• Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

     

    Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

    Deux réactions au rapport Stora liées

     au dossier Maurice Audin

    Le rapport remis par Benjamin Stora au Président de la République a suscité des réactions diverses, parfois critiques relativement à certains thèmes abordés. Les Harkis auraient souhaité une plus grande attention, les Pieds-noirs se sont sentis frustrés, les victimes de l’OAS déplorent un manque de reconnaissance, les tenants de la repentance ou de l’excuse sont restés sur leur faim…

     

    ********************************************************************************  

    Concernant les victimes de l’OAS je vous rappelle mes deux articles :

    http://www.micheldandelot1.com/jean-francois-gavoury-et-le-rapport-stora-a205172258

    http://www.micheldandelot1.com/le-rapport-qui-va-permettre-la-reconciliation-entre-les-peuples-franca-a205173260 

    Michel Dandelot

    ********************************************************************************

    Nous ne retiendrons ici que l’accord quasiment unanime, tant du côté algérien que du côté français, sur les conséquences mémorielles induites par « l’affaire Audin ». Les deux réactions qui suivent nous touchent de près, nous qui, à la 4acg, participons depuis longtemps au combat pour la vérité sur la mort de Maurice Audin.

    Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

    Pour Pierre Mansat, président de l’association Josette et Maurice Audin, il faut aujourd’hui libérer les archives. “Le rapport me paraît tout-à-fait raisonnable. Il comporte des propositions concrètes qui devront permettre d’avancer de manière sérieuse et d’ouvrir des champs de réflexion entre l’Algérie et la France. Même si le rapport est adressé au président Emmanuel Macron, il faudrait, néanmoins, qu’il fasse écho dans la société française et en Algérie, et qu’il aboutisse à des actions concrètes. Le rapport de Stora pourrait avoir, toutefois, un aspect assez vain si, par exemple, les historiens n’ont pas accès aux archives comme c’est le cas actuellement avec le raidissement de la législation dans ce domaine en France.”

    Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

    Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

    Quant à Pierre Audin, fils de Josette et Maurice Audin, il fait un vœu  : “Le rapport préconise la réconciliation des mémoires. Il est évident qu’il faut regarder l’histoire en face et solder le passé pour repartir sur de bonnes bases. Mais pour que cela soit possible, il faut aussi tenir compte du présent. La France qui souhaite entretenir de bonnes relations avec l’Algérie ne peut pas utiliser sa politique des visas pour repousser les Algériens ou fermer les yeux sur la répression actuelle de militants politiques et de journalistes.”

    Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

    Jacques Pous, né à Toulouse, réfractaire à la guerre d’Algérie  militant anticolonialiste et membre de la 4acg, enseignant au service du GPRA au centre Aïssat Idir en Tunisie qui recueillait de nombreux orphelins ou déplacés de la guerre coloniale, Jacques Pous a enseigné par la suite dans différents pays arabes : Algérie, Soudan et Palestine. Jacques Pous peut témoigner des conséquences du colonialisme et des sentiments de révolte, parfois de haine, que suscitent les crimes contre les humanités que nous avons rencontrées.
    Professeur d'Histoire et de Philosophie dans son pays d'accueil, la Suisse, il a partagé son temps entre activités professionnelle, académique et militante.

    Ce qui fait dire à notre ami Jacques Pous que « la vérité est plus importante que des excuses, elle est essentielle. Ceux qui auraient dû s’excuser ou se repentir ne sont plus là et, de plus, on les avait amnistiés. On ne va quand même pas demander aux victimes de se repentir ! Et les victimes c’est vous (les appelés, ndlr) qui à vingt ans avez été embarqués dans une guerre coloniale. Seule la vérité peut nous sauver de ce gâchis. On ne va pas se contenter de dire il y a eu des crimes de part et d’autre et tourner la page. Dans une guerre coloniale, il n’y a qu’un responsable le colonisateur ».

     Messages


    Ne pas oublier l’avis de :

    Olivier Le Cour Grandmaison, historien :

    Deux réactions au rapport Stora liées au dossier Maurice Audin

    “Ce rapport comporte certaines propositions concrètes, mais il demeure en deçà de ce qu’on aurait pu attendre sur deux points essentiels, au moins. Le premier concerne l’accès aux archives. Le rapport recommande d’appliquer la loi de 2008, mais il reste muet sur les dispositions actuelles qui entravent l’accès aux archives. Ce qui constitue une atteinte particulièrement grave à la liberté de la recherche. Le rapport est également très en deçà de ce qu’on aurait pu attendre concernant la reconnaissance des crimes coloniaux. En effet, Benjamin Stora, conformément sans doute aux attentes du chef de l’État, s’abstient de demander la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France en Algérie, non seulement au cours de la dernière guerre (1954-1962), mais aussi tout au long de la conquête et de la colonisation sanglantes du territoire algérien. Plus singulier, Benjamin Stora les euphémise sinistrement en les qualifiant d’exactions. Une recherche consacrée au vocabulaire employé dans ce rapport permet de montrer que la qualification de ‘crime de guerre’ n’est jamais employée. De ce point de vue, le Benjamin Stora devenu conseiller de l’actuel président de la République oublie le Benjamin Stora historien qui sait pertinemment que la torture, les disparitions forcées, les déportations imposées à des millions de civils algériens au cours de la guerre peuvent être qualifiées de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité. De même, qualifier les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris de répression, sans plus de précision, est parfaitement inadéquat eu égard à l’ampleur de ce qui a été perpétré alors par les forces de l’ordre agissant sous l’autorité du préfet de police, Maurice Papon. Enfin, sans reconnaissance officielle, claire, précise et circonstanciée de ces crimes coloniaux, la réconciliation tant vantée restera un vœu pieux. Quant aux descendants des victimes, qu’ils soient Français ou Algériens, ils seront toujours en butte à des discriminations mémorielles et commémorielles inacceptables. Emmanuel Macron, candidat, avait déclaré que ‘la colonisation [était] un crime contre l’humanité’. Emmanuel Macron, chef de l’État, doit désormais le dire haut et fort à l’occasion des différentes commémorations qui s’annoncent.”

    SOURCE : http://www.4acg.org/Deux-reactions-au-rapport-Stora-liees-au-dossier-Maurice-Audin 

    Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle de 2017, avait déclaré que ‘la colonisation [était] un crime contre l’humanité’. Emmanuel Macron, chef de l’État, doit désormais le dire haut et fort à l’occasion des différentes commémorations qui s’annoncent.”

    Mais je doute qu'il le fasse au risque de perdre les voix de la droite et même de l'extrême droite pour l'élection de 2022.

    Michel Dandelot

     

    « Histoire : comment l'État français bloque l'accès aux archives colonialesGuerre d’Algérie, Occupation… Les historiens bataillent contre l’extension du « secret-défense » »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    2
    baya chel
    Mercredi 3 Février à 00:09
    Comment ne pas condamner le colonialisme comme crime contre l ' humanité? En Algérie, des générations entières l ' ont subi .Il n'y a pas que la guerre, mais toute l ' histoire.
    1
    Mardi 2 Février à 12:58
    Eh oui, les appelés du contingent ont été victimes du colonialisme et de la guerre menée pour tenter de le perpétuer. Leur contentieux n'est pas avec les Algériens mais avec les dirigeants de l'époque et leurs héritiers. Ils ont des excuses à recevoir pas à présenter !
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :