• Dans la guerre ?

     

     

    Macron se prend bien pour le roi du monde !!! Merci pour ce témoignage qui vaut plus que tout ce que j'ai lu sur le Liban post explosion.

    Merci aussi pour ceci en particulier parce que vous dîtes ce que j'ai pensé du ridicule de ce qu'est le "président-freluquet" français :

     "Le lendemain de l’explosion, Emmanuel Macron arrive, rosse les politiciens libanais, et leur donne des devoirs de vacances. Il reviendra le 1er septembre pour voir si les devoirs ont été faits."

    Michel Dandelot

     

     

    Dans la guerre ?

     

     

    Un amoureux français m’a dit un jour : « si la guerre éclate dans ton pays, je rejoindrais la brigade internationale pour être à tes côtés ». Beyrouth, 2020. L’explosion du 4 août marquerait-elle la fin ou le début d’une histoire ? Hiroshima avait marqué la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’explosion de Beyrouth serait-elle en train de marquer le début d’une histoire ? - Par Myriam el Hajj, cinéaste libanaise.

    Un amoureux français m’a dit un jour : « si la guerre éclate dans ton pays, je rejoindrais la brigade internationale pour être à tes côtés ».

    On était en 2010. J’ai ri. La guerre était loin mais son ombre faisait des apparitions de temps en temps, souvent sous la forme d’une attaque Israélienne et d’une riposte de la part du Hezballah.

    Les deux jouaient à se détester. Chacun existait en fonction de l’autre.

    Tantôt c’était le « Hezb » qui marquait son territoire en tirant de l’autre côté de la frontière ; tantôt c’était Israël qui testait la patience du « Hezb ». Et comme nous sommes un peuple méditerranéen, le sang-froid n’est pas notre point fort.

    Beyrouth 2020. L’explosion du 4 août marquerait-elle la fin ou le début d’une histoire ? Serions-nous en train d’écrire le générique de début d’un film ou celui de la fin ? Hiroshima avait marqué la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’explosion de Beyrouth serait-elle en train de marquer le début d’une histoire ?

    Le lendemain de l’explosion, Emmanuel Macron arrive, rosse les politiciens libanais, et leur donne des devoirs de vacances. Il reviendra le 1er septembre pour voir si les devoirs ont été faits. Entre temps, il faudra penser à créer un gouvernement d’unité nationale. Ce gouvernement d’unité nationale est l’exact opposé de ce que nous, la jeunesse de la révolution d’octobre 2019, avions revendiqué. L’idée d’un gouvernement civil qui répond aux demandes de la révolution n’est même pas évoquée. Par contre, il est question de privatiser l’électricité du Liban ainsi que le port – qui vient d’exploser.

    Macron est sûrement conseillé par un livre d’histoire qui s’est arrêté en 1975. C’est ce que je me dis pour l’excuser. Il n’est sûrement pas venu pour exprimer son amour, comme la plupart ont souhaité le penser.

    Après avoir maintenu durant des années des rapports paternalistes avec le peuple, nos politiciens se font dominer à leur tour par la France. Il faut dire qu’ils ont bien mérité cette punition. Macron débarquera à nouveau le 1er Septembre, exactement 100 ans après l’indépendance du Liban et le fameux discours du général Gouraud. Macron jubile !

    Les jours suivants, ce qui reste du port de Beyrouth voit défiler des navires étrangers : Russes, Français, Américains, Turques...
    A la télévision, le chef du Hezballah fait un discours dans lequel il répète à plusieurs reprises le mot guerre civile. Serait-il en train de nous menacer ou serait-il en train de jouer au devin ?

    Dans les hôtels du quartier de Hamra, des journalistes du monde entier sont là également : Anglais, Danois, Grecs, Russes,...

    Nous n’avons jamais eu autant de nationalités sur le sol Libanais ! « Si » me dit Georges le personnage du film documentaire que je fais depuis 2018. Georges est un septuagénaire, vétéran de la guerre civile Libanaise - il était d’ailleurs le premier à tirer lors de l’attentat du bus qui a déclenché la guerre civile. « Si ! A l’hôtel Saint Georges ils avaient tous débarqués ce jour-là : des allemands, des Français, des Anglais ». La guerre du Vietnam venait de se terminer et avant de rentrer chez eux, les journalistes ont voulu faire une escale dans un petit pays au bord de la mer, où la guerre semblerait avoir commencé. Georges me parle fièrement des photos que les photojournalistes avaient fait de lui : Georges tenant sa kalachnikov ; Georges se jetant en premier sur « l’ennemi ».

    Si aujourd’hui les journalistes étrangers sont venus faire des photos du port en ruine, ne serait-il pas temps de repartir plus d’une semaine après ? Ou bien seraient-ils en train d’attendre autre chose ? Autre chose que le champignon chimique qui s’est dessiné dans le ciel du Liban. Autre chose que ces pauvres corps errants dans Beyrouth, accablés par la catastrophe.

    Demain, les États-Unis envoient leur Bureau Fédéral d’Enquêtes ; le FBI. Ils disent vouloir aider à enquêter sur cette catastrophe. La France quant à elle, envoie des soldats. Il faut dire qu’on est bien gâtés.

    Au port, nous ne voyons plus l’horizon caché par le trop de navires stationnés. Navires d’aide humanitaire et porte-avions : Nimitz, Tonnerre, H88...

    Dans les rues qui ont été dévastées par l’explosion, beaucoup de têtes blondes défilent avec de drôles de costumes.

    J’ai du mal à croire qu’à Beyrouth, la chaleur du mois d’août puisse attirer autant de monde. J’ai du mal à croire que tout ce beau monde ne soit pas en train d’attendre autre chose. Un après catastrophe... Un après champignon chimique.
    Le 13 avril 1975, Georges avait tiré sur un bus Palestinien et avait fait une trentaine de morts. Cet attentat avait déclenché une guerre de 15 ans. Une guerre certes, civile. Mais une guerre civile ne se fait presque jamais sans soutien étranger.
    Cette explosion serait-elle l’équivalent de l’attentat du bus ?
    Serions-nous aujourd’hui, le 15 Août, à la veille d’une guerre ? Ou sommes-nous déjà « dans » la guerre ?

    Depuis mars 2020, prenant comme excuse la Covid, les frontières de l’Europe se sont refermées pour les libanais. Même ceux qui détiennent un visa ne peuvent plus circuler dans l’espace Schengen. Le Liban étant un des pays les moins affectés par le Covid, cette décision nous semble étrange. En vérité nous sommes pris en otage. Sans issue de secours, nous allons devoir subir une crise économique, le vol de notre argent par les banques, une des plus grandes explosions au monde, et puis quoi encore ?

    Insécurité. Ce mot résonne dans la ville. Tout le monde le répète. Nous sommes emprisonnés ici pour subir des expériences. L’homme qui sera encore vivant à la fin de cette série d’expérience sera l’homme élu ! C’est ce que je me dis tout bas.
    Insécurité comme à la veille d’une guerre. Insécurité comme dans une guerre. Insécurité comme un troupeau de moutons qui monte dans un camion et qui sait déjà, dans ses tripes, qu’il va vers la mort.

    Dans mon cœur, je souhaite si fort que cet amoureux qui m’avait promis de rejoindre la brigade internationale pour moi, et qui n’est plus aujourd’hui de ce monde, puisse venir me protéger. Car, tel est l’état de peur dans lequel nous vivons.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/myriam-el-hajj/blog/200820/dans-la-guerre

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 21 Août 2020 à 09:03

    A chaque chose malheur est bon. L'explosion de ces 2750 tonnes de nitrate d'ammonium dans le port de Beyrouth pourrait permettre aux puissances impérialiste, dont la France qui avait eu après 1918 un mandat sur la Syrie, de reprendre la main sur le Liban.

    Tiens c'est vrai qu'en 2006 la guerre, fort incivile, qui avait marqué ce pays nous avait valu une des meilleures éditions de notre traditionnelle Marche de la Paix. Elle avait eu lieu au hameau de Cauduro sur la commune de Babeau-Bouldoux où existe un Monument aux Vivants.Oui, les dix jeunes de Cauduro mobilisés en 1914 étaient revenus vivants de l'effroyable boucherie.

    Evidemment on ne peut rien promettre si une nouvelle guerre éclate au Liban. Mais cela ne doit pas empêcher  les hommes d'affaires, et parmi eux à coup sur les marchands d'armes, d'être à l'affût des opportunités qui se présentent. 

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