• Association Maurice Audin Déclaration

     

    Association Maurice Audin

    Déclaration

    Places Maurice Audin à Alger et à Paris 

    Le 11 juin 1957, à Alger, Maurice Audin était enlevé par des parachutistes français.
    Détenu, torturé, il a été assassiné et l'armée a fait disparaitre son corps.
    Pendant 57 ans, la raison d’état a imposé la thèse officielle de l’évasion. Plus de 60 ans ont
    passé, l'association Maurice Audin attend une déclaration du Président de la République reconnaissant non seulement la détention de Maurice Audin par l’armée mais aussi qu’il a été torturé et que son assassinat est bien un crime d’état.
    Une telle déclaration permettrait de montrer que l'État libère désormais la parole, suscite des témoignages et ouvre la voie à de nouvelles investigations pour établir ce qu’a précisément subi Maurice Audin à compter du 11 juin 1957. 

    Pour soutenir cette exigence nous organiserons un rassemblement le 11 juin 2018, à 18h Place Maurice Audin à Paris Ve.
    Après le dépôt d'une gerbe l’association Maurice Audin exposera ses exigences.

    Nous espérons que cette initiative sera soutenue et relayée par de nombreuses associations, mouvements et partis.
    Paris le 26 mai 2018

    Association Maurice Audin  Déclaration

    Dix-huit ans après l’Appel des douze contre la torture, l’Humanité a pris l’initiative d’une lettre ouverte au président de la République, signée par une cinquantaine de personnalités, pour que justice soit enfin rendue à Maurice Audin et les milliers d’Algériens « disparus » après avoir été torturés par l’armée française. Le 11 juin, Emmanuel Macron doit reconnaître ce crime d’État.

    Le 11 juin 1957, pendant la bataille d’Alger, Maurice Audin, mathématicien communiste de 25 ans, était arrêté par les parachutistes du général Massu devant sa famille, avant d’être torturé. Le jeune assistant à la faculté d’Alger n’en est jamais revenu, et l’armée française a fait disparaître son corps.

    Plus de soixante ans ont passé et Josette Audin, sa femme, attend « toujours que la France, pays des droits de l’homme, condamne la torture, ceux qui l’ont utilisée et ceux qui l’ont autorisée ». Car Maurice Audin ne s’est pas évaporé dans la nature après une évasion, comme l’a trop longtemps soutenu la « version officielle ». À la suite de Pierre Vidal-Naquet, tous ceux qui ont travaillé sur cette « affaire » ont établi que Maurice Audin avait été torturé et assassiné par l’armée française, agissant dans le cadre des pouvoirs spéciaux votés par le pouvoir politique. Mais, de loi d’amnistie en non-lieu, tout a été fait au plus haut sommet de l’État pour camoufler la vérité sur les crimes perpétrés par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Et toute une génération d’appelés a été marquée à vie, murée dans le silence et la honte.

    Des deux côtés de la Méditerranée, les mémoires algérienne et française resteront hantées par les horreurs qui ont marqué cette guerre, tant que la vérité n'aura pas été dite et reconnue, comme le relevait déjà l’Appel des douze grands témoins contre la torture, publié en octobre 2000 dans l’Humanité. Il est aujourd’hui grand temps d’apaiser cette mémoire pour aller de l’avant.

    En 1999, l’État français reconnaissait officiellement la « guerre » d’Algérie, qui ne fut ni de simples « événements », ni des « opérations de maintien de l’ordre », mais bien « une sale guerre », dont les plaies peinent encore à cicatriser. En 2014, le président de la République, François Hollande, reconnaissait que la thèse de l’évasion de Maurice Audin était un mensonge d’État et qu’il était bien mort au cours de sa détention.

    Monsieur le président de la République, vous avez promis « des actes forts sur cette période de l’histoire ». La reconnaissance des sévices subis par Maurice Audin, puis de son assassinat par l’armée française serait cet acte fort. Le moment est venu. Pour sa famille d’abord, qui l’attend depuis plus de soixante ans, mais aussi pour les milliers d’Algériens « disparus » comme Maurice Audin de l’autre côté de la Méditerranée.

    Il y a quelques semaines, l’« affaire Audin » est réapparue dans le débat public.

    Un espoir s’est levé qui ne doit pas être déçu.

    Karim Amellal Écrivain et enseignant à Sciences-Po, Pouria Amirshahi Directeur de Politis, Ludivine Bantigny Historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie, Florence Beaugé Journaliste (ex-le Monde), Alban Bensa Anthropologue, EHESS Esther Benbassa Sénatrice (EELV) de Paris, Anissa Bouayed Historienne, Patrick Boucheron Historien, professeur au Collège de France, Raphaëlle Branche Professeure d’histoire contemporaine à l’université de Rouen, membre du conseil supérieur des Archives, Michel Broué Mathématicien, université Paris-Diderot, Patrick Chamoiseau Écrivain, Vanessa Codaccioni Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris VIII, Catherine Coquery-Vidrovitch Historienne, Didier Daeninckx Écrivain, Simone de Bollardière Veuve du général Jacques Pâris de Bollardière, opposé à la torture et condamné à deux mois de forteresse, Laurence De Cock Historienne, Alain Delmas Syndicaliste, François Demerliac Documentariste, Karima Dirèche Historienne, Jérôme Ferrari Écrivain, prix Goncourt 2012 Aurélie Filippetti Ex-ministre de la Culture, Nathalie Funes Journaliste à l’Obs, François Gèze Président du groupe des éditeurs universitaires du syndicat national de l’édition, Alfred Gerson Ancien dirigeant de l’Humanité, militant anticolonialiste, torturé par l’armée française en Algérie, Raphaël Glucksmann Directeur de la rédaction du Nouveau Magazine littéraire, Robert Guédiguian Cinéaste, Régis Hébette Directeur du Théâtre de l’Échangeur, Claire Hocquet Avocate de la famille Audin, Sébastien Jumel Député PCF de Seine-Maritime, Mehdi Lallaoui Réalisateur, Narimène Laouadi Journaliste à France 24, Pierre Laurent Secrétaire national du PCF, Sébastien Ledoux Historien, Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité, député européen, Alban Liechti Militant communiste condamné pour avoir refusé de porter les armes contre le peuple algérien, Pierre Mansat Président de l’Association Maurice Audin, Frédérique Matonti Politiste, université Paris-I, Adlène Meddi Journaliste et écrivain algérien, Michel Pigenet Professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris-I, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Ernest Pignon-Ernest Plasticien, Malika Rahal Historienne à l’Institut d’histoire du temps présent, Jean-Luc Raharimanana Écrivain, Marie-Françoise Roy Mathématicienne, Alain Ruscio Historien, Charles Silvestre Journaliste, Benjamin Stora Professeur des universités, président du conseil d’orientation du musée de l’Histoire de l’immigration, Fabrice Tarrit Coprésident de Survie, Danielle Tartakowsky Professeure émérite d’histoire contemporaine, université Paris-VIII, Sylvie Thénault Historienne, directrice de recherche au CNRS, Françoise Vergès Politologue et historienne, Paul Veyne Historien, professeur honoraire au collège de France, Cédric Villani Mathématicien, député LREM, Michel Vinaver Dramaturge et écrivain français, Abdourahman Waberi Écrivain et universitaire.

     

    Sébastien JUMEL :

     "Affaire Audin, un crime d'état ?"

    « La France va octroyer une carte du combattant aux militaires en Algérie après 1962 (précisions)Mai-juin 1958. Une République née dans les fourgons de l’armée »
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  • Commentaires

    1
    Mardi 29 Mai à 12:51
    Oui, pour la vérité, pour l'histoire, pour notre mémoire collective il faut reconnaître l'assassinat qui a été commis sur Maurice Audin. Et il faut situer ce crime dans le contexte de ce qu'était la guerre d'Algérie. Elle visait à maintenir un système qui était une version aggravée de l'exploitation capitaliste.
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