• Dans la dernière semaine d’août 2017 deux mathématiciens français sont décédés à quelques jours d’intervalles

     

    Dans la dernière semaine d’août 2017 deux mathématiciens français sont décédés à quelques jours d’intervalles, le premier nous en avons beaucoup parlé il s’agit de François Nadiras qui nous a quitté le 29 août, le second Gérard Tronel a été un grand animateur de l’Association Maurice Audin décédé le 25 aoûtCependant Pierre Mansat, le président,  a indiqué à Hubert Rouaud le réalisateur de la vidéo visionnable à la fin de cet article qu'il va s'occuper du prix de mathématiques.  Jean-François Gavoury signalant que, le hasard a voulu, tout contre l'avis de décès de François Nadiras paru dans Le Monde daté du 1er septembre, se trouve celui de Gérard Tronel, cofondateur du prix Maurice Audin, qui n'a cessé de se battre pour que soit connue la vérité sur la mort du jeune mathématicien. Beaucoup de similitudes entre les deux copains disparus, tous deux mathématiciens, tous deux relatant l'affaire Maurice Audin et tout ce qui concerne la guerre d'Algérie et le colonialisme, François Nadiras et Gérard Tronel étaient tous deux membres amis de la 4ACG : Gérard depuis 2009 et François depuis 2011.  

    Le défunt Maurice Audin était aussi mathématicien et avait préparé une thèse qu’il n’a malheureusement jamais pu soutenir, mais a été soutenue après lui par son directeur de recherche, a-t-on évoqué de même source.

    Dans la dernière semaine d’août 2017 deux mathématiciens français sont décédés à quelques jours d’intervalles

    Décès de Gérard Tronel

    1934 – 25/08/2017

    Notre collègue et ami Gérard Tronel est décédé le 25 août 2017 à l'hôpital d'Ussel (Corrèze). Suivant sa volonté, ses obsèques ont eu lieu dans l'intimité familiale et ses cendres seront dispersées à Montvernier (Savoie), où il a passé son enfance. Depuis plusieurs années, il luttait contre le cancer.

    Gérard était né en 1934. Il avait suivi Jacques-Louis Lions lors de la création, en 1969, du Laboratoire d’analyse numérique où il a fait ensuite toute sa carrière comme Maitre Assistant de mécanique puis Maitre de Conférences de mathématiques. Pendant de nombreuses années, il a été le secrétaire du séminaire hebdomadaire du laboratoire.

    Gérard a beaucoup œuvré pour la communauté mathématique. En 2002 il avait reçu le prix D’Alembert pour sa participation à l’année mondiale des mathématiques en 2000. Il avait participé à l’organisation du Cycle "Un texte, un mathématicien" à la BnF. Enfin et surtout, il avait été en 2004 l'âme de la renaissance, et depuis de l’organisation, du Prix Maurice Audin, un combat qui lui tenait à cœur.

    Nous garderons le souvenir d’un collègue entièrement dévoué aux étudiants, aux mathématiques et à leur popularisation.

    Benoît Perthame

    Année 2011 

    Un Algérien et un Français distingués

     par le prix Maurice-Audin

     de mathématiques à Paris

    Deux mathématiciens, l’Algérien Boumediene Abdellaoui et le Français Emmanuel Trélat ont été distingués par le prix Maurice-Audin de mathématiques 2010, lors d’une cérémonie organisée mardi à la mairie de Paris. Boumediene Abdellaoui, âgé de 35 ans, maître de conférences à l’université de Tlemcen et Emmanuel Trélat, 36 ans, professeur à l’Université d’Orléans qui œuvre en coopération avec l’université de Tizi-Ouzou, récompensés pour la qualité de leurs travaux, ont dans un exposé succinct présenté les grands axes de leurs recherches en mathématiques. Ils se sont déclarés « très honorés » par cette distinction qui porte le nom d’un homme « épris de liberté et de justice, qui a sacrifié sa vie pour que l’Algérie recouvre son indépendance ».

    Ce prix est décerné depuis 2004 par l’association éponyme établie en France pour honorer, une fois par an, deux mathématiciens des deux rives de la Méditerranée. L’objectif visé par l’association éponyme est de favoriser les échanges entre les universitaires des deux pays et d’offrir l’opportunité aux lauréats de présenter et faire connaître leurs travaux scientifiques. Il vise aussi à tenir en éveil la communauté mathématique sur l’affaire Audin et de créer un événement ayant un écho dans l’opinion publique.

    Sous sa nouvelle forme, le prix a été créé sous le patronage de la Société de mathématiques appliquées et industrielles (SMAI) et de la Société mathématique de France (SMF). Les fonds nécessaires au financement du prix sont couverts chaque année par une souscription privée ouverte auprès des membres de la communauté mathématique et de la société civile.

    Ce prix a été décerné pour la première fois en 1958. A l’époque, les lauréats étaient de jeunes mathématiciens qui deviendront célèbres, tels que : J.-L. Lions, J.-P. Kahane, A. Néron, et M. Lazard. En 1963, la guerre de libération ayant déjà pris fin, le prix disparaît. L’idée d’une relance est née en 2004 lors d’une réunion à la mairie de Paris, du comité de parrainage d’une rue Maurice-Audin dans la capitale française.

    Laurent Schwartz et Gérard Tronel, deux mathématiciens, lancèrent cette idée lors de la réunion qui fut favorablement accueillie. Pour Gérard Tronel, l’idée était de faire reparler de l’affaire Audin. Le 10 juin 1957, en pleine bataille d’Alger, Maurice Audin, jeune assistant de mathématiques à l’université d’Alger, fervent militant de la cause algérienne, est arraché à son foyer le 11 juin 1957, par les parachutistes du général Massu.

    Arrêté torturé, il meurt « accidentellement » sous la torture mais les autorités militaires de la France coloniale ont accrédité la thèse de l’évasion vers le 21 juin 1957. Plus tard c’est cette date qui a été retenu pour établir un acte de décès de Maurice Audin. Dès juillet 1957, alertés par Josette Audin, son épouse, des intellectuels français connus ont créé le comité Audin dont l’objectif était de rechercher la vérité sur la mort du mathématicien.

    Pour Gérard Tronel, l’animateur de l’Association Maurice-Audin, présent à la cérémonie, à laquelle ont pris part Mme Josette Audin et de nombreux historiens dont Henri Alleg et d’universitaires, cette initiative est une « action pour la mémoire et pour dire que nous ne lâcherons jamais sur cette exigence de vérité, que le temps est très long pour faire la lumière sur l’assassinat de Maurice Audin et que nous saisirons toutes les occasions pour le dire ». « Nous demandons que les autorités politiques, civils et militaires de notre pays reconnaissent que Maurice Audin est mort après avoir été torturé, que sa mort est un crime couvert par une raison d’Etat », a-t-il dit.

    « Au-delà des exécutants, les autorités civiles et militaires qui ont couvert ce forfait portent une lourde responsabilité qu’elles devraient reconnaître », a estimé M. Tronel, rappelant que la famille de Maurice Audin et l’association éponyme demandent la reconnaissance de son décès et de la responsabilité des différentes autorités impliquées. Pour poursuivre ses objectifs, l’association a besoin d’aide, a-t-il dit, et recherche des témoins présents lors de la bataille d’Alger, notamment au mois de juin 1957.

    Décembre 2012 : Affaire Audin

    Interpellation du président

     de la République

    François Hollande se rend à Alger le 19 décembre 2012 et sa voiture passera sans doute place Maurice-Audin.

    Et l’État, malgré les promesses n’a fait aucun geste concret pour que la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin fasse l’objet de recherches officielles.

    Gérard Tronel, secrétaire de l’association Maurice Audin, a donné son aval, à une vidéo réalisée par Hubert Rouaud (hr@4acg.org) et qui interpelle le président de la République avant son voyage en Algérie, à partir des déclarations faites lors du colloque du 22 juin 2012 par un large panel d’orateurs : Raphaëlle Branche, Roland Rappaport, Henri Alleg, Mohammed Harbi, Jean-Luc Einaudi, Nathalie Funès, Gilles Manceron et Benjamin Stora, qui tous espéraient qu’une réponse satisfaisante soit apportée à l’exigence de vérité.

    Et Maurice AUDIN ?...

     Monsieur le Président Hollande !!!

    Car en 2017 malgré les promesses

    du président Macron et cette lettre-

    pétition que ce dernier a reçue

     nous attendons encore !!!

    C’est ce que demandent les signataires de cette lettre adressée le 26 mai 2017 au nouveau Président de la République : 

    Monsieur le Président, 

    Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, il y aura juste soixante ans dans quelques jours, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes. Il disparaîtra à jamais. Jusqu’en 2014, la version officielle, à laquelle personne ne portait crédit, était qu’il s’était évadé. 

    Le 18 juin 2014, M. François Hollande, votre prédécesseur, a publié un communiqué déclarant : « Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Depuis cette déclaration (évoquée la veille devant son épouse Josette Audin, reçue à l’Élysée), ni ces documents ni ces témoignages ainsi évoqués, pourtant concordants et nombreux selon ce communiqué, n’ont été révélés. 

    En mars 2014, un appel signé de 171 personnalités et publié par les quotidiens L’Humanité et Mediapart, que nous vous joignons, a demandé qu’il soit enfin dit la vérité sur cette affaire. 

    De nombreuses questions se posent. Un livre paru en janvier 2014 a fait état de confidences tardives du général Paul Aussaresses peu avant sa mort évoquant un ordre d’assassinat donné par le général Jacques Massu. Qu’en est-il ? Dans ce cas, y a-t-il eu des échanges à ce sujet avec le ministre résidant Robert Lacoste, le commandant en chef de l’armée en Algérie Raoul Salan et certains autres ministres ? 

    Nous pensons qu’à l’occasion de ce triste soixantième anniversaire, la vérité historique relative à cet assassinat doit enfin être connue. Le 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, vous avez déclaré : « De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire… » Nous pensons donc qu’à cette occasion, en recevant Josette Audin ou en vous exprimant lors des commémorations qui auront lieu à cette occasion, vous pourriez ainsi concrétiser cet engagement. 

    Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

     

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