• Algérie-France : Encore un fâcheux "malentendu" !

     

    Algérie-France : Encore un fâcheux "malentendu" !

     

    Anadolu Agency via Getty Images

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    Hier, l’Algérie s’est réveillée avec la gueule de bois. Groggy par l’énième dribble vicieux du clan Bouteflika. Ce dernier, piétinant, une fois n’est pas coutume, la Constitution, annonce un report des élections , illégal à plus d’un titre. 

    Immédiatement après la lecture de la lettre attribuée au président, l’opposition et les personnalités politiques impliquées dans l’insurrection citoyenne, se sont unanimement exprimés contre la confiscation de la volonté populaire. Ils ont appelé à accentuer la pression et consolider la mobilisation par de spectaculaires manifestations.

     Et pourtant, les Algériens avaient envie d’y croire, envie de célébrer la victoire. Hier soir, après l’excitante expectative des premières annonces, c’est une véritable douche froide qui s’est abattue sur le pays. Les réseaux sociaux et la rue en émoi ont très vite compris la manœuvre perverse et l’ont dénoncée avec vigueur. 

     Très vite, le rôle de la France est pointé du doigt. La publication sur les réseaux sociaux d’anciennes photos montrant de chaleureuses accolades entre Emmanuel Macron et Ramtane Lamamra et un supposé aller-retour, Alger-Paris, samedi, de l’ex-néo ministre des affaires étrangères algérien avaient suscité méfiances et interrogations ! Enfin, ce dernier, après sa nomination, réserva sa première interview à RFI (Radio France Internationale) crispant d’avantage les observateurs.

     Jusque-là, le silence gêné des autorités françaises ou leurs très délicats commentaires avaient été accueillis avec perplexité. Les Algériens ne sont jamais dupes de la réalité des relations franco-algériennes et des tractations de coulisses (Cf France-Algérie, 50 histoires d’histoire secrètes de Nawfel Brahimi El Mili). Mais toujours intraitable quant à la souveraineté nationale, la rue algérienne a toujours jugé inacceptable toute ingérence dans ses affaires intérieures. La dénonciation du soutien français au système Bouteflika s’avère immédiate et sans concessions. L’humour des internautes algériens n’est pas en reste. Un « photoshop » illustrant un Macron grimé en coach faisant rentrer le remplaçant Lamamra provoque autant de rires que de réprobations. 

     Le courroux s’exprimera avec plus de véhémence après la conférence de presse du président français ! En résumé : Le chef d’Etat français soutient les solutions de sortie de crise proposées par son son homologue (ou plus exactement de son entourage), soit un viol manifeste de la loi fondamentale algérienne : Bouteflika n’ayant ni le droit de reporter les élections ni celui de prolonger de facto son mandat. 

     Le gouvernement français, en façade, si attentif au formalisme et à la légalité institutionnelle, avait loué la stabilité algérienne et applaudi aux élections, pourtant déjà entachées de nombreuses irrégularités. Sourd aux analyses et revendications cohérentes et légitimes d’une opposition en osmose avec l’indignation, entre autres, des dizaines de milliers d’algériens se réunissant chaque dimanche, place de la République à Paris. Représentant des millions d’Algériens résidant en France, ceux-ci rejettent massivement un tel parti pris, contraire aux légitimes aspirations du peuple algérien (Départ de Bouteflika et gouvernement de transition composé de personnalités incontestables garantissant des élections libres et démocratiques. Dissolution des Assemblées préparant l’avènement de la deuxième république) 

     L’erreur coupable d’Emmanuel Macron cristallisera les ressentiments et haines anti-françaises, laissant le champ libre aux pourfendeurs du néo-colonialisme et de la françafrique. Ainsi, afin de conserver ses intérêts cruciaux, Emmanuel Macron se retrouve dans le mauvais camp. Celui que l’histoire jugera sévèrement. 

    A en croire les réactions et appels du web, les Algériens sortiront massivement ce vendredi pour scander leur refus, faisant regretter et rétropédaler le gouvernement français. 

    Gageons enfin, que l’anxiogène scénario du pire, parfois évoqué par certains éditorialistes, ne soit pas de mise, tant les enjeux sont capitaux et les conséquences aventureuses et dangereuses. 

    SOURCE : https://www.huffpostmaghreb.com/entry/algerie-france-encore-un-facheux-malentendu_mg_5c87dbfae4b038892f47c49f

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 14 Mars à 17:46

    Il me semble toutefois inscrire comme un succès à mettre à l'actif du peuple algérien le fait que Bouteflika a renoncé à briguer un 5ème mandat. Evidemment ça ne résout pas comme par enchantement les problèmes sociaux auxquels est confrontée l'Algérie. Dans le même ordre d'idée la démission d'Emmanuel Macron réclamée par les Gilets jaunes ne peut être prise comme une formule incantatoire dont la réalisation aplanirait comme par enchantement les difficultés majeures que nous subissons. Ce qui est en cause est bien la nature même de nos sociétés fondées sur le profit exigé par les capitaux accumulés. 

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