• Décédé le 14 juin 1994, il y a 24 ans aujourd’hui Mouloudji a connu la censure en chantant « Le déserteur »

     

    Décédé le 14 juin 1994, il y a 24 ans aujourd’hui

    Mouloudji a connu la censure en chantant

    « Le déserteur »

    Né le 16 septembre 1922, Marcel Mouloudji vit dans une famille pauvre parisienne. Alors qu'il n'a que 14 ans, il débute une carrière d'acteur grâce à Jacques Prévert qui l'a découvert. 

    Mouloudji tourne dans le film "Jenny" de Marcel Carné et dans "Les disparus de Saint-Agil" de Christian-Jaque. 

    En 1952, le directeur artistique Jacques Canetti lui propose d'enregistrer l'emblématique chanson "Comme un p'tit coquelicot" qui débouche sur un succès considérable. Mouloudji remporte le Grand prix du disque. 

    Figure marquante de Saint-Germain-des-Prés, il s'intéresse de plus en plus à la chanson. Antimilitariste, il prend position durant la guerre d'Indochine en interprétant en 1954 la chanson intitulée "Barbara" : « Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là et tu marchais souriante, épanouie, ravie, ruisselante, sous la pluie... ». Cette chanson lui attire des ennuis, et ce n'est pas fini lorsque la même année il chante "Le déserteur" : « Monsieur le Président, je ne veux pas la faire, je ne suis pas sur terre pour tuer des pauvres gens. Ce n'est pas pour vous fâcher, il faut que je vous dise, ma décision est prise, je m'en vais déserter... ». Cette chanson est tout simplement censurée et donc interdite d'antenne. 

    Malgré tout, Mouloudji continue à interpréter d'autres titres quelque peu moins virulents, comme "Mon pote le gitan", "Petite fleur", "Merci". 

    Il s'éteint le 14 juin 1994 alors qu'il avait de nombreux projets en route : la suite de ses mémoires 50 ans après le premier volume et un nouvel album. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

    Mouloudji, 7 mai 1954. «Le Déserteur» fut créée

    le jour de la chute de Diên Biên Phû

    Quelle liberté ?

    La France est libre depuis le 8 mai 1945

    Ah oui !!! Celle de la France coloniale

    Celle-là ne m'intéresse pas

    je suis anti colonialiste !!!

     

    Le Déserteur n'aurait pu être qu'une des nombreuses chansons contre la guerre et pour la désertion. Le répertoire français n'en manque pas. Mais il fallut que cette chanson tombât au début des années 50, en pleine guerre coloniale. L'Indochine se soulevait, l'Algérie n'allait pas tarder à lui emboîter le pas. Du coup, elle est devenue un fleuron de la chanson pacifiste. Et pas seulement en France. La rengaine a repris du galon aux débuts des années 70, pendant la guerre du Viêt-nam, à l'occasion des marches pacifistes aux Etats-Unis et sur le Vieux Continent. Elle retrouva une nouvelle jeunesse en 1991, où après avoir ressurgi dans les cortèges contre l'intervention occidentale dans le Golfe, elle fut couchée sur les listes de proscription des radios. Cette continuité et cette universalité sont aussi à mettre au compte de la mélodie de Jimmy Walter, où récitatif du couplet et mélodie du refrain s'enchaînent dans un schéma on ne peut plus traditionnel, enrobant la dureté du propos sous le sentimentalisme de la musique. Vian, dont le succès réel, en tant que chanteur, fut posthume, avait demandé à Mouloudji de la créer. Ce qu'il fit le 7 mai 1954, le jour même de la chute de Diên Biên Phû, au théâtre de l'oeuvre. Mouloudji, père kabyle et mère bretonne, était parti pour faire une carrière de chanteur poétique, de chanteur de romances intelligentes. Bref, une carrière. La malchance voulu qu'il créa le Déserteur au moment du désastre indochinois, et c'est en quelque sorte la défaite française qui donna son importance à cette chanson. Il y eut une bombe ­ la nuit ­, beaucoup de contestations, et la carrière de Mouloudji en fut singulièrement bousculée.

    Mouloudji fit changer la fin. Vian avait écrit: «Prévenez vos gendarmes/ Que je possède une arme/ Et que je sais tirer.» Mouloudji, disant qu'il ne voulait pas chanter quelque chose qu'il ne ferait pas, le producteur Jacques Canetti trouva, paraît-il, cette autre conclusion: «Prévenez vos gendarmes/ Que je serai sans arme/ Et qu'ils pourront tirer.» Vian obtempéra: c'est cette version qu'il a lui-même enregistrée.

    A la suite, Vian fit une tournée d'été organisée par Canetti. L'extrême droite militariste vint créer la perturbation pendant ses récitals. Déjà malade, l'auteur de « J'irai cracher sur vos tombes » tint tête aux perturbateurs. La chanson passa sur les ondes d'Europe 1 et fut immédiatement interdite. Ce baptême du feu allait lui conférer son statut à part de chanson symbole. 

     

    « N’oublions pas Maurice Audin *** Cédric Villani s'exprime aussi...Inauguration ce samedi 16 juin 2018, à 10 h 30, d'une stèle au "Yéti" Les Rousses (Jura) Plus de 600 personnes sont attendues... à suivre... »
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 14 Juin à 16:16

    J'ai eu l'occasion d'entendre Mouloudji à Génolhac, petite commune des Cévennes gardoises.

    Le Déserteur évoque pour moi la guerre d'Algérie. Eh non, je n'ai pas déserté c'était une option difficile à prendre.

    Je me rappelle son décès en 1994. J'avais renoncé à aller à la fête fédérale du PCF à Lyon et ce jour là j'avais fait une randonnée dans le Minervois avec une collègue.

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