• Champigny-sur-Marne vote un voeu pour reconnaître les massacres du 8 mai 1945 en Algérie *** MISE A JOUR

    Champigny-sur-Marne vote un voeu pour reconnaître les massacres du 8 mai 1945 en Algérie

    Champigny-sur-Marne vote un voeu pour reconnaître les massacres

    du 8 mai 1945 en Algérie

    Champigny-sur-Marne a adopté, lors de son Conseil municipal du 6 mai 2015, un vœu pour demander la reconnaissance par l’Etat et le président de la République des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, ainsi que l’ouverture de toutes les archives relatives à ces événements.

    Cet amendement voté à la majorité avait été déposé par les élus du Parti de gauche de Champigny-sur-Marne, suite notamment à la sollicitation de l’association Les oranges 94. Paris avait adopté un vœu similaire en avril.

    « Ce devoir de mémoire prend d’autant plus de sens que le Front national et la droite-extrême ont engagé une épreuve de force pour imposer une interprétation apologétique du passé colonial et effacer de la mémoire collective un pan entier de l’histoire de notre pays. En atteste le fait de débaptiser la « rue du 19 mars 1962″, date du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie, à Beaucaire ou à Béziers, villes dirigées ou appuyées par le FN. Les élus du Front national de Champigny-sur-Marne n’ont pas été en reste lors de la présentation de ce vœu, l’un d’entre eux quittant même la salle au moment du débat et de son adoption ! » insistent les élus du Parti de Gauche. « Jean-Marie Rougier n’a pas quitté la salle en raison du voeu mais parce que François Cocq (PG)  vilipendait la politique du Front National et celle de Robert Ménard à Béziers. Je suis restée et n’ai simplement pas pris part au vote », réagit Virginie Récher, conseillère municipale FN.

    De son côté, l’association Les Oranges 94 nouvellement créée, qui organisait ce mardi une conférence sur la question, a remercié les élus d’avoir porté ce voeu.

    Ci-dessous le détail du voeu 

    « Pour la reconnaissance officielle des massacres du 8 mai 1945 

    Considérant que le 8 mai 1945, alors que le peuple français fêtait l’armistice, la paix retrouvée et la victoire sur le nazisme, commençaient en Algérie, à Sétif mais aussi à Guelma et Kherrata, des répressions sanglantes de manifestations nationalistes, indépendantistes et anti-colonialistes, 

    Considérant que ce 8 mai 1945, dans la rue principale de Sétif en Algérie, de nombreux Algériens, rassemblés pacifiquement pour fêter l’armistice mais aussi exiger la libération du dirigeant nationaliste Messali Hadj, et défendre « l’Algérie libre » pour laquelle ils avaient conçu un nouveau drapeau, symbole de leur lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour l’indépendance, ont fait l’objet d’une répression sanglante, 

    Considérant qu’ensuite, pendant plusieurs semaines, l’armée française et de nombreuses milices coloniales, composées de civils d’origine européenne, ont alors fait régner la terreur pour rétablir l’ordre colonial et défendre l’Algérie française, 

    Considérant que si le nombre des victimes algériennes, officiellement toutes françaises à l’époque mais qui ne l’étaient pas en fait et en droit, est difficile à établir, car encore sujet à débat soixante-dix ans plus tard, le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts et les travaux de la très grande majorité des historiens français attestent d’un bilan de dizaines de milliers de victimes arrêtées, torturées et exécutées sommairement, 

    Considérant que depuis soixante-dix ans, ces crimes de guerre commis par l’État et ceux qui le servaient, ne sont toujours pas reconnus officiellement, et font partie intégrante de l’histoire de France, 

    Considérant qu’une telle situation est inacceptable, car elle ajoute à ces massacres l’outrage aux victimes, à leurs descendants et à leurs proches, 

    Considérant que cette page de l’histoire est à la fois française et algérienne et que la reconnaître contribuerait à consolider la fraternité entre le peuple Algérien et Français, 

    Considérant que procéder à la reconnaissance de ce massacre commis par l’Etat français permettra à tous nos concitoyens, et notamment ceux issus de l’immigration algérienne, de se construire toujours plus fraternellement dans un avenir commun, celui de la communauté légale républicaine, où toutes les mémoires sont respectées, 

    Considérant qu’il ne serait être question d’oublier une partie des victimes de ces journées sanglantes et qu’il est important de rendre aussi hommage aux 102 victimes (selon les historiens) issues de la population dite « européennes », ayant perdus la vie au cours des émeutes provoquées par les massacres, 

    Considérant que le 27 février 2005, lors d’une visite à Sétif, M. Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France à Alger, a qualifié les « massacres du 8 mai 1945 » de « tragédie inexcusable » et que son successeur M. Bernard Bajolet a déclaré à Guelma en avril 2008 devant des étudiants algériens que « le temps de la dénégation des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie est terminé », 

    Considérant que M. François Hollande, lors de sa campagne électorale avait promis que l’Etat Français procéderait à la reconnaissance des crimes coloniaux, 

    Considérant que cette reconnaissance relève du devoir de mémoire, tout comme celle des massacres du 17 octobre 1961, qu’elle justifie la création d’un lieu du souvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements, et la reconnaissance par la République des crimes commis alors, 

    Considérant que la municipalité de Champigny-sur-Marne a par le passé marqué la date anniversaire du 8 mai 1945, 

    Le Conseil municipal de Champigny-sur-Marne, 

    Sollicite le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la mémoire et le Président de la République pour la reconnaissance par l’Etat des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, et sur l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements, 

    Invite les Campinoises et Campinois à participer à des temps de discussion et d’échange sur ce sujet, à l’instar de la rencontre qui aura lieu le 12 mai à la Maison pour Tous Youri Gagarine. »

    SOURCE : http://94.citoyens.com/2015/champigny-sur-marne-vote-un-voeu-pour-reconnaitre-les-massacres-du-8-mai-1945-en-algerie,07-05-2015.html

    Champigny-sur-Marne vote un voeu pour reconnaître les massacres du 8 mai 1945 en Algérie

     

    Champigny : il veut faire reconnaître les massacres de Sétif en 1945

    Champigny-sur-Marne vote un voeu pour reconnaître les massacres du 8 mai 1945 en Algérie

       Créteil, le 4 mai. Karim Fergani, un habitant de Champigny, lance la « déclinaison » val-de-marnaise de l’association Les Oranges, pour partager la culture et la mémoire de l’immigration algérienne et mieux faire connaître des faits marquants de son histoire. (LP/F.D.)

    « Écrire quelques pages de l’histoire de l’immigration algérienne oubliée par l’histoire officielle ». C’est le but de l’association Les Oranges, née en 2004, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Elle vient de s’implanter dans le Val-de-Marne, à l’initiative de Karim Fergani, un habitant de Champigny, formateur professionnel, dont les grands-parents ont combattu pour la France, « d’où mon engagement » pour l’association, explique-t-il.

    « Les Oranges », du nom d’un livre de l’écrivain algérien Aziz Chouaki dans lequel il est question de l’histoire entre l’Algérie et la France depuis 1830, œuvre à l’inscription dans la mémoire nationale d’événements dramatiques comme le 17 octobre 1961 ou le 8 mai 1945. A Nanterre, l’association propose aussi depuis dix ans de nombreuses activités : cours de théâtre, calligraphie, enseignement de l’arabe… Autant d’initiatives qui devraient également se poursuivre dans le département !

    Mais alors que la France commémore ce vendredi le 70e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945, Karim Fergani se dit, lui, « très attentif à parler de l’autre 8 mai », pour commémorer le massacre de milliers d’Algériens sous la colonisation française lors de la répression d’une manifestation pacifique à Sétif, Guelma et Khératta.

    Mi-avril, le Conseil de Paris a adopté un vœu demandant que l’Etat reconnaisse ces massacres « et l’ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements ». « Nous attendons que toutes les mairies de France le fassent, explique Karim Fergani. Il est temps pour nous d’exister dans le Val-de-Marne, explique son président, pour penser et panser toutes les blessures ».

    Un documentaire projeté mardi 12 mai 2015

    Le mardi 12 mai, la municipalité de Champigny invite les habitants à une rencontre thématique pour « honorer la mémoire des victimes des massacres de Sétif et Guelma ». Le documentaire « Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 45 » sera projeté en présence du réalisateur Mehdi Lallaoui et de Rosa Moussaoui, grand reporter à l’Humanité et coauteur d’un livre sur la guerre d’Algérie.

    A 20 heures, à la Maison pour tous Youri-Gagarine, 6, avenue du 11-Novembre-1918.

     

    « VIELLESEGURE (Pyrennées-Orientales) Le square du 19 mars 1962 a été inauguréBerlin en juillet 1945, des images d'archives inédites à l'occasion des célébrations du 8 mai 1945 »
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