• #BalanceTonPresident PAR ZAZAZ

     

    #BalanceTonPresident

    PAR ZAZAZ

     

    Je n’arrête pas de voir des gens autour de moi qui n’en peuvent plus. Moi-même, je commence à craquer sérieusement, mais je tiens bon, car je vois bien que le mouvement prend de l’ampleur. Même parmi les plus fervents soutiens du président, les langues se délient, les reproches se précisent, les rats se dispersent.

    De tous les invités aux nombreux gueuletons servis au Ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique durant le gouvernement Valls 2, il ne reste plus grand monde. Mais de ceux-là, il m’est égal. Je pense plutôt à tout ce monde qui avait voté contre, ou en y croyant, ou pour éviter le pire. Tout ce monde qui depuis un an se réveille et tente de faire entendre sa voix, la voix du peuple. Je pense à tout ce qui a été détruit en quelques années et les conditions de vie trop souvent précaires, réservées à des millions de personnes vivant dans le pays.

    Dans des temps pas si lointains, en travaillant, même à temps partiel, je pouvais nourrir mes enfants. Heureusement, maintenant qu’ils sont grands, je n’ai plus que moi à sustenter, alors je ne me plains pas trop, mais tout de même, avec 450 euros par mois, c’est difficile. Quand je suis allée sur les ronds-points au mois de décembre dernier, j’ai vu que, même en travaillant à temps plein, en cumulant parfois plusieurs boulots, la plupart ne s’en sortaient pas. Il y avait les petits salaires, comme ceux des métiers de l’aide à la personne, mais aussi des employés un peu plus « fortunés », des commerçants, des petits patrons… Chacun se disait asphyxié et plus personne n’arrivait à vivre.

    Les uns payaient trop de taxes ou d’impôts, tandis que les autres voyaient le calcul de leurs droits aux aides sociales commencer à diminuer. Aujourd’hui, avec environ 3000 euros par mois, un couple avec deux enfants ne s’en sort pas mieux qu’un autre gagnant la moitié, cherchez l’erreur ! L’erreur, c’est le président. C’est lui qui, dès 2012, a commencé à répandre son venin de banquier au cœur de l’Élysée. Et l’ancienne Gauche, déjà corrompue, de laisser faire, et pire, de le suivre à l’issue du hold-up du siècle. En quelques années, nos poches se sont donc vidées, tout comme nos réfrigérateurs, alors que les comptes en banque des plus riches frisaient l’explosion.

    Le futur président des riches avait tout manigancé depuis Bercy en créant le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi). Avec la bagatelle de 100 milliards d’euros distribués principalement aux grands groupes en six ans, ça valait le coup de mettre tout en œuvre pour faire élire le jeune prodige à la tête de la sixième puissance économique mondiale. Peu importe les multiples rapports qui, au fil des années, ont dénoncé le scandale, les patrons des médias, parties prenantes, se sont occupés d’étouffer l’affaire. Pour faire bonne mesure, on a transformé le CICE en baisses de cotisations censées rendre un peu de monnaie. Mais le mal est fait et les milliards se sont envolés dans les portefeuilles des actionnaires, ne créant quasiment aucun emploi nouveau.

    Pendant ce temps-là, les dépenses de la vie quotidienne n’ont cessé d’augmenter, la précarité avec. L’alimentation, les loyers, les transports, l’énergie, la part des dépenses contraintes à décuplé ne laissant rien, ou si peu, pour quelques plaisirs de la vie. Le désarroi est tel qu’il atteint les enfants depuis déjà bien longtemps et quand ils arrivent à entreprendre des études supérieures, on les laisse survivre dans des conditions indignes et on baisse leurs allocations de logement. Quand tu bosses, t’es mal payé, quand tu bosses pas, t’es coupable, quand t’es malade, t’es un coût, quand t’es vieux, t’es pauvre et quand tu seras mort des poisons que l’on te fait ingurgiter, d’autres prendront la relève.

    Mais le président fait comme s’il ne voyait rien. Il continue de sourire bêtement aux gens qui l’interpellent lors de ses déplacements. Il persiste à prétendre que nous sommes fainéants, pessimistes, réfractaires, profiteurs… Ses copains s’arrosent de milliards d’euros pendant qu’on crève la dalle et nous sommes coupables ! Et puis, il y a le coup de massue sur les retraites auxquelles le président attribue un coût exorbitant. Le môme n’a pas compris qu’en augmentant les salaires, on obtient plus de cotisations et qu’on renfloue les caisses. Qu’avec plus d’argent à disposition, on consomme plus, que ça fait tourner les entreprises et rapporte de la TVA. Qu’avec de la justice sociale, on obtient la paix sociale. Qu’avec de la démocratie pour discuter de tout cela, on en sort plus serein.

    Non, le président a choisi la guerre. Comme de nombreux présidents ou dictateurs du monde entier, il n’est pas prêt à lâcher ses amis rencontrés dans la cour de récré de l’Ancien Monde. Les colères s’enveniment tout autour du globe, mais ils se serrent les coudes, autant qu’ils le peuvent encore. Leur temps est compté et il nous faut tenir, s’unir, continuer à nous battre, pour que ce soit nous qui leur en fassions baver jusqu’au bout de leur mépris.

    Je compte sur nous. 

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/zazaz/blog/271119/balancetonpresident 

    « La France officielle a réagi à la situation politique en Algérie, en appellent le pouvoir Algérien au « respect de la liberté de manifester ».Un nouveau film sur la guerre d’Algérie va sortir le 22 janvier 2020 « Qu’un sang impur » : première bande-annonce sombre et déchirante sur la guerre d’Algérie »
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 28 Novembre à 10:27

    Je crois qu'on ne peut réduire l'ampleur des difficultés qui nous assaillent à la personne de Macron. C'est la logique même du système qui est en cause et on peut essayer qui on veut s'il n'y a pas de rupture avec cette logique nous continuerons à être confrontés aux problèmes qui sont les nôtres.

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