• Décès de Jacques Chancel "Quand l'homme de médias se confiait à Match... Avoir 20 ans en Indochine" Pour terminer Jacques Chancel rend hommage à Georges Brassens

    Jacques Chancel, grande voix

    de la radio et de la télé, est mort

     

    Jacques Chancel, journaliste et animateur vedette qui a marqué l'histoire de la radio et de la télévision avec des émissions culturelles comme "Radioscopie" et "Le Grand échiquier", est mort dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 86 ans, a annoncé le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, sur Twitter.

    "J'apprends à l'instant par sa famille que mon ami Jacques Chancel s'en est allé cette nuit. Grande tristesse et émotion pour Radio France", a écrit le responsable de Radio France sur les réseaux sociaux.

    L'annonce de son décès a immédiatement suscité des réactions sur les réseaux sociaux. "Jacques Chancel m'a élevé avec Radioscopie et Le Grand Echiquier. Merci monsieur", a par exemple écrit le comédien François Morel.

    Né le 2 juillet 1928 à Ayzac-Ost (Hautes-Pyrénées), d'un père artisan et compagnon du devoir, Jacques Chancel (de son vrai nom Joseph André Crampes) est devenu chroniqueur télé et radio dans les années 50 pour Télémagazine puis à Paris-Journal, devenu Paris-Jour où il deviendra directeur des services parisiens. Il se lance ensuite dans la radio et la télévision.

    Pour France Inter, il produit et anime ce qui deviendra l'une des émissions les plus célèbres de l'histoire de la radio: "Radioscopie", dont il présente plus de 6.000 numéros de 1968 à 1982 puis de 1988 à 1990. Il y reçoit la plupart des grands noms de l'époque mais aussi des anonymes.

    A la télévision, il lance en 1971 "Grand Amphi" qui devient un an plus tard "Le Grand Echiquier". Là encore, dans cette émission sur Antenne 2, il reçoit de 1972 à 1989 des personnalités du monde du spectacle, des peintres, des chercheurs...

    Décès de Jacques Chancel "Quand l'homme de médias se confiait à Match... Avoir 20 ans en Indochine""

    http://www.parismatch.com/Culture/Livres/Jacques-Chancel-avoir-20-ans-en-Indochine-537696

    Jacques Chancel est mort mardi à 86 ans, a appris France Info. L’homme de médias nous racontait en novembre 2013 ses souvenirs de jeune correspondant de guerre. Une épopée au cœur du Saigon des années 1950. 

    Jacques Chancel, comme Pivot, Bellemare, Zitrone, Poivre d’Arvor, appartient à la légende du petit écran. Il est un de ces monstres sacrés enfantés par les étranges lucarnes cathodiques. Aussi, c’est avec une sorte de stupeur qu’on découvre une part secrète de sa vie qu’il nous livre dans ses passionnants souvenirs. Jamais on n’aurait pu imaginer l’existence aventureuse que ce gai saltimbanque médiatique a vécue à ses débuts. Un véritable roman. Un roman qui pourrait avoir été écrit par Graham Greene. Car il s’agit de l’itinéraire d’un jeune homme idéaliste, transporté par un mystérieux tapis volant en pleine guerre d’Indochine.

    L’Indochine dans les années 1950 est un bouillon de culture surchauffé par la guerre et les passions. C’est Macao pour le jeu et les fumeries d’opium, c’est Tanger ou Babylone pour les dépravations raffinées, bref le lieu le plus romanesque en même temps que le plus ignoble et le plus romantique où toute une jeunesse en uniforme joue sa vie à pile ou face. Chancel est semblable à ces jeunes gens, sauf que, même s’il n’hésite pas à prendre de grands risques comme correspondant de guerre, il n’est pas un adepte de la roulette russe. Il ne veut pas embrasser la mort comme tant d’autres de ses amis, rescapés pourtant des batailles de la Seconde Guerre mondiale encore toute chaude. Sous le képi blanc des légionnaires, toujours admirables de courage et d’abnégation, se côtoient résistants gaullistes et anciens de la Wehrmacht. Tous pourtant meurent pour la France. Chancel, lui, aime la vie, tout de la vie : le danger qui lui donne du piment, l’amour qui est son opium, ce peuple vietnamien déchiré entre ses fidélités, les têtes brûlées, les aventuriers qui foisonnent dans ce grand capharnaüm. Mais Chancel a une dilection particulière pour les hommes d’exception qu’il sait dénicher avec un talent digne d’un chien truffier de la Bigorre.

    L’image du M. Loyal qui confessait les figures du tout-Paris des arts et des lettres, de "Radioscopie" au "Grand échiquier ", masque celle d’un jeune aventurier

    Ils sont tous là, les mousquetaires du grand journalisme, qui plus tard contracteront le virus de la littérature. Ils hument ce parfum de pourriture noble, d’exactions, de trafics, de prostitution, de trahisons diverses que Lucien Bodard, ce bouddha vivant, décrira dans un magnifique livre. Bodard est le plus singulier : avec ses silences qui alternent avec des envolées lyriques, sa gueule de baroudeur asiate, il se délecte en amateur de gibier faisandé de cette atmosphère de décomposition ; Max Clos, le janséniste de la bande ; Pierre Schoendoerffer, le plus épris d’absolu, hanté par la quête spirituelle qui, pour partager la souffrance des soldats, va sauter en parachute sur Diên Biên Phu alors que rien ne l’y oblige, sinon le vertige du sacrifice et l’attirance vers une secrète ordalie pour éprouver le destin. Il faut rajouter Jean Hougron, le grand romancier de l’Indochine. Tous communient dans l’admiration de Jeff, Kessel, qui est leur parrain, leur modèle, et étend sur eux sa généreuse protection.

    Chancel, qui a à peine 20 ans, est vite adopté. Il a le don de se faire aimer. Son enthousiasme, sa curiosité, sa générosité envers les plus mal traités de la colonisation, les Eurasiens, sa manière de suivre la guerre sans l’aimer le font apprécier de ces vieux routiers désabusés et cyniques. Ils aiment en lui celui qu’ils ont été eux aussi à 20 ans. Ce qu’ils ignorent, c’est que Chancel ne changera pas. Point fort de ces aventures où le danger et le plaisir surgissent à chaque pas, le récit de sa survie miraculeuse : embarqué avec des officiers à bord d’un « command car », il saute sur une mine pendant la traversée d’un pont. Projeté sur une berge à une dizaine de mètres, il se réveille trois jours plus tard à l’hôpital de Saigon : il est aveugle. Ses compagnons sont morts. Pendant près d’un an, il va lutter pour recouvrer la vue. Dans sa nuit, il y a des lumières : ses amis, quelques jolies dames et une folle espérance en la vie.

    J’ai dévoré ce livre qui de bout en bout vous tient en haleine. Quelle extraordinaire expérience humaine dans ce pays si attachant et si meurtri ! Au plaisir de me sentir plonger dans un monde exotique et sa faune hors du commun barbotant dans une époque tragique, s’ajoute l’émotion de retrouver des journalistes écrivains que j’ai bien connus et beaucoup aimés. Chancel, qui est sorti intact de cet enfer si proche du paradis, nous donne sans en avoir l’air une grande leçon non de savoir vivre mais de savoir aimer la vie.


    En images : Jacques Chancel, journaliste de... par LePoint

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