• Didier Nébot : « J’ai été raflé par les CRS en mai 62 » Il y a plusieurs mémoires de la guerre d’Algérie

    Didier Nébot : « J’ai été raflé par les CRS en mai 62 » Il y a plusieurs mémoires de la guerre d’Algérie

    Didier Nébot : « J’ai été raflé par les CRS en mai 62 » Il y a plusieurs mémoires de la guerre d’Algérie

    Alger le 16 mai 1962. (Crédit photo : wikipédia)

    Les souvenirs de Didier Nébot, président de l’association Morial (Moreshet Ihudei Algeria) sont synthétiques, précis, mais le fil du récit connaît parfois quelques poses. L’émotion le submerge encore, plus de 50 ans après les faits.

    « En 54, j’avais 11 ans et j’habitais Alger, raconte-t-il. Je garde un souvenir précis de la Toussaint Rouge. Celui des visages terrorisés de mon père et de ma mère ». « Pour nous juifs, cela n’était pas facile. Le FLN a écrit à la communauté juive pour qu’elle rejoigne les combattants algériens. Il affirmait que les juifs devaient choisir leur camp : la France ou l’Algérie. La réponse de la communauté juive fut celle de Jacques Lazarus : nous sommes français par le décret Crémieux, opposa-t-il au FLN. Lazarus se souvenait bien sûr des vicissitudes du statut de dhimmi réservé aux non-musulmans avant l’arrivée des Français. « Les Arabes n’ont pas compris. Ils ont pris cela comme une deuxième trahison. Les attentats contre les Juifs ont alors débuté. Le père d’un ami en bas de la casbah d’Alger qui vendait des objets saints a été tué, j’étais présent » se souvient-il. De l’autre côté, l’OAS presse les jeunes juifs de rejoindre la cause de l’Algérie française. La plupart étant d’anciens pétainistes, et les juifs ayant un peu de mémoire, la connexion avec l’OAS n’a pas eu lieu. « La guerre s’est intensifiée avec des morts de tous les côtés, les universités ont fermé et les gens ont commencé à quitter l’Algérie ». 

    L’Algérie : juste une parenthèse 

    Nébot se souvient aussi de la fusillade de la grande poste d’Alger le 6 mars 62. Et puis des rafles. «Au mois de mai 1962, les CRS sont venus chez moi m’ont pris et enfermé dans un camp près d’Alger, à Beni Messous. Tous les hommes de 18 à 50 ans étaient suspectés d’avoir rejoint l’OAS. Les jeunes de 18 à 22 ans ont été transportés en grande Kabylie à Camp du Maréchal ». Sur 180 jeunes : deux juifs seulement. « On avait peur de mourir, ajoute Nébot. Nous étions gardés par d’anciens fellagas, avec un commandant français. Ils ont vu que nous n’avions rien à nous reprocher au bout de 15 jours. Pendant tout ce temps, mes parents ignoraient où j’étais ». 

      Deux jours plus tard toute la famille part en France. « On a compris que c’était fini » explique le président de Morial. Les juifs heureux en Algérie ? Pour Nébot « c’était juste une parenthèse, la parenthèse du Sirocco. Avant la guerre d’Algérie, il y a eu le régime pétainiste à Alger. Avant Pétain, il y a eu l’antisémitisme français. Ma grand-mère me parlait de l’élection de Max Rejis, un candidat antisémite à la mairie d’Alger, au moment de l’affaire Dreyfus et des manifestations où l’on criait : « Mort aux juifs ». Prévoyante elle avait préparé des bassines d’eau chaude pour les balancer sur les assaillants qui voulaient entrer dans l’immeuble ! ». Alors la nostalgie, vous comprenez… 

    « L’histoire des juifs d’Algérie n’est qu’une parenthèse et fait partie de la longue marche de trois millénaires du peuple juif qui s’est retrouvé dispersé qui en Algérie, qui en Pologne, qui au Maroc». Comme les autres Juifs algériens, Nébot ne verse pas trop dans la nostalgie. 

    Didier Nébot : « J’ai été raflé par les CRS en mai 62 » Il y a plusieurs mémoires de la guerre d’Algérie

    Didier Nébot, «Mémoires d’un dhimmi, 5 siècles d’histoire juive en Algérie». Editions des Rosiers. 

     

     

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