• Ce 5 décembre 2021 : Une parodie cérémonielle pour un simulacre de réconciliation mémorielle

     

     

    Ce 5 décembre : Une parodie cérémonielle pour un simulacre de réconciliation mémorielle

    Hommage aux morts pour la France

     de la guerre d’Algérie le 5 décembre 2021

     à Paris

     

    Une parodie cérémonielle

     pour un simulacre

     de réconciliation mémorielle 

     

    Ce dimanche matin, de 10h00 à 11h00, en la Cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides à Paris (7e), Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, a présidé la cérémonie officielle d'hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie. 

    Cette cérémonie s’est déroulée en présence d’autorités civiles et militaires, d’élus ainsi que de représentants d’associations : j’y étais invité et je m’étais inscrit en vue d’y assister. Au dernier moment, je me suis ravisé et ne l’ai pas regretté. 

    Il s’est agi, en effet, d’un spectacle parodique, marqué par le dépôt d’une gerbe minuscule au pied d’un chevalet dérisoire supportant un écriteau porteur de l’inscription "Journée nationale d’hommage aux « Morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie". 

     

    Une parodie cérémonielle pour un simulacre de réconciliation mémorielle


    Le ton avait été donné, quelques minutes auparavant, avec un message tendancieux, diviseur, confinant au caricatural. 

    Reconnaissant le sacrifice des militaires (soldats de métier, jeunes appelés ou rappelés sous les drapeaux, personnels féminins des Armées), des supplétifs, des rapatriés d’Afrique du Nord, des personnes disparues, des victimes civiles des 26 mars et 5 juillet 1962, respectivement à Alger (rue d’Isly) et dans les rues et immeubles d’Oran, Geneviève Darrieussecq n’a pas eu un mot pour les membres des forces de l’ordre (gendarmes, policiers, CRS). Aucune mention, fût-ce allusive, aux victimes militaires et civiles de l’OAS ! 

    Pire, au risque de se voir reprocher une certaine forme de réécriture de l’histoire, elle a affirmé, à propos des Français d’Algérie d’origine européenne : « Ils n’étaient pas les exploiteurs haineux souvent caricaturés. Ils partageaient une vie, un pays, une terre avec les populations arabes ou berbères d’Algérie. ». Aucune précision, cependant, sur les modalités de la répartition. 

    En conclusion d’une manifestation à la tonalité nostalgérique assumée, la ministre déléguée a longuement salué chacune et chacun des invités cependant que la musique militaire interprétait le chant des Africains, hymne des partisans de l’Algérie française et de l’OAS. 

    Ni le député de Paris Gilles Le Gendre (LREM), ni le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi (Les Républicains) n’ont sourcillé. 

    Espérée digne, inclusive, respectueuse de toutes les mémoires des victimes de la guerre d’Algérie, la prestation de la ministre Darrieussecq aura contribué de la pire façon à la rémanence des antagonismes. Elle aura par ailleurs desservi le dessein gouvernemental d’une relation apaisée entre la France et l'Algérie. 

    Jean-François Gavoury
    Pupille de la Nation
    Orphelin de guerre
    Président de l’Association nationale
    pour la protection de la mémoire
    des Victimes de l’OAS (ANPROMEVO) 
     

    PS : cf. https://www.youtube.com/watch?v=gBv6qejR1No)

     

     

    « Stop les violences envers les migrants ! Accueil digne et humain ! Un autre monde est nécessaire et possible tant pour les migrants que pour les sédentaires" Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute " Alphonse Lamartine »
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  • Commentaires

    2
    Ponsot danièle
    Lundi 6 Décembre 2021 à 08:27

    Je m'associe complètement au message de Jacques CROS! La date du 19 mars ayant été reconnue officiellement, il fallait abandonner celle du 5 décembre! Lorsque j'étais maire, j'étais obligée de pavoiser ce jour-là,  donc je le faisais mais JAMAIS et ce, à la satisfaction du comité FNACA de Chaussin, avec qui nous nous étions réjouis de la décision de François Hollande, jamais donc, nous n'avons célébré de 5 décembre ( comme certains de mes collègues, premiers magistrats,  le faisaient!)

    En revanche (et pourtant j'ai vécu 18 ans de ma vie en Algérie)si, bien sûr,  je connaissais " les Africains" je n'ai jamais entendu dire qu'il était l'hymne de l'OAS! Sinon, je ne l'aurais pas choisi , cette année, au 11 novembre, pour célébrer la mémoire des régiments venus du Maghreb, pendant le dernière guerre, pour se faire trouer la peau en France, comme ils l'avaient fait, d'ailleurs, en 14/18! (Pour cela on leur reconnaissait le droit d'être français mais pas le droit de vote!!!! )En tant que responsable et  cheffe, avec mon fils, de l'Harmonie municipale, j'ai choisi ce pas redoublé pour rendre hommage à ces Africains-là, tellement dignes de respect! Dorénavant, nous choisirons de jouer autre chose....Merci à Jean-François GAVOURY de cette précision sur ce chant.

     

     

     

    1
    Lundi 6 Décembre 2021 à 08:13

    La question est posée : pourquoi après que le Parlement ait choisi la journée du 19 mars pour commémorer les combats qui ont eu lieu en Afrique du Nord a-t-on maintenu cette deuxième date du 5 décembre ?

    Ainsi que nous le craignions elle sert de point de ralliement aux nostalgériques qui n'ont, soixante ans après le cessez-le-feu, toujours pas intégré  le caractère anachronique d'une guerre injuste et sans autre perspective que l'indépendance de l'Algérie. Une guerre qui n'avait rien à voir avec les intérêts de la France mais qui a causé des souffrances inutiles, particulièrement chez les Algériens et les jeunes Français qui ont eu le malheur d'avoir 20 ans en ce temps-là.

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