence à l'égard de ses victimes comme fut son attitude vis-à-vis du sort des Juifs victimes de l'antisémitisme sous le régime de Vichy. Interrogé plus tard, Mitterrand répondait cyniquement qu'il ne se retournait jamais sur son passé.

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    Chirac a sa part d'ombre dans sa conduite pendant et après la guerre d'Algérie. Lui même appelé, il est tout souriant devant le photographe alors qu'il part en opération harnaché dans le paquetage de son parachute. Président de la République, il honora de sa visite le général Bigeard dans sa retraite à Toul, de sinistre mémoire pour ses crevettes en Algérie. Bigeard avait répondu un jour que son combat en Algérie était celui d'un croisé. Chirac entama le dialogue avec le pouvoir algérien, mais ce dernier le récusa quand le parlement vota  une loi reconnaissant le rôle positif de la colonisation. A son avantage Chirac a su rendre hommage aux jeunes appelés du contingent tombés pendant la guerre, en se prononçant sur la date du 5 décembre pour commémorer le souvenir de leur sacrifice.

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    A cet égard, les anciens combattants et les familles lui doivent le monument aux Morts quai Branly.

    Sarkozy et Hollande, l'un après l'autre, furent à l'origine d'initiatives pour renouer les fils d'un dialogue avec le peuple algérien, Hollande s'étant le plus engagé dans cette voie… C’est sous sa présidence que fut reconnu la date du 19-Mars-1962 jour de commémoration du Cessez-le-feu de la guerre d’Algérie.

    Algérie, difficile liquidation du passé

    Il faut rappeler que sous la présidence de Sarkozy fut voté en 2010 la loi dite Morin reconnaissant un droit d'indemnisation pour les hommes du contingent et autres militaires développant des maladies reconnues comme liées à leur exposition aux retombées radioactives des essais nucléaires conduit par la France au Sahara puis en Polynésie jusqu'en 1996. Sur 700 dossiers présentés par les victimes, 400 furent retenus pour examen par la commission habilitée avec pour seul résultat 9 indemnisations.

    L'annonce de la mission confiée à Benjamin Stora n'a pas soulevée une grande empathie de la part de Sarkozy et Hollande, trop occupés aujourd'hui à revenir en politique avec la promotion de leur livre de souvenirs du pouvoir.

    Nous pouvons faire confiance à Benjamin Stora qui a passé 40 ans de sa vie d'historien à travailler sur le passé colonial de la France en Algérie, pour conseiller le Président de la République sur ses futurs engagements pour réconcilier France et Algérie. La question qu'il faut se poser est de savoir si la France est prête à faire face à la tache immense qu'il lui revient, à savoir d'enquêter sur l'état de santé des populations sahariennes exposées en leur temps aux conséquences des accidents comme celui de Béryl le 1er mai 1962. A coté de cet inventaire des victimes irradiées appartenant à une génération peu ou prou disparue, les investigations françaises devront s'étendre à leurs enfants et petits-enfants, d'autant plus que ces populations demeurent exposées aux déchets radioactifs qui s'ajoutent à la contamination durable des sols. Ne peut-on craindre que l'enjeu économique lié à ce devoir de réparations ne stoppe pas l'élan du chef de l'Etat alors que toute son attention est maintenant portée sur son face à face avec la crise sanitaire responsable d'une crise  économique exceptionnelle par son ampleur !

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/louis-bulidon/blog/220920/algerie-difficile-liquidation-du-passe 

    « France : Cyril Hanouna tacle Enquête exclusive et défend l’Algérie (vidéo) *** Victime d’injures racistes, Azzédine Taïbi, maire de Stains, veut porter plainteEt le cœur fume encore »
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  • Commentaires

    3
    Samedi 26 Septembre à 09:11

    Parmi les victimes de l'OAS je compte les civils et les militaires bien entendu. Mais je pense que l'OAS était dans la même logique que celle qui avait prévalu pendant les 132 ans de colonialisme dont plus 7 ans de guerre reconnue comme telle ultérieurement. 

    2
    Yvon priou
    Jeudi 24 Septembre à 16:01

    Bonjour Jacques 

    Tu as écrit <<Dans le devoir de mémoire sur ce qu'ont été le colonialisme et la guerre d'Algérie il ne faudra pas oublier les victimes de l'OAS,>>    Tu as oublier le mot " Militaire"   <<Dans le devoir de mémoire sur ce qu'ont été le colonialisme et la guerre d'Algérie il ne faudra pas oublier les  << militaires>>  victimes de l'OAS.>>

    1
    Jeudi 24 Septembre à 09:20

    Dans le devoir de mémoire sur ce qu'ont été le colonialisme et la guerre d'Algérie il ne faudra pas oublier les victimes de l'OAS, laquelle il est vrai ne faisait que continuer la politique de domination militaire qui prévalait depuis l'époque de la conquête, ni les appelés du contingent qui ont eu le tort d'avoir 20 ans en ce temps-là. Reconnaissons une bonne fois l'engrenage de l'occupation coloniale et le conflit qui avait pour but de tenter de la perpétuer.

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