• Communiqué de l'Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l'OAS

    Communiqué de l'Association Nationale

    C O M M U N I Q U É

    La fusillade de la rue d’Isly le 26 mars 1962 à Alger
    a consisté en « un massacre impardonnable
     pour la République »

    (Emmanuel Macron, Palais de l’Élysée, 26 janvier 2022)

    À l’égard de certaines mémoires en relation avec la fin de la colonisation de l’Algérie, la déclaration de Monsieur Emmanuel Macron du 26 janvier 2022 relative aux événements survenus le 26 mars 1962 à Alger pourrait être regardée, en l’état et à ce stade, comme une déclaration de guerre.

    On est d’emblée tenté d’y voir une initiative s’inscrivant dans le droit fil de la réception au Palais de l’Élysée, le 30 septembre dernier, d’un descendant du général félon Raoul Salan, chef suprême de l’OAS, responsable du putsch d’avril 1961.

    Pourtant, cette proclamation doit être replacée dans le contexte d’une intervention, et celle-ci ne s’applique pas à dissimuler l’identité des instigateurs d’une action qui va virer au drame : « Ce jour-là, des soldats du 4e régiment de tirailleurs, une unité de l'armée française, firent feu sur une foule qui manifestait, attisée par l'OAS, son attachement à l'Algérie française en cherchant à rompre le blocus du quartier de Bab-El-Oued. Ce jour-là, des soldats français, déployés à contre-emploi, mal commandés, moralement atteints, ont tiré sur des Français. Il est plus que temps de le dire. Ce qui devait être une opération de maintien de l'ordre s'acheva par un massacre, un massacre dont aucune liste définitive des victimes ne fut établie, qui fit des dizaines de tués et des centaines de blessés. »

    L’hommage rendu aux victimes ne souffre aucune contestation.

    Mais qualifier de « massacre impardonnable pour la République » l’usage de la force face à une manifestation à caractère insurrectionnel appelée par une organisation criminelle en dépit de l’interdiction générale découlant des Accords de cessez-le-feu en Algérie peut placer le chef de l’État en situation délicate si l’ouverture des archives révèle que l’armée a tiré en état de légitime défense.

    Une tel propos est par ailleurs susceptible d’embarrasser le ministre de l’intérieur :
    - dont l’un des illustres prédécesseurs, Monsieur Roger Frey, dans une allocution télévisée au journal de 20h00 le 10 mars 1962, dénonçait la « folie sanguinaire » de l’OAS, cherchant à « s’emparer du pouvoir par des méthodes que le régime hitlérien n’aurait certes pas désavouées », et en fustigeait les membres, qualifiés de « fascistes » et de « revenants de la collaboration » ;
     

    - au moment même où Monsieur Gérald Darmanin a à gérer une situation d’extrême violence à Nantes, livrée à des manifestations non déclarées ou maintenues au mépris de leur interdiction préalable.

    Rappelons par ailleurs, à titre non anecdotique, que le Gouvernement se targue ces jours-ci d’avoir soumis au Parlement le vote d’une indemnisation forfaitaire  en faveur des harkis calculée sur la base de 1 000 euros par année de rétention en camp contre 1 259 euros par trimestre d'activisme belligérant aux anciens tueurs de l’OAS en vertu (!) des dispositions de l’article 13 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005.

    Retenons, enfin et surtout :
    1°) que la Présidence de la République, au soir du 26 janvier 2022, a fait paraître sur son site Internet une communication se concluant en ces termes : « Le Président de la République, comme il s’y est engagé lors de la remise du rapport de Benjamin Stora, participera à la commémoration du 19 mars 1962, sous une forme, là encore, conçue spécifiquement pour notre époque. » ;
    2°) que des propositions ont été remises en ce sens à son conseiller "Mémoire" le 15 novembre dernier et présentées oralement le même jour à la Première dame ;

    3°) qu’entre-temps, le 8 février 2022, sera célébré à Paris, au Métro Charonne, le souvenir tragique, soixante après, des victimes d’une manifestation prônant la paix en Algérie et qu’un geste mémoriel issu du niveau sommital de l’État n’est pas exclu à cette occasion. 

     

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  • Commentaires

    2
    Gavoury J-F
    Jeudi 27 Janvier à 17:17

    Invité du petit télégraphiste de la droite extrême Pascal Praud ce matin sur la chaîne dite d’information continue "C-News", le maire de Béziers y a fait un pitoyable numéro de pleureuse, évoquant l’héritage OAS de son père et le devoir qu’il avait d’en transmettre la mémoire à sa fille.
    Interrogé sur son souvenir de la rue d’Isly, le natif d’Oran a évoqué le général Katz et entretenu en permanence la confusion entre les 26 mars et 5 juillet 1962.
    Aucun des autres invités sur le plateau n’a osé corriger un Ménard ravagé par le chagrin, mais bien décidé tout de même à mettre les drapeaux de sa commune en berne le 19 mars prochain.
    Quant au soi-disant et compatissant journaliste Praud, après avoir relégué Benjamin Stora au rang des historiens les plus suspects, il a situé la Toussaint rouge à 1956 !
    Tout est dit.

    1
    Jeudi 27 Janvier à 13:24

    Il faut placer le drame de la rue d'Isly en rappelant ce qui est en amont. La mort de militaires français, dont des appelés du contingent. Les tirs sur la compagnie de tirailleurs algériens qui s'était déployée pour assurer l'ordre qui partaient du haut des immeubles de la rue d'Isly .La manifestation était interdite car elle avait la caractéristique d'une insurrection remettant en cause ce qui avait été signé par les autorités légales. Une signature au bas des Accords d''Evian  engageant dans un processus de paix. Cela a été bafoué par le mot d'ordre irresponsable d'un dirigeant de l'OAS qui n'avait guère le souci des risques qu'il faisait prendre aux manifestants.

    La position de Macron lui a valu les éloges de Ménard. On a les soutiens qu'on mérite !

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