• Béziers : un recours “en excès de pouvoir” vise Robert Ménard

    Béziers : un recours “en excès

    de pouvoir” vise Robert Ménard

     

    Béziers : un recours “en excès de pouvoir” vise Robert Ménard

    Le 11 décembre, Aimé Couquet avait déjà manifesté contre la décision municipale.

    PIERRE SALIBA

    SOURCE : http://www.midilibre.fr/2015/02/26/un-recours-en-exces-de-pouvoir-vise-le-maire,1128613.php 

     

    19-Mars-1962 pour la renommer Commandant-Hélie-de-Saint-Marc. La contre-offensive passera par le tribunal administratif.

    La décision municipale de débaptiser la rue du 19-Mars-1962 pour la renommer Commandant-Hélie-de-Saint-Marc a du mal à passer. Un recours “en excès de pouvoir” visant le maire a été enregistré, ce mardi 24 février, par le tribunal administratif de Montpellier. Robert Ménard l'avait promis durant sa campagne des municipales. Le 11 décembre dernier, il est passé des paroles aux actes. Ce jour-là, en conseil municipal, installé dans son fauteuil de maire, il a proposé aux élus biterrois de débaptiser la rue du 19-Mars-1962 pour lui donner le nom de Commandant-Hélie-de-Saint-Marc.

    Robert Ménard : "Rendre hommage à un héros"

    Une manifestation nationale le 14 mars

    Si la contre-offensive à la délibération municipale passera par le tribunal administratif, la contestation s’exprimera, également, dans la rue. En effet, le 19 février, un appel à une manifestation d’ampleur nationale a été lancé par de nombreuses associations, des partis politiques, des syndicats.
    Décidés à "sauver le nom de la rue du 19-Mars-1962 et afin de manifester contre les nostalgiques de l’OAS et du colonialisme", les opposants se retrouveront le 14 mars, dès 14 h, rue du 19-Mars-1962. Un rendez-vous qui ne doit rien au hasard puisque ce jour-là et à la même heure, le premier magistrat biterrois débaptisera la fameuse rue.
    Les organisations à l’origine de la manifestation de contestation estiment que "Robert Ménard veut, à travers cet événement, faire de Béziers le laboratoire national de la droite la plus extrême, celle qui veut réhabiliter le colonialisme et raviver les haines enfouies de la guerre d’indépendance de l’Algérie". Pour leur part, les anciens combattants, membres de la Fnaca, n’exprimeront pas le 14 mars, leurs sentiments vis-à-vis de la décision de Robert Ménard. Mais leur président national, Guy Darmanin, ne reste pas muet. "Je suis en colère et je ne suis pas le seul. Il n’y a aucun doute à avoir sur le caractère historique de la date du 19 Mars 1962, d’autant qu’une loi a été promulguée", affirme-t-il.
    Et d’ajouter : "Robert Ménard est un homme qui provoque. La Fnaca sera présente en force à Béziers, le 19 mars prochain".

    Le premier magistrat biterrois justifie cette délibération en déclarant : "Faire du 19 Mars 1962 la date de la fin de la guerre d'Algérie, c'est se moquer de l'Histoire et c'est une insulte à la fois aux Français d'Algérie et aux Harkis". Choisir, en remplacement, le nom d'un officier parachutiste putschiste est pour Robert Ménard "rendre hommage à un héros. C'est juste un acte réparateur". Et hautement symbolique pour celui qui, dans sa conquête de l'hôtel de ville, écrivait sur ses tracts de campagne : "Je suis pied-noir et fier de l'être. Et je n'oublie pas, je n'oublierai jamais les leçons de mon père..." Un père qui milita à l'OAS (Organisation armée secrète), créée le 11 février 1961 pour défendre la présence française en Algérie par tous les moyens, surtout par les armes.

    Des protestations dès le 11 décembre

    Mais pour d'autres, cette décision municipale s'inscrit plutôt dans la polémique. Des manifestants sont venus, le 11 décembre, le crier et protester sous les fenêtres de l'hôtel de ville de Béziers. Quelques jours plus tôt, découvrant la proposition du maire, Michel Martel, président départemental de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants d'Algérie, Maroc, Tunisie), déclarait : "C'est se foutre du monde". Aujourd'hui, la contre-offensive va donc se jouer au tribunal administratif de Montpellier. Le recours “en excès de pouvoir” qui vise Robert Ménard a été initié par le conseiller municipal communiste d'opposition, Aimé Couquet mais également au nom de David Garcia, de l'Arac (association d'anciens combattants), le Collectif biterrois pour l'appel des 100, le mouvement pour la paix et l'association “Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons”. "C'est un recours sur le fond, explique Aimé Couquet. Le tribunal administratif ne l'examinera que dans deux à trois mois". Le conseiller municipal n'admet pas que Robert Ménard, par sa délibération, "bafoue une date reconnue par la loi du 6 décembre 2012. Celle-ci retient le 19 mars comme journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc". L'autre grief qu'Aimé Couquet formule à l'égard du premier magistrat : "C'est d'avoir choisi le nom d'Hélie de Saint-Marc qui a pris part au putsch des généraux en 1961 en Algérie".

    « Liste presque complète des associations présentes au contre-rassemblement du 14 mars 2015 à BéziersLettre au Secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire Par Pierre Laurent / 26 février 2015 »
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