• Algérie : les « Enfumades du Dahra »

     

    Algérie : les «  Enfumades du Dahra »

     

    Algérie : les «  Enfumades du Dahra », un crime

    de guerre ! Aujourd’hui, en France, certains

    osent encore parler des bienfaits de la

    colonisation, honte à eux ! Un exemple parmi

    tant d’autres. 

    François Hollande en 2012 a prononcé toutes ces phrases : 

    • Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal. Ce système a un nom : c’est la colonisation et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. 
    • Parmi ces souffrances, il y a eu les massacres de Sétif, de Guelma, de Kherrata qui je sais demeurent ancrés dans la conscience des Algériens mais aussi des Français. Parce qu’à Sétif, le 8 mai 1945, le jour même ou le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles. 
    • La vérité, elle doit être dite aussi sur les circonstances dans lesquelles l’Algérie s’est délivrée du système colonial, sur cette guerre qui, longtemps n’a pas dit son nom en France, la guerre d’Algérie. 
    • Nous avons le respect de la mémoire, de toutes les mémoires. Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, sur les injustices, sur les massacres, sur la torture. 
    • Connaître, établir la vérité, c’est une obligation. Et elle lie les Algériens et les Français. Et c’est pourquoi il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives et qu’une coopération dans ce domaine puisse être engagée, poursuivie et que progressivement cette vérité puisse être connue de tous. 
    • La paix des mémoires à laquelle j’aspire repose sur la connaissance et la divulgation de l’histoire. 
    • Et puis son successeur Emmanuel Macron a parlé, en février 2017, à Alger, de crime contre l’humanité avant de se faire « allumer » par les tenants du colonialisme, écoutez :
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    Comme on aimerait que de telles déclarations soient confirmées. Un geste, une déclaration forte s’imposeraient pour mettre enfin à distance cet héritage colonial qui empoisonne encore, plus de cinquante-six ans après, les relations entre la France et l’Algérie. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que les plus hautes autorités de la République française reconnaissent publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie ? Et pour mettre un terme au contentieux historique qui continue à opposer les deux pays ?

    Et pourtant tout avait commencé près de 170 ans avant…

    Cela s'est passé, le 18 juin 1845. Les grottes de Ghar El Frachih se souviendront à jamais qu'ils furent le théâtre d'une odieuse extermination massive de populations civiles. 

    L'histoire moins oublieuse que ne le suppose ceux qui entendent l'écrire aujourd'hui ici ou ailleurs, à coup d'injonctions légales, retiendra que le crime fut commis contre des  hommes, femmes et enfants pris au piège du refuge qu'ils avaient choisi pour un ultime acte de résistance devant la soldatesque coloniale. Plus d'un millier de personnes asphyxié, parce qu'elles ont osé se dresser contre  l'occupation, mais sans aucun moyen  de défense de nature militaire, face à une armée menée par des officiers en proie à la hargne sauvage, pour préparer les territoires à la colonisation, en y semant la mort et la désolation, avec une haine et une absence de retenue que l'histoire retiendra contre les  colonels Pélissier et Bugeaud, comme une tache honteuse d'un crime contre l'humanité irrémissible. Le 18 juin 1845, le colonel Pélissier n'hésite pas à asphyxier plus de 1.000 personnes, hommes, femmes et enfants, des Ouled Riah, qui s'étaient réfugiées dans la grotte de Ghar-El-Frachih dans le Dahra.  A ce propos, un soldat écrira pour la postérité : «Les grottes sont immenses ; on a compté 760 cadavres ; une soixantaine d'individus seulement sont sortis, aux trois-quart morts ; quarante n'ont pu survivre ; dix sont à l'ambulance, dangereusement malades ; les dix derniers, qui peuvent se traîner encore, ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus ; ils n'ont plus qu'à pleurer sur des ruines». 

    Suite  à la résistance  faite de harcèlement, d'embuscades par la tribu des  Ouled Riah : la réaction des troupes françaises  dépassera les normes de la guerre conventionnelle, mais aussi de l'horreur. Le général Bugeaud et ses troupes  se lanceront contre la tribu des Ouled Riah, alliés de Boumaza. Après des combats violents,  hommes, femmes et enfants soit près d'un millier de personnes  se réfugient dans les grottes considérées comme inexpugnables et dans lesquelles ces tribus s'étaient déjà réfugiées durant la lutte contre la présence ottomane. Durant les pourparlers des coups de feu sont échangés et le colonel Pélissier ordonne d'amasser des combustibles devant l'ouverture des grottes appliquant les recommandations du général Bugeaud déjà mis en pratique «Si ces gredins se retirent  dans leurs cavernes dira-t-il, imitez Cavaignac aux Sbéhas ; fumez les à  outrance, comme des renards», le sinistre stratagème ayant déjà été utilisé. Le feu est mis aux très nombreux bûchers qui ceinturent les cinq ouvertures qui commandent  l'entrée des grottes, de nombreuses fascines enflammées sont jetées du haut des rochers devant l'entrée des grottes. 

    Après le forfait accomplit, le lendemain une compagnie formée d'hommes du génie et de tirailleurs, reçoit l'ordre de pénétrer dans les grottes. À l'entrée, des animaux dont on avait enveloppé la tête pour les empêcher de voir ou de mugir sont  étendus à moitié calcinés. Puis ce sont des groupes effrayants, que la mort avait saisi, le spectacle était saisissant du fait que les cadavres  jonchaient le sol. Des nouveau-nés gisaient enfin çà et là des masses de chair informes piétinées forment comme une sorte de bouillie  humaine. Plus d'un millier d'enfants de femmes et d'hommes avaient été asphyxiés et brûlés. Après ce massacre, Pélissier fait mine de consciences inquiètes  et osera déclarer : «La peau d'un seul de mes tambours avait plus de prix que la vie de tous ces misérables». Cependant outre mer des voix  s'élevèrent  suite au crime perpétré par le général Pélissier, car le poète Lamartine, député dénoncera vigoureusement lors de la première session de l'assemblée parlementaire de 1846 les très nombreuses exactions  : condamnant ainsi les massacres des  populations, les incendies d'habitations,  les destructions de moissons, d'arbres fruitiers,  et la politique de la terre brûlée, en faisant allusion aux enfumades  il dira : «Je pourrais vous parler d'autres actes qui y ont fait frémir d'horreur et de pitié la France entière les grottes du Dahra où une tribu entière a été lentement étouffée. J'ai les mains pleines d'horreur, je ne les ouvre qu'à moitié»! À Paris, on s'indigne lorsqu'on apprend les «enfumades». Sur le terrain également les méthodes de « pacification » préconisées par Bugeaud sont contestées par certains de ses subordonnés, en particulier Eugène Dubern. Les enfumades du  18 juin 1845 n'étaient pas les premières, pour ne pas oublier de citer, celles du 11 juin 1845 à Orléanville, «Chef»  où le général Bugeaud, commandant en chef, avait conseillé à ses subordonnés d'enfumer les partisans de l'émir Abd El Kader peuplant la région du Chélif: «Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Enfumez-les à outrance comme des renards». D'autres enfumades avaient été perpétrées, telles que celles  des Sbéhas le 11 juin 1844. Le Dahra, n'en continuera pas moins de payer un lourd tribu, après les enfumades de  Ghar el Frachih, avec les emmurades  des Sbehas (Ouled Sbih) d'Aïn-Merane du 8 au 12 août 1845 par  Saint-Arnaud  qui le 8 août 1845 ordonnera à ses soldats d'emmurer vivants 500 Algériens qui s'abritaient dans une grotte entre Ténès et Mostaganem (Aïn-Merane) et qui  refusèrent de se rendre. Il déclarera : «Je fais boucher hermétiquement toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n'est descendu dans les cavernes. Personne que moi ne sait qu'il y a dessous 500 brigands qui n'égorgeront plus les Français».
    Les Pélissier et autre Bugeaud ont bafoué les valeurs les mieux partagées par les hommes au combat, et la France continue à profaner la mémoire des victimes, au-delà de tout entendement humain.  Les enfumades du Dahra s'inscrivent dans la longue liste des crimes contre l'humanité et dans  la barbarie la plus perverse qui s'est abattue sur les populations du Dahra L'oubli ne peut être consenti face à une vilénie et une forfaiture collective contre  des innocents et il ne faut pas oublier que l'histoire de la colonisation recèle de pages truffées d'actes les plus inhumains infligés aux algériens et notamment aux populations du Dahra. Les populations du Dahra, garderont à jamais les stigmates de ceux qu'il suffira d'évoquer les noms pour donner au crime contre l'humanité sa définition la plus révoltante.
     

    Dans la video ci-dessous, Brahim Senouci raconte les enfumades du Dahra, à Mostaganem, qui se sont déroulées en juin 1845. Le lieutenant-colonel Pélissier se conduisit de manière inhumaine, les 18, 19 et 20 juin 1845, une semaine après la déclaration de la doctrine Bugeaud, en faisant périr par asphyxie quasiment toute une tribu (les Ouled-Riah, alliés au Cheikh Boumaza), qui avait trouvé refuge dans les grottes de Ghar-el-Frechih près de Nekmaria dans le massif du Dahra. Ce sont entre 700 et 1200 personnes, selon les sources, guerriers, mais aussi femmes, enfants et vieillards, qui moururent après que Pélissier eut fait allumer de grands feux devant les entrées des grottes. Il n’y eut que quelques survivants.

    (Source : wikipedia)

     

    « Henri Pouillot précise que la réponse à la lettre ouverte envoyée au président de la République est inquiétante...La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011... »
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