• « Algérie, les deux soldats »

    Sur ce blog les extrémistes nostalgériques qui se prennent encore et toujours pour une race supérieure comme du temps de la France coloniale, de leur regrettée Algérie française sont rejetés. Qu’ils aillent cracher leur haine ailleurs… 

    El Watan, le quotidien algérien nous apprend que la chaîne française « TOUTE L’HISTOIRE » présentera le documentaire  « Algérie, les deux soldats »  Les déserteurs français durant la guerre d’Algérie, à ces dates et ces horaires : *Algérie, les deux soldats, documentaire de Marc Bessou (2012). Chaîne « Toute l’Histoire » (câble et satellite). Le mercredi 16 août à 19h50 ; vendredi 18 août à 13h30 ; dimanche 20 août à 14h39 ; mardi 22 août à 8h17. Cependant cette chaîne est payante et vous ne l’avez peut-être pas… alors nous vous proposons de visionner ce documentaire sur notre blog. En première partie voici les documents écrits.

    michel dandelot 

    Noël Favrelière :

     «Partir, c’était comme un cri»

     


    Dans le documentaire Algérie, les deux soldats, deux déserteurs témoignent. On retient surtout la parole forte et humaniste de Noël Favrelière, qui a refusé, dès 1956, de cautionner la violence militaire injuste.

    Quelle bonne idée a eu la Chaîne Toute l’Histoire de proposer en ce mois d’août le film documentaire de Marc Bessou, Algérie, les deux soldats*. Alors que l’Algérie célèbre cette semaine les 59 ans du soulèvement d’août 1958, ce film démontre s’il le fallait la brutalité de la soldatesque française.

    Le film suit le parcours de deux parachutistes : le sergent Noël Favrelière et le sous-lieutenant René Técourt. Ce dernier, en 1960, déserte pour prendre fait et cause pour l’armée secrète OAS, favorable au maintien de la domination française en Algérie. Son témoignage, comme ceux de son camp, est inflexible. Il défend l’entêtement de pratiques terroristes pour sauvegarder la mainmise sur une terre qui n’a jamais été la sienne. Il gargarise que du côté de sa mère, la lignée coloniale date du tout début de l’invasion française.

    Du côté de son père, il a assuré que son grand-père s’est battu avec le maréchal Lyautey, qui mit au pas le Maroc. Cette musique arrogante du «je ne regrette rien» est pleine de fausses notes que l’histoire a déjà pris le temps de balayer. Même si le documentariste prend le risque de les mettre à égalité, Noël Favrelière, qui quitte son bataillon à 22 ans, pour dire non à la guerre coloniale, sonne plus vrai. Plus intéressant, son témoignage mérite encore des éloges, soixante ans après.
     

    «NE PAS DEVENIR UN BOCHE» 

    Fils de résistants, le soldat assiste à plusieurs exactions dans sa compagnie de paras : enfant abattu par un tireur d’élite, prisonnier jeté d’un hélicoptère en vol... «Les fils de fer serrés sur les bras des prisonniers jusqu’à leur couper les bras, cela me rappelait ce que me disait un oncle déporté par les nazis en Allemagne. Je n’en pouvait plus».

    D’autant que son père, opposé à la guerre, l’avait mis en garde de ne pas «devenir un boche», comme on appelait alors les Allemands. Avant de lui dire, en un dernier adieu devant le train qui s’ébranlait : «Je sais bien que tu ne le seras jamais.» Devant la barbarie à laquelle il assiste, il décide alors de s’enfuir, le 19 août 1956. «Partir, c’était comme un cri». Il convainc le jeune moudjahid de 19 ans, Necir Mohamed Salah, dont il a la garde, de le suivre, même s’il est blessé au pied. Ils vont marcher quatre jours pour arriver à un poste de maquisards, dans la région de Tébessa, «je ne voulais pas qu’il meurt, ce petit gars», dit-il.

    Si Favrelière témoigne, Necir aussi, des années plus tard. Puis, comme l’explique le commentaire du documentaire, «ce qui n’était qu’une révolte instinctive devient un engagement». Noël Favrelière rejoint la rébellion algérienne. Avec le partage de la souffrance et des longs déplacements dans les Aurès. Le déserteur avoue alors : «Je croyais que les paras étaient des durs. Comparer à ce que faisaient les fellaghas, les paras, c’était des chochottes.» Le colonel Boughezala (nom de guerre) témoigne à son tour de l’abnégation de Favrelière et sur l’amitié dans les maquis.

    Quant à ceux qui parmi ses désormais compagnons voulaient savoir de quel bord il était, Favrelière rappelle le propos d’un supérieur : «Favrelière, lui, il est là parce que c’est un vrai Français.» Le déserteur raconta son périple dans le livre Le désert à l’aube (éditions de Minuit) censuré à sa sortie. Le cinéaste René Vautier s’en servit pour écrire son mémorable Avoir 20 ans dans les Aurès !

    Walid Mebarek

    Source : http://www.elwatan.com/culture/noel-favreliere-partir-c-etait-comme-un-cri-14-08-2017-350888_113.php 

    Résumé du programme

    Retour sur la guerre d'Algérie à travers le parcours de deux soldats français qui ont déserté, l'un pour sauver un prisonnier, l'autre pour rejoindre l'OAS.

     
      Noël Favrelière, officier parachutiste et déserteur. Il n'a pas eu le choix que de fuir les troupes françaises

    Noël Favrelière : "Je ne comprenais pas que seulement quelques années après s’être libéré des Allemands, après s’être battu, comme l’ont fait mon père et mes oncles par exemple contre les Allemands, on envoie des jeunes couillons de mon espèce se battre contre les gens qui voulaient la même chose, libérer leur pays et obtenir une indépendance. Je trouvais cela absolument injuste.

    Et j’étais persuadé que de toute façon l’indépendance était inéluctable. Il y avait la Tunisie, il y avait le Maroc, déjà libres, l’Afrique noire qui remuait ses chaînes, il ne faisait aucun doute que cela ne pouvait finir que comme ça, et le plus vite cela aurait été le meilleur, cela aurait économisé tant de vies.

    Pourquoi le Maroc ? Pourquoi la Tunisie ? Oh, si, je le comprenais très bien pourquoi : d’une part il y avait le pétrole, il y avait aussi les riches propriétaires d’Algérie qui avaient tout intérêt à garder les Algériens comme des demi citoyens, au mieux. Vous voyez un petit peu l’intérêt qu’ils avaient à garder l’Algérie telle qu’elle était.

    Mon père m’a emmené, au moment où j’étais rappelé, au train, il m’embrasse en montant sur le marchepied et me dit : ne deviens pas un Boche. Lui, il disait ça parce qu’ancien prisonnier évadé puis ensuite Résistant. Puis, le train a bougé, mon père s’est mis à courir et est remonté sur le marchepied et m’a dit : excuse-moi fils, je n’aurais pas dû te dire ça, je sais que tu ne le seras jamais. Il pensait absolument comme moi.

    J’étais absolument contre cette guerre. C’était pour six mois disait-on, puis avec les congés, etc. cela aurait été cinq mois, seulement cinq mois ou alors je refusais et je me retrouvais en taule. Alors pour cinq mois, surtout qu’à l’époque il n’était encore pas question d’une guerre, c’était une opération de police, c’est ça : ça ne durera pas longtemps et ce n’est pas méchant, mais dès mon arrivée là-bas, les bavures, comme la mort d’une petite fille, comme brûler une forêt, on allait de bavures en bavures, de plus en plus graves et comme si c’était normal.

    On allait devenir des Boches si on s’était laissé faire. Il fallait réagir. Justement, avec les copains, on en discutait, on était tous d’accord et quand moi je proposais de faire une action disons plus collective, je me suis retrouvé tout seul.

    Ce qui fait que plus tard, quand j’ai retrouvé un de mes amis à Paris, un peu par hasard, dans une galerie d’art, on a parlé des autres et je lui ai dit : je serais bien heureux, bien content de les revoir, de les rencontrer. Il m’a dit : mais eux, ils ne veulent pas te voir, ils ont hontes d’eux-mêmes parce qu’ils pensaient comme toi mais ils n’ont rien fait. Je ne voyais qu’une chose à faire, c’était de déserter en même temps je sentais ça comme un énorme « Merde » que je criais à l’armée et à cette France colonialiste.

    Torture

    Noël Favrelière : le déserteur sans haine

    Le 3 novembre 2000, (re)paraît, aux éditions de Minuit, le Désert de l'aube, le récit autobiographique rédigé par Noël Favrelière, rappelé en 1956 dans un régiment parachutiste et qui, un jour, déserta... Publié pour la première fois en 1960, l'ouvrage fut aussitôt saisi et sa diffusion interdite. Dédié " à la mémoire " de son " camarade Kakou (Abd El Kader Benazouz) et à tous ceux qui, comme lui, sont morts pour que d'autres vivent libres et en paix ", le Désert de l'aube est une plongée dans l'horreur de la guerre et dans ses aléas - ceux qui conduisirent l'auteur à libérer un jeune militant du FLN blessé pour le soustraire à une exécution sommaire, à " déserter " avec lui pour l'aider dans son évasion, puis, à l'issue d'une fuite d'une semaine dans le désert, à rejoindre l'Armée de libération nationale où il passa dix mois avant de rejoindre Tunis, puis les Etats-Unis. Deux fois condamné à mort par contumace, Noël Favrelière ne put regagner la France qu'en 1966. En 1983, il entra à la direction des Affaires culturelles du ministère des Affaires étrangères, fut directeur de l'institut Nodier à Ljubljana, puis du centre culturel français d'Amman jusqu'en 1995. " T'ai-je souri en retour? ", écrit Favrelière à propos d'un jeune soldat français sur lequel il pointe son arme de " déserteur " : " Je ne le sais plus. Mais je t'ai laissé repartir pour rejoindre ceux qui, comme toi, avaient mission de m'abattre... et tu ne leur as rien dit. "

     

     

     

    LE DOCUMENTAIRE COMPLET 

     


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