• Comment les nostalgiques de l’Algérie française justifient le massacre de 1945

     

    Comment les nostalgiques de l’Algérie française justifient le massacre de 1945

    Comment les nostalgiques de l’Algérie française justifient le massacre de 1945

    Jean-Marc Todeschini rendant hommage aux victimes du 8 Mai 1945 en 2015. D. R.

    «Peut-on, honnêtement, parler d’une manifestation pacifique ?» s’interroge-t-on dans les milieux des nostalgiques de l’Algérie française, à l’occasion de la commémoration de cet épisode tragique de la colonisation. Les auteurs de cette interrogation s’offusquent à l’idée de voir l’ambassadeur de France à Alger déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des 45 000 Algériens massacrés ce jour-là à Sétif, Guelma et Kherrata et d’écouter un de ses prédécesseurs, Bernard Bajolet, déclarer en 2008, que «le temps de la dénégation des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie est terminé».

    Aux yeux de ces pieds-noirs révisionnistes, si l’armée française a tiré sur des manifestants pacifiques, c’est parce que ces derniers ont déployé des drapeaux alliés et des pancartes affichant des slogans appelant à la libération de Messali Hadj, alors détenu à Brazzaville, et à l’indépendance de l’Algérie. «Ceci méritait d’être rappelé car trop d’historiens voient dans les massacres de Sétif du 8 mai 1945 un mouvement spontané, sans préparation», arguent ces extrémistes de droite, en déclarant que «le ver était déjà dans le fruit» et en affirmant que ces manifestations ont été organisées par la CIA et le KGB. «L’affaiblissement de la France, de la défaite de juin 1940 au débarquement américain en 1942, en est l’un des motifs», expliquent-ils.

    Pour eux, il s’agissait d’une «rébellion» qu’il fallait donc mater dans le sang parce qu’elle était, par ailleurs, «pilotée par les fascistes italiens ou les nazis» et que «le Parti du peuple algérien était proche du Parti populaire français», une formation politique d’inspiration fasciste. Les 45 000 Algériens massacrés étaient donc des fascistes qu’il fallait exécuter, selon ces «anciens d’Algérie» qui avancent un mensonge grossier selon lequel les manifestants auraient échangé des tirs avec les policiers et qu’ils s’en seraient pris aux Français et fait 28 morts «chez les Européens, dont le maire qui a cherché à s’interposer».

    Toujours selon eux, les forces de l’ordre françaises faisaient face à des «appels au djihad» plusieurs décennies avant l’apparition d’Al-Qaïda et de Daech. Les Algériens qui réclamaient leur indépendance étaient donc des «terroristes» qui assassinaient de «pauvres fermiers», mais avouent que la Légion étrangère, à qui la mission génocidaire avait été confiée par les responsables politiques de l’époque, «n’est pas venue pour faire dans la dentelle». «La répression sera efficace et féroce», se targuent-ils en soulignant que des navires de guerre et des bombardiers avaient été mis à contribution pour faire un maximum de morts parmi les Algériens révoltés, sans compter le recours à la politique de la terre brûlée et aux automitrailleuses qui «tirent à distance sur les populations».

    Les aveux sont pourtant sans ambages : «Oui, personne ne saurait contester que les troupes françaises n’aient pas été tendres pour réprimer les émeutes !» ; «Dans ses mémoires, De Gaulle y fait une très brève allusion, sans doute pour ne pas endosser la responsabilité de la répression».

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2021/05/09/les-nostalgiques-de-lalgerie-francaise-justifient-le-massacre-des-45-000-algeriens/ 

    France-Algérie : les «grands petits» gestes

    (Edito de L’Expression)

    Comment les nostalgiques de l’Algérie française justifient le massacre de 1945

    Symboles. L’ambassadeur de France en Algérie était à Sétif, samedi dernier, où il a déposé une gerbe de fleurs avant de se recueillir à la mémoire des victimes algériennes du 8 Mai 1945. Les médias français n’ont pas couvert l’événement. L’ambassadeur a été chargé de cette mission par le chef de l’Etat français. C’est donc l’Etat français qui reconnaît, officiellement, ses crimes et s’incline à la mémoire des victimes algériennes. C’est en 2005 que fut reconnue «la tragédie inexcusable» du 8 Mai 1945 par l’ambassadeur français Hubert Colin de Verdière.

    Samedi dernier, c’était une étape de plus marquée par la compassion. Il faut dire que le président Macron a multiplié les gestes depuis son arrivée au pouvoir. Avec, notamment la restitution des crânes des martyrs algériens et la reconnaissance de l’assassinat, en 1957, de l’avocat algérien Ali Boumendjel. Tout comme Larbi Ben M’hidi (qui n’a pas été cité) à la même époque. Et bien d’autres disparus encore.

    Macron est le troisième président de la République, après Jacques Chirac et François Hollande à vouloir régler le contentieux mémoriel de leur pays avec l’Algérie. Il est celui des trois, qui a multiplié les gestes de bonne volonté. Car et en plus de tout ce qui a été cité plus haut, un autre événement décidé par Emmanuel Macron est passé presque inaperçu. C’était le 8 avril dernier. Le chef d’état-major des armées françaises, François Lecointre, en visite officielle à Alger, s’est recueilli à la mémoire de nos martyrs au mémorial «Maqam Echahid».

    La charge symbolique est inédite sachant que c’est précisément l’armée française qui a commis et couvert tous les crimes perpétrés en Algérie durant 132 ans. Contrairement aux messages «pièce par pièce» des ambassadeurs, Lecointre a laissé un message de reconnaissance de tout ce qui est reproché à la France par l’Algérie.

    Il ne reste plus, après cette approche par «petits pas», que la réaction officielle du chef de l’Etat français pour tourner, une fois pour toutes, cette lourde page mémorielle. Car, de son côté, «l’Algérie est disposée à dépasser tous les obstacles (…) à renforcer le partenariat exceptionnel (…) pour peu que soient réunis les conditions adéquates et les dossiers de la mémoire traités avec sérieux et pondération en étant débarrassés des survivances du colonialisme», a précisé le président Tebboune le 8 mai dernier. Reste plus qu’à attendre le prochain «geste» français !

    SOURCE : https://moroccomail.fr/2021/05/10/france-algerie-les-grands-petits-gestes/

    A propos d’une lettre ouverte factieuse

    Comment les nostalgiques de l’Algérie française justifient le massacre de 1945

    Dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles du 21 avril dernier une vingtaine de généraux, du cadre de réserve, accompagnés de hauts gradés et d’autres militaires ont paraphé un "appel" intimant "un retour de l’honneur et du devoir" au sein de la classe politique.

    En conclusion de cet appel, on peut lire comme un avertissement : "si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles (…) il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers".

    La tentation factieuse n’a semble-t-il pas disparue d’une petite minorité de l’armée. D’aucun semble minimiser cet appel y compris le gouvernement pour lequel la droite extrême retrouve quelque regain dans ce positionnement exécrable.

    C’est faire fi, de l’histoire politique et sociale de notre pays. Ce n’est pas le cas de la CGT qui dans son histoire a dû affronter les menées de la droite extrême, en en payant souvent le prix fort - 1934, l’occupation, la guerre d’Algérie, et serait-il hasardeux de dire que ce 21 avril 1961 serait une date qui marque l’entrée en rébellion d’une poignée d’activistes et de militaires félons à Alger ?

    Pour que la mémoire n’échappe à quiconque, rappelons qu’en avril 1961, un "quarteron" de généraux tenta un coup de force pour empêcher la paix en Algérie. Si le putsch rencontre quelque sympathie parmi certains cadres de l’armée de Terre, il est très loin de faire l’unanimité. De leurs côtés, les soldats du contingent (les jeunes appelés pour la plupart sont des fils d’ouvriers et de paysans), répugnent à soutenir une aventure qui signifie surtout la poursuite de la guerre.

    A l’annonce de ce coup de force, la résistance s’organise, elle retrouve les accents des grandes mobilisations antifascistes d’avant guerre. Dès le 23 avril 1961, l’UD CGT s’adresse à tous ses syndicats pour préparer la grande manifestation qu’elle entend organiser pour le lendemain 24 avril. Des milliers de salariés et anti fascistes se mobilisent sous la halle Marcadieu à Tarbes. Sur tout le territoire national ce sont 10 millions de manifestants recensés pour condamner les putschistes et exiger un règlement rapide du conflit algérien.

    Cette action "résolue et puissante de la classe ouvrière" balaie les dernières préventions des soldats du contingent qui manifestent ouvertement leur refus d’obéir aux factieux. L’opinion publique gagne en intensité pour mettre un terme à ce conflit.

    Très vite, le soulèvement insurrectionnel de quelques généraux s’effondre de lui-même. Les séditieux rentrent dans le rang mais, la fraction la plus déterminée des ultras de l’Algérie française rejoint l’organisation de l’armée secrète (OAS).

    Dès lors, la CGT, ses syndicats, militants et syndiqués se mobilisent activement pour la paix et contre le terrorisme. Ils manifesteront souvent dans l’unité avec d’autres organisations syndicales et partis politiques de gauche contre la répression aveugle du pouvoir en place, notamment la nuit sanglante du 17 octobre 1961, entachée de dizaines de morts, organisée par le sinistre préfet de police de Paris Maurice Papon, à l’encontre des "Français musulmans", et le 8 février 1962 au métro Charonne ou 9 de nos camarades payèrent de leur vie. Notre pays, n’a aucunement besoin de ses "généraux" et "alliés", pas plus que de quelque support politique qui soit que la droite extrême tente de rallier à des fins de pouvoirs dévastateurs.

    Tarbes le 1er Mai 2021 

    SOURCE : https://www.ladepeche.fr/2021/05/11/a-propos-dune-lettre-ouverte-factieuse-9538267.php 

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 11 Mai à 10:41

    Il me semble qu'il y a une différence fondamentale entre la réaction au putsch de 1961 et celle à l'appel séditieux publier le 21 avril 2021. Dans le premier cas l'opinion était majoritairement acquise à l'idée qu'il fallait en finir avec une guerre qui durait depuis déjà plus de six ans. Directement concernés les appelés du contingent qui étaient sur le terrain ont pu jouer un rôle pour faire échec à la tentative de Coup d'Etat qui si elle avait réussi se serait traduite par la poursuite de la guerre. En 2021 la société française est traversée par un courant  fascisant qui ignore les causes profondes de la crise socio-économique que nous subissons. En l'absence de conscience claire de ce qui est en jeu elle prête une oreille complaisante à la désignation de boucs émissaires et souscrit sans trop de réflexion à des atteintes à la démocratie qui se parent des vertus de l'ordre et de la discipline.

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