• Cérémonie Commémorative du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

     

    Danièle Ponsot présidente de l'ANACR Nord-Jura m’a informé d'une cérémonie commémorative concernant une tragédie qui s'est produite pendant la seconde guerre mondiale " Le massacre du Bois des Ruppes". Pour toutes les personnes qui ne connaissent pas Danièle Ponsot, je dirai qu'elle est une amie admirable et je lui ai consacré plusieurs articles. Danièle Ponsot est née en Algérie, c'est donc une "pied-noir" qui a adhéré à l'Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis. Elle fut maire de sa commune et a inauguré une rue du 19-Mars-1962. Si vous cliquez sur le lien ci-dessous vous allez apprendre ce qu'a été la vie exceptionnelle de Danièle Ponsot.

    Michel Dandelot

    http://www.micheldandelot1.com/c-est-toute-l-histoire-belle-ou-triste-de-daniele-ponsot-cette-pied-no-a108435098

    Cérémonie Commémorative du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

     

    Cérémonie Commémorative

     du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

    Cérémonie Commémorative du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

     

    (Allocution de Danièle PONSOT Présidente

    de l’ANACR Nord-Jura)

     

    Cérémonie Commémorative du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

     

    Mesdames et Messieurs les membres des familles martyres, Mesdames et Messieurs les Résistants, Monsieur le Maire de Dole, Monsieur le Maire de Brevans, Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux, Mesdames et Messieurs les Conseillers Départementaux, Mesdames et Messieurs les Maires, Mesdames et Messieurs les Représentants des Corps Constitués, Mesdames et Messieurs les Représentants des Associations Patriotiques, Monsieur le Président Départemental de l’ANACR, Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux, Mesdames et Messieurs les Musiciens et les Choristes, Mesdames, Messieurs.

    Avant de passer à l’évocation historique du massacre du Bois des Ruppes, je voudrais, au nom de l’ANACR Nord-Jura, adresser mes plus vifs remerciements à Monsieur le Maire de Dole et à Monsieur le Maire de Brevans ainsi qu’à leurs Conseils Municipaux respectifs. En effet, grâce à leur aide nous avons pu obtenir la construction de la murette entourant cette stèle commémorative, embellissant ainsi encore le site où nous nous trouvons.

    2018, année de la commémoration du centenaire de la fin de la « Der des Der » !, la « Grande Guerre » ! Grande par ses victimes !!! Cela devait être la fin des conflits et pourtant….évoquant l’année 1945, Jean-Pierre GUENO, alors Directeur des éditions Radio-France, dans un texte intitulé «  Dernier automne », tiré de son livre «  Paroles de Poilus » écrivait :

             «  Saison des prisonniers qui rentrent et de ceux qui ne rentrent pas

              Saison des années d’occupation.

              Saison de fermentation pour une guerre à venir

              Qui verrait un jour, vingt ans plus tard, certains poilus de 14,

              Survivants d’un premier enfer, rajouter une autre décoration

              A leurs médailles : une décoration trop grande et souvent mal cousue,

              En forme d’étoile jaune. »

    De 1939 à 1945, notre pays connut de nouveau les horreurs de la guerre !

    L’année 1944 fut marquée par une terrible répression due aux derniers soubresauts d’un régime nazi aux abois.

    Que se passa-t-il au Bois des Ruppes ? C’est le témoignage de Georges BIENMILLER qui nous l’explique, il y était.

             «Notre groupe de Champvans étant devenu la compagnie « Gabriel Péri » du bataillon FTP Maurice Pagnon, nos responsables décident de nous installer dans un camp au Bois de la Bauche le 30 août 1944 à la sortie d’Abergement la Ronce, près du pont de Samerey que nous avions mission de garder. Nous étions une trentaine, nous avions un camion avec un fusil mitrailleur fixé sur la cabine, des sten et des grenades.

    Henri VALADE décide de déplacer le campement dans le Bois de Sergenaux, près de Chaussin.

    L’opération est prévue avec les copains Robert BEURDELEY et Valentin DAUPHIN, qui sont aussi du village, Roger BRIDE, menuisier-ébéniste de Damparis, que je connaissais bien et Marcel RUINET. Nous attendions Roger pour prendre le volant quand Henri VALADE me fait descendre du camion en me disant qu’il me destinait à une autre mission….. »

    Sa mission terminée, Georges BIENMILLER avait rejoint à vélo le Bois de la Bauche mais n’y avait pas retrouvé ses camarades.

    Christian DAUPHIN, fils de Valentin, conclut ainsi son article : « les Martyrs du Bois des Ruppes », évoquant le trajet de la camionnette occupée par les compagnons, je cite :

             « Ce convoi devait emprunter un itinéraire sécurisé. Pourquoi a-t-il changé son itinéraire ? Qui est à l’origine de cette décision et pourquoi ? Seuls les occupants connaissaient la réponse mais nous nous connaissons les conséquences.

          Les allemands conduisent leurs prisonniers, qui, non armés, n’ont pu se défendre, à la caserne Brack à Dole et les confient aux SS. Ils subissent alors, à tour de rôle, des interrogatoires « musclés »aux fins de leur arracher des renseignements. Les exactions commises par ces bourreaux sanguinaires que sont les SS, finissent par avoir raison de ces patriotes héroïques qui meurent sous la torture sans qu’aucun n’ait parlé…. »

    La suite, nous l’évoquons ici même,  chaque année. Le 11 septembre 1944, le garde-forestier du Bois des Ruppes découvre huit corps suppliciés dont le décès semble remonter à plus d’une semaine. Roger BRIDE, Valentin DAUPHIN ; Robert BEURDELEY et Marcel RUINET sont reconnus par un camarade de maquis. Il reste quatre corps, Pierre BOURTHIAUX, agent de liaison d’un maquis de la région de Lons le Saunier est identifié et on ne saura jamais qui sont les 3 autres.

             Ainsi, les Résistants furent harcelés sans relâche :

    Souvenons-nous des 22 résistants du groupe Manouchian, fusillés au Mont Valérien en février 1944, la vingt–troisième, la Hongroise Olga BIANCIC, seule femme du groupe, ayant été décapitée à Stuttgart le 10 Mai 1944.En Franche-Comté, Souvenons-nous des massacres d’Alièze, le 8 mars, de la tragédie de St Didier, le 25 Avril, de celle de Saligney dont le maquis fut anéanti le 27 juillet, le Mont Poupet, les 15 morts de Jouhe et tant d’autres ….

             Si les Résistants furent impitoyablement poursuivis, la population civile paya, elle aussi, le prix fort !

    Dans le Jura, 340 déportés à Saint-Claudeet ses environs dont 192 ne reviendront pas, 35 à Poligny…

    Plus loin en France,  les 92 personnes pendues aux belvédères et aux balcons, à Tulle, les 44 enfants d’Izieu envoyés  à Auchwitz par Klaus BARBIE en juillet !

    Je n’oublie pas Oradour sur Glane. Le 10 juin 1944, ce village de la Haute Vienne fut entièrement détruit et 642 de ses habitants, presque tous, massacrés par 1 détachement du 1er Bataillon du 4ème Régiment de la Waffen SS, opération mûrement préparée par le Sturmbannführer Adolf DIEKMANN, assisté de 4 miliciens conduits par PITRUD, adjoint du milicien FILIOL, de triste mémoire.

             En effet, n’oublions pas que souvent ces massacres furent rendus possibles grâce à l’aide de délateurs miliciens le plus souvent ! Ces manœuvres criminelles  avaient pour objectif d’éliminer toute résistance dans le pays.

             En effet, Depuis le 18 juin 1940, le  fameux Appel du Général De Gaulle avait été le choc que beaucoup avaient espéré et la Résistance s’était organisée. Désordonnée d’abord, puis en ordre de bataille, l’armée de la Résistance, « l’Armée des Ombres »fit se côtoyer, en un mélange hétéroclite, des volontaires de toutes les couches sociales, toutes les sensibilités politiques, philosophiques et religieuses. Ils avaient en commun l’amour de la dignité humaine et de la liberté au sein de la patrie, refusant jusqu’à la mort la xénophobie, le racisme et la discrimination aboutissant à la déportation des Juifs, bien sûr mais aussi des Tziganes, des Communistes , des Homosexuels et ….des Résistants !

    Tel était le sens du combat acharné qui les mena à la victoire !

    Sous l’égide de Jean MOULIN, devenu en 1943 le premier Président du Conseil National de la Résistance, ce Conseil  a lutté pour mener à bien ses deux missions :

             -Elaborer un plan d’attaque pour gagner,

          -s’appliquer à organiser le territoire libéré.

    Parmi ses conquêtes, le droit de vote pour les femmes, les nationalisations, la création de la Sécurité Sociale….il en est une pour laquelle nous devons toujours être vigilants car elle n’est jamais acquise à coup sûr : il s’agit de la Liberté de la Presse. Albert CAMUS concluait ainsi l’éditorial du journal « Combat », enfin  diffusé légalement le 21 Aout 1944, après 5 années de parution clandestine, 

    « …Le combat continue. Nous avons gagné notre libération, il nous reste maintenant à conquérir notre liberté ! »

    Le combat des résistants, qui souvent ont donné leur vie pour nous  ne doit pas tomber dans les oubliettes de l’histoire

    Depuis la fin de la guerre, de nombreuses initiatives se sont inscrites dans la durée, pour faire perdurer le Devoir de Mémoire.

             -En 1961, création par Lucien PAYE, ministre de l’Education Nationale, du Concours national de la Résistance et de la Déportation, pour les élèves des collèges et des lycées.

             -Depuis 2013, la date du 27 mai, jour anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance a été choisie pour célébrer la journée Nationale de la Résistance.

    Depuis 2 ans, l’ANACR Nord-Jura honore les résistants de la Ville de Dole en fleurissant les lieux qui leur sont dédiés, avec la participation de Monsieur le Maire et, en 2018, elle a participé aux côtés de l’ANACR du Jura,  à la manifestation départementale du 27 mai  voulue par Monsieur le Préfet.

    L’ANACR est plus qu’une association du souvenir. Notre rôle est celui d’un passeur de mémoire pour rappeler le rôle de ceux qui se sont levés face à l’oppresseur et qui ont dit : NON à la xénophobie, au racisme, à la guerre et ce, au péril de leur vie.

    En cette période de préparation des prochaines élections européennes, notre rôle est aussi celui d’un lanceur d’alerte, surtout auprès des jeunes générations :

             ATTENTION ! Attention à la montée des extrêmes !!! Nous savons trop le danger qu’elle représente !

    Les résistants du Bois des Ruppes, comme tant d’autres, ont payé très cher la préservation de la liberté en France et dans toute l’Europe ! Faisons en sorte que leur combat n’ait pas été vain !

    Je vous remercie.

    Cérémonie Commémorative du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

    La gerbe de l'ANACR Nord-Jura

    Cérémonie Commémorative du Bois de Ruppes. 1er septembre 2018.

    Le Chant du Marais et le Chant des Partisans

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  • Commentaires

    2
    Mardi 4 Septembre à 15:29

    Le concours de la Résistance et de la Déportation avait été remporté par un collège de Béziers où j'ai exercé de 1978 à 1987. Je ne sais pas en quelle année exactement . Le collègue qui avait encadré les élèves s'appelle Jean CANET et le collège ést celui de La DEVEZE, une ZUP¨classée en ZEP. Aujourd'hui l'établissement s'appelle collège Katia et Maurice KRAFFT.

    1
    Mardi 4 Septembre à 15:01

    Merci, mon cher Michel, pour cette publication! J'ajouterai un détail important : en effet, Georges Bienmiller, dont je cite les propos dans mon allocution, était présent à la cérémonie!!! Son fils l'avait conduit, comme tous les ans! Rendez-vous compte! C'est LE SEUL Survivant de cette effroyable tragédie! S'il est encore là, c'est qu'on lui a demandé de descendre de la camionnette au dernier moment!

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