• Besançon (Doubs) : un reporter de Radio Bip convoqué au commissariat de police après son interpellation

     

    Besançon (Doubs) : un reporter

     de Radio Bip convoqué au commissariat

     de police après son interpellation

    Besançon (Doubs) : un reporter de Radio Bip convoqué au commissariat   de police après son interpellation

    Un journaliste de Radio Bip a été interpellé samedi 16 novembre 2019 par un policier. Il couvrait le rassemblement des gilets jaunes organisé à Besançon. Il était convoqué ce mardi 19 novembre au commissariat de police de Besançon.

    "Allez toi, tu dégages avec ta merde, là", ordonne Michel Klein, directeur de la police départementale. "Je fais partie de la presse, Monsieur. C’est une entrave à la presse que vous faites, là ", lui rétorque Amaury Salles.

    Ce sont les premiers mots d’une vidéo tournée samedi et relayée sur les réseaux sociaux.

    Cliquez sur le lien ci-dessous pour visualiser la vidéo :

     

    https://www.facebook.com/radiobip.fr/videos/2489546381276085/

     

    Elle a été filmée par un journaliste de radio Bip qui se trouvait sur le rond-point de la piscine Mallarmé, à Besançon, pour couvrir le rassemblement des gilets jaunes.

    "J’étais juste présent pour filmer ce qu’il se passait, pour reporter l’information, dans le cadre de ma mission de reporter pour Média 25 radio Bip", explique Amaury Salles. "Une personne en civil qui s’est présentée comme le commissaire en charge du dispositif a commencé à venir me gêner, à m’empêcher de filmer avec son parapluie. Il a fini par me prendre par le bras et a demandé aux gendarmes de m’interpeller, parce que je portais mes EPI, mes équipements de protection individuelle".

    Ces EPI :  un masque pour se protéger des gaz lacrymogènes ainsi qu'une paire de lunettes. Un attirail confisqué par le policier, à l'origine de la convocation du journaliste au commissariat de police de Besançon. 
    Il se protégeait le visage "pour travailler, et non pour manifester"

    Le chef d’accusation, "dissimulation de visage dans une manifestation", est un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 d’amende.  Radio Bip dénonce une "interprétation complètement disproportionnée de la loi dite 'anti-casseurs' sur un reporter qui ne faisait que filmer", et qui se protégeait le visage "pour pouvoir informer, travailler et non manifester". 

    Besançon : un reporter de radio Bip convoqué au commissariat de police après son interpellation
    Un reportage de : E. Rivallain, F. Le Moing, M. Blanc Intervenants : Amaury Salles (Journaliste de Radio BIP), Thierry Silvand (Fédération indépendante de la police- Syndicat Alliance Police), Emma Audrey (Journaliste Radio BIP)

    Pour Emma Audrey, salariée de radio Bip, "la liberté de la presse se dégrade. La ligne rouge a été dépassée depuis longtemps". C’est la cinquième fois qu’un journaliste de la radio associative est interpellé lors d’un rassemblement des gilets jaunes. Les médias indépendants seraient-ils particulièrement ciblés ?
    " Parfois on nous embarque, on nous amène au commissariat, on nous fait poireauter pendant deux, trois heures pour contrôler notre identité", témoigne la journaliste.

    Dans un communiqué, la France Insoumise demande l’abandon des poursuites et la fin de "ces procédés d’intimidation".  " Outre les manifestant.e.s, ce sont aussi les journalistes qui subissent les violences et ce harcèlement policier et judiciaire". 


    "Répression contre les journalistes"


    De son côté, le Syndicat National des Journalistes CGT pointe du doigt la "répression contre les journalistes", pour la plupart "reporters bénévoles qui collaborent avec des médias associatifs ou de citoyens". 

    " Journaliste, journaliste... Journaliste d'un média alternatif qui véhicule une propagande, une idéologie anti-Etat"  critique Sylvand Thierry, secrétaire départemental du syndicat Alternative Police CFDT. "Ces journalistes cherchent en permanence à montrer une faille dans les interventions des forces de l'ordre".
    Le syndicaliste a apporté son soutien à Michel Klein. Il estime qu’Amaury Salles "gênait le travail des forces de l’ordre" et que l’intervention du directeur de la police départementale était donc "justifiée".
     

    Besançon (Doubs) : un reporter de Radio Bip convoqué au commissariat   de police après son interpellation

    « Halte à la répression contre

     les journalistes »

    Communiqué de presse du SNJ-CGT

    Source : https://snjcgt.fr/2019/11/18/halte-a-la-repression-contre-les-journalistes/

    Lors des manifestations organisées à l’occasion du premier anniversaire du mouvement des Gilets jaunes, de nombreux journalistes ont subi les conséquences d’une stratégie de maintien de l’ordre délibérément agressive et répressive.

    Pour la plupart, il s’agit de reporters bénévoles qui collaborent avec des médias associatifs ou de citoyens, créateurs ou collaborateurs de leurs propres médias « alternatifs ».

    Ainsi, samedi à Paris, un journaliste du « Media pour vous » a été grièvement blessé au visage alors qu’il était clairement identifiable avec un gilet et un brassard presse. Dimanche, une collaboratrice du média « Vécu » a été interpellée par la police avant d’être relâchée. Lors de l’évacuation de la Maison des Peuples à Paris (sur le site de l’ancienne salle La Flèche d’Or), le journaliste vidéaste Nnoman s’est fait interpeller et contrôler son identité alors qu’il filmait des personnes cagoulées non policiers…

    A Besançon, un reporter de Radio Bip/Média 25 s’est fait interpeller alors qu’il était en train de filmer une action des Gilets jaunes. A Toulouse, une journaliste indépendante a reçu un impact de LBD à la cuisse et un jeune reporter a été arrêté alors qu’il tentait de rendre compte d’un action des Gilets jaunes à une barrière de péage.

    A chaque fois les forces de police tentent d’empêcher de remplir une mission, celle d’informer les citoyens.

    Les incidents se multiplient. A chaque fois les forces de police tentent d’empêcher de remplir une mission, celle d’informer les citoyens. Pas plus à l’encontre des « non-professionnels » que des journalistes professionnels, la violence des forces de l’ordre n’est acceptable. Attend-on d’avoir un mort pour réagir ?

    Le code du travail prévoit un statut pour les journalistes professionnels, principalement sur des critères de revenu et de type d’entreprises pour lesquelles ces professionnels travaillent. Mais la liberté d’information et la liberté d’expression ne sauraient être limitées à l’exercice des seuls professionnels. Les journalistes « citoyens », « alternatifs », « associatifs » ont déjà démontré leur utilité, en France, en Europe et ailleurs dans le monde.

    Le journalisme n’est cependant pas un jeu. Le SNJ-CGT invite tous ceux qui souhaitent remplir une mission d’information, de la faire encadrer par des journalistes professionnels, comme c’est par exemple le cas à Radio BIP/Média 25, à Besançon. Mais aussi de se doter de règles, telles que celles énoncées par la Déclaration des droits et des devoirs des journalistes de 1972 (lire ici la version « modernisée » proposée par le SNJ-CGT en 2017), de se former et de se syndiquer.

    Ce n’est pas à la police ou à l’Etat de choisir qui peut ou ne peut pas couvrir les manifestations.

    Mais ce n’est pas à la police ou à l’Etat de choisir qui peut ou ne peut pas couvrir les manifestations, observer et rendre compte des événements ou même filmer une opération des forces de l’ordre.

    Le SNJ-CGT condamne fermement ces violences et ces intimidations, commises lors des manifestations des Gilets jaunes. Cette situation n’est plus acceptable. M. Castaner, qu’attendez vous pour agir ? 

    SOURCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/besancon/besancon-reporter-radio-bip-interpelle-police-entendu-ce-matin-1751431.html

    « «Un chien n’a qu’un but : offrir son cœur»... Rappelons-nous des chiens "Gamin" mort en Algérie et Diesel, chien d’assaut du RAID, tué au cours de l'assaut à St-Denis en 2015Ces policiers, eux aussi, ne sont pas dans le même camp que le préfet Lallement rappelez-vous »
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