• Après 74 ans, un des enfants du Havre évacué vers l’Algérie en 1941 va retrouver sa famille d’accueil

     

     

    Ceci s’est passé dans l’Algérie (dite française) dans cette France coloniale et raciste que je déteste… surtout qu’à la fin de cet article je lis ceci : « Le concours des centres d’accueil Georges-Guynemer, qui abritent des enfants de familles de réfugiés, permettra de se tourner aussi vers l’Algérie. Non sans vanter les mérites de l’Empire français et du Maréchal Pétain, dont l’épouse est la marraine desdits centres... »

    Mais c’est une belle histoire quand même…

    Michel Dandelot


     

    Après 74 ans, un des enfants du Havre

    évacué vers l’Algérie en 1941

     va retrouver sa famille d’accueil

    Après 74 ans, un des enfants du Havre  évacué vers l’Algérie en 1941   va retrouver sa famille d’accueil

    En 1941, des centaines d’enfants havrais ont été évacués vers l’Algérie pour échapper à la guerre. Jean-Jacques Berne, 83 ans, va enfin retrouver la famille qui l’avait accueilli.

    Soixante-quatorze ans après les avoir quittés, il va retrouver dans quelques jours, le 19 avril, à Toulouse, des membres d’une famille qui l’avaient accueilli « comme leur quatrième enfant », durant plus de quatre ans, en Algérie. Jean-Jacques Berne, enfant du Havre aujourd’hui âgé de 83 ans, a fait partie de ces centaines de gamins évacués de France métropolitaine par leurs parents, pour les préserver des conditions de vie d’une terre en guerre et occupée. Malgré les témoignages qui ont été recueillis, notamment dans nos colonnes, cette histoire reste méconnue. En cette seule année 1941, la ville du Havre, déjà touchée par des bombardements, a envoyé pas moins de 740 de ses enfants vers la neutre Suisse et l’Algérie coloniale. Quatre cent quatre petits Havrais ont traversé la Méditerranée. Certains étaient fils ou filles de prisonniers, de tués ou de personnes disparues, sinistrées, au chômage, veuves ou infirmes. Jean-Jacques Berne, lui, comme des dizaines d’autres petits voyageurs vers cet inconnu, était issu d’une famille nombreuse. Deux de ses sœurs et lui, les trois derniers de la fratrie, ont ainsi quitté la maison de la rue George-Sand (aujourd’hui Henri-Barbusse), située à Sanvic, à l’automne 1941. Lui, le benjamin, avait 6 ans. « Mon père était bloqué au bout du monde et ma mère devait s’occuper de huit enfants toute seule. Elle a pris la sage décision d’accepter cela », raconte aujourd’hui l’octogénaire, fils d’un créole, marin de la marchande.

    Le temps n’a pas effacé tous les souvenirs de cette tranche de vie dans le village de Lavayssière (Sidi-Youssef), près de Tlemcen, au nord-ouest algérien. De cette période où il était éloigné des siens, mais qui fut heureuse, dit-il. Hormis un courrier envoyé par une autre sœur lui annonçant son mariage, Jean-Jacques n’a eu aucun contact avec sa famille jusqu’en 1945. Logés ailleurs, mais dans la même région, ses sœurs Dolly et Monique ne sont restées là qu’une dizaine de mois, l’une étant atteinte par la polio.

    « Ils m’ont raconté ma vie »

    Jean-Jacques vivait chez les Barthe, sur des terres de vignes, dans une cave coopérative. « J’ai tellement d’excellents souvenirs de cette époque... Mais je ne dirais pas que je suis nostalgique. La séparation d’avec mes proches a laissé des traces psychologiques. Je ne me souvenais pas de l’école, des devoirs. Selon Simone [l’une des filles Barthe], je ne voulais pas apprendre... J’ai eu un blocage. » Qui n’allait pas l’empêcher de mener une riche carrière.

    Un beau jour de l’été 1945, de retour, « je n’ai pas reconnu ma mère sur le quai de la gare », raconte-t-il. S’approchant de lui, une femme lui a demandé son nom. Avant de lui dire simplement : « Je suis ta mère. » Il avait 10 ans. Et dans la maison, l’attendaient ses sept frères et sœurs. Une toute nouvelle existence commençait. « Ils m’ont raconté ma vie depuis ma naissance jusqu’à mes 6 ans. Mes frères m’ont expliqué qu’ils m’emmenaient les voir jouer au football sur leurs porte-bagages. Moi, mon premier souvenir, c’était seulement l’arrivée des Allemands devant la porte de chez mes parents. Je les revois me demander la route du fort de Sainte-Adresse. »

    L’émotion au bout du fil

    Il est devenu adulte sans trop repenser aux amis de l’Afrique du nord. Sauf, évidemment, lorsqu’il a quitté l’Allemagne après 14 mois de service, pour rejoindre cette guerre commencée en 1954 à Alger. « En arrivant dans ma compagnie de sécurité routière, j’ai demandé aux gars d’où ils venaient. Ils avaient quitté Lavayssière quelques jours plus tôt ! »

    Puis, les Barthe lui sont parfois revenus à l’esprit. « Je les cherchais sans les chercher. Lorsque je rencontrais un Pied noir, je lui demandais s’il avait connu un dénommé Barthe. J’ai eu contact avec des personnes du même nom, mais ce n’était jamais la même famille. Et puis j’ai proposé à une amie qui avait écrit sa propre histoire d’écrire la mienne. » La naissance de ce livre d’une cinquantaine de pages, intitulé Quatre années de vacance(s) - Mémoire d’un enfant du Havre 1941-1945, et dont nous avions annoncé la sortie en 2017, l’a incité à commencer réellement des recherches. Une autre amie, habitante de Reims, à laquelle il avait offert l’ouvrage, a surfé pour lui sur Internet et découvert le site de Jean-Yves Thorrignac, originaire de ce village algérien où Jean-Jacques a tant galopé. Grâce à cet homme, il a pu voir de nombreuses images de la région, y compris des lieux où il a grandi. Enfin et surtout, il a pu localiser Solange, 89 ans, dans l’Hérault, et Simone, 88 ans, à Toulouse, ces deux femmes qui ont été comme ses sœurs durant plusieurs années. Celui qui vit aujourd’hui en Ile-de-France n’allait pas tarder à acheter un billet de train pour le Sud-Ouest. « Leur frère, Henri, est décédé, mais ses enfants, qui avaient entendu parler de moi, ont hâte de me rencontrer, de parler de leur papa », confie Jean-Jacques.

    Les premiers mots échangés avec Simone, il y a environ deux mois, au téléphone, ont naturellement été prononcés dans l’émotion. « Je lui ai dit mon nom. Il y a eu un blanc... relate-t-il. Je lui ai demandé si elle se rappelait de moi. Elle m’a répondu : ‘‘Ah bah oui, forcément’’, avec son accent du sud. » Depuis ce fameux coup de fil, « on s’appelle toutes les semaines ».

    Avec l’aide des Archives municipales du Havre. 

    Comment ces enfants du Havre ont fui la guerre

    Le Havre « demande qu’on protège ses gosses qui n’ont pas encore l’âge d’entendre le sinistre ricanement des torpilles, ses enfants qui tremblent de peur et de froid dans les caves pendant les nuits d’alerte. » Ces lignes sont signées du maire Pierre Courant, le 7 février 1942. Il remercie là l’Algérie et la Suisse, dans un ouvrage relatant les évacuations, Comment 700 enfants du Havre ont été sauvés en 1941 par la Suisse et l’Algérie, publié par la Ligue des familles nombreuses du Havre. Dès la fin de 1940, le président de cet organisme et conseiller général Robert Le Chevalier sollicite le préfet. De petits Marseillais et Lyonnais ont été placés en Suisse pour quelques mois et il souhaiterait que les enfants du Havre, éprouvés par les bombardements, évacuations et restrictions, bénéficient d’une telle aide. Le gouvernement est alerté. Le Secours suisse aux enfants propose à la Ligue, en janvier 1941, « d’organiser le plus rapidement possible un convoi ». Il y en aura de nombreux, avec le soutien de la mairie. Le 31 janvier, un article du Petit Havre invite les parents intéressés à se manifester. Beaucoup hésitent. Puis la confiance s’installe. Des visites médicales sont organisées, des vêtements distribués. Des infirmières de la Croix-Rouge accompagneront les petits. Les adieux seront douloureux. Le concours des centres d’accueil Georges-Guynemer, qui abritent des enfants de familles de réfugiés, permettra de se tourner aussi vers l’Algérie. Non sans vanter les mérites de l’Empire français et du Maréchal Pétain, dont l’épouse est la marraine desdits centres... Une autre histoire.

    SOURCE : https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/apres-74-ans-un-des-enfants-du-havre-evacue-vers-l-algerie-en-1941-va-retrouver-sa-famille-d-accueil-GJ14841340

     

    « L’ancien journaliste de radioJean-Pierre Farkas est mort à l’âge de 86 ansJe vois, Bouteflika, et je te demande de voir !!! Un article de Meriam Sadat journaliste à El Watan quotidien algérien »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Avril à 13:09

    La guerre a des tas de dommages collatéraux dont sont victimes les civils.

    Eh oui, redisons-le : "Maudite soit la guerre" !

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