• Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

     

    Après la guerre d'Algérie :

    amnisties/amnésie

    Les Français ne feront donc jamais ce que les Américains ont fait pour le Vietnam : juger leurs criminels de guerre.

    Les terribles conséquences 

    D’une extrême droite à 0,8 % des voix au moment de l’élection présidentielle de 1981, ce fut d'abord le coup de tonnerre du 21 avril 2002 avec l’accession de J.M Le Pen au second tour obtenant 17 % des voix…  En 2017, en ce moment même, d’après les sondages Marine Le Pen est créditée de 25 % au premier tour et 40 % au second… encore ce serait le moins pire… A qui la faute ? Une des raisons parmi d’autres qui a un rapport avec la guerre d’Algérie : 

    d'après La guerre d'Algérie - de la mémoire à l'histoire
    de Gilles Manceron et Hassan Remaoun , édition Syros, 1993

    A partir de la fin de la guerre d'Algérie, les autorités françaises ont promulgué toute une succession d'amnisties et de grâces.

    Ce furent d'abord les décrets promulgués lors des accords d'Évian (les 20 mars et 14 avril 1962) qui effaçaient à la fois les "infractions commises avant le 20 mars 1962 en vue de participer ou d'apporter une aide directe ou indirecte à l'insurrection algérienne", et celles "commises dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre dirigées contre l'insurrection algérienne". Puis vinrent quatre lois successives. La première, du 17 décembre 1964, concernait les "événements" d'Algérie et fut suivie, le 21 décembre, d'une grâce présidentielle pour 173 anciens membres de l'OAS. Celle du 17 juin 1966 amnistiait les "infractions contre la sûreté de l'État ou commises en relation avec les événements d'Algérie". Vint ensuite, en pleine crise de Mai 68 et liée directement à elle, la grâce du 7 juin 68 concernant, cette fois, tous les membres de l'OAS qui étaient encore détenus ; elle fut suivie de la loi du 24 juillet effaçant toutes les infractions liées aux "événements" y compris celles "commises par des militaires servant en Algérie pendant la période". Cette loi, malgré le dépôt d'un amendement socialiste allant dans ce sens, ne stipulait pas encore la réintégration des intéressés dans leurs fonctions civiles ou militaires ni dans leurs droits à porter leurs décorations.

    Ce fut chose faite après l'arrivée de la gauche au pouvoir. Déjà, en 1965, l'extrême droite proche de l'OAS avait été appelée à se rallier à la candidature de François Mitterrand ; l'année suivante, un projet de loi déposé par Guy Mollet, Gaston Deferre et le même François Mitterrand avait proposé le rétablissement des condamnés de l'OAS dans leurs grades et leurs fonctions ; et, en 1972, le programme commun de la gauche ne comportait aucune référence ou allusion aux suites de la guerre d'Algérie ni à la lutte pour la décolonisation. Avant les élections présidentielles de 1981, des négociations menées par des proches du candidat François Mitterrand aboutirent à l'appel du général Salan à voter Mitterrand et, entre les deux tours, à celui de l'organisation de rapatriés le RECOURS à " sanctionner " Valéry Giscard d'Estaing. C'est donc bien dans la ligne de cette politique que fut votée le 3 décembre 1982 la dernière des lois d'amnistie réintégrant dans l'armée les officiers généraux putschistes et permettant même les "révisions de carrière" nécessaires à la perception de l'intégralité de leurs retraites. Cela, au nom de l'argument formulé par François Mitterrand : "Il appartient à la nation de pardonner."

    " La levée des sanctions à l'égard de responsables d'atrocités commises pendant la guerre d'Algérie interdit de vider l'abcès, puisqu'il y a effacement des repères qui distinguent entre ce qui est crime et ce qui ne l'est pas. Les simples exécutants ne seront jamais déchargés d'une partie de leur culpabilité, ou de leur honte. Les responsables, jamais identifiés. Les Français ne feront donc jamais ce que les Américains ont fait pour le Vietnam : juger leurs criminels de guerre. Et, bien vite, cette loi de 1982 qui avait pour justification le pardon commencera, d'abord, par réveiller l'ardeur des nostalgiques de l'OAS. Les leaders d'une extrême droite à 0,8 % des voix, au moment de l'élection présidentielle de 1981, «réintègrent» la vie politique."

    Benjamin Stora - La gangrène et l'oubli - édition la Découverte – 1998 

    Le pardon pour les généraux de l’OAS

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

    Le coup de tonnerre du 21 avril 1961

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

    Et, bien vite, cette loi de 1982 qui avait pour justification le pardon commencera, d'abord, par réveiller l'ardeur des nostalgiques de l'OAS

     

    Les monuments de l’Algérie française en France méditerranéenne

    SOURCE : http://ldh-toulon.net/les-monuments-de-l-Algerie.html

     

    mardi 3 mai 2011

    Les monuments les plus significatifs rendant hommage à l’OAS ... sans oublier le rond-point Bigeard d’Aix en Provence et, bientôt, celui de Banyuls.

    Le mémorial des rapatriés à Nice (1973)

    Ce mémorial, à l’initiative de la Fédération des Associations de rapatriés des Alpes Maritimes, a été inauguré le 25 février 1973, dans le Jardin d’Alsace-Lorraine, en présence de Jacques Médecin, sénateur-maire de Nice.

    Roger Degueldre, chef du commando delta de l’OAS qui a assassiné les six inspecteurs des centres sociaux éducatifs le 15 mars 1962 à Alger, y est célébré comme un héros. Une petite plaque dans l’herbe, au pied du monument précise d’ailleurs : « Aux martyrs de l’Algérie française », et voici l’inscription gravée sur le socle :

    Les nostalgiques de l’Algérie française sont venus le 23 avril 2011 devant ce monument pour célébrer le cinquantième anniversaire du putsch d’Alger.

    Pour en finir avec la répétition des mythes et l’instrumentalisation des douleurs, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme, en lien avec toutes les associations républicaines, prépare une rencontre sur le thème de la reconnaissance des réalités de cette période de notre histoire et de la réflexion sur ses conséquences aujourd’hui.

    Le monument aux martyrs de l’Algérie française à Toulon (1980)

    Un monument doté d’une histoire étonnante – il a été détruit quelques jours avant d’être inauguré. Une histoire méconnue de la plupart des Toulonnais car la mairie qui fleurit régulièrement le monument se refuse à lui adjoindre une notice explicative écrite par des historiens.

    Trois jours plus tard, les fleurs déposées le 26 mars 2005 sont toujours en place.

    Pour en savoir plus sur ce monument “historique”, consultez donc cette page.

    Le monument de Perpignan (2003)

    La stèle OAS du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan.

    La stèle des “fusillés de l’Algérie française”, inaugurée le 5 juillet 2003 au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan en présence du premier adjoint, symbolise la mort d’un condamné au peloton d’exécution. Sous cette icône est gravée l’inscription : « Terre d’Algérie », et, en-dessous, une autre plaque énumère quatre noms : Bastien-Thiry, Degueldre, Dovecar et Piegts.

    Le préfet des Pyrénées-Orientales a interdit la cérémonie d’hommage prévue par des ex-OAS le lundi 7 juin 2010 – anniversaire de l’exécution en 1962 d’Albert Dovecar et Claude Piegts, membres du commando de l’OAS qui a assassiné Roger Gavoury commissaire central d’Alger, le 31 mai 1961.

    Le collectif de Perpignan, dont la LDH fait partie, demande que cette stèle qui « porte atteinte à la neutralité des cimetières », soit déplacée vers un lieu privé.

    La plaque du cimetière de Béziers (2003)

    Cette plaque commémorative, avec des photos des quatre membres de l’OAS qui ont été fusillés après avoir été condamnés à mort, a été inaugurée le 6 décembre 2003 :

    Photo Olivier Got.
     

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

    Tous les ans l'anti républicain Ménard rend hommage aux 4 terroristes fusillés de l'OAS

    La Ligue des droits de l’Homme demande que les monuments de ce type, notamment à Perpignan, Béziers, Marignane, soient retirés des espaces publics que sont les cimetières.

    Le monument de Marignane (2005)

    La stèle qui est exposée au cimetière Saint-Lambert de Marignane est semblable à celle de Perpignan, mais son habillage a varié dans le temps ainsi que son emplacement – voyez ce dossier.

    La stèle de Marignane (cliché du 7 juillet 2005)
    « Il y a 73 ans, jour pour jour, 44 enfants juifs de la maison d'Izieu (Ain) étaient emmenés par la Gestapo… «Ceux-là, Zemmour ! Pétain ne les a pas sauvés…»Il y a 55 ans, jour pour jour, le 8 avril 1962, les Français et les Algériens apprenaient le résultat du référendum. C’était un « OUI » massif pour l’indépendance de l’Algérie »
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