• Ce 19 septembre 2016, j’ai suivi le reportage de la journée d'hommage à "toutes les victimes du terrorisme", voici ce que je retiens plus particulièrement.

    La statue-fontaine de La Parole portée, l’unique monument parisien dédié
    aux victimes du terrorisme inaugurée en 1998

    Ce 19 septembre 2016, j’ai suivi le reportage de la journée d'hommage à "toutes les victimes du terrorisme", voici ce que je retiens plus particulièrement.

    Cette journée d’hommage organisée depuis 18 ans par les associations mais avec une dimension particulière dans une France marquée par les attaques jihadistes. Elle a eu lieu cette année à l'Hôtel national des Invalides, dans les jardins de l'intendant.

    Pour rappel, en un an, la France a été touchée le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis (130 morts), le 15 janvier 2016 à Ouagadougou (30 morts dont deux Français), le 13 mars à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire (19 morts, quatre Français), le 22 mars à Bruxelles (32 morts, un Français), le 1er juin à Gao au Mali (quatre morts, un Français). Le 13 juin un policier et sa compagne ont été assassinés chez eux à Magnanville (Yvelines), le 14 juillet un camion a tué 86 personnes à Nice, le 26 juillet, un prêtre est égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen.

    Plusieurs témoignages de victimes et proches ont été prononcés mais deux m’ont considérablement marqué :

    Georges Salines a perdu sa fille Lola, le 13 novembre 2015. Aujourd'hui président de l'association "13 novembre : fraternité et vérité", il a été le premier à s'exprimer lors de cette cérémonie. "Victime, c'est une situation peu enviable et une étiquette lourde à porter", a-t-il commencé. Il a lu le mot d'une amie de sa fille, avant de prendre un ton plus personnel. "Cet hommage me paraît indispensable", a-t-il insisté.

    Il est allé très loin en arrière concernant les attentats terroristes, puisqu’il n’a pas hésité à évoquer  l’attentat du Milk Bar organisé par le FLN en septembre 1956 à Alger, donc pendant la guerre d’Algérie… et, à titre personnel, j’ai cependant un regret, celui-ci : 

    N'oublions pas les victimes de l'OAS

    Le terrorisme – faire la guerre en visant délibérément des civils – revient régulièrement à la une de l’actualité. Le terrorisme du passé reste l’objet de débats et les souffrances qui y sont attachées toujours aussi vives.

    La guerre d’Algérie en est un exemple : l’attentat du Milk Bar organisé par le FLN en septembre 1956 à Alger a été plusieurs fois abordé. Mais le terrorisme de l’OAS semble être encore un tabou car rarement évoqué. Certes toutes les condamnations en liaison avec la guerre d’Algérie sont amnistiées, mais les faits demeurent, ineffaçables, et on ne peut oublier le terrorisme auxquels se sont livrés il y a une cinquantaine d’années certains des tenants de l’Algérie française, entraînant plus de 2 700 morts, civils ou militaires.

    L’assassinat le 15 mars 1962, quelques jours avant le cessez-le-feu, de six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, reste un des plus abominables exemples de terrorisme, mais l’indignation qu’il a immédiatement soulevée n’a pas empêché les membres de l’OAS de poursuivre leur œuvre de mort et de destruction.

    Je n’oublie pas non plus l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger qui a été le premier haut fonctionnaire français victime de cette organisation symbole de terreur et de guerre civile. Il a été assassiné à coups de poignard de parachutiste, le 31 mai 1961 à 23 h 30, à l’intérieur de son petit studio situé rue du Docteur Trolard à Alger, où un commando de l’OAS lui avait tendu un guet-apens. 

    Pour l’historienne Anne-Marie Duranton-Crabol, l’assassinat de Roger Gavoury est un « élément-marqueur » dans l’histoire de l’OAS débutante. « Cruel hommage rendu à l’efficacité du commissaire principal d’Alger, payant les coups portés à l’Organisation par la cellule qu’il avait créée au sein de la Sureté urbaine, le meurtre servait d’avertissement pour tous ceux qui tenteraient de contrer le mouvement clandestin. »

    Son fils, Jean-François Gavoury – il avait 11 ans lors du décès de son père – perpétue sa mémoire au sein de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (AMPROMEVO) dont il est le président-fondateur.

    Pour l’anecdote, à la fin de la cérémonie, j’ai eu la chance de voir Jean-François Gavoury au moment même où passait le président de la République. « Mon cher Jean-François, tout en vous saluant, je vous dis que j’ai été heureux de vous avoir aperçu ».


    Le discours de Georges Salines, président de l'association

    "13 novembre : fraternité et vérité"

    Ce 19 septembre 2016, j’ai suivi le reportage de la journée d'hommage à "toutes les victimes du terrorisme", voici ce que je retiens plus particulièrement.

    Yasmine Bouzergan-Marzouk, elle, raconte comment elle a vécu la "scène de guerre" de Nice dans laquelle elle a perdu plusieurs membres de sa famille. Elle dénonce également les amalgames de ceux qui confondent sa "confession musulmane" avec celle des "barbares".


    Le discours de Yasmine Bouzergan Marzouk, nièce d'une victime de l'attentat de Nice

    « Les ravages des idéologues du repli identitaire par Benjamin Stora *** Un élu du FN lance une association de maires refusant les migrants Si dans mon article précédent je dénonçais le fait que l’on rappelait le terrorisme FLN en occultant le terrorisme de l’OAS eh bien une autre occultation : Charly Hebdo n’a pas été convié »
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