• Algérie, la guerre sans nom

    Algérie, la guerre sans nom

    Après les combats dans la région de l'Aurès, entre Batna et Arris, 30 novembre 1954, les parachutistes de l'armée française ont capturé dix-huit combattants algériens qui sont emmenés dans un véhicule militaire en direction du P.C. du général Gilles, commandant de la vingt-cinquième Division aéroportée, un mois après la série d'attentats (la Toussaint rouge) qui a marqué le début de la guerre d'indépendance algérienne ( Intercontinentale/AFP/Archives / Pierre Bonnin )

    http://www.boursorama.com/actualites/algerie-la-guerre-sans-nom-730879bf48ba44ecdc2f12e589de617e

    Il aura fallu près de quarante ans pour que la France reconnaisse officiellement "la guerre d'Algérie", auparavant pudiquement désignée comme "les événements" ou les "opérations de maintien de l'ordre".

    La loi du 18 octobre 1999, votée 37 ans après la fin du conflit, stipule que "la République française reconnaît, dans des conditions de stricte égalité avec les combattants des conflits antérieurs, les services rendus par les personnes qui ont participé sous son autorité à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962".

    La reconnaissance officielle du terme "guerre d'Algérie" était une vieille revendication des associations d'anciens combattants. Elle intervenait près de 17 ans après le vote d'une loi en 1982, à l'initiative du président français François Mitterrand, réintégrant dans l'armée huit généraux putschistes dont Raoul Salan et Edmond Jouhaud.

    Selon les chiffres officiels, 1.747.000 soldats, dont 1.343.000 appelés ou rappelés, ont servi en Afrique du Nord de 1952 à 1962, principalement en Algérie où 24.300 sont morts au combat dont 6.400 appelés.

    La guerre d'Algérie a fait quelque 400.000 morts, en majorité algériens, selon des estimations d'historiens français. Le discours officiel en Algérie a lui adopté la formule du "million et demi de martyrs".

    Algérie, la guerre sans nom

    Photo prise d'une mechta incendiée dans le massif des Aurès en Algérie au mois de novembre 1954 deux semaines après la série d'attentats (la Toussaint rouge) qui a marqué le début de la guerre d'indépendance algérienne ( Intercontinentale/AFP/Archives / )

    Depuis 1983, la guerre d'Algérie est au programme d'histoire des collèges et lycées en France. Mais le sujet reste délicat à traiter, alors que se côtoient sur les bancs de l'école descendants de pieds-noirs, de harkis, d'appelés du contingent ou d'immigrés algériens.

    Le vote d'une autre loi, celle du 23 février 2005 "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés" a soulevé des tensions, en France comme en Algérie, en raison notamment de son article 4, abrogé depuis, qui recommandait aux enseignants de vanter auprès de leurs élèves "les aspects positifs de la colonisation".

    La Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, dont la création était prévue par cette loi, n'a finalement été installée qu'en octobre 2010.

    Même la commémoration de la guerre a fait l'objet d'une "guerre des dates" en France. Fin 2003, le gouvernement avait opté pour le 5 décembre, qui ne correspond à aucun événement de la guerre d'Algérie mais simplement à l'inauguration d'un mémorial à Paris en 2002.

    Algérie, la guerre sans nom

    Photo prise à Alger le 20 mars 1962 au lendemain de la proclamation du cessez-le-feu. Des affiches, appelant à la paix en Algérie, éditées par le gouvernement français ont été placardées sur les murs des villes et villages algériens. Le ministre des Anciens Combattants Pierre Pasquini a indiqué le 17 mars qu'il était opposé à une commémoration officielle du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu en Algérie ( AFP/Archives / )

    C'est finalement la date du 19 mars, celle du cessez-le-feu de 1962 au lendemain des accords d'Evian, qui sera retenue comme journée du souvenir "à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc" dans la loi du 6 décembre 2012, adoptée au Sénat dix ans après son passage à l'Assemblée.

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    Des associations de rapatriés et d'anciens combattants contestent toutefois toujours cette date, soulignant que les combats se sont en réalité poursuivis jusqu'en novembre 1962 avec des milliers de morts. (***) 

    (***) Sauf que ces gens-là occultent la lourde responsabilité de l’OAS, organisation criminelle et terroriste responsable de 2700 victimes civiles et militaires, avant et après le 19 mars 1962., r

     

    Eux aussi ont été tués

    par des balles de l'OAS

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    C’est pourquoi nous rendons un hommage à :

    Roger Oudin

    Robert Nogrette

    Jean Grasset

    Philippe François

    Daniel Doutre

    Messaoud Secuh

    Saïd Belmiloud

    appelés de l'Armée française

     tous 2e classe

    lâchement assassinés par l'OAS

    le 23 mars 1962, à dix heures

    place Desaix à Alger

    Après les 24 morts civils musulmans du 20 mars 1962

    Après les 18 gendarmes assassinés le 22 mars 1962

    Ce furent les premières victimes de l'OAS

     d'après le 19 mars 1962

    Ne les oublions pas

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      Roger Oudin a été tué par l’OAS, quatre jours

    après le cessez-le-feu

    Le 22 mars 1962 au soir, des commandos de l’OAS attaquent une patrouille de la gendarmerie mobile qui sortait du tunnel des Facultés – bilan : 18 gendarmes tués. Le lendemain ils ouvrent le feu sur un véhicule de transport de troupes tuant 7 soldats appelés du contingent : Roger Oudin, Robert Nogrette, Jean Grasset, Philippe François, Daniel Doutre, Messaoud Secuh et Saïd Belmiloud, tous 2ème classe. Voici un article consacré à l’un de ces jeunes appelés assassinés par les terroristes et criminels de l’OAS :

    photo-dr.jpg     http://www.leprogres.fr/haute-loire/2012/03/12/roger-oudin-a-ete-tue-par-l-oas-quatre-jours-apres-le-cessez-le-feu

    Roger Oudin a été tué par l’OAS, quatre jours après le cessez-le-feu par les criminels de l'OAS

    Dans le décompte officiel des militaires du département tués dans le conflit en Algérie figure Roger Oudin, de Saint-Maurice-de-Lignon, où une rue porte son nom depuis les années quatre-vingt. En fait, il avait vu le jour à Saint-Étienne, rue des Teinturiers où vivaient ses parents : Maxime Oudin, né en 1905 à Saint-Maurice-de-Lignon, infirmier à l’hôpital Bellevue, et Doménica Passarin, Saint-Mauriçoise d’origine italienne, que tout le monde appelait « Renée », et qui œuvrait dans la confection à domicile.

    Le couple avait gardé des liens forts avec les habitants de la cité lignonnaise où il venait régulièrement dans une maison de famille du quartier de la « Basse-Vialle ».

    Roger Oudin, fut l’un des plus jeunes appelés tombés au Maghreb puisqu’il n’avait pas 20 ans. Né le 19 avril 1942, il a été terrassé le 23 mars 1962, quatre jours seulement après les accords d’Évian.

    Simple soldat, arrivé depuis peu, et seulement après un mois de classe dans le Vaucluse, il effectuait une surveillance avec plusieurs de ses camarades (cinq ou huit selon les sources), lorsque leur camion a été pris en embuscade par un groupe qui voulait s’emparer de leurs armes : acte isolé de « rebelles » comme on disait alors, ou geste d’extrémistes de la fameuse «armée secrète»?

    Denise Suzat, à l’époque fiancée de Roger Oudin – elle était la fille des boulangers et voisins de quartier des Oudins – se souvient que la version officielle donnée à ses parents affirmait qu’il s’agissait d’un « attentat de l’OAS ». Les soldats auraient refusé de livrer leurs équipements, raison pour laquelle ces compagnons d’armes avaient tous été abattus. Atteint à cinq reprises par la mitraille, le petit Stéphanois était mort sur le coup.

    Dans la pièce officielle datant de septembre 1962 et portant attribution de la croix de la valeur militaire avec palme à titre posthume, il était dit : « Jeune conducteur du contingent affecté à une compagnie d’instruction […], a été mortellement blessé par balle au cours d’une embuscade tendue par des éléments subversifs dans le quartier de Bab El Oued (zone Alger-Sahel). »

    En mai 1962, après des funérailles célébrées à Valbenoite, Roger Oudin fut inhumé dans le caveau familial du cimetière de Saint-Maurice-de-Lignon lors d’une cérémonie empreinte de beaucoup d’émotion puisque, en cinq ans, le petit bourg venait de perdre trois des siens : Pierre Favier en octobre 1957, Victor Robin en septembre 1958 et donc Roger Oudin en mars 1962.

    Denise Suzat n’a pas oublié le destin tragique de Roger dont elle parle aujourd’hui encore en toute sérénité. D’autant qu’elle avait remplacé le soldat disparu dans le cœur d’un papa profondément marqué, mort en 1967, et surtout d’une maman, décédée en juillet 2009 : Denise avait d’ailleurs fait spécialement le voyage depuis Paris pour assister à ses obsèques.

     

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