• Comme à la prunelle de mes yeux *** Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

    Comme à la prunelle de mes yeux

    Comme à la prunelle de mes yeux *** Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

    DOMINIQUE VIDAL

     

    Historien et journaliste, spécialiste des relations internationales et notamment du Proche-Orient, collaborateur du "Monde diplomatique", membre du Bureau de l'Iremmo, collaborateur bénévole de La Chance 

    Comme à la prunelle de mes yeux

     

    Le 8 février 1962, Charonne : neuf syndicalistes, dont huit communistes, sont massacrés par la police enragée d’un « préfet nazi » - déjà. Le 13, des centaines de milliers d’hommes et de femmes accompagnent les martyrs de la Bourse du Travail au cimetière du Père-Lachaise. Parmi eux, un petit garçon de 11 ans, donnant la main à sa maman…

    Regardez bien ce petit losange de carton bordé de noir : j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. 

    Comme à la prunelle de mes yeux *** Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

     

    Mon losange...

    Je l’ai porté il y a 60 ans, avec les 500 000 personnes - certains disaient un million - qui accompagnèrent les neuf morts de Charonne, dont huit communistes, jusqu’à leur dernière demeure. Cinq semaines plus tard, la France signait avec les dirigeants du Front de libération nationale (FLN) le cessez-le-feu qui mit fin à huit ans de guerre barbare. 

    C’était ma première manif, aux côtés de ma maman, qui, courageuse « porteuse de valises », engagée avec Pierre Vidal-Naquet et Laurent Schwartz, se battait depuis si longtemps pour la liberté de ce peuple martyr. 

     

    Comme à la prunelle de mes yeux *** Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

    L'Humanité, 9 février 1962

    Je garde au cœur la fierté de ce gigantesque défilé, mais aussi la honte que, quatre mois plus tôt, les centaines de victimes algériennes du 17 octobre 1961 n’aient pas soulevé la même émotion. 
    Soixante ans plus tard, nous faisons face au même ennemi : cette « bête immonde » contre laquelle Bertolt Brecht, à la fin de son « Arturo Ui », nous mettait en garde. 
    Il ne passera pas !

    D. V.

    SOURCE : Comme à la prunelle de mes yeux — Le Club (mediapart.fr) 

    Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

    Comme à la prunelle de mes yeux *** Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

     

    Magda Hollander-Lafon a été déportée à l’âge de 16 ans à Auschwitz-Birkenau. Rescapée, elle est devenue psychologue pour enfants. Elle vit aujourd’hui à Rennes.

    Magda Hollender-Lafon, rescapée d'Auschwitz âgée de 91 ans, s'inquiète de la recrudescence de l'antisémitisme, de tous les racismes et de la montée de l'extrême-droite en Europe.

    À 91 ans, Magda Hollander-Lafon, rescapée du camp d'Auschwitz, s'inquiète de la recrudescence de l'antisémitisme et de la montée de l'extrême-droite en Europe. "La bête immonde n'est pas morte", dit-elle. "Je sens le danger. Il y a d'abord la banalisation des propos humiliants", poursuit-elle. Magda raconte ainsi cette blague : "Quel est l'hôtel qui a le plus d'étoiles ? Auschwitz". Glaçant, qui plus est dans sa bouche.

    Il y a aussi l'extrême-droite qui prospère. La Hongrie, l'Autriche, la Pologne, l'Italie sans oublier la France "Je constate une similitude aujourd'hui avec ce que j'ai vécu. Je le sens dans ma peau. J'ai froid dans le dos", dit-elle.

    À 91 ans, Magda continue de témoigner dans les lycées pour que jamais l'histoire ne se répète. "Pas une question de principe", dit-elle. Non. Elle le fait parce qu'elle en a fait la promesse, il y a 74 ans, à une autre déportée. Une femme mourante qui l'a interpellée près d'un baraquement d'Auschwitz. "Tu es jeune, tu dois vivre. Vivre pour témoigner de ce qui se passe ici, pour que ça n'arrive plus jamais dans le monde".

    Une femme chaleureuse nous ouvre sa porte, à Rennes. Sourire lumineux. Invitation spontanée à s’appeler par nos prénoms. Elle nous a invités, comme une amie, pour se confier. Témoigner de l’indicible. Encore une fois. Une des dernières. Le temps presse. « Je suis en fin de parcours », sourit Magda Hollander-Lafon, 91 ans.

    Rescapée d’Auschwitz-Birkenau où elle fut déportée, adolescente, en avril 1944, depuis sa Hongrie natale, elle a passé sa vie à parler, surtout aux jeunes, de l’enfer des camps de la mort, pour que « cette réalité qui dépasse l’imagination » ne se reproduise plus jamais.

    Comme à la prunelle de mes yeux *** Le cri d'alarme d'une rescapée d'Auschwitz "La bête immonde n'est pas morte"

    Un engagement scellé près d’un baraquement d’Auschwitz. Une mourante lui fait un signe. « Je suis allée vers elle et elle m’a dit : « Tu es jeune, tu dois vivre pour témoigner de ce qui se passe ici afin que ça n’arrive plus jamais dans le monde. » 

     

     

    « Jean-François Gavoury écrit : "Voilà une photo assez représentative de l'urgence qui s'attache à la réalisation de l'objectif poursuivi la reconnaissance officielle des victimes de l'OASGuerre d'Algérie : les victimes de l'OAS (Organisation Armée Secrète) délaissées »
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  • Commentaires

    1
    Philippe
    Dimanche 13 Février à 14:51

    Il y en a même dans la France d'aujourd'hui qui continue à penser que pour les juifs l'argent n'a pas d'odeur et ce ne sont pas des beurs mais bien des petits franchouillards d'une France profonde qu'on croyait qu'elle n'existerait plus au XXI ème siècle

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