• Au Maroc, les « arbres à chèvres » fleurissent !

    Rassurez-vous avec cet article je n’ai pas l’intention de changer la ligne directrice de mon blog qui est à la base la guerre d’Algérie, le colonialisme, la nostalgérie et tout ce qui s’y rapproche de près ou de loin… Je ne veux pas non plus vous faire devenir chèvre… mais tout simplement vous parler d’un sujet qui m’a intrigué…

    Faire devenir chèvre ?

    Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l'expression : faire devenir chèvre. Cette expression signifie énerver quelqu'un jusqu'à le faire enrager.

    Le rapport entre l'agacement et l'animal de ferme n'est pas si évident mais peut-être que la chèvre, en tant qu'instrument de torture, y est pour quelque chose : un supplice très répandu autrefois exigeait qu'un prisonnier particulièrement chatouilleux se fasse lécher les pieds par l'animal, ce qui provoquait des crises de rire souvent insupportables. Ainsi, on employait l'expression « prendre la chèvre » pour désigner une personne prompte à s'emporter.

    Mais au 17ème siècle, « devenir chèvre » voulait dire « se mettre en colère », l'expression succédant à « prendre la chèvre » utilisée auparavant. Cette expression est tout simplement née du comportement de l'animal qui est réputé pour ses gestes brusques et ses accès de violence impromptus, semblable à une crise de colère soudaine. Tout naturellement, faire devenir chèvre une personne signifie l'agacer tout particulièrement, jusqu'à le faire sortir de ses gonds, comme la petite chèvre prête à bondir...

    Au Maroc, les « arbres à chèvres » fleurissent !

    Au Maroc, les « arbres à chèvres » fleurissent !

    Non, les chèvres ne poussent pas dans les arbres. Mais que font-elles si haut perchées ?        

    En automne, dans le sud-ouest du Maroc, les chèvres peuvent passer jusqu'à 74 % de leur temps dédié à la recherche de nourriture en haut des arganiers, dont les pousses et le fruit, semblable à une olive, attirent ces grandes gourmandes. L’image de cet « arbre à chèvres » est emblématique au Maroc. Les touristes et curieux se ruent vers les arganiers pour observer jusqu’à 20 chèvres grimper à parfois 8 mètres de hauteur et s’installer sur les branches.
    En plus d’assurer le spectacle, ces herbivores réalisent en même temps un vrai travail d’agriculteur lorsqu’elles dégustent les fruits charnus de l’arganier. En ruminant la coque dure et la pulpe entourant la noix qu'elles recrachent par terre, car trop grosse pour être avalée, elles participent à la dispersion des graines de l'arbre. Grâce à la hauteur et à la force de projection, les graines sont envoyées loin de l’arbre avec de grandes chances de germer !

    Les chèvres perchées dispersent les graines

    des arbres en les crachant

    Des chercheurs européens ont découvert qu'au Maroc, les chèvres permettent de disperser les graines des arbres d'une manière totalement inattendue.

    Au Maroc, les « arbres à chèvres » fleurissent !

    Au Maroc, les chèvres grimpent sur les arbres, parfois à plus de 8 mètres de hauteur.

    © H Garrido/EBD-CSIC 

    Les chèvres domestiques (Capra aegagrus hircus) jouent un rôle de première importance dans la dispersion des graines et donc dans la biodiversité selon une étude publiée le 2 mai 2017 dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment. Ces animaux sont connus pour grimper sur les talus, les arbustes et les troncs coupés et restent aussi bien souvent au sol dans les régions tempérées où les pâturages sont nombreux. Mais le sud-ouest du Maroc est bien trop aride (seulement 300 mm de précipitations annuelles) pour trouver de quoi se nourrir à terre. Alors les chèvres n'hésitent pas à escalader des Arganiers, des arbres endémiques du Maroc, afin de déguster leurs fruits : les affiaches. Des scientifiques européens ont été surpris de découvrir régulièrement entre 10 à 20 chèvres à plus de 8 mètres de hauteur ! 

    Cracher en haut des arbres favorise la dispersion

     des graines

    La croyance populaire veut que ces animaux dispersent les graines des fruits qu'ils ingurgitent grâce à leurs déjections. Mais les scientifiques ont désormais un tout autre avis : dans leur article, ils expliquent que le noyau étant trop gros pour être déféqué, les chèvres le recrachent du haut des arbres après avoir consommé la pulpe du fruit. Ce comportement permet une dispersion des graines contenues à l'intérieur à une distance particulièrement importante de "l'arbre mère" ce qui leur offre de plus grandes chances de germer.

    En automne, les chèvres peuvent passer jusqu'à 74 % de leur temps dédié à la recherche de nourriture en haut des arbres. Les chevreaux apprennent avec l'aide des éleveurs qui n'hésitent pas à tailler les branches pour les aider lors de leurs premières ascensions. Ces animaux jouent donc, dès leur plus jeune âge, un rôle primordial dans la dispersion de l'Arganier. Cet arbre est d'autant plus important au Maroc qu'il permet la confection de la très lucrative huile d'Argan produite grâce aux amendons, autre nom des graines contenues dans le noyau.

    Le mécanisme de dispersion des graines le plus commun ?

    Pour les chercheurs, "les graines de nombreuses espèces ont peu de chances de survivre à un passage à travers le tube digestif inférieur des ruminants alors recracher la graine est le seul, ou tout du moins le principal, mécanisme de dispersion". Les scientifiques, qui ont déjà observé le même comportement chez des moutons ou encore des cerfs, supposent que ce mécanisme de dispersion est en réalité le plus commun.

    Au Maroc, les « arbres à chèvres » fleurissent !

    Le photographe Michael Chinnic a pourtant filmé les bêtes dans l'arbre mythique national, relayé par Photo Workshop Adventures. Il s'agit en réalité d'un arganier, dont les pousses et le fruit, semblable à une olive, attirent les gourmandes.

    Endémique du pays maghrébin, l' arbre épineux adapté à l'aridité ambiante recouvre la majorité des surfaces boisées du sud-ouest. Il accueille malgré lui le bétail, qui se délecte à plusieurs mètres de hauteur de ce pâturage aérien.

    Fabrication d'huile d'argan 

    Une fois digéré par les chèvres, le noyau du fruit peut être utilisé pour fabriquer de l'huile d'argan, alimentaire majoritairement. Une technique de fabrication plus rapide que la méthode traditionnelle, impliquant de faire sécher les fruits au soleil avant le dépulpage à la main. De même, la coquille, très dure, est adoucie en passant dans l'intestin et l'extraction s'avère moins pénible.

    Ce spectacle emblématique du Maroc fait la joie des touristes, quitte à alimenter parfois un système déviant. Selon Planete Animaux, certains agriculteurs peu scrupuleux tendent à demander quelques dirham aux voyageurs pour une photo, à surcharger les arbres voire à y attacher les bêtes. 

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