• Bertrand Tavernier : « célébrons ces soldats de 1914 qui ont osé fraterniser avec l’ennemi »

    Bertrand Tavernier : « célébrons ces soldats de 1914

     qui ont osé fraterniser avec l’ennemi » 

     

    Bertrand Tavernier : « célébrons ces soldats de 1914   qui ont osé fraterniser avec l’ennemi »

     
    SOURCE : http://ldh-toulon.net/Bertrand-Tavernier-celebrons-ces.html 

     

    Une tribune de Bertrand Tavernier, publiée dans Le Monde du 13 décembre 2015. Elle fait suite à cet autre article : Ces tranchées de la fraternité datant du 9 novembre 2013.

    " Je crois qu’il faut se l’avouer, nous ne sommes pas à la mode, nous ne sommes pas dans l’air du temps. Nous, c’est ce petit groupe de gens réunis qui ont été embarqués par le réalisateur Christian Carion (il est difficile de résister à sa fougue chaleureuse), soutenu par le producteur Christophe Rossignon, pour exaucer un rêve.

    Un rêve ancien. Celui du caporal Louis Barthas. Il faisait partie des soldats qui avaient fraternisé avec les Allemands, à Neuville-Saint-Vaast, près d’Arras (Pas-de-Calais) au cours de la première guerre mondiale. Ces soldats qui, dans les deux camps, avaient stoppé la guerre pour imposer un moment de camaraderie, de fraternité. Et Barthas s’était dit que ce serait beau qu’on édifie un monument, rappelant ce moment d’audace, un monument qui ne recense pas les morts mais au contraire nous parle de paix, d’espoir, de générosité.

    Le 17 décembre prochain, à 10 h 30, sera inauguré le monument dont rêvait le caporal Louis Barthas, à l’endroit même où il l’a imaginé. Sous le haut patronage du chef de l’Etat, dont, au moment où j’écris ces lignes, on ne sait pas encore s’il viendra, se réuniront des personnalités du monde politique, culturel et aussi des contributeurs de la société civile qui ont souhaité participer financièrement à l’édification de ce monument à la paix.

    Eh oui, nous venons ici parler de paix. « De Paix ? Mais vous n’entendez pas autour de vous tous ces discours, toutes ces proclamations, ce vocabulaire de combat qu’on utilise jusqu’au plus haut sommet de l’Etat… Vous n’entendez pas qu’on parle d’éradication, de guerre ? » Bien sûr, nous l’entendons et, entre parenthèses, on peut se demander si les assassins de civils, responsables de meurtres commis au nom de l’ignorance et du fanatisme, ne sont pas quelque peu anoblis lorsqu’ils sont assimilés à des guerriers. Oui, nous communions dans le chagrin, le deuil des victimes. Mais cela ne nous empêche nullement de rêver à autre chose, même si cela paraît utopique.

    « Une carte du monde sur laquelle ne figure pas le pays d’Utopie ne mérite pas le moindre coup d’œil », écrivait Oscar Wilde. Et, d’une certaine manière, cela nous rapproche de Louis Barthas et de ses compagnons. Eux non plus, ils n’étaient pas dans l’air du temps, et le bourrage de crâne était bien pire que maintenant. Galvanisés par des discours cocardiers, nationalistes, des centaines de milliers de Français, de jeunes comme eux, partaient la fleur au fusil, une fleur qui allait vite se faner, se couvrir d’épines. La Grande Tuerie venait de commencer sous la direction de généraux souvent ineptes, nuls, meurtriers. On allait baigner dans la boue et dans le sang. « On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté », a écrit Céline.

    Cette horreur, pendant quelques heures, des milliers d’hommes, tout le long du front, vont la stopper, comme dans ce petit coin du Pas-de-Calais, où ils vont ramener la paix, la musique (oui, la musique était un lien et elle réchauffait le cœur des hommes sans les transformer en porcs). Et on ne célébrerait pas cette initiative ? Ce moment de générosité utopique ? Et là, je pense à ce qu’écrivait André Gide : « Comme si tout grand progrès de l’humanité n’était pas dû à de l’utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l’utopie d’hier et d’aujourd’hui. »

    J’ai tout de suite répondu à la demande de Christian Carion. Pendant le tournage de « La vie et rien d’autre », j’avais été sensibilisé à l’importance capitale de la mémoire, aux distorsions qu’on lui faisait subir. Et ce monument des fraternisations nous montre que la Mémoire, c’est quelque chose de vivant, c’est ce qui permet d’irriguer le présent. La mémoire, c’est ce qui fait la profondeur de l’homme (Peguy) et Barthas témoigne à sa manière sur ce qui vient de frapper la France et nous ouvre une voie.

    Preston Sturges au début de « The Great Moment », le film qu’il écrivit à la gloire du docteur W.T. Morgan, le propagateur de l’éther et de l’anesthésie, constatait avec une ironie grinçante qu’on élevait une grande majorité de statues, de monuments à des généraux, des conquérants, des Empereurs, qui avaient copieusement massacré des centaines de milliers de personnes et qu’en revanche, ceux qui avaient soulagé l’humanité étaient beaucoup plus rarement glorifiés. Eh bien, appliquons les remarques de Sturges. Célébrons cet acte d’héroïsme que fut ce moment de fraternisation, cette petite lueur dans la nuit qui nous montre que même dans un déchaînement de violence, on peut, on doit, encore espérer. "

    Bertrand Tavernier est réalisateur.

     

    Bertrand Tavernier : « célébrons ces soldats de 1914   qui ont osé fraterniser avec l’ennemi »

    François Hollande dans le Pas-de-Calais

    Aujourd’hui jeudi 17 décembre 2015

    pour inaugurer le monument

     des fraternisations

    Jeudi matin est inauguré au nord d’Arras le monument des fraternisations à Neuville-Saint-Vaast. L’Elysée a annoncé ce mercredi que François Hollande sera aux côtés de Xavier Bertrand pour l’occasion.

     

    Bertrand Tavernier : « célébrons ces soldats de 1914   qui ont osé fraterniser avec l’ennemi »

    Christian Carion dans la tranchée du monument des fraternisations :

     la concrétisation du vœu du soldat Louis Barthas

     

    – Le film « Joyeux Noël ». Le sujet des fraternisations était totalement inconnu, car occulté, tabou. La mise en production du film (avec Dany Boon, Guillaume Canet et Diane Kruger, récompensé de l’Oscar du meilleur film étranger en 2006) a été très difficile. On a eu affaire à une minorité de blocage nous empêchant de tourner en France. On a dû s’exiler en Roumanie. Le film s’est fait, les choses ont beaucoup changé. Ensuite, au ministère de la Défense, on m’a ouvert les portes. »

    – Les fraternisations. « Le monument rappelle ce qu’il s’est passé à la faveur de Noël 1914. Des soldats ennemis (français et britanniques face aux allemands) se sont rassemblés, ont fait des matchs de foot, joué aux cartes, visité les tranchées adverses, enterré ensemble leurs morts, fait des messes en commun. Des moments où ils se voyaient de manière fraternelle, pacifique, pour poser le fusil, voir celui d’en face, échanger du tabac, un peu d’alcool. Et l’on doit s’en souvenir. »

    – Le vœu de Louis Barthas. « Il avait écrit peut-être un jour dressera-t-on sur cette terre de l’Artois un monument sur ce que l’on a osé faire, et nous y voilà. Là où il combattait il y a cent ans se dresse un monument. »

    – La démarche citoyenne. « La plupart des monuments sont à l’initiative des communes, ou à la demande des institutions de la République. Là, ce n’est pas une commande du ministère de la Défense, c’est une initiative populaire, qui a ensuite été soutenue ; une initiative lancée à l’origine par l’association Noël 14, avec moi-même, Bertrand Tavernier (réalisateur), Daniel Percheron (président de Région), Jean-Paul Delevoye (ancien ministre)… »

    – Le soutien des élus régionaux. « Daniel Percheron nous a permis d’aller au bout du film Joyeux Noël avec une aide de la Région. Or si le monument a pu se faire, c’est grâce au film. Il a amené de la notoriété, et l’émotion du grand public, qui a compris la phrase de Louis Barthas. L’idée d’un monument n’était alors plus saugrenue. Et la communauté urbaine d’Arras nous a permis de faire aboutir le projet dix ans après. »

    – Le message. « Le monument ne s’oppose pas aux monuments aux morts, à l’Anneau de la mémoire et ses 600 000 noms. Il est là pour rendre mémoire aux soldats qui ont fraternisé. Il y a dans un musée à Ypres (en Belgique) une aile dédiée aux fraternisations, mais jamais il n’y a eu quelque chose d’aussi universel et ouvert au monde pour commémorer un acte de paix. »

    – La présence du chef de l’État. « Je me réjouis que le président, chef des Armées, vienne avec nous attirer l’attention sur la symbolique de ce monument. C’est le rendez-vous des humanistes ! » Le président de la communauté urbaine d’Arras a voulu que le monument soit inauguré tout juste cent ans après le récit des fraternisations par Louis Barthas. Philippe Rapeneau a invité François Hollande dès l’an dernier, lors de sa venue pour inaugurer de l’Anneau de la mémoire, à Notre-Dame-de-Lorette. Le chef de l’État n’a décidé qu’hier après-midi sa venue, avant son déplacement à Bruxelles pour le sommet européen.

    – Quand, comment ? L’inauguration aura lieu à 10 h 30 en présence du secrétaire d’État aux Anciens Combattants, Jean-Marc Todeschini, du président du Sénat, Gérard Larcher, du président sortant de la Région, Daniel Percheron, et de son successeur désigné, Xavier Bertrand. Douze membres de la famille de Louis Barthas ont fait le déplacement de l’Aude. Parmi eux, Georges Barthas, 85 ans, présentait hier soir lors d’une conférence à Arras les cahiers sur lesquels son grand-père a écrit ses témoignages de guerre d’une belle écriture à la plume.

    Un monument « à hauteur d’homme »

    La situation. Le village situé entre Arras et Souchez a été rasé sous milliers de tonnes d’obus déversés en 1915. Il abrite trois cimetières militaires, allemand (avec ses 45 000 croix noires), britannique et français, ainsi que des carrés polonais et tchécoslovaque.

    Le monument. Les élus de la Communauté urbaine d’Arras ont fait leur choix parmi 18 projets architecturaux. Le visiteur pénétrera dans une tranchée constituée de pans de béton brut, entourée d’un parc paysager. Le cheminement permet de rejoindre un peu plus haut un terre-plein où ont été placées six silhouettes de soldats, jouant au football ou assis au pied d’un sapin de Noël, figurés dans des blocs de verre translucide. Christian Carion y voit un monument « à hauteur d’homme, pas du tout ostentatoire, presque pudique ».

    Le financement. La CUA a prévu un budget de 800 000 €, avec des aides de l’État (ministère de la Défense), de la Région, du Département du Pas-de-Calais et de mécènes privés. Une démarche de financement participatif sur Internet a en outre permis de recueillir 55 505 € auprès de 317 donateurs.

    SOURCE : http://www.lavoixdunord.fr/region/francois-hollande-dans-le-pas-de-calais-jeudi-pour-ia29b0n3223524

     

    " Un monument pour Noël 2015 ! " 

    pour répondre au vœu

     du soldat Barthas :

    Bertrand Tavernier : « célébrons ces soldats de 1914   qui ont osé fraterniser avec l’ennemi »

    "Qui sait! Peut-être un jour dans ce coin d'Artois, on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre des hommes qui avaient horreur de la guerre et qu'on obligeait à s'entretuer malgré leur volonté"

    Hymne des fraternisés - Joyeux Noël

     

    François Hollande a inauguré
    le monument des Fraternisations
    à Neuville-Saint-Vaast

    « Qui sait ! Peut-être un jour... »

    Au cours de l’hiver 1992, le réalisateur Christian Carion – originaire du Pas-de-Calais – découvre les épisodes de fraternisations qui se sont déroulés entre soldats français, anglais et allemands, au cours du Noël 1914 et décembre 1915. Bouleversé, il rêve de porter à l’écran ces « moments de grâce spontanés » de la Grande Guerre, longtemps occultés : « Il ne fallait pas que ça se sache ». Son rêve devient en 2005 un film aux deux millions d’entrées, « Joyeux Noël ».

    Christian Carion a également pris connaissance des Carnets de guerre du caporal Louis Barthas, tonnelier de l’Aude qui partageait les idées de Jaurès. Au lendemain d’une fraternisation, le 10 décembre 1915, du côté de Neuville-Saint-Vaast, Louis Barthas écrit : « Qui sait ! Peut-être un jour, sur ce coin de l’Artois, on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre les hommes qui avaient l’horreur de la guerre et qu’on obligeait à s’entretuer malgré leur volonté… » Christian Carion et son ami producteur Christophe Rossignon créent l’association Noël 14 pour édifier ce monument. Ils sont alors soutenus notamment par Jean-Paul Delevoye, Daniel Percheron. Mais il a fallu attendre dix ans pour que le vœu de Louis Barthas fût exaucé.


    Tope là !
    C’est après avoir lu un « appel » de Christian Carion publié dans le journal Le Monde le 11 novembre 2013 que Philippe Rapeneau (ci-dessus tenant le micro, entre Daniel Percheron et Georges Barthas), président de la Communauté urbaine d’Arras, bouleversé, décide de contacter le cinéaste et de lancer la construction du monument des Fraternisations ; la Communauté urbaine d’Arras devenant maître d’ouvrage d’un projet de 700 000 €, financé à 50 % par le conseil régional. Et le 11 novembre 2014, lors de l’inauguration de l’Anneau de la Mémoire à Lorette, Philippe Rapeneau parle de ce projet au président de la République qui lui répond : « Il faut le faire. Je viendrai l’inaugurer. Tope là ! »
    En février 2015, la réalisation du monument est confiée à Gérard Collin-Thiebaut et à l’atelier de paysage Sensomoto. La France vit une année noire marquée par d’odieux attentats… Dans ce « contexte très particulier », personne ne pensait que François Hollande allait pouvoir tenir sa promesse. Il l’a tenue. Ce jeudi 17 décembre 2015, à 11 heures, le président de la République a inauguré le monument des Fraternisations : une longue allée évoquant une tranchée, six silhouettes en verre teinté, un belvédère. « C’est une journée spéciale, un signe fort, a répété Christian Carion. La France accueille officiellement au sein de sa mémoire collective le souvenir des fraternisations ». Une inauguration simple et émouvante, François Hollande donnant la main à deux écoliers de Neuville-Saint-Vaast, avant de serrer la main (en compagnie de la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio) à tous les porte-drapeaux présents. La main que l’on tend en signe de fraternité. Cette fraternité que le maire de Neuville-Saint-Vaast, Jean-Pierre Puchois, a mise en exergue à l’heure des discours devant un parterre de personnalités parmi lesquelles Gérard Larcher, président du Sénat, les ministres Kanner et Todeschini, Daniel Percheron président de la région Nord – Pas-de-Calais, Xavier Bertrand futur président de la nouvelle région Nord – Pas-de-Calais – Picardie, Michel Dagbert président du conseil départemental du Pas-de-Calais, des députés et des sénateurs… Sans oublier le petit-fils de Louis Barthas, Georges Barthas (85 ans) venu avec son épouse. Sans oublier les délégations anglaise, allemande et tchèque. Sans oublier les donateurs privés qui ont contribué au bouclage financier du projet.

    Fraternité
    « La fraternité ne s’apprend pas, elle est dans notre cœur, à nous de la faire grandir » a dit tout simplement le premier magistrat de Neuville-Saint-Vaast (photo ci-dessus). Il y a de la fraternité dans le cœur de Christian Carion : « Elle nous rassemble aussi ce jour, elle ne doit pas être réduite à la préférence nationale mais être universelle » a lancé le réalisateur après avoir retracé la genèse du projet et évoqué « la France qui, après des actes barbares, lutte pour protéger des vies, défendre la République… Il faut refuser la haine, ne pas désespérer de l’Homme malgré tout ».
    Fraternité aussi dans les propos de Philippe Rapeneau : « Nous devons puiser détermination et conviction pour que le mot ‘fraternité’ retrouve son sens profond, sa puissance et son rayonnement ». Philippe Rapeneau a salué le courage des élus de la Communauté urbaine d’Arras – elle rassemble aujourd’hui des communes dévastées il y a cent ans – qui ont accepté de financer et de construire ce monument des Fraternisations, « seul monument sur la planète commémorant un acte de paix en pleine guerre ». Il a souligné ensuite le soutien exceptionnel du ministère des Anciens Combattants, celui des sénateurs du Nord – Pas-de-Calais. « J’aurais aimé connaître Louis Barthas (il est décédé en 1952), celui qui évoqua ces grands gestes préfigurant l’Europe de la paix et qui n’ont pas eu le retentissement mérité » a conclu Ph. Rapeneau.
    Michel Dagbert revint sur les épisodes de fraternisations du 10 décembre 1915, ces trêves de la boue, quand « des hommes tous pareils, Français et Allemands, confrontés aux inondations des tranchées, les quittèrent pour de bons moments de voisinage les uns avec les autres ». Puis il a affirmé la volonté du Département du Pas-de-Calais de commémorer le Centenaire de la Grande Guerre « à hauteur d’homme » ; le monument des Fraternisations occupant désormais une place majeure au cœur des principaux sites de mémoire de l’Artois – « sites que nous souhaitons inscrire au patrimoine mondial de l’Humanité ». Puis Michel Dagbert établit à son tour une passerelle entre le passé et le présent : « Nous devons savoir à notre tour tendre la main pour préserver la dignité humaine, pour la paix, la démocratie et les valeurs qui nous animent ».
    Dernière sortie officielle pour Daniel Percheron, président de la Région Nord – Pas-de-Calais, « l’homme de l’Anneau de la Mémoire », passionné d’histoire, qui axa son intervention sur l’Europe… Il se tourna vers François Hollande – qui prenait après cette inauguration la route de Bruxelles : « Au nom de tous les habitants du Nord – Pas-de-Calais, je vous remercie. Nous vous accompagnons ».
    Gérard Larcher, président du Sénat (photo ci-dessous), parla également de l’Europe, celle de la fraternité puis parla de  « la France encore frappée par la barbarie et qui croit transcender ses peurs dans le repli… Nos fils de fer barbelés d’aujourd’hui s’appellent chômage, replis communautaires… Nos victoires de demain doivent s’appeler croissance, République retrouvée… ».

    Solidarité et concorde
    Le président de la République entama son discours en rendant hommage à Daniel Percheron, « président qui s’efface, si attaché au Pas-de-Calais auquel je suis lié par l’histoire » (son grand-père est né à Plouvain), puis à Xavier Bertrand, « il va prendre la responsabilité de cette nouvelle grande région Nord – Pas-de-Calais – Picardie qui doit répondre aux défis, aux alertes aujourd’hui lancés. La Nation doit se souvenir de ce que le Nord et le Pas-de-Calais ont pu donner à la France ».
    Pour François Hollande, le monument des Fraternisations est « unique en son genre, une belle et exceptionnelle aventure ». Aventure née entre les pages des Carnets de Louis Barthas, « homme simple, républicain sincère » qui a raconté ce 10 décembre 1915. « Ce n’est pas un haut fait, ni une grande date, simplement un instant d’humanité dans la mémoire d’un homme, aujourd’hui universelle ».
    Le président de la République aborda à nouveau la terrible année 2015. « La France est attaquée par un ennemi qui veut nous faire renoncer à nos valeurs, nos libertés… Aujourd’hui nos soldats luttent pour que triomphe l’idéal de liberté, d’égalité. Nous agirons avec la République contre le terrorisme, avec le respect du droit. Pour éradiquer la haine, nous nous battons pour la laïcité qui permet de respecter toutes les religions… Notre cause c’est la civilisation, c’est l’humanité ».

    Un peu d’Europe aussi dans le discours de François Hollande : « Notre espoir et notre sujet de préoccupation parfois ». Europe pour laquelle le geste de Louis Barthas « fut un acte de foi » en même temps qu’un symbole de fraternité, « une valeur de la République liée de manière indissoluble à ceux qui vivent sur son territoire, Françaises et Français appartenant à la même famille qui ne doit pas se déchirer ». À côté de la fraternité, le président a placé la solidarité « pour ne pas laisser la fatalité reproduire des inégalités entre les citoyens, entre les territoires ». « La France est partagée entre des sensibilités différentes, le débat est toujours utile, il est inhérent à la République. Rien ne serait pire que de vouloir l’éteindre. Mais face aux épreuves, notre pays a besoin de concorde, pour faire les choix du long terme. Ne transformons pas nos différences en défiances, nos divergences en discordes. »
    François Hollande est une nouvelle fois revenu sur le Nord – Pas-de-Calais – Picardie, « région européenne par sa géographie, par son histoire ; région qui souffre… Une région d’avenir et tout sera fait pour que nous puissions nouer des partenariats indispensables et répondre à ceux qui veulent des formations, des emplois, des infrastructures, des solidarités ».
    Louis Barthas et les fraternisations « montrent que l’humanité est toujours capable de se dépasser ». Pour François Hollande : « Lorsque l’essentiel est en jeu, l’humanité et le rassemblement fraternel seront toujours victorieux ».

    Texte : Christian Defrance / Photos : Jérôme Pouille

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