• Des anciens combattants contre la réhabilitation des fusillés pour l’exemple : Honte au général d’armée Bruno Dary (regardez bien sa biographie)

    On nous a pas tout dit

    Nous étions au mois d’avril 2017

    François Hollande était encore président

     de la République

    Des anciens combattants

     contre la réhabilitation

     des fusillés pour l’exemple

    Le 16 avril dernier, le Président de la République a commémoré le centième anniversaire de la bataille du Chemin des Dames qui, comme on le sait, a fait des dizaines de milliers de victimes, sans aucun résultat militaire, du fait de la sinistre incompétence des généraux, dont le fameux Nivelle, surnommé « le boucher ».  

    Ce 16 avril 1917, Nivelle n’a cure des victimes, il continue contre toute raison à envoyer au front des vagues de Poilus, qui tombent les uns après les autres. Des centaines d’entre eux refusent ces ordres démentiels, ils mettent la crosse en l’air. Plusieurs dizaines seront fusillés pour l’exemple. C’est alors que quelques poilus écrivent et chantent la devenue célèbre « Chanson de Craonne ». « Adieu l’amour, adieu toutes les femmes. C’est bien fini, et pour toujours, de cette guerre infâme… Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront. Car c’est pour eux qu’on crève. Mais c’est fini, nous les troufions, on va se mettre en grève ». Cette « Chanson de Craonne », pour son antimilitarisme, sera interdite d’antenne jusqu’en… 1974 !

    Mais voilà qu’en ce mois d’avril 2017, d’anciens combattants montent au créneau pour s’opposer à une éventuelle réhabilitation des fusillés pour l’exemple. En effet, le comité national d’entente des associations d’anciens combattants, avec à sa tête le Général Bruno Dary, a adressé une lettre au Président de la République pour « mettre en garde les autorités de notre pays si d’aventure on venait à mettre en exergue ces fusillés pour l’exemple afin de les réhabiliter… Les millions de soldats méritent mieux dans notre souvenir collectif que la Chanson de Craonne ».

    Entre le comportement imbécile et criminel de certains généraux, et l’héroïsme des Poilus envoyés au carnage par vagues d’assaut inutiles et meurtrières, ce « comité national d’entente » semble avoir choisi. Est-ce vraiment à son honneur ?

    Tout avait commencé par cet article

     du quotidien Libération qui nous informait

    Au Chemin des Dames

     la «Chanson de Craonne»

     continue d’irriter le gradé

    Par Christophe Forcari 14 avril 2017

    Poilus au point de départ de l’attaque sur Craonne, dans l’Aisne, pendant l’offensive du Chemin des Dames. Photo Rue des Archives. Tallandier

    François Hollande commémorera ce dimanche le centenaire de la sanglante bataille, sur fond de mécontentement autour de l’interprétation du chant antimilitariste.

    Aucun de ses prédécesseurs n’en avait encore salué le souvenir. Dimanche, François Hollande sera dans l’Aisne pour commémorer le centième anniversaire de la bataille du Chemin des Dames. L’une des célébrations organisées à cette occasion suscite une petite polémique. Un chœur devrait entonner devant le Président la fameuse Chanson de Craonne, rengaine jugée suffisamment antimilitariste et pacifiste pour avoir été interdite d’antenne jusqu’en 1974. «Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes. C’est bien fini, c’est pour toujours, de cette guerre infâme. C’est à Craonne, sur le plateau, qu’on doit laisser sa peau», dit le refrain. Un peu plus loin, les auteurs appellent leurs camarades à mettre la crosse en l’air. «Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront. Car c’est pour eux qu’on crève. Mais c’est fini, nous les troufions, on va se mettre en grève.» Le comité national d’entente des associations d’anciens combattants s’est fendu d’une lettre au chef de l’Etat «pour mettre en garde les autorités de notre pays si d’aventure on venait à mettre en exergue ces fusillés pour l’exemple afin de les réhabiliter». «Les millions de soldats méritent mieux dans notre souvenir collectif que la Chanson de Craonne», écrit l’assez conservateur général Bruno Dary, à la tête de ce comité.

    «Dignité». Pour les hauts galonnés de l’état-major, il est un principe sur lequel on ne peut revenir : «La discipline est la force principale des armées.» En coulisses, les militaires jugent plutôt malvenu que cette chanson soit interprétée devant un chef des armées ayant envoyé près de 7 000 soldats sur les théâtres d’opérations extérieures. «Et si par malheur les honneurs sont rendus autour de la dépouille de l’un d’entre eux dans la cour des Invalides, on va jouer quoi ? Le déserteur s’emporte le gradé d’un régiment.

    Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait été le premier, à quelques jours du 11 novembre 1998, à évoquer la mémoire des mutins. Il avait alors déclaré que ces soldats rebelles à des ordres imbéciles «devaient réintégrer pleinement notre mémoire collective nationale». Une déclaration jugée «inopportune» par le président Chirac. En 2008, Nicolas Sarkozy ajoutait encore une pierre à cet édifice en déclarant, «au nom de notre Nation, que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés, n’avaient pas été des lâches, mais que simplement, ils étaient allés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces». Une démarche dans laquelle l’Elysée entend encore s’inscrire. «La mémoire de ces soldats qui ont pu avoir une défaillance doit s’inscrire dans le recueil de la mémoire collective», explique-t-on à l’Elysée, où l’on souhaite commémorer cette bataille «dans la paix des mémoires, la vérité et la lucidité. La France doit se rassembler dans l’amour de la patrie et de la dignité humaine». Mais le sort des «fusillés pour l’exemple» fait toujours polémique. D’un côté la bravoure des Poilus, envoyés au carnage lors d’assauts aussi meurtriers qu’inutiles, est célébrée. De l’autre sont mis en cause le cynisme et l’imbécillité de généraux incompétents, qui auront sacrifié des dizaines de milliers de vies humaines sans aucun résultat militaire.

    Peloton. Le 16 avril 1917, le général Nivelle, dit «le boucher», artilleur de formation peu réputé pour sa finesse stratégique, lançait l’offensive du Chemin des Dames. Pour venir à bout des lignes allemandes, il compte sur le nombre. Sur le plateau, les troupes du Kaiser ont établi une véritable forteresse au pied de laquelle les soldats «bleu horizon» viendront s’amonceler en tas de cadavres. Au lieu de la percée de 10 kilomètres promise par Nivelle, les troupes françaises n’avancent que de 500 mètres. En dix jours, ce sont 30 000 hommes qui tombent. Sur les 16000 tirailleurs sénégalais engagés sur ce théâtre, seuls 7 000 survécurent. Pour leur rendre hommage, le président Hollande va d’ailleurs accorder la nationalité française à 27 tirailleurs, septuagénaires et octogénaires, vétérans des conflits coloniaux.

    Malgré les pertes d’avril, Nivelle ne cesse de donner l’ordre de repartir à l’assaut. A l’arrière, lors de leurs brefs moments de répit, les Poilus, épuisés et conscients de l’inutilité de leur sacrifice, se rebiffent. Plus question d’aller se faire trouer la peau pour rien: ils refusent de remonter au front. Pour l’armée, c’est un refus d’obéissance ou une mutinerie. Dans le deuxième cas, la sanction est le peloton d’exécution. Nivelle est écarté en mai 1917. Le général Pétain, tout auréolé de sa victoire à Verdun, lui succède. Il augmente les temps de repos des soldats et les temps de rotation vers le front. Mais sans montrer aucune clémence envers les mutins. Les historiens estiment à 2 000 le nombre de soldats ayant participé aux rébellions du printemps 17. 27 furent exécutés pour «indiscipline collective». Pour toute la durée de la guerre, on estime à 620 le nombre de Poilus condamnés à mort. Devant le peloton ou à Craonne, c’est de toute façon sur le plateau qu’ils auront laissé leur peau.

    SOURCE : http://www.liberation.fr/france/2017/04/14/au-chemin-des-dames-la-chanson-de-craonne-continue-d-irriter-le-grade_1562930 

    Honte au général d’armée Bruno Dary

    rien à voir avec l'armée pourtant...

    Honte au général d’armée Bruno Dary il fut l’un des organisateurs, en octobre 2016, des « Manifs pour tous », rien à voir avec l'armée pourtant, appelant les familles à « descendre dans la rue pour ne plus subir les attaques de la gauche »…

    « Manif pour tous »: quand les vieux réseaux

    OAS s'en mêlent

    AFP PHOTO/ THOMAS SAMSON

    On le sait. La Manif pour Tous a confié l’organisation de ses manifestations à un général d’armée – grade le plus haut dans l’armée de terre- Bruno Dary. M. Dary, aujourd’hui à la retraite, est l’ancien gouverneur militaire de Paris et a été le commandant du défilé militaire du 14 juillet.

    Peu avant la manifestation parisienne du 24 mars, une association, Secours de France s’adressait à ses sympathisants en les invitant à se déplacer, avenue de la Grande Armée.

    L’association Secours de France avait mobilisé en ces termes pour la manifestation du 24 mars/ DR

    A l’appui de cette invitation, elle présentait Bruno Dary comme  un « grand ami » du Secours de France, soulignant que son frère François en était l’un des administrateurs.

    Or, cette association n’est pas tout à fait anodine. Elle a été créée en 1961 « pour venir en aide aux militants pour l’Algérie française emprisonnés et à leurs familles », expliquent Jean-Yves Camus et René Monzat dans leur livre référence Les droites nationales et radicales en France (PUL, 1992). C’est-à-dire en soutien aux détenus de l’OAS. Les auteurs notent que « Jean-Marie Le Pen y milita ».

    Secours de France existe encore aujourd’hui. Elle se présente officiellement sur son site  comme « issue des tragédies vécues lors de l’indépendance de l’Algérie par les populations européennes, berbères et arabes restées fidèles à la France, comme par les soldats qui ont choisi de respecter à leur égard la parole donnée ». Et,  selon ses membres eux-mêmes, « Secours de France poursuit son œuvre au service du devoir de vérité due aux nouvelles générations, du devoir de justice envers les ‘oubliés de l’Histoire’ et de la responsabilité qui nous incombe dans l’avenir des valeurs patriotiques et chrétiennes dont notre nation est issue ». 

    « Pierre bien ajustée » 

    Secours de France veut aussi promouvoir  « l’œuvre civilisatrice de la France au XIXe et XXe siècles [la colonisation] ; celle de ses combats contre les assauts conjugués du communisme et du terrorisme en Indochine puis en Algérie ; celle aussi des engagements plus récents de nos forces en Afrique ou au Proche-Orient. »

    Un autre pilier du combat de Secours de France reste la défense des « valeurs chrétiennes et françaises ». Cela passe, plus posément, par « le soutien aux initiatives tendant à enseigner l’Evangile et la France à des jeunes de toute condition et de toute origine, ainsi qu’aux communautés qui survivent dans un environnement violemment hostile, au Proche et au Moyen-Orient ».

    Pour Secours de France,  « les grands médias, et trop souvent aussi l’Education ‘Nationale’, méprisent ou caricaturent systématiquement les seules valeurs qui constituent un gage d’avenir pour notre culture et notre civilisation ».   Avant d’avertir: « Aucun Goliath n’est à l’abri d’une pierre bien ajustée, choisie avec soin dans le lit du torrent. Ajoutez-y la vôtre : soutenez les missions de Secours de France dans le devoir de vérité, de justice et de charité ».

    Une nouvelle fois, Ichtus 

    Curieusement, on retrouve une nouvelle fois Ichtus. Le président de Secours de France, Jean-Marie Schmitz, ancien cadre dirigeant du groupe Lafarge, a été celui d’Ichtus, cet institut catholique traditionaliste héritier de la Cité catholique, un mouvement d’extrême droite «contre-révolutionnaire», qui connut une certaine influence dans les années 1950 et 1960. Jacques Trémolet de Villers, fondateur d’Ichtus, ancien avocat du milicien Paul Touvier, est d’ailleurs lui aussi membre de la direction du Secours de France.  Ichtus se retrouve encore au centre du jeu dans le mouvement anti-mariage homosexuel. (A ce sujet, lire notre article ici).

    La composition des membres « pour l’honneur » de Secours de France est aussi très instructive.  On y retrouve, entre autres,  Jacques Isorni (avocat de Pétain);  Jean-Louis Tixier-Vignancour (figure de l’extrême droite, avocat des militants OAS); Georges Bidault (ancien résistant, il fut l’un des dirigeants OAS); Pierre Sergent (un des chefs de l’OAS); le Colonel Château-Jobert (ancien résistant, ancien OAS); ou encore les écrivains Jean Raspail et Jean Cau, qui furent tous deux proches de la Nouvelle droite. 

    Abel Mestre et Caroline Monnot

    SOURCE : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2013/04/19/manif-pour-tous-quand-les-vieux-reseaux-oas-sen-melent/ 

    Malgré le Comité d’Entente des Anciens Combattants, malgré leur lettre envoyée au président de la République, malgré le général d’armée Bruno Dary qui a été notamment commandant de la Légion étrangère (2004-2006) et gouverneur militaire de Paris (2007-2012). Il est actuellement président du Comité de la Flamme sous l’Arc de Triomphe, association ayant la charge de raviver la flamme de la Tombe du soldat inconnu. Il fut l’un des organisateurs, en octobre 2016, des « Manifs pour tous », appelant les familles à « descendre dans la rue pour ne plus subir les attaques de la gauche »… la Chanson de Craonne a été chantée et filmée en trois versions pendant les commémorations du centenaire de la bataille du Chemin des dames les 15 et 16 avril 2017 à Craonne. Arapa, Les belettes, le choeur du plateau de Craonne. 

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  • Commentaires

    1
    Samedi 16 Septembre à 14:46

    A bas l'intelligence, vive la mort" avait dit le général franquiste José Millan-Astray. On est dans le même registre !

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