• Cyclisme : Raymond Poulidor hospitalisé depuis fin septembre "va mieux". Lui aussi a perdu de longs mois de sa jeunesse dans la très sale guerre d'Algérie

     

    Cyclisme : Raymond Poulidor hospitalisé depuis fin septembre   "va mieux"

    Cyclisme : Raymond Poulidor hospitalisé depuis fin septembre "va mieux". Lui aussi a perdu de longs mois de sa jeunesse dans la très sale guerre d'Algérie

    Raymond Poulidor, sur le podium d'arrivée à Pau, le 18 juillet 2018, avec le vainqueur de l'étape du jour, Arnaud Démare 

    DAVID LE DÉODIC 

    L’ancien champion cycliste est toujours hospitalisé à Saint-Léonard de Noblat, mais les dernières nouvelles sont plutôt rassurantes.

    Raymond Poulidor, 83 ans, est toujours hospitalisé à Saint-Léonard de Noblat (Haute-Vienne), où il réside, mais son état se serait amélioré ces dernières heures, selon le journaliste Bernard Verret, proche de l’ancien coureur, qui lui a rendu visite ce jeudi, en compagnie de son ancien coéquipier Claude Mazeaud. "Raymond se remet d’un gros coup de bambou, reçu cet été, mais son état s’est nettement amélioré" a-t-il expliqué sur France Bleu Haute-Vienne. 

    En début de semaine, Gisèle, l’épouse de "Poupou" n’avait pas caché son inquiétude auprès du Parisien. " Les nouvelles ne sont pas très bonnes. Les médecins nous ont dit qu’ils allaient faire des tests mais que nous devions nous préparer à ne pas recevoir de bonnes nouvelles. Cela fait quelques jours qu’il ne parle presque plus. Il répond juste par « oui » ou « non » quand on lui demande s’il a mangé ou dormi. Je suis évidemment très inquiète. » Raymond Poulidor était sorti du Tour de France (où il joue un rôle d’ambassadeur très populaire pour la banque sponsor du maillot jaune) très usé. Souffrant d’un œdème pulmonaire, il avait dû subir deux ponctions au moins d’août à Limoges, avant d’être rapatrié à Saint-Léonard de Noblat dans un état de grande fatigue.

    Ils avaient vingt ans.

    Ils ont fait la guerre d'Algérie

    "L'absurde parenthèse"

    Raymond Poulidor aussi…  

     

     

    L'incorporation, la traversée, les patrouilles, la peur, le combat, la torture, les paras, la démobilisation... 

    Pour évoquer ces thèmes, Dominique Paganelli a rassemblé des témoignages d'appelés aujourd'hui connus : Cabu, Jean-Claude Carrière, Raymond Poulidor, Jean-Pierre Beltoise, Jacques Barrot, Gilles Perrault, Jacques Higelin, Pierre Santini. Tous ont été en Algérie et racontent leur guerre, leur quotidien d'alors. Ils font partie des 1 343 000 appelés qui, entre 1954 et 1962, ont débarqué à Alger ou ailleurs, avec des idées politiques ou l'insouciance de la jeunesse, et ont découvert un conflit qui en était bien un, rythmé par les attentes interminables en caserne, les moments d'horreur et les désillusions, qui, une fois qu'ils seront revenus en métropole, les empêcheront longtemps de parler de leur guerre. 

    Oublier, effacer, fermer l'absurde parenthèse... Quel que soit le mot choisi ou l'expression utilisée, tous les appelés à leur retour d'Algérie, se sont cognés au mur du silence, à celui de l'indifférence. Il leur a fallu vivre avec leurs tourments, leurs cauchemars algériens, sans parvenir à s'en délester. A défaut de les écouter, ils auraient aimé qu'on les entende, ça les aurait apaisés. "Oui ca a été le grand silence, dit Jean-Pierre Farkas ancien grand reporter à RTL, Paris Match... Moi c'est vrai je n'ai rien dit, mais on ne m'a rien demandé. Pourtant ça m'aurait soulagé, mais était-ce utile? Notre guerre à nous c'est une guerre qui pue, une guerre qui ne disait pas son nom et dont les Français avaient le sentiment qu'elle était illégitime La guerre de 14-18, on en discutait dans les familles, devant le cadre où étaient accrochées les médailles du grand-père qui avait été dans les tranchées. C'était un héros, comme celui qui, dans les années 40, avait fait de la résistance ou était à Londres ou dans la deuxième DB, pour repousser l'envahisseur allemand. Mais nous?" 

    Alors ils ont tout gardé pour eux, tout ravalé, tout dissimulé. Et pour certains, ça a fait un drôle de mélange à l'intérieur, parfois détonnant. Les autres ont dû faire avec. 

    Quand Raymond Poulidor devient champion de France cycliste sur route en 1961, comme tous les vainqueurs, il se plie au protocole. Il accepte tous les bouquets de fleurs qu'on lui tend, il enfile son maillot tricolore et sur la plus haute marche du podium, il se redresse quand La Marseillaise retentit. Ne pense-t-il qu'à sa victoire? Le cessez-le-feu vient d'être signé. Lui était là-bas, il n'y a pas si longtemps. Quel supporter admiratif peut imaginer à cet instant que derrière le sourire du cycliste se cachent les souvenirs d'un appelé, qui au volant de son camion conduisait les légionnaires au combat ? 

     

    Saint-Lary : Poulidor quarante ans après sur

    le terrain de son exploit

    Saint-Lary. Quarante ans après, Raymond Poulidor est revenu sur le terrain de ses exploits. Il a inauguré une stèle dédiée à sa victoire dans l’étape du Tour de France au Pla d’Adet, en 1974, à l'endroit même où il avait décramponné le grand Eddy Merckx.  

    PHOTO T. L./ « SO » 


     

    « TOUS MOUCHARDS ?"Pendant la guerre, j'ai tué" MERCI LA 4ACG »
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 11 Octobre à 10:46

    Allez Poupou ! Prompt rétablissement et le plus complet possible.

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