• Castres, la guerre d'Algérie vue par le réalisateur Emmanuel Audrain et des anciens appelés *** Lettre de la 4acg au Président de la République

     

    Castres, la guerre d'Algérie vue

     par le réalisateur Emmanuel Audrain

     et des anciens appelés

    De gauche à droite, Rémy Serres, Emmanuel Audrain, Georges Treilhou

     et Florence Panis 

    Le réalisateur Emmanuel Audrain auteur du film "Retour en Algérie" était à Castres le 19 septembre dernier pour présenter son film aux côtés de deux acteurs de la campagne d'Algérie. 

    Rémy  Serres (Albi), Georges Treilhou (St-Amans) et leurs collègues ont eu 20 ans entre 1954 et 1962. Comme  deux millions de jeunes français, ils ont effectué leur service militaire en Algérie et ils ont été confrontés à la torture, les exécutions sommaires et aux atrocités de la guerre. En 2004, ils ont créé leur association, les Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre La Guerre; Après avoir gardé le silence sur leurs souffrances, ils ont décidé de parler entre eux d'abord, puis aux plus jeunes, collégiens, lycéens des horreurs de la guerre, de honte de n'avoir rien dit,  leur rencontre leur "ennemis" d'hier, les fellagas avec qui ils ont tissé des liens. Sollicité par Simone de Bollardière, le réalisateur breton Emmanuel Audrain a décidé de consacrer un film à ces anciens appelés qui ont décidé de rompre le silence pour raconter leur guerre d'Algérie. "Chaque appelé raconte sa guerre d'Algérie. Le but ce n'est pas d'atteindre la vérité mais une vérité à partir de laquelle ils se sont reconstruits  et grâce à laquelle ils vont construire l'avenir. J'ai tenté de raconter dans le film cette histoire vécue par ces gens là et leur démarche  de solidarité puisqu'ils ont décidé d'utiliser leur retraite du combattant pour financer des projets solidaires en Algérie mais aussi en Palestine, " indique Emmanuel Audrain.

    "Des Oradour-sur-Glane, il y en a eu beaucoup

     en Algérie" 

    A ses côtés Georges Treilhou opine de la tête, "Des Oradour-sur-Glane, il y en a eu beaucoup en Algérie. J'étais chauffeur et  j'ai transporté les populations des villages de montagne vers les centres de regroupement. Deux millions de personnes déplacées sur 8 millions d'habitants, ce n'est as riens…On ne peut pas dire que le pays des droits de l'homme se soit très bien comporté là-bas." Quant à Rémy serres, la guerre d'Algérie s'est rappelée à lui par l'intermédiaire de son fils objecteur de conscience qui a décidé de ne pas faire son service militaire. "J'ai passé 28 mois en Algérie où j'ai été blessé. Au tribunal j'ai témoigné, mais emporté par tout ce que cette guerre avait enfoui, la peur, les cris des prisonniers c'est sorti d'un coup," complète Rémi Serres. Au sein de l'association des Anciens Appelés en Algérie "à chaque assemblée générale, les nouveaux qui veulent parler de leur guerre ont la priorité. Le but de l'association est de permettre à ses membres de parler de cette histoire et dire ce qu'ils n'ont jamais dit à personne. Avec l'association nous avons créé des liens avec l'Algérie et rencontrés des résistants algériens. L'un d'eux m'a reçu chez lui. Ce n'est pas si facile de rencontrer quelqu'un que l'on a combattu 50 ans plus tôt  et sur lequel on a tiré dessus," ajoute Rémi Serres. Le 13 octobre prochain, le film d'Emmanuel Audrain sera projeté à 20h sur l'écran du Cinémovida Le Lido. Nul doute qu'il suscitera des questions auxquelles le réalisateur et  les anciens appelés comme Rémi ou Georges vont répondre.

    Dominique Escorne

    SOURCE : http://www.letarnlibre.com/2017/09/28/6458-castres-guerre-algerie-vue-par-realisateur-emmanuel-audrain-anciens-appeles.html

    Castres, la guerre d'Algérie vue  par le réalisateur Emmanuel Audrain  et des anciens appelés

    Lettre de la 4acg

    au Président de la République

    Jeudi 5 octobre 2017, par 4ACG 

    Le 3 octobre 2017

    Monsieur le Président,

    Permettez-nous de nous présenter : nous sommes une association, née en 2004, d’anciens appelés ayant accompli tout ou partie leur service militaire en Algérie. Nous avons été envoyés en Algérie par l’État Français, « pour le maintien de l’ordre », la « pacification »… Ce n’est pas cette réalité là que nous avons vécue. Elle marque à jamais notre mémoire et notre dignité.

    Conscient des ravages physiques et moraux que cette guerre a occasionnés dans les deux peuples, nous nous sommes engagés dans des actions de réconciliation, puis de fraternisation avec le peuple algérien. A plusieurs reprises, nous avons eu l’occasion d’en informer différentes instances ministérielles du Gouvernement précédent.

    Aussi avons-nous été, comme nos amis algériens, heureux d’entendre votre courageuse déclaration en Algérie le 15 avril 2017 : « la colonisation fait partie de l’histoire française, c’est un crime contre l’humanité, une vraie barbarie  ». Vieux soldats de cette guerre que nous ne voulions pas, nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de rappeler aux français ce que fut, pour les algériens résidant en France, l’horrible répression qu’ils subirent en manifestant sans violence le 17 octobre 1961 à Paris.

    Nous vous proposons de lancer un vif et fraternel appel solennel, aux jeunes de France et d’Algérie, à se rencontrer. Cette déclaration peut se situer dans la perspective de réaliser des projets de vie pour les jeunes, enrichis par la diversité des cultures des deux pays, contribuant ainsi au recul des rapports de domination, de racisme, de violences terroristes. Ainsi, depuis 2004, notre association a soutenu et soutient des associations de développement social, de statut des jeunes, par l’émancipation et à la prise de responsabilité citoyenne non violente de jeunes, en milieux rural et urbain. A la jeunesse des deux rives, ayons aujourd’hui l’audace de lui offrir l’opportunité de prendre en main son avenir.

    Avec d’autres associations et collectifs des droits humains, où la 4acg est présente, est proposée la possibilité de créer un Office Franco-Algérien de la Jeunesse (OFAJ). Cela s’est fait avec succès avec l’Allemagne par la création de l’Office Franco-Allemand Jeunesse (OFAJ), outil contributeur de paix entre nos deux pays depuis la seconde guerre mondiale.

    Nous aimerions être reçus par vous-même, afin que puissent aboutir ces projets de fraternité solidaire entre l’Algérie et la France.

    Dans l’attente d’une réponse favorable, nous vous prions d’accepter, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses et de paix.

    Alain Desjardin Président
    René Moreau Secrétaire

    SOURCE : http://www.4acg.org/Lettre-de-la-4acg-au-President-de-la-Republique 

    « En France, il n'y a pas eu simplement de la censure sur la guerre d'Algérie mais de l'autocensureQuand des pieds-noirs nostalgiques nient l’existence des Accords d’Evian »
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