• Benjamin Stora: «L'Algérie et la France ont besoin l'une de l'autre»

      

     

    Benjamin Stora précise : qu’« il n’est pas un représentant de l’État français »… Bien sûr dans cette affaire personne ne représente la France car Macron veut, seul la représenter, veut seul décider… Un monarque représente seul son pays…

    Et puis je souhaite apporter le point de vue d’un ami ancien appelé de la sale guerre d’Algérie c’est aussi mon avis :

    Benjamin Stora: «L'Algérie et la France ont besoin l'une de l'autre»

    Cros Jacques

    Lundi 20 Juillet à 09:14    

    On devrait aussi évoquer le sort des appelés du contingent que l'on a enrôlés pour participer à une guerre qui avait pour objectif de perpétuer le colonialisme. Ils ont été également victimes de l'aveuglement des hommes politiques de l'époque. Il y a un travail de mémoire à effectuer dans cette direction, d'autant que les activités festives organisées, voire les remises de décorations, par et pour les anciens d'Algérie ne comblent pas ce vide !

    Cros Jacques

    Lundi 20 Juillet à 09:33    

    Et ne pas oublier que la mort de Maurice Audin, comme celle des nombreux disparus de la bataille d'Alger est imputable au fait que les pouvoirs spéciaux avaient permis à l'armée d'avoir le contrôle des opérations de police et de justice qui ont conduit à l'arbitraire le plus complet (et le plus violent). 

    Cros Jacques

    Mercredi 22 Juillet à 09:09    

    Il est de la responsabilité des Algériens de dénoncer les méfaits du colonialisme et des exactions commises par l'armées française lors de la guerre menée pour tenter de le perpétuer.

    Il me semble qu'avant de disparaître de la scène les anciens d'Algérie ont le devoir de mettre en avant le rôle qu'on leur a fait jouer et les souffrances, de degré variable qu'ils ont endurées pour la circonstance. La guerre n'a pas été une partie de plaisir, quel que soit le côté dans lequel on se trouvait mais il faut dire avec véhémence que les appelés du contingent ont été eux aussi victimes du colonialisme. Il leur appartient à partir de leur vécu personnel de dénoncer cette forme d'organisation sociale fondée sur la loi du plus fort. 

    Cros Jacques

    Hier à 10:52    

    Apaisement ? Je tiens à dire que je garderai jusqu'à la fin de ma vie une rancune tenace contre les politiciens français qui m'ont volé 26 mois de ma jeunesse dans une guerre anachronique, injuste et sans issue au plan militaire.

    Je n'ai aucun contentieux contre les Algériens qui étaient "en face" de moi. En fait il n'étaient pas en face, je trouvais légitime la lutte qu'ils avaient engagée et absurde la situation dans laquelle je me trouvais avec le rôle qu'on tentait de me faire jouer et pour lequel je n'ai pas fait preuve d'un zèle excessif !


    Et puis lorsque je lis ce début d’article ci-dessous, je me dis que les Algériens sont aussi divisés, comment cela va-t-il se terminer ?

    Avenir du Hirak en Algérie : conservateurs

    et progressistes se déchirent

    Entre conservateurs et progressistes engagés dans le Hirak, les critiques virulentes, principalement échangées sur Facebook en raison de la pandémie de Covid-19, font écho à la polarisation du débat idéologique en Algérie dans les années 1990.

    Les manifestations populaires du Hirak en Algérie se sont arrêtées à la mi-mars en raison de la pandémie de Covid-19 et du risque de propagation du virus. Cette pause, qui dure toujours, a été l’occasion pour les activistes confinés de débattre de l’avenir du mouvement. Les conversations, principalement sur Facebook, sont dominées par un débat entre conservateurs et progressistes, sur des lignes de fractures héritées de la décennie noire.

    Le mouvement Rachad, fondé en 2007 par, entre autres, d’anciens militants du Front islamique du salut (FIS) – l’un des protagonistes de la guerre civile des années 1990 – est au centre de la polémique. De nombreux démocrates accusent les cadres du mouvement, établis à l’étranger, de vouloir détourner le Hirak et de jouer le jeu démocratique uniquement en vue de mettre sur pied un « califat islamique » en Algérie. Rachad, qui compte dans le pays de nombreux sympathisants engagés, se défend de l’accusation, affirmant que leur objectif est d’établir un « État civil » respectueux des règles démocratiques.

    SOURCE : https://www.jeuneafrique.com/1018492/politique/avenir-du-hirak-en-algerie-conservateurs-et-progressistes-se-dechirent/ 

    Benjamin Stora: «L'Algérie et la France ont besoin l'une de l'autre»

     

    Benjamin Stora: «L'Algérie et la France ont besoin l'une de l'autre»

    L'historien et écrivain Benjamin Stora chez lui, en mai 2010. AFP/Bertrand Langlois

     

    Dans le sillage du rapatriement depuis la France des restes mortuaires de résistants algériens, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé la création d’une commission mixte entre les deux pays sur les questions mémorielles. Côté algérien, c'est le docteur Abdelmadjid Chikhi, directeur général du Centre national des archives algériennes, qui sera à la manœuvre. Côté français, le nom de Benjamin Stora a été cité, mais l’historien précise qu’il n’a jamais été approché pour travailler dans le cadre d’une telle initiative entre les deux pays, qu’ « il n’est pas un représentant de l’État français ». Il prépare pour sa part un rapport sur l’état des lieux de la mémoire franco-algérienne, à la demande du gouvernement français. 

    RFI : Que pourrait apporter une coopération entre la France et l’Algérie sur cette question de la mémoire ?

    Benjamin Stora : Les débats entre historiens de toute façon existent depuis très longtemps sur l’histoire française et algérienne. Mais naturellement, il faut poursuivre ce débat. Et moi, je ne peux que me féliciter du fait que les deux responsables d’État puissent encourager ce type de production. Je travaille avec d’autres historiens qui sont des universitaires et si on peut effectivement être encouragés, notamment par la création de postes, par l’accès aux archives, par la libre circulation d’une rive à l’autre de la Méditerranée, si on peut faire en sorte que cette coopération soit fructueuse pour aider les historiens à rédiger cette histoire, bien entendu je n’en suis que plus favorable.

    Est-ce qu’une écriture commune de l’histoire de la colonisation est possible aujourd’hui ?

    C’est très difficile parce qu’il existe des rapports à cette histoire qui sont très différents d’une rive à l’autre. L’histoire de la décolonisation et de la colonisation fabrique du nationalisme des deux côtés, c’est-à-dire le nationalisme impérial, colonial du côté français pendant très longtemps, et naturellement le nationalisme de libération nationale de l’autre côté de la Méditerranée. Ce sont des points de vue qui sont naturellement différents d’une rive à l’autre. Mais aujourd’hui, 60 ans après, on peut effectivement trouver des points d’accord sur la caractérisation du système colonial, un système injuste, inégalitaire, arbitraire, violent. Et on peut avancer sur la base de cet accord dans l’écriture historique pour pouvoir parler aux nouvelles générations.

    Ressentez-vous une nouvelle impulsion côté français avec le président Emmanuel Macron ?

    Je crois qu’effectivement, il y a une impulsion nouvelle par les déclarations du président de la République française, Emmanuel Macron, dans sa campagne électorale lorsqu’il a caractérisé la colonisation comme « un crime », un crime contre l’humain ou « un crime contre l’humanité ». C’était naturellement très discuté. Mais il est allé encore aussi très loin sur « l’affaire » de Maurice Audin [mathématicien français, assistant à l'université d'Alger, membre du Parti communiste algérien et militant de l'indépendance algérienne, 1957], les responsables français ont été reconnus coupables d’enlèvement et de disparition de Maurice Audin. Donc, cela a été un pas très important, un pas supplémentaire. Donc là, par le fait qu’il me demande de faire un rapport sur l’état de cette mémoire et comment faire pour avancer, c’est-à-dire trouver des solutions sur le plan pratique au niveau de l’écriture de l’histoire, ce sont à mon sens des pas tout à fait importants et intéressants.

    Le président français parle de la « réconciliation des mémoires »…

    La « réconciliation des mémoires », c’est un objectif bien entendu, parce que naturellement, chaque pays, chaque groupe, possède ses mémoires, fabrique une identité à partir d’une mémoire particulière. Donc, c’est très difficile bien sûr de réconcilier complètement ces mémoires. On ne peut jamais définitivement réconcilier des mémoires. Mais je crois qu’il faut avancer vers une relative paix des mémoires pour précisément affronter les défis de l’avenir, pour ne pas rester prisonniers tout le temps du passé parce que l’Algérie et la France ont besoin l’une de l’autre, on le sait, sur toute une série de questions notamment économiques, questions migratoires, questions du terrorisme, etc. Ce sont des pays qui ont besoin aussi de relever les défis de l’avenir et ne pas rester quelque part encombrés par ce passé.

    Est-ce une affaire d’une nouvelle génération ?

    Je ne sais pas parce que les mémoires dangereuses, les mémoires difficiles se transmettent de génération en génération. Donc, je ne crois pas que ce soit simplement une affaire de générations. Je crois surtout que c’est une affaire de volonté politique, c’est-à-dire le fait qu’aujourd’hui, les responsables politiques de part et d’autre décident de regarder en face cette histoire, de la traiter, d’essayer de prendre des mesures pour avancer ensemble. Donc, c’est plus en mon sens une histoire de volonté politique simplement qu’une histoire de générations.

    Et du côté algérien, il y a un réel désir de comprendre ?

    Il y a un désir de connaissance dans la société algérienne, dans la jeunesse algérienne de ce qui s’est réellement passé au niveau de leur propre histoire aussi, histoire naturellement des nationalismes, du nationalisme algérien, ça c’est une histoire compliquée que les jeunes Algériens tentent de se réapproprier -on l’a vu dans les dernières grandes manifestations qui ont eu lieu tout au long de l’année 2019-, et en même temps, de pouvoir affronter les défis de l’avenir sans rester prisonniers de cette histoire terrible et encombrante.

    Tout cela est finalement très politique ?

    L’histoire en Algérie comme en France est une histoire à enjeux. En France, il y a encore des groupes de mémoire qui se revendiquent de l’Algérie française, qui sont dans l’antigaullisme, qui restent dans l’antigaullisme, ancrés dans cette mémoire. En Algérie, il y a aussi des mémoires qui sont ancrées dans un nationalisme outrancier et très identitaire qui se légitime de cette manière-là. On a effectivement de part et d’autre de la Méditerranée à essayer d’approcher au plus près possible une histoire qui soit celle des faits eux-mêmes et qui ne soit pas une histoire idéologisée en permanence, ou instrumentalisée en permanence.

    ■ Le dernier livre de l’historien Benjamin Stora s’intitule Une mémoire algérienne. Il est paru dans la collection Bouquins aux éditions Robert Laffont.

    SOURCE : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200723-benjamin-stora-l-alg%C3%A9rie-et-la-france-ont-besoin-l-une-l-autre 

     

    « De la baraka au toubib, ces mots arabes « bien de chez nous »…Les soldats du refus : Ils bénéficièrent d’une amnistie, mais, contrairement aux condamnés de l’OAS auteurs de 2700 victimes françaises et algériennes, ils ne seront pas réhabilités… »
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  • Commentaires

    2
    Yvon Priou
    Samedi 25 Juillet à 10:21

    J'ai bien retenu 

    <<  L’histoire en Algérie comme en France est une histoire à enjeux. *

    En France, il y a encore des groupes de mémoire qui se revendiquent de l’Algérie française, qui sont dans l’antigaullisme, qui restent dans l’antigaullisme, ancrés dans cette mémoire.

    En Algérie, il y a aussi des mémoires qui sont ancrées dans un nationalisme outrancier et très identitaire qui se légitime de cette manière-là.

    On a effectivement de part et d’autre de la Méditerranée à essayer d’approcher au plus près possible une histoire qui soit celle des faits eux-mêmes   !!

    et qui ne soit pas une histoire idéologisée en permanence, !!

    ou instrumentalisée en permanence.  !! >>

     

    1
    Vendredi 24 Juillet à 08:30

    Eh bien merci Michel pour cette publicité faite autour d'écrits rendant compte de ce que je pense de ce que j'ai vécu en tant qu'appelé du contingent enrôlé malgré lui dans l'armée coloniale qui participait à la guerre d'Algérie. Puissent ces textes initier des interventions avant que l'âge puis la mort ne nous fassent taire.

    Nous n'avons certes pas la compétence des historiens mais il me paraît intéressant de porter témoignage sur ce qu'ont vécu les anciens d'Algérie. Il est important dans le devoir mémoriel qui se construit. C'est que jusqu'ici on n'a pas vraiment analysé le rôle qu'on leur a fait jouer avec les conséquences qui en ont découlé pour nombre d'entre eux. Ils ont  une contribution originale et spécifique a apporter au débat qui doit se développer.

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