• CHENOVE (Côte-d'Or) : Une conférence tournée vers la guerre d'Algérie

    CHENOVE (Côte-d'Or)

      Une conférence tournée vers la guerre d'Algérie

    CHENOVE (Côte-d'Or)  :  Une conférence tournée vers la guerre d'Algérie

    L’espace culturel François Mitterrand de la ville de Chenôve accueillait ce samedi 4 février 2017, Marcel Yanelli qui présentait son ouvrage intitulé « J’ai mal à l’Algérie de mes vingt ans ». Carnets d’un appelé 1960-1961.

    En présence d’un public nombreux et varié, où se trouvait le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, la conférence à trois voix a été très appréciée. Animé par Georges Vayrou et Jean Vigreux, le riche débat a présenté les enjeux de la Guerre d’Algérie non seulement pour les jeunes appelés du contingent comme Marcel Yanelli, mais aussi pour la société de l’époque et celle d’aujourd’hui. Les mémoires antagonistes de la Guerre ont été présentées et décortiquées.
    C’est surtout l’horreur de cette « Guerre sans nom », trop longtemps dénommée « Evénements d’Algérie » qui a été au centre des débats. Les interrogations de la société française sur la désobéissance dans la guerre d’Algérie ont également été abordés. En septembre 1960, le « manifeste des 121 », dans lequel de nombreux intellectuels dénoncent la guerre, se terminait par ces phrases : « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français. La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres ».

    «Largement commenté, mais non publié»

    Si ce manifeste est censuré, « largement commenté, mais non publié », selon les mots de  l’historien Jean-François Sirinelli, il témoigne de l’évolution de l’opinion publique, lasse de l’emploi de la torture, lasse de la guerre, d’autant plus que les « anticolonialistes » dans leur pluralité ont dénoncé sans relâche les exactions de la République.
    C’est cette histoire que relate sans tabou le livre de Marcel Yanelli qui permet de voir la guerre d’un jeune appelé : toute une génération a été socialisée par la Guerre… Le débat a permis de revenir sur les enjeux et les logiques de la colonisation, des différentes mémoires de la Guerre, sans oublier cette ouverture qui fut saluée, « pourquoi ne pas faire ou réaliser avec l’Algérie ce qui a été fait avec l’Allemagne après 1945 ? ». Marcel Yanelli a ensuite dédicacé son ouvrage.

     

     "J’ai mal à l’Algérie de mes vingt ans"

    témoignage sur une guerre perdue d’avance

    "J’ai mal à l’Algérie de mes vingt ans", nouveau livre témoignage sur une guerre perdue d’avance

     

    Un ouvrage sur la guerre de libération, édité par l’Harmattan, vient s’ajouter aux nombreux témoignages d’appelés du contingent français réprouvant le combat contre un peuple qui luttait pour son indépendance.

    "J’ai mal à l’Algérie de mes vingt ans. Carnets d’un appelé, 1960-1961" (253 pages) est la compilation des notes, des impressions écrites au jour le jour pendant 14 mois par un jeune homme de 22 ans, Marcel Yanelli, "tourmenté" par la guerre qui était à son épilogue avec les négociations entre le Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA) et le gouvernement français.

    L’auteur place ses témoignages dans le cadre du travail de mémoire de cette guerre "que l’on a longtemps appelée hypocritement ‘opérations de maintien de l’ordre’".

    "Je pense que les choses doivent venir en leur temps, celui du mûrissement par exemple... Ou encore celui du sentiment aigu de la précarité du temps, surtout pour les gens de mon âge qui ont vécu cette période... Celui, également, du travail de mémoire, d’histoire de réparation que la France n’a pas voulu effectuer...", explique-t-il.

    Car, pour lui, il est impossible, du côté des Français, d’oublier ses soldats "morts pour rien en Algérie".

    "Pour rien, car cette guerre était perdue d’avance, car on ne peut rien faire quand tout un peuple est debout ! Comment ignorer ces centaines de milliers d’Algériens et Algériennes morts pour que leur pays devienne indépendant", s’est-il demandé.

    Loin de constituer un lot de révélations sur le déroulement de cette "sale guerre", l’ouvrage de Marcel Yanelli tente de montrer qu’en parallèle à cette guerre, une autre guerre secrète était menée par les militants de la paix envoyés à dessein combattre en Algérie.

    "Je n'y suis pas allé pour faire la guerre mais pour gagner mes compatriotes à la conscience que cette guerre n'avait rien à voir avec les intérêts de la France", explique-t-il, ajoutant que "le moment était venu pour moi, comme pour d'autres jeunes communistes ou chrétiens, non de refuser de partir, mais de me retrouver avec les gars du contingent (les appelés) pour faire mon travail de militant de la paix en Algérie".

    Affecté en opérationnel (dans un commando de chasse), Marcel Yanelli, né en 1938 dans une famille de 8 enfants, de parents émigrés italiens, ne reste pas cependant coupé de ce qui se passe autour de cette guerre. En suivant le procès des membres du "réseau Jeanson" et prenant connaissance de l’appel des 121, il écrit que "ces deux choses soulignent le drame d’un peuple tiraillé par le devoir, par l’esprit de justice. Le caractère de cette guerre est mis à jour".

    Ce qui le met dans un questionnement existentialiste: "Les milieux littéraires agissent. N’est-ce pas le moment pour accentuer notre mouvement? Et moi ? Que faire ? Rester ici ?"

    Il relate les atrocités et les crimes des soldats (les viols, la torture et les vols), qu’il dénigre mais ne peut rien faire. "J’exprime ma rancœur, mon indignation. Ils ne me comprennent pas, justifient la torture (…)", relève-t-il.

    Marcel Yanelli revient dans son ouvrage sur la loi de 2005 qui soulignait "le rôle positif de la présence française dans les colonies".

    "Et double honte ou colère quand une majorité de députés de l’Assemblée nationale ose voter en 2005, une loi insistant sur (le rôle positif de la présence française dans les colonies), une loi qui impose un mensonge officiel sur des crimes, sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé", s’indigne-t-il.

     

     

    « Anciens combattants n'oubliez jamais : Devinez qui a dit cette phrase « Je bannirai la date du 19 mars 1962 de l’Histoire de France » ? Mais en 2017 ça ne fait plus partie de son programme ? Le silence du radio : le témoignage de Michel Francout »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter