• Dense et riche, le rapport Stora peut permettre d'aller au-delà du conflit franco-algérien

     

     

    Dense et riche, le rapport Stora peut

    permettre d'aller au-delà du conflit

     franco-algérien

    Dense et riche, le rapport Stora peut  permettre d'aller au-delà du conflit franco-algérien

    L'historien Benjamin Stora et Emmanuel Macron, à l'Elysée, mercredi. Photo Christian Hartmann. Reuters

     

    L’historien Pascal Blanchard a lu le rapport de Benjamin Stora sur les «questions mémorielles portant sur la colonisation, et la guerre d’Algérie». Il propose une foison de propositions très diverses et concrètes mais qu'en retiendra Emmanuel Macron ?

    Benjamin Stora vient de remettre, ce mercredi à 17 heures, son «Rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation, et la guerre d’Algérie» au président de la République, Emmanuel Macron. Le rapport était attendu, comme ses conclusions et préconisations. Il est dense, riche et d’une qualité historiographique impressionnante. Le grand spécialiste de l’Algérie retrace, dans celui-ci, soixante ans de débat franco-algériens, mais surtout franco-français sur les méandres et les fractures de ce récit dans nos mémoires. Nous savons déjà, qu’au regard de ce travail de synthèse remarquable, les éditions Albin Michel vont le publier sous la forme d’un livre le mois prochain.

    Il rappelle en préambule que ces «conflits» sont liés depuis des décennies au fait que chacun a voulu choisir une mémoire ou un «camp», alors que précise-t-il : «Tout groupe appartenant à cette histoire est spécifique, mais aucun n’est exceptionnel et nul ne doit être placé au-dessus des autres.» Il a fondamentalement raison, c’est cette capacité à penser toutes les mémoires, de manière inclusive, qui permettra de structurer un récit commun sur cette histoire commune. Car les mémoires, elles, resteront parcellaires.

    En outre, appréhender l’histoire de la guerre, c’est aussi regarder «sur la temporalité très longue d’une présence coloniale française», c’est donc replacer, précise Benjamin Stora, ce conflit si spécifique dans l’histoire coloniale et dans sa globalité. Il faut aussi tenir compte de la relation si particulière avec l’Algérie, en lien avec la présence migratoire en France (7 millions de personnes sont liées, par leurs histoires, à l’Algérie), mais aussi avec l’importance diplomatique et économique de pays (premier marché́ africain pour les exportations françaises).

    Un sujet intimement politique

    Enfin, avant de plonger dans ces recommandations, il rappelle que la «posture» des Présidents français a toujours été centrale dans ce long cheminement de la mémoire. Sous le général de Gaulle ou Valéry Giscard d’Estaing, bien entendu, où le silence a dominé, mais aussi avec François Mitterrand après son voyage officiel en décembre 1981 en Algérie qui va conduire à l’initiative du 29 septembre 1982 de Pierre Mauroy qui fera polémique, présentant un projet de loi symbolique de la volonté de François Mitterrand, de pardonner… aux ultras de l’Algérie française (avec la réintégration de huit généraux putschistes d’avril 1961). L’opposition fut telle que l’article 49-3 fut nécessaire pour faire passer le texte de loi dans son intégralité.

    Il faudra attendre Lionel Jospin pour que le 10 juin 1999 l’Assemblée nationale reconnaisse enfin le terme de «guerre d’Algérie» pour définir explicitement cette période de l’histoire. Dans la foulée, Jacques Chirac s’empare lui aussi de la question et inaugure à Paris (quai Branly, face à «son» musée), le 5 décembre 2002, un «mémorial national» à la mémoire des soldats français morts en Algérie, au Maroc et en Tunisie de 1952 à 1962.

    Il retrace ensuite les enjeux de mémoire et conflit, notamment autour de la date «commune» de commémoration du conflit, du projet de musée nostalgique sur la colonisation de Marseille abandonné par Nicolas Sarkozy, du projet de Montpellier sur l’Algérie de la municipalité (également arrêté) et surtout de loi sur la «colonisation positive» de février 2005 et son article 4 qui fit scandale et qui sera déclassé par le Conseil constitutionnel en janvier 2006.

    Tout au long de son rapport, il montre que la guerre des histoires et des mémoires, en France comme avec l’Algérie, a été un long fleuve non-tranquille. Il rappelle le «consensus impossible» autour de la commémoration de la fin de cette guerre, la manière d’écrire une histoire commune et encore moins de trouver les fondements d’une «réconciliation». Il rappelle notamment qu’à la veille du voyage présidentiel de Nicolas Sarkozy en Algérie (après avoir donné aux Algériens le plan des mines posées pendant la guerre d’Algérie, aux frontières algérienne et marocaine), sera inauguré, en décembre 2007, un «mur des victimes du FLN», à Perpignan. Et même si des gestes importants ont existé, comme la condamnation en 2005 des «massacres» de mai 1945 par deux ambassadeurs français, la difficulté de faire émerger une politique cohérente est évidente.

    Quelles recommandations ?

    Dans ses propositions, Benjamin Stora ne recommande pas une loi mémorielle qui «entraverait tout exercice critique de l’histoire», précise-t-il. De même, il ne recommande pas un «grand discours» présidentiel mais il pense qu’il est «nécessaire d’emprunter d’autres chemins» pour bâtir «une juste mémoire». Il demande que nous regardions les enjeux dans d’autres pays à cet égard, comme au Japon ou en Afrique du Sud. Aucune réponse simple à un sujet intimement complexe. Et il a raison.

    Pour guider ce travail majeur et massif, il propose de créer – comme axe central de ses propositions – une «Commission Mémoire et Vérité» (s’inspirant directement de l’Afrique du Sud), avec pour priorité de soutenir les commémorations (19 mars, 25 septembre, 17 octobre) et le recueil des mémoires. Dans ce cadre, il propose une stèle de l’Emir Abdelkader pour commémorer le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022, d’établir un guide des disparus (des deux camps et notamment ceux d’Oran en juillet 1962), de dresser un inventaire des lieux des essais nucléaires en Algérie et leurs conséquences, de partager les archives (avec un travail en profondeur et de numérisation dans la continuité de l’accord de coopération datant du 6 mars 2009 entre nos deux pays), de faciliter le déplacement des Harkis et de leurs familles entre la France et l’Algérie, de faire l’histoire des camps d’internement en France des Algériens (il y en a 4), de soutenir l’idée que des noms de rues mettent en exergue des Français d’Algérie, de restituer les corps et restes de nos musées, de développer la coopération universitaire, de restituer plusieurs objets symboliques, de faire un travail foncier dans les manuels scolaires mais aussi la colonisation (le message est clairement à l’intention du ministre actuel de l’Education nationale !) et, même, de relancer le projet de musée à Montpellier. Un véritable programme…

    Il propose, également, de faire un travail commun de médiation (réédition de livres, films de cinéma ou documentaires) car pour l’historien «l’outil audiovisuel est un instrument décisif pour la préservation des mémoires» comme cette année l’a démontré le succès sur France 2 du documentaire Décolonisations : du sang et des larmes. Et de manière très spécifique, il insiste sur des gestes politiques forts, touchant en particulier les personnalités politiques du nationalisme algérien assassinées (comme l’avocat Ali Boumendjel) – mais il ne parle pas de l’action secrète de la Main rouge.

    Enfin, et surtout, actes forts et symboliques, il propose d’organiser dès cette année au Musée national de l’histoire de l’immigration (qui va commémorer le 90e anniversaire de l’Exposition coloniale) une grande exposition sur le passé colonial avec un colloque sur les décolonisations. Et, enfin, de faire entrer au Panthéon une personnalité symbole de la réconciliation des mémoires (Gisèle Halimi).

    Beaucoup de choses donc dans ce rapport. Plus qu’un discours, Benjamin Stora recommande donc des actes concrets qui au final «fabriquent» une politique pour aller au-delà des guerres de mémoires, au-delà du conflit entre la France et l’Algérie (parce que écrit-il joliment, «l’histoire n’a pas de nationalité»), pour qu’enfin la «réconciliation attendue» ouvre sur la possibilité du passage d’une mémoire communautarisée à une mémoire commune.

    Que retiendra le président de la République ?

    De tout cela que retiendra le président de la République, Emmanuel Macron, qui qualifiait lors de la campagne pour la présidentielle de 2017, la colonisation de «crime contre l’humanité» ? Dans ces propositions, à la fois riches, prudentes et ambitieuses, les choses les plus concrètes sans doute (des «actes symboliques» annonçait l’Elysée) : une grande exposition au MNHI (une proposition qui a néanmoins déjà disparu de la synthèse que fait l’AFP ce soir à 16 heures…), la stèle de l’Emir Abdelkader, les restitutions à l’Algérie de l’épée de l’émir Abdelkader et du canon de Baba Merzoug, l’enquête sur les disparus et la transparence sur la disparition de l’avocat Ali Boumendjel, mais aussi la libre circulation des Harkis et leurs familles…

    La question des archives, des programmes scolaires ou la mise en place d’une «commission Mémoire et Vérité» seront sans aucun doute plus complexes à mettre en œuvre… De fait, l’entourage du Président souhaite «une démarche de reconnaissance», mais pas de «repentance», ni d’«excuses». Pour le président de la République, ce «programme» permettrait, de fait, d’initier des fondations pérennes pour une véritable politique publique pour qu’enfin ce passé puisse passer.

    Pascal Blanchard vient de copublier Décolonisations française, la chute d’un Empire aux Editions de la Martinière (2020).

    Pascal Blanchard historien, chercheur-associé au CRHIM (Lausanne) 

    SOURCE : https://www.liberation.fr/debats/2021/01/20/dense-et-riche-le-rapport-stora-peut-permettre-d-aller-au-dela-du-conflit-franco-algerien_1818082 

     

     

    France-Algérie : les 22 recommandations

     du rapport Stora

    L’historien souhaite la mise en place d’une commission « Mémoire et Vérité » chargée d’impulser des initiatives mémorielles communes entre les deux pays.

    Le rapport de Benjamin Stora remis mercredi 20 janvier à Emmanuel Macron recommande la mise en place d’une commission « Mémoire et Vérité » chargée d’impulser des initiatives mémorielles communes entre la France et l’Algérie. L’historien propose que cette commission soit composée de « différentes personnalités engagées dans le dialogue franco-algérien », comme Fadila Khattabi, présidente du groupe d’amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale, Karim Amellal, ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée, des intellectuels, médecins, chercheurs, chefs d’entreprise, animateurs d’associations…

    Cette commission pourrait formuler des recommandations sur les 22 points suivants :

    Commémorations

    Poursuivre les commémorations, comme celle du 19 mars 1962 demandée par plusieurs associations d’anciens combattants à propos des accords d’Evian, premier pas vers la fin de la guerre d’Algérie. D’autres initiatives de commémorations importantes pourraient être organisées autour de la participation des Européens d’Algérie à la seconde guerre mondiale ; du 25 septembre, journée d’hommage aux harkis et autres membres de formations supplétives dans la guerre d’Algérie ; du 17 octobre 1961, à propos de la répression des travailleurs algériens en France. A tous ces moments de commémoration pourraient être invités les représentants des groupes de mémoires concernés par cette histoire.

    Témoignages

    Organiser le recueil par cette commission de la parole des témoins frappés douloureusement par cette guerre pour établir plus de vérités et parvenir à la réconciliation des mémoires.

    Emir Abdelkader

    Construire une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader, qui lutta contre la conquête de l’Algérie par la France au milieu du XIXe siècle, à Amboise (Indre-et-Loire), où il vécut en exil entre 1848 et 1852. Le monument pourrait être érigé à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en 2022.

    Ali Boumendjel

    Reconnaissance par la France de l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, ami de René Capitant et dirigeant politique du nationalisme algérien, tué pendant la bataille d’Alger, en 1957. Ce geste ferait suite à la déclaration du président Emmanuel Macron concernant Maurice Audin en septembre 2018.

    Disparus

    Œuvrer à la publication d’un « guide des disparus » (algériens et européens) de la guerre d’Algérie, sur la base des recherches du « groupe de travail » créé à la suite de la déclaration d’amitié signée lors de la visite du président François Hollande à Alger en 2012. Ce groupe avait été mis en place pour permettre la localisation des sépultures des disparus algériens et français de la guerre d’indépendance. Il devra poursuivre son travail.

    Essais nucléaires et mines

    Poursuivre le travail conjoint concernant les lieux des essais nucléaires français en Algérie, réalisés entre 1960 et 1966, et leurs conséquences, ainsi que la pose des mines aux frontières.

    Restes humains

    Poursuivre l’activité du comité mixte d’experts scientifiques algériens et français chargés d’étudier les restes humains de combattants algériens du XIXe siècle conservés au Muséum national d’histoire naturelle.

    Harkis

    Voir avec les autorités algériennes la possibilité de faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie.

    Oran, juillet 1962

    Mettre en place une commission mixte d’historiens français et algériens pour faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962 ; entendre la parole des témoins de cette tragédie.

    Cimetières européens et juifs

    Encourager la préservation des cimetières européens en Algérie (travaux, entretiens, réhabilitations des tombes), ainsi que des cimetières juifs (comme ceux de Constantine et de Tlemcen).

    Noms de rues

    A l’instar de la mesure instaurée par le président de la République visant à donner à des rues de communes françaises des noms de personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer, inscrire des noms de Français d’origine européenne particulièrement méritants, en particulier médecins, artistes, enseignants, issus de territoires antérieurement placés sous la souveraineté de la France.

    Archives

    Activer le groupe de travail conjoint sur les archives, constitué en 2013 à la suite de la visite du président Hollande en 2012. Le groupe s’est réuni à six reprises, jusqu’au 31 mars 2016. Ce groupe de travail sur les archives devra faire le point sur l’inventaire des archives emmenées par la France et laissées par la France en Algérie. Sur la base de ce travail d’inventaire, certaines archives (originaux) seraient récupérées par l’Algérie. Celles laissées en Algérie pourront être consultées par les chercheurs français et algériens. Le « comité de pilotage » pourrait proposer la constitution d’un premier fond d’archives commun aux deux pays, librement accessible.

    Visas de chercheurs

    La coopération universitaire pourrait, avant le règlement de la domiciliation des archives, trouver un moyen pour chacune des parties de montrer la volonté de transparence du passé commun. La France proposerait ainsi de donner chaque année à dix chercheurs, inscrits en thèse sur l’histoire de l’Algérie coloniale et la guerre d’indépendance dans un établissement universitaire algérien, la possibilité d’effectuer des recherches dans les fonds d’archive en France.

    Le visa de chercheur à entrées multiples serait d’une durée de six mois, pouvant être prolongé de trois mois, ce qui correspond à une année universitaire. Le chercheur pourrait ainsi effectuer des allers-retours en fonction des besoins de sa recherche. Ce visa pourrait être renouvelable.

    Afin que ces recherches puissent effectuées dans de bonnes conditions matérielles, un accord serait passé avec le Centre national des œuvres universitaires (Cnous) pour mettre à disposition une chambre au sein d’une cité universitaire proche des lieux d’archive dans des modalités pratiques à approfondir. Enfin, ces étudiants pourraient bénéficier pendant leur séjour en France de la même bourse d’étude que les étudiants français inscrits en thèse, au prorata de la durée de séjour.

    En parallèle, des étudiants français, dans un nombre qui reste à discuter avec les autorités algériennes, devraient pouvoir bénéficier d’un visa à entrées multiples et d’un accès facilité aux archives algériennes concernant la même période.

    Edition

    Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection « franco-algérienne » dans une grande maison d’édition. L’objectif serait de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés de la Méditerranée.

    Traductions

    Créer un fonds permettant la traduction du français vers l’arabe et de l’arabe vers le français d’œuvres littéraires et à caractère historique. Ce fonds pourra également prendre en charge les écrits de langue berbère.

    Programmes scolaires

    Accorder dans les programmes scolaires plus de place à l’histoire de la France en Algérie. A côté d’une avancée récente – ne plus traiter de la guerre sans parler de la colonisation –, il convient de généraliser cet enseignement à l’ensemble des élèves (y compris dans les lycées professionnels).

    Jeunes créateurs

    Aller vers la mise en place d’un office franco-algérien de la jeunesse, chargé principalement d’impulser les œuvres de jeunes créateurs (œuvres d’animation, courts-métrages de fiction, création de plate-forme numérique pour le son et l’image).

    Musée

    Réactiver le projet de musée de l’histoire de la France et de l’Algérie, prévu à Montpellier et abandonné en 2014.

    Colloque

    Organiser en 2021 un colloque international dédié au refus de la guerre d’Algérie par certaines grandes personnalités comme François Mauriac, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, André Mandouze et Paul Ricœur.

    Exposition

    Organiser en 2021 au Musée national de l’histoire de l’immigration une exposition ou un colloque sur les indépendances africaines.

    Gisèle Halimi

    Entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure de l’opposition à la guerre d’Algérie. 

    Canon Baba Merzoug

    Créer une commission franco-algérienne d’historiens chargée d’établir l’historique du canon « Baba Merzoug » ou « La Consulaire », ravi lors de la conquête d’Alger en 1830 et installé à l’arsenal de Brest, et de formuler des propositions partagées quant à son avenir, respectueuses de la charge mémorielle qu’il porte des deux côtés de la Méditerranée.

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/20/france-algerie-les-22-recommandations-du-rapport-stora_6066931_3212.html

    « France-Algérie : ce rapport Stora sur la mémoireJean-François Gavoury et le rapport Stora »
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  • Commentaires

    6
    Andy
    Dimanche 24 Janvier à 08:11

    Si la vraie histoire de l´occupation francaise en Afrique était enseignée en France, ce serait bien, ceci aiderait á soigner les blessures infligées par la France aux africains en Afrique, et, la France de guérir de ce chauchemard.

     

    J´espère qu´un jour, une Personnalité politique francaise aura cette Grandeur, cette Hauteur , cette Humilité qu´a eu le 7 décembre 1970 le Chancelier Allemand s´agenouillant devant le Mémorial Juif á Varsovie demandant pardon aux agissements de l´Allemagne nazi, geste sans précédant.

    La France a eu aussi ses Auschwitz en Algérie oú l´armée francaise torturait même les enfants.
    « ALGERIE – Les Auschwitz de la France en Algerie » https://youtu.be/RGLrdjkcLdM 

    YouTube-Video « ALGERIE – Les Auschwitz de la France en Algerie » ansehen

    5
    Le_Canari_de Retour
    Vendredi 22 Janvier à 11:36

    Pour s’entendre, la meilleure voie est d’écarter les extrémistes de la droite, sinon, il faudrait des siècles pour résoudre ce problème qui traîne depuis toujours .

    Si Macron, sur ce sujet précis, se faisait conseiller ou demandait les avis de certains réputés pour leur haine viscérale envers les Algériens (allusion au nain et au criminel bhl)…nos relations feront – encore et toujours-  du surplace.  

    Rappel  :

    Le premier cité (rappelez-vous)  a parlé des bienfaits du colonialisme Français  en Algérie

    Le second, suffisamment connu, vient de prétendre que les Algériens sont d’origine juive. (Rien que çà !!!)

    Nota : Le Grand Charles devrait se tourner et retourner dans sa tombe en entendant  parler ces individus.

     

    L’Algérie ne demande RIEN sinon une reconnaissance de toutes les horreurs commises par la France coloniale.

    Les réactions des fanatiques de la droite Française, s’attardent sur des détails comme ceux de : la Grande poste – qui est un problème Franco-français -  ou...

     

    les bavures d’Oran en 62.

    La majorité des autochtones de l’Ouest étaient de misérables paysans qui travaillaient dans les champs des richissimes colons qui leur ont fait suer le burnous. Et, les pauvres malheureux gagnaient en fin de journée un morceau de pain rassis accompagné de 5 figues sèches qu’ils se devaient d’accepter au risque de perdre leur emploi..

    Au lendemain du cessez le feu, la réaction de ceux qui étaient traités de tous les noms par les riches terriens, étaient prévisible. C’était une réaction tout à fait normale…une réaction humaine après avoir subi les horreurs et les humiliations sans oublier que leur  femmes et  filles étaient abusées dans les hangars, les granges, les écuries par ces monstres qui se disaient « civilisateurs ». Et la plupart du temps, les abus se commettaient en présence du mari ou père ligoté…      

     Et comment réagir devant ces colons qui collectionnaient les oreilles des …nos femmes  ?

          

    N’a-t-on lu , très récemment un article intitulé : « Né d’un viol collectif par les paras ?  » Ceci n’est qu’un touuuut  petit exemple sur les prétendus «  bienfaits du colonialisme Français en Algérie  » (sic)  

     Ces extrémistes de la droite voudraient-ils que l’Algérien présente ses excuses pour tous les crimes commis par la France depuis son invasion en  1830 ?

    Ces gens veulent-ils habiller l’agresseur en victime ???

    A vrai dire l’invasion a été préparée  du fait qu’un topographe Français a été mandaté – par son pays-  pour repérer les lieux par où devait s’effectuer l’invasion.

     

    Concernant les juifs,

    Il faut savoir que les juifs d’Algérie ont plus de 3000 ans d’existence dans la ville de ponts essentiellement

    Et il faut demander à Enrico le pourquoi du départ précipité de toute cette population en 62.

    ( Enrico a été à l’origine du malheur des 30.000 Juifs , du temps où le sinistre Papon était Préfet à Constantine ).

    Quel état l’objectif du chanteur aux larmes de crocodiles, en participant  –en collaboration de deux agents du Mossad - dans l’assassinat de Raymond Leyris ?

    Et pourquoi y a-t-il eu crime avec une arme munie d’un silencieux (arme inexistante à l’époque chez les indépendantistes) si ce n’était de faire croire que le F.L.N était à l’origine de l’attentat sur la personne de Raymond fortement respecté par les trois communautés de Constantine ? Le crime ne visait-il pas à vider la ville des ponts de tous les juifs pour qu’ils émigrent vers les territoires Arabes occupés ?

     

    Concernant les harkis (mot qui fait grincer les dents aux 42 millions d’Algériens)  

    En 62, ces vomissures ambulantes ont opté pour la France coloniale.

    Nous respectons leur libre choix. C’est ce que l’on dit…non ? 

    Alors, ils sont bien là où ils sont et leur présence en Algérie leur est catégoriquement refusée.

    Comment diantre, si ces semblants d’individus  revenaient en Algérie et dans le cas où ils venaient à croiser dans la rue, une de leurs nombreuses victimes ????

    Un vil personnage qui a volé, violé , torturé…ses propres frères, ses frères de sang pour le plaisir des militaires étrangers ? Qui l'accepterait ? Qui en voudrait ?

    Les décideurs Français devraient se rappeler sur ce que fut le devenir des collabos Français dans les rangs Nazis au lendemain de la libération de la France.

    En votre âme et conscience, pouvez-nous faire la différence entre un collabo et un harki ?

    Un traître reste toujours un traître même en caleçon !!! 

    Que dire maintenant ? 

    La relation entre l’Algérie et la France  est exactement comme une corde usée par les frottements …par la mentalité paternaliste qui sévit jusqu’à ce jour.

    L’Algérie n’est pas prête à brader sa dignité et brader le sang de nos milliers de martyrs. S’il n’y a pas de reconnaissance de la partie adverse, le monde ne s’arrêtera pas de tourner.

    Il est à craindre, eu égard à l’entêtement de l’ex-colonisateur- que les liens (tous les liens) qui lient nos deux pays iront se détériorant.

    Les puissances étrangères espèrent que l’on ne s’entende jamais.

    Si l’ex colonisateur ne veut pas reconnaître ce qu’il fit et ce qu’il fut, l’Algérien n’est pas du genre à se plier pour supplier « Dame France » pour que cette dernière reconnaisse tous les crimes commis durant 132 ans. La terre ne s’arrêtera pas de tourner.

      

    Concernant les PN

    Pour la millième fois, les PN ont été les dindons de la farce. Ils ont été leurrés par les leurs.  La rumeur: "la valise ou le cercueil" a été lancée par l'OAS pour créer un ras-de marée au niveau des ports Algériens pour pouvoir échapper aux barbouzes.

    Au début des années 60/61, les PN se sont sentis obligés de suivre la marche qui leur était imposée par les criminels de l’Organisation de Animaux Sauvages  (ou OAS) et ce n’est que par la suite (en 61)  qu’ils se sont aperçus qu’ils avaient opté « « pour un lièvre qui était perdant avant d’entrer en course » ».

    La majorité des PN  regrettent, et ils sont nombreux à le regretter aujourd'hui.

    L’erreur est humaine.

    D’ailleurs ils le disent dans leurs écrits.

    Ils le disent  quand ils effectuent des pèlerinages dans leurs quartiers d’enfance. Les PN lambda, durant leur séjour ici, sont accueillis avec trompette et fanfare. Ceux-là n’ont pas de sang qui dégouline de leurs mains. Ils ont été, sont et resteront toujours les bienvenus et, personnellement, je les considère autant Algériens que moi.

    Nos relations avec les PN ont été comme « « les relations au sein d’un couple et quel est le couple qui n’a pas connu de problèmes » » (dixit un vieux papy , les larmes aux yeux, qui me chuchota cette phrase lors de son séjours à Blida )     

     

    Conclusion :

    Il appartient à la France de choisir ce qu’elle veut.

     

     

    Le_Canari de _retour

    Blida le : 22.01.2021

    4
    Jeudi 21 Janvier à 15:15

    Il y de tout et rien de plus dans ce rapport.  Rien - sur la Période de Transition 19 mars1962 -1er juilet 1962, Rien sur l'Exécutif provisoire Algérien, le GPRA de Tunis et le Rocher Noir avec sa kirielle d'officiers de l'ALN -Pas un mot aussi sur la Terre Brûlée promise  et les destructions d'édifice publics effectués par l'OAS  -  Quand aux 4000 militaires du contingent mutés d'office et sacrifiés dans la force locale (Accords d'Evian ) on n'en aurait pas jamais entendu parler, si le pauvre bidasse que j'étais a cet époque, avait perdu la mémoire et la vie!! Pauvre FRANCE 

    Tout au long de son rapport, il montre que la guerre des histoires et des mémoires, en France comme avec l’Algérie, a été un long fleuve non-tranquille. Il rappelle le «consensus impossible» autour de la commémoration de la fin de cette guerre, la manière d’écrire une histoire commune et encore moins de trouver les fondements d’une «réconciliation».

    J'ai quand même bien aimer <<Premier pas vers la fin de la guerre d'Algérie >>

    Poursuivre les commémorations, comme celle du 19 mars 1962 demandée par plusieurs associations d’anciens combattants à propos des accords d’Evian, premier pas vers la fin de la guerre d’Algérie.

    3
    Jeudi 21 Janvier à 12:54

    J'ai lu avec plaisir et étonnement que M. Jacques Cros avait apporté sa contribution au rapport de Benjamin Stora.

    • Voir les réponses
    2
    Jeudi 21 Janvier à 10:18
    J'éprouve un certain malaise non sur ce que je sais du rapport remis par Benjamin Stora au chef de l'Etat mais pour l'exploitation qui en sera faite. Je n'ai personnellement pas de repentance à exprimer ayant toujours combattu le colonialisme et la guerre menée pour le perpétuer. En fait je suis victime et n'ai pas de sentiment de culpabilité à propos des exactions commises par l'armée française. Je n'ai pas de contentieux avec les Algériens.J'en ai par contre avec les dirigeants de mon pays qui m'ont volé 26 mois de ma jeunesse. Et puisqu'on en est à un travail de vérité historique allons au fond des choses. Quelle logique doit-on mettre en cause dans les atrocités qui ont nécessairement accompagné le conflit. Je suis d'accord pour coopérer avec les Algériens sur le travail de mémoire d'un passé douloureux et de chercher ensemble les voies d'un monde meilleur.De ce point de vue c'est ce que je fais avec quelques contacts que j'ai pu nouer en Algérie.Il y a aussi la question des harkis. J'ai plutôt tendance à les considérer comme plus victimes que coupables. Reste le sentiment qui prévaut à leur encontre dans leur pays d'origine. Les anciens d'Algérie sont à la fin de leur existence. Je souhaite qu'ils s'impliquent dans la reconnaissance du rôle, qu'à leur corps défendant, qu'on leur a fait jouer dans cette histoire. Et j'insiste sur la dimension de paix et d'amitié qui devrai les animer dans les quelques années qui leur restent à vivre.
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