• Défilé militaire du 14 juillet : l’indécence continue !

     

     

    Défilé militaire du 14 juillet : l’indécence continue ! 

    Défilé militaire du 14 juillet : l’indécence continue !

    Par Alain Refalo professeur des écoles à Colomiers dans la Haute-Garonne (France). Il est un militant actif de la non-violence. 

    Le défilé militaire du 14 juillet demeure un symbole militariste totalement anachronique et pourtant il fait l’objet d’un culte médiatique absolument indécent eu égard aux enjeux de civilisation auxquels nous sommes confrontés.

    De façon immuable, chaque année, notre fête nationale est préemptée par le défilé militaire sur les Champs-Elysées, une manifestation qui bénéficie d’une importante publicité médiatique.

    Ce jour-là, le peuple est convié à venir applaudir les soldats de nos armées, mais surtout des centaines d’engins de mort, des missiles, des chars et des avions que la France se glorifie d’exporter aux quatre coins du monde. Les derniers bijoux de la quincaillerie militaire qui font la «fierté» de notre pays sont présentés au peuple dans l’ignorance totale des conséquences de leur utilisation sur les populations, principales victimes des conflits modernes.

    Cette pitoyable procession d’un autre temps, expression historique du militarisme français au XIXe siècle, qui rend un culte aux armes de guerre, y compris de destruction massive, est bien un spectacle dégradant et déshonorant qui tourne le dos aux valeurs humaines, et d’abord aux valeurs de la République.

    Ce n’est rien d’autre qu’une parade organisée par l’État à la gloire de l’institution militaire et surtout de ses valeurs guerrières. Un pays qui, le jour de sa fête nationale, n’a rien d’autre à proposer à son peuple que d’admirer et d’applaudir des engins de mort est un pays tourné vers le passé. C’est un pays toujours en quête d’une illusoire grandeur.

    En réalité, l’archaïsme de ce défilé est à l’image de notre arrogance congénitale et de notre incapacité à incarner dans les faits les valeurs fondatrices de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.

    Cette démonstration guerrière annuelle nous rappelle que la France est l’un des pays les plus militarisés au monde, avec une industrie de défense qui alimente un important (et honteux) commerce des armes, une politique de défense de plus en plus coûteuse (dépenses inégalées en Europe), la modernisation constante des armes nucléaires (aussi inutiles que dangereuses), d’incessantes interventions militaires extérieures (désastreuses la plupart du temps) et des forces de maintien de l’ordre toujours plus militarisées (blessant et mutilant des manifestants avec des armes de guerre, toujours en toute impunité).

    Dans ce paysage d’une France qui s’est de plus en plus militarisée sous la Ve République, le complexe militaro-industriel, au mépris de la démocratie, continue d’imposer au monde politique et militaire ses « innovations » technologiques en matière d’armement. Pourtant, ce « pouvoir sans visage »1 ne travaille que pour sa propre pérennité et non pour les besoins réels de la défense nationale.

    Qui s’en offusque ?

    La militarisation des esprits en France, à laquelle ce défilé militaire participe, s’est particulièrement renforcée ces dernières années. Ainsi, les différents protocoles Armée – Education (depuis 1981) continuent, sans aucune opposition, d’assurer une propagande indigne dans les établissements scolaires en faveur des choix militaires de la France, tandis que l’instauration du Service National Universel représente une nouvelle tentative de caporalisation de la jeunesse, digne des régimes totalitaires.

    Les commémorations nationales, au nom du devoir de mémoire, mais d’une mémoire bien sélective (quid des crimes de l’armée française), poursuivent ce travail de célébration de l’institution militaire, des faits d’armes et des héros guerriers, dans l’ignorance des résistances civiles, non armées, qui ont joué un rôle non négligeable dans notre Histoire.

    Le courage, il serait temps de l’admettre, n’est pas l’apanage des soldats.

    Le 14 juillet, clamait Victor Hugo à la tribune du Sénat le 3 juillet 1880, c’est « une fête populaire, une fête universelle, une fête humaine ». Pas seulement une fête nationale, mais une fête de la fraternité.

    En quoi les engins de mort exhibés ce jour-là ont-ils leur place sur l’avenue des Champs-Elysées, eux qui précisément n’ont d’autre vocation que de blesser, de tuer et de détruire ?

    Assurément, le défilé militaire, symbole de la culture de la violence et de la guerre, conjugue indécence et obsolescence. Il véhicule des valeurs à l’opposé de celles de la fraternité et des droits de l’homme. Il pollue les esprits autant que la planète. Et il nous coûte environ 3,5 millions d’euros.

    Il est temps, au regard des immenses défis climatiques, démographiques, migratoires et sociaux auxquels notre civilisation est confrontée, d’investir dans une culture de la coopération et de la paix au service des besoins réels de l’humanité.

    Il est temps que les peuples, qui sont toujours les premières victimes des choix militaristes des États, imposent à leurs dirigeants des choix audacieux qui rendront inutiles les instruments de guerre qui n’existent et paradent encore le 14 juillet du fait de notre soumission volontaire à l’ordre jupitérien.

    Il est temps que les citoyens français s’insurgent contre cette pathétique procession qui voudrait nous faire croire que la France n’est grande qu’à travers la taille de ses missiles, la puissance de ses chars et la beauté de ses uniformes.

    En attendant ce jour de gloire où le peuple ami de la vie détrônera les idoles de la mort, ignorer ce défilé, en ne se rendant pas aux Champs-Elysées ou en éteignant sa télévision, est un minimum salutaire.

    Le maximum étant certainement d’organiser un contre-défilé des forces vives de la société civile, des femmes et des hommes qui chaque jour se dépensent sans compter pour le bien commun, qui font œuvre de solidarité avec les exclus et les démunis, qui construisent la paix par les moyens de la paix. Un défilé « fraternitaire » en quelque sorte...

    En ces temps troublés, ce serait juste une petite étincelle d’espérance.

    Alain Refalo, auteur de Démilitariser la France : plaidoyer pour un pays acteur de paix, Chronique Sociale, 2022.

    PS : une pétition pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet est disponible : Pétition · Pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet · Change.org 

    SOURCE : Défilé militaire du 14 juillet : l’indécence continue ! | Le Club (mediapart.fr) 

     

     

    ET POUR MOI CE SONT QUOI MES 14 JUILLET ?

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

    POUR COMMENCER

    JE SUIS D'ACCORD

    AVEC THEODORE MONOD

     

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

     

    DEUX SOUVENIRS SEULEMENT

     

    Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra...

     

    " le dernier 14 juillet de l'Algérie française "

     

    au 14 juillet 2014

     

     

     

     

     

    Aïn Sefra : 14 juillet 1961 

    "J'étais dans ce défilé contre ma volonté "

    J'avais à peine 20 ans et pas le droit de vote

    Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2015... Choeur du Pays de Forcalquier "La Paix Sur Terre"
    Nous aussi nous avions eu droit à notre défilé aérien
    Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2015... Choeur du Pays de Forcalquier "La Paix Sur Terre"

    Nous aussi nous avions des cavaliers

     (pas ceux de la Garde Républicaine)

     mais les harkis...

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014... Choeur du Pays de Forcalquier "La Paix Sur Terre"

     

    Merci de ne pas rire !!! 

    En guise de feux d'artifice 

    nous faisions brûler de la poudre à canon 

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014... Choeur du Pays de Forcalquier "La Paix Sur Terre"

     

    Alors nous nous préparions à faire la "fête

    du 14 juillet 1961" pendant qu'ailleurs

    et au même moment, en Algérie

    des tragédies se produisaient

    mais nous ne le savions pas encore... 

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014... Choeur du Pays de Forcalquier "La Paix Sur Terre"


    C'étaient mes meilleurs copains 

    si par hasard vous vous reconnaissez 

    faites-moi signes !!! 

    Rappelez-vous, ce 14 juillet 1961 

    nous avions eu droit à quelques bouteilles  

    en provenance des Coteaux de Mascara  

    Remarquez... je suis, en regardant la photo  

    le premier à droite... (ATTENTION NE PAS

    CONFONDRE AVEC LE PREMIER DE DROITE)

     

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

     

    Derrière moi la ligne de chemin de fer Oran - Colomb-Béchar… Combien d’heures, de semaines, de mois j’ai rêvé à ce train qui me ramènerait d’abord à Oran, puis la France, mon pays, mon vrai pays, mon seul pays, car ici j’étais dans un beau pays, c’est vrai, Serge Lama l'a si bien chanté... mais un pays martyrisé par 132 années de colonialisme et terminé par une guerre de près de 8 années avec ses crimes d’Etat, de guerre, contre l’humanité…

     

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3100 articles

     

    On m'avait dit " Tu verras la palmeraie de Tiout (Algérie) c'est très beau ", alors du 8 mai 1961 au 5 janvier 1963 je n'ai vu qu'un camp où on montait la garde... ou on se "tapait" la corvée de pluche ou de vaisselle... ou on effectuait des kilomètres dans des camions traînant des canons sur des pistes bosselées... ou on écrivait des lettres pour dire qu'on allait bien même si on allait mal, car l'ennui était là, toujours pesant et laminant le moral, mais finalement c'était mieux que de tuer ou se faire tuer... car ma plus grande chance "je n'ai pas tué"... En fait je n'ai rien connu des drames de la guerre d'Algérie, en particulier et du colonialisme, en général, pour l'heureuse raison que là où j'étais, il ne s'est absolument rien passé, j'ai donc tout appris de nombreuses années après être rentré dans mon cher pays, la France et surtout depuis que je gère ce blog... en fait regardez ce que je faisais en opération dans la région d'Aïn Sefra : "je notais le nombre de tirs de canons" sans savoir, d'ailleurs pour qui étaient destinés ces tirs, plus précisément je ne voulais pas savoir et je me suis toujours refusé de poser la question tout en ayant la "tête ailleurs... car là où j'étais ce n'était pas mon pays la France... "  comme vous pouvez le voir je n'avais pas de "kalachnikov pour employer un terme d'aujourd'hui" dans les mains... heureusement je n'aurais peut-être pas su ou pas voulu m'en servir... sauf, avec un instinct de survie... pour me sauver la vie...

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3100 articles

     

     SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

    Je n’ai participé qu’une seule fois, en tant qu’acteur, à un défilé du 14 juillet, c’était le 14 juillet 1961 à Aïn Sefra, bien sûr, c’était contre ma volonté… Enfin le dernier 14 juillet de l’Algérie française… Ne me parlez pas de médailles… j’ai refusé la croix du combattant,d'ailleurs pourquoi l'aurais-je acceptée ? Je n'ai rien connu des drames de la guerre d'Algérie, dans la région d'Aïn Sefra il ne s'est rien passé, j'étais dans l'artillerie et ce n'est pas moi qui manipulait les canons mais les soldats professionnels... Je n'ai jamais eu à me servir d'une arme individuelle... Donc en conclusion : avec la malchance d'avoir perdu 21 mois de ma jeunesse, j'estime quand même avoir eu beaucoup de chance...   mais un autre 14 juillet m'a marqué, celui du 14 juillet 2014… je rappelle le défilé sur les Champs-Elysées à Paris...

     

     

     

    La guerre d'Algérie était terminée depuis 52 ans et l'Algérie nation souveraine avait toute sa place le 14 juillet 2014 au même titre que tous les autres pays belligérants de la Grande Guerre... Pour la première fois de ma vie j'ai regardé une partie de ce défilé avec beaucoup d'attention en raison de cette présence... et je les ai vu ces 3 militaires algériens avec leur drapeau et je n'ai pas vu tous ces extrémistes de tous poils qui ont tellement hurlé, insulté, envoyé des lettres tout azimut pour empêcher cette présence... Lorsqu'à la fin du défilé j'ai vu les 3 jeunes de chaque pays belligérant de la Grande Guerre 14-18 lâcher les colombes de la paix je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce n'était qu'un voeu pieux au regard de toutes ces atrocités que nous voyons, hélas, chaque jour... dans un monde de plus en plus dangereux...

       

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

    Le 14 juillet 2014 

    Un message de paix

    Mais un voeu pieux

    Une chorégraphie de José Montalvo rassemblant 250 jeunes gens des pays invités, a mis un point final aux cérémonies sur un message de paix. Agés de 18 à 25 ans, ces jeunes vêtus de noir et blanc, ont procédé à un lâcher de colombes, symbole de paix et de réconciliation. Toutes les nations représentées ont alors partagé ce moment de fraternité, à Paris, en fin de matinée.

     

    Avec la présence de l'Algérie et de tous les autres pays belligérants de la Grande Guerre ce 14 juillet 2014 a été historique

     

    Avec la présence de l'Algérie et de tous les autres pays belligérants de la Grande Guerre ce 14 juillet 2014 a été historique

     

    Vu par un ancien mobilisé, 55 ans après 

    Nous avions tous vingt ans, et un peu plus peut-être, 

    Et nous ne savions rien des choses de la vie. 

    Nous étions des moutons que l’on amenait paître, 

    Nos bergers politiques étaient bien assoupis. 

    Ne sachant trop quoi faire, ils étaient tiraillés, 

    Conduisant au désastre, les yeux sur le bâton. 

    Gouverner c’est prévoir, ce n’est pas louvoyer 

    Et nos beaux officiers, ne rêvant qu’aux… ratons! 

    Pour devenir plus tard les cocus de l’Histoire. 

    Nous les pauvres couillons, on croyait (ou pas) à la guerre, 

    Victimes inconscients de nos esprits grégaires, 

    Car on nous demandait de nous battre, sans savoir trop pour qui, 

    Pour les colons bien sûr, leurs privilèges acquis, 

    Ils voulaient tout garder, en imposant leurs lois 

    Attisant les querelles,  entre arabes et gaulois. 

    A Paris, à Alger, on faisait des patrouilles 

    Mais ailleurs se tramaient de vilaines magouilles, 

    Qu’importe  le gâchis, et le sang et les larmes, 

    On ne faisait parler que la haine et les armes. 

    Le sort de l’Algérie se jouait à Wall Street 

    Au Caire et à Moscou, et non dans les guérites. 

    Oh ! Que de temps perdu, que de vies sacrifiées, 

    Pour aucun bénéfice, que l’honneur humilié. 

    Telle est la tragédie dont nous fûmes acteurs. 

    Reste le souvenir d’une immense rancœur. 

    Il nous reste encore de beaux jours à vivre, 

    Même si Thanatos, avec sa grande faux 

    Rôde ici et là, et par monts et par vaux. 

    Disons-lui “halte là !”. Je termine mon livre. 

                                                         Simon Garrigue, juin 2017

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

    Tu as raison Simon Garrigue terminons notre livre... demandons à Thanatos de nous laisser vivre encore un peu pour que l'on puisse voir en Algérie naître la seconde République après l'indépendance de 1962 confisquée par des dirigeants corrompus.

    Et, peut-être que si nous avons un peu de chance nous verrons, en France, mourir la Ve République née pendant la sale guerre d'Algérie et la naissance d'une République du XXIe siècle espérons meilleure...

     

       

     

    Michel Dandelot

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

    Militant anti colonialisme

    Militant anti racisme

    J'ai refusé la croix du Combattant

    Vive l'amitié entre les peuples algérien et français

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

     

    SOUVENIRS : Du 14 juillet 1961 à Aïn Sefra... le dernier 14 juillet de l'Algérie française... au 14 juillet 2014...

     

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