• Algérie : respect à la révolte exemplaire du peuple

    Algérie : respect à la révolte exemplaire

    du peuple

    Algérie : respect à la révolte exemplaire du peuple

    Une foule immense défile à Alger

    Au-delà de l’élection présidentielle de ce 12 décembre, contestée par l’immense majorité du peuple, les Algériens entendent poursuivre leur combat pacifique pour la liberté. Ils imposent le respect.

     

    Amis algériens,

     

    Ceux que je connais et les autres. Toutes celles et ceux qu’on voit défiler dans les rues d’Alger et des autres villes du pays chaque mardi et vendredi, inlassablement, depuis le 22 février. Dix mois d’un magnifique sursaut citoyen et pacifique, qui donne au monde entier une leçon de courage et de civisme.
    Aujourd’hui, ce 12 décembre 2019, un scrutin présidentiel est organisé. Les bureaux de vote ont ouvert. Mais les informations qui nous arrivent du pays indiquent que plusieurs sont fermés. Que d’autres sont déserts. Une grande partie de la population dénonce un jeu pipé d’avance. Les cinq prétendants à la succession d’Abdelaziz Bouteflika, président malade et fantoche qui avait été contraint de jeter l’éponge sous la pression populaire – alors qu’il était sur le point de briguer un cinquième mandat — ne représentent en rien le changement attendu. Ils ont occupé des postes importants dans le passé. Tous acteurs d’un système désormais rejeté. Hier soir, des milliers de personnes protestaient encore dans le centre d’Alger contre cette vraie fausse élection — dispersées en début de soirée par une police qui hésite de moins en moins à jouer de la matraque. Au moment où l’on écrit ces lignes, une nouvelle manifestation a lieu. Et les messages qui nous parviennent d’Alger parlent tous d’un climat électrique. Le risque d’une répression violente est possible, même si jusqu’à présent, c’est plutôt par le biais des arrestations que le pouvoir essaye d’intimider. Selon les opposants, plus de deux cents personnes seraient détenues pour délit d’opinion. Pourtant, ils ne renoncent pas. Ils forcent le respect.

    La France ne parle pas. Ou si peu. Contrainte, sans doute, par les enjeux de la diplomatie, du principe de non ingérence, des relations économiques. Les Algériens ont compris, qui n’attendent rien de l’extérieur. C’est en eux-mêmes qu’ils puisent la force de la révolte. «Nous voulons enfin l’indépendance, la vraie».

    Il est des moments clés où l’histoire se retourne et s’accélère. Depuis le début du mouvement, baptisé le Hirak, le réveil citoyen est porté par une jeunesse qui n’a pas peur, et sans doute pas grand-chose à perdre. À l’inverse de ses aînées, elle est connectée au monde grâce à Internet, et revendique la même liberté que nous. Elle n’a pas connu la décennie noire du terrorisme, dont l’épouvantable mémoire aura été beaucoup agitée par le pouvoir pour se maintenir (avec l’argument : c’est nous ou les islamistes). Très vite, dans la foulée de cette jeunesse, l’immense majorité de la société a suivi. Elle ne veut plus d’un régime autoritaire, planqué derrière ses simulacres d’élections, et le fait savoir avec une dignité exemplaire : hier soir, un cordon policier semblait sur le point de charger les manifestants. Un cordon de femmes, de tous âges, voilées ou pas, leur a fait barrage.

    Le résultat du scrutin de ce 12 décembre ne résoudra rien. Et n’éteindra pas la détermination des Algériens à arracher aux puissants la liberté qu’ils méritent. Avec le Hirak, ils ont déjà retrouvé la fierté. Et gagné notre admiration. 

     

    « Pour quand la paix ? Jean Ferrat l'a si bien chantée ! Un ami m’a dit : Joyeux Noël… pour qui ? »
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