• Benjamin Stora cible d'attaques antisémites de «Valeurs actuelles»

     

     

    Benjamin Stora cible d'attaques antisémites

    de «Valeurs actuelles»

    Benjamin Stora cible d'attaques antisémites de «Valeurs actuelles»

    L'hebdomadaire d’extrême droite, déjà condamné pour incitation à la haine, s’en prend à l’éminent spécialiste de la guerre d’Algérie et des immigrations post-coloniales en France. Et démontre à nouveau ses réflexes xénophobes et sa nostalgie du défunt « empire colonial français».

    Brillant énarque supposé à même de connaître l’histoire hexagonale contemporaine, Emmanuel Macron aurait dû, à tout le moins, surveiller, sinon ses propos, du moins les destinataires à qui il entendait livrer sa précieuse parole présidentielle. Il est cependant difficile de croire que le président de la République eût pu penser répondre aux questions de Valeurs actuelles comme s’il s’agissait de n’importe quel titre de la presse hexagonale. Fin octobre, l'hebdomadaire d’extrême droite, déjà condamné par la justice pour la « haine » qu’il distille, notamment à l’encontre des musulmans, a ainsi pu recueillir longuement la parole du locataire de l’Élysée dans l’avion présidentiel qui le ramenait de sa tournée dans l’Océan indien, pour consacrer pas moins de douze pages aux propos « jupitériens ».

    Mais chassez le diable, pour faire présentable, il revient au galop… Voici que l'hebdo nauséabond publie un hors-série, fleurant bon la nostalgie des grandes heures de l’impérialisme français, consacré à « l’Algérie française ». Qu’il était bon le temps des « enfumades », de la conquête brutale et mortifère du général Bugeaud, récemment encensé par Éric Zemmour, ou de la répression de masse de Sétif ou Guelma en mai 1945, qui a fait des milliers de morts ! Qu’il était bon le temps où les plastiqueurs de l’OAS étaient censés défendre un « empire » uniquement synonyme d’oppression, de pillage et de racisme institutionnel !

    Dans les pages dudit numéro, voilà aussi qu’un ancien rédacteur en chef de Minute, Bruno Larebière, livre une attaque plus que nauséabonde à l’encontre de l’historien Benjamin Stora, avec des relents antisémites non dissimulés, s’inscrivant dans la longue « tradition » de la description des soi-disant « juifs de cour », très en vogue en particulier à l’époque de l’Affaire Dreyfus. Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que celui-ci est la cible des nostalgiques de l’Algérie française. Mais la publication d’une telle attaque, s’en prenant au physique du chercheur et président du Conseil d’orientation scientifique de la Cité de l’Immigration, rappelle aujourd’hui les pires opuscules de Rebatet, Drieu, Céline ou Brasillach avant 1945…

    Sous le titre « Un historien officiel », plusieurs pages retracent ainsi le «parcours» de Benjamin Stora, présenté comme un aveugle défenseur du FLN. Comme très, très, souvent, l’extrême droite pêche – ou se distingue?  – par son ignorance. Car tous les travaux de Benjamin Stora, loin de louer aveuglément et de façon univoque les choix du FLN, parfois sanglants à l’encontre des autres tendances du nationalisme algérien, se sont justement attachés à montrer la complexité de cette guerre atroce qui déchira les anciens départements français de l’autre côté de la Méditerranée, entre 1954 et 1962. Ainsi, rien sur les nombreux livres de l’historien, ni ceux sur la tendance messaliste, durement réprimée par le FLN, ni ceux sur l’histoire des juifs d’Algérie ou ses Voyages en postcolonies entre Indochine, Maroc et autres anciennes possessions françaises, heureusement indépendantes depuis les années 1950…

    Emmanuel Macron s’est donc répandu dans un organe de presse qui emprunte à toutes les vieilles méthodes d’une extrême droite vaincue avec l’écrasement du nazisme en 1945. Quel que soit ses choix politiques successifs et personnels, Benjamin Stora y est attaqué d’une manière abjecte. Et son travail d’historien est la meilleure des réponses à la calomnie, l’ignorance et la bassesse putride de ces nostalgiques de l’OAS et du régime de Vichy.

     OLIVIER DOUBRE 

    SOURCE : https://www.politis.fr/articles/2019/11/benjamin-stora-cible-dattaques-antisemites-de-valeurs-actuelles-41059/

    Valeurs Actuelles nostalgique du régime de Vichy

    C'est dans ce torchon d'extrême droite

    que Macron s'est exprimé

     Benjamin Stora cible d'attaques antisémites de «Valeurs actuelles»

    Après la polémique suscitée par les propos d’Emmanuel Macron sur le maréchal Pétain, c’est la politique antijuive du régime de Vichy, qui est soumise à interprétation, sous la plume, en particulier, d’Eric Zemmour.

    Ce dernier relativise le rôle du gouvernement de Pétain dans la déportation des Juifs. Mais que nous enseigne l’histoire sur l’Etat français à cette période ? Les explications de l'historien Laurent Joly, auteur du livre "L'Etat contre les Juifs : Vichy, les nazis et la persécution antisémite (1940-1944)".

    Pour le polémiste Éric Zemmour, Pétain aurait sauvé des Juifs en France en sacrifiant "les Juifs étrangers".

    La question qui se pose aux historiens, c’est de comprendre pourquoi. Tout le monde sait qu’il y a eu moins de juifs déportés de France que d’autres pays. Pourquoi il y a eu 74 150 juifs qui ont été déportés, on le sait depuis les travaux de Serge Klarsfeld et 200 000 qui ont survécu en France ? Est-ce que ça s’explique par la politique de Vichy ? Est-ce que ça s’explique par un contexte, un tissu social ? Aujourd’hui, les historiens sont tous unanimes pour dire que ce n’est pas la politique de Vichy qui explique cela, mais c’est déjà l’existence d’une administration, les agents qu’on a mobilisés pour arrêter les juifs, étaient des agents ordinaires de l’Etat, et on ne pouvait pas attendre d’eux qu’ils agissent comme des antisémites. Sur la rafle du Vel d’Hiv, j’ai pu montrer que les deux tiers des juifs qui étaient visés ont pu échapper à la rafle, parce que tous les agents n’étaient pas très zélés, et puis parce qu’il y avait un environnement social qui a protégé beaucoup de Juif. Mais la politique de Vichy était de livrer le maximum de Juif.

    Y-a-t-il quelque chose qui tendrait à prouver que le maréchal Pétain ait sauvé des juifs ? 

    Il faut toujours se remettre dans le contexte. Printemps 1942, Vichy va livrer massivement des juifs apatrides et leurs enfants - la plupart étaient français, nés en France – Pierre Laval et René Bousquet sont aux manettes et ce sont eux qui négocient avec les Allemands et eux qui ordonnent à l’administration, à la police française d’arrêter les juifs. Pétain ne fait que valider cette politique en estimant que la distinction entre les juifs français que l’on va protéger, que l’on ne va pas livrer aux Allemands et les juifs étrangers sera comprise de l’opinion. Sauf que l’opinion, contrairement à ce qu’Eric Zemmour a pu raconter, n’a pas compris cela et a été choquée par ces livraisons. Il faut voir quand même que ce qu’il s’est passé en été 1942 est absolument anormal, a été perçu comme transgressif et que l'opinion a été bouleversée par ces rafles de femmes, d’enfants et de vieillards.

      

     

    Valeurs Actuelles nostalgique de l'OAS

    C'est dans ce torchon d'extrême droite

    que Macron s'est exprimé

     

    Rappelons-nous que le 6 octobre 2011 fut pour les Républicains, les anti colonialistes, les anti extrémistes, les anti racistes… une date d’espoir, une date de paix, une date historique…

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!!

     

     

     

    « Paris aujourd’hui relève la tête en disant que l’OAS était une organisation idéologiquement criminelle et, dans ses actes, barbare. » Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 6 octobre 2011.

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011...

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011...

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!!

    Déclaration de Jean-François Gavoury

    Président de l’ANPROMEVO

    Le 6 octobre 2011

    L'Organisation armée secrète est apparue en début d’année 1961 et a semé la terreur jusqu’en 1962 afin d’empêcher que soit trouvée la seule issue possible au conflit, celle de l’indépendance de l’Algérie. 

    Fonctionnant à la manière d’un syndicat du crime, l’OAS a été un creuset pour l’extrême droite : s’y sont retrouvés monarchistes, pétainistes, catholiques intégristes, nostalgiques de l’Empire colonial français et autres ennemis de la République. La plupart de ses anciens membres ou sympathisants revendiquent aujourd’hui cette filiation et assument la haine tenace qu’ils vouent au général de Gaulle : le général de Gaulle qui, il y a cinquante ans, le 2 octobre 1961, exhortait l'armée française en Algérie à rester dans le devoir et adjurait les Français d'Algérie "d'apporter leur franc concours à la naissance de l'Algérie nouvelle, celle que souhaite la France, c'est-à-dire telle qu'ils y aient leur digne place". 

      Dès le milieu des années soixante-dix, exploitant les lois d’amnistie sur les infractions en relation avec la guerre d'Algérie, d’anciens détenus de l’OAS se sont employés à célébrer la gloire de ceux d’entre eux qui avaient été condamnés à mort et exécutés à raison du nombre ou de la gravité de leurs forfaits. Afin de les faire passer à la postérité, des monuments ont été érigés à leur gloire dans le Midi de la France : ils y sont décrits comme des martyrs, des héros, des résistants, forme impudente de réhabilitation et de falsification de l’Histoire. 

      L’accoutumance à la douleur, la peur, mais aussi l’absence de soutien, n’ont que trop longtemps porté les familles de victimes de l’OAS à la résignation, à la subordination au diktat du révisionnisme, mais sûrement pas à l’oubli. 

         Chaque jour, en effet, nous nous souvenons des morts causés par l’organisation, des morts dont le nombre serait supérieur à 2.700 selon les estimations d’experts appartenant à la Société française d’histoire de la police : 

    -        des victimes tant de crimes ciblés, individuels ou collectifs, que d’attentats aveugles ; 

    -        des victimes en Algérie comme en métropole ; 

    -        des victimes avant comme après le cessez-le-feu ; 

    -        des victimes au sein de l’armée (du général de corps d’armée ou de l’officier – tel le chef d’escadrons Marcel Bourgogne – à l’appelé du contingent), comme au sein des forces de police (du contrôleur général de la sûreté nationale au gardien de CRS) ; 

    -        mais outre ces militaires et policiers, dont c’était la mission et l’honneur de protéger les institutions et d’assurer la sécurité et l’ordre publics : 

    Ø un attaché au consulat britannique à Alger, Alfred Fox, 

    Ø des magistrats, tel Charles Causse, juge d’instruction à Alger, 

    Ø des élus (notamment Camille Blanc, maire d’Évian, et Michel Schembri, maire de Fort-de-l’Eau), 

    Ø des fonctionnaires : de l’administrateur civil ou directeur des PTT aux enseignants, cibles privilégiées, tels les six inspecteurs des centres sociaux éducatifs massacrés dans l’exercice de leurs fonctions et sur leur lieu de travail à Alger (l’écrivain Mouloud Feraoun, l’humaniste Max Marchand ainsi que Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène et Salah Ould Aoudia), 

    Ø des membres de la société civile (avocats, tel Me Pierre Popie à Alger ; médecins ; chefs d’entreprise et employés, tels David Serfati et Hélène Canavesio à Oran ; …), 

    Ø des responsables ou militants politiques ou syndicaux (tels William Levy, secrétaire général de la SFIO à Alger et Alfred Locussol, militant du Parti communiste algérien, assassiné quant à lui à Alençon). 

      -        comment ne pas évoquer également ces innombrables victimes anonymes des meurtres en série commis par l’OAS en Algérie à travers ses journées des femmes de ménage, des facteurs, des cheminots, des préparateurs en pharmacie, des dockers, … ? 

      -        comment oublier les victimes indirectes de tentatives d’assassinat dirigées contre des personnalités politiques, telle Delphine Renard grièvement blessée le 7 février 1962, à quelques centaines de mètres de la Porte de Saint-Cloud, dans un attentat visant le ministre de la culture André Malraux ? Après cinquante années de silence, Delphine Renard dit ne pas supporter que l’histoire renvoie dos à dos les tueurs de l’OAS et leurs victimes. Elle est parmi nous ce matin, discrète mais solidaire : en votre nom, je lui dis toute mon affectueuse sympathie, ainsi qu’à sa mère qui a bien voulu se joindre à nous. 

      -        et comment ne pas penser, alors, aux neuf victimes causées au Métro Charonne, le 8 février 1962, à l’issue d’une manifestation organisée pour la paix en Algérie et contre les crimes de l’OAS ? 

    Le Maire et le Conseil de Paris tout entier ont permis la réalisation du projet initié par l’ANPROMEVO, résolument soutenu par des mouvements et associations. Merci à leurs représentants d’être ici : 

     Association républicaine des anciens combattants (ARAC) 

    Comité Vérité et Justice pour Charonne 

    Coup de soleil 

    Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) 

    Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP) 

    France - Algérie 

    France - el Djazaïr 

    Harkis et Droits de l’Homme 

    Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons 

    Ligue des droits de l’Homme 

    Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) 

    Solidarité France Pays Arabes 

      Le projet a été élaboré en concertation avec Mme Odette Christienne, puis avec Mme Catherine Vieu-Charier, et en liaison permanente avec le cabinet du Maire de Paris en la personne de M. Philippe Lamy. Présenté au conseil du 20è arrondissement le 27 janvier 2011, puis, le 8 février, en Conseil de Paris, il a dans les deux cas recueilli un assentiment unanime. 

      La présence de cette stèle dans le voisinage immédiat du monument érigé par la Ville de Paris en mémoire de ses Morts pour la France en AFN et la dédicace dont elle est porteuse sont une incitation à l’apprentissage, par les jeunes générations, de la guerre d’Algérie, à travers la page franco-française du conflit, sans doute la plus douloureuse et la plus sombre. 

      Nous y voyons également un message républicain à valeur d’exemple que Paris adresse aux communes de France dont l’histoire a été marquée par l’OAS. Son dévoilement, aujourd’hui va résonner non seulement là où l’OAS a directement perpétré ses crimes et attentats, mais là aussi où les victimes de cette organisation sont nées ou ont vécu et exercé leur activité au service de leurs concitoyens. 

      À nos yeux, son inauguration constitue un acte fondateur de la mémoire plurielle de la guerre d’Algérie. 

        Oui, le 6 octobre 2011 marquera une étape déterminante vers la reconnaissance par la Nation des souffrances endurées par les victimes de l’OAS. 

      Rien n’aurait été possible sans l’écoute de la ville capitale dont il convient de saluer, avec respect et gratitude, le Maire et son adjointe en charge de la mémoire ainsi que l’ensemble des élus et des services. Sans doute, aussi, cette stèle ne serait-elle pas née sur ce remarquable emplacement du cimetière du Père Lachaise si un éditeur n’avait pas - le premier et le seul - sorti de l’oubli et de l’ombre les victimes de l’OAS en faisant se rencontrer leurs descendants et, surtout, en leur donnant la parole et la plume : merci, par conséquent, aux Éditions Tirésias et à Michel Reynaud, pour qui le livre est mémoire. Merci enfin à l’artiste, au sculpteur, M. Constantin Spourdos, pour qui la matière est mémoire. 

      Monsieur le Maire de Paris, c’est un vrai moment de lumière que vous nous donnez à connaître en mettant à l’honneur des hommes et des femmes soumis à la barbarie de ce terrorisme dont l’image hideuse doit nous encourager à repousser toute forme de résurgence. 

     

    Jean-François GAVOURY 

     

     
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Novembre à 09:44

    Antisémitisme et islamophobie sont deux volets d'un même racisme ! 

    J'ai eu l'occasion, de visiter le carré israélite au cimetière de Lacuane-les-Bains dans le Tarn. Deux rafles ont été organisées dans cette ville où avaient été assignés à résidence des Juifs étrangers. La première l'a été sous l'ordre de Vichy à une date ou les Allemands n'occupaient pas encore la zone "libre". L'Etat français y avait toute liberté d'y appliquer son idéologie antisémite !

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