• Au moment où nous venons de vivre en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité et l'Edito de Renaud Dély

    Au moment où nous vivons en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité

    Au moment où nous venons de vivre en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité

    « Croire que la folie d’une poignée est la croyance de tous. Ne tombons pas dans le piège qui nous est tendu », affirment ensemble personnalités et mouvements interculturels, anti-islamophobie, qui lancent cet appel à l'unité, à la solidarité et à la liberté.

    La France est fracturée. Elle saigne : bleu, blanc, rouge. Il y a eu des morts. Le mal est fait, la République est bafouée et elle voit rouge. Le lien social est menacé, le vivre ensemble dynamité. Le loup est dans la bergerie, oui le loup est vraiment dans la bergerie. S’attaquer à la rédaction d’un journal et s’en prendre à la liberté fondamentale d’expression est une chose ; créer la division, semer le doute, briser la cohésion d’une République et de ses valeurs en est une autre.

    Aujourd’hui, les discours sont au recueillement et à l’union nationale, demain certains seront à la haine et à l’exclusion. Ils le sont déjà. A ne pas s’y tromper, le véritable piège devant lequel nous nous trouvons est bien celui de la division. Celui du repli sur soi et de la dénonciation de l’autre. La véritable victoire du terrorisme est de… terroriser. Leur but est de nous faire désigner un ennemi en France, un coupable dans notre communauté, un danger dans la nation.

    Alors que faire ? Fuir ? Trouver un nouveau pays, accueillant, où il fait bon vivre ensemble ? Ou plutôt baisser la tête en attendant que ça passe et attendre des jours meilleurs ? Ils viendront sans aucun doute. Non je sais, et si on passait au karcher la racaille musulmane qui infeste nos cités ? Qu’on permette à chacun de s’armer et ils verront de quel bois on se chauffe ! Si l’intégrisme est indéniablement responsable du massacre, le carnage qui nous guette est bien celui de l’amalgame. Croire que la folie d’une poignée est la croyance de tous. Ne tombons pas dans le piège qui nous est tendu.

    « Engagez-vous qu’ils disaient, engagez-vous »

    Alors que faire ? « Vous qui vivez en toute quiétude, bien au chaud dans vos maisons », cette réponse vous appartient. L’indignation et l’émotion sont légitimes mais ne suffisent pas. Oui, chacun doit prendre sa part de douleur dans la conscience collective. Mais abandonner, pire, trahir ce qu’est la France, serait la victoire des terroristes et des désespérants. Agir pour la construire, l’esquisser, la dessiner est notre responsabilité collective et durable. Plus question de se cacher, de s’exclure du collectif meurtri. Ce combat est le vôtre, le nôtre et il est décisif. C’est maintenant.

    Ce combat est celui du citoyen. C’est un combat rapproché, de proximité, qui ne promet que du « sang, de la sueur et des larmes », une lutte à mort contre un ennemi invisible. Ce combat est celui de la coexistence active : refuser la peur et l’extrémisme, respecter les différences de l’autre et les utiliser comme autant de forces et de richesses pour  promouvoir les principes et les valeurs qui forment notre unité républicaine.

    Sortons de nos maisons, sur nos paliers, levons les yeux quelques secondes de nos écrans. Ce combat se gagne par un sourire, une attention, une écoute, une connaissance de l’autre et une action avec lui. Il se gagne par le respect mutuel de la différence, par la fraternité, par la sensibilisation des plus jeunes dès l’école – le cœur de notre République – aux différences religieuses et culturelles. Dès aujourd’hui, élevons-nous contre les attaques physiques ou verbales contre toute une collectivité, la communauté musulmane de France, désignée à tort comme responsable.

    Les terroristes ont voulu mettre la France à genoux. Adressons-leur, à notre tour, un message. Nous sommes là debout, solidaires et unis. Prêts à agir pour l’unité et la liberté en France.

    Au moment où nous venons de vivre en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité

    Et maintenant...

    "Charlie Hebdo" : la République, pas le FN !

    L'Edito de Renaud Dély

    Au moment où nous venons de vivre en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité

    Par Renaud Dély

    Au moment où nous venons de vivre en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité

    Convier le parti d’extrême droite à la "marche républicaine" de dimanche, ce serait salir les idéaux républicains.

    Le Front national n’a pas sa place dans le défilé prévu dimanche 11 janvier à Paris. Entendons-nous bien. Tous les citoyens quels qu’ils soient, quels que soient leurs votes, origines, confessions ou convictions sont les bienvenus dans une telle manifestation qui a pour objet d’incarner "l’unité nationale" et de défendre la liberté, et au premier rang d’entre elles, la liberté d’expression, garante de toutes les autres dans un régime républicain.

    Mais le parti d’extrême droite en tant qu’organisation n’y a pas sa place pour quelques raisons simples qu’il convient de rappeler en ces temps troublés, tant notre amnésie collective menace de servir les noirs desseins de cette formation à nulle autre pareille.

    Le Front national n'est pas un parti républicain

    Dimanche, c’est à une "marche républicaine" que sont conviés les citoyens horrifiés par la barbarie qui nous a tous endeuillés mercredi et la journée terrible que nous avons vécue aujourd'hui. Or, le Front national n’est pas un parti républicain.

    Il s’agit d’un parti légal, certes, qui concourt aux élections et respecte, à ce jour, les lois de notre régime. Cela ne suffit pas à en faire une formation républicaine.

    Il est par exemple une foultitude de groupuscules monarchistes aujourd’hui parfaitement légaux et qui ne peuvent, par essence, être reconnus comme étant républicains. Car se conformer à la légalité et respecter les textes juridiques d’un point de vue formel ne suffit pas à définir la nature républicaine d’une organisation. En matière de droit, il y a la lettre et l’esprit.

    Depuis son origine, et encore aujourd'hui, le Front national foule au pied l’universalisme  porté par les idéaux républicains. Il catégorise et hiérarchise les populations selon leurs origines, distingue ceux qu’il appelle les "Français de papier" de ceux qui le seraient davantage à raison de leur ascendance, et fait de la "préférence nationale", récemment rebaptisée "priorité nationale", un principe discriminatoire en toute matière (aides sociales logements, emploi, etc) qui établit définitivement le caractère anti-républicain de cette formation.

    Salir un peu plus cet idéal, la République

    Le rejet du droit du sol ou l’indigne campagne en faveur du rétablissement de la peine de mort dans laquelle le Front national s’est engouffré à peine les dernières rafales tirées par les terroristes achèvent de discréditer les intentions de Marine Le Pen

    Les révolutionnaires de l’an II, déjà, nous l’enseignaient : la République porte des idéaux de fraternité, d’égalité, de tolérance et de respect mutuel qui enjambent les frontières et dépassent le simple cadre national. Rien dans le ravalement de façade du Front national et les risettes de sa présidente ne permettent, à l’heure actuelle, de considérer que le parti d’extrême droite pourrait être jugé digne d’accéder au cénacle républicain.

    Répétons-nous, il ne s’agit pas là de stigmatiser telle ou telle catégorie de la population : les électeurs lepénistes sont des Français à part entière. Ils peuvent se tromper de colère dans les urnes, mais doivent être considérés comme des citoyens comme les autres, et à ce titre pleinement accueillis dans la manifestation de dimanche dès lors qu’ils en partagent les mots d’ordre.

    Accorder en revanche, sous couvert de céder à l’émotion, un blanc-seing de républicanisme au Front National en tant qu’organisation, ce serait salir un peu plus cet idéal, la République, et son indépassable triptyque, "Liberté-Egalité-Fraternité", qui ont tant besoin d’être défendus haut et fort, sans aucune arrière-pensée. Vanter "l’unité nationale" suppose de la défendre sans relâche ni nuance. Tel n’est pas le cas du Front national.

    Au moment où nous venons de vivre en direct deux prises d’otages par des terroristes et ce n’est qu’un début nous dit-on… voici un appel à l’unité et l'Edito de Renaud Dély

    "Une" de "Charlie" en décembre 2012

    Cabu, Charb, Wolinski, Maris, et les autres

    Soyons clairs, enfin, il y a même quelque chose d’indécent à souffrir aujourd’hui les jérémiades de Marine Le Pen qui se plaint d’être évincée. La "marche républicaine" de dimanche ne sera pas seulement une manifestation visant à défendre ces idéaux du vivre-ensemble qui lui sont tellement étrangers.

    Ce sera aussi, par la force des choses, un hommage aux victimes de la liberté d’expression tombées sous les balles du fanatisme mercredi. Or, se rendre, ou pas, à une cérémonie funèbre, c’est aussi, et même d’abord, respecter les ultimes volontés des défunts.

    Qui peut croire que Cabu, Charb, Wolinski, Maris, et les autres, tous les autres, auraient pu supporter que le Front national se joigne à un tel hommage ? Tolérer la présence de l’extrême droite dimanche, ce serait souiller leur mémoire. Et salir les idéaux républicains qui nous rassemblent. Et que nous continuerons de défendre, demain comme hier.

    Renaud Dély 

    « Robert Badinter réagit à l’attaque contre «Charlie Hebdo»: «Les terroristes nous tendent un piège politique»"Je suis Charlie", message de Mme Delphine Renard, victime du terrorisme de l'OAS en février 1962 »
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