• Défense d'Abdeslam. Le rôle difficile des avocats de grands criminels et la torture pendant la guerre d'Algérie

     

    Défense d'Abdeslam. Le rôle difficile des avocats de grands criminels et la torture pendant la guerre d'Algérie

    Défense d'Abdeslam. Le rôle difficile

     des avocats de grands criminels  

    Comment peut-on défendre des gens pareils ? Qualifiés de monstres, d'ennemis publics numéro un, les grands criminels, terroristes ou tueurs d'enfants ont tous eu des avocats. Faut-il rétablir la peine de mort ? La guillotine ? Où comme le préconise Gilbert Collard reprenant des propos de Marine Le Pen en préconisant la torture, lui qui a défendu Aussaresses tortionnaire pendant la guerre d'Algérie, comme Massu ou Bigeard l'inventeur des "crevettes Bigeard"... Nous y reviendrons mais d'abord écoutons l'avocat défenseur d'Abdeslam. 

    Fan de Trump, l'Américain, Gilbert Collard légitime la torture dans certains cas

    Invité ce jeudi 28 avril face à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, le député frontiste Gilbert Collard a expliqué que s'il "abhorre" la torture, il "n'aurait pas hésité une seconde" à la pratiquer dans certains cas en matière de terrorisme. En prenant bien sûr un exemple qui ne se produit jamais…
     
    Gilbert Collard était l'invité de jeudi 28 avril de Jean-Jacques Bourdin. Capture d'écran BFMTV.

    Décidément, le FN semble avoir un problème de refoulé avec la torture… Invité ce jeudi 28 avril dans la matinale de BFMTV, le député rattaché au FN Gilbert Collard a de nouveau mis cette obsession sur la table face à Jean-Jacques Bourdin. La discussion porte sur Salah Abdeslam, le terroriste présumé des attentats du 13 novembre qui vient de passer sa première nuit dans une prison française. Gilbert Collard, avocat de profession, explique pourquoi il aurait refusé de le défendre et prend pour appuyer son propos cet exemple :

    "J'ai accepté de défendre le général Aussaresses. Je rappelle, pour ceux qui l'ignoreraient, que c'est lui qui - à la demande de Guy Mollet, un socialiste - a appliqué la torture (en Algérie, ndlr). J'ai été amené à le défendre…"

    La démonstration semble mal partie mais à ce moment-là, l'élu précise sans ambiguïté : "J'abhorre la torture, c'est pour moi un système qui est inconcevable". Ouf. Avant d'en venir à l'objet de son exemple : "Il n'empêche qu'à un moment donné, dans la défense d'Aussaresses, j'ai dû justifier la torture, avec un embarras évident, des ressources rhétoriques inouïes mais je suis entré dans le débat sur la torture, j'ai expliqué jusqu'à y croire (...) il ne faut pas se mentir, quand on défend quelqu'un qui est engagé idéologiquement, à un moment donné, on prend sur son dos son idéologie". CQFD.

    "- Vous ne voteriez pas Donald Trump, alors ?, relance Jean-Jacques Bourdin.

    - Si, rétorque Gilbert Collard ('Ah oui je l'aime bien', ajoutera-t-il plus tard).

    - Mais pourtant, il défend la torture…

    - Oui mais et alors ? Il a le droit de défendre la torture.

    - Par simulation de noyade, il dit même il aurait fallu torturer Abdeslam pour éviter les attentats de Bruxelles !"

    C'est à cet instant de l'échange que la parole se libère. L'ex-avocat frontiste se penche vers le micro et prend le ton de la confidence :

    "Mais dites-moi, je vais vous poser une question, entre nous, avec tous les gens qui nous écoutent : si vous aviez eu le moyen d'éviter l'attentat en le torturant, vous auriez préféré la paix de votre conscience à la vie de ces victimes ? Moi j'aurais pas hésité une seconde, hein."

    Alors évidemment, Gilbert Collard précise immédiatement qu'il ne valide la torture qu'en cas de certitude absolue : "Je dis que lorsqu'on a la certitude que l'individu qu'on tient sait où est posée la bombe qui va tuer des innocents, il faut qu'il nous dise où elle est !" Sauf qu'évidemment encore, les choses ne se passent jamais comme cela… D'ailleurs à Bruxelles, les autorités n'ont su que des bombes allaient exploser... que lorsqu'elles ont explosé.

    Mais qu'importe, Gilbert Collard vient de flatter les bas instincts dans le sens du poil. Rappelant une certaine Marine Le Pen, : "Il peut y avoir des cas où quand une bombe doit exploser dans une heure ou dans deux heures et peut faire 200 ou 300 victimes civiles, il est utile de faire parler la personne pour savoir où est la bombe". "Même sous la torture ?", avait insisté Jean-Jacques Bourdin, déjà. Et la présidente du FN de répondre  : "Avec les moyens qu’on peut…". Avant de crier un peu plus tard sur Twitter, alors qu'elle était accusée d'avoir fait l'apologie de la torture, à une "interprétation malveillante" de ses propos.

    La guerre d’Algérie et la torture : si Massu a reconnu et même regretté qu’elle existait, si Aussaresses l’a même écrit, nous prendrons le cas de Bigeard qui, lui a prétendu ne l’avoir jamais pratiquée. Menteur ! 

    La torture, les crevettes Bigeard, un modèle français !!!

    C’était le temps où l’Etat voulait déposer les cendres du Général Bigeard aux Invalides à Paris, c'est bien le message qui voulait être délivré.

    Marcel Bigeard a acquis sa principale notoriété pendant la guerre d'Algérie, et tout particulièrement pendant la "Bataille d'Alger".

    Bigeard, lui, défend ses hommes. La torture ? Bien sûr qu'elle existait, répondait-il, mais pas chez lui : "Les interrogatoires musclés, c'était un moyen de récolter des infos. Mais ces interrogatoires étaient très rares et surtout je n'y participais pas. Je n'aimais pas ça." Il n'aimait pas ça, et il n'aimait pas que la presse en parle autant. Venu décorer des anciens d'Algérie, il coupe court aux questions des journalistes : "Je n'ai pas dit que ça n'existait pas, tout le monde le sait qu'il y a eu de la gégène [...]. M'emmerdez pas avec ça, on en parle toute la journée, ça suffit."

    La technique des "Crevettes Bigeard" ? Elles resteront la sinistre image de cette époque qui perpétuera ce nom. Pour beaucoup, ce terme employé alors ne signifie rien, surtout qu'il ne figure dans aucun livre d'histoire de notre enseignement. Pourtant c'est en employant cette expression que Paul Teitgein interrogeait Massu, en 1957, sur les milliers de disparus pour lesquels il n'avait aucun rapport concernant leur "évaporation". Pour éliminer physiquement, en faisant disparaître les corps, Bigeard avait inventé cette technique : sceller les pieds du condamné (sans jugement, sinon le sien), vivant, dans un bloc de béton et le larguer de 200 ou 300 mètres d'altitude d'un avion ou d'un hélicoptère en pleine mer. Il avait perfectionné cette technique : au début les algériens étaient simplement largués dans les massifs montagneux, mais leurs corps étaient retrouvés. La seconde étape fut le largage en mer, mais quelques-un sont parvenus à revenir à la nage sur la côte et échapper miraculeusement à la mort. C'est pourquoi il "fignola" le raffinement de sa cruauté en inventant le bloc de ciment. C'est par cette technique enseignée par son ami le Général Aussaresses (et les officiers supérieurs instructeurs associés Lacheroy, Trinquier...) que cette technique a été utilisée en Argentine en particulier pour les 30.000 disparus que pleuraient les "Folles de la Place de Mai".

    Regardons donc Bigeard s'expliquer face à des Anciens Combattants faisant partie de quelle association ? Nous ne donnerons pas de réponse... 

     

    Le prêtre Alain de La Morandais :

    "J'ai été témoin des méthodes

    du Général Bigeard"

     

    « La tragédie du 8 mai 1945 en Algérie Le Chiffon rouge, chanson de lutte et d'espoir, a 39 ans « Accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge, une fleur couleur de sang » Je vous l’offre pour ce 1er mai 2016 »
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