• Comité VERITAS : du révisionnisme colonial à l’état de guerre *** Massacre du 5 juillet 1962 : après quelle VERITAS courent les nostalgériques de l’OAS

    Comité VERITAS : du révisionnisme colonial à l’état de guerre *** Massacre du 5 juillet 1962 : après quelle VERITAS courent les nostalgériques  de l’OAS

    Comité VERITAS : du révisionnisme colonial à l’état

    de guerre

    Le 12 septembre 2015, le palais des congrès de Béziers a accueilli le congrès du Comité Veritas, dont le but affiché vise à rétablir la vérité historique de l'Algérie française. Soutenu par la majorité municipale, le maire ainsi que le député Elie Aboud affilié au parti les Républicains ont participé aux débats. Depuis la débaptisation de la rue du 19 mars 1962 et le défilé des militants d'extrême droite au printemps dernier, une idéologie officielle assumée par R. Ménard se dévoile : le révisionnisme colonial.

    A la lecture de leur site internet, c'est la guerre d'Algérie et le sentiment de défaite qui est décliné sur un ton solennel et impartial. Ce site est enrobé de dossiers historiques alimentés par des auteurs de l'extrême droite. Des diaporamas où les photos d'Alger la Blanche succèdent aux portraits des « héros » glorifiés. Les pierres tombales et les monuments aux morts occupent une place prépondérante. La nostalgie s'appuie sur un vocabulaire vindicatif, impétueux, dénonçant la pseudo vérité officielle. La mort de De Gaulle y est fêtée, comme s'il fallait dénoncer la trahison du père de sa famille politique et ainsi justifier les attentats de l'OAS (1). Pas un mot sur les Algériens, la légitimité de leur sentiment d'indépendance. Sans autre protagoniste que des acteurs historiques en grande majorité décédés, le discours déroulé s'auto-alimente laissant au lecteur néophyte une sensation de complot. Une ambiance paranoïde vous enveloppe et permet de semer le doute sur des faits historiques et de dénaturer les nombreux travaux scientifiques menés sur la guerre de Libération de l'Algérie.

    Ce nauséabond discours au relent révisionniste est parrainé par un comité d'officiers décédés. L'un des membres du bureau, Jean-Marie Avelin, trop jeune semble-t-il pour avoir connu l'Eldorado est sommé de poursuivre la lutte : «Depuis la création de VERITAS, il incarne l'espoir de voir les générations à venir continuer le combat jusqu'à l'anéantissement du mythe gaulliste». Cette mission est entre autre formulée au nom de Pierre Sergent, officier français de la Légion étrangère mort en 1992, membre de l'OAS et du Front National (canal historique).

    On l'aura compris, les organisateurs de ce très sérieux congrès ne vont pas rigoler et manger des cacahuètes, ils vont rétablir la Vérité sur le massacre d'Oran et ainsi justifier le déclin de la France, au passage en justifiant la violence passée et actuelle (2).

    La lettre d'invitation rédigée par le vice-président du Comité Veritas A. Algudo ne laisse guère de doute, M. Avelin a un concurrent en la personne de notre cher maire, Bob Ménard, champion du sursaut national et homme de la situation face à « une gauche dont l’irresponsabilité́ dépasse, par son ampleur et ses conséquences prévisibles, celle que nous avons vécue en Algérie ». A croire qu’Alain tente de faire une analogie entre la guerre en Algérie et la situation sociale et politique en France en 2015. C'est vrai qu'en termes de responsabilité, M. Algudo brille par son sérieux. Il s'est déjà fait remarquer par son discours tenu devant la stèle des rapatriés et des "martyrs de l’Algérie Française" au cimetière neuf de Béziers le 5 juillet 2007, « une apologie de l'OAS » d'après Henri Pouillot (3).

    Justifier un état de guerre

    Plus loin dans l'invitation, la ritournelle bien connue de l’extrême droite qui vise à désigner l'ennemi est mise en application. Amalgame regroupant la ligue des Droits de l'Homme, des porteurs de valises en vu de soutenir les islamistes sanguinaires. Arrêtons-nous sur la forme et peut-être pourrez-vous me corriger car l’indigence de la syntaxe ampoulée mérite une relecture de nos internautes.

    Attention c'est parti : « Robert Ménard est un compatriote qui fait face efficacement, par son aura médiatique nationale, à ces associations mortifères "droits de l’hommiste à sens unique", à ces partis et à certains médias promoteurs des nouveaux porteurs de valises de cette engeance allogène religieuse invasive qui, sans retenue, veut imposer, chez nous une idéologie qui ensanglante actuellement notre pays et le monde » (sic).

    Pour votre gouverne, le terme « engeance » n'est pas seulement une catégorie de personne jugée digne de mépris. A l'origine cela désigne la race, en particulier chez les espèces volatiles. Le terme « allogène » est un adjectif  signifiant non indigène, population émigrée depuis peu. Le français a volé un mot à l'arabe pour désigner le type de phrase écrite par M. Algudo : « Alambiquée ». Pour nous expliquer la guerre des coqs entre le gallinacé français et celui du champ d'à côté !

    En tout cas, avec un vocabulaire si belliqueux, on doit être en état de guerre. Si on les suit à la lettre, si on utilise les méthodes préconisées par nos prédicateurs, il faut relancer les actions de l'OAS, défense de l'identité Nationale par l'action armée. « Bien sûr que non », vous rétorqueront-ils. N'empêche que les mots sont là.

    Pour justifier une politique municipale, le maire se réfère à une conception du monde délétère et en filigrane xénophobe et raciste. Le plus triste est le suivisme de son soi-disant opposant politique, M. Elie Aboud, qui ne manque pas de courtiser lui aussi les plus extrémistes des rapatriés de la guerre de Libération de l'Algérie dés que l'occasion se présente. Cette course à l’échalote pour un élu se réclamant du mouvement gaulliste en dit long sur la stratégie des républicains et de son délégué national.

    Choc des civilisations, théorie du grand remplacement. Ces concepts ultra-conservateurs et xénophobes ont été digérés par les nostalgiques de l'Algérie française qui trouvent une continuité à leurs discours vieillissants. Les connexions dorénavant assumées par des politiques élus (entre des courants de pensées auparavant différents voir opposés) entérine une conception du monde paranoïaque, ou l'autre nous volera notre identité, comme il a volé l'Algérie.

    Sans même évoquer les Algériens morts pour défendre leur liberté, nombre de Français sont restés en Algérie partager le territoire et le destin de la population avec laquelle ils avaient choisi de vivre. Une minorité jusqu'au-boutiste accrochée au souvenir du bien vivre entre soi, privilège du pouvoir colonial, continue d'entretenir l'idée que la guerre à outrance aurait sauvée la France et les Algériens. Réunis en particulier au sein du congrès Veritas, ses membres peuvent se réjouir du soutien institutionnel et politique dont ils bénéficient pour instaurer le sentiment d'un état de guerre « d'urgence » comme disent nos représentants politiques locaux. 50 ans ont passé et c'est à Béziers qu'ils vont rêver du bon vieux temps.

    (1) OAS : l'Organisation Armée Secrète, ou Organisation de l'Armée Secrète, surtout connue à travers le sigle OAS, est une organisation politico-militaire clandestine française créée le 11 février 1961 pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle.

    (2) Lire l'article de Didier  dans la rubrique « Décrytage » de ce numéro d'EVAB… repris ci-dessous.

    (3) Henri Pouillot est un appelé pendant la guerre de Libération de l'Algérie, de  juin 1961 à mars 1962 affecté à la Villa Susini, haut lieu de séquestration et de torture des membres supposés du FLN par l'armée française. Le général Aussarès et J. M. Le Pen ont sévi dans cette ancienne maison de notaire devenu le QG des légionnaires du 1er REP lors de la bataille d'Alger. H. Pouillot raconte son expérience dans un livre intitulé « La Villa Susini » et dans un autre intitulé Mon combat contre la torture. Militant des Droits de l'Homme et antiraciste, il tient un site instructif où il réagit sur l'actualité.

    SOURCE : http://www.envieabeziers.info/dans-le-vif-du-sujet/decryptage/368-comite-veritas-du-revisionnisme-colonial-a-l-etat-de-guerre 

     

    Comité VERITAS : du révisionnisme colonial à l’état de guerre *** Massacre du 5 juillet 1962 : après quelle VERITAS courent les nostalgériques  de l’OAS

    Massacre du 5 juillet 1962 : après quelle

    VERITAS courent les nostalgériques

     de l’OAS

    Dans un fatras sémantique qui mêle le droit romain aux procès de Nuremberg, les « nostalgériques » du mouvement Veritas vont tenir un congrès à Béziers le 12 septembre 2015. Ils seront accueillis par le maire de la ville (extrême-droite), son député (droite extrême) et son altesse sérénissime le prince Sixte Bourbon de Parme (arrière-petit-fils de Charles X qui, depuis qu'il a perdu le trône de France, semble noyer son chagrin dans l'alcool et le jambon). Une nouvelle fois, la thèse du seul meurtre des Européens à Oran le 5 juillet 1962 va être rabâchée par les mal nommés de Veritas.

    « Les remerciements adressés au maire de Béziers par Veritas frisent la prosternation et l'adulation. »

    Adulation et prosternation qui ne sont pas sans fondement puisque, le 5 juillet dernier, le maire de Béziers se recueillait devant la tombe des généraux factieux de l’OAS au cimetière vieux. Il y développa, lui aussi, la thèse du seul meurtre des Européens. Cette thèse est une construction idéologique de l'OAS qui vise à légitimer a posteriori son célèbre positionnement : « la valise ou le cercueil ».

    Une violence réelle

    Il y a bien eu un massacre le 5 juillet 1962 à Oran, 3 mois après les accords de paix d'Evian, 2 jours après la reconnaissance officielle de l'indépendance de l’Algérie, quelques heures avant sa proclamation. Ce massacre est le fait de différentes factions armées algériennes à l'encontre de civils européens et musulmans (plusieurs centaines de personnes).  

     

    Une violence réciproque

    A la fin de l'année 1960, le FLN commence à se fondre dans la population musulmane d’Oran (220 000 personnes). Durant l'été 1961, l’OAS fait de même dans la population européenne (213 000 personnes). Dans une ville où le terrorisme était contenu, cette double infiltration provoque un déferlement de violence : aux attentats du FLN répliquent ceux de l'OAS et vice versa. Ces attentats dressent les populations les unes contre les autres. Chacun voit dans l'autre le possible complice des terroristes adverses. Confrontées à un sanglant chaos, les autorités sont conduites à séparer les deux communautés, ce qui va avoir des conséquences dramatiques. Oran est alors un champ de bataille ou s'affrontent, FLN, OAS, barbouzes et forces armées françaises. Les habitants d’Oran, victimes et otages, vont payer au prix fort leur dépendance aux stratégies de terreur, de contre terreur et de répression.

    Une violence sélective

    Dans ce contexte pourquoi ne retenir, comme le font Veritas, Ménard, et l’OAS, le seul massacre des Européens ?

    Tous ces nostalgériques sont dans une construction idéologique qui se sert des réels massacres d'Oran d'hier pour légitimer une ligne politique de ségrégation actuelle entre Européens et populations arabes. Cette ségrégation fonde un impossible « vivre ensemble » au nom de différences instituées comme indépassables. Cette logique de ségrégation est la même qui animait l'OAS en Algérie.

    S'il est vrai que des factions armées algériennes ont tout fait pour provoquer à Oran une fuite des Européens (rejoignant en cela l'OAS), il ne faut pas oublier que la ségrégation qui régnait en Algérie est une des conséquences de la colonisation (jamais critiquée par l'OAS et les « nostalgériques »). Nous ne sommes donc pas dans le questionnement de la poule et de l'œuf ! C'est bien la forme qu'a pris la colonisation en Algérie qui est la poule. L'œuf de la violence et des massacres n'a été que la résultante des terreurs et contre-terreurs de l'OAS et du FLN.

    Quelle reconnaissance, de quelle violence?

    Comme il a - trop partiellement et trop tardivement - reconnu les massacres du 17 février 1961 en France (massacres dits de Charonne), l'Etat français doit reconnaître les massacres d'Européens et de Musulmans à Oran le 5 juillet 1962. Laisser le seul souvenir de ce massacre aux « nostalgériques », c'est maintenir la mémoire sélective de l'OAS et légitimer sa propension à édifier actuellement de nouvelles barrières entre communautés au nom d'une lecture tronquée du passé. Ici aujourd'hui à Béziers... et demain dans toute la France.

    SOURCE : http://www.envieabeziers.info/dans-le-vif-du-sujet/decryptage/363-massacre-du-5-juillet-1962-apres-quelle-veritas-courent-les-nostalgeriques-de-l-oas 

     

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