• « Bougnoule, négro. » Si je ne dénonce pas mes collègues policiers, je suis complice. »

     

     

    « Bougnoule, négro. » Si je ne dénonce pas mes collègues policiers, je suis complice. »

    « Bougnoule, négro. » Si je ne dénonce pas mes collègues policiers, je suis complice. »

    C’est un témoignage exceptionnel que livre le brigadier-chef Amar Benmohamed à la caméra de StreetPress. Insultes racistes, privation de nourriture, de soins, il révèle, documents à l’appui, des centaines de cas de maltraitance et de racisme dans les cellules du tribunal de Paris.

     

    Propos racistes et maltraitances au tribunal

    de Paris : le parquet ouvre une enquête

    Au lendemain des révélations de StreetPress, s’appuyant sur le témoignage d’un policier, la justice se saisit de ce qui se passe dans ses sous-sols. Alors que l’exécutif multiplie les messages de soutien aux forces de l’ordre, ses réactions face à cette affaire restent timides. 

    Voilà maintenant plus d’un an, le brigadier-chef Amar Benmohamed, en poste au dépôt du tribunal judiciaire de Paris, a alerté sa hiérarchie sur le comportement, de nuit, de certains de ses collègues : depuis 2017, il a été témoin de vols sur les personnes déférées (argent, matériel électronique), mais il dénonce aussi un système rodé de maltraitance (privations d’eau et de nourriture, propos racistes et homophobes, etc.). 

    Ses signalements étant apparemment restés sans suite, le policier finit par témoigner auprès du site d’information StreetPress, qui a publié lundi 27 juillet une enquête journalistique étayée par de nombreux documents (ici et ).

    Dès lundi soir, la préfecture de police de Paris – mise en cause dans l’article pour s’être abstenue de signaler ces faits à la justice – a voulu montrer qu’elle n’était pas restée inactive. Elle a fait savoir qu’un conseil de discipline avait déjà été fixé : un policier doit comparaître devant ses pairs en septembre 2020. Cinq autres se verront notifier, sous peu, des « blâmes et avertissements ». Pour ces sanctions disciplinaires plus légères, le passage par le conseil de discipline n’est pas nécessaire.

    Ce mardi, ces mesures disciplinaires se sont doublées d’une initiative judiciaire. Le Parquet de Paris, qui travaille dans le même bâtiment que les policiers mis en cause, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique » et « injures non publiques » à caractère raciste, confiée à l’IGPN. Le Défenseur des droits – institution dirigée depuis peu par Claire Hédon – s’est également saisi de l’affaire. 

    Arié Alimi, l’avocat d’Amar Benmohamed, souligne le retard avec lequel ces procédures adviennent. « Ce n’est pas la faute du Parquet, car c’est la préfecture de police qui a dissimulé les faits à sa connaissance, ce que je regrette », déclare-t-il.

    La démarche du brigadier-chef constitue un événement rare. Amar Benmohamed prend le risque de témoigner en son nom et à visage découvert sur de terribles failles dans le fonctionnement de son service. Il a par ailleurs déposé plainte avec constitution de partie civile pour des faits de harcèlement moral consécutifs aux signalements qu’il avait effectués auprès de sa hiérarchie. Arié Alimi précise également avoir adressé un signalement à la Défenseure des droits afin que son client bénéficie du statut de lanceur d’alerte, puisqu’il a d’abord tenté de faire réagir son institution avant de rendre les faits publics.

    Ce n’est pas la première fois que la justice se penche sur des actes commis dans l’enceinte du nouveau tribunal de Paris. En février 2019, un policier avait écopé de quatre mois de prison avec sursis pour des faits de violences sur un détenu appelé à comparaître. Le policier en question a fait appel. 

    En juillet 2018, une enquête pour « faux » et « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte à l’encontre d’un policier stagiaire après la diffusion d’une vidéo, par Là-bas si j’y suis, montrant le policier frapper un détenu. Le fonctionnaire avait été suspendu de ses fonctions et placé en garde à vue. À l’époque des faits, l’ancien ministre de l’intérieur Gérard Collomb avait condamné « ce comportement inadmissible qui vient nuire à l’image de l’ensemble des forces de sécurité ».

    Une journée et demie après les révélations de StreetPress, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a livré sa réaction devant la commission des lois de l’Assemblée nationale : « Si ces faits sont avérés, il m’appartiendra de savoir pourquoi les sanctions n’ont pas été prises. Si quelques agents ont sali l’uniforme de la République, ils n’ont plus rien à faire dans la police. »

    Chose étonnante, lors de cette audition, Gérald Darmanin a également expliqué qu’il était « un peu reproché » au brigadier-chef d’avoir dénoncé ses collègues « avec retard ». Documents à l’appui, Amar Benmohamed insiste pourtant sur le fait qu’il a épuisé tous les recours possibles avant de faire état de ces dérives à la presse. 

    La veille de cette déclaration, le ministre de l’intérieur, fidèle au soutien sans faille qu’il affiche envers les forces de l’ordre, avait accompagné le chef de l’État au commissariat du XVIIIe arrondissement pour annoncer une « indemnité spécifique » destinée aux effectifs de police travaillant la nuit (pour un montant de 10 millions d’euros). 

    SOURCE : https://www.mediapart.fr/journal/france/290720/propos-racistes-et-maltraitances-au-tribunal-de-paris-le-parquet-ouvre-une-enquete 

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 3 Août à 12:10

    C'est facile, ce n'est pas cher de taper sur les immigrés surtout s'ils sont Arabes et de surcroît Algériens ! On a en quelque sorte la pratique ancienne de la chose.

    Mais ça ne peut pas rapporter gros, nous en avons aussi l'expérience ! 

    Parce qu'au fond c'est plus commode de s'en prendre à plus faible que soi plutôt que de chercher à savoir ce qui es en cause dans les difficultés qui sont les nôtres.

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